Merci à tous pour vos review, ça me fait toujours autant plaisir!

Chapitre XXV

-Joyeux noël !

-Allez, on ouvre les cadeaux !

-Aïe, Molly tu me marche sur le pied !

-Bon sang, Ron, ça va faire ta troisième part. Laisse-en aux enfants.

Rose rigola en voyant son père reposer son assiette en bougonnant tandis que Dominique repoussait Molly avec force en se tenant le pied de douleur. Même si le salon du Terrier avait été agrandit magiquement, ils étaient tous les uns sur les autres. Son hilarité redoubla quand elle constata qu'Albus venait de récupérer la part de bûche de son père et était en train de l'engloutir. Au mur, la vieille horloge indiquait minuit passé mais personne ne semblait prêt à aller dormir.

-Qui veut de l'hydromel ? Demanda l'oncle Charlie à la cantonade. Je l'ai ramené de Roumanie.

-Moi !

-Certainement pas, Lys, protesta immédiatement Teddy.

-T'es pas marrant.

Avec un petit sourire en coin, Ted ébouriffa fraternellement les cheveux de Lily pour se faire pardonner. Evidemment ça ne loupa, la petite rousse étant incapable de rester fâchée face à son presque frère. D'ailleurs il était bien le seul qui ait le droit à ce traitement de faveur dans l'entourage de Lily.

-Excusez-moi ! Cria soudain Victoire pour couvrir le bruit ambiant. Oh ! On aurait une annonce à faire.

-Tu fais enfin ton coming out ? S'exclama Louis.

-Non !

-Vous allez vous remarier ?

-Louis ! La ferme !

-Victoire ! Réprimanda Bill. Laisse ton frère tranquille.

-Mais c'est lui qui…

Victoire ne finit même pas sa phrase et essaya de se calmer. Elle lui ferait payer ça plus tard, parole de Weasley.

-Enfin, ce n'était pas ça que je voulais dire. Teddy viens là.

Elle tira son mari par le bras, rayonnante.

-Je suis enceinte, lâcha-t-elle tout à trac.

-Quoi ? S'étrangla son père.

-C'est merveilleux !

Aussitôt, l'heureux couple fut encerclé par toute la famille qui voulait les féliciter. Apparemment, la jeune femme en était à son troisième mois de grossesse et effectivement, quand elle souleva son pull épais, son ventre était légèrement arrondi. Louis ne put s'empêcher de demander à sa grande sœur si elle était sûre que ce n'était pas juste parce qu'elle avait pris du poids, ce qui lui valut une tape derrière la tête de la part de leur mère. Et à la fameuse question « c'est une fille ou un garçon ? », Teddy déclara naturellement que ça serait la surprise.

La soirée continua dans une bonne ambiance jusqu'à ce que tous les adolescents montent à l'étage pour « ne plus subir les conversations de vieux » dixit Fred. Sans même se concerter, ils se dirigèrent tous vers la chambre du fond, celle qui avait autrefois appartenu aux jumeaux, puisqu'elle était la plus grande. Ils se dispersèrent ensuite en petit groupe, jouant à des parties de batailles explosives ou discutant simplement. Depuis que la plupart n'était plus à l'école, les fois où tous les cousins et cousines se retrouvaient ensemble devenaient de plus en plus rare. Alors pour noël chacun faisait l'effort de venir obligatoirement.

Très vite, l'attraction principale devint le duel opposant Roxanne à son petit frère.

-Stupefix ! Lança Fred.

La jeune femme esquiva habilement et lui adressa un petit sourire narquois.

-Bah alors frérot, on perd la main ?

-Fais attention à toi Rox, prévint-il. Experlliarmus !

-Protego !

Le sort de bouclier de sa sœur faillit envoyer Fred à terre mais il se rattrapa au dernier moment.

-Allez Fred ! L'encouragea Dominique. Tu peux le faire !

-Tu parles, dit Louis, il est en train de se faire massacrer.

Au bout de dix minutes effectivement, Fred déclara forfait, épuisé et son orgueil en ayant pris un coup. D'autant plus que sa grande sœur arborait un air triomphal, savourant sa victoire en sautant partout comme une gamine. C'était à se demander qui était le plus mature entre eux deux. En plus, toutes les filles en remirent une couche en lui lançant des petites piques.

