Bonsoir tout le monde ! Je sais que vous l'attendiez tous et j'ai vraiment, vraiment, vraiment hâte d'avoir votre avis. L'histoire se dénoue ici, même s'il reste un épilogue et deux outtakes (deux morceaux extraits de l'histoire), mais ces deux extraits ne concernent plus nos deux amoureux. Je ne vous en dis pas plus, mais j'ai terminé d'écrire tout cela, et pour ceux qui suivent ma page Facebook, vous savez que j'ai pleuré. XD C'est tellement triste de clôturer cette histoire. Mais toutes les bonnes choses ont une fin.
Autre chose, j'ai enfin décidé des gagnants pour les concours (avec les trois questions, si vous vous rappelez bien). Finalement, il y en aura six. Mais je garde tout cela pour l'épilogue ! mouhahah
Pour la dernière scène de ce chapitre, vous pouvez vous mettre dans l'ambiance avec ces deux chansons : A Great Big World - Say something & Christina Perri - Human.
Je réponds aux reviewers anonymes et je vous laisse à ce chapitre. On se rejoint plus bas, bonne lecture ! :D
P.S. : Merci aux lecteurs qui m'ont encouragée pour les examens. Ça ne s'est pas hyper bien passé ahah J'en ai raté cinq sur neuf. Mais vous avez été un rayon de soleil dans cette période difficile. Cœur sur vous !
Laaa : Hellooo ! Du coup, l'attente a été beaucoup plus longue ici ahah Merci ! :D Oui ouf ! Pas Andrew. Mais j'ai quand même bien ri en lisant tous les soupçons sur lui ahah Ah oui, heureusement que Drago était tout seul pour le sale coup à Smith, sinon je ne donnais pas cher de sa peau. ahah Harry l'aurait tué sur place. Ah oui, tu crois que Drago va lui dire "je t'aime"... ? :D Boh tu verras... ahah
Marie Grint : Ce n'est rien. :p Moi aussi, je suis triste. :( C'est excellent ahah Merci pour tes encouragements !
Slytherin : Mon ego aime tes répétitions ahah Ah oui, qu'est-ce qui tu n'aimais pas dans le changement de POV ? C'est vrai qu'au début, je voulais écrit du POV Hermione, mais ça ne m'aurait pas permis de développer ce que je souhaitais dans le chapitre. Et à un moment donné, ça m'a semblé comme une évidence d'écrire une partie sous le POV Harry. Ahah oui, j'ai été surprise des doutes sur Andrew, du coup, ça a surpris que ça ne soit pas du tout lui la taupe. Mais tant mieux, oui ! :D
Guest : Merci beaucoup ! :D Voilà la suite. :p
Ayano : Alors TOI ! Tu m'as fait pleurer à chaudes larmes. Merci, merci, merci beaucoup pour ta magnifique review. Bon, pour te répondre, tu peux me faire des romans quand tu veux. J'adore lire les reviews, j'y prends beaucoup de plaisir. Donc lâche-toi, c'est avec grand plaisir ! :D Mais tout ce que tu me dis est tellement...waw ! J'en perds mes mots, et à te relire pour te répondre, j'en ai à nouveau les larmes aux yeux. Que tu déclames ainsi ton amour pour OD... C'est mon bébé, tu vois ? Et ça me touche tellement, tellement, tellement fort ! C'est aussi grâce aux lecteurs que cette aventure est si merveilleuse. Peut-être que toute seule dans mon coin, je n'aurais jamais su la terminer. Et voilà où j'en suis... Je suis fière de mon histoire, de ce que j'en ai fait, et de lire qu'elle suscite ce genre de réactions...c'est juste indescriptible. C'est magique. Et j'espère pouvoir faire aussi bien pour ma prochaine fic longue. Je peux te rassurer en tout cas, tu m'as vraiment transmis ton amour à travers une seule review. Alors, encore une fois, merci beaucoup. J'espère que le dénouement te plaira. Des bisous !
Chapitre 26 : le souaffle est dans son camp
Trois semaines s'étaient écoulées depuis qu'Hermione avait été sauvée par Drago et ses amis. Elle avait quitté l'hôpital Sainte Mangouste il y avait de cela quelques jours, quand les Médicomages avaient décrété qu'elle avait suffisamment retrouvé ses capacités de discernement.
Heureusement, elle avait pu compter sur Drago pour lui apporter des notes de cours, même si elle savait qu'il trouvait ça ridicule. Il aurait préféré qu'elle se repose plutôt que de passer ses journées à étudier. Mais on ne se refaisait pas. Cela faisait partie de son caractère.
Elle avait d'ailleurs beaucoup à rattraper. Entre son enlèvement et son hospitalisation, elle avait manqué quinze jours de cours. Rien que d'y penser, l'idée la rendait folle d'angoisse. Surtout qu'elle venait de réaliser que le premier trimestre était passé à une allure folle ; le mois de décembre venait de commencer, sans qu'elle n'en prenne conscience.
Mais il y avait plusieurs aspects positifs liés aux récents événements.
D'abord, elle avait rapidement appris qu'Harry, Ron et Drago avaient collaboré pour la retrouver. Et aucun des trois n'avait manqué mourir dans un affrontement puéril. Le moins que l'on puisse dire, c'était qu'il y avait de l'amélioration dans l'air.
Ensuite, Drago avait paru touché par sa disparition, au point qu'il se montrait étonnement doux et protecteur envers elle. D'un point de vue extérieur, on n'aurait pas remarqué de différence, mais Hermione savait que ses attitudes passées étaient plutôt animées par le besoin de garder une certaine distance. Même s'il s'était montré de plus en plus attentionné avec elle au fil du temps, elle sentait une différence notable depuis qu'il l'avait sauvé des griffes de Yaxley.
Enfin, avec sa victimisation, le personnel médicomage lui avait proposé un suivi psychomagique à l'hôpital. Et comme elle n'avait pas encore trouvé le temps d'écrire à celle qu'elle avait trouvée, elle avait accepté. Jusqu'à présent, elle avait vu cinq fois son psychomage, à raison d'une séance par semaine. Elle pleurait souvent, parce qu'elle avait enfui pas mal de souffrances, mais elle avait aussi la sensation que son cœur s'allégeait au fur et à mesure de la thérapie.
Même si sa dépression lui paraissait loin derrière elle, Hermione savait qu'elle avait beaucoup à travailler pour aller mieux. Mais entre ses séances de psychomagie et la présence de Drago dans sa vie, elle était confiante.
Lui aussi se portait mieux, d'ailleurs. Il avait récupéré de ses blessures, qui avaient causé une hémorragie interne. Elle avait été déçue d'apprendre qu'il lui avait caché son état de santé, même s'il avait agi ainsi pour ne pas l'inquiéter. Mais à côté de cela, il se montrait tellement attentif envers elle, qu'elle n'avait pas pu se résoudre à le bouder très longtemps.
Aussi, il avait fait quelque chose qui avait beaucoup étonné Hermione : il avait organisé une après-midi à trois, avec sa mère, et celui-ci aurait lieu pas plus tard que le lendemain. Pour le père de Drago, il était encore trop tôt. Il n'était pas prêt à accepter que son fils entretienne une relation avec une Sang-de-bourbe. Du reste, Drago lui avait assuré qu'il ne lui faisait plus aucune remarque à ce niveau ; Lucius se contentait de l'observer, les sourcils arqués, comme s'il essayait de trouver une logique à la situation.
Avec ce repas organisé, Hermione s'était fait la réflexion que ses propres parents n'étaient même pas au courant qu'elle était en couple depuis plus d'un an. Elle avait donc décidé de leur écrire pour le leur annoncer. Sa mère lui avait immédiatement répondu ; si elle était un peu désappointée du manque de confidences de la part de sa fille, pour un sujet aussi important, elle avait également montré beaucoup d'enthousiasme…et elle avait souhaité rencontrer Drago au plus vite. Une seconde rencontre avait alors été organisée, au grand dam de Drago, qui n'était pas très confiant à l'idée de rencontrer les Granger. Et en particulier le père d'Hermione.
Après tout, il avait été odieux avec la brune durant leur adolescence. Si lui-même avait été père, il aurait stupefixié le premier sorcier qui aurait osé approcher sa fille, alors si ce sorcier l'avait blessée d'une quelconque manière… Enfin, c'était ce qu'Hermione en déduisait en le voyant à la fois peu confiant et contrit. Mais si la brune avait conscience de tout cela, elle ne s'inquiétait pas autant que lui.
