Désolée de l'immense retard. En plus le chapitre est écrit depuis une semaine quoi XD Et en plus jvous publie que la partie 1... Sorrryyyy.

Mais j'ai des escuses. Tout d'abord, vous connaissez mon niveau d'exigence pour mes chapitres, ben là c'est pire. (ben ouais, le final, j'ai intérêt à le soigner). Et j'ai des études assez prenantes en ce moment... Rah jme sens nulle. En plus ya LNDC qui attends depuis genre deux mois... Rah T.T

Bref, jvais faire de mon mieux, jvous met la deuxième partie Lundi prochain normalement, et l'ultime partie le mercredi normalement. Et l'éventuel épilogue si je trouve le moyen de le rendre plus épique.

Bref, joie, bonheur.

Merci à tout les reviewers, et à tout les nouveaux lecteurs. 21 000 vues et presuqe 400reviews bordel, qu'est ce que je vous aime. Mais bon, le gros pavé sentimentale, je vous le réserve pour la fin x)

Merci à Clara pour son travail de malade sur cette fic, ma belle, quand on se verra, t'aura droit a un calin de la mort !

Merci à la commnauté de twitter, même si je suis peu présente en ces temps d'examens. Je vous aimes !

Merci à ceux qui fav, follow, font connaitre ma fic. Merci infiniment.

Et merci pour votre infinie patience.

_Ranne


ALFDM 20 : Le dernier jeu


Aujourd'hui était un jour de deuil. Les habitants s'éveillèrent avec une immense lassitude, leurs cœurs amputés trouvant encore des larmes à faire couler.

Bob était déjà sur l'estrade, désormais sur des béquilles, les médecins s'étant résignés à le laisser sortir. Il était encadré par Seb et Fred, les mains jointes et la tête baissée. Devant eux, une multitude de caisse, cercueils improvisés, tous contenant un habitant. Même Lennon s'était arrêté, ébahi, devant ce nombre hallucinant de morts. Tous étaient mort pour lui. A cause de lui..

La population était en train de se rassembler lentement devant les cercueils, et leurs larmes coulèrent en reconnaissant certains noms gravés sur le bois.

Mathieu et Antoine arrivèrent peu après, et prirent place au premier rang, aux côtés d'Emy et d'Igor. L'hybride regarda une nouvelle fois dans son dos, cherchant le visage de son père. Mais Alfred ne viendrait pas, enfermé dans son laboratoire. Mathieu tenta de se concentrer en percevant les chuchotements derrière lui.

« C'est lui. Je crois. Il était pas mort ? Parait qu'il est revenu à la vie ! Mais c'est pas possible. T'as vu sa peau ? C'est pas un ennemi, ils sont sûr ? Il n'est même pas de Brütal. Oui, il vient de la ville tombée à cause des Ombres. Tu penses que c'est de sa faute ? »

Ils parlaient si fort. Il les entendait même penser. Beaucoup le craignaient. Mais il ne pouvait pas leur en vouloir. Ils avaient peur, et ils étaient anéantis.

Son esprit s'ouvrit subitement, sans qu'il ne le veuille. Trop de pensées, trop de pression. Il sentait chaque peine, chaque douleur, chaque larme. Il la vivait comme si c'était la sienne. Il se tourna vers son ami, cherchant un secours, un sourire, avant que son cerveau n'explose.

Il ne découvrit que la raison de cette ouverture. Son ami, qui lui tenait fermement la main, pleurait. Et il entendait ses pensées. Martin. Martin Tneituos. Le nom était gravé sur la caisse juste face à lui.

Il n'entendait pas le discours du dirigeant, pris dans la tourmente des pensées et des souvenirs.

Il voyait Martin mourir devant lui, le cœur arraché alors qu'il sentait qu'on le tirait en arrière. Il voyait ce soldat, son mari, tombée devant elle, se sacrifiant pour la protégée. Il sentait ses frères d'armes tomber dans le noir, alors qu'il protégeait la porte. Il voyait, encore et encore, ces Ombres errant dans la ville, tuant tout humain sur son passage. Il voyait, sous un milliers de point de vue, ces soldats en premières lignes tomber tous en même temps. Il voyait Bob tomber au combat, il voyait Penny courir, et se faire coincer par une Ombre. Il voyait le carnage, les pleurs. Tout ses maris, ses enfants, ses femmes, ses collègues, ses amis... Tous en train de mourir. En même temps, en ce moment.