-Sans magie, dit-il pour ne perdre la face, je l'aurais mis à terre en moins de cinq secondes.

-Dommage que je sois une sorcière alors, rigola Roxanne.

-Moi je veux bien essayer sans utiliser la magie, proposa Lily innocemment.

Tout le monde se tourna vers la cadette de la famille, sceptiques.

-Toi ? La crevette ? S'étonna Fred, surpris.

-Parfaitement !

Lily se leva souplement du canapé, donnant sa baguette à son frère. C'était l'occasion de voir si ces pseudos cours de combat lui avaient servi à quelque chose finalement. Elle se plaça en face de son cousin, qui paraissait plutôt amusé par la situation et ne la prenait pas du tout au sérieux. Qu'à cela ne tienne, elle aurait au moins l'effet de surprise de son côté.

Sans prévenir, Lily essaya de le déséquilibrer en le frappant au niveau des chevilles mais Fred évita en reculant précipitamment. Elle savait qu'elle devait jouer sur sa rapidité et non sur sa force puisqu'il faisait au moins une tête de plus qu'elle. De plus, l'exiguïté de la pièce ne jouait pas non plus en sa faveur puisque ça réduisait son champ de mouvement et de déplacement. Voyant que Fred ne répliquait pas, Lily chargea à nouveau, visant le ventre cette-ci mais encore une fois son cousin attrapa son poignet avant qu'il n'atteigne sa cible. La petite rousse tenta de reculer mais Fred lui tenait toujours le bras. Agacée de s'être faites avoir si facilement, Lily se contorsionna elle-même, forçant Fred à suivre le mouvement et à la lâcher inévitablement. Une fois libre, elle n'attendit pas une seconde pour fondre sur lui, réitérant sa première attaque qui cette fois-ci marcha. Fauché aux jambes, Fred tomba à genoux mais ceintura sa cousine par la taille et l'entraîna dans sa chute.

-Vous allez finir par vous faire mal, dit Rose, inquiète.

-Ouais, arrêtez, renchérit Lucy. Les parents vont monter si vous continuer à faire du bruit.

Lily fit la moue mais obtempéra malgré tout et se releva en acceptant la main tendue de son frère.

-Je ne savais pas que tu voulais être ninja, Lys, sourit Albus.

-C'est vrai, tu te débrouilles bien.

-C'est parce qu'elle prend des cours avec Eva Covaci.

Toutes les têtes se tournèrent vers Louis, qui, jusque-là, était resté silencieux dans un coin de la pièce. Lily se figea, la gorge sèche. Non, il n'avait pas osé ?! Il avait juré de ne rien dire. James s'était immédiatement tendu au nom de la bulgare et les yeux de Dominique lancèrent des éclairs.

-Tu es amie avec cette peste ? S'insurgea-t-elle.

-Non, enfin si, bredouilla Lily. Elle me donne des cours de combat depuis la fête dans les cachots pour que je puisse me défendre.

-Tu n'as pas besoin d'apprendre à te battre, puisqu'on est là.

-Vous ne serez pas toujours là Al ! Et puis je peux très bien le faire toute seule, merci bien.

Mais cela ne parut pas suffisant pour Dominique.

-Tu as continué à la voir malgré ce qu'il s'est passé ?

-Ce n'était pas entièrement de sa faute non plus. Il faut être deux pour un baiser non ?

-Arrête de la défendre !

-Sérieusement, elle n'est pas si méchante que ça. Un peu froide parfois mais elle est toute seule dans un pays qu'elle ne connait pas, loin de sa famille. Comprenez-la. Ce soir-là elle était triste et elle n'a pas réfléchit, tout simplement.

-La belle affaire, marmonna sa cousine.

Un petit silence tomba entre eux, mal à l'aise. Ca ne leur arrivait pas souvent de se disputer mais quand ça se produisait ce n'était jamais très agréable. Surtout que Lily et Dominique n'étaient pas réputées pour faire dans la dentelle.

Finalement, Fred reprit la parole, essayant de détendre l'atmosphère.