En vérité, elle n'avait jamais parlé de Drago à ses parents. Elle ne leur avait jamais raconté ce qu'il lui avait fait subir durant leur scolarité, tout simplement parce qu'étant plus jeune, elle n'avait pas imaginé qu'ils puissent comprendre les tensions existantes entre Sangs-purs et Nés-moldus. Ensuite, elle avait grandi, et si elle avait compris que ces tensions étaient comparables au racisme basé sur la couleur de peau ou la religion, elle n'avait pas voulu tracasser ses parents.
Un coup porté à la fenêtre de sa chambre sortit Hermione de ses pensées. Relevant la tête, elle reconnut la chouette de Charlotte et lui ouvrit. Après un silence prolongé, Hermione s'était décidée à prendre sa plume pour écrire à son amie. Elle lui avait tout raconté de ses péripéties. Et le moins que l'on puisse dire, c'était que Charlotte avait fait une diatribe du cas de Laura Smith. Si les deux amies s'étaient accordées pour dire qu'il s'agissait d'un horrible personnage, jamais elles ne se seraient doutées de son implication dans un réseau ségrégationniste. Même si, à bien y réfléchir, ce n'était pas si étonnant que cela.
Enfin ! Tout cela datait du temps où Hermione se trouvait encore à Sainte Mangouste. Elle reporta son attention au moment présent, avec la lettre qu'elle venait de recevoir.
Hermione,
Je suis impatience que les vacances de Noël arrivent. Je décompte les jours jusqu'au 22 décembre. Je ne rêve que de lectures au coin du feu, avec un verre de vin chaud, et de fêtes où l'on se remplit l'estomac jusqu'à pas d'heure, alors qu'on est déjà plein à craquer depuis des lustres quand vient l'heure du dessert. Je rêve de faire la grasse matinée, de regarder la neige tomber par la fenêtre sans devoir la braver pour me rendre à mes cours. Je rêve d'un peu de repos et de détente en famille ! Pour toi comme pour moi, ces dernières semaines n'ont pas été de tout repos. Mais je suis persuadée qu'on va gérer, comme pour notre première année ! Il n'y a pas de raison pour ça en soit autrement.
Sinon, tu as prévu quoi toi pour les vacances ? J'imagine que tu as prévu de rentrer chez tes parents. Peut-être que tu as prévu de voir tes amis de Poudlard aussi. D'ailleurs, comment est-ce que ça se passe avec Drago ? Tu avais l'air de dire dans tes dernières lettres qu'ils se toléraient. C'est un bon début. Je suis contente pour toi !
Voir ta bouille ébouriffée me manque quand même. J'espère qu'on s'organisera encore des retrouvailles pendant les vacances d'été.
Bises,
Charlotte.
Hermione sourit en lisant la dernière phrase de son amie. Elle aussi lui manquait. Même si elle avait Drago, ses meilleurs amis et d'autres connaissances sympathiques à la faculté, ce n'était quand même pas la même chose. Charlotte restait la première personne qu'elle avait rencontrée à la faculté, et elle était triste de ne pas pouvoir continuer ses études avec elle.
Prenant sa plume et son encre, Hermione s'empressa de rédiger une réponse.
ODODODOD
Hermione prit une grande inspiration. Dans quelques instants, elle allait prendre le thé en compagnie de Drago et de sa mère. Elle sentait le stress l'envahir, et son précieux bracelet ne l'aidait pas tellement à canaliser ses émotions.
- Du calme, ma belle, lui chuchota Drago à l'oreille, en l'entourant de ses bras. Tout va bien se passer. Ma mère t'apprécie déjà.
- Mmmh ! lui répondit Hermione en se nichant dans son cou. J'espère que tu as raison.
- Mais oui, lui assura-t-il.
Tout en disant cela, il lui déposa un baiser dans les cheveux, et Hermione se blottit davantage contre lui.
- Et si je ne trouve rien à lui raconter ? se demanda Hermione à haute voix.
Drago rit doucement.
- Comme si toi, Hermione Granger, la pire miss-je-sais-tout que Merlin ait donné de connaître, tu n'allais pas avoir quelque chose à raconter, se moqua-t-il.
Hermione sortit de son étreinte pour regarder Drago dans les yeux.
- Bon, d'accord, admit-elle. Mais et si je disais quelque chose de totalement ridicule et que je passais pour une idiote ?
Cette fois, le blond s'esclaffa franchement.
- Au pire, tu passeras pour une sorcière extrêmement adorable par timidité, lui répondit-il en prenant sa tête entre ses mains pour l'embrasser sur le front, tandis qu'Hermione virait au cramoisi.
Ils restèrent quelques secondes ainsi, les lèvres de Drago appuyées contre le front d'Hermione, avant qu'il ne se recule.
- On y va ? suggéra-t-il.
Hermione acquiesça, et ils partirent donc en direction du quartier sorcier du comté du Wiltshire.
Lorsqu'ils arrivèrent dans le salon de thé où ils devaient retrouver Narcissa Black, Hermione remarqua l'effet immédiat qu'avaient les lieux sur Drago. Il lui tint la porte, la laissa le précéder et choisir leur table. Il affichait également une mine plus sérieuse. Hermione s'en serait amusée si elle n'avait pas une boule dans la gorge.
Narcissa Black ne tarda pas à arriver. Quelques minutes plus tard, elle faisait son entrée dans la boutique. Drago se leva pour l'accueillir, et Hermione en fit de même, ne sachant pas comment se comporter pour donner une bonne impression. Au premier regard échangé avec la mère de Drago, Hermione eut la sensation de ne pas avoir agir dans la conformité. La blonde affichait un doux sourire. Mais un sourire conciliant. Et c'était ce qui avait donné cette sensation à Hermione.
- Mère, la salua Drago.
- Mon fils, lui répondit la blonde. Miss Granger.
Hermione la salua à son tour, et ils s'assirent tous les trois. Hermione était troublée. C'était comme si elle se retrouvait quelques années plus tôt, agissant selon des règles de politesse imposées par l'école, tout en risquant de se faire réprimander si elle ne les respectait pas.
La gérante du salon de thé vint rapidement prendre leur commande, puis elle repartit aussitôt. Le silence s'installa pendant quelques secondes, mettant Hermione mal à l'aise. Mais Narcissa prit rapidement la parole.
- Comment se passent les études ? commença-t-elle en regardant son fils.
- Bien, Mère. Je suis confiant, davantage que l'année dernière.
- Tu m'en vois ravie. Et pour vous, Miss Granger ? Drago m'a dit que vous étiez une excellente étudiante.
Hermione rougit, à la fois embarrassée et touchée que Drago ait tenu de tels propos à sa mère.
- Mmmh ! Eh bien, je me débrouille. Je m'organise pour donner le meilleur de moi-même. Et jusqu'à présent, j'ai toujours été première de ma promotion.
- C'est très bien. Mon fils a besoin d'être accompagné d'une femme intelligente, approuva la blonde.
La gérante revint avec leurs tasses de thé, leur apportant également quelques biscuits. Hermione avait envie de se ruer dessus, non pas par gourmandise, mais par besoin vorace de combler le malaise qu'elle ressentait. Malgré tout, elle se retint.
- J'aimerais en savoir un peu plus sur vous, continua la blonde. En dehors de votre future carrière, qu'envisagez-vous pour votre avenir ?
La question désorienta Hermione. Elle n'avait jamais réellement pensé à cela. Quand elle imaginait son futur, elle pensait avant tout à sa carrière. Éventuellement à un mari, mais sans plus. Dire qu'elle espérait que ce soit Drago, il n'y avait qu'un pas. Mais ce n'était pas quelque chose qu'elle imaginait avec autant de certitude que sa carrière future.
- Eh bien ! Heu ! balbutia-t-elle. J'imagine que j'aspire à une vie simple. Une maison, peut-être des enfants et heu…
Elle se mordit la lèvre inférieure, ayant l'impression de se ridiculiser, mais Narcissa l'encouragea d'un sourire.
- Voyager, ça me plairait beaucoup, enchaîna-t-elle. J'ai envie de découvrir le monde, d'autres civilisations de sorciers, mais aussi de moldus. Comprendre comment ils ont évolués à travers l'histoire, quelles sont leurs coutumes, mais également leurs façons de vivre actuelles.
Hermione s'arrêta, se rendant compte qu'elle venait de parler avec engouement. Mais Narcissa l'avait écoutée attentivement et la regarda à présent avec un air intéressé.
- Tout cela me semble fascinant. Quels pays souhaiteriez-vous visiter ?
- Oh ! Si cela ne tenait qu'à moi, j'irais partout. Mais mmmh ! Je dirais que je suis particulièrement intriguée par la culture américaine. Nous partageons une langue similaire, et pourtant nous sommes si différents. Et puis…les pays européens. La prison de Nurmengard, la deuxième guerre des Moldus... Dans le but de mieux comprendre comment le mal peut se voir légitimé.
