A : On va faire court... Un peu comme ce chapitre d'ailleurs. Il est un plus court que le dernier et l'avant dernier.
PvC : Un jour ils vont être aussi court que ceux de sa fic sur Merlin.
A : Euh... Quand même pas. D'ailleurs toi, tu as un truc à faire non. Allez ! Au boulot !
PvC s'éloigne en ronchonnant.
A : Pour la petite explication : PvC doit me remplacer pour écrire l'un des chapitre du Cri de la Banshee (Merlin). Avec la rentrée, toussa je manque un peu de temps... mais on en reparle à la fin de ce chapitre. Rien n'est à moi. Bonne lecture à vous !
Chapitre 22 : Les Mots que je ne dirai pas
.
C'était dit. Je l'avais dit. Je ne le regrettai pas. Enfin... Pas vraiment.
Selena ne répondit pas à mon aveu. Elle resta silencieuse. Elle me regardait. J'avais du mal à savoir ce qu'elle pouvait bien penser. Elle semblait contrariée et en même temps...
« Selena... »
Elle leva une main en l'air. Son regard échappait au mien.
« Tait-toi ! Ne dit rien. »
Je voulus m'approcher. Elle s'éloigna. Elle avait l'air triste et résigné.
« Il y a des choses qui ne peuvent pas être Brom. Il y a des mots que je ne peux pas dire. »
Je voulus répliquer. La raisonner. Elle me fit signe de me taire.
« Je... Je suis la Main Noire. Je tue les tiens depuis des années. J'ai aimé l'homme qui a détruit ta vie. Il est le père de mon enfant. »
Je ne répondis pas. Tout ce qu'elle venait de dire était vrai et je ne pouvais pas lui dire que je n'en avais rien à faire car ce n'était pas vraiment le cas.
« Tu ne peux pas m'aimer. » conclut-elle.
…
…
Chaque mot, chaque phrase qu'il prononçait... il était sincère. Je le savais. Comme nous savions tous les deux la nature des sentiments qui nous liaient.
« Tu ne peux pas m'aimer. »
Je savais bien que c'était faux mais je voulais tout de même essayer de m'en persuader... Et de l'en persuader par la même occasion. Nos vies étaient déjà assez compliquées.
« Tu ne dois pas m'aimer. »
Cette phrase le peina.
« Et pourquoi ? »
Avait-il vraiment besoin que je réponde à cette question ?
Je décidai de changer de sujet. Il était temps de prendre congé.
« Je t'ai dit tout ce que j'avais à te dire. Je vais y aller. Il sait où je suis mais il va finir par se demander pourquoi je met autant de temps à revenir. »
Ce n'était qu'un prétexte et j'avais l'impression qu'il s'en rendait parfaitement compte.
…
…
« Je t'ai dit tout ce que j'avais à te dire. Je vais y aller. Il sait où je suis mais il va finir par se demander pourquoi je met autant de temps à revenir. »
Elle avait intentionnellement dressé l'ombre de Morzan entre nous. Je le savais et elle savait que je savais. Elle n'était pas encore prête. Je comprenais et je l'acceptais.
« Je voudrais peut-être te voir avant notre prochain rencontre ici... Pour t'informer du nombre exact d'espion que nous avons sur la frontière avec le Surda.
-Tu vas aller voir ta sœur ? »
Cette question me surprit pendant un court instant. Elle s'en aperçut et cela la fit rire.
« Nous avons quelques espions chez les jardiniers. Ne me dis pas que tu ne t'en doutais pas. »
Oui et non. L'équipe du matin était l'une des plus libres mais...
« Leurs noms ? » demandai-je.
Je devais savoir de qui je devais me méfier.
« Ils sont quatre, m'informa Selena. Crein. Jeildan. Kiaf... Et Johan. »
Je n'aurais jamais pensé que Johan était l'un d'eux.
Perdu dans mes pensées, je ne remarquai pas que Selena avait retrouvé une tenue décente. Elle s'était ensuite approchée de moi. Elle s'inclina.
« Atra esternì ono thelduin, Mor'ranr lìfa unin hjarta onr, Un du evarìnya ono varda Brom-Elda. » me dit-elle d'un ton protocolaire. (1)
Cette distance qu'elle voulait instaurer entre nous, je devais la faire disparaître.
« Sé mor'ranr ono finna pommuria Eldunarì. » (2)
Elle ne comprit pas ce dernier mot. Je le savais et m'en doutais. Je n'aurais même pas dû l'utiliser devant elle. C'était le plus grand de nos secrets mais... Mais c'était ce que j'avais perdu et ce que je venais presque de retrouver avec elle.
Je m'approchai. Elle eut un mouvement de recul mais je pris sa main pour l'en empêcher. Je lui donnai un chaste baiser et je m'éloignai aussitôt d'elle, juste à temps pour éviter la gifle qu'elle voulait me donner.
Je m'inclinai à mon tour.
« Eka weohnata forbyrdìan mor'ranr lifa unin hjarta un acéosan onr cost luflìchjarta. » (3)
Je décidai de quitter la pièce sur cette promesse.
…
…
« Il m'aime.
-Oui. Et ? »
J'avais confié tous les tourments de mon cœur à Brisingr tout en refusant de peser à l'ironie de ma situation. N'avais-je pas confié les sentiments que j'avais pour un autre homme à l'être le plus intimement lié au compagnon que j'étais en train de trahir ?
La situation semblait follement l'amuser.
« Que dois-je faire ? »
Le Dragon ne répondit pas. Ma question ne demandait pas vraiment de réponse de toute façon.