-Et si on allait faire une partie de Quidditch ?

-A cette heure-ci ? S'étonna Lucy, sceptique.

-On n'a qu'à allumer les lumières du jardin, suggéra-t-il. Allez, ça va être amusant. Et puis, je suis sûr que je peux tous vous battre à la course de balai.

-Ne compte pas là-dessus, répliqua James.

Aussitôt, il se précipita hors de la pièce, les autres dans son sillage. S'il y avait bien une chose dans la famille qui faisait consensus c'était le Quidditch. Ils étaient sûrs de pouvoir recruter quelques adultes avec eux également. Ron, Harry, Bill, George, Ginny et Angelina ne diraient jamais non à un match, c'était sacré après tout !

Dans la pièce, Louis s'était attardé ou plutôt s'était fait coincé par Lily. La petite rousse lui décocha un regard noir et s'écria à peine tout le monde dehors :

-Tu m'avais dit que tu garderais le secret !

-Il fallait bien qu'ils le sachent un jour, non ? Et puis, à part Dom, personne n'a mal réagit. Tu pourras continuer sans avoir à te cacher.

-Donc tu as fait ça pour m'aider ? Récapitula-t-elle.

-Oui et non. Je l'ai fait pour t'éviter de mentir à tes frères et surtout pour que tu arrêtes de me suivre partout Lily. Parce que si tu continus, crois-moi, je n'hésiterais pas à révéler deux ou trois secrets te concernant.

Evidemment. Lily se maudit intérieurement d'avoir confiée certaines choses à Louis qui pouvaient désormais se retourner contre elle comme le fait qu'elle ait « emprunté sans permission » la cape de James en début de trimestre (d'ailleurs elle ne s'était pas fait prendre contrairement à Albus en première année, elle !).

-Tu sais quoi ? Dit-elle, furieuse. Je trouve ça gonflé que tu me dises que j'ai tort de cacher des choses à mes frères venant de la personne qui ne veut pas avouer son secret au reste de la famille.

-Je n'ai pas de secret ! Assura Louis. T'es vraiment tenace dans le genre.

-C'est ce qu'on verra.


L'anniversaire de James fut encore une fois l'occasion pour tout le monde de faire la fête. La période des vacances de noël était toujours appréciée justement pour cette ambiance si particulière où la famille entière était réunie. Combien de souvenir avaient-ils tous des repas qui tournaient en débat bon enfant ou des histoires de fabuleux dragons roumains que leur racontaient l'oncle Charlie ? En ce 8 janvier, toutes les conditions étaient donc là pour passer une excellente journée jusqu'à ce qu'on toque à la porte.

-Rose ! Hurla mamie Molly pour couvrir le bruit des conversations. Tu peux aller ouvrir s'il te plait ?

-Tout de suite. On attend encore quelqu'un ?

-Je ne crois pas mais c'est possible.

Rose haussa les épaules et se dirigea vers l'entrée avant d'ouvrir la porte. Figée, elle écarquilla les yeux en voyant qui était la personne sur le perron.

-Scorpius ? S'exclama-t-elle, incrédule. Mais…par Merlin, qu'est-ce que tu fiches ici ?

-Merci pour cet accueil chaleureux, je n'en demandais pas tant.

-Je suis sérieuse !

Le blond soupira comme s'il regrettait lui-même d'être venu.

-Albus m'a invité, révéla-t-il. Je ne voulais pas venir mais il a réussis à me convaincre.

-Alors lui il va m'entendre ! S'insurgea Rose. Est-ce que je me mêle de ces affaires à lui ?

Scorpius se retint de répondre, sachant pertinemment qu'il valait mieux ne pas contrarier la jeune fille quand elle avait ce regard-là. Il ne savait pas réellement pourquoi il était venu aujourd'hui, pourquoi il avait laissé Albus le convaincre. L'ambiance était si lourde au Manoir qu'il avait eu envie d'y échapper pour quelques heures sûrement. Seulement, en voyant l'état dans lequel était Rose, il se demanda soudain si n'avait pas été finalement une mauvaise idée.

-Ecoute, je vais peut-être m'en aller…

-Non ! Dit-elle précipitamment. Maintenant que tu es là, autant que tu restes. Entre.