Hermione s'arrêta, réalisant qu'elle parlait à la femme d'un Mangemort. Mais Narcissa lui répondit avant qu'elle puisse ajouter quoi que ce soit.
- Tenter de comprendre le mal sans le juger, c'est une bien noble ambition. J'ai moi-même suivi mon époux sur des chemins qui ne me seyaient guère. Jusqu'où seriez-vous prête à suivre mon fils, Miss Granger ?
Hermione ouvrit la bouche, avant de la refermer. Elle ne savait pas quoi lui répondre. Narcissa Black venait de la prendre de court avec cette question. Pourtant, il fallait qu'elle trouve quoi lui répondre. Vite. Et bien, si possible.
Reprenant une inspiration tout en espérant paraître à l'aise, Hermione répondit, choisissant la carte de la franchise.
- Pour être honnête avec vous, je n'en sais rien. Je ne…, tenta-t-elle.
Elle se tourna vers Drago, mais son visage n'exprimait rien en particulier, sinon une attention pour la conversation. Ils échangèrent un regard, et Drago l'encouragea d'un bref sourire. Hermione reporta alors son regard sur la blonde, qui attendait patiemment.
- Je sais que je ne le jugerai jamais, quand bien même il prendrait une voie que je n'approuve pas. En revanche, et avec tout le respect que je vous dois Mme Malefoy, je ne pourrais jamais le suivre s'il décidait de se mettre au service du mal, lâcha-t-elle d'une traite, comme pour se débarrasser de quelque chose de difficile à dire.
Un sourire franc naquit sur le visage de la mère de Drago, tandis qu'elle acquiesçait.
- J'admire votre courage en me faisant part de vos véritables pensées. Je ne me trompe pas en affirmant que vous défendez de grands principes et vos propres valeurs, n'est-ce pas ?
Hermione secoua la tête, ne sachant pas si elle venait de gagner des points ou au contraire, d'en perdre.
- Non, en effet, confirma-t-elle. Vous ne vous trompez pas.
La blonde hocha la tête.
- Ce que je vais vous dire maintenant va sans doute vous surprendre, miss Granger, mais je pense qu'en réalité, c'est très bien pour mon fils.
Hermione la dévisagea, penaude. Elle perçut un infime mouvement à sa gauche, Drago semblant s'éveiller suite aux paroles de sa mère.
- Voyez-vous, si Drago n'aime pas qui que ce soit lui dicte ses actes, il a toutefois besoin d'une forte personnalité à ses côtés. Il a besoin d'une femme qui sache s'affirmer, être fière d'elle-même, mais qui sache également qui il est réellement. Et le reconnaître pour cela.
Drago se tortilla sur sa chaise, probablement peu à l'aise d'entendre sa mère le dévoiler de cette manière.
- Même s'il ne le dira pas explicitement, il veut pouvoir admirer sa compagne pour qui elle est, et pas juste pour ce qu'elle paraît être. C'est en cela que je pense que vous avez de sérieux atouts pour mériter le cœur de mon fils, en conclut Narcissa.
Hermione eut l'impression de recevoir l'aval de la mère de Drago, ce qui n'était pas peu dire. Elle en eut le souffle coupé durant quelques secondes.
Malgré tout, Hermione ne put s'empêcher de poser la question qui lui brûlait les lèvres. Gryffondor un jour, Gryffondor toujours.
- Mais est-ce que cela n'est pas contrebalancé par le statut de mon sang ? préjugea Hermione.
Le silence qui suivit ne dura que deux secondes, mais il parut une éternité pour Hermione.
Narcissa Black vissa son regard dans les pupilles d'Hermione, la déstabilisant complètement.
- Ce devrait en toute logique être le cas, c'est vrai. Toutefois, j'ai confiance en mon fils. S'il estime qu'une Née-moldue est plus à même de le rendre heureux, j'accepte son choix, déclara la blonde.
Hermione en aurait presque soupiré de soulagement.
- Vous devriez savoir que je n'exige qu'une seule chose de vous, ajouta-t-elle cependant.
La boule dans la gorge d'Hermione refit soudainement son apparition, comme si elle n'était jamais partie.
- Laquelle ? demanda-t-elle avec pénibilité.
- Prendre soin de mon fils.
Hermione acquiesça.
- Je pense que c'est à la mesure de ma baguette, lui assura la brune.
Narcissa lui sourit, un air de satisfaction sur le visage.
- Je n'en attendais pas moins de vous, Miss Granger.
ODODODOD
Hermione, Drago et sa mère quittèrent le salon de thé deux heures plus tard. Après la tension du début de la rencontre, la conversation s'était faite plus légère. Narcissa Black s'était intéressée aux coutumes moldues relatives aux fêtes de fin d'année, découvrant qu'elles ne divergeaient pas tant que ça des coutumes des sorciers.
Au moment de se séparer, Narcissa s'immobilisa devant Hermione.
- Ce fut un plaisir de discuter avec vous autour d'une tasse de thé, lui concéda-t-elle.
Hermione prit la nouvelle avec grand plaisir. Elle ne s'était pas attendue à être si rapidement acceptée par la mère de Drago. Après tout, elle compensait avec son mari de cette manière.
- Je peux vous assurer que le plaisir est partagé, Mme Malefoy, lui assura Hermione en lui répondant avec un grand sourire, révélant la sincérité de ses paroles.
Narcissa lui sourit en retour.
- Appelez-moi Narcissa, voulez-vous ? l'exhorta la blonde.
Hermione manqua de s'étouffer. Heureusement qu'elle n'avait rien avalé.
- Pardon ? Mais je…enfin…, bredouilla la brune.
Narcissa lui renvoya un sourire doux, et Hermione se fit la réflexion que cette femme, derrière ses airs distingués, faisait en réalité preuve d'une grande gentillesse. Peut-être que Drago tenait cela d'elle.
- Ou bien vous pouvez m'appeler Belle-mère, si cela vous convient davantage, lui proposa Narcissa.
Hermione secoua la tête. Belle-mère ! Comment pouvait-elle appeler Narcissa Black sa belle-mère ? Certes, c'était presque cela, même si Drago et elle ne s'étaient rien promis sur le long terme… Non, c'était décidément trop significatif pour qu'Hermione puisse utiliser ce dénominatif. C'était trop tôt, elle commençait à peine à concevoir que la reconnaissance de leur couple dépassait le cercle de leurs amis respectifs.
- Mmh ! Je pense que Narcissa, ce sera parfait.
- Bien. Dans ce cas… Hermione, Drago, les salua-t-elle d'un mouvement de tête, avant de transplaner.
Hermione resta coite pendant quelques secondes, réalisant difficilement la relation qui était en train de naître entre elle et Narcissa.
Un léger rire se fit entendre du côté de Drago.
- Je crois que ma mère t'aime bien. Non, en fait, elle t'a définitivement adoptée, rit-il de gaité de cœur.
Hermione dévisagea Drago. Il avait quitté son air taciturne pour une mine enjouée. Il était visiblement ravi de la situation.
- Et ça te met en joie ? s'amusa Hermione, contaminée par la réjouissance de son petit ami.
Drago cessa de rire pour observer Hermione avec sérieux, même si ses pupilles étaient rieuses. Il plongea ses yeux dans les siens.
- Oui, ça me met en joie, Hermione. Parce que l'assentiment de ma mère m'importe, et parce que tu m'importes aussi.
Tout ce qu'Hermione pu répondre à cela, c'est un petit « Oh ! » de surprise, auquel Drago réagit en souriant. Elle n'avait pas l'habitude de ces marques d'affection verbales, et à chaque fois, cela lui faisait le même effet.
- On pourrait continuer cette conversation dans un endroit un peu plus intime, peut-être ? lui proposa-t-il.
Hermione en aurait presque oublié qu'ils se trouvaient toujours dans une rue, loin de la discrétion de sa chambre d'étudiant. Alors qu'elle acquiesçait, Drago lui tendit son bras et, ensemble, ils rentrèrent à la faculté.
Et aussitôt avaient-ils posé les pieds dans la zone de transplanage que Drago glissa sa main dans celle d'Hermione, cette dernière n'ayant que le temps de le suivre. La surprise la dominait, tandis qu'elle avançait derrière Drago, qui semblait véritablement pressé d'avoir un moment d'intimité. Ce n'était pas pour déplaire à Hermione, ceci dit, mais elle n'avait clairement pas l'habitude de le voir se comporter de cette manière.
Il prit la direction de sa propre chambre, y faisant entrer Hermione avant de refermer la porte derrière elle. À ce moment-là, devant les yeux ébahis de la brune, il retira chaussures, chaussettes, chemise et pantalon, avant de s'allonger et de soupirer d'aise. Hermione resta stupéfaite quelques secondes, avant d'éclater de rire.
Drago avait fermé les yeux, mais un sourire venait de se dessiner sur son visage.
- C'est pour ça que tu étais si prompt à revenir ? lui demanda-t-elle en essuyant une larme qui s'était échappée malgré elle. Pour retirer ton costume et t'allonger ?
Sans se démunir de son sourire, Drago tapota l'espace restant à côté de lui.
- Viens ici plutôt que de te moquer de moi, jeune effrontée, l'enjoint-il.
Hermione ne se fit pas prier. Elle aussi retira ses chaussures, avant de se blottir contre lui. Elle frissonna, les températures n'étant pas très clémentes en ce mois de décembre.
- Tu veux la couverture ? lui proposa gentiment Drago.
Hermione acquiesça, se questionnant sur l'attitude de son serpent. Elle aurait plutôt attendu de lui qu'il lui fasse une remarque salace. La couverture se rabattit sur elle, et elle releva les yeux vers Drago, croisant son regard céruléen.
- Tu sembles bien pensive, releva-t-il en passant l'un de ses doigts sur le front plissé d'Hermione.
- Parce que tu es étrange, aujourd'hui, lui révéla-t-elle.
Drago ne répondit pas, laissant son doigt cheminer sur sa peau. Hermione ferma les yeux, profitant de sa douceur.
La main de Drago descendit juste sous sa mâchoire, en dessina les contours, avant de s'arrêter et d'y poser sa paume. Comme lorsqu'il avait l'intention de l'embrasser. Sentant son rythme cardiaque s'accélérer, Hermione rouvrit les yeux, pour découvrir le visage de Drago à quelques centimètres du sien.
- J'ai juste envie d'être avec toi, souffla-t-il. Et puis j'essaie. Mais c'est difficile.
- Qu'est-ce que tu essaies de faire ? lui chuchota Hermione en réponse.
Il lui sembla que leurs visages s'étaient davantage rapprochés, mais la brune n'était plus sûre de rien. Entre sa main sur sa mâchoire, son souffle sur ses lèvres et la couleur éclatante de ses pupilles, Hermione ne savait plus où donner de la tête.
- J'essaie de te parler, lui répondit-il, avant de réduire à néant l'infime distance qui les séparait encore.
Il l'embrassa alors, avec une tendresse inouïe qui rappela à Hermione le baiser qui avait suivi le premier « je t'aime » qu'elle lui avait dit. Et elle se perdit totalement, comprenant de cette manière ce qu'il lui signifiait par son geste. C'était tous les mots d'amour qu'il ne parvenait pas à prononcer.
Lorsque leurs lèvres se séparèrent, Hermione ancra son regard dans celui de Drago.
- Tu n'es pas obligé, tu sais, lui murmura-t-elle. J'ai compris.
Drago lui offrit un sourire en coin absolument adorable.
- En fait, si, je suis un peu obligé. Mais pas par toi, lui dévoila-t-il.
Hermione le regarda avec incrédulité, ce qui fit rire le blond.
Il lui déposa un rapide baiser sur les lèvres, avant de se lever. Hermione l'observa ouvrir le tiroir de sa table de chevet, avant de revenir dans le lit avec un livre, qu'il lui tendit.
En l'attrapant, elle réalisa qu'il s'agissait du livre que Drago lisait durant sa première hospitalisation. Celui-ci était à présent agrémenté de becquets autocollants. Elle leva un regard interrogateur en direction du blond.
- Regarde, tu vas vite comprendre, soutint-il.
S'exécutant, Hermione ouvrit l'ouvrage au premier becquet. À l'intérieur de l'ouvrage, Drago avait rendu certaines phrases fluorescentes.
« La prophétie est une prédiction qui trouve son origine dans les liens cosmiques qu'un sorcier parvient à intercepter ou à révéler par une maîtrise divinatoire. »
« Les prophéties, par le biais des sorciers expérimentés, délivrent les messages qui révèlent une destinée. Elles nous exhortent à devenir meilleurs, à nous dépasser, à accepter et surmonter les situations les plus complexes. Elles donnent un sens plus profond aux actes que l'on pose. »
« Il est toutefois à signaler le caractère autoaccomplissant des prophéties. En effet, la simple révélation des messages tend à leur concrétisation ; sans cette révélation, il est fort à parier que nombreuses prophéties n'aboutiraient jamais. On retrouve bien ici l'idée d'un dépassement de soi, ou d'une situation, en exhortant le ou les protagonistes concernés à évoluer. »
« Il existe différentes formes de prophéties. […] La troisième forme est la prophétie familiale. Elle concerne un individu en particulier, mais qui, par son action, va permettre à sa descendance – et parfois même à certains membres de son ascendance – de se remanier plus ou moins durablement, plus ou moins intensément. »
« Certaines prophéties sont autorévélatrices, c'est-à-dire qu'elles ne délivrent leur message qu'au moment où leur protagoniste a effectivement posé l'acte attendu. Dans ce cas de figure, la prophétie trouve son aboutissement par le biais d'une compréhension progressive de ce qui s'avère alors être une évidence. »
« Pour conclure, il n'existe pas de recette magique qui fonctionnerait à tous les coups. Si vous êtes l'Élu d'une prophétie, laissez-vous porter. Votre instinct vous guidera vers sa résolution. »
Terminant sa lecture, Hermione releva la tête vers Drago, qui attendait patiemment. Comme il l'avait prédit, elle avait compris. Ou en tout cas, c'était ce qu'elle pensait.
- D'une certaine façon, tu as toujours su, en déduisit Hermione.
Elle réalisa à l'instant ce que signifiaient ses paroles. Drago savait depuis longtemps qu'il était le serpent dont parlait la Prophétie des Malefoy…et qu'elle en était la lionne.
Drago acquiesça.
- Oui, même si je ne l'ai finalement réalisé que tardivement. Mes fuites répétées viennent de là. Toutes les insultes quand on était à Poudlard aussi… À chaque fois que je prenais conscience que j'étais attiré par toi, puis que je m'attachais un peu plus à toi, je tentais de me dérober à l'évidence, expliqua-t-il.
Les paroles du blond la touchaient tellement qu'Hermione ressentait une envie irrésistible de se presser contre lui. Mais elle n'en fit rien, préférant ne pas le couper dans son élan. Elle se contenta de l'observer.
- Aujourd'hui, je suis persuadé de ce que je ressens. C'est juste que…, commença-t-il, avant de soupirer.
Il semblait avoir vraiment du mal à s'exprimer. Pour l'encourager, Hermione attrapa sa main et glissa ses doigts entre les siens. Affichant un air contrit, il lui sourit avec douceur.
- Je n'y arrive pas. J'ai comme un blocage, Hermione, lui avoua-t-il.
Était-ce possible qu'en cet instant, Hermione eût l'impression d'aimer davantage son beau Serpentard ? Elle était loin de lui en vouloir pour ses difficultés. Il avait déjà tellement changé… Jamais elle n'aurait pu envisager une relation, ne serait-ce qu'amicale, avec l'adolescent qu'il avait été. Mais l'homme qui se trouvait en face d'elle, elle le tenait en l'estime. Il venait de loin, et il semblait s'améliorer de jour en jour. Il n'en restait pas moins un prétentieux de premier ordre. Mais elle s'y était habituée, en fin de compte.
- Poudlard ne s'est pas construit en un jour, le rassura Hermione. Regarde déjà tout le chemin que tu as parcouru. Un jour, tu y arriveras, sois-en certain. Moi en tout cas, je crois en toi.
Son discours avait eu son petit effet ; les prunelles de Drago brillaient comme une eau dans laquelle se reflètent les rayons du soleil.
Drago resserra la pression de leurs doigts tandis qu'il se rapprochait du visage de la brune. Il l'embrassa à nouveau avec une infinie douceur, dans laquelle Hermione se perdit avec extase.
ODODODOD
Une semaine était passée depuis la rencontre avec Narcissa Black. Ce samedi-là, c'était au tour des parents d'Hermione de rencontrer le couple.
Hermione et Drago se tenaient devant le domicile des Granger, dans le quartier de Brixton, à Londres. Drago ne cessait de regarder autour de lui, comme s'il cherchait quelque chose. Il semblait nerveux, ce qui fit rire Hermione, tout en l'attendrissant.
- Des Détraqueurs ne viendront pas te chercher ici, Drago, s'amusa la brune.
- Ah ! Ah ! Ah ! répondit-il en forçant son rire.
Hermione lui sourit. Il lui était étrange de se dire qu'exceptionnellement, les rôles s'inversaient. Drago ne faisait pas le fier, et elle-même se sentait parfaitement à l'aise.
- Tout va bien se passer, lui assura-t-elle.
- Ça dépend. Tes parents n'ont pas ces espèces de baguettes en métal pour me tuer si je fais un pas de travers ? douta-t-il.
La remarque fit rire Hermione. Il devait vraiment être stressé pour lui sortir une idée pareille ! Mais elle trouvait son comportement touchant. Il tenait réellement à elle, cela ne faisait aucun doute.
- Une arme à feu ? Non, s'esclaffa-t-elle. Ils n'en ont pas. Et puis leur utilisation est strictement réglementée, tu sais. N'importe quel moldu ne peut pas en posséder une. Il faut une autorisation spéciale.
Drago n'eut pas l'air rassuré pour autant. Il grogna, ne sachant que lui répondre.
- Par Merlin, Drago ! Ils veulent juste te rencontrer, pas te faire la peau, s'exclama-t-elle. Si on entrait, maintenant ?
À contrecœur, Drago acquiesça, et suivit Hermione qui ouvrait la porte d'entrée à l'aide de son trousseau de clefs.
Alors qu'elle refermait la porte derrière lui, elle annonça leur présence.
- Papa, maman, je suis là ! cria-t-elle du hall d'entrée.
La mère d'Hermione fit alors son irruption, un tablier autour de la taille et un torchon à la main. Elle était apparemment occupée en cuisine quelques instants plus tôt.
- Ma chérie, l'accueillit-elle en la serrant contre elle.
Relâchant sa fille, Mme Granger se tourna vers Drago.
- Enchantée. Drago, c'est bien cela ? demanda-t-elle en voyant du coin de l'œil Hermione hocher de la tête. Vous avez fait bonne route ?
- Hum ! Maman, un transplanage ça ne prend que quelques secondes, lui rappela sa fille.
La mère d'Hermione sembla réaliser l'absurdité de sa question.
- Oui, oui, c'est vrai. Bon, je vais terminer la préparation de la tourte. J'ai fait ta préférée, celle au poulet et aux champignons. Ton père est dans le salon, l'informa-t-elle avant de retourner en cuisine.
D'un geste de la main, Hermione enjoint Drago à la suivre à travers la maison. Drago regardait autour de lui, comme s'il déambulait dans un endroit potentiellement dangereux. Et lorsqu'il se retrouva en face du père d'Hermione, il sembla à la brune qu'il s'était décomposé, comme si ce qu'il redoutait le plus venait d'arriver.
Au contraire de sa femme, Henry Granger se focalisa sur son gendre et lui tendit la main.
- C'est donc de vous qu'il s'agit, commenta ce dernier alors qu'ils échangeaient une poignée de main.
- C'est bien moi, confirma Drago d'une voix peu assurée.
Henry se tourna vers sa fille.
- Il n'y a rien à voir avec Ronald, lui.
- Mmmh ! Non, en effet papa. Drago et Ron sont bien différents, lui répondit Hermione.
Le père d'Hermione haussa les épaules, avant de se diriger vers le buffet. Il en sortit trois verres à apéritif.
- Qu'est-ce que je vous sers ? Un vin pétillant, un Vermouth ou plutôt un Gin ? proposa-t-il.
Il attendit une réponse, mais Hermione voyait bien que Drago ne savait pas quoi répondre, les noms ne lui signifiant absolument rien. Elle prit la relève.
- Plutôt un Gin pour moi, papa. Et tu peux mettre un Vermouth à Drago, ça lui plaira davantage, je pense.
Hermione s'assit sur le canapé pendant que son père servait les boissons. Drago était obnubilé par l'écran de télévision, que Henry avait laissée allumée sur un documentaire historique. Enfin, pour être exact, le sorcier semblait plus effrayé par le défilé d'images.
Son père revint déposer les trois verres remplis sur la table basse.
- Je vais apporter un Sharpham Sparkling Pink à ta mère, l'informa-t-il avant de quitter la pièce.
Hermione reporta son attention sur Drago, dont le regard n'avait pas quitté le téléviseur. Elle doutait qu'il s'agisse d'une attention portée sur le reportage en lui-même.
- Drago ? l'appela-t-elle.
Il lui répondit sans détacher son regard de l'écran.
- Qu'est-ce que c'est que ça ? Pourquoi ils mettent des gens dans cette boîte ? Comment est-ce qu'ils font sans magie ? se méfia-t-il.
Hermione ne put s'empêcher de sourire. Drago semblait réellement croire que des gens se trouvaient à l'intérieur du téléviseur. Il devait s'inquiéter du sort que lui réservait son père.
- Il n'y a personne dans la télévision, Drago, lui assura-t-elle. C'est en quelque sorte comme une série de photographies, qui est diffusée tellement rapidement que ça donne l'impression qu'elles sont animées.
- Oh ! D'accord, je vois, lui répondit le blond, visiblement rassuré sur ce point.
- Viens t'asseoir, l'enjoint Hermione.
Ne craignant plus la télévision, Drago en détacha son regard pour venir s'installer aux côtés d'Hermione. Il focalisa alors son attention sur le liquide translucide contenu dans son verre. Son père revint dans le salon à cet instant.
Henry s'assit dans le fauteuil à proximité des deux sorciers, éteignit l'écran à l'aide de sa télécommande – qui attira l'attention visuelle de Drago, comme s'il suspectait une version moldue de la baguette magique -, et s'intéressa au petit ami de sa fille.
- Vous aimez le Martini ? lui demanda-t-il.
Drago le regarda comme s'il lui avait parlé d'un extra-terrestre.
- Qui ça ? répondit-il.
Hermione se retint de rire. Le pauvre, il était tellement dépaysé par cette rencontre avec le monde moldu.
- Il te parle de la boisson, le renseigna Hermione.
- Ah ! Je ne sais pas, je n'ai pas encore goûté, Monsieur.
Sur ses paroles, il trempa précautionneusement ses lèvres dans le liquide.
Quelques secondes plus tard, le blond acquiesçait, affichant un air de fin connaisseur qui fit sourire Hermione. Son père et son petit ami allaient pouvoir – même si difficilement – se trouver un sujet de discussion qui les attrayait tous les deux.
- C'est agréable en bouche. Plus léger que le Whisky pur feu dont j'ai l'habitude, mais agréable, surtout pour commencer en douceur, expliqua-t-il.
- Du Whisky pur feu ? s'intéressa Henry. Ça a un goût particulier ?
- Oui, commença à développer Drago pendant qu'Hermione se levait pour quitter la pièce. Il donne la sensation d'une brûlure intense, puis d'être rempli de courage. C'est une boisson très répandue dans le monde des sorciers, surtout depuis…
Hermione n'entendit pas la suite, puisqu'elle passa dans la pièce d'à côté, où une délicieuse odeur de poulet régnait. Sa mère lui sourit en la voyant entrer.
- Tu veux m'aider à préparer le cake au citron ? lui proposa-t-elle, alors qu'elle avait visiblement déjà commencé.
Acceptant avec plaisir, Hermione mit littéralement la main à la pâte, cassant les œufs, pesant et ajoutant sucre, farine, et autres ingrédients divers, tout en discutant de choses et d'autres avec sa mère.
Elle se rendit compte que passer du temps juste entre femmes lui manquait, et qu'elle souhaitait y remédier. Sa mère était une femme agréable à vivre, avec qui l'on pouvait parler simplement de tout. Et bien évidemment, le sujet principal vint rapidement sur le tapis.
- Alors, c'est sérieux avec ce jeune homme ? voulut-elle savoir. En tout cas, il a vraiment très belle prestance.
- Maman ! s'empourpra la brune.
Jean Granger rit gaiement, en beurrant le moule qui allait contenir le cake.
- Tu peux me le dire si ce n'est qu'une histoire frivole. Mais je n'en ai pas l'impression, affirma-t-elle.
- Oui, c'est sérieux avec Drago, lui assura Hermione. Il est bien différent de ce que j'aurais pu imaginer, mais…je suis bien avec lui.
Jean Granger sourit tendrement à sa fille, qui se sentait à la fois mal à l'aise et heureuse de partager cela avec sa mère.
- C'est ce qui compte, ma chérie. Et il s'entend bien avec tes amis ?
Hermione haussa les épaules, pendant qu'elle remplissait le moule de la pâte préparée.
