Encore une fois, j'ai reçu beaucoup de messages très sympathiques et je vous en remercie ! Riri : avec plaisir. Tu prends le temps de me laisser un petit mot, c'est le moins que je puisse faire. Je mets à jour principalement les lundis, mercredis et vendredis :)
Bonne lecture à tous !
CHAPITRE 26
Sam rentra plus dans les détails des manœuvres de Kinsey pour détruire puis prendre le contrôle du SGC, une fois le dîner terminé. Billy nous avait quittées pour rejoindre sa petite cabine et ma mère nous invita dans le salon attenant à sa propre chambre.
Les deux femmes discutèrent de Kinsey et je finis par m'assoupir dans un petit canapé. Sur le sofa, de l'autre côté de la table basse, Sam et ma mère discutaient. J'ignore tout de ce dont elles avaient parlé pendant mon sommeil bien entendu mais quand j'ai ouvert un oeil, au milieu de la nuit j'imagine, Sam pleurait dans les bras de ma mère. Quelqu'un - ma mère ?- avait eu la gentillesse de me couvrir d'un plaid.
J'essayais d'être aussi discrète que possible pour ne pas mettre Sam dans l'embarras mais la voir comme ça me faisait vraiment mal au coeur. Elle donnait toujours l'image d'une femme forte, déterminée, que rien n'arrêtait - sauf que, comme toutes les femmes, son coeur et ses émotions étaient sa faiblesse.
Elle voulait un homme, plus que tout, et cet homme la rejetait - et j'ignorais pourquoi. Elle était belle et intelligente, adorable et douce... et il cherchait à l'éloigner de lui... Peut-être avait-il peur d'elle ou justement de cette intimidante intelligence ? Ou encore, n'avait-il pas peur qu'une fois près de lui, il soit incapable de la laisser partir ? Que s'il s'engageait envers elle, elle ne devienne vraiment le centre de son univers et sans doute, avait-il peur de se laisser aller ?
Si je me posais toutes ces questions, Sam devaient aussi se les poser, et bien d'autres encore ! Je n'osais penser à ce que son cerveau en perpétuel questionnement imaginait... et ce que son cœur endurait : elle devait le voir tous les jours, le saluer parce qu'il était son supérieur, lui sourire parce qu'elle ne savait pas faire autrement tout en masquant sa peine, le frôler et même le toucher parfois en disciplinant son corps à ne pas réagir... le voir évoluer sous ses yeux en se demandant jour après jour ce qu'elle pourrait bien ressentir s'il l'embrassait... Se demander si elle pourrait un jour être heureuse dans les bras d'un autre - tout en pensant à lui ? Essayer de savoir ce qui serait pire : être toujours à ses côtés, comme une amie ou ne plus jamais le voir ?
Sam n'avait malheureusement pas d'amie ou de famille assez proche pour s'épancher. Bien sûr, il y avait Janet Fraiser mais le médecin travaillait au SGC, elle était aussi dans l'armée et elle connaissait le Colonel. Elle n'aurait jamais un avis objectif et surtout, elle ne réussirait jamais à tirer des confidences de son amie.
Le Major Carter ne s'ouvrait pas sur ses sentiments et en cela, elle ressemblait à son alter ego. S'il n'avait pas si mauvais caractère, il masquerait bien mieux ses sentiments pour elle.
La seule personne capable de la faire parler était, à l'heure actuelle, ma mère. Elle était fine observatrice de la nature humaine, elle cernait les gens aussi bien qu'un profiler et leur faisait avouer tout ce qu'elle voulait - elle ferait avouer à un trafiquant de drogue le moindre de ses secrets devant un Grand Jury s'il lui en prenait l'envie ! Si elle n'était pas ma mère, elle me ferait peur.