Ouvrant la porte en grand, elle s'effaça pour le laisser passer. Ca faisait un moment que Scorpius n'était pas venu au Terrier, près d'un an pour être exact, mais il fut heureux de constater que rien n'avait changé. Toujours cette même décoration vieillotte, ces portraits de familles et ses chaudrons rouillés dans un coin.

Leurs yeux se croisèrent un instant et la jeune fille esquissa un sourire sincère avant de lui prendre la main pour le guider vers le salon d'où s'échappait un volume sonore important. Ils arrivèrent alors dans une marée de rouquin et de bonne humeur. C'est Albus qui se rendit compte le premier de leurs présences.

-Scorp' ! Lança-t-il en s'avançant vers eux. T'as pu venir !

-Faut croire. Tiens, c'est mon cadeau pour ton frère.

-Génial, donne-le-moi je vais le mettre avec les autres.

Albus s'en saisit et se fondit dans la masse familiale. Malheureusement il ne fallut pas longtemps au reste des invités pour repérer l'arrivée du blond.

-Scorpius, dit Hermione en l'apercevant, je ne savais pas que tu devais venir…

-Euh…c'est Al, enfin Albus, qui m'a invité, répondit-il mal à l'aise. Mais si ça pose problème je comprendrais.

-Certainement pas. Je suis ravie que tu sois là.

Elle lui adressa un sourire sincère et Rose souffla de soulagement. Ca faisait au moins déjà une personne dans son camp. Il ne restait plus que qu'à convaincre le reste de la famille. Rien de plus simple !

En parlant de simplicité, Ron sembla les remarquer et fronça les sourcils. D'un pas vif, il arriva à leur hauteur, le teint cramoisi.

-Ron, l'avertit aussitôt sa femme, sois gentil.

-J'aimerais avoir une conversation avec Scorpius.

Rose jeta un regard paniqué à sa mère à l'annonce de son père. Ce n'était pas du tout prévu au programme. Alors qu'Hermione cherchait visiblement une excuse, Scorpius lui coupa l'herbe sous le pied à la surprise générale.

-D'accord, j'accepte.

-Tu quoi ? Dit Rose en se tournant vers lui.

-Ça ne me dérange pas d'avoir une conversation avec vous Mr Weasley, répéta-t-il.

-Vraiment ? Dit Ron, étonné. Eh bien…parfait. Suis-moi.

Ils commencèrent à s'éloigner pour trouver un endroit plus calme mais Hermione rappela son mari, ayant une idée soudaine.

-Ron !

-Oui ?

-Laisse-moi ta baguette, dit-elle, ça sera plus prudent.


Scorpius se sentait soudain beaucoup moins fier que d'habitude sous le regard bleu azur de Ron Weasley. En plus, pour ne rien arranger, il avait les mêmes yeux que Rose, ce qui était hautement perturbant il faut bien l'avouer. Essayant de ne rien laisser paraître, le jeune homme attendit une quelconque réaction, mais, voyant que le silence s'éternisait, décida de le briser :

-Je sais que vous ne n'aimez pas.

-Qu'est-ce qui te fait croire ça ?

-Il suffit d'être observateur, répondit Scorpius. Et puis, le fait de m'appeler « petit mangemort » m'a un peu aidé aussi.

Au moins, Ron eu la décence de paraître gêné. Il avait utilisé le surnom quelques fois mais toujours en privé, néanmoins ça n'était pas si surprenant que le blond le sache.

-Ecoute, il faut que tu comprennes. J'ai bien connu ton père à une époque et disons que je n'en garde pas que des bons souvenirs.

-Avec tout le respect que je vous dois, je ne vois pas en quoi ça me concerne monsieur.

-Si. Je connais aussi l'éducation dans les familles de sang-purs traditionnelles, les opinions qu'on y trouve sur certains sujets.

-Je pense pouvoir me faire ma propre vision des choses. Mon père ne m'a jamais rien imposé. Bien sûr, il a tenté de m'influencer mais je vous rappelle qu'une de mes meilleure amie est née-moldu. Je m'en fiche de la pureté du sang, croyez-moi. Et je sais aussi que vous et Mr Potter avaient sauvé la vie de mon père il y a longtemps.

