La Voix des Morts
Les Blas-blas de Xérès : Bonjour à tous ! Enfin, je reprends un rythme d'écriture plus soutenu, j'espère que vous serez contents de moi ^^. Je vous préviens, ce chapitre vire complètement dans le Drama, il se passe des choses importantes pour la suite ! Lisez et reviewez, j'aime bien lire vos réactions :D Bonne Lecture !
Réponses aux reviews :
Senara38 : Ouf ! Je suis rassurée ! C'est vrai que je voulais décrire la vie au Manoir comme un mélange d'instants courtois et souriants avec d'autres moments complètements chelous, glauques et déplacés. Je suis contente de voir que c'est réussi. Merci ^^ !
PrettyLo' : Hermione et Lucius maintenant, ce n'est plus comme Hermione et Lucius avant. Avant il était mort, elle vivante. Il était gentil, elle déprimée et foldingue. Il était là où elle était, et elle était souvent chez elle ou dans des lieux qu'elle considère comme sa maison. Maintenant il est vivant, mais surtout il est chez lui dans SA propriété, il inspire le respect et la terreur, personnellement il m'inspire aussi beaucoup de choses cochonnes que je ne citerai pas ici, et elle est CHEZ lui dans SON Manoir, donc je pense qu'elle doit faire profil bas. Ca ne se fait pas de rabattre le caquet des gens chez qui on squatte (après on se fait détester, comme Ginny …) lol. Quant à Rogue … hmmm, se venger ? Bien sûûûûr qu'il va se venger , hin hin hin. Bisoux !
Loufoca-Granger : Lol, Sarah va falloir la calmer sinon elle va faire un méchoui de Ginny ! J'avoue que j'ai mis le paquet sur la chiatitude de Ginny. Je veux vraiment qu'elle devienne détestable, c'est important pour la suite alors je me défoule. Merci pour ta review et gros bisous !
Littlepixette : Bonne et heureuse année à toi aussi ! Oui, je me suis dit, le manoir en forme de M : le summum du bling-bling et de l'arrogance. Parfaitement … Mmmmmalfoy :D Bisous !
May : Pour Tom, c'est voulu, car il ne sait plus exactement ce qu'il fait lui-même. Mais chut ! Plus de détails dans les prochains chapitres … ) Bisous
Lully : Oui, je suis ignoble, et oui, j'aime ça. Quant à Lucius et Sarah, peut-on vraiment parler de chance ? Cette relation n'est-elle pas vouée à l'échec ? Hin hin hin tu le sauras plus tard … Bisous et merci !
Erika Northman : Ouaaaah ! Tout d'abord, bienvenue à toi, Erika et ensuite bah … ouaaah pour ta review qui m'a fait halluciner tellement elle m'a fait plaisir ! Je suis ravie de t'avoir fait aimer le monde d'Harry Potter (youpi, j'ai encore contaminé quelqu'un !) et j'espère que la suite de cette fic continuera de te plaire ! Et un grand merci aussi à ton amie qui t'a fait connaître cette fic ! A bientôt !
Un grand merci à mOowna-xoxo, Solenn, Luna Cave.
Chapitre 25 : The Black Cat Neighbourhood
Hermione considéra longuement le corps endormi de Ginny en travers de la cuisine. « Non. On ne peut pas la tuer », dit-elle doucement. Sarah sentit cependant comme un doute dans sa voix.
« En tous cas, on ne peut pas la laisser là », marmonna Brady en fourrant les mains dans les poches de son pyjama.
Sarah applaudit. « Bravo, Sherlock ! T'en as d'autres des idées comme ça ? Parce que là, je sens qu'on avance, tu vois ? », railla-t-elle tandis que le garçon la fusillait du regard.
