Alors voilà... Grosses nouvelles, je reprend le boulot lundi ( après plus d'un an et demi cloitrée à la maison...) Donc je vous préviens je risque de ne plus pouvoir publier au même rythme que ces dernières semaines, mais je vais m'y tenir hein, je VEUX finir tout ce que j'ai commencé et mener à bien mon prochain projet. Pour la semaine prochaine, il est peu probable que vous me voyez parce que... Parce que STAR WARS MAGGLE ! Et donc je serais bien trop occupée dans le train de la hype et que j'aurais besoin de débriefer tout ce que je vais voir mercredi soir au ciné. Je vous dis à très vite et encore merci pour vos reviews et tout. Bises
Voilà une semaine que Harry et Ginny étaient rentrés au Terrier définitivement et avec leurs grandes malles, un des seuls souvenirs matériels que l'école leur avait laissé. Le survivant avait besoin de repos après cette dernière année difficile et studieuse. Ils avaient tous deux eu leur certificat et alors, le soir de leur arrivée, la famille Weasley avait décidé de fêter dignement cette réussite et leur passage à la réelle vie d'adulte. Molly avait préparé un grand repas réunissant toute la famille, ou presque, même Charlie était venu pour féliciter sa petite sœur. Il n'y avait plus aucun enfant et plus jamais Arthur ne mènerait quiconque à King's Cross, du moins pas en tant que parent d'élèves.
Les fiançailles d'Hermione et Severus avaient fait beaucoup de bruit et la matriarche avait alors posé tout un tas de questions sur la nature de la relation. Harry avait simplement conté l'essentiel, ne cherchant pas à déballer la vie privée de sa meilleure amie et son ancien professeur. En privé, elle avait présenté des excuses à Harry, admettant qu'elle était réticente à l'idée qu'il se mette en couple avec son unique joyau après ce qui s'était hypothétiquement passé avec Hermione. Harry avait accepté, un peu surpris, n'ayant pas forcément remarqué la barrière qui s'était érigée entre lui et sa belle-mère. Ce soir-là, après l'évocation de cette coupure de presse et ce qui venait de se passer entre les murs de Poudlard, Ginny avait rassemblé son courage et annoncé à ses parents qu'elle et Harry étaient en couple depuis déjà très longtemps, mais qu'ils n'avaient rien pu dire pour ne pas que les soupçons pèsent davantage sur Severus. Ils étaient heureux et George s'était levé pour trahir cette complicité, faussement en annonçant qu'il savait déjà tout avec un sourire malicieux sur les lèvres. Molly voulait à tout prix revoir Hermione. Voilà plus d'un an qu'elle n'avait vu celle qu'elle considérait comme sa fille et qui méritait également son mea-culpa comprenant que jamais elle n'avait pu faire espérer son fils comme elle l'avait longtemps pensé.
Harry détenait presque tout pour être également comblé de bonheur. Presque.
Il aurait tant aimé pouvoir annoncer avec fierté à ses parents que c'était un homme accomplit, il aurait tant aimé pouvoir vivre au 12 Square Grimmaurd en compagnie de Sirius, il aurait tant aimé que cette guerre n'ait pas volé le peu d'innocence qui restait à chacun avant que leurs vies ne commencent vraiment. Il y avait encore quelques zones d'ombre qui rendait la victoire suffisamment amère pour qu'elle ne soit pas totale.
C'était l'après-midi, au début du mois de juillet. Molly faisait tranquillement la vaisselle en fredonnant quelques mélodies lui passant par la tête. La petite famille était à peine sortie de table et avait pour la plupart regagné leurs quartiers, assommés par la chaleur, afin de faire une petite sieste. Arthur était au travail et ne rentrerait qu'à la tombée de la nuit. La sorcière frottait vigoureusement les plats propres avec un chiffon, Bill l'aidait à ranger la vaisselle. Le ciel se noircissait, un orage s'annonçait au loin pour venir nourrir les hautes herbes sèches autour du marécage. La mère scrutait depuis la fenêtre l'horizon de temps à autre afin de guetter le moment où elle devrait rentrer le linge qui était étendu dehors, puis, alors qu'elle tenait un grand plat entre ses mains, la vision donna un nouvel élément.
