Note d'auteur : l'avant dernier et le plus long chapitre de toute cette fanfiction ! Je n'en suis pas entièrement satisfaite, comme si tout allait trop vite. Votre avi ?

28 janvier 1994 (suite)

Il y avait le rire de Luna, le sourire de Ginny, la puanteur de la mort, le cadavre de Londubat et la folie qui courait le long des murs de la Chambre des Secrets. Il y avait la respiration anormalement lente de Terrence lorsqu'il reprenait doucement connaissance, le corps tremblant et figé d'Astoria lorsqu'elle serrait les poings sur le service à thé, et Marcus qui ne pouvait quitter des yeux les courbes tout justes naissantes sur la silhouette d'enfant de Weasley. Il y avait, loin au dessus de leurs têtes, la cicatrice d'Harry qui le brûlait et Percy qui se rongeait les sangs au sujet de sa petite sœur traumatisé qui ne lui parlait pas. Il y avait, très loin du château, une silhouette assise dans un grand fauteuil de velour noir, cachée dans la maison d'un quelconque mangemort, à peine vivante, une ombre, dont les doigts glissaient sur un carnet noir. Et disposées devant Ginevra Weasley, il y avait un jeu de cartes.

Ginny mélangeait les cartes avec douceur, avec une certaines concentration, comme s'il y avait là un tour de passe-passe qu'elle ne maîtrisait pas encore. Au cours de l'opération, elle bue une gorgée de son thé. Marcus qui ne pouvait la quitter des yeux aurait pu jurer que ses iris avaient un instant virées au grenat, mais n'était-ce pas qu'un effet de lumière ? Un jeu de reflets du sang qui s'était mélangé à l'eau croupie dans laquelle il s'était habitué à patauger. Il trembla, une vague de froid remontait le long de sa colonne vertébrale. Que se passait il ? Jusqu'où plongeraient ils dans l'horreur, cette nuit ?

« Qu'est ce que tu prépares ? »

« Je viens de te le dire, Marcus, nous allons jouer aux cartes. Prends une tasse de thé, tu comprendras bientôt. »

Instinctivement, docilement, il apporta la tassé à ses lèvres fines. C'était un thé léger et sucré, où pourtant il percevait un arrière-goût vaguement acre, métallique, apportant une certaine chaleur au breuvage. Lorsqu'il reposa sa tasse il fit une grimace incontrôlée, quelque chose semblait lui piquer la langue avec insistance, et l'etrange impression se propageait doucement à tout l'intrieur de sa bouche. Mais devant le regard profond, si profond de Weasley, il n'osa pas le dire. « C'est délicieux. »

La jeune rouquine lui offrit un sourire froid, vide, qu'il ne pu que trouver sublime.

Luna trempa tout juste ses lèvres dans sa tasse. Sous le regard scrutateur des autres, Astoria fini par les imiter. Et puisque Terrence était encore à moitié inconscient Ginny dans un gloussement de petite fille vont autoritairement faire couler la boisson chaude dans sa gorge. Lorsque tout le monde eu bu elle émit un petit sourire de satisfaction.

«Ah ! Voilà qui est fait. Bien bien bien... On va pouvoir s'amuser. Que chacun pioche une carte. » Disant cela, elle tendit le paquet à Astoria, qui en tira la dame de carreaux en tremblant. Puis ce fut Marcus qui tira le vallet de cœur, Luna le sept de trèfle et Terrence le cavalier de pique. Ginny sorti elle même du paquet l'as de cœur. Elle eu un deuxième petit sourire satisfait, leur arracha à tous les cartes des mains et les mélangea au reste.

« Voici ce que l'on va faire : on va tirer au sort. Celui qui pioche sa propre carte cesse de jouer, il est sauf pour l'instant. Celui dont la carte sera piochée par un autre joueur... Aura une surprise. »

Chaque carte tirée volait aux joueurs des sueurs froides et un regard d'épouvante. Luna ne mis que trois tours à retrouver le sept de trèfle, sous le regard suspect de Terrence que la peur empêchait de s'évanouir à nouveau. Au bout de septs tours une Astoria fébrile se figea, le Cavalier de pique coincé entre le pouce et l'index. Terrence dégluti, sa gorge était sèche. Ginny lui fit un sourire étrangement bienveillant.