Une expression de surprise passa un instant sur le visage de Ron. Il ne s'attendait pas ce que le jeune homme soit au courant de cela. D'ailleurs il ne s'attendait pas à ce que la conversation prenne cette tournure.

-Mon père n'est peut-être pas parfait, reprit Scorpius, il a fait énormément d'erreur étant jeune mais je l'aime. Il reste mon père. Sauf que je n'aime pas être jugé simplement sous prétexte que mon nom de famille est Malefoy…monsieur, ajouta-t-il après quelques secondes pour ne pas paraître impoli.

-Bien, soit, je le comprends parfaitement. Laisse-moi te poser une autre question.

Scorpius comprit au ton de son interlocuteur qu'il n'avait visiblement pas le choix et hocha la tête, attentif.

-Tu aimes ma fille ?

Celle-là, il aurait dû la voir venir pourtant il resta sans savoir quoi dire pendant quelques secondes. Il avait intérêt à bien choisir ses mots.

-Je crois, finit-il par articuler prudemment.

-Comment ça tu crois ?

-Je ne suis pas sortie avec beaucoup de fille à part Rose, tenta d'expliquer Scorpius. Mais avec elle, je ne sais pas, c'est différent. Elle est sincère, jolie, et surtout elle ne me juge pas, que ça soit sur ma famille, ma maison… Et puis je n'ai que quatorze ans, alors dire que je amoureux avec certitude…

-Hum… Je suppose que ta famille ne l'a pas bien prit quand tu leur as annoncé, non ?

-Pas vraiment, grimaça-t-il. Mais ça m'est égal. C'est à moi de décider.

-Comme tu l'as fait remarquer, vous êtes encore jeune. Rose a tendance à faire confiance facilement…

-Je ne lui ferais pas de mal, assura Scorpius. C'est plutôt moi qui devrait m'inquiéter, parfois je me dis qu'elle est bien mieux que moi et qu'elle va finir par s'en rendre compte.

Ron garda le silence, observant avec attention ce jeune homme qu'il n'avait jamais vraiment aimé depuis leur première rencontre. On ne pouvait nier son indéniable ressemblance physique avec son père. Le même menton pointu, les mêmes yeux gris délavé, le même teint pâle et surtout les mêmes cheveux blonds presque blancs. Pourtant Ron ne pouvait s'empêcher de voir les différences. Scorpius était un garçon intelligent, peut-être un peu froid de prime abord mais il était tolérant. Ca, plus qu'autre chose, marquait la différence entre lui et des siècles de traditions.

-D'accord, déclara Ron. Je veux bien te laisser une chance pour le bonheur de ma fille et parce que je pense que tu es quelqu'un de bien.

N'arrivant pas réaliser, Scorpius resta surpris une seconde avant de tendre sa main pour serrer celle du rouquin. S'il s'attendait à ça en venant aujourd'hui…

-Merci monsieur.

Quand ils revinrent dans le salon, Rose se précipita vers eux directement, le visage anxieux. Elle échangea un regard avec son père qui l'a rassura d'un sourire avant de s'éloigner vers le buffet pour rejoindre Harry et Hermione.

-Tu vas bien ? Demanda-t-elle, angoissée. Il ne t'a rien fait ?

-Bah finalement, ça c'est bien passé.

-Arrête, dis-moi la vérité.

-Non je suis sérieux, dit Scorpius avec conviction. Je ne dis pas que c'est l'amour fou entre nous mais ça s'arrange. D'ici trente ans, on pourra peut-être passer une journée ensemble sans risque.

-Quel optimisme…

En vérité, Rose devait s'avouer qu'elle était soulagée. Elle ne l'avait pas réalisé jusqu'à maintenant mais le jugement de son père lui importait. Celui de toute sa famille à vrai dire. Mais le pire était passé. Heureuse, elle se retint d'embrasser Scorpius. C'était peut-être encore trop tôt, il valait mieux ne pas aller trop loin dans la provocation pour aujourd'hui.

Soudain, une idée lui vint en tête et elle entraîna Scorpius derrière elle pour trouver la personne qu'elle cherchait. Chose assez difficile compte tenu du nombre d'invité à la fête. Comme elle aurait dû s'en douter, Rose trouva finalement son cousin…en train de manger naturellement. Qu'il ne prenne pas un gramme était d'ailleurs un grand mystère.

-Albus !

-Ah vous voilà. Alors, cette conversation ?

-Je te raconterais en détail ce soir, promit la rousse. En fait, je voulais te remercier. Depuis le début des vacances, tu n'arrêtes pas de faire des efforts pour que ça s'arrange entre nos deux familles tout en essayant de trouver des infos sur la Confrérie Ecarlate. Nous, on a fait que se plaindre et s'angoisser. Alors merci, Al, vraiment.

Surpris par ce discours improvisé, le Potter rougit, gêné et balbutia :

-Euh…de rien. C'est normal. Je veux dire…vous êtes mes amis quoi.

Rose sourit et l'enlaça en lui claquant un baiser sonore sur la joue. Albus piqua un fard mais fut heureux.

-Sinon, reprit Scorpius pour lui sauver la mise, Shannon ne vient pas ?

-Non, comme Alyne ne veut pas voir James elles ne sont pas venues cette année, répondit-il. James était un peu déprimé mais je crois que de voir tout le monde lui a fait du bien. Bon à part Dominique qui est toujours fâchée…

-Je suis sûre que ça va s'arranger, assura Rose. Même si j'avoue que j'aurais bien aimé voir Shannon. Je ne l'ai pas vu de toutes les vacances.

Sans comprendre pourquoi, elle vit Albus rougir à nouveau et fuir son regard. Apparemment Scorpius l'avait aussi remarqué car il fronça les sourcils.

-Al ? Qu'est-ce qui se passe ?

-Rien, dit-il d'une voix aigüe ridicule.

-Prends-nous pour des idiots, répliqua Rose. Allez, dis-nous !

Albus piétina sur place en se passant une main dans les cheveux, signe évident d'anxiété ou d'émotion chez lui.

-Bah voilà…Avec Shannon on s'est…embrassé, avoua-t-il.

-Embrassé ?! Répéta Scorpius.

-Hurle plus fort tant que t'y es ! S'exclama Albus, paniqué en jetant des regards nerveux autour de lui.

-Mais quand ? Comment ?

-Tu veux que je t'explique la manière d'embrasser quelqu'un ? Parce que, crois-moi, vous y arrivez parfaitement sans mes conseils.

Ce fut au tour de Rose de rougir mais elle se reprit immédiatement. Son cousin n'allait pas s'en sortir avec une pirouette. Elle croisa les bras sur sa poitrine, essayant tant bien que mal de paraître plus impressionnante qu'elle ne l'était en réalité, attendant une réponse.

-D'accord, d'accord, abdiqua Albus en bougonnant. C'était deux jours avant noël, elle est venue à la maison pour que je lui montre mes recherches sur la Confrérie Ecarlate et le Dr Belov. Seulement, elle s'est mise à pleurer parce qu'elle culpabilisait sur l'histoire de James et Alyne. Je lui ai dit que c'était ridicule et après je ne sais pas vraiment ce qui s'est passé. On s'est juste embrassé.

-Et ensuite ? Dit Scorpius.

-On a éclaté de rire.

-Quoi ?

Perplexes, Rose et Scorpius jetèrent un regard d'incompréhension à leur ami. Ils avaient loupé un épisode ?

-C'était vraiment étrange, expliqua Albus. Le baiser je veux dire, c'était bizarre. J'avais l'impression d'embrasser ma sœur ou une cousine… Elle a dû ressentir la même chose parce qu'on a éclaté de rire tous les deux juste après.

-Ok…dit Rose lentement. Au moins maintenant vous savez à quoi vous en tenir.

-Et tu me dois trois gallions, dit Scorpius.

-Non ! C'est toi qui me dois trois gallions, protesta-t-elle. Ils se sont quand même embrassés.

-Mais ils ne ressentent rien l'un pour l'autre, objecta Scorpius.

Albus n'en croyait pas ses oreilles. Ils avaient parié sur sa possible histoire avec Shannon ? Le pire c'est que finalement, ça ne l'étonnait même pas.