« ROGUE ! », s'écria soudain Hermione, faisant sursauter tout le monde. « Il saura quoi faire. » Et sans autre forme de procès, Hermione quitta la cuisine en courant. Pour y revenir trois secondes plus tard, les joues légèrement empourprées. « Heu, Sarah, tu sais où est la chambre de Rogue ? »
Sarah esquissa un rictus sarcastique. « Dans l'aile Est, je pense. Au rez-de-chaussée, il y a une chambre, troisième porte sur la droite. » Voyant qu'Hermione semblait toujours perdue, elle ajouta. « Ici on est dans l'aile Ouest, il n'y a que le salon, la salle à manger et les cuisines au rez-de-chaussée, il faut que tu traverses le hall et que tu ailles en face. »
Hermione la remercia d'un hochement de tête et détala. Une fois devant la troisième porte sur la droite, Hermione se figea et regarda sa montre. Il était 4h45 du matin. Et Rogue allait être furieux. Soudain, l'idée de solliciter son aide ne semblait plus être aussi bonne. Mais il fallait faire vite et elle n'avait pas le choix : Ginny pouvait se réveiller d'une minute à l'autre. Prenant son courage à deux mains, Hermione leva le poing et l'abattit trois fois sur le panneau en chêne. Elle se crispa lorsque le bruit de son poing contre le bois lui donna l'impression qu'elle allait réveiller tout le Manoir. Elle s'apprêtait à réitérer son geste lorsque la porte s'ouvrit d'un coup sec et Hermione se retrouva nez à nez avec un torse pâle et glabre.
« Miss Gr-, fit le torse avant de refermer la porte aussi sèchement qu'il l'avait ouverte. Hermione écarquilla les yeux et attendit. Lorsque la porte se rouvrit, elle constata avec soulagement que le torse était à présent recouvert d'une robe de chambre noire. Hermione osa alors lever le nez vers le visage (furieux et décontenancé) de son professeur de Potions.
« Profess-, commença Hermione.
« Qu'est- ce que vous fichez là ? », siffla Rogue en la dominant de toute sa hauteur. Hermione eut soudain envie de disparaître dans un trou de souris.
« Euh, c'est-à-dire que … euh, en fait je … euh … la situation … je, je ne savais plus quoi faire … et euh … la première personne à laquelle j'ai … enfin, c'est vous, professeur », marmonna-t-elle, en sentant le rouge lui monter aux joues. Rogue haussa les sourcils. Hermione eut le sentiment qu'elle n'avait pas du être claire et refit une tentative. « J'ai besoin de vous, professeur … il n'y a que vous pour, enfin … » Comment lui expliquer qu'elle venait de laisser Ginny sur le carreau dans la cuisine et qu'elle voulait maintenant l'éjecter du Manoir. Elle sentit soudain la main de Rogue sur la sienne et leva le nez, interloquée.
« Je comprends, Hermione », souffla-t-il avec un rictus douloureux. « Je ressens la même chose, mais nous-
Hermione ouvrit des yeux ronds. « J'ai-assommé-Ginny-dans-la-cuisine-et-je-pensais-que-vous-pourriez-m'aider-à-la-faire-sortir-d'ici ! », s'écria-t-elle très vite avec un frisson d'horreur. Rogue se figea, sa main toujours posée sur celle d'Hermione. Puis il la retira très vite, comme s'il s'y était brûlé.
« Je vois », marmonna-t-il tandis que son visage redevenait peu à peu celui du Rogue que nous connaissons tous : furieux. « C'est ce que je voulais dire », gronda-t-il en lui lançant un regard qui la défiait de le contredire.
« Je n'en doute pas une seconde, p-p-professeur Rogue », marmonna Hermione. Yeurk, beurk, et re-yeurk !
« Bien, euh … », Rogue fouilla mécaniquement dans ses poches. « Je … je prends quelques affaires et je vous rejoins dans la cuisine. » Il referma la porte, laissant Hermione seule et choquée à vie dans le couloir. Elle rejoignit donc la cuisine, où elle entra, blême, sous le regard inquisiteur de Sarah et Brady.
« Bon, alors, tu l'as vu, il fait quoi ? », demanda Sarah qui s'impatientait du mutisme d'Hermione.
« Il 'vient' … oh Seigneur, je veux dire il arrive », balbutia Hermione en réalisant l'affreux double-sens et l'image terrible qu'elle venait d'imaginer.