Les larmes semblaient ne plus vouloir se tarir sur ses joues. Il serra la main d'Antoine, dans une supplique silencieuse. Il n'en résultat que davantage de souvenirs. Martin, qui mourrait. Qui aurait pu être sauvé. Ces soldats qui étaient torturés par sa faute. Et lui-même. Il se voyait à travers d'autres yeux. Quand ils se sont battus, le baiser, et... Ses propres yeux écarquillés alors que la fleur rouge grandissait sur son torse. Antoine posa enfin son regard sur lui, et le serra contre lui, comme pour vérifier s'il était bien vivant. Mathieu passa ses bras dans son dos, laissant son tee-shirt être lentement trempé. Martin, encore et encore. L'Hybride commençait à compter les minutes, priant pour que chacune d'entre elle soit la dernière. C'était insoutenable, insupportable. Il ne survivrait pas. L'Ombre était plus forte que jamais, se délectant de cet espoir qui disparaissait.

Bob était en train de donner le nom de chacun des morts, les remerciant à chaque fois de leur sacrifice, promettant qu'il n'aurait pas été vain.

Chaque nom était une aiguille supplémentaire dans son crâne. Une longue aiguille, qui touillait dans sa boite crânienne. Il vit sa peau s'assombrir, il sentait que ses pouvoirs allaient déborder. Il allait mourir, il allait exploser. Ou du moins, il en avait l'impression. Tenir, tenir, tenir.


183 courrait. Encore. A cause de cette foutue cérémonie, l'entraînement dans l'enceinte de Brütal avait été repoussé. Et elle s'était faite repérer. Ses pouvoirs avaient suffit à repousser la fidèle de 33, mais pas à masquer sa position.

Elle s'arrêta en voyant qu'elle tombait face à des Ombres. Beaucoup d'Ombre. Trop pour ses pouvoirs. Elles avaient compris qu'elle ne gérait qu'un ennemi à la fois.

Elles avaient repéré ses faiblesses plus rapidement que prévu.

Elle était finie.

183 tenta de fuir dans d'autres directions, mais les Ombres étaient partout. Elles l'avaient cernée, dans tout les sens du terme.

Le cercle s'ouvrit derrière elle, elle n'eut que le temps de se retourner avant de faire face à 33 et à son bras pointu.

Le bras s'abattit une première fois dans sa direction, coup qu'elle évita avec aisance en projetant 33 vers ses filles. Cette dernière se releva, le sourire aux lèvres :

« -Oh oui, débat toi ma fille, ça sera plus amusant. »

C'était fini.

Elle se concentra une dernière fois, esquivant les coups. Un dernier message. Juste un.

« Hybride ! Tue-la pour moi ! Et merci pour tout Mathieu. Merci !»

Elle sentit une décharge de sentiment. L'hybride l'avait entendu, mais il n'allait pas bien. Foutue cérémonie humaine. Mais il survivra, elle en était sûre.

Il devait tenir.

Elle se lança en avant, déployant au maximum ses maigres pouvoirs. Dire qu'un hybride avait réussi à devenir plus puissant qu'elle... Elle aurait du le lui dire.

Elle réussi à attirer vers elle un poignard, et le planta dans le torse de 33. La faisant tomber en arrière avec elle.

« -Tu asmal visé, ma fille. Maintenant meurt ! »

183 n'eut pas le temps de riposter qu'une autre Ombre surgi dans son dos, lui tira la tête en arrière et immobilisa ses mains. Rien à faire, l'Ombre neutre n'arrivait pas à utiliser à nouveau ses pouvoirs, pas sans ses mains. 33 retira la lame de son torse, et la glissa avec délectation contre la gorge de la traîtresse.