« Je ne peux pas lui rendre... Je ne peux pas lui dire ce que je ressens.
-Alors montre-lui. » répliqua Brisingr d'un ton goguenard.
J'ignorai que les Dragons étaient capables de faire des sourires grivois.
Brisingr redevint subitement sérieux.
« Il vient me voir. Il sera bientôt là. »
Son regard était triste, amer. Avant, il aurait sauté de joie à la simple idée d'une visite de Morzan. J'avais bien tenté de lui faire comprendre que notre compagnon à tous deux souffrait atrocement en le voyant aussi hagard, aussi perdu, aussi diminué... Mais Brisingr refusait farouchement cette explication. Son Lié devait être avec lui, en tout temps, en tout lieu, quelle que soit la situation.
Il n'y eut presque aucun échange entre Dragonnier et Dragon. Cette situation me brisait le cœur pour l'un et l'autre. On aurait dit qu'ils ne avaient plus comment se parler, comment interagir avec l'autre. Ce devait être pour cette raison que Morzan l'emmenait de moins en moins souvent avec lui...
Il voulait me voir. Il m'entraîna hors de la grotte.
« Tu dois avancer ton départ. Il y a encore eu des rebelles qui ont réussi à fuir par la frontière. Il faut trouver ces espions.
-Quand veux-tu que je parte ?
-Je dois partir demain ou le jour suivant. Attend quatre ou cinq jours et fais de même. Mais part dans le plus secret. Je ne veux pas qu'on soit au courant de ton arrivée.
-Quel rôle dois-je jouer ?
-Tu rejoindras la relève sur le chemin. Tu seras un simple soldat. »
J'inclinai la tête.
« Je te laisse inventer l'histoire de ce soldat. Tu es plus douée que moi pour ça. » ajouta-t-il.
Je le remerciai pour ce compliment.
« Si tu réussis, tu pourras voir mon fils. »
Mon fils, venait-il de dire. Pas le nôtre. Pas le mien. Pendant un court instant, une haine farouche s'empara de moi. A ce moment précis, je ne regrettai absolument pas de l'avoir trahi.
« Merci Morzan. »
Il fut soudain tout près de moi. Ses doigts se promenèrent sur la ligne de ma mâchoire.
« Si seulement tu pouvais me donner un autre héritier...
-Je peux le faire.
-Et je perdrais ma Main Noire ? Pas question. »
Comment aurait-il réagi s'il avait su qu'il l'avait déjà perdue ?
« Laisse-nous. Je veux lui dire au revoir. »
Ainsi il n'emmenait pas Brisingr avec lui.
Je commençai à m'éloigner tandis qu'il retournait dans la grotte. Quelques minutes plus tard, je le vis redescendre le chemin menant à a grotte d'un pas précipité. Il se tenait le bras. J'allais vers lui.
« Morzan ? »
Il était en colère, terriblement en colère. Il m'ignora. Je le retins en agrippant son autre bras.
Le coup partit avant que je n'ai eu le temps de lui poser la moindre question. Je tombai par terre. Il poursuivit sa route sans me jeter un seul regard.
Je le regardai monter à cheval puis partir. Je me relevai quelques minutes plus tard. Tout le côté droit de mon visage était douloureux.
Je retournai à la grotte mais je n'y entrai pas.
Brinsingr criait sa rage au monde. Brisingr pleurait.
Ce n'était pas moi qu'il voulait. Je m'en allais la mort dans l'âme.
…
De retour au château, je m'enfermai dans ma chambre pour écrire une longue lettre à Brom, une longue lettre emplie de vrai-fausse vérité.
Quelqu'un frappa soudain à ma porte. Je cachai le parchemin puis je lui ordonnai d'entrer.
C'était une de nos domestiques. Elle avait un message pour moi. Il était de la part de Morzan.
…
…
Pardonne-moi pour tout à l'heure.
Tu peux voir Murtagh autant que tu le veux jusqu'à ton départ.
...
(1) Que la chance t'accompagne, que la paix règne sur ton cœur et que les étoiles veillent sur toi Brom.
(2) Puisses-tu trouver la paix mon cœur des cœurs
(NdA : Je discutais avec une amie de ce chapitre et je lui parlais de la difficulté que j'avais à trouvé un « petit nom » en ancien langage pour finir cette phrase. Elle m'a proposé Eldunarì car [et je la cite] ''c'est ce qu'il a perdu et un peu ce qu'il retrouve avec elle''. L'idée m'a plu et bien que ce mot veut dire « Le cœur des Coeurs » j'ai préféré le garder tel quel. Alors qu'en pensez-vous ?)
(3) J'attendrai que la paix règne sur ton cœur et que tu fasses ton choix (littéralement : choisisses ton chemin) ma bien-aimée (littéralement : Aimée de mon cœur).
(NdA : Certains mots sont tirés des petites lexiques de fin des livres, d'inheriwiki et d'autres sont du vieil anglais)
...
A mon grand regret, je vais encore changer les moments de publication. Je ne pense pas avoir le temps de faire un nouveau chapitre par semaine (mon emploi du temps est chargé. C'est un truc de fou. Bienvenue en M1 !) j'ai donc décidé de reporter le délai d'une semaine. Je mettrai donc le prochain chapitre le 1er octobre. Si je réussis à reprendre de l'avance sur l'écriture, je reprendrais le "un chapitre par semaine" et je vous en préviendrais bien évidemment^^
Pour finir, un grand merci à ilai, Fe-clochette et Lya !
Place aux review maintenant !
