Le vent frais soufflait sur mon visage, chassant les quelques larmes qui s'y trouvaient encore. Aujourd'hui on allait enterrer ma mère. Beaucoup de gens avait fait le déplacement et prenaient place silencieusement dans les rangées de chaises. Tout cela n'avait aucun sens. Je ne comprenais toujours pas pourquoi on prenait le risque de s'exposer alors que nous étions censés fuir. Mon père avait seulement marmonné un : « S'ils avaient voulut te tuer, tu serais morte toi aussi. On a du temps, je veux rendre un dernier hommage à ma femme. Je l'enterrerai comme il se doit et on se souviendra d'elle. » et il était retourné à son mutisme. Les aurors étaient passés pour examiner le corps et récolter preuves et indices. Une enquête était en cours mais je n'avais aucun espoir. Cela ne mènerait à rien et le dossier serait clos rapidement. Ils avaient essayé d'interroger mon père mais ce fut compliqué. Ils m'avaient posé des questions également mais à part raconter ce que j'avais vu cette fameuse nuit, je n'avais pas abordé le rapport de la famille avec les mangemorts.

Je regardais autour de moi mais je n'y trouvais aucun visage vraiment familier auquel me raccrocher. J'avais déjà vu la plupart des personnes présentes mais je ne les connaissais pas vraiment. Je savais que bon nombre d'entre eux étaient des mangemorts cachés sous une apparence d'aristocrate au sang pur et cela me donnait envie de vomir. Ma mère n'aurait sûrement pas voulu les savoir à son enterrement. J'avais envie de crier à tout le monde de partir, de nous laisser. Mais je savais que mon père tenait à tout cela alors je me retins. Il était assis à ma droite et ses yeux ne quittaient pas le cercueil de ma mère. Il était totalement hermétique à tout ce qu'il se passait autour de lui. Dans le fond de l'assemblée, je vis la famille Black arriver. Sans Sirius bien sur. Son frère, Regulus, me lança un rapide coup d'œil. Ses yeux gris profonds, ressemblants tellement à ceux de Sirius se chargèrent d'excuses et implorèrent mon pardon. Ce regard m'interpela mais je n'eu pas le temps d'y penser puisque que je vis la famille Lestranges arriver à la suite. Je me figeai, mais à mon grand soulagement Rabastan n'avait pas eu l'audace de se montrer. Je détendis mes poings et reportait mon attention devant moi.

- Nora ? appela une voix douce.

Je me retournais et je tombais sur le regard familier de Zoé.

- Zoé ! m'exclamai-je surprise.

Elle m'adressa un sourire triste et me pris dans ses bras. Je la serra fortement contre moi.

- Tu as pu sortir de Poudlard ? demandai-je étonnée.

- Dumbledore nous as donné la permission.

J'hochai la tête.

- Nous ?

- Oui, j'ai croisé Regulus en arrivant, tu ne l'as pas vu ?

Mon cœur se serra, j'avais eu l'espoir de voir son frère en réalité.

- Si, il m'a salué de loin.

- J'ai appris que tu ne reviendrais pas à l'école, expliqua-t-elle tristement. Ton père ne va pas changer d'avis ?

Je jetai un rapide coup d'œil à mon père à ma gauche et Zoé suivit mon regard.

- Je ne crois pas, malheureusement.

Elle pinça les lèvres, contrariée, et s'assit près de moi.

- J'ai croisé Sirius ces dernier jours, il n'avait pas l'air d'aller très bien.

Mes yeux se remplirent de larmes.

- Oh pardon Nora ! J'ai été bête ! Je voulais juste te faire penser à autre chose mais je ne suis vraiment pas doué ! Je… je ne sais pas quoi faire pour t'aider Nora.

- Ne t'en fais pas, tu n'y es pour rien, répondis-je calmement pour la rassurer. Ta présence est déjà un grand réconfort pour moi.

Elle prit ma main et la serra fort.