Bref, Sam était là, les jambes pliées sous elle, la tête sur l'épaule de ma mère, les larmes dévalant sur son magnifique visage. Elle triturait un mouchoir de ses doigts délicats pendant que ma mère lui caressait les cheveux. Elles murmuraient, si bien que je ne saisissais pas ce qu'elles se disaient. Mais, plusieurs fois, j'ai cru entendre "Bill" et je pense que ma mère devait expliquer à Sam comment elle avait bataillé pour atteindre le coeur de l'homme de sa vie.
Même s'il avait raconté à Sam leur rencontre dans les grandes lignes, mon père n'avait pas tout dit : ma mère avait presque traversé l'Enfer et marché sur des charbons ardents pour arriver à ses fins.
J'espérais que l'expérience de ma mère aiderait Sam à trouver le bonheur, elle le méritait.
J'étais restée immobile pour ne pas trahir mon éveil si bien que je finis par me rendormir.
Ma mère, vêtue de son peignoir en soie, me secoua doucement au matin et les crampes me signalèrent que je n'avais effectivement pas bougé d'un pouce de toute la nuit.
Le petit-déjeuner avait été servi par Billy et nous mangions tous en silence. Sam paraissait fatiguée et ma mère la couvait du regard.
Le téléphone de Sam vibra dans la poche de sa veste d'uniforme - en bonne militaire, elle s'était présentée de manière officielle à la Sénatrice et sa tenue ne semblait pas froissée malgré sa courte nuit. Elle demanda silencieusement l'accord de ma mère avant de décrocher. Une ride de contrariété barrait son front.
"Daniel ? Que se passe-t-il ?"
Sam écouta son ami lui raconter quelque chose puis elle dit "laisse-moi gérer ça, de toute façon, nous avons déjà décollé !"
Elle raccrocha et ma mère la dévisagea.
"Un problème, Major ?" demanda la Sénatrice, comprenant qu'il s'agissait d'affaires sérieuses.
"Oui, Madame. Le Sénateur Kinsey est au SGC. Il a demandé au Général Hammond de lui donner les derniers rapports de mission, concernant…" mais elle n'acheva pas sa phrase, à cause de la présence de Billy.
Celui-ci comprit et s'excusa. Il quitta la pièce et ferma la porte derrière lui.
"Concernant les extractions de Naquadah, sur diverses planètes alliées. Puisque le Général refuse de lui donner ces accès, il a fait venir un informaticien, chargé de craquer mes codes de sécurité. Par ailleurs, il menace de faire remplacer Hammond à la tête du SGC !"
Je savais, par les bruits de couloir, que SG1 avait déjà vécu, il y a quelques années, un changement à la tête de la base mais que ça ne s'était pas très bien passé… Hammond était revenu mais je comprenais la légère panique qui s'emparait de Sam.
"Il commence à me fatiguer celui-là !" dit ma mère en se levant. "Et de toute façon, seul le Président a le pouvoir de virer Hammond du SGC !"
Elle passa une main nerveuse dans ses cheveux mi-longs. "Major, connectez-vous sur mon réseau wi-fi et faites ce que vous pouvez pour contrecarrer les plans de cet abruti et de sa bande."
"Et que vas-tu faire, Maman ?"
"Faire ce que je fais le mieux : être Sénatrice !"
Elle nous quitta pour se rendre dans ses quartiers privés et s'habiller. Sam me regarda avec de grands yeux mais reprit place dans le canapé, avec son portable et commença à pianoter.
Elle réussit à bloquer le réseau informatique du SGC malgré notre vol - ma mère disposait d'un réseau internet sécurisé très fiable. La Sénatrice se présenta un peu plus tard, habillée comme si elle avait rendez-vous à la Maison-Blanche, maquillée avec goût et coiffée avec soin. Elle était magnifique !
"J'ai décidé de vous accompagner afin de visiter le SGC. Major Carter, me feriez-vous l'honneur d'être mon guide ?"
Sam se leva, rayonnante : "Avec plaisir, Madame la Sénatrice !"