« Ne le prend pas personnellement Higgs, mais je t'ai toujours détesté. Endoloris ! »

Nul ne l'avait vu sortir sa baguette de sous ses robes. Le jeune homme de serpentard se tordait de douleur, il sentait ses côtes se casser et se réformer à une vitesse inhumaine, pleurer n'était même plus une idée supportable tant il avait l'impression que ses yeux brûlaient et que toute l'eau de son corps s'était transformée en acide. Il avait déjà reçu le sortilège du Doloris, une fois, mais ce n'était rien comparé à sa douleur actuelle. Et sa marque commença à réagir au sort ! Loin de vouloir le protéger, il semblait qu'elle s'en nourrissait, qu'elle le dévorait. Et que plus la douleur frappait plus la marque s'etalait sur le corps du pauvre Terrence Higgs.

Astoria, muette, immobile, les yeux écarquillés, tenait toujours la carte entre ses doigts. Ce fut Marcus qui eu l'idée de la lui arracher, et à l'instant même Ginny abaissa sa baguette.

Que s'était il passé ? Quel plan machiavélique se cachait donc derrière cette cruauté sans nom ? Que cherchait elle ? En un instant toute la folie avait disparu derrière un sourire avenant qui leur faisait plus peur encore.

« Continuons. Il reste une récompense. » Mais ni Marcus ni Astoria ne pouvaient faire un geste, aussi se fut Ginny elle même qui tira une carte.

« Cinq de carreaux. Un coup pour rien. Marcus ? »

Le garçon hocha lentement la tête et pris une carte, il ne pouvait pas parler. La carte dans sa main, il la reconnaissait, c'etait la seule reine n'etant pas encore sortie. La reine de carreaux. Astoria.

« Alors ? Montre nous. »

Il lui avait déjà fait trop de mal. Il ne pouvait pas. Pas encore. Pas après tout ce qui était arrivé. Il ne se le pardonnerait jamais. Ginny eu un claquement de langue agacé qui ressemblait étrangement à un sifflement, elle lui arracha la carte des mains pour la scruter et ses yeux s'illuminairent soudain.

« Bravo ma chérie, tu as le meilleur... » seul le silence lui répondit « Tu vois, Tom a été quelque peu diminué par la destruction du journal, il n'est plus complètement lui même, alors je dois lui trouver de quoi le redevenir. Je vais utiliser le corps de Terrence, c'est pour cela que je devais l'amener aux portes de la mort. Et le sang de Londubat qui est plus pur que le tien ou celui de Marcus. Mais le problème, vois tu, c'est qu'il me faut aussi une âme que Tom pourra posséder. Ton âme, Astoria. N'est ce pas un grand honneur ? »

Avant que la gamine ait su dire le moindre mot, elle tomba inanimée. Marcus hurla sans pouvoir se retenir, mais Ginny ne pensait déjà plus à lui. Luna, comme étrangère à tout cela, jouait avec une mèche de cheveux du cadavre de Londubat. Cette fillette avait toujours été dérangée, mais que se passait il dans son esprit pour qu'elle rejoigne l'abime horrifique de Ginevra ? Qu'avait elle vécue pour finir de cette façon ? Le serpentard sentait son crâne le tancer, le monde tanguer, sa raison le laiser... Qu'avait il fait ? Pourquoi ? Pour elle ? C'était folie. Folie. Folie. La folie de Ginny qui l'avait emporté. Et pendant ce temps la rouquine psalmodiait des incantations. Elle récitait par cœur, peut être, ou peut être ne faisait elle que répéter les mots que Tom glissait à son oreille. Les mots qu'il lui soufflait en fourchelangue, de sa voix doucereuse.

Elle l'avait attendu si longtemps, elle avait eu si mal de son absence, elle s'etait sentie si vide. Si tu savais, Tom, comme ils l'on traitée, comme ils lui ont parlé. La putain de tu-sais-qui. La pauvre petite Ginny ! L'ingrate Ginny qui ne savait pas tout ce qu'elle devait au survivant. La catin ! Oh Tom comme tu lui as manqué, comme elle avait perdu la raison de t'avoir perdu. Mais tu étais toujours la, n'est ce pas, dans un coin de sa tête, à murmurer des choses... Toujours là pour la guider et ne pas la laisser sombrer. Tu es son seul ami, son seul espoir, son seul soutient. Si tu savais, Tom, comme cela l'a détruit que tu sois si longtemps parti. Mais enfin, voilà, plus que quelques mots et le sort sera achevé. Tu vas revenir pour de bon, cette fois, n'est ce pas ? Tu ne l'abandonneras plus. Jamais. Jamais. Jamais. Tom et Ginny, éternellement amis.

Et alors qu'elle prononçait les dernières syllabes, qu'elle pouvait observer le sang de Londubat et l'ame d'Astoria se fondre dans le corps de Terrence, Ginny se sentait si proche de Tom... Le corps de Terrence changeait, se préparant à accueillir son nouvel occupant. Il se distordait, s'étirait, se distendait, presque comme s'il luttait, peut être luttait il d'ailleurs, cela parrassait logique à Ginny qu'il le fasse, elle même aurait lutté pour garder possession de son corps. Et soudain, sous le regard hagar de Marcus, sous le regarde fasciné de Luna, Lord Voldmeort apparut. Il était la, dans la Chambre des Secrets. Fait de chair et d'os. Grand, squelettique, la peau pâle tirant sur le vert presque comme ce qui restait de Neville. Les vestiges d'un nez formaient une courte arrête blanche au milieu de son visage te ses yeux étaient deux fentes noirs aux reflets rougeâtres. Il était immonde et Ginny le regarda intensément, une moue sévère affichée sur son visage de petite fille. Une moue sévère que nul n'avait jamais osé servir à Lord Voldemort.

« Qu'y a t il Ginevra, tu semblés déçue... »

« Vous n'etes pas Tom. »

« Je suis un Tom un peu plus âgé, certes, je n'ai pas été conservé dans un journal. »

« Vous n'êtes pas Tom. Je sens son aura autour de vous, mais la vôtre est différente, ce n'est pas exactement la sienne. Votre magie est moins pure. »

La colère s'empara de Lord Voldemort. Jamais on avait pu s'adresser à lui ainsi, et il n'était pas près à le tolérer. Cependant il savait que le sort qu'il avait transmis à la jeune Wealsey au travers du second journal reliait à elle le corps de son sous-fifre dans lequel il s'etait incarné. Il ne pouvait donc pas la tuer.

« Je suis Lord Voldemort. J'ai dépassé Tom il y a fort longtemps, j'ai dépassé toutes les limites de la magie humaine, je suis surpuissant ! »

« Et pourtant, vous êtes comme moi. Vous aussi, vous n'êtes que son ombre. »

Ginevra Weasley savait exactement, à cet instant, que Tom n'existait plus. Qu'il n'existait plus depuis bien trop longtemps et que le vide laissé par son absence ne serait jamais comblé. Et Voldemort devait aussi le savoir, sans se l'avouer. Il devait sentir ce vide de la personne qu'il avait été. Peu importait. Elle ne pouvait revenir en arrière, n'est ce pas ? Et elle était si vide. Et elle souffrait tellement. «Je veux juste retrouver Tom. »

Alors que le mage noir restait interdit au milieu de la pièce elle approcha de la tête du basilic et se saisi de l'une de ses deux, puis elle revint se blottir au cœur de la carcasse, là où l'essence de Tom était la plus forte, et à l'aide de la dent tranchante elle s'ouvrit les veines du bras gauche sur toute sa longueur. Le sang coulait dans la Chambre des Secrets. Ruisselant partout sur le sol détrempé, et Voldemort senti qu'il ne possédait plus le corps de Terrence Higgs. Il n'avait pas eu le temps de faire quoi que ce soit, il n'était revenu à ce corps que pour quelques minutes et assister à la mort d'une petite sotte ! ! !