« Ca va, Préfète ? », s'enquit Brady en lui jetant un regard soupçonneux. « On dirait que tu as vu… » Il réfléchit et son visage s'éclaira. « C'est ça, hein ? Il t'a ouvert la porte à poil et a voulu abuser de sa jeune et candide élève ? », s'esclaffa le garçon, sans savoir combien il était proche de la vérité. « Ca fait très nanar à l'eau de rose. »
Sarah soupira. « Et tu me trouves tordue parce que je couche avec Lucius ? », railla-t-elle à l'attention de Brady. « Tu es pire que moi, gamin. »
La porte de la cuisine s'ouvrit toute grande et Rogue entra, correctement vêtu cette fois, pour se diriger directement vers le corps allongé à terre, sans adresser un seul regard à Hermione, qui détourna le sien. Cela n'échappa pas aux deux autres jeunes, qui se tournèrent immédiatement vers Hermione, la bouche grande ouverte, l'index pointé sur elle. Hermione devint rouge pivoine et leur jeta un regard menaçant.
« Je peux savoir ce qu'il s'est passé ? », aboya Rogue à l'attention de Sarah. Il semblait décidément éviter tout contact avec Hermione. Sarah se retint de ne pas esquisser un rictus salace en lui répondant.
« La rouquine nous a surpris en train de … disons, papoter. Elle n'a pas vraiment apprécié qu'on lui casse du sucre sur le dos, voyez-vous. Elle a brandi sa baguette et m'a menacée mais Hermione (Sarah appuya délibérément sur le prénom de Gryffondor) a endormi cette teigne d'un seul petit mouvement de la main. Vous auriez dû voir ça, Rogue … Quelles mains expertes elle a, cette Hermione », railla Sarah tandis qu'Hermione la regardait en passant son index en travers de sa gorge avec une expression meurtrière.
Rogue ne répondit pas, ou plutôt s'en trouva incapable, tant son esprit semblait occupé à … réfléchir ? Imaginer ? Fantasm- Hem. Il sortit une fiole de sa poche, ainsi qu'une pipette et des gants.
« Qu'est-ce que c'est ? », demanda Brady en reculant machinalement d'un pas.
« Miss Granger », fit Rogue sans la regarder. « C'est bien la Dragoncelle que vous avez prétexté pour justifier l'absence de Miss Weasley ? »
« O-o-oui, c'est … c'est ça, professeur », marmonna Hermione tandis que Sarah retenait un gloussement.
« Bien », gronda Rogue en enfilant les gants. Il saisit le flacon et leur demanda à tous de reculer. Une fois le flacon entrouvert, il glissa la pipette à l'intérieur, actionna la petite poire pour y faire grimper le liquide clair et referma le flacon. Il approcha la pipette des lèvres de Ginny et lui ouvrit la bouche de l'autre main, avant de presser la poire pour y verser le liquide. « Avec ça, elle va vraiment avoir la Dragoncelle. Je vais de ce pas la porter à Ste Mangouste et je demanderai à ce qu'elle soit placée sous haute surveillance. »
« C'est brillant, professeur Rogue ! », s'exclama Hermione en souriant largement. Rogue se retourna et lui jeta un regard mi-figue mi-raisin qui lui rappela la situation bizarre qu'ils avaient vécu quelques minutes plus tôt. Hermione referma la bouche et rougit de nouveau. Oh mon Dieu, est-ce que ça va se passer comme ça jusqu'à la fin de l'année ? Et si jamais il me mettait une mauvaise note aux ASPICs parce que j'ai refusé ses avances et l'ai complètement humilié ? Non, il ne ferait jamais ça … Ce n'est pas du tout le style du professeur Ro- Et meeeeeeeeeeeeerde !