183 fut libérée, et tomba en arrière, alors qu'une flaque noire grandissait sous son visage figé dans une expression résignée.

33 se leva doucement, un peu affaiblit par le coup porté à son torse. Il réaffirma sa prise sur l'arme et planta brusquement celle-ci dans le crâne de sa fille dissidente.

Le pére des Ombre éclata de rire.

183 n'était plus.


Mathieu s'était figé.

Il avait entendu.

Alors que Bob était arrivé aux noms commençant par un L sur sa liste et butait sur le nom de sa femme, il avait reçu un message télépathique de 183.

Un au-revoir. Un adieu. Un mot trop humain. Et une coupure subite suivit d'une grande douleur. 183 n'était plus. Il le sentait.

Il lâcha la main d'Antoine, et recula, lentement. La peur, la souffrance, le vide. Ces sentiments qui l'entouraient et le pénétraient se mêlaient désormais à sa propre douleur. Il avait mal, si mal. Il allait exploser, il devait partir. Ou il les tuerait tous.

Il fit demi-tour et se mit à courir au plus vite alors qu'Antoine, les yeux rougis, lui jetai un regard interrogatif.

Il fuyait. Les cadavres, les pleurs, brûlaient, coulaient. Et il s'en éloignait de plus en plus. L'Ombre prenait le dessus, accélérant ses pas, assombrissant son regard, sa peau et ses pensées.

Le Maître des lames revenait, et il allait venger 183. Il allait faire couler le sang de ces Ombres. Maintenant.

L'Hybride ne répondit pas au « Mathieu ! » hurlé dans son dos, n'y reconnaissant pas son nom. Il grimpa sur les murailles, et, sans un regard en arrière et malgré la hauteur effrayante de celles-ci, sauta de l'autre côté.

Bob leva la tête de la feuille qui tremblait dans ses mains pour assister au départ du monstre et du traître. L'un poursuivant l'autre en s'excusant auprès des bousculés.

Il reposa les yeux sur ce nom qu'il n'arrivait pas à prononcer. Il serra les poings, froissant légèrement la feuille. Il avait l'impression de tenir là la preuve de leur culpabilité.

« Penny Lennon. Assassinée par les Ombres dans son combat contre ces ennemis. Ton sacrifice ne sera pas vain. »

Aucun cercueil ne fut brûlé suite à cette sentence, promesse de vengeance.


Antoine n'avait pas réussi à suivre Mathieu, il s'agrippa à la barrière, en haut des murailles, ne pouvant que regarder la silhouette courir en direction de la forêt. Il avait failli sauté, mais ça aurait été la mort assurée pour lui. Il lâcha la barrière, et couru dans la direction opposée. Il arriva devant la porte, suppliant l'un des gardes de lui ouvrir. Ces derniers, obéissants aux ordres, lui refusèrent l'accès, et, face à son insistance et à ses insultes, l'immobilisèrent finalement au sol et le menottèrent, le soupçonnant d'être un citoyen de plus qui aurait perdu la raison.

Il finit la journée dans la prison qui lui était malheureusement familière, hurlant puis suppliant, avant de sombrer dans le silence.

Il s'était passé quelque chose, qu'il n'avait pas vu. Il aurait du y faire attention, il n'aurait pas dû pousser Mathieu à l'accompagner à l'enterrement. Il n'avait pas prêté attention au revenant, et il le perdait une nouvelle fois. Par sa faute.

Les larmes aux yeux, les poignets toujours liés dans le dos, il finit par se recroqueviller dans un coin de la pièce, suppliant mentalement tous les dieux de lui venir en aide, de lui ramener son Mathieu.

Il avait eu une seconde chance, et il venait de se la voir brusquement retirée.

Il n'osait même plus pleurer, se balançant simplement d'avant en arrière, attendant une aide qui ne viendrait sûrement jamais.


Mathieu courrait le plus vite possible, la rage devenant son nouveau moteur, la haine le poussant toujours plus en avant, l'oubli gagnant son passé. Tuer. Tuer ! Il devait tuer. Tuer ces humains qui le torturaient avec leurs pitoyables sentiments, tuer les Ombres qui ont osé porter la main sur celle qui l'avait ramené à la vie. Tuer, faire disparaître ce monde, le faire sombrer dans les ténèbres. Dans ses ténèbres. Le faire tomber dans l'oubli éternel et dans son enfer personnel. Que chaque être vivant s'incline devant lui, ou meure.

Il atteignit rapidement la forêt, sa peau presque aussi noire que ses yeux, et y pénétra sans hésiter un seul instant. Il s'arrêta dans la prairie parfaitement ronde, là où il s'est fait tué par un humain, là où il a souffert à cause d'une Ombre. Il se souvint des plans qu'il avait mis secrètement en place avec 183, un plan pour sauver Antoine, l'éloigner à temps de lui, avant qu'il ne devienne dangereux, ou que l'explosion de son corps ne le tue également. Et cet humain n'était actuellement pas là. Sa haine pris une autre dimension, il se sentait presque bien. Il ne souffrait pas, il était juste lui. Un humain, une Ombre, en harmonie. Sans personne à protéger. Un monstre suprême, invincible. Un être qui allait mettre à genoux l'univers tout entier. Son appel résonna dans toute la forêt, en chaque Ombre. Une provocation, destinée à 33.

« Viens affronter ton maître ! »


« -Mon général ! »

Bob était à bout, moralement, physiquement. Il avait quitté son fauteuil roulant la veille, mais il fallait être honnête : le simple fait de rester debout l'épuisait au plus haut point. Et l'enterrement l'avait chamboulé. La liste était bien plus longue que ce qu'il avait cru. Les larmes, le désespoir, les flammes, l'odeur de chairs brûlées. Il s'était sentit si inutile. Ce n'était pas la première fois qu'il ressentait cela, mais c'était la première fois qu'il n'avait personne pour le convaincre de poursuivre. Depuis presque une semaine maintenant, il n'avait eu de chef que le nom, Fred et Seb étant les réels dirigeants de ce charnier qu'était devenu Brütal. Il devait se reprendre, être plus présent. Se calmer. Et ce soldat qui accourait à lui n'allait certainement pas l'aider à cette tâche.

« -Garde à vous Soldat ! Au rapport. » S'exclama-t-il d'un ton autoritaire en bombant son torse.

« -Mon général, nous avons enfermé un citoyen durant la cérémonie. Il montrait des signe évidents de folie. Il déclarait vouloir poursuivre un homme qui venait de, soit-disant, sauter depuis la muraille. Hors c'est chose impossible, et nous n'avions rien vu. Alors…

-Qui c'est ? » L'interrompit soudainement Bob, crispé.

« -Il s'agit, après vérification, de monsieur Antoine Daniel, mon général. Que devons-nous faire ? »

Lennon ne répondit pas, plongé dans ses pensées. Alors, l'hybride avait quitté ces murs, et le traître était resté en retrait ? Cette ville était donc sauve de tout danger intérieur, l'Ombre étant sûrement partie rejoindre les siens, et le meurtrier étant enfermé en prison. L'ex-colonel était donc à son entière disposition.

« -Qui est informé ?

-Personne, si ce n'est vous-même et mon collègue.

-Et il n'en a parlé à personne ?

-Il garde le cachot, et nous avons préféré ne pas divulguer l'information comme vous l'aviez ordonné pour éviter une nouvelle évasion.

-Très bien soldat. N'en parlez à personne, pas même aux généraux adjoints. J'irais personnellement étudier son cas.

-Bien mon général.

-Vous pouvez disposer.

Le soldat fit demi-tour au trot, ne voyant pas le sourire qui se dessinait sur le visage de son supérieur. Ses plans de vengeances se trouvaient facilités par cet événement imprévu. Il en oublia même l'état d'abattement profond dans lequel il était auparavant.

Seb arriva au pas de course vers lui, le distrayant de ses heureuses pensées. l'informant qu'Eliska était en vue, et qu'elle n'était pas seule.

Sa vengeance attendrait encore un peu, après tout, il avait le temps maintenant.


Fred était en train de faire de grand signe vers eux, devant les murailles aux portes grandes ouvertes. Leur retour était manifestement attendu. Eliska sourit, satisfaite de se savoir indispensable, et heureuse à l'idée de la paye monumentale qu'elle allait pouvoir réclamer. Surtout grâce à ce qu'elle rapportait. Gabriel, le fameux amis tant recherché de Bob, qui lui tenait actuellement la main. Mais elle culpabilisait, pour la première fois depuis bien longtemps, d'avoir de telles pensées. Surtout que ce n'était pas sincère. Non, elle l'aimait. Pas dans le sens douloureux du terme, elle se fichait de tout ça, et le sentimentalisme n'est pas vraiment dans ses cordes. Mais elle ressentait quelque chose en sa présence, et c'était si réciproque qu'elle rechignait à l'idée de se séparer de son amant. La chose était désormais sue parmi les rangs, mais elle n'en avait rien à faire. Son image de mercenaire sans cœur n'en pâtissait pas tant que ça.

Du moins pour l'instant. Ils arrivèrent enfin aux portes de la ville, et Fred fit entrer les soldats et les civils, immédiatement pris en charge, puis il resta seul avec eux.

« -Putain, Eli, t'as pas idée à quel point on est contents de te voir.

-Non mais franchement, j'm'absente quelques jours et c'est le bordel. Je vais finir par penser que vous ne valez rien sans moi ! D'ailleurs, elle est où ma paye ? »

Le ton était sec, cassant, mais John sourit. Il savait déjà cerner les touches d'humour habilement déguisées de la jeune femme.

Fred se grattait l'arrière de la tête, ne sachant comment réagir, alternant entre l'énervement et l'agacement. Il n'avait jamais pu supporter cette mercenaire vénale. Il s'intéressa alors à l'intrus, l'invitant à se présenter.

« -John Marley, dirigeant et fondateur de New Hope. Vous connaissiez sûrement Teddy, c'était mon suppléant. Je me suis dit qu'il avait une tête qui vous serait plus sympathique. »

Fred lui sourit, un peu gêné. Il n'arrivait pas à détacher les yeux de son visage, non seulement car les cicatrices qu'il arboraient avait quelque chose de fascinant et de malsain, mais aussi car la moitié intact de son visage lui semblait... familière ?

« -Tu le connais, hein ? -Articula Eliska, avant de poursuivre, face au sourcil interrogatif du général adjoint- Il est amnésique, John Marley c'est pas… »

Elle se stoppa, et se tourna vers John, un sourire s'étirant lentement sur ses lèvres, les yeux agrandis par la compréhension soudaine.

« -Jonh Marley, Bob Lennon… T'es sérieux mec ? » S'exclama-t-elle avec d'éclater de rire.

« -Eliska, explique toi. Je ne vois pas ce qu'il y a de drôle. Je ne connais pas cet homme, ni son rapport avec Bob. » Lacha Fred, agacé.

« -Non mais tu comprends pas ? Regarde le mieux que ça, tu le connais ! T'étais bien un ami de Bob, avant la grande Panique, non ? Alors tu connais forcément ce mec ! Et puis… Son nom ! Haha !

-Tu sais qui je suis ?

-T'énerves pas mon chou, j'étais pas complètement sûre de moi. Mais là, le doute n'est plus permis. John Marley… Comment tu as choisis ce nom ?

-Je… Je sais pas, c'est venu comme ça.

-Et si je te dis qu'avant il avait existé deux mecs dans la musique, qui s'appelaient respectivement John Lennon, et Bob Marley. T'en conclu quoi ?

-Beaucoup de gens pensaient que Bob tirait son pseudo de ces deux noms –Intervint Fred, avant de se figer- Attends, t'es en train de me dire que l'amnésique, il s'est instinctivement appelé comme Bob ? Mais…

-Stop ! » Hurla subitement John.

Il tenait d'une main le côté décharné de son crâne, la respiration irrégulière. Il ne comprenait rien, et ça l'énervait au plus au point. Et ce mal de tête…

Fred posa son regard sur l'homme qui masquait désormais la partie détruite de son visage, et il comprit.

« -Putain. Fanta ? C'est vraiment toi ? »

Le dénommé Fanta releva la tête. Il le connaissait alors ? Il savait qui il était. Il était vrai que le général adjoint lui semblait vaguement familier, mais il n'arrivait pas à le situer.

« -C'est Fanta ? C'est vraiment Fanta ? » S'exclama Fred, tourné vers Eliska, subitement joyeux.

« -Manifestement, oui. Un peu abîmé, mais c'est lui.

-Putain, mec ! Bob te cherche depuis deux ans ! Et t'étais à New Hope tout ce temps ?

-Je… »

Eliska fit glisser une main sur le dos du migraineux, et lui chuchota d'un ton doux :

« -Prends ton temps, calme-toi, et respire. Ça va revenir. »

Il hocha lentement la tête, et posa enfin la question qui le torturait depuis qu'il était arrivé ici.

« -Où est Bob Lennon ? »


33. Elle était là, devant lui. Il sentait son sang bouillir dans ses veines, étalant un immense sourire carnassier sur son visage.

« -Tu viens enfin te rendre, Hybride ? »

Il se permit de lâcher un rire bref.

« -Tu fais erreur sur la personne, 33.

-Qu'est ce que cela signifie ?

-Je viens pour te déchoir. Mon nom est 65. Alors agenouille-toi. Ou meurs. »

65 s'était redressé, se tenant de toute sa hauteur, son aura noire flamboyant autour de lui, sa main tendue devant lui. Il se sentait fort, puissant. Et il faisait ressentir cette puissance.

« -Tu n'es qu'un pitoyable humain ! » Gronda 33.

Elle n'eut pas le temps d'ajouter quoi que ce soit, elle se retrouva brusquement soulevée à un mètre du sol, tenant sa gorge qui était étreinte par une force invisible.

« -Je ne suis pas un humain. Du moins je ne le suis plus. Par ta faute.

-Tu viens venger 183 ? –Dit télépathiquement 33, sa gorge serrée ne pouvant plus émettre le moindre son- Elle a mérité de mourir !

-Je ne suis pas là pour 183. Elle a fait une erreur, elle t'as sous-estimée. Je vengerais son honneur, mais je viens d'abord rétablir le mien. Je te hais. Je te hais comme jamais personne n'a jamais pu te haïr.

-Mais tu ne peux pas me tuer.

-Oh que si.

-Tu en mourrais !

-Tu mourras aussi.

-Tu n'as donc pas peur de la mort ? Sais-tu seulement ce qui t'attends après ?

-J'ai eu un aperçu.

-Tu vas me tuer. »

La main en l'air, il ne pris pas la peine de répondre, se contentant de serrer d'avantage la gorge de 33, menaçant de lui faire sauter la tête en un mouvement.

Les Ombres les cernaient petit à petit, mais Mathieu ne s'en formalisa qu'à peine. La reine-mère tenta de lui faire comprendre qu'il devrait tous les affronter, mais le regard, et cette puissance qui se dégageait de lui, suffisait à lui faire comprendre qu'il les détruirait tous sans la moindre hésitation, quitte à y laisser la vie. 33 frissonna. Elle le sentait, ce monstre n'avait pas peur d'elle. Elle se sentit subitement vide. Elle qui avait toujours assit sa domination par la peur qu'elle inspirait, elle se trouvait face à un être créé pour lui résister.

« -Choisis. La soumission, ou la mort. » Répéta froidement 65.

« -Et que ferait tu si je me soumets ?

-Tu ne seras plus rien, et le destin de ce monde m'appartiendra.

-C'est ce que tu veux ?

-C'est ce que tu as voulu.

-Tu ne vaux pas mieux que moi.

-Je suis plus fort que toi. Tu ne peux pas lutter. Choisis !

-Je… -La main invisible sur sa gorge serra une fois de plus, un craquement se fit entendre, et 33 paniqua. Comment assouvir sa haine, comment avoir le pouvoir si elle mourrait de la main d'un hybride ?-Ne me tue pas !

-Dis-le !

-Je ne suis plus père ! Tu as gagné. Tu m'es supérieur. Ne me tue pas ! Pitié ! »

33 retomba au sol, son corps et sa dignité blessées. 65 franchis aisément les quelques pas qui les séparaient, et lui chuchota :

« -Tu me hais, n'est-ce pas ? Tu vas guetter la moindre occasion pour me tuer. Mais tu ne mettras jamais ta vie en danger. Tu n'es rien de plus qu'un cloporte. Un nuisible. Et sais-tu ce que l'on fait aux nuisibles ? »

L'ex père recula, lentement, alors que le bras de l'hybride s'allongeait, devenant une pointe immense bien connue.

« -On les extermine. »

Le bras traversa avec aisance le crâne de 33, et en ressortit avec autant de facilité. Le corps de l'ex-Ombre tomba en arrière, inerte. Il se désagrégea lentement, laissant apercevoir le corps d'une femme d'une cinquantaine d'année et de taille moyenne, le visage stupide figé dans une expression de terreur, encadré de cheveux mi-long recouverts d'une teinture blond sale, en surpoids, la peau blanche parsemée de point noirs. Puis le corps pourrissant disparut, ne laissant que des cendres derrière lui.

Le sang bouillit dans les veines du nouveau père quelques instants, avant de se calmer lentement. 65 se tourna vers les Ombres spectatrices, les mettant mentalement au défi de se rebeller contre lui.

Une première s'agenouilla devant lui, rapidement suivie par les autres. Partout où il regardait, il ne voyait que des nouveaux serviteurs à genoux, tête baissée face à sa grandeur.

Il avait gagné. Sa haine brûla avec sa puissance, désormais acquise. Il était l'être le plus puissant de ce monde, et il allait le faire reconnaître par chacune des pitoyables créatures qui le peuplait.

« -Allons rendre visite aux humains ! »


Bob était figé. Il s'était approché à grand pas, prêt à donner ses ordres aux troupes fraîchement débarquées, mais il s'était arrêté. Cet homme, en uniforme militaire, à côté de sa mercenaire. Cet homme, qui tenait d'une main la moitié de son visage. Cet homme chauve au regard brun, les traits crispés sous l'effort. Cet homme, il le reconnaissait.

Il trembla légèrement, ouvrant et refermant la bouche, perdu. Qu'elle conduite tenir, comment réagir ? Deux ans qu'il attendait ce moment, deux ans qu'il espérait.

Il fit un pas en avant, ignorant l'exclamation de Seb à ses côtés, qui venait de comprendre.

L'homme chauve tourna son regard vers lui, et son œil s'écarquilla. Il l'avait reconnu, c'était bien lui. La main s'abaissa, révélant un visage ravagé, monstrueux. Bob recula d'un pas. Puis avança de deux. Son ami, qui avait blessé son ami ? Son meilleur ami. Le visage se crispa brutalement, puis s'adoucit un peu. L'homme avança d'un pas vers lui alors que le silence s'était fait total autour d'eux.

« -C'est toi ? Bob ? Tu… Tu me reconnais ? » Souffla l'homme en premier, brisant le silence.

Fred s'approcha, faisant comprendre par quelques signe discrets que l'homme avait perdu la mémoire, mais qu'elle était en train de revenir.

« -Fanta ? –Il nota à peine le tremblement dans sa voix- Tu… Tu vas bien ? »

Le regard s'illumina chez l'homme, ainsi que son visage. Les bras écartés, Fanta l'invita à le rejoindre. Sans réfléchir, Bob réduit la distance entre eux à néant, et le prit dans ses bras, enfouissant son visage dans le cou de son meilleur ami.

« -Je suis de retour, Bob. Je me souviens. Je me souviens de toi. »

Les pleurs tombant sur son épaule lui répondirent. Il serra ses bras autour du corps tremblant, et chuchota :

« -Comment tu vas ?

-Ne repars plus jamais. –Sanglota la voix dans son cou- J'ai cru que tu… Que tu étais…

-Je suis bien vivant. Je suis là, et je serais toujours là. Je te le promets. »


Fin de la première partie de chapitre 20