Ce n'est pas que je n'ai pas d'inspiration, non. Dans le fond, je sais globalement ce que j'ai envie de raconter dans ce chapitre. Mais ... Pas trop. À voir. Gneh.
Hommage du jour : Sir Christopher Lee, qui vient de recevoir le Fellowship Award aux BAFTA, et que j'ai vu en vrai (!) il y a quelques semaines avec mes vrais yeux et tout et même pas en rêve, c'était tellement fou, bref, à part vous raconter ma vie je voulais tout de même dire que fiou, voilà, tout mon respect et toute mon admiration parce que bon, Christopher Lee.
Rose
Rien de tel qu'une douche brûlante pour faire le point. Je ferme les yeux, laisse l'eau chaude m'inonder le visage, et j'oublie pendant quelques délicieuses minutes que le reste du monde continue de tourner.
Le temps passe trop vite, ces derniers jours, pour que je m'y retrouve. Où sont passées les journées ? Le rythme harassant de la 6ème année m'a fait travailler comme une bête de somme pendant des semaines entières sans arriver à souffler un seul instant. Les rares moments de répit que Lysander, Albus et moi nous accordons sont sacrifiés à la Gazette de Poudlard et à la mise à jour des derniers ragots. Ce qui prend un temps fou, mine de rien ! C'est terrible, il se passe tellement de choses dans ce château qu'on dirait une véritable fourmilière d'hormones. Si je n'étais pas si fier de ma petite Gazette, j'en aurais sacrément marre.
Quel jour est-on aujourd'hui ? Je ne sais même plus ... Quelque part entre Gryffondor-Poufsouffle et Serdaigle-Serpentard, d'après mes derniers souvenirs de Quidditch. Pas très loin après ce longuissime devoir à rendre en Potions et l'horrible interrogation surprise en Métamorphoses. Oui, quelque chose comme ça.
Et avec tout ça, je n'ai même plus le temps de jouer à terroriser Rose Weasley. C'est vraiment trop injuste ! Avoir une pareille mine d'or de divertissement et n'avoir même pas le temps d'en profiter, c'est rageant. Au moins je suis sûr que Rose ne peut pas non plus profiter de cette accalmie puisqu'elle aussi est débordée de travail. Sauf peut-être en Sortilèges ...
— Scorpius ? Ça fait vingt minutes que tu es là-dedans. Tout va bien ? fait la voix d'Albus.
— Hum ? Oui, oui, ça va, je ne me suis pas noyé.
— Cool. Tu me laisses la place, alors ?
Je savais que j'allais me faire avoir. En grommelant, je referme l'eau et sort de la douche avec un frisson. Salazar, j'avais oublié qu'il faisait aussi froid ! Albus me rejette sans ménagement vers notre dortoir glacé et s'enferme dans la douche avant que j'aie pu faire le moindre geste de protestation. Je me vengerai ! Mais plus tard. Pour l'instant, je prévois surtout d'aller me cacher au fond de mon lit pendant encore cinq précieuses minutes avant de devoir attaquer une nouvelle longue journée.
Je dois m'être rendormi car, lorsque je rouvre les yeux, Albus a déjà émergé de la salle de bain et se sèche les cheveux.
— ...bou pour toi.
— Pardon ?
— Il y a un hibou pour toi, Scorpius ! Le message doit être urgent pour qu'il soit venu te chercher ici, sans même attendre le petit-déjeuner.
Avec un irrépressible bâillement, je me lève et constate en effet qu'un hibou bien dressé se tient à l'autre bout de mon lit et me tend sa patte où un message est attaché. Etrange ... J'espère qu'il n'est rien arrivé de grave chez moi. J'ai toujours une peur sourde quand je reçois un hibou inhabituel.
— Alors, c'est de qui ? me demande Albus qui s'habille à présent.
« Est-ce qu'on peut se voir aujourd'hui ?
S'il te plaît.
Rose »
— C'est curieux, ça vient de ta cousine ...
— Laquelle ?
— Weasley.
— Laquelle ?
— La rouquine.
— Sérieusement, Scorpius ...
Albus lève les yeux au ciel tandis que je lui tends le message avec un sourire narquois.
— « Rose ... PS : n'en parle à personne » ? lit-il en haussant les sourcils.
— Ah, il y avait un PS ? Je n'avais pas vu. Du coup je t'en ai parlé. Oups.
— Tu es incorrigible. Bon, à part ça je me demande ce qu'elle peut bien te vouloir.
— Oh, va savoir ... Sans doute un coup de main sur l'essai qu'on doit faire en Runes. Evidemment qu'elle ne veut pas que j'en parle, elle n'avouerait jamais que je l'ai aidée.
— Tu vas lui répondre, alors ?
J'examine le message avec cette fois un peu plus d'attention. Malgré la légèreté dont je fais preuve, il y a là-dedans quelque chose qui me chiffonne. Rose n'a jamais eu besoin de coup de main en Runes, et Rose ne m'a jamais envoyé de message pareil. Est-ce qu'il lui serait arrivé quelque chose ? Mais depuis quand est-ce que la petite épine se tourne vers moi quand elle a un problème ?
— Allez, par curiosité, finis-je par trancher en attrapant une plume pour griffonner « Salle d'Arithmancie, 19h » au dos du parchemin avant de le renvoyer dans le ciel à la patte du hibou. Tout le monde sera en train de dîner à cette heure-là, on ne devrait pas être dérangés.
— Je peux venir ?
Le soir venu, et après une nouvelle succession harassante d'exercices, de devoirs et de crises de panique, je me dirige avec Albus vers la salle d'Arithmancie à présent déserte. Un coup d'œil passé par la lucarne de la porte m'apprend que Rose est déjà là, et je fais signe à Albus de se cacher pour qu'elle ne se méfie de rien. Il ne faudrait pas qu'elle s'effraie et qu'elle refuse de me parler en présence de son cousin, j'ai passé toute la journée à essayer de deviner ce qu'elle pouvait bien me vouloir !
— Ça ne t'ennuie pas de rester là ? Je ne voudrais pas risquer ...
— Non, ça ira. Mais laisse la porte entrouverte !
Dès que j'entre dans la salle, quelque chose me frappe : Rose, que je n'avais pas encore croisée aujourd'hui, est livide. Elle me regarde entrer avec un air angoissé, comme si elle s'apprêtait à passer un examen terrifiant sans la moindre assurance de s'en sortir.
— Merci d'être venu, me dit-elle d'une petite voix.
Mais où est passée la petite épine enjouée et agaçante ? Perturbé, je ne sais plus si je dois avancer, reculer, m'asseoir ou partir tout de suite. Dans le doute, je reste immobile.
— Euh ... Tu ne ... Ça ne va pas ? dis-je maladroitement.
Rose ne répond pas et fuit mon regard. Plusieurs fois, elle ouvre la bouche et commence une phrase avant de renoncer.
— Weasley, je ne voudrais pas te brusquer mais si tu as quelque chose à me dire, vas-y. Je ne vais pas te manger.
— Tu n'as prévenu personne ? me demande-t-elle en levant enfin les yeux vers moi.
— Bien sûr que non.
Mentir avec aplomb, tout un art.
— À vrai dire Malfoy, tu n'es pas du tout la personne à qui j'aimerais parler mais je n'ai pu trouver personne d'autre.
— Tu sais toujours trouver les mots qui font plaisir, Weasley. Qu'est-ce qu'il y a ?
— C'est ...
— C'est les cours ? Les examens ? Les Runes, c'est ça ? Ou un problème en Potions ?
— Non, c'est plus grave, c'est ... En fait, je ne crois pas que c'était une bonne idée de ...
— T'as triché à un examen ? Tu veux blanchir quelques centaines de Gallions ? T'es recherchée pour meurtre chez les Moldus ? Tu as besoin de quelqu'un pour te vendre un œuf de dragon ?
Rose me regarde subitement avec un air interloqué pendant que je continue à lui faire des propositions absurdes.
— Tu es sérieux ?
— Non, je meuble la conversion. Alors ? Je ne sais pas, moi ! Tu veux monter une agence de call-Vélanes ? Tu as ...
— César me harcèle.
Ah tiens. Je ne l'avais pas envisagé, celui-là.
— Quoi ?
— César, McLaggen si tu préfères ! s'énerve-t-elle brusquement. Il me harcèle, je te dis. J'avais décidé de ne plus le voir mais maintenant il me poursuit dans les couloirs, il m'envoie des dizaines de hiboux, il m'oblige à faire des retenues avec lui pour n'importe quel prétexte ... C'est affreux, il commence vraiment à me terrifier. Vraiment je n'en peux plus, Malfoy !
Maintenant qu'elle a commencé à parler, Rose lâche tout ce qu'elle a sur le cœur et me révèle l'étendue de son angoisse. Bien plus que ce que j'en demandais.
— J'ai peur de le croiser à chaque fois que je sors d'une salle, poursuit-elle, parfois j'ai l'impression qu'il me guette à la fenêtre de mon dortoir. J'en deviens folle, je te jure. Une fois, ajoute-t-elle d'un ton plus sombre, je suis tombée sur lui alors qu'il n'y avait personne autour de nous et ... Je ne sais pas ce qu'il lui a pris, je ne voulais pas, je lui ai résisté mais ... J'étais complètement paniquée. Quelqu'un a fini par arriver à l'autre bout du couloir, mais sans ça ... Enfin, je ne sais pas. J'ai l'impression de vivre un cauchemar, je ne comprends plus du tout ce qu'il m'arrive.
Moi non plus. Cette histoire me laisse bouche bée, complètement assommé.
— Mais ... Tu ne l'as pas dénoncé ?
— Je ne peux pas ! Il démentirait forcément, je n'ai aucune preuve, et je ne veux surtout pas devoir avouer ce qu'il s'est passé avant ...
— Et personne d'autre que moi n'est au courant ?
— J'en avais parlé un peu à ma cousine, Molly, mais je ne veux plus la mêler à ça maintenant. Elle s'affolerait complètement et de toute façon, elle ne saurait pas quoi faire.
— Alors que moi, avec ma connaissances des sciences occultes ... ?
— Ne dis pas n'importe quoi, Malfoy. Tu crois que ça me fait plaisir de t'avouer tout ça ? Déjà que j'ai l'impression que tu ne crois pas un mot de ce que je te raconte ...
— Allez, ça va, ne te lance pas dans la tragédie. Je te crois, Weasley. Je ne vois pas vraiment en quoi je peux t'aider, mais je ne pense pas que tu m'aies raconté n'importe quoi. McLaggen n'était pas très net dès le départ, dans cette histoire.
Rose pousse un soupir et m'adresse un regard soulagé.
— Je sais que j'ai un peu fait n'importe quoi et que tu ne me dois rien mais ... Tu voudrais bien essayer de m'aider ? Faire quelque chose ?
— Hum ... Je ne sais vraiment pas, il faudrait ...
— Je suis prête à te payer, tu sais, enchérit-elle en prenant une petite bourse dans sa poche. Dix Gallions pour que tu me débarrasses de lui.
— Dix Gallions ? Ça te coûte cher, de jouer les femmes fatales.
— C'est ça, moque-toi. Alors ?
La petite Rose me tend l'argent avec un regard décidé. J'hésite à ... Mais non.
— Garde tes Gallions, la belle, je ne vais pas t'exploiter. Ça me blesse, vraiment, que tu croies que j'ai si peu d'honneur. Serpentard peut-être, mais tout de même. Et pour ton soupirant acharné ... Bon, je vais y réfléchir. Donne-moi une semaine.
Emportée par l'enthousiasme et le soulagement, Rose se jette à mon cou. Trois bonnes secondes se passent avant qu'elle ne se rende compte de l'impropriété de sa conduite.
— Oh, pardon, j'oubliais. Hum ... Ça t'ennuierait de me raccompagner à ma Salle Commune ? Je préfère ne pas rester seule dans les couloirs à cette heure-ci.
Me connaissant, je vais vous faire une fic en 28 chapitres.
Voilà, c'est dit.
Bonne nuit les petits.