Rogue se releva et fit léviter Ginny hors de la cuisine. « Je pars à Ste Mangouste. Demain matin, vous direz aux autres que Ginny ne se sentait pas bien et que vous m'avez demandé une potion pour la guérir. Mais j'ai diagnostiqué une dragoncelle et l'ai portée illico à Ste Mangouste. Vu ? »
« Vu ! », déclara Sarah avec enthousiasme. « Vu, participe passé de voir ! », déclama-t-elle sous le regard interloqué de Rogue. « Et synonyme de … (elle jeta un regard appuyé à Hermione) observer … regarder … mater … »
« La ferme », grogna Hermione tandis que Rogue sortait précipitamment de la cuisine.
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Le lendemain, Hermione expliqua à tous au petit-déjeuner que Ginny avait la Dragoncelle et que Rogue avait dû la conduire à Ste Mangouste. Du coin de l'œil, elle vit Draco froncer les sourcils. Il n'allait pas aimer avoir été mis à l'écart. Tant pis. Hermione demanda alors l'autorisation à Tom d'emmener Draco et Sarah sur le Chemin de Traverse, afin de faire quelques courses et de rendre visite à Ginny à l'hôpital. Tom acquiesça d'un air pincé, vexé que personne n'ait pensé à le réveiller plus tôt et Lucius fronça les sourcils à l'idée de laisser Sarah sortir du Manoir. Mais Jedusor avait dit oui, et on ne discutait pas la décision d'un homme qui était revenu à la vie un nombre incalculable de fois. Lucius avait donc dû se résigner et Sarah avait ouvertement affiché sa joie de pouvoir enfin aller faire un tour dehors.
« Premier arrêt : le Chaudron Baveur », annonça Hermione tandis que Draco grimaçait à l'idée de poser un seul de ses orteils aristocratiques dans ce bouge infesté de cafards. « Je dois prévenir Harry et Ron. »
Hermione tendit la main et les deux autres s'y accrochèrent et ils transplanèrent tous ensemble jusqu'au Chaudron. La grimace de Draco s'accentua.
« Harry comme Harry Potter ? », demanda Sarah. « Mince. Quand j'y pense, on a été emprisonnés à cause de ce type, torturés et plein d'autres trucs et je l'ai jamais vu en vrai ! Je me demande quel genre de mec c'est … »
« Il a rien d'extraordinaire, si tu veux mon avis », marmonna Draco, l'air buté.
« Ouais mais je ne te l'ai pas demandé, ton avis, cher beau-fils », railla Sarah tandis que Draco lui jetait un regard dégoûté.
Hermione s'avança vers le tenancier et le salua. « Bonjour ! Avez-vous une chambre réservée au nom de Weasley, s'il vous plaît ? » Quand Ron et Harry s'installaient au Chaudron, ils utilisaient toujours le nom de Ron (celui d'Harry étant bien trop problématique). L'aubergiste chercha dans son registre et hocha la tête. « Chambre 17. »
Hermione le remercia et fit signe aux autres de la suivre. Lorsque la porte s'ouvrit, Hermione put constater qu'elle était prisonnière de la loi des séries. Harry se tenait devant la porte, en jean. Uniquement en jean.
« Hermione ? », s'enquit Harry en la voyant sur le pas de la porte. « Tout va bien ? »
Hermione hocha la tête. « Oui, mis à part le fait que j'ai vu assez de torses masculins ces dernières 24 heures pour en faire collection », marmonna-t-elle tandis que Draco lui jeta un regard incrédule et que Sarah … Sarah non, Sarah ne faisait rien, ne disait rien et se contentait d'observer le beau brun ébouriffé et torse nu qui se tenait devant son amie. C'est à cet instant là que la jeune fille regretta vaguement de ne pas avoir fait ses études à Poudlard, mais à Beauxbâtons.
« Nous avons réussi à faire sortir Ginny du Manoir », déclara Hermione. Le visage d'Harry sembla s'éclairer.
« Parfait ! Où est-elle ? Elle vous a suivi sans faire trop de résistance ? », s'enquit Harry.
« Euh … disons que … elle est à Ste Mangouste et elle a la Dragoncelle et euh … », marmonna Hermione en baissant les yeux.
« Question résistance … on a dû l'assommer pour qu'elle arrête d'essayer de nous tuer », acheva Sarah en sortant de sa torpeur pour répondre. Harry sembla alors remarquer qu'Hermione n'était pas seule et regarda tour à tour Draco et Sarah.
« Ok. Je pense qu'on ferait mieux de tous s'asseoir et de discuter de ça autour d'un grand bol de café », fit Harry en se passant la main sur les yeux. Lui aussi semblait très fatigué. Puis il tendit la main en direction de Sarah, qui la regarda, interloquée. « Bonjour, moi c'est Harry. » Sarah fixa un instant la main tendue et y glissa la sienne. « Salut. Euh Sarah, je … j'étais … »
« Hermione nous a parlé de toi », comprit Harry et en souriant. « Tu étais avec elle quand … enfin. L'hiver dernier. »
Sarah hocha la tête. Où était donc passée sa répartie ? Derrière elle, elle entendit Draco soupirer avec agacement. « Euh oui, oui c'est ça. Ravie de te rencontrer. »
Harry lui sourit et s'effaça pour les laisser entrer dans la chambre. « Ron est parti chercher le petit déjeuner. Mais du coup, on risque de manquer … », s'excusa Harry en les invitant à s'asseoir. Sarah s'assit sur un des lits, près d'Hermione mais sentit un petit paquet gênant sous sa cuisse. Elle sortit l'objet encombrant et se retrouva avec un boxer noir à la main.
« Ah euh désolé », fit Harry en s'empressant de le reprendre pour le jeter dans sa malle ouverte.
« Y'a pas de mal », répondit Sarah avec un sourire un peu trop large. Hermione fronça les sourcils et donna un coup de coude à son amie, qui le lui rendit beaucoup plus fort. Hermione grimaça et se massa les côtes.
À cet instant, la porte s'ouvrit et Ron entra avec deux énormes sacs de nourriture. Il sembla se décomposer en voyant les trois nouveaux venus. « Ah non, me dites pas que vous allez manger aussi ? », grommela-t-il en posant ses courses.
« Ron, je pense qu'il y a largement de quoi se nourrir pour trois jours », le gronda gentiment Hermione en inspectant le contenu des deux grands sacs.
« Tu rigoles, j'espère ? Je n'ai pris que 20 tranches de bacon, 2 litres de jus de fruit, 6 petits pains et 8 saucisses. Et il ne nous reste qu'un pot de marmelade ! », gémit le rouquin tandis qu'Hermione, Harry, Draco et Sarah lui jetaient un air dégoûté. Un ange passa.
« Bien », fit Harry avec un sourire forcé. « Hermione, et si tu nous racontais ce qu'il s'est passé ? »
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Une fois Harry et Ron mis au courant, Hermione fit quelques courses sur le Chemin de Traverse, Draco s'acheta un nouveau protège-tibia à la boutique d'accessoires de Quidditch, tandis que Sarah semblait étrangement silencieuse. Le visage fermé, elle avançait à l'aveuglette, plongée dans des pensées qui ne semblaient pas être « arcs-en-ciel et champs de coquelicots ». Lorsque tous trois revinrent au Manoir, l'humeur de Sarah semblait encore plus massacrante. Elle atteignit son paroxysme lorsqu'elle entrevit Lucius qui guettait leur arrivée, son arrivée, depuis les fenêtres du salon.
« Merde », grommela la jeune fille en ouvrant la porte du Manoir pour filer directement dans le bureau/bibliothèque. Hermione la regarda monter les escaliers quatre à quatre puis grimaça en entendant une porte claquer à l'étage. En tournant la tête vers le salon, elle vit la tête de Lucius jeter un regard sombre en direction des escaliers.
J'ai pas tout compris, là, pensa Hermione tandis que Lucius disparaissait à nouveau dans le salon.
« C'est moi, ou j'ai manqué un épisode ? », souffla Draco à côté d'elle.
« C'est pas toi », répondit Hermione en fronçant les sourcils.