La cérémonie allait commencer quand tout à coup les gens auparavant silencieux commencèrent à s'agiter. Un murmure de protestation enfla et des éclats de voix se furent entendre. Une femme cria :

- Tu n'as rien à faire ici ! Dehors sale traître.

Je me retournai pour voir qui provoquait cette agitation générale. Mon cœur loupa un battement. Sirius avançait fièrement au centre de l'allée, balayant l'assemblée d'un regard désabusé. Il gardait fièrement la tête haute et arborait son air supérieur. Je le vit défier sa mère du regard pendant quelques instants. Quand il regarda à nouveau devant lui, ses yeux rencontrèrent les miens et s'illuminèrent. Je me levai d'un bond fis un pas dans sa direction. Les cris de réprobation se faisaient de plus en plus violant autour de nous mais je n'entendais rien. Il n'y avait que lui qui comptait. Quand il fut tout proche de moi j'hésitais un instant. Me remémorant les paroles blessantes que je lui avais lancé la dernière fois que nous nous étions vus. Mais lui n'hésita pas et m'enserra de ses deux bras. J'enfoui mon visage dans son cou et respirait son odeur si réconfortante. Pour la première fois depuis trois jours, un peu de chaleur s'immisça en moi, réchauffant mon cœur gelé.

- Tu es venu…, soufflai-je contre sa peau.

Il me releva le visage pour que je le regarde droit dans les yeux.

- Bien sûr que je suis venu. Je serai toujours là, même si tu essayes de me repousser de toutes tes forces.

- Je ne veux pas te repousser, murmurai-je en baissant les yeux.

- Tu ne le veux pas, mais tu le fais.

Il dut lire la détresse dans mon regard car il me reprit dans ses bras.

Les protestations autour de nous ne faiblissaient pas et à mon grand étonnement ce fut mon père qui se leva et cria :

- Silence ! N'avez-vous aucun respect ?

Les protestations retombèrent et le silence ce fut.

- Allons-nous assoir, conseilla Sirius.

On prit place sur le banc à côté de Zoé et la cérémonie commença.

- Qui a fait ça ? demanda Sirius à voix basse.

- Qui a tué ma mère ?

Il acquiesça gravement.

- Je ne sais pas… je crois que ça à un rapport avec les mangemorts mais je ne suis sûre de rien.

Je le sentis se tendre près de moi. Je savais qu'il pensait au fait que je serais surement la prochaine. Il n'avait pas tout à fait tort. Ma mère m'avait conseillé de fuir et c'est sans doute ce que j'allais faire.

L'atmosphère était pesante autour de nous. Mon père avait refusé d'aller faire un discours alors je me levai pour y aller, rassemblant toutes mes forces et tout mon courage.

Je pris une grande inspiration avant de me lancer :

« Nous avons tous nos secrets. Certains en ont plus que d'autres et certains sont plus sombres et plus compliqués. Mais cela ne nous définit pas. Ce qui nous définit c'est ce que nous sommes. Ce sont les personnes que nous aimons et les personnes qui nous aiment. Ce sont nos actions chaque jour. Pourtant un secret, aussi innocent soit-il, peut ronger et détruire une personne. Il peut faire beaucoup de mal aux personnes qui nous entourent et les blesser. Ma mère avait des secrets, personne ne la connaissait vraiment à part mon père. Ce sont ses secrets qui l'ont tué j'en suis persuadée. Ma mère ne méritait pas de mourir ainsi, c'était une femme forte et puissante. Elle aurait dû mourir dans son lit à 99 ans, entouré de sa famille, de ses petits-enfants. Mais la vie en a décidé autrement. La personne qui l'a tué en a décidé autrement. Parce que oui, ma mère a été assassinée. »

Un murmure s'éleva dans l'assemblée, j'attendis que les gens se taisent pour continuer :

« C'est injuste. On m'a enlevé ma mère plus tôt que prévu et je n'étais pas prête. Personne n'est prêt à perdre une personne qui lui est chère. Mais on me l'a arraché et cela me brise le cœur. »

Ma voix s'éteignit, ma gorge était emplie de sanglots. Je respirais profondément et finit:

« Amélia Blackburn Wilson était une femme brillante, sa mort s'ajoute aux malheurs qui se sont abattu sur notre famille. Sa mort ne doit pas être oubliée. Le 28 Mars 1977 une femme a été tué injustement et cela n'est pas pardonnable, en aucun cas ».

Je me retournai vers le cercueil, un frisson me traversa alors que je murmurai :

« Adieu, maman. »

Je rejoignis le banc et tombai dans les bras de Sirius, laissant mes émotions que j'avais tu, s'échapper enfin. La cérémonie prit fin en même temps que mon flot de larmes. Zoé m'embrassa une dernière fois et expliqua qu'elle devait rentrer rapidement à Poudlard. Nous retournâmes chez moi avec mon père. Il regardait Sirius d'un mauvais œil mais ne lui faisait aucunes réflexions. Il n'en avait surement pas la force.

- Tu ne dois pas retourner à Poudlard toi aussi, demandai-je à Sirius à contrecœur.

Il haussa les épaules.

- Je vais rester un peu avec toi.

- Mais…

- Si tu quittes le pays bientôt, je veux passer encore du temps avec toi.

- Je suis désolée.

- Tu n'as pas à t'excuser. Je préfère que tu sois loin de moi et que tu ailles bien plutôt qu'être égoïste, te garder près de moi et te mettre en danger.

- Tout va très bien aller pour moi, dis-je plus pour me convaincre que pour le convaincre lui.

Il attrapa mon poignet. Son air était grave et ses sourcils froncés.

- Ne prends pas ça à la légère Nora. Ta mère s'est fait assassiner il y a trois jours ! Pourquoi tu n'as pas peur ?

- J'ai peur Sirius ! J'ai peur tout le temps ! Mais ça ne me paralysera pas ! Je ne vais pas rester immobile à avoir peur de chaque ombre que je croise. Je n'ai aucune envie de fuir en réalité. Je ne veux pas passer ma vie à fuir un danger que je ne comprends pas !

- Ce n'est pas parce que tu ne le comprends pas qu'il n'est pas réel, gronda-t-il.

Je tirai sur mon bras pour lui faire lâcher sa prise mais il resta attaché.

- Lâche-moi ! me débattis-je.

- Nora, arrête…

Il m'attira à lui de force mais je cédai rapidement. Je m'agrippai à sa chemise et toute la pression de la journée s'effaça d'un coup me laissant plus vide que jamais. Je ne tenais debout que grâce aux bras de Sirius.

- Il faut que tu ailles te reposer, lança-t-il doucement.

J'hochai la tête maladroitement et il passa une main sous mes genoux avant de me soulever du sol.

- Je peux marcher, murmurai-je.

- Je sais, répondit-il en déposant un baiser sur le haut de mon crâne, c'est juste une excuse pour te prendre encore une fois dans mes bras.

Un sourire narquois fendait son visage, je ne pus m'empêcher de sourire à mon tour. Il monta adroitement l'escalier et me demanda quelle porte était ma chambre.

Une fois entré, il me déposa sur le lit et regarda autour de lui, détaillant chaque centimètres de ma chambre. Je le laissai faire et posai ma joue sur l'oreiller moelleux. Mes yeux se fermèrent automatiquement mais je résistai pour les garder entrouverts.

Sirius s'accroupit près du lit et passa sa main dans la mienne.

- Je sais que tu n'as pas la force de m'expliquer là, mais j'ai beaucoup de questions à te poser, déclara-t-il. Tu as parlé de secrets tout à l'heure, n'en ai pas pour moi, s'il te plait.

Je lâchai sa main pour caresser sa joue du bout des doigts. Il était si beau et ses yeux habituellement ardents étaient voilés d'un gris pâle. J'eu un pincement au cœur, je savais que c'était de ma faute. Je me redressai pour lui montrer le bureau du doigt.

- Va prendre la lettre sur mon bureau.

Il acquiesça doucement et revint près du lit.

- C'est ma mère qui l'a écrit, quelques jours avant sa mort. Moi aussi je me pose beaucoup de questions et je n'ai pas toutes les réponses mais peut-être que cette lettre pourra t'éclairer un peu. Lis là.

- Tu es sûre ? demanda-t-il.

- Je n'ai rien à te cacher et je n'ai pas la force de la lire pour toi.

Il s'adossa alors au lit pour commencer sa lecture. Je somnolai jusqu'à ce qu'il ait fini la lettre.

- Jedusor…, murmura-t-il.

Ce nom m'éveilla d'un coup, agissant sur moi comme une décharge électrique.

- Tu connais ce nom ?

Il fronça les sourcils, pensif.

- Je sais que j'ai déjà entendu ce nom mais impossible de me souvenir quand et pourquoi.

- Ah…, lâchai-je déçu.

- Je suis désolé.

- Tu n'y peux rien.

- Je demanderai à Lily, elle est douée en Histoire de la magie, peut-être pourrait-elle t'éclairer. Ou bien tu pourrais….

- Je pourrais quoi ?

- Demander à ton père ?

- Il refuse de parler de ça, il assure que je suis sa fille, lâchai-je les larmes aux yeux.

- Il a raison, c'est ton père, c'est lui qui t'a élevé et aimé. Le fait que ce ne soit pas ton père biologique ne change rien à qui tu es, ni qui il est pour toi.

Il chassa avec un geste vif une larme qui roulait sur ma joue. Il allait retirer sa main mais je la pris dans la mienne et murmurai :

- Ne me laisse pas…

- Jamais, répondit-il avec un regard intense.

Il s'allongea près de moi et me serra contre lui. Je respirai son odeur dans le creux de son cou et j'entendais son cœur battre contre le mien.

- Il y a autre chose que mon père a dit.

Il me regarda avec un air interrogateur.

- Il a répété que c'était la faute de Rabastan, qu'il nous avait trahi.

Je sentis ses muscles se tendre.

- Comment ça ?

- Il n'a rien dit de plus.

Il acquiesça.

- Dors maintenant.

« Ding »

Je fus sortie de mon sommeil dans un sursaut.

- Quoi ? demanda Sirius qui ne dormait pas.

- On n'attend personne, soufflai-je.

Aussitôt je me précipitai vers la porte de ma chambre et m'élançai dans les escaliers, Sirius sur mes talons. Lufy avait déjà la main sur la poignée.

- Lufy non ! N'ouvre pas !

C'était trop tard, la porte s'ouvrit et révéla le visage figé de Rabastan.

Je laissai échapper un hoquet de stupeur et pointait ma baguette sur lui. Il leva aussitôt les mains en signe d'innocence.

- Nora ! Je ne suis pas là pour te faire du mal ! expliqua-t-il en entrant dans le manoir.

- Ne bouge pas ! Comment oses-tu venir ici ? crachai-je.

- Je suis venu m'excuser, tout est ma faute, je ne peux pas vivre avec ton malheur sur la conscience.

Mon sang se mit à bouillir, je sentis la haine s'immiscer dans mes veines et toute ma colère se concentrer dans ma poitrine. Un gout amer se déposa dans ma bouche.

- CONFRINGO ! criai-je en tremblant de haine.

Rabastan plongea en avant pour échapper au sortilège qui l'aurait frappé de plein fouet. La porte derrière lui explosa en morceaux.

- Nora…, tenta Sirius pour me calmer.

Je n'avais jamais ressentis une telle colère. Un torrent d'adrénaline coulait dans mes veines et je n'avais qu'une chose en tête : faire souffrir Rabastan autant qu'il m'avait fait souffrir.

Je dévalai l'escalier, Rabastan s'était redressé et avait sorti sa baguette.

- Je ne te conseille pas…, commença Sirius en s'adressant à Rabastan sur un ton menaçant et en sortant sa baguette à son tour.

- INCENDIO ! lançai-je avec rage.

- Protego ! riposta Rabastan.

Mes flammes s'arrêtèrent contre un mur invisible.

- QU'AS-TU FAIT ? QU'AS-TU DIS POUR QUE MA MERE SOIT ASSASSINEE ? hurlai-je.

- Je n'ai pas pu faire autrement, commença-t-il.

- Oppugno !

Les vases posées sur un meuble furent projeté vers Rabastan à une vitesse folle. Il dû se réfugier dans le salon pour éviter les éclats de porcelaine.

- Nora arrête, laisse le parler, supplia Sirius.

Mon sang était en feu. Je m'approchai du salon, Rabastan se tenait au milieu, le souffle court. De sa tempe coulait un mince filet du sang et ses yeux étaient implorants. Ce n'était pas encore assez.

- SECTUMSEMPRA !

Mon sortilège manqua sa cible de peu, en voulant esquiver Rabastan trébucha en arrière et s'écroula lourdement.

- Il m'a obligé Nora ! Je n'ai pas pu lui résister encore ! Il a lu dans mes pensées ! cria Rabastan en paniquant.

Il avait peur de moi, je pouvais le lire dans son regard.

- Il a lu quoi ? demandai-je avec rage.

- Le Seigneur des Ténèbres, le Maître il a…

- IL A QUOI ? le coupai-je.

Je commençai à perdre patience.

- Il sait que tu es sa fille à présent, finit-il.

Pendant un instant tous sentiments s'effacèrent. Il ne restait plus que le vide.

- Ton père est Tom Jedusor, ajouta-t-il.

La tempête de colère ressurgit en moi.

- TU MENS ! hurlai-je. TU NE SAIS QUE MENTIR!

Les larmes roulaient sur mes joues à présent.

- Endolo…

- Nora STOP ! gronda Sirius en arrêtant ma main.

Mes jambes se dérobèrent et je fus bientôt agenouillée par terre, Sirius m'accompagna, adoptant une posture protectrice.

- Comment sais-tu ça ? questionna Sirus avec amertume.

- M. Wilson me l'avait dit. J'étais censé protéger Nora, l'aider à être une mangemort, j'arrivai à résister… Je protégeai son secret, il ne pouvait pas lire dans mes pensées… Mais un jour je n'ai plus réussit. La haine que j'avais contre toi Nora était devenue plus forte que l'amour que je te portais. Il a tout découvert…

J'écoutais sans entendre. Rien n'avait de sens à présent. Je voulais fuir. Fuir cette vie d'une façon ou d'une autre. Sauter d'une falaise s'il le fallait. Les bras de Sirius se serrèrent autour de moi, comme pour me rappeler que je n'étais pas seule et que je devais être forte. Etre forte et affronter la peur.

- Pourquoi ne t'as-t-il pas tué quand il a découvert que tu lui avais mentit ?

- Je… je…

- Il n'a pas lu dans tes pensées, n'est-ce pas Rabastan ?

La voix métallique de mon père me fit sursauter.

- Il n'a pas lu dans tes pensées, tu lui as dit. Tu lui a tout raconté.

Je levai les yeux vers lui. Son visage sans expression et sa haine calme étaient encore plus effrayants que s'il avait hurlé. Je voyais dans ses yeux qu'il voulait réellement tuer Rabastan. Celui-ci s'en rendit compte également et voulut prendre la fuite, mais mon père fut plus rapide :

- Immobilus.

Les yeux de Rabastan s'embuèrent. Il avait vraiment peur de mourir à cet instant.

- Tu as eu envie de te venger n'est-ce pas. Tu voulais que Nora souffre. Eh bien tu as réussis, félicitations Lestrange. C'était malin de ta part, ainsi comme tu lui as délivré de ton plein gré une information si importante qu'il t'a pardonné et épargné.

Sa voix était grinçante. Sirius ne bougeait plus, il ne disait rien.

- Mais je ne t'épargnerais pas, moi, je ne serais pas si clément.

Il leva sa baguette et le temps se figea un instant.

- Monsieur Wilson ! intervint Sirius. Vous ne pouvez pas faire ça ! Ne vous abaissez pas à le tuer.

Un rire dérangeant s'échappa des lèvres de mon père.

- Sache jeune Black, que tu ne me connais absolument pas. Je vengerai la femme que j'aime et je me vengerai de la traitrise que l'on m'a faite. Torturer quelqu'un ne me dérange absolument pas, posséder quelqu'un ou le tuer ne me fait aucun mal. JE SUIS UN MANGEMORT ! cria-t-il en relevant sa manche et en montrant sa marque.

Il se retourna vers Rabastan mais Sirius avait déjà prononcé la formule qui avait permis à Rabastan de se délivrer du sort de mon père. Il s'échappait à présent par la fenêtre.

- Attends sale vermine ! s'agita mon père.

Mais lorsqu'il voulut le rattraper, Rabastan avait déjà transplané.

- Tu vas regretter ton geste Black !

- PERE NON !

Je m'étais instinctivement placée devant Sirius. Je savais que mon père n'oserait pas me faire du mal. Mais il ne put arrêter son mouvement, les dés étaient déjà jetés et je reçu violemment le Doloris qui ne m'était pas destiné.

Un incendie se déclara en moi, la douleur était insupportable. Le feu s'immisça dans tous mes organes, brûlant mes poumons, mes os, mon cerveau. De l'acide avait remplacé mon sang et se déversait à présent dans tous mon corps. Je ne pus contenir toute cette douleur et un cri s'échappa de ma gorge.

Même si le sortilège ne dura que quelques secondes car mon père arrêta immédiatement, mon corps lui, eut l'impression de le subir plusieurs minutes et lorsque ça s'arrêta enfin, j'étais au bout de mes forces.

Mon père était agnenouillé devant moi et me regardait avec des yeux humides, perdus.

- Je suis désolé, je suis désolé…, se lamentait-il.

Il fit un geste vers ma joue mais j'eus un mouvement de recul.

- Ne la touchez pas ! ordonna Sirius qui me tenait dans ses bras en tremblant. Je vous interdis de la toucher.

Mon père n'avait apparemment pas la force de le contredire. Sirius me souleva, me remit sur mes pieds et m'aida à monter l'escalier en direction de ma chambre. Je lançai un dernier regard à mon père, toujours abattu dans le salon. Il n'avait pas fait exprès, ce n'était pas sa faute, il n'avait pas voulu me blesser.

Sirius me fit m'assoir dans le fauteuil à gauche de ma chambre et s'empara précipitamment d'un gros sac. Il entreprit de mettre toutes les affaires qu'il trouvait dedans.

- Qu'es ce que tu fais ? demandai-je d'une voix faible.

- Je t'emmène autre part, tu ne restes pas là, dit-il sur un ton qui ne laissait pas de place à la discussion.

Mais cela ne m'empêcha pas de protester :

- Je ne laisse pas mon père tout seul, il a besoin de moi.

Sirius s'immobilisa, je lu dans ses yeux du dégout.

- Il est fou Nora ! Complètement perdu, s'il te refait du mal, je ne me pardonnerai pas de t'avoir laissé avec lui.

- Il n'a pas voulu me faire du mal ! criai-je.

- S'il est capable de me lancer un sortilège impardonnable, je pense qu'il est capable de le faire sur toi.

- J'étais prête à faire la même chose Sirius ! J'allais lancer un Doloris à Rabastan. Tu m'as retenue à temps mais si tu n'avais pas été là je l'aurais fait. Je suis de la même nature que mon père.

Je fis une pause, il me regardait avec une intensité nouvelle.

- Je suis comme mon père. Le même sang, la même folie, la même haine et la même magie noire ! Tu te trompes si tu crois voir en moi quelque chose d'autre. Fuis-moi. Laisse-moi derrière, retourne à Poudlard, retrouve tes amis, rencontre une nouvelle fille, vis ta vie et laisse ces obscures histoires loin derrière toi.

Sirius faisait non de la tête et quand j'eus fini il s'approcha de moi et pris mes mains.

- Ce n'est pas ton sang ou tes gènes qui font ce que tu es Nora, ce sont tes actes de tous les jours. Je te connais à présent. Je sais comment tu fonctionnes. Tu es perdu, tu ne sais plus qui tu es et c'est normal après tout ce qu'il s'est passé et tout ce que tu as appris. Mais ne m'éloignes pas. Le fait que Jedusor soit ton père ne change rien à qui tu es.

Il glissa ses mains sur mon visage et le rapprocha du siens.

- Ne me tiens pas à l'écart.

Tendrement, il pressa ses lèvres tièdes sur les miennes. Réchauffant mon être de sa douce étreinte, je lui rendis son baiser. Je lui rendis son baiser comme pour lui dire que j'avais compris ce que qu'il m'avait dit, pour lui dire que j'acceptais. Mes doigts se glissèrent derrière sa nuque et s'enroulèrent dans ses cheveux. Je n'avais pas envie d'arrêter mais les lèvres de Sirius déposèrent des baisers dans mon cou avant de s'éloigner définitivement de moi.

Il se leva brusquement.

- Sirius ? appelai-je étonnée.

- J'ai besoin d'un parchemin et d'une plume, expliqua-t-il pressé.

- Sur le bureau, montrai-je.

Il s'empara du bout de papier et d'encre et se mit à griffonner à toute vitesse.

- Qu'es ce que tu fais ? demandai-je.

- J'écris à Dumbledore, répondit-il sérieusement.

- Quoi ? Pourquoi ?

- Il peut t'aider.

- Non ! Non si quelqu'un apprends que je suis la fille de… de…, je vais finir à Askaband.

- Tu dis n'importe quoi ! Il est le seul qui puisse nous aider.

- Arrête !

Je me levai précipitamment pour l'arrêter mais il avait déjà tendu l'enveloppe à Nuit, ma chouette, qui s'échappa par la fenêtre.

- Sirius ! m'exclamai-je.

- Je suis sûr qu'il est déjà au courant.

- Surement pas ! Il me l'aurait dit.

- Ce n'était pas à lui de le faire, répliqua-t-il en haussant les épaules.

Il n'avait pas tort.

- De toute façon tu ne peux pas rester avec ton père.

- Je t'ai dit que je n'allais pas le laisser.

Il passa une main sur son visage.

- Nora…, je ne comprends pas que tu n'y es pas pensé plus tôt. Ton père est un mangemort. Ton père porte la marque des ténèbres. Tant qu'il sera avec toi, les mangemorts et Voldemort pourront savoir où tu te trouves. Tant que tu restes avec lui tu es en danger. Si tu es encore en vie à cet instant même c'est parce que Voldemort n'en a pas décider autrement.

- Comment-tu sais ça ?

- Peu importe, tu crois que tu serais de taille face à lui ?

- Peut-être.

- Tu deviens folle, soupira-t-il.

- Comme mon père, répliquai-je amèrement.

- Ne déforme pas ce que j'ai dit !

- Je ne déforme rien. Je suis une bombe à retardement Sirius, tôt ou tard j'exploserai et je ne veux pas que tu sois à côté et que ça te blesse.

- Je ne reparlerai pas de ça.

- Il va bien falloir pourtant, répondis-je en pinçant les lèvres.

Il prit mes épaules et me regarda droit dans les yeux.

- Ce n'est pas le plus urgent, soupira-t-il.

Il déposa un baiser dans mes cheveux et me lâcha d'une voix froide et autoritaire :

- Autre chose… Ne te mets plus jamais entre moi et un sortilège qui m'est destiné. Plus jamais.