- Pas tellement, en fait. Enfin, ils se détestaient à Poudlard, mais ils font tous des efforts pour moi, alors j'ai de l'espoir pour que leurs relations s'améliorent à l'avenir, lui confia Hermione.
- Tant mieux, lui répondit sa mère en souriant. Et toi, tu le trouvais déjà charmant plus jeune ?
Sa mère s'affaira au nettoyage des meubles de cuisine, continuant à parler. Elle ne s'était pas rendu compte qu'Hermione s'était figée à cette question.
- Enfin, je sais que tu étais amoureuse de Ronald avant, mais cela n'empêche pas que tu puisses trouver d'autres garçons agréables à regarder.
Ce ne fut qu'en relevant la tête vers sa fille pour lui tendre une cuillère, que Jean Granger s'aperçut de la réaction de sa fille.
- Hum ! On ne s'appréciait pas vraiment non plus, en vérité.
- Ah bon ? s'étonna sa mère.
Elle installa sur la petite table de la cuisine le plat qui avait contenu la pâte et d'un mouvement de tête, invita sa fille à en racler le bord avec sa cuillère. Hermione ne se fit pas prier, se servant une première fois, avant de s'arrêter.
- Il faut que je te parle de quelque chose, maman, annonça la brune.
- Ouh là ! Ça m'a l'air bien sérieux, ma chérie.
Hermione prit une grande inspiration.
- Je ne t'en ai jamais parlé, mais dans le monde magique aussi, il y a des conflits de classes, commença Hermione.
Sa mère fronça les sourcils, se demandant probablement où elle voulait en venir.
- Oui, j'imagine, lui répondit-elle. Je ne vois pas pourquoi la magie supprimerait cet aspect. Cela fait partie de la bêtise humaine.
- Oui, continua la brune en hochant la tête pour confirmer les propos de Jean. Eh bien ! Drago et moi, on fait partie de classes différentes.
Sa mère l'observa, attendant la suite.
- Drago fait partie d'une grande famille que l'on appelle des Sangs purs, c'est-à-dire une ligne où on n'accepte que les sorciers issus d'autres sorciers, expliqua-t-elle. Alors que moi…
Jean acheva à la place de sa fille.
- Alors que toi, tu as deux pauvres parents sans une once de pouvoirs magiques.
Hermione acquiesça.
- Oui. Mais si beaucoup de sorciers s'en fichent, ce n'est pas le cas des Malefoy. C'est pour cela qu'avant, Drago et moi nous…ne nous côtoyions pas, acheva Hermione, éludant la souffrance qu'elle avait vécue durant sa scolarité.
- Je vois, lui répondit Jean. Du coup, la vision des choses de Drago doit avoir bien changé pour que vous sortiez ensemble.
- Oui, confirma Hermione. Il est bien différent depuis. Il fait d'ailleurs beaucoup d'efforts pour être quelqu'un de bien.
Un sourire naquit sur le visage de Jean Granger, avant qu'elle n'affiche une expression amusée. Hermione l'observa, interrogative.
- Je suis en train de me figurer ton bien cher et tendre arriver ici. Ça doit être la première fois qu'il met les pieds dans une maison de personnes qui n'y connaissent rien en magie, expliqua-t-elle. Il doit être complètement déboussolé et se sentir un peu à l'étroit dans son ensemble trois-pièces.
L'amusement de sa mère la gagna également. Non seulement, il lui revenait en mémoire la mine déconfite de Drago au moment d'entrer au domicile de ses parents, mais en plus, elle était soulagée de la réaction de sa mère. Une fois de plus, les mères se concentraient sur l'essentiel : le bonheur de leur progéniture. Hermione n'en doutait pas, mais elle espérait que dans la pièce d'à côté, tout se passait bien entre son père et Drago.
- Tu crois que papa vit bien la situation ? demanda Hermione à sa mère.
- Sans doute aussi bien que ton grand-père lorsque je lui ai présenté ton père la première fois, s'amusa Jean.
Hermione voulut en savoir plus. Sa mère ne lui avait jamais raconté cet épisode.
- Que s'est-il passé ?
Jean se mit à rire, tout en lui racontant les événements.
- Ton grand-père attendait ton père, lui serrant la main et tenant sa carabine de l'autre.
- Quoi ?! s'exclama Hermione, hilare. Mais pour quoi faire ?
- J'étais sa petite fille, tu comprends. Enfin, je n'étais plus si jeune que cela. J'avais dix-neuf ans, continua-t-elle. Mais pour ton grand-père, il était plus facile de continuer à me voir comme une petite fille. Et surtout pas comme un objet de désir pour d'autres hommes.
Hermione acquiesça, comprenant où voulait en venir sa mère.
- Finalement, Drago avait raison en craignant que papa ne le fusille, pouffa Hermione.
- En effet, confirma sa mère. D'ailleurs, viens. On va apporter les amuse-bouche avant que ton cher et tendre ne finisse avec du plomb dans le corps.
Se joignant dans l'hilarité, mère et fille retournèrent auprès de leurs hommes.
ODODODOD
Hermione et Drago se trouvaient dans un café au cœur du Chemin de Traverse. Ils se réchauffaient autour d'une tasse de thé, profitant de leur après-midi pour profiter de la présence de l'autre. Les vacances d'hiver avaient commencé, et même s'il s'agissait du jour du réveillon de Noël, ils avaient voulu passer un moment ensemble. Le soir même, chacun retournerait de son côté ; Hermione irait retrouver ses parents et ses amis au 12, Square Grimmaurd, et Drago rentrerait au Manoir.
- J'ai un cadeau pour toi, annonça Hermione à Drago. Mais tu dois me promettre que tu ne l'ouvriras pas avant demain matin. C'est important les traditions.
Drago s'esclaffa.
- Drago, je suis sérieuse ! Promets-le-moi, insista la brune.
Avec un sourire en coin, le blond acquiesça.
- Je te le promets, lui dit-il en plongeant son regard bleu dans les prunelles marron.
Satisfaite et quelque peu déstabilisée par leur échange visuel, Hermione plongea la main dans son sac, et en sortit un petit paquet. Elle savait évidemment ce qu'il contenait : une montre. Elle avait la particularité de contenir un agenda, qui lui rappelait les événements préalablement enregistrés. Et Hermione avait acheté la gamme supérieure, qui offrait une protection contre les chocs de sortilèges et de maléfices, même les plus puissants.
Drago le rangea dans la poche de sa veste, avant de lui déposer un baiser sur la tempe.
- J'en ai un pour toi aussi. Mais moi, je souhaite que tu l'ouvres tout de suite, l'avertit le blond.
Intriguée, Hermione considéra Drago qui sortait une enveloppe d'une poche intérieure. Il lui tendit, et Hermione l'attrapa en le tenant précieusement. Elle étudia l'emballage, fébrile à l'idée de découvrir ce qu'il contenait.
Finalement, avec une grande inspiration, elle sortit une feuille en parchemin brillant sur lequel étaient inscrits les mots suivants : Réservation d'un portoloin pour deux personnes. Londres – New York. Lundi deux juillet deux mille un
Les yeux écarquillés, Hermione tourna vivement la tête vers Drago.
- Vraiment ? On va aller à New York ? s'écria-t-elle d'une voix de laquelle pointait l'excitation.
Tout sourire de la joie provoquée chez Hermione, Drago acquiesça.
Hermione sauta presque de sa chaise, attrapant brusquement le visage de son serpent avant d'embrasser ses lèvres à plusieurs reprises.
- Toi, je t'aime ! s'exclama-t-elle.
ODODODOD
Le lendemain matin, jour de Noël, Hermione s'était levée tôt. Elle avait passé la matinée dans la cuisine, perdue dans ses pensées, jusqu'à ce que chaque membre de la famille Weasley, ainsi qu'Harry, soit descendu. Ainsi, ils avaient pu ouvrir les cadeaux, Hermione ayant encore à l'esprit le formidable cadeau que Drago lui avait offert. Elle savait qu'elle devrait attendre plus de sept mois, mais elle était déjà impatiente de partir en voyage avec lui.
Un deuxième cadeau avait cependant retenu son attention.
Ron s'était approché d'elle, un peu embarrassé, en lui tendant un petit paquet. Curieuse, Hermione l'avait déballé, en sortant ainsi un cadre. Celui-ci contenait une photographie du trio lors de leur première année d'étude à Poudlard. Hermione se souvenait encore des circonstances dans lequel le cliché avait été pris : c'était quelques semaines après qu'Harry et Ron l'aient sauvée du troll des montagnes.
Elle avait alors relevé le visage vers Ron, qui s'était éclairci la gorge.
- J'ai…euh, avait-il commencé, peinant à trouver ses mots. Hum ! Je suis désolé de m'être emporté quand j'ai appris pour toi et la fouine. Enfin heu, Malefoy. J'étais juste encore colère, et voilà. C'est nul, et je m'en excuse. Je voulais juste t'offrir ça pour te dire que je t'aime. Et que heu… Je vais faire de mon mieux pour accepter tes choix, et pour que notre amitié reste inchangée.
- Oh Ron ! avait-elle répondu d'une voix enrouée par l'émotion. C'est tellement adorable.
Elle s'était alors levée d'un bond pour prendre le rouquin dans ses bras, et il avait répondu à son étreinte. L'ensemble des sorciers présents avait sifflé et applaudi les deux amis. Tout le monde pensait la même chose : il était temps que ces deux-là se réconcilient. C'était enfin chose faite.
Hermione racontait tout cela dans une lettre à Charlotte, à qui elle envoyait par la même occasion un abonnement au magazine Mediwizard, qui informait de l'actualité et des découvertes en matière de santé et de pratiques médicomagiques. Elle était heureuse de lui annoncer que tout s'agençait enfin dans sa vie. Hermione arrivait enfin à penser qu'elle était heureuse, après tout ce temps. Et elle n'avait qu'une hâte : retrouver son beau serpent.
Le destin allait d'ailleurs tourner en sa faveur. Alors qu'elle attachait la lettre à l'une des pattes de Griselidis, qu'Harry avait accepté de lui prêter, Ginny s'approcha d'elle.
- Hermione ? l'interpella-t-elle.
- Mmmh…, lui répondit distraitement la brune.
- Tu ne m'as pas dit que Malefoy se retrouvait tout seul pour le Nouvel An ?
Intriguée, Hermione confirma d'un mouvement de tête, tandis que Griselidis s'envolait.
- Si, Blaise est parti à Venise avec Daphné. Et Drago n'avait pas trop envie de tenir le Lumos en passant la soirée avec Pansy et Théodore, expliqua Hermione.
- Invite-le ici, lui suggéra la rousse.
Hermione en resta coite.
- Vraiment ?
- Oui ! Ça te ferait plaisir, pas vrai ?
- Oh ça, oui que ça me ferait plaisir ! J'ai vraiment des amis en Gallions ! s'exclama Hermione en serrant sa meilleure amie contre elle. Merci mille fois.
ODODODOD
Hermione avait revu Drago dans la journée du vingt-sept décembre. Elle lui avait alors fait part de la proposition de Ginny. Et si Drago avait d'abord paru hésitant – après tout, il serait entouré de sorciers qu'il n'apprécie pas, et dans des circonstances que l'urgence n'exigeait pas -, il avait finalement accepté. La perspective de passer le cap du Nouvel An en compagnie d'Hermione lui était plus attrayante que l'idée d'un réveillon lugubre au Manoir.
Et le jour J était arrivé. Puisque leurs hôtes avaient prévu de commencer les festivités aux environs de quatorze heures, Hermione avait donné rendez-vous à Drago sur le coup de midi, devant le Chaudron Baveur. Ainsi, elle pourrait encore rentrer au 12, Square Grimmaurd pour se préparer. Vêtu d'un habituel costume, il portait aussi une chemise d'un bleu aussi céruléen que ses pupilles.
Heureuse de le voir, Hermione courut presque jusqu'à lui, s'arrêtant alors juste devant lui. Drago passa ses mains sur sa taille, pendant qu'Hermione se redressait pour l'embrasser. Il lui semblait que les lèvres du blond étaient plus soyeuses qu'à l'accoutumée, à moins que ce soit le manque qui lui donnait cette impression.
- Vous êtes beau, Mr Malefoy, lui susurra-t-elle à l'oreille.
- Pas autant que vous, Miss Granger, lui répondit-il en retour, faisant frissonner la brune.
ODODODOD
Quelques heures plus tard, la fête battait son plein. La bouteille de Whisky pur feu que Drago avait apporté était vide depuis bien longtemps déjà. Harry, Ron, Hermione, George et Drago étaient tous les cinq saouls. Seules Ginny, qui était enceinte, et Luna, qui ne buvait pas d'alcool, étaient parfaitement sobres. Pendant que Ginny et Luna discutaient dans un coin, que Drago observait avec attention la scène qui se déroulait sous ses yeux – quand Hermione ne venait pas lui voler un baiser -, la joyeuse bande composée d'Harry, Ron, George et Hermione reprenaient des tubes sorciers à tue-tête. Tous les quatre chantaient faux, et le concert était plus assourdissant que des casseroles qui s'entrechoquent. Ils n'entendaient même plus les chansons diffusées par la radio. Mais tous riaient et se fichaient pas mal des dégâts auditifs occasionnés.
Puis, sur le coup de vingt-trois heures cinquante-neuf, les animateurs radio annoncèrent le décompte imminent. Les couples se rapprochèrent, désireux de sceller leurs lèvres pour marquer le début de la nouvelle année.
- 10… 9…, commencèrent-ils à décompter en cœur avec les présentateurs radio, 8… 7… 6… 5… 4… 3… 2… 1… Bonne année !
Hermione glissa alors ses mains dans la nuque de son beau blond, disparaissant complètement dans les abysses azur. Elle ne sut pas combien de temps était passé, quand elle fut soudainement arrachée à son étreinte.
- Ça suffit maintenant ! dit une voix rieuse qu'elle reconnut comme étant celle de George. Fêtons cette nouvelle année comme elle se doit.
Et avant même qu'Hermione comprenne ce qui lui arrivait, elle fut projetée contre une surface dure et froide. Elle reconnut de la neige. Elle vit également Ginny, qui avait subi le même sort qu'elle. Toutes deux venaient d'être jetées dans le jardin enneigé.
La suite se déroula dans les éclats de rire et tourna en bataille de boule de neige. Les filles firent équipe contre les garçons. Même si, avec l'esprit embrumé par l'alcool, Hermione parvenait à peine à tenir sur ses jambes et à former des boules correctes. Elle ne savait pas où ses lancers atterrissaient. Mais elle riait, elle riait tellement qu'elle en avait mal au ventre. Elle ne sentait même pas le froid ankylosant, juste la joie enivrante de partager ce moment avec ses amis.
Quand ils rentrèrent dans le salon, tous se rapprochèrent du feu qui brûlait dans l'âtre. Seul Drago était resté à l'intérieur, son costume parfaitement sec et lisse en témoignait. Il vint s'asseoir au sol, aux côtés d'Hermione, qui grelottait.
- Un sortilège de séchage ? lui proposa Drago qui tenait sa baguette à la main.
Hermione acquiesça, ayant laissé sa baguette dans la cuisine, tout comme les autres. Une fois le sortilège lancé, Drago plaça une couverture sur les épaules de la brune, qui s'appuya contre lui.
Elle croisa le regard de Ginny, qui lui sourit affectueusement. Hermione se sentait tellement bien en cet instant. Elle était entourée de ses amis et du sorcier qu'elle aimait. Elle imaginait difficilement une soirée plus parfaite que celle-ci.
ODODODOD
Hermione se réveilla plusieurs heures plus tard. Elle sentait la fatigue de la veille, mais surtout le bonheur qu'elle avait ressenti alors, et dont les effets se poursuivaient encore. Elle redressa la tête, découvrant que Drago avait lui aussi les yeux ouverts.
- Bonjour, lui souffla-t-elle alors qu'il se rendait compte qu'elle s'était éveillée.
- Bonjour, lui répondit-il en chuchotant.
Dans le silence de la maison endormie, Hermione n'eut aucun mal à percevoir le changement dans la voix du blond. Il semblait à la fois calme et… Il y avait autre chose qu'Hermione ne parvenait pas à qualifier.
Elle s'appuya sur son coude pour se relever légèrement, et ainsi observer le visage de Drago.
- Tu vas bien ? lui demanda-t-elle d'une voix qui exprimait sa préoccupation.
Drago rit doucement, plissant ainsi le coin de ses yeux.
- Tu remarques toujours tout, hein ? lui fit-il remarquer sans animosité.
Hermione lui sourit. Elle remarquait en effet beaucoup de choses, mais concernant le blond, ça allait en croissant. Même si c'était plutôt lui qui lui permettait de voir de plus en plus. Même s'il ignorait probablement tout ce qu'il lui laissait voir, en lâchant prise en présence d'Hermione.
Hermione attendit que Drago réagisse, ce qu'il ne tarda pas à faire.
- Je pense que c'est le moment, signala-t-il.
Hermione fronça les sourcils.
- Le moment pour quoi ? fit-elle sur un ton perplexe.
- J'ai beaucoup cogité pendant la première semaine de vacances, commença-t-il. Je me suis d'ailleurs fait la réflexion que ça avait l'air si facile pour toi. Je veux dire, toi qui d'ordinaire, raisonnes toujours à travers les livres et tes connaissances diverses, tu as une certaine aisance à exprimer tes sentiments. Tandis que moi, qui avance beaucoup plus à l'instinct, j'ai besoin de raisonner pour mettre des mots sur ce que je ressens.
Le cœur de la brune se mit à battre plus vite aux paroles de Drago. Elle comprenait où il voulait en venir, et son organisme lui manifestait à la fois son excitation et son appréhension. Elle aurait eu envie de dire à Drago qu'identifier et exprimer ses émotions comme ses sentiments n'était pas toujours aussi facile, mais elle préféra ne pas l'interrompre.
Drago se mut, semblant chercher quelque chose dans sa veste qu'il avait accrochée un peu plus loin. Ensuite, il revint se repositionner dans le lit, en tenant dans sa main un morceau de parchemin plié.
- Ça a été difficile de les trouver, ces mots, continua-t-il. J'avais l'impression d'être à des heures de vol de la réalité.
Drago soupira.
- Je ne sais pas combien de fois j'ai entrepris de les écrire, avant de les raturer et de recommencer depuis le début.
Il se releva, apparaissant soudainement nerveux. Il tournait le dos à Hermione quand il déplia son morceau de parchemin.
Après une grande inspiration, il fit à nouveau face à Hermione, qui s'était assise entre temps. Ils échangèrent un regard, et Hermione lut dans ses yeux une détermination nouvelle, par-delà la crainte qu'elle y décelait.
- C'est l'histoire d'un petit garçon qui a toujours douté de lui, lut-il en tentant de maîtriser son timbre de voix. D'aussi loin qu'il se souvienne, ses parents lui ont inculqué l'instinct de survie. C'était, selon eux, ce qui importait le plus.
Il s'arrêta, fermant les yeux quelques instants. Hermione imagina qu'il faisait de son mieux pour rester maître de lui.
- Dès son plus jeune âge, il a appris à réprimer ses émotions, reprit-il en rouvrant les yeux. Parce que les émotions, c'est une faiblesse. Une faiblesse qui t'aveugle, qui t'empêche de considérer à froid une situation. Et à coup sûr, elles te trompent, elles mènent à ta perte.
Un soupir s'échappa malgré lui, et Hermione se redressa instinctivement. Elle percevait toute sa difficulté, et elle aurait aimé pouvoir l'y aider, même si elle estimait qu'il s'en sortait très bien.
- Je me suis fabriqué un masque d'impassibilité, persévéra-t-il. J'y cachais tout ce que je considérais comme potentiellement dangereux. J'y cachais tout ce qui pourrait montrer mes affects. Ça a été à un point où j'ai fini par y croire moi-même. Le masque est devenu ma personnalité. J'étais sombre, j'étais l'adolescent dépourvu d'intérêt pour le monde qui l'entoure. J'étais l'adolescent qui se suffisait à lui-même.
Il reprit une inspiration, pour se donner du courage ou pour être sûr de bien peser ses mots, Hermione n'aurait pas pu en être sûre.
- Mais malgré tout, même si je ne me l'avouais pas à moi-même, j'étais surtout celui qui continuait à étouffer ses ressentis. J'utilisais les mots comme des armes, pour mieux repousser tout ce qui pouvait me rappeler qui j'étais au fond de moi.
Cette fois, il leva les yeux de sa feuille les plantant dans ceux d'Hermione.
- J'ai été infâme envers toi, Hermione. Et je le regrette tellement, lui avoua-t-il. Ce n'était pas contre toi. Je ne voulais pas voir la réalité en face. Je ne voulais pas ! Je ne voulais pas te faire tout ce mal.
Les derniers mots de Drago atteignirent Hermione en plein cœur. Elle sentit les larmes couler le long de ses joues.
- Le pire de tout, dit-il en laissant échapper un rire amer, c'est que tu m'as pardonné si vite. À chaque fois que je t'ai fait du mal. Comme si ce que j'avais fait n'avait pas d'importance. Comme si en fait, tu étais la seule à voir que le masque d'impassibilité ne me représente pas réellement. Alors que tout le monde semble le croire.
Il s'arrêta, et Hermione resta stupéfaite. Elle crut voir une larme s'écouler sur le visage de Drago, mais elle ne put pas en certifier, sa vue étant brouillée par ses propres larmes.
- Tu es une si belle personne, Hermione. Chaque jour, je me demande comment je peux mériter ce bonheur d'être avec toi. Parce que toi, tu mérites un sorcier de ton gabarit. Je fais de mon mieux pour m'améliorer, pour être quelqu'un de bien, et jamais tu ne doutes de moi. Tu es patiente.
Il soupira une fois de plus, repliant le parchemin. Cette fois, il glissa la main dans la poche de son pantalon, en sortant le médaillon. Celui-ci dégageait une faible luminosité, comme un éclairage au néon qui serait teinté d'émeraude.
Il s'approcha lentement d'Hermione, s'agenouillant près du lit. Il déposa le bijou dans la paume d'Hermione, qui avait inconsciemment tendu la main vers lui.
- Plus que quiconque, tu mérites ces mots que j'ai tant de mal à dire. Mais je te jure qu'au fond de moi, je les pense vraiment, soutint-il.
Hermione acquiesça. Envahie par l'émotion, elle était incapable de parler. Elle croyait en la sincérité des paroles de Drago.
Éclatant en larmes, la brune se jeta sans ménagement dans les bras du blond, qui se rattrapa de justesse. Il laissa échapper un léger rire, d'une voix enrouée, avant d'attraper Hermione par les deux côtés de sa mâchoire. Leurs regards se croisèrent. Et elle comprit, à l'instant même où les mots franchirent ses lèvres.
- Je t'aime, Hermione.
Les larmes redoublèrent dans un soubresaut incontrôlable, tandis qu'une fumée verte et épaisse se dégageait du médaillon, enveloppant les deux sorciers. Bientôt, la pièce fut envahie.
Une voix sembla s'élever de nulle part.
« Celui dont la prétention n'égale que sa sensibilité rencontrera celle dont le courage n'égale que la beauté de son cœur. Tout semble les opposer. Tout semble les séparer. Et pourtant.
Le venin du Serpent touchera mortellement le cœur de la Lionne, à plusieurs reprises. Toujours, elle pardonnera, mais seul l'amour du Serpent pourra les sauver.
Ce n'est pas la naissance qui prédestine l'issue, mais la capacité à grandir. »
Merlin, c'est terminé... Enfin le "je t'aime", enfin l'ouverture du médaillon et la résolution de la prophétie. Est-ce que vous imaginez à quel point je suis émue ? Heureusement que cette histoire se prolonge encore un peu, non seulement avec l'épilogue, mais aussi à travers vos reviews. Merci encore pour tout votre soutien, tout le long de cette histoire. Enfin...je garde l'aspect vraiment sentimental et tristounet pour la prochaine publication. XD
Que pensez-vous de ce chapitre ? Des rencontres avec Narcissa et les Granger ? Des excuses de Ron ? De Drago qui dévoile ses sentiments à Hermione ? De la prophétie ?
D'ailleurs, pour la prophétie, je me suis inspirée d'une phrase de la saga. Je voulais la noter telle quelle comme phrase de clôture, à la place de "Ce n'est pas la naissance qui prédestine l'issue, mais la capacité à grandir". Ça aurait été un clin d'œil... Mais si la version anglaise est magnifique, la traduction officielle perd, à mon sens, tout son charme. Vous l'avez sans doute reconnue, mais pour le plaisir des yeux, la voici : "It matters not what someone is born, but what they grow to be." Je trouve qu'elle s'accorde parfaitement au personnage de Drago, à cette histoire, au Dramione. En tout cas, de l'image que je m'en fais.
Voilà, c'est ici que je m'arrête. Je n'en ai pas envie, même si je le répète : il y a encore un épilogue et deux outtakes. MAIS MERLIN ! C'est la fin. Je n'ai plus de mots, et je me remets à pleurer. XD Je vais être dans un état pitoyable à chaque review, je le sens.
Je vous aime ! Merci à tous de me partager vos ressentis pour cette histoire. Vous rendez cette aventure tellement magique. Et croyez-moi, je reviendrai. Je prépare tout doucement la prochaine fic longue. Des bisous, des paillettes, des arc-en-ciel, tout ce que vous voulez. A bientôt en reviews !