À l'étage, Sarah se laissa tomber dans un fauteuil en cuir et replia ses jambes sous elle. Contrairement à ce qu'elle avait pu penser avant de sortir, quitter le manoir ne lui avait pas vraiment fait du bien. C'était plutôt le contraire. Ce que son psy lui avait rabâché pendant des mois et qu'elle avait avec succès enfoui au plus profond de son subconscient lui était retourné en pleine poire. Elle ne pouvait plus le nier. Plus maintenant. Une larme roula sur sa joue. Elle avait toujours su que le psychiatre qui avait tenté de la guérir de son syndrome de Stockholm avait raison mais elle avait préféré ignorer cette idée lorsque Lucius était revenu à la vie. La vie au Manoir avec lui n'avait certes pas toujours été rose mais elle lui appartenait entièrement et c'était tout ce qui comptait.
Mais là … dehors … il y avait ces gens … Sarah serra les paupières si fort que des petits points blancs se mirent à danser devant ses yeux. Elle poussa un autre juron en entendant la porte du bureau s'ouvrir puis se refermer.
« Tu n'aurais jamais dû sortir d'ici », souffla faiblement la voix de Lucius. Il se tenait toujours contre la porte, ne sachant pas s'il devait ou non avancer dans la pièce. Il ne savait pas non plus s'il devait être triste, en colère, ni même heureux. Rien. Le flou total.
« Sans blague », rétorqua amèrement Sarah en essuyant ses larmes.
Lucius ne répondit pas. Des idées toutes plus noires les unes que les autres lui traversaient l'esprit. S'il la tuait maintenant, elle resterait sa chose, sa propriété, pour toujours.
« Tous ces gens dehors … », souffla la jeune fille un fixant le ciel gris à travers la fenêtre. « Ils ne sont pas comme nous. Et ils sont heureux. »
Lucius serra les poings mais ne dit rien. S'il la tuait maintenant, il n'aurait pas à entendre ce qu'elle s'apprêtait à dire. Il n'aurait pas à l'entendre lui demander de lui rendre sa liberté.
« C'est pas bien, ce qu'on fait », marmonna-t-elle, les lèvres tremblantes. « Dans la rue, on ne voit pas des filles de mon âge avec des hommes du tien. Ou alors, ce sont des pères avec leurs filles. Les hommes comme toi, ils ont des femmes, la quarantaine, défraîchies mais ils sont heureux avec elles. Les filles comme moi rient et s'amusent avec d'autres jeunes de leur âge. Elles sont avec de jeunes garçons qui les emmènent faire les magasins, au restaurant … Jamais on ne-
« Tais-toi », gronda Lucius en plongeant sa main dans sa poche pour y saisir sa baguette.
« JAMAIS ON NE SERA COMME EUX ! », hurla Sarah en se tournant vers lui pour la première fois depuis le début de leur échange. « JAMAIS ! »
Un éclair rouge vif traversa la pièce et le sortilège Doloris frappa Sarah en plein visage. Elle s'écroula sur le parquet en hurlant de douleur. Lucius fondit sur elle et la saisit à la gorge, écrasant son crâne sur le carrelage. Sarah lui décocha un coup de pied dans le ventre et il grogna de douleur. Elle en profita pour ramper loin de lui, vers la porte, mais le Mangemort la saisit par la cheville et lui fit faire machine arrière. Sarah sentit ses ongles racler violemment le parquet, tandis qu'elle glissait sur le ventre. Un violent coup de poing dans les reins lui coupa le souffle et elle se recroquevilla sur elle-même pour parer les autres coups qui ne tarderaient pas à pleuvoir. Mais il n'y eut rien. Haletante, elle risqua un œil en direction de Lucius et vit que celui-ci semblait souffrir une atroce douleur. Il avait fermé les yeux et serré les poings sur le sol. Sarah se redressa et avança une main tremblante vers l'épaule du Mangemort.
« Pardonne-moi », souffla-t-elle, la voix pleine de larmes, avant de se lever pour se diriger vers la sortie. Elle claudiqua tant bien que mal jusqu'à leur chambre où elle récupéra ses quelques affaires, son Beretta, puis ressortit dans le couloir, descendit jusque dans le hall. Il ne cherchait pas à la suivre. Il avait comme … abandonné. Sarah pinça les lèvres pour réprimer un sanglot. Elle n'arrivait pas à croire ce qu'elle était en train de lui faire, à cet homme pour qui elle avait tout quitté, tout renié, à qui elle avait voué un amour malsain et inconditionnel. Elle arrivait encore moins à croire qu'il ne tenterait rien pour la retrouver. Elle savait qu'il préfèrerait la voir morte plutôt qu'heureuse avec un autre être humain.
Hermione se tenait en bas de l'escalier et ouvrit une bouche horrifiée en voyant son amie descendre. Sarah pensa vaguement qu'elle devait saigner d'un peu partout.
« Qu'est-ce qui s'est passé ? », s'écria-t-elle en accourant tandis que Draco fronçait les sourcils et montait les escaliers quatre à quatre pour se rendre à la bibliothèque.
« Je m'en vais, Hermione. Je le quitte. C'est pas bon pour moi d'être ici avec lui », fit Sarah en étouffant un sanglot.
« Mais … où est-ce que tu penses aller ? », demanda Hermione, toujours l'esprit pratique.
Hermione 1 – Sarah O. Pourquoi je suis jamais foutue de penser à ce genre de détails, pensa Sarah. « A vrai dire, j'en sais trop rien … », marmonna Sarah.
« Moi je sais », décréta Hermione en inspectant le visage meurtri de son ami. « Je t'emmène au Chaudron Baveur. Tu vas y prendre une chambre et Harry et Ron s'occuperont de toi. »
Sarah hocha la tête mais grimaça lorsque le geste raviva la douleur dans son dos. « D'accord, mais à la seule condition que Potter se balade constamment torse-nu, comme tout à l'heure … », plaisanta-t-elle en reniflant et en essuyant ses yeux bouffis.
Hermione la considéra gravement. « Même dans les pires moments, tu fais toujours de l'humour. Je ne sais vraiment pas comment tu fais », dit-elle en prenant son sac.
« Tu m'adores comme ça, ne dis pas le contraire », marmonna Sarah en inspectant ses mains. Un de ses ongles avait été arraché pendant la bataille et saignait abondamment. « Aïe. »
« On verra ça, une fois arrivées. Viens », fit Hermione en l'entraînant à l'extérieur.
Du haut de sa fenêtre, Lucius Malfoy regarda une dernière fois la seule personne qui l'aimait disparaître, au bras d'Hermione, plus bas dans le jardin. Il tourna les talons, dépassa son fils qui hurlait et lui demandait ce qu'il s'était passé, lui jeta un regard vide et s'enferma dans sa chambre.
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Inutile de préciser combien les hurlements que poussèrent Harry Potter et Ron Weasley furent aigus lorsqu'ils découvrirent Hermione et Sarah, le visage et les mains couverts de sang, un rictus gêné sur les lèvres.
« Coucou, c'est nous », marmonna Sarah lorsque la porte de la chambre 17 s'ouvrit sur Ron, la bouche pleine de Chocogrenouille. Bouche qu'il ouvrit grand en voyant l'état de la jeune fille. Hermione grimaça.
« Ron, ferme la bouche, s'il te plaît, je ne sais pas si mon estomac pourra supporter la vision d'une Chocogrenouille à moitié digérée », grommela Hermione en le poussant pour entrer dans la chambre. La mâchoire de Ron se referma avec un claquement sec.
« Qu'est-ce qu'il s'est passé ? », s'écria Harry avant même qu'Hermione ait eu le temps d'ouvrir la bouche. « C'est Voldemort qui a fait ça ? J'en suis sûr, ce type est un-
« Non, Harry ! », répliqua Hermione en posant une main sur son bras pour le calmer. « Ce n'est pas Jedusor, c'est … » Hermione se tut, réalisant qu'elle ne savait pas par où commencer. Dire « C'est Lucius » ne résumerait pas suffisamment la complexité de la situation. Mais elle ne pouvait pas annoncer de but en blanc que cette jeune fille de 18 ans, à l'apparence normale (hormis les traces de sang et de coups récentes) était complètement, éperdument amoureuse d'un homme de 45 ans qui a passé des mois à la torturer dans une cellule sombre et sordide. Non, un simple « C'est Lucius » n'était définitivement pas une réponse exhaustive.
« Peu importe », acheva Hermione. « Elle vous racontera si elle en a envie. Je lui ai loué la chambre voisine, la 18 », reprit-elle en pointant l'index vers la gauche. « Harry, tu as toujours la trousse d'urgence ? » Le jeune homme hocha la tête et fouilla un instant dans sa malle avant d'en ressortir une petite trousse marron, qu'il tendit à Hermione. La jeune fille en sortit des compresses et des onguents qu'elle se mit à appliquer sur les blessures de Sarah, ainsi que sur son ongle arraché.
Les deux garçons restaient silencieux et observaient la scène, échangeant de temps à autre des regards entendus.
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Une heure plus tard, Hermione raccompagna Sarah à sa chambre, puis revint dans celle des garçons pour leur donner quelques directives. Veiller à ce que Sarah reste ici, qu'elle se nourrisse et boive correctement, que ses blessures guérissent et qu'elle sorte prendre l'air de temps en temps, mais jamais seule. Harry et Ron lui promirent de prendre soin d'elle et Hermione transplana jusqu'au Manoir, à contrecoeur.
Assise sur le lit de sa petite chambre n°18, Sarah replia ses jambes contre sa poitrine et posa son menton sur ses genoux. Elle jeta un regard embué de larmes vers sa montre. Une heure et dix minutes depuis qu'elle avait quitté le Manoir. La dernière fois, il lui avait fallu trois heures pour la retrouver. Peut-être reviendrait-il la chercher cette fois encore ? Sarah sentit son cœur s'emballer à cette idée. Oui, secrètement, elle souhaitait qu'il la retrouve. Qu'il lui prouve encore une fois qu'elle n'était pas qu'un objet pour lui. Lentement, les yeux rivés sur la trotteuse, les minutes passèrent. Deux heures. Deux heures quinze. Deux heures trente. Deux heures et quarante-cinq minutes.
Trois heures. Trois heures cinq minutes. Une larme roula doucement sur la joue de Sarah. Trois heures dix minutes. D'autres larmes vinrent rejoindre la première qui s'était écrasée sur son jean. Trois heures vingt minutes. Sarah sentit son cœur se déchirer dans sa poitrine en comprenant qu'il ne viendrait pas. Cette fois c'était fini, fini pour de bon.
Dans la chambre n°17, Harry pinça les lèvres en entendant un cri de désespoir étouffé, de l'autre côté de la cloison. Un cri suivi de sanglots. Quoi que cette fille ait fait, elle semblait le regretter amèrement. Hermione n'avait rien voulu lui dire. Ce qui signifiait que le problème était extrêmement personnel. Un autre sanglot déchira l'atmosphère pesante qui régnait dans la pièce. Ron et Harry échangèrent un regard. Chacun savait ce que l'autre pensait : ces sanglots, ces cris dans la nuit, ils les avaient entendus une bonne partie de l'été. Harry éteignit la lumière et les deux garçons s'allongèrent dans leurs lits en silence. Après tout, qu'y avait-il vraiment à dire ?
Les Blas-blas de Xérès : Fini pour aujourd'hui. Navrée pour les fans de Lucius et Sarah, mais c'était trop malsain un homme de cet âge avec une jeune fille en fleur … Excitant, certes, mais malsain ! XD Mais bon, je dis ça, mais tout n'est peut-être pas fini pour eux ! Vous verrez … Petite explication du titre : the black cat neighbourhood. Il s'agit d'une chanson qui parle d'un quartier envahi de chats noirs. Ils ont leur propre monde, leur langage, leur hiérarchie, ils sont identiques et pour être avec eux, il faut leur ressembler. OK c'est un peu capillotracté, mais j'ai trouvé que cela correspondait bien à l'état d'esprit de Sarah après sa visite sur le chemin de traverse …
Gros bisous à tous et n'oubliez pas les reviews !
Xérès
