Bonjour tout le monde ! Je... je ne sais plus quoi dire pour me faire pardonner. Je... J'ai eu plein de choses à faire et je n'ai pas eu une seule seconde à moi pendant des mois.
Si jamais vous en avez marre d'attendre et que vous voulez savoir où j'en suis, venez me voir sur Snap : nasoo_eb ou sur Twitter : ElaraNaSoo. De temps en temps je poste des trucs sur ma vie. Mais vous avez plus de chances de me trouver sur insta : not_to_be_a_giraffe.
(Oui, je me fais de la pub et j'ai même pas honte).
Bref, je vous laisse avec ce nouveau chapitre et la découverte du nouveau personnage !
Spoilers : Tout le monde ou presque s'est trompé en essayant de deviner ;)
Coeur sur vous !
Argantaëlle
Tony était en train de retourner son labo en cherchant sa tablette, une fois Dumm-E sorti, tandis que Bruce et Clint continuaient de discuter entre de Jörmunganð qui mettait son nez partout et surtout dans les affaires de couples.
- Ce gosse est quand même incroyable, disait Bruce en remontant ses lunettes sur son nez.
- Peut-être que tu as ENFIN tes chances avec Loki si le gosse s'en mêle, glissa Clint à l'ingénieur en passant près de lui toujours en faisant rouler sa chaise à travers tout l'établi.
- Pour la dernière fois, je vous dis que j'essaie de passer à autre chose, merde ! Loki et moi c'était voué à l'échec depuis le début, je sais même pas pourquoi je me suis dit que je pouvais avoir une chance un jour !, s'exclama ce dernier en fouillant dans ses plans pour ce qui lui semblait être la dixième fois au moins. Mais où est passé cette putain de tablette ?!
- T'as regardé sous tes plans ? Demanda Clint dos à lui toujours en train de rouler.
Tony ne répondit pas et se pinça l'arrête du nez pour tenter de se calmer alors que Bruce se mettait à sourire. L'ingénieur se dirigea vers la petite table où il était sûr d'avoir posé son outil avant que Dumm-E ne vienne pour son bras cassé.
- Et comment va ta famille ? Demanda Bruce à l'archer pour détourner quelque peu son attention.
- Bien, très bien ! Ma femme me tanne pour que je la fasse venir ici rencontrer Loki, et depuis peu mes gosse s'y mettent aussi ! Et le pire c'est qu'elle ne veux même pas me venger pour ce que Loki m'a fait ! Elle veux venir pour discuter bébé ! S'écria Clint en levant les bras au ciel. Elle prétend que ce n'est pas sain pour une future maman d'être entourée, je cite : « de soldats et de brutes épaisses sans aucun raffinement ou sens de la délicatesse. » Que voir une présence féminine lui ferait du bien soi-disant.
- Elle n'a peut-être pas tout à fait tort..., tenta le scientifique en croisant les bras.
- Il est hors de question que ma femme et Loki se rencontrent.
- Tu as peur de ce que Loki pourrait lui faire ?
- Non, j'ai peur qu'elles deviennent amies, grogna l'archer.
Cette fois-ci Bruce ne put s'empêcher de rire franchement tandis que Tony continuait de pester conte la disparition de sa tablette.
- Mais bon sang elle ne s'est quand même pas volatilisée ! Jarvis ! Où est cette putain de tablette ?!
- Aah Jarvis, Saint Jarvis, lança Clint en levant les yeux au ciel. Qu'est-ce que tu ferais sans lui ?
- J'ai bien quelques idées Monsieur Barton, répondit l'IA, mais il est inconvenant de faire pleurer Monsieur Stark comme un enfant en face de témoins.
L'archer eut un sourire mauvais en regardant l'ingénieur.
- N'y pense même pas Legolas, le menaça du doigt Tony. Réponds à la question J'.
- Votre tablette est à présent dans votre chambre.
- Mais comment est-ce qu'elle... Dumm-E, réalisa l'ingénieur en soufflant.
Mais qu'est-ce que le gosse avait encore inventé ?! Pourquoi est-ce qu'il lui avait piqué la tablette comme ça ?!
L'écho d'un deuxième rire dans l'escalier, alors que le petit robot quittait le labo, lui revint en mémoire.
Il ferma les yeux en retenant un grognement de frustration. Évidemment que Dumm-E n'aurait jamais eu une idée pareille tout seul. Le fait de s'être cassé le bras en tombant dans les escaliers aurait dû lui mettre la puce à l'oreille également. Jörmunganð était forcément derrière tout ça.
Bon sang ce gosse allait le rendre chèvre.
D'abord, il allait récupérer sa tablette et ensuite il aurait une petite discussion avec lui. Le gosse pensait peut-être être malin, mais ils ne jouaient pas encore dans la même cour.
Relevant les yeux il tomba sur les sourires satisfaits de Bruce et Clint.
Surtout Clint. Il avait le sourire du chat qui s'était tapé le canari de la voisine et le bol de crème en prime.
- Si jamais j'apprends que vous y êtes pour quoi-que-ce soit..., les menaça-t-il en se dirigeant vers la sortie. Et sortez de mon labo ! Cria-t-il en montant les escaliers.
Tout en ruminant ses pensées, il remonta dans la partie habitation et longea le couloir des chambres, entrant dans la sienne sans faire attention. Il repéra rapidement la tablette qui était étrangement terne, couverte de poudre ou de poussière, il ne savait pas trop.
Mais qu'est-ce que les gosses pouvaient bien fabriquer ?
Il la récupéra mais elle lui échappa, devenue glissante à cause de ce que les gamins avaient mis dessus. Elle tomba directement dans la poubelle qui se trouvait par chance en dessous du bureau, lui évitant ainsi de se fracasser contre le parquet.
La récupérant une seconde fois, il remarqua des petits bouts de papier dans le fond de sa corbeille.
Pourtant ça faisait des jours qu'il n'était pas venu dans sa chambre et Dumm-E aurait dû vider les poubelles depuis le temps...
De plus en plus intrigué, il vida la poubelle sur son bureau, se retrouvant avec de petits bouts de papiers noirs et blanc avec quelque chose écrit sur certains.
Mais qu'est-ce que c'était que cette histoire ?!
Il chercha à assembler la photo mais l'image ne ressemblait à rien, juste de vagues ombres et c'était impossible de deviner à quoi ça pouvait bien ressembler pour l'aider dans son assemblage.
Soudainement la voix de Jarvis vint le perturber pendant son puzzle.
- Monsieur, il semblerait que nous ayons un invité, déclara l'IA en montrant le salon dans lequel une femme venait d'apparaître juste derrière Loki.
- Putain de merde, jura-t-il en récupérant sa tablette, se précipitant hors de la pièce vers le salon.
Loki se tendit comme un arc, tandis que Jör et Fen s'éjectaient du canapé en sifflant et grognant, l'un avec des pupilles réduites à deux fentes noires sur fond vert et les canines sorties, l'autre avec ses oreilles de loup plaquées sur l'arrière de la tête et la queue rabattue entre les jambes.
Le Jotun prit une inspiration tremblante et ramena lentement les mains sur son ventre pour essayer de le cacher. La voix lui disait quelque chose mais elle était incapable de se rappeler où est-ce qu'elle l'avait déjà entendue. Si elle venait d'Asgard elle était en danger.
Odin n'aurait pas ordonné à Freya de venir jusqu'ici n'est-ce pas ? Ce n'était pas non plus Sif, la voix était trop... agréable pour que ce soit elle. Ce n'était pas Frigga, Loki connaissait sa mère dans les moindres détails, dans le moindre grain de voix. Il n'enverrait pas Eir, elle n'avait rien à faire dans cette histoire et Iðunn était beaucoup trop importante dans son verger pour le quitter. Et à part ces quelques déesses, personne ne savait ce qui s'était réellement passé lorsque Freya...
Le Jotun sentit la personne se pencher par-dessus le dossier du canapé, Jör et Fen se mettant à grogner plus fort et soudainement une odeur de roses fanées, presque pourries après une grosse pluie d'orage envahi son odorat. Les pointes d'une mèche blanche comme neige tombèrent sur son épaule.
Le jour se fit enfin dans son esprit. Évidemment.
Cette odeur elle l'avait sentie pendant des années, parfois presque jusqu'à l'écœurement et elle l'avait sentie une dernière fois près de 1000 ans auparavant. Elle avait pensé ne jamais la sentir encore une fois. Incrédule, elle se leva et fit face à la nouvelle venue.
Il s'agissait d'une femme, grande, plus grande que Loki, mince et souple comme une liane et si elle n'exposait pas fièrement sa petite poitrine, on aurait facilement pu la prendre pour un homme. La première chose qu'on remarquait chez elle c'était son épaisse chevelure d'un blanc éclatant qui tranchait sur sa peau noire d'encre dévoilée par le peu de vêtements qui couvraient uniquement ce que la décence ne permettait pas de voir. Elle était autrement couverte de perles de bois clair, certaines dans ses cheveux, beaucoup autour de son cou pendant sur sa poitrine ainsi qu'autour de ses poignets, de ses chevilles qui rendaient un son curieux, comme les bâtons de pluie avec lesquels les enfants jouaient, chaque fois qu'elle bougeait. Elle tranchait dans le décor de la Tour, une herbe folle dans un jardin anglais. Loki se souvenait qu'elle avait toujours eut cet effet là partout, surtout à Asgard malgré ses tentatives pour rentrer dans le moule. Elle avait toujours été trop colorée, trop bruyante, trop vivante. Il n'y avait qu'à Vanaheimi qu'elle se fondait dans le décor, dans ses villages suspendus, sous les frondaisons des arbres géants dans lesquels elle avait été élevée toute sa vie, véritable esprit de la liberté.
Surpris par le comportement de leur mère les deux enfants s'arrêtèrent de grogner et si Jör retrouva une apparence normale, Fen conserva ses oreilles et sa queue.
- Sygin ? demanda Loki, incapable de croire à ce qu'elle voyait.
- Bonjour Loki ! s'exclama cette dernière avec un grand sourire. Ça fait longtemps !
- Mais comment…, commença le Jotun avant de se faire couper.
- J'ai utilisé une de tes portes, expliqua la Vane comme si ça tombait sous le sens. J'ai mis du temps à la retrouver, surtout que sa trace avait quasiment entièrement disparue alors je ne te raconte même pas les difficultés que j'ai eues pour la rouvrir ! Heureusement que ta fille m'a dit où tu te trouvais sinon je n'aurais jamais pu me téléporter jusqu'ici ! Elle se porte à merveille d'ailleurs, même si elle regrette de ne pas avoir le temps de venir te voir. Soit-disant une histoire de dérèglement climatique qui tue des gens… Enfin bon ! Je ne suis pas là pour refaire ce monde n'est-ce pas ? J'ai déjà bien assez avec le mien ! Savais-tu que…
Loki arrêta d'écouter et observa son ancienne épouse partir dans sa logorrhée. Elle n'avait pas changé d'un pouce. Toujours en train de parler de bouger, de rire… En train de vivre tout simplement.
Sygin fut coupée dans son monologue lorsque Dumm-E et You firent irruption dans la pièce, suivis de près par Butter-finger qui trébucha sur le bord du tapis, se rattrapant de justesse en lâchant son extincteur qui tomba sur le pied de Jörmunganð, le tirant de son hébétement face à la Vane.
- AÏE ! s'exclama-t-il en relevant le pied brusquement.
- Qu'est-ce que vous faites là les enfants ? demanda Loki en se tournant vers les trois petits androïdes.
- Papa a'ive, expliqua You en montrant la porte du salon. Et i' a pas 'air très content…
Loki se sentit pâlir. Elle qui se faisait toute petite pour essayer d'importuner le moins possible l'ingénieur, l'arrivée de son ancienne épouse n'allait sûrement pas lui faire plaisir, d'autant plus que la Vane avait visiblement l'intention de rester ici jusqu'à nouvel ordre.
Sans se départir de son sourire, Sygin se plaça devant le Jotun de manière protectrice, son parfum masquant complètement celui de l'ingénieur alors qu'il rentrait dans la pièce. Remarquant immédiatement son air tendu et son regard calculateur, Loki chercha à s'avancer pour expliquer la situation mais son ancienne épouse la maintint fermement derrière elle, son bras en travers de sa poitrine.
- Sygin Haustlöngdottir pour vous servir, se présenta-t-elle à l'ingénieur en lui tendant la main.
- Tony Stark, milliardaire playboy génie philanthrope, répondit l'ingénieur en lui serrant la main après une seconde d'hésitation. Que me vaut l'honneur ? Demanda-t-il avec une note sarcastique que Loki espérait passer inaperçue de la Vane.
- Je viens aider Loki pour sa fin de grossesse, parce que je sais qu'elle va avoir besoin de moi. Après tout je suis son épouse, ajouta-t-elle son sourire changeant pour devenir légèrement plus victorieux.
- Ancienne épouse, la corrigea Loki en fronçant les sourcils, ses yeux quittant enfin l'ingénieur manquant de ce fait le regard qu'il posa sur elle.
Elle sentit le bras de Sygin se resserrer sur elle, la poussant encore plus en retrait tandis que la Vane se tendait contre elle.
Intriguée par son comportement protecteur Loki fronça les sourcils en la regardant, sentant quelques secondes plus tard à l'arrière de son crâne la sensation particulière et surtout connue de quelqu'un essayant de lire ses pensées. Elle renforça ses bouclier mentaux et regarda autour d'elle pour savoir qui tentait de rentrer dans sa tête. Elle n'avait pas besoin de magie pour se protéger contre la lecture d'esprit, ça même les imbéciles pouvaient le faire, mais elle en avait besoin pour pouvoir remonter la trace. Son regard se porta sur les enfants qui se disputaient à voix basse suite à l'extincteur tombé sur le pied de Jör qui se disputait avec Dumm-E et Fen essayait de protéger son frère. Ces deux-là étaient hors de cause. Anthony étant incapable de télépathie, il ne restait qu'une personne...
Elle pinça discrètement les côtes de Sygin, qui le cilla même pas et continuait de sourire à l'ingénieur qui avait reporté son regard sur elle. La sensation disparut, cependant.
- Et pourquoi seriez-vous aussi indispensable ?, demanda Tony en levant un sourcil.
- Loki a des attitudes très... particulières lors de ses derniers mois de grossesse. Et croyez moi, je sais de quoi je parle, après tout nous avons eu deux enfants ensemble, expliqua la Vane.
- Techniquement il s'agissait de jumeaux donc tu n'as connu qu'une seule de mes grossesses, contra Loki sans même y penser. Et je n'ai pas d'habitudes particulières ! S'exclama-t-elle en fronçant les sourcils.
- C'est parce que tu ne t'en rends même pas compte mon chat, la taquina Sygin avec un petit clin d'œil. Et arrête de me contredire !
- Je fais ce que je veux ! Lui répondit le Jotun en lui tirant la langue.
Contaminée par la bonne humeur de son ancienne épouse, elle se laissait aller à des facéties dignes d'un enfant de quatre ans.
- Et sinon, où comptez-vous dormir ? Demanda Tony en les sortant de leur petit moment.
- Avec Loki bien sûr ! S'exclama sans se départir de son sourire. Ne vous inquiétez pas je me contente de peu ! Et puis c'est tellement gentil de votre part de m'accueillir chez vous ! Je me ferais aussi petite qu'une souris !
Lorsque l'ingénieur se tourna enfin vers Loki, cette dernière eut l'impression qu'il la regardait vraiment depuis des semaines et ses yeux la transperçait de part en part, la clouant sur place. Elle sentit vaguement Sygin resserrer sa prise sur elle sans plus rien voir d'autre que les iris bruns d'Anthony ni ressentir autre chose que son cœur battant trop vite contre ses côtes, l'empêchant de respirer correctement. Après plusieurs secondes qui parurent durer une éternité, il finit par détourner les yeux et abandonna la partie.
- Faites comme vous voulez, lança-t-il en sortant de la pièce. Les gosses vous venez, j'ai besoin de vous à l'atelier !
Butter-finger et You tirèrent Dumm-E qui continuait de se disputer avec Jörmunganð, retenu par son frère afin de l'empêcher de suivre les petits robots pour continuer à leur crier après.
- Qu'est-ce que c'était que ça ? Demanda Sygin en se tournant vers Loki une fois les trois petits androïdes partis.
- Mais vous êtes qui en fait madame ? La coupa Jör en s'approchant une fois que son frère l'eut lâché.
- Je m'appelle Sygin, se présenta encore une fois la Vane en se penchant vers lui. Et toi qui es-tu ?
- Je suis Jörmunganð et lui c'est Fenrir mon petit frère !
- De neuf minutes seulement ! Protesta le louveteau.
- C'était toi le nouveau Papa de Mama quand notre Papa est partie ?
Confuse Sygin jeta un coup d'œil vers Loki qui acquiesça d'un petit signe de tête.
- Oui, finit-elle par répondre. Et vous avez même eu deux frères, Vali et Narli.
- Et ils sont où maintenant ? Demanda Fenrir avant son frère.
Sygin battit des paupières et avala sa salive.
- Ils sont morts, répondit Loki à sa place. C'est votre sœur qui s'en occupe à présent, ajouta-t-elle avec un doux sourire.
- Et ils sont bien plus heureux comme ça, finit par renchérir Sygin en se redressant.
- On pourra les voir ? Demanda Jör en regardant sa mère avec espoir.
Bien que comprenant l'engouement du petit garçon pour ses deux « nouveaux » petits frères, elle ne voulait pas lui donner trop d'attentes. Faire sortir une âme du Helheim, même pour quelques minutes, demandait beaucoup d'énergie et Loki n'était pas sûre que Héla, malgré tous ses pouvoirs, parvienne à faire sortir DEUX âmes pour qu'ils rencontrent leur famille.
- Il faudra demander à ta sœur mais je ne suis pas sûre qu'elle réussisse à les faire venir jusqu'ici.
- Mais nous on pourrait y aller ! S'exclama Fenrir.
Loki sentit son sang se glacer dans ses veines. Elle était déjà descendue dans le Helheim plusieurs fois, bien sûr, mais chaque fois elle se trouvait dans un endroit sécurisé, protégée par sa magie. Lorsqu'un vivant voulait descendre au Royaume des Morts, son âme devait quitter son corps, qui arrêtait littéralement de fonctionner. Il était médicalement mort mais recommençait à vivre dès que l'âme réintégrait sa coquille. Cependant, si quoi que ce soit arrivait au corps, ne serait-ce que le déplacer, cette dernière restait à jamais au Hellheim. Il fallait donc à tout prix se protéger pour éviter de se faire assassiner. Et les Norns savaient à quel point Loki devait se protéger.
Hormis la menace de meurtre, cela n'avait jamais dérangé Loki de « mourir » pendant plusieurs jours pour aller voir sa fille. Mais il était hors de question qu'elle voit ses enfants mourir, même pour quelques secondes.
Trop l'avaient déjà quitté pour de bon pour qu'elle autorise ses fils à partir.
- C'est hors de question, lui répondit-elle d'un ton ferme.
- Mais..., commença Jör en fronçant les sourcils.
- Jörmunganð j'ai dit non. La discussion est close, asséna-t-elle lorsque le petit garçon voulu reprendre la parole.
Ce dernier fit une drôle de tête et détourna les yeux en boudant. Il sorti de la pièce en traînant les pieds et Loki ne chercha pas à le retenir.
Elle avait dit non, c'était non et ça ne servait à rien qu'il grogne. C'était comme ça, un point c'est tout.
- Pourquoi on peut pas y aller Mama ? Demanda Fenrir d'une petite voix.
- Parce que. C'est comme ça, répondit sa mère en se retenant de soupirer.
- Ça aurait été bien d'avoir des petits frères pourtant, dit Fenrir en haussant les épaules.
Son regard se fit vague quelques secondes et il reprit conscience de son entourage en secouant la tête.
- Je vais voir Jör, il a besoin de moi, expliqua-t-il en regardant sa mère comme s'il attendait son approbation.
- Vas-y dans ce cas, lui dit-elle en lui montrant la porte d'un signe de tête.
Le petit garçon aux cheveux blancs sorti en courant de la pièce et Loki finit par se retourner vers son ancienne épouse en caressant distraitement son ventre.
- Que viens-tu faire ici Sygin ? Demanda d'un ton presque réprobateur s'il n'y avait pas ce sourire affectueux qui jouait sur ses lèvres.
Elle était heureuse de la voir, bien sûr elle lui avait manqué mais, tout ça n'était pas prévu. Elle les mettait en danger. Plus qu'ils ne l'étaient déjà. Anthony avait déjà prit un énorme risque en accueillant ses enfants et Sygin arrivait et rajoutait encore plus de poids sur les épaules de l'ingénieur. C'était tout ce que Loki avait voulu éviter.
- Moi j'ai une meilleure question, répondit la Vane avec un petit sourire. Qui est ce type et qu'est-ce qui s'est passé quand vous vous êtes regardés ?
- Réponds d'abord à ma question Sygin.
Son ton s'était légèrement durci et elle releva le menton dans une attitude défensive. La Vane leva les mains en signe de reddition.
- Je suis venue parce que ta fille m'a dit que tu étais enceinte. Et tu sais pertinemment que tu vas avoir besoin de moi incessamment sous peu. Et ne fais pas celle qui ne comprend pas ! Tu as peut-être réussi à gérer jusque là mais tu SAIS que quand ton instinct va reprendre le contrôle tu risques de te mettre en danger ! S'exclama-t-elle lorsque Loki voulut intervenir.
Le Jotun se ferma aux derniers mots de son amie. Elle pouvait très bien gérer sa grossesse toute seule. Sans se laisser dépasser par ces fichus instincts jotuns qui n'était pas différents que ceux des animaux !
Elle avala durement sa salive et tourna les talons pour sortir de la pièce.
Évidemment qu'elle allait avoir besoin de Sygin pour gérer les derniers mois, et elle savait très bien qu'elle se mentait à elle-même en se disant qu'elle pouvait gérer sa grossesse seule. Elle était le Dieu des Mensonges et son premier client, merci pour elle. Elle n'avait jamais réussi à contrôler ses actions sur les derniers mois, c'était toujours ça qui mettait la puce à l'oreille du Père de Toutes Choses et qui généralement finissait par la faire avorter de force. Mais il était hors de question qu'elle l'admette. L'admettre c'était déjà y céder et elle ne pouvait pas faire subir ça à Anthony. Parce qu'elle allait être insupportable pendant des semaines.
- Loki, l'appela tendrement Sygin alors qu'elle atteignait le pas de la porte.
Loki se retourna et la Vane se contenta de lui ouvrir ses bras avec un sourire doux. Loki se figea quelques secondes et fini par se précipiter dans son étreinte.
- Il était temps que j'arrive n'est-ce pas ? Lui demanda Sygin au creux de l'oreille en lui caressant les cheveux comme seul commentaire aux gouttes qu'elle sentait glisser dans son cou.
Tout doucement elle guida le Jotun pour s'asseoir sur le canapé et la laissa pleurer tout son soûl.
Derrière la porte Anthony ferma les yeux et tourna les talons pour retourner dans son labo.
C'est dans cette même pièce que, quelques heures plus tard, Jarvis demanda la permission de faire entrer la Vane. Tony posa le fer à souder qu'il avait dans la main, renvoya les robots qui étaient en train de l'aider dans leurs corps d'androïdes et fini par autoriser Sygin à entrer.
Il était curieux de savoir ce qu'elle avait à lui dire celle-là. Quand il était entré dans la pièce, elle s'était quasiment jetée devant Loki comme s'il était un dangereux malade qui allait l'agresser.
Sans déconner. Si elle savait à quel point il évitait le Jotun, elle ne se serait sûrement pas donnée cette peine. À moins que Loki n'ait eut le temps de lui dire à quel point il était déviant et dangereux avant qu'il n'arrive et qu'elle ne voulait plus qu'il l'approche suite à ce qu'elle avait sûrement compris suite au bal. À moins qu'elle ne vienne lui annoncer que Loki prenait ses cliques et ses claques et qu'elle l'emmenait avec elle, dans un monde où elle pourrait sûrement mieux la protéger qu'ici. Parce qu'apparemment Loki en avait assez de vivre ici, au point de pleurer. Il était effectivement peut-être mieux pour elle de s'en aller si sa présence lui était à ce point insupportable.
- Monsieur Stark, le salua Sygin en entrant dans la pièce toujours aussi peu vêtue avec ses centaines de colliers et de bracelets.
Et pourtant tout ce que Tony remarqua ce fut toutes les taches de rousseurs qui constellaient sa peau autour de son nez et sur ses pommettes et surtout, ses yeux : deux braises au milieu d'un univers bicolore, l'orange tranchant violemment entre le noir et le blanc. Une petite cicatrice, fine et acérée, tranchait sa joue gauche sur une paire de centimètres.
- Qu'est-ce que vous voulez, demanda Tony, d'un ton plus agressif qu'il ne l'aurait souhaité.
- Pas la peine de mordre, rit la Vane en s'appuyant sur l'établi, je ne suis pas venue pour vous la prendre !
- Me prendre quoi ? S'enquit l'ingénieur faisant semblant de ne pas comprendre de quoi elle parlait.
- Loki.
Le sourire suffisant qui étirait les lèvres fines était insupportable.
- Vous faites ce que vous voulez, je ne vois pas en quoi ça me regarde, croisa-t-il les bras.
- Bien sûr que ça vous regarde. Vous l'aimez. Et ça m'étonnerait beaucoup que vous la laissiez partir sans rien dire.
Anthony se sentit pâlir et se redressa dans son siège.
Était-il à ce point transparent pour qu'une femme qui ne l'avait vu que quelques secondes devine immédiatement son attirance pour Loki ?
Il passa la main dans ses cheveux et se frotta l'arrière de la tête où une sensation désagréable commençait à s'installer.
- Vous êtes aussi transparent que de l'eau de roche pour ceux qui savent lire, ajouta Sygin comme pour répondre à ses interrogations internes. Et vos interrogations ne sont pas si internes que ça, ajouta-t-elle en jouant avec morceau de métal qui traînait sur l'établi.
Entre ses doigts le fer changea rapidement de forme et elle se retrouva bientôt avec deux petits personnages qui bougeaient dans tous les sens, se courant après dans la paume de sa main en essayant de s'attraper.
- Magie primaire, expliqua-t-elle en captant le regard incrédule de l'ingénieur. Elle me permet de manipuler les éléments et de lire les pensées mais rien d'extraordinaire. Ça à toujours été Loki le magicien entre nous. Elle pouvait créer des merveilles à partir de rien... Vous auriez vus les mondes qu'elle faisait apparaître lorsqu'elle racontait des histoires aux enfants... Un jour elle a même créé un monde rien que pour eux, dans lequel tout ce qu'ils imaginaient devenait réalité. Bien sûr elle ne pouvait le maintenir plus de deux heures en prenant sur ses propres forces mais elle travaillait dessus pour le rendre éternel quand on nous a séparé. Elle voulait le rattacher à Yggdrasil pour qu'il soit alimenté par l'Arbre-Monde plutôt que par sa propre magie. Si elle avait eu plus de temps, il y aurait aujourd'hui dix mondes au lieu de neuf.
Elle regarda les petits bonshommes se courir après avec des yeux vagues et un sourire nostalgique sur les lèvres avant de secouer la tête pour revenir dans le monde réel.
- Tout ça pour dire, finit-elle, que je peux lire vos pensées.
- Pardon ?! S'exclama Tony en se mettant debout. Mais la vie privée ça vous parle ?
- Ce n'est pas franchement de ma faute. Vous pensez tellement fort que vous m'auriez crié dans les oreilles, ça aurait été la même chose ! Dès que vous regardez Loki, c'est plus fort que vous ça vous échappe totalement. Et c'est encore pire quand elle vous regarde en même temps. J'ai cru que vous alliez vous mettre à genoux en lui baisant les pieds tout à l'heure, rit-elle en refermant le poing sur le métal pour lui redonner sa forme d'origine.
- Je ne...
- La seule chose qui vous en empêche c'est que vous l'avez déjà fait quand elle s'est faite enlever.
- Comment...
- Vous dégoulinez de culpabilité. Selon vos propres pensées, lorsque vous vous êtes regardés tout à l'heure elle avait les mêmes yeux que lorsque vous l'avez enfermé en lui faisant croire qu'elle était seule. Je n'ai pas eu à remonter bien loin pour savoir tout ce qui s'était passé depuis qu'elle est arrivée.
- Je vous interdis de rentrer dans ma tête ! Cria Tony.
- Alors contrôlez-vous ! Ce n'est pas moi qui suis en train de coucher à tour de bras et qui me suis remise avec mon ex parce que je suis en train de me faire briser le cœur !
L'ingénieur ne répondit rien, trop aveuglé par la colère pour répondre.
- Mais ne vous en faites plus pour cela. Je vais m'occuper de Loki maintenant. Vous n'avez plus à vous inquiéter. Il ne lui arrivera plus rien. Sachez seulement que si vous la refaite souffrir, volontairement ou non, je vous jure par Yggdrasil/
- Ne terminez pas cette phrase si vous souhaitez rester dans cette Tour, gronda Anthony. Jarvis à un système de défense assez sensible et il se pourrait que vous vous fassiez trouer la peau à la moindre menace contre moi ou un des habitants de cette Tour.
Dans le dos de l'ingénieur plusieurs armures s'allumèrent et quelques armes sortirent du plafond avec un cliquetis discret pour se pointer sur la Vane.
- Ce n'est pas trop tôt ! S'exclama Sygin en levant les bras au ciel. Moi qui croyais que votre système de sécurité ne consistait qu'en votre majordome, me voilà rassurée !
La garce. Elle avait fait exprès de le provoquer pour voir jusqu'où il irait.
Elle chercha à poser une main sur son épaule mais il se déroba.
- Ne le prenez pas mal. Il fallait bien que je sache si vous pouviez vous défendre si jamais on venait à vous attaquer.
Les rires et sourires de cette femme commençaient sérieusement à lui casser les pieds.
Elle lui lança un dernier regard victorieux et finit par sortir de la pièce. L'ingénieur se laissa tomber tomber sur son siège et se frotta le visage en soupirant. Décidant de laisser le projet sur lequel il travaillait sur le côté pour le moment, il jeta un regard circulaire pour essayer de trouver sa tablette avant de se souvenir qu'elle était dans sa chambre. Il grogna de frustration et se leva pour aller la chercher.
Il avait besoin de sortir de la pièce un moment.
Dans les couloirs il tomba sur Steve qui sortait de la chambre de Coulson avec le rouge aux joues et la chemise de travers.
- Eh bien en voilà deux qui s'amusent, ne put s'empêcher Tony de remarquer avec un sourire grivois.
Embêter le soldat lui offrait une échappatoire bienvenu aux pensées sombres qui tournaient dans son esprit. Ce dernier sursauta en entendant l'ingénieur et rougit encore plus en croisant son regard.
- On a rien fait, se défendit-il en replaçant sa chemise.
- Ah mais je ne veux rien savoir ! Leva les mains Anthony. Vous êtes tous les deux majeurs et consentants ! Sourit-il.
La carnation de Steve approchait du poivron bien mûr et Tony était sûr que s'il l'embêtait encore un peu il allait se mettre à fumer.
Il allait pour le pousser encore un peu quand Coulson sortit à son tour de sa chambre, en bras de chemise et faillit percuter le soldat.
- Mais qu'est-ce qui se passe ici ? Demanda-t-il en remarquant l'embarras du blond et le sourire amusé de l'ingénieur.
- Enfin Steve, tu ne vas me faire croire qu'il ne s'est rien passé quand même notre Coulson fait tomber la veste ! S'exclama ce dernier.
- Stark.
- Soyez honnête Coulson. Vous auriez pu sortir nu de cette chambre ça aurait été la même chose.
- Arrêtez.
Le ton de l'Agent s'était refroidi de quelques degrés et Tony sut qu'il était temps de partir. Sa mission était de toute façon accomplie puisque Steve refusait de le regarder ou de regarder Coulson, trouvant bien plus intéressant de fixer un point sur le mur, tellement rouge qu'on pourrait croire qu'il allait exploser.
Il parti en riant, de bien meilleure humeur qu'en sortant de son atelier.
Il repéra immédiatement sa tablette sur son lit et allait retourner travailler quand son regard accrocha les petits morceaux de papiers sur son bureau. Il s'approcha et tenta d'en assembler quelques-uns, sans grand succès, avant d'abandonner. Il se détourna pour partir mais le déplacement d'air provoqué par son volte-face retourna quelques morceaux et l'un deux portait un petit « L » stylisé.
Un « L » qu'il connaissait très bien puisque c'était celui que Loki utilisait comme signature. Interloqué, il posa sa tablette et retourna tous les morceaux. Attrapant un rouleau de Scotch qui traînait il assembla les petits bouts de phrases pour finalement tomber sur le message complet : « Je te demande pardon. Tu me manques. L. »
Anthony retomba contre le dossier de sa chaise et se passa la main dans les cheveux avant de se frotter le menton, complètement secoué, la culpabilité commençant à le grignoter doucement mais sûrement. Mais depuis quand c'était là ? Quand est-ce que Loki avait déposé ça ? Il retourna le papier et tomba sur une photo en noir et blanc, dont il ne reconnaissait pas grand-chose à cause des traces de déchirures.
- Qu'est-ce que c'est ? Se demanda-t-il à voix basse en essayant de trouver une forme connue.
- Il s'agit de l'échographie de Lady Loki, répondit Jarvis en le faisant sursauter.
- Quoi ?!
- Je vous invite à regarder l'écran derrière vous Monsieur.
L'ingénieur se leva et fixa l'écran qui était descendu du plafond. Cette fois-ci il reconnaissait l'image d'un bébé et sentit les larmes lui monter aux yeux. Il traça du bout des doigts la tête du bébé et son bras sur l'écran avant de laisser tomber sa main.
- Mais qu'est-ce qui s'est passé dans cette chambre ? Murmura-t-il d'une voix rauque.
L'écran devant lui s'anima et il vit Loki entrer dans sa chambre sur la pointe des pieds avant de voir ses épaules s'affaisser lorsqu'elle remarqua qu'il n'était pas là. Elle déposa tout de même la photo sur son oreiller, resta quelques secondes, tendit la main comme si elle regrettait déjà ce qu'elle avait fait mais fini par ressortir de la pièce sans bruit en laissant la photo sur l'oreiller. La vidéo s'arrêta brusquement et reparti en arrière et grâce à l'heure de l'enregistrement indiqué en bas de l'écran Tony sut qu'ils étaient remontés plusieurs semaines en arrières, avant le bal de septembre.
Il se regarda dormir avec circonspection avant de faire un cauchemar. Il allait demander à Jarvis de couper la vidéo quand Loki entra dans sa chambre et se dirigea vers son lit pour le calmer. Il la vit se pencher sur lui, murmurer des choses qu'il n'entendait pas, lui caresser le front, et même s'asseoir à ses côtés jusqu'à ce qu'il se calme et retrouve un sommeil normal. Sous ses yeux, Jarvis montra, nuit après nuit, le Jotun se lever et venir le calmer et ne repartir que lorsqu'elle était sûre qu'il ne faisait plus de mauvais rêves. Jarvis ne fit revenir la vidéo au moment où Loki avait déposé la photo qu'après avoir montré la nuit juste après le bal, où Anthony s'était réveillé en sursaut seul dans son lit, l'écran coupé en deux pour montrer Loki assise contre sa porte en train de pleurer, ramassée sur elle-même. Anthony sentit son cœur se serrer et bloqua sa respiration avec sa main pour empêcher les larmes qui lui piquaient les yeux de couler. Cette fois-ci la culpabilité lui mordait le cœur à grands coups douloureux, lui donnant l'impression que quelqu'un s'amusait à lui donner des coups de poings dans le ventre.
Il était foutu. Il le savait.
Il était tellement amoureux de Loki que ça lui faisait mal. Sa cage thoracique lui donnait l'impression d'imploser alors que la première larme passait enfin la barrière de ses cils.
Le Jotun pouvait détruire sa vie, elle pouvait le tuer, il ne dirait rien. C'était fini. Il le réalisait seulement maintenant, mais au fond il l'avait toujours sut. Ce serait Loki ou personne. Personne ne pourrait jamais la remplacer et il ne pouvait pas continuer à la trahir de cette façon. Il terminerait seul, tant pis, mais il ne pouvait plus se voiler la face ainsi. C'était d'autant plus douloureux qu'il savait que jamais Loki ne l'aimerait comme il l'aimait. Si jamais elle décidait soudainement de retourner sa veste et de finalement prendre le contrôle de la Terre, il finirait probablement par l'aider. Il ferait n'importe quoi pour elle du moment qu'elle restait près de lui.
Il essaya de prendre une grande inspiration pour essayer de calmer ses sanglots hystériques mais, complètement plié en deux, il ne parvint qu'à s'étouffer.
- Monsieur, votre corps montre des signes de détresse. Je vous conseille de me laisser faire appel à Monsieur Banner pour vous aider, intervint Jarvis.
Tony ne répondit pas, la main serrée contre sa poitrine, laissant finalement sortir tous ces mois de frustration et de colère latente contre lui-même sous forme de longs sanglots nerveux.
- Monsieur je préviens M/
- Non Jarvis !, parvint à dire Tony en tombant à genoux les deux mains crispées sur sa poitrine.
Levant les yeux vers l'écran qui continuait de montrer ce qui s'était passé dans la pièce, il vit Pepper entrer dans la chambre, trouver la photo et la déchirer en morceaux avant de les laisser tomber dans la poubelle. La vidéo s'arrêta et l'écran s'éteignit, laissant l'ingénieur seul face à son reflet dévasté. Il avait les yeux rouges et gonflés et les larmes avaient commencé à creuser ses joues. Il se trouvait pitoyable.
Une rage incompréhensible envers lui-même lui prit les tripes et Jarvis dut bientôt augmenter l'insonorisation de la pièce pour éviter que ses cris de rage de résonnent dans toute la Tour.
Loki remonta la couverture jusque sous le menton de ses fils, tous les deux serrés dans le lit de Jörmunganð en attendant que Jarvis déplace un autre lit dans la chambre. Elle leur déposa un baiser sur le font à chacun pour leur souhaiter bonne nuit et si Fen lui fit un grand sourire avant de fermer les yeux, Jör boudait ostensiblement en refusant de la regarder même s'il avait accepté son baiser.
- Qu'est-ce qui se passe Jör ?, demanda-t-elle en s'asseyant au bord du lit.
- Pourquoi est-ce qu'on peut pas aller voir nos petits frères ? Demanda-t-il en se tournant finalement vers elle.
- C'est trop dangereux Jörmunganð, expliqua Loki en sentant qu'elle n'allait pas aimer la conversation qui allait suivre.
- Mais pourquoi ?! On peut juste demander à Héla de nous emmener dans son Royaume ! Ça risque rien !
- Ce n'est pas la question, soupira Loki.
- Alors c'est quoi la question ? Insista le gamin en croisant les bras par-dessus la couverture.
Loki évita son regard en regardant son frère qui avait de nouveau les yeux grands ouverts et regardait sa mère avec la même question dans les yeux.
Loki pesa le pour et le contre un instant, savoir si elle leur disait la vérité ou si elle essayait d'éviter le sujet avant de se décider pour la vérité. Elle ne mentirait pas à ses enfants comme Odin lui avait menti.
- Je ne veux pas que vous y alliez parce que vous allez mourir.
- Oui mais pas pour longtemps ! Insista Jör.
- Jörmunganð est-ce que tu veux bien comprendre que j'ai déjà vu assez de mes enfants mourir pour ne pas vous voir comme ça vous aussi ?! Finit par perdre patience le Jotun.
Le silence retomba dans la chambre pendant quelques instants et Loki, énervée contre elle-même, finit par se lever en leur souhaitant bonne nuit avant de sortir de la pièce. Elle était sur le pas de la porte quand la petite voix de Fenrir retentit :
- Est-ce que tu étais là quand Vali et Narli on été tués ?
- J'étais là à chaque fois que l'un de vous m'était enlevé, fut la seule réponse de Loki avant qu'elle ne referme la porte derrière elle.
Elle retourna ensuite dans sa chambre, où Sygin l'attendait en déballant ses affaires.
- Toi ça ne va pas, remarqua cette dernière en la voyant entrer dans la pièce.
- J'ai une tête aussi affreuse que ça pour que cela soit la première chose que tu me dises en me voyant ? Demanda Loki dans une piètre tentative d'humour.
- Non, rit la Vane. Je te connais juste bien. Qu'est-ce qui s'est passé ?
- On s'est expliqué avec Jör sur les raisons pour lesquelles je ne veux pas qu'ils se rendent au Hellheim. Fen m'a demandé si j'étais là quand ils...
Loki ne finit pas sa phrase, les mots restants bloqués dans sa gorge.
- Oh, dit doucement Sygin en comprenant immédiatement où elle voulait en venir.
Elle posa ce qu'elle avait dans les mains sur le lit et s'approcha de Loki pour lui relever le menton.
- Loki Friggadottir, écoute moi bien : Rien de ce qui s'est passé n'est de ta faute. Tu sais comme moi qu'Odin est le seul Père de Toutes Choses et qu'il n'aime pas la vie quand elle lui échappe. Odin est un assassin et un meurtrier et un jour il payera pour tout ce qu'il a fait.
Elle récupéra la larme qui roulait sur la joue de Loki du bout des doigts et la changea en petite perle de bois clair qu'elle glissa sur une de ses propres mèches de cheveux. Elle ferma les yeux et posa son front contre celui de Loki en encadrant son visage de ses mains.
- Je te promets que tout ira bien, chuchota-t-elle avant de poser tout doucement sa bouche contre celle du Jotun.
Si Loki la laissa faire, elle ne réagit pas plus que cela, restant parfaitement immobile jusqu'à ce que la Vane ne brise le baiser. Cette dernière maintint le contact entre leurs fronts pendant plusieurs minutes, essuyant patiemment les larmes qui coulaient sur les joues de Loki en les changeant en perles, jusqu'à ce que cette dernière se recule en prenant une grande inspiration pour se maîtriser.
- Je devrais t'aider à déballer tes affaires, dit-elle en tentant un faible sourire.
Sygin ne protesta pas et elles finirent de ranger en silence. Loki passa ensuite dans la salle de bain pour se préparer pour la nuit, tandis que Sygin installait un hamac au-dessus du lit en formant deux crochets grâce à deux cintres qu'elle avait modifiés.
Une fois dans son lit, Loki regarda le hamac se balancer doucement au-dessus de sa tête et s'immobiliser jusqu'à ce que la respiration profonde de la Vane ne remplisse le silence relatif de la pièce.
Loki ferma les yeux et chercha à caler sa respiration sur la sienne pour s'endormir mais un sentiment d'insécurité commença à s'installer dans le creux de sa poitrine. Elle se leva discrètement, s'immobilisant pour écouter si Sygin dormait toujours et sortit de la chambre sur la pointe des pieds. Elle erra dans la Tour sans but précis, cherchant à se débarrasser de son malaise qui allait en grandissant de minutes en minutes. Elle arrivait dans le salon quand Jarvis intervint doucement, la faisant sursauter néanmoins.
- Navré de vous déranger Lady Loki mais Monsieur Stark à besoin de vous.
- Où est-il ? Demanda Loki en sentant son anxiété s'amplifier.
- Dans sa chambre Lady.
Le Jotun avait déjà imaginé une centaine de scenarii catastrophes quand elle arriva dans le couloir mais compris immédiatement pourquoi l'ingénieur avait besoin d'elle. Elle entendait ses hurlements de terreur avant même d'arriver devant sa porte.
Elle joua avec la poignée pendant quelques secondes mais la pièce refusa de s'ouvrir.
- Jarvis ? Demanda-t-elle en levant les yeux vers les capteurs.
- Monsieur Stark a fermé manuellement sa porte. Je ne peux pas l'ouvrir.
Loki jura et se détourna pour entrer dans sa chambre, oubliant momentanément Sygin qui se réveilla en sursaut.
- Que se passe-t-il ? Demanda-t-elle en sautant souplement hors de son hamac.
- Rien. Retourne dormir je m'en occupe, répondit Loki en récupérant la petite clé dorée qui pendait à la poignée de la porte commune aux deux chambres.
Elle entra rapidement dans la pièce qui avait retrouvé son parfum normal, Tony continuant de se battre contre ses draps. Immédiatement, l'angoisse qui l'avait saisi depuis bientôt deux heures maintenant disparue soudainement.
Elle évita ses mains qui battaient l'air avec une agilité qui la surprit elle-même et posa sa main froide contre le front brûlant de l'ingénieur.
- Tout va bien Anthony. Tu es à la Tour, en sécurité, dit-elle d'une voix calme en repoussant les mèches trempée de sueur d'une main douce.
Elle continua de lui murmurer des petits riens jusqu'à ce qu'il arrête de bouger dans tous les sens. Malgré l'obscurité relative de la pièce, Loki remarqua enfin que les yeux rouges et gonflés de l'ingénieur comme s'il avait pleuré pendant des heures avant de s'endormir.
Loki caressa ses paupières du bout de doigts, inquiète pour lui.
- Mais que se passe-t-il en ce moment ? Demanda-t-elle d'une voix basse en glissant sa main sur la joue de l'ingénieur.
Ce dernier ne répondit évidemment pas, tournant la tête pour chercher instinctivement le contact rassurant. Loki resta encore quelques minutes, observant l'ingénieur comme elle avait rarement le temps de le faire durant la journée, son regard glissant sur ses cils et le long de sa pommette et enfin finir sur sa bouche. Elle passa tout doucement le pouce dessus pour décrisper ses traits, rejouant sans faire attention la même scène qui l'avait conduit à s'éloigner de l'ingénieur. Elle secoua la tête pour se remettre les idées en place et finit par se lever pour retourner à sa chambre une fois rassurée sur le fait que Tony dormait correctement.
Cependant, il s'agita dans son sommeil, la faisant se retourner vers lui au milieu de la pièce.
- Loki, geignit-il sans se réveiller.
Elle fit un seul pas vers son lit mais s'arrêta d'elle-même en se mordant la lèvre.
Et si l'ingénieur se réveillait ? Qu'est-ce qu'il allait penser en la voyant là ? Il n'allait certainement pas bien prendre la chose. Admettons que la présence de quelqu'un dans votre chambre quand vous dormez a quelque chose de malsain.
Elle resta cependant dans la pièce, prête à intervenir au cas où il recommencerait à cauchemarder.
- Je te demande pardon..., continua-t-il toujours en dormant. Pardon, pardon, pardon..., murmura-t-il de moins en moins fort en finissant par se retourner dans son sommeil.
Loki sentit un poids dont elle n'avait pas conscience s'envoler subitement de sa poitrine. Elle revint sur ses pas et déposa un impulsivement un baiser sur son front, les traits de l'ingénieur se détendant sous ses lèvres.
- Il n'y a rien à pardonner, répondit-elle en chuchotant. Tout cela était de ma faute.
Après une dernière caresse sur la joue elle retourna dans son lit, le hamac de Sygin se balançant doucement au-dessus d'elle. Il ne s'était pas encore immobilisé qu'elle dormait déjà.
iOui, je sais, Sygin est Aesir dans la mythologie scandinave mais j'avais besoin qu'elle soit Vane pour un élément de l'histoire (qui va arriver bien plus tard).