Au loin, une silhouette s'avançait vers eux, vers la maison. Elle resta interdite un moment, essayant de reconnaître qui pouvait bien les visiter à une heure pareille alors qu'elle n'attendait personne. Bill ne remarqua rien, la tête dans les rangements de la petite cuisine. Molly s'arrêta de fredonner et de bouger comme si elle cherchait à rassembler toute la puissance de sa réflexion sur cet homme qui arrivait. A mesure que sa vue s'ajustait, un coup de vent vint balayer le capuchon qu'il avait sur la tête, révélant une superbe chevelure rousse, comme celle qui caractérisait si bien sa famille. Les genoux de la matriarche faiblirent, ainsi que ses doigts et perdit sa prise sur le plat qui vint se fracasser à ses pieds. Bill se releva, sursautant et vit sa mère dans un état proche de la catatonie. Le regard du loup-garou ne tarda pas à rejoindre le sien et osa se perdre derrière la fenêtre.
Il reconnut son frère, son plus jeune frère qui avançait dans les herbes jaunies par la chaleur, l'air de rien, presque nonchalant. Il haussa un sourcil et sans trop réfléchir ouvrit la porte de la maison, laissant sa mère tenter de récupérer un semblant de conscience après ce choc.
Ron arriva à la porte alors que son frère le toisait en silence. Les mots n'étaient pas de rigueur. Bill jaugea ce nouvel homme qu'il avait en face de lui, grand, trapu, barbu, comme s'il avait vécu loin de tout et du monde pendant très longtemps. Ils s'accolèrent en silence après une observation mutuelle. Ce fut court et alors, toujours sans dire mot, Ron entra et trouva derrière son frère, sa mère, se tenant droite et encore peu certaine qu'elle ne soit pas en train de rêver ce moment. Il s'approcha doucement alors qu'elle essayait de reconnaître les traits de son fils, sa chair, qui avaient terriblement changés depuis leur dernière rencontre. Mais c'était bien lui, une mère savait d'instinct.
Doucement, Ron prit Molly dans ses bras et alors, comme si leur contact était la dernière chose qui pouvait confirmer la réalité de cet instant, Molly fondit en larmes. Voilà des mois qu'elle espérait et qu'elle ne voulait pas renoncer à ce que son dernier fils revienne sagement à la maison. Elle ne pensait à rien sinon à Severus à qui elle devait une fière chandelle pour avoir tiré toute cette histoire au clair et elle savait au fond que la réapparition de son fils était étroitement liée à ce qu'il y avait marqué dans la Gazette du Sorcier. Ron pouvait être assez mature pour comprendre le geste de Harry et son silence.
Les marches grincèrent derrière eux.
-" On a entendu de la casse... Tout va bien ?" Fit George alors ne voyant pas le tableau jusqu'à ce que sa tête passe derrière le mur. Derrière lui, Ginny et Harry baguettes en main se tenaient à une distance raisonnable. Le dernier des jumeaux adopta une attitude ébahie et alors les deux derniers derrière lui le dépassèrent dans les marches pour voir ce qui pouvait tant causer silence et émotion.
Harry tenait la main de Ginny et la serra d'autant plus quand il reconnut qui était dans les bras de sa mère et entendit ses sanglots. Il se figea un instant, ne sachant quelle posture adopter et alors par instinct, Ginny se mit devant Harry, ne cachant cependant rien par sa petite taille. Ron se sépara et posa les yeux sur ceux qui venaient de dévaler les étages.
Le regard de Ron attrapa les yeux verts de Harry qui mêlaient une panoplie de sentiments étranges, entre colère, surprise et soulagement. Ils se toisèrent un instant dans un silence mortel puis le cadet de Weasley esquissa un sourire qui se voulait bienveillant. Il attrapa Ginny par la taille et l'enlaça, ainsi que George et puis finalement les deux hommes se tombèrent dans les bras l'un de l'autre. Ron serra Harry de manière détachée, comme s'il était hésitant et n'avait pas eu de réel contact humain depuis trop longtemps. Le rouquin se sépara au bout d'une éternité muette et prit la parole pour la première fois d'une voix enrouée.
-" Où est Hermione ?" Demanda-t-il alors en regardant autour d'eux, cherchant la jeune femme des yeux.
-" Elle est... Chez elle." Fit Harry en hésitant.
-" Chez ses parents ? Il faut que je lui présente mes excuses." Commença-t-il.
-" Non... Tu n'es pas au courant ?" Reprit Ginny ? Le rouquin haussa un sourcil. Il n'avait pas l'air de comprendre.
-" Sev... Elle vit avec Rogue maintenant." Posa Harry très calmement.
-" Pourquoi elle vivrait avec Rogue ?" Demanda alors Ron sur le ton de l'incompréhension.
-" Parce qu'ils vont se marier." Répondit Molly tout en fixant Harry du regard et continuer de lui faire comprendre Ô combien elle était désolée de la méprise qu'elle avait cru pendant toute une année. Les yeux de Ron papillonnaient et à nouveau le silence se fit mortel. Il inspira un grand coup, masquant du mieux qu'il pouvait toute la rage qu'il canalisait. Il savait déjà tout ça. Il avait juste besoin de feindre l'ignorance pour collecter plus amples informations.
-" Hermione et ce bâtard ?!" Reprit-il surpris. Tous froncèrent les sourcils et alors que chacun allait répliquer assez sèchement, Molly fut la plus prompte à aligner les mots.
-" Ne traite plus jamais Severus Rogue de cette manière, pas sous mon toit." Répondit la matriarche sur un ton ferme et glacial. Les poils se hérissaient dans le cou de Harry, pouvant capter toute la dévotion de la mère qui menaçait de taper son fils avec la première cuillère en bois qui pouvait être à sa portée. Ron se résigna et se tut en regardant les lacets de ses chaussures, rouge de honte ou de colère. Il fit la moue, plissant ses lèvres, les faisant presque disparaître puis posa ses yeux sur George.
-" Où est Fred ?" Demanda-t-il sur un ton absent et souriant pensant à son autre grand frère. Le regard de George s'assombrit d'un coup et plus personne n'osait parler.
-" Fred est mort... Si tu n'étais pas parti au beau milieu de la guerre, tu le saurais." Répondit le dernier des jumeaux en serrant les dents. Oui, George avait toujours cette rancœur au fond du cœur et alors le visage de Ron changea. Il n'avait vraiment pas l'air d'être au courant et resta interdit très longtemps. Harry capta ce changement soudain. Il n'avait pas la même émotion ou surprise que lorsque sa mère avait annoncé pour Hermione. Même si les deux choses n'étaient absolument pas comparables, pour la première fois depuis qu'il avait ouvert la bouche, Ron avait semblé surpris et stupéfait. Le rouquin prit sa tête entre ses mains. Le ton de George avait été sec et pour la première fois depuis la disparition de Fred il avait osé mettre des mots sur la réalité. Ginny observa son grand frère qui respirait avec difficulté, essayant tant bien que mal de cacher son malaise. Elle prit alors sa main pour le calmer et lui signifier qu'ils étaient là, qu'ils le soutenaient, qu'ils étaient dans le même bateau et que ce n'était pas grave s'il craquait et exprimait ses sentiments en présence d'autres êtres humains. Elle l'entendait pleurer la nuit parfois, même lorsque Harry ronflait.
Severus tenait fermement les boucles chocolatées de sa fiancée, d'une main. Son autre main était occupée à donner la cadence, posée sur les hanches, les agrippant fermement. Hermione avait la poitrine écrasée sur le matelas, les fesses relevées et avait réussit à tourner la tête afin de travailler sa souplesse et regarder le plaisir sur les traits de son homme. Elle le voyait aller et venir, elle sentait tout ça en elle, ne pouvant réprimer les spasmes de plaisir. Severus se mordait la lèvre, se faisant violence pour faire durer l'amour encore et encore jusqu'à ce qu'elle le supplie d'arrêter, mais la sorcière était également devenue très douée à ce petit jeu. Elle avait joint ses mains dans son dos, offrant une totale soumission de son corps à Rogue sans qu'il n'ait eu besoin de le lui demander.
Il lâcha ses cheveux et prit une cadence plus lente, faisant glisser sa main le long du corps de la Gryffondor, caressant ses petites mains très douces, jusqu'à ses fesses. Il la regarda un instant, comprenant qu'elle l'observait prendre du plaisir en même temps qu'elle et afin de la confondre, il n'hésita pas à porter son index sur le petit cercle musculeux au-dessus du fourreau humide et doux dans lequel il s'enfonçait avec délice. Hermione ferma ses yeux et se mordit la lèvre, réfrénant un souffle voluptueux. Cela lui ferait bien trop plaisir si elle réagissait à voix haute. Comprenant le manège de la sorcière, Severus glissa son doigt de haut en bas sur cette zone érogène afin de la lubrifier avec toute l'excitation qu'elle inondait. Il se faisait plus inquisiteur cette fois, elle se retint, poussant encore plus loin le moment où elle abdiquerai.
Un sourire satisfait s'empara alors des lèvres du Serpentard. Dieu, qu'il aimait ce qu'elle était devenue, à lui et disposée à explorer pleinement sa sexualité. Il aimait qu'ils se dominent à tour de rôle et comme ça leur chantait, il aimait s'abandonner totalement à celle qui était sa maîtresse désormais tout comme il aimait entendre ce " Monsieur" révérencieux sortir de ses lèvres lorsqu'il tenait les rennes.
Son doigt glissa à l'intérieur de cette fente plus étroite et la sorcière laissa échapper un râle de plaisir incontrôlable. Les sueurs froides montaient à son front, collant les boucles sur sa peau. Elle se mouva discrètement afin de mieux s'empaler sur les deux présences en elle. Il ne la réprima pas, au contraire, ça l'aidait à se détendre au maximum et lorsque ce fut fait, sa verge remplaça ce long doigt, doucement et avec une précision méthodique. Hermione libéra une nouvelle vague de soupirs, différents cette fois-ci, plus profonde, plus rauque. Severus était doux dans ses mouvements qu'il voulait lents et sensuels. Il arracha une des mains de la sorcière de son emplacement.
-" Caresse toi." Fit-il lascivement. Il la sentit se contracter autour de son membre, sa voix la faisait chavirer. Elle s'exécuta et coulissa ses doigts sur son bourgeon de chair qui attendait patiemment une stimulation extérieure. Elle le massa, l'imbibant de ses jus, câlinant avec amour et presque égoïstement sa partie préférée de son anatomie de Femme, ses yeux noyés dans les profondeurs abyssales de son ancien professeur. Severus gardait un calme olympien, mais en apparence seulement, car son sang bouillait à la vue de sa belle qui se donnait du plaisir. Il accéléra le mouvement maintenant qu'il était parfaitement admis et serré.
Hermione suffoquait de plaisir, elle sentait sa liqueur couler sur ses doigts et courir sur ses cuisses. Les coups de butoir de son fiancé n'aidaient pas, le plaisir n'allait pas durer très longtemps. L'affaire de quelques secondes plus tard, elle commença à scander son nom, au bord du précipice. Elle était au paroxysme de son désir. Severus ressentait les prémices de l'orgasme, son corps de femme se contractait autour de lui. Rien que ses suppliques étaient capables de le faire jouir. Elle hurla, se contractant totalement, pulsant contre son membre qui n'attendit pas plus pour le libérer. Un profond soupir sortit des poumons masculins, froissant les draps fins qui étaient à sa portée. Essoufflé, il s'écroula sur le dos de sa compagne qui tremblait encore et sortit de son antre avec douceur.
Il se laissa retomber sur le côté, et prit la jeune femme dans ses bras afin de la serrer du plus fort qu'il put. Elle était encore toute pantelante, se remettant du choc et de ces ébats éblouissants. Hermione respirait fort et vint coller sa tête sur le sternum masculin encore moite de sueur. Elle aurait pu se rendormir sur-le-champ pour faire une sieste, écrasée par la chaleur comme c'était habituel dans cette maison. Elle voulait cependant prendre une bonne douche fraîche. Elle baisa tendrement les lèvres de Severus et se mit sur ses pieds vers la salle de bains. Il la suivit.
Plus tard, rhabillés, ils descendirent les marches, voulant profiter du jardin et de la douceur estivale de l'après-midi. En bas, Severus poussa un grognement et sursauta quand il trouva une intruse assise à la table de la salle à manger.
-" Bordel !" S'exclama-t-il reconnaissant le visage souriant de Cleo. " Depuis combien de temps tu es là ?" S'enquit-il. Son amie avait été absente et revenait à peine de Beauxbâtons. Il ne l'avait pas vu depuis Noël. Cleo avait un sourire béat, un peu carnassier.
-" Suffisamment longtemps." Gloussa-t-elle se moquant du rouge qui montait à présent aux joues d'Hermione. " Belle prestation." Rit-elle finalement à l'encontre des amants. Rogue lui affichait un regard noir et elle se leva, toute contente de son effet de surprise et de sa vanne. Elle prit Hermione dans ses bras.
-" Félicitations pour tes ASPIC." Puis se tourna vers Severus. " Félicitation pour... Ta démission."
-" Comment as-tu su ?" Demanda alors l'ex-espion.
-" Oh, tu sais... Hugh se fait livrer un exemplaire de la Gazette tous les jours... D'ailleurs, je vais peut-être croire qu'ils ne racontent que des salades..." Commença la sorcière plus âgée. Rogue haussa un sourcil, ne comprenant pas où elle voulait en venir. " C'est une très jolie bague que tu as offerte à Hermione." La jeune femme fronça les sourcils, ses doigts étaient vierges de toute présence.
-" Oh... Je vois..." Fit Severus.
-" Alors ?" Reprit Cleo impatiente.
-" Oui... C'est vrai... J'ai osé demander la main d'Hermione le soir de la remise des diplômes... Et de ma démission." Il glissa ses doigts entre ceux de la sorcière qui lui rendit un sourire ému.
-" Rock n'roll le professeur Rogue, le terrifiant professeur Rogue." Hermione rit. " Ma sœur doit arriver d'un instant à l'autre pour quelques jours, on va aller fêter ça, sortir un peu et boire un coup, je vais lui demander de garder les filles." Annonça Cleo.
-" Je ne sais pas si c'est une bonne idée." Répondit Severus. Il se tourna vers Hermione, après tout, elle avait aussi le droit de donner une appréciation.
-" Vous ne risquez rien ici, oh en plus il y a longtemps que je promets à Hermione de lui faire visiter Cluny et l'abbaye, allez..." Implorèrent les yeux bleus.
-" Cleo a raison, Severus... Je crois qu'on ne risque rien." Murmura Hermione osant braver l'autorité naturelle de son amant. Il opina du chef au bout d'un moment de réflexion et donna raison à son amie.
-" Je paye la prochaine tournée." Annonça follement Cleo.
Pour la première fois depuis deux ans, Hermione mettait le nez en dehors de la maison. Si elle se souvenait avoir une seule fois foulé les collines aux alentours accompagnée de Cleo et ses filles, l'exception ne s'était plus jamais reproduite sauf ce soir-là. Ils n'avaient pas foulé le sol de la rue très longtemps avant de trouver un bistro moldu très chaleureux. C'était un vendredi soir, s'il n'y avait pas foule, il y avait quand même un peu de monde accoudé au bois du comptoir. Des jeunes et des moins jeunes. La vie avait un aspect paisible dans ce village qui sentait les pins. Le temps était lourd et humide, un orage viendrait fendre le ciel sans lune.
De là où ils étaient, ils tenaient une vue imprenable sur la place du marché, vide de toute âme à cette heure tardive. Les deux couples avaient passé la soirée ensemble, à table, à se souvenir du passé et raconter des anecdotes plus ou moins reluisantes sur leur épopée mutuelle à Poudlard se moquant bien des gens autour d'eux. Les verres se vidaient et s'enchaînaient. Le nez de Cleo commençait pourtant à peine à s'empourprer, mais suffisamment alerte pour guetter les allées et venues, étant face à la porte. Severus et Hermione lui faisaient dos.
En pleine lampée d'une gorgée de bière, Hugh posa sa main sur la cuisse de sa compagne. Quelque chose dans l'atmosphère changea. L'ancienne auror releva ses yeux vers son mari qui lui fit un discret signe du regard. Une ombre s'avançait sur la place, éclairée au seul moyen des lampadaires orangés. Cleo posa son verre et scruta, plissant ses yeux n'arrivant à distinguer que l'ombre qui avançait d'un pas décidé vers les portes de l'établissement. L'allure montrait une jupe très large tombant au-dessus des pieds chaussés de petits talons.
La Française agrippa quelque chose dans son décolleté.
-" Severus, ta baguette. Ne te retourne pas." Murmura-t-elle. L'ex-espion obtempéra et prit la baguette qu'il cachait dans la manche de sa veste. Hermione vit très rapidement que quelque chose les tracassait. Ils ne bougeaient plus, leur souffle se bloqua, Hugh imita ses comparses de manière furtive. La figure encapuchonée arriva devant les portes de verre et alors leva son visage dans la lumière du bar, se révélant avec un sourire non dissimulé. Le sang de Cleo ne fit qu'un tour, elle se crispa et sortit sa baguette totalement de sa cachette. Severus attrapa l'inquiétude dans les yeux bleus et se raidit attendant le signal que lui seul connaissait pour s'être maintes fois entraîné au duel avec son amie. " Hermione, dans les toilettes il y a une lucarne. Rentre à la maison. Tout de suite !" Ordonna l'ancienne Auror tout en murmurant. Son ton ne laissait nullement place à la discutions et la jeune femme se leva et se retourna.
Severus regarda sa fiancée qui s'exécutait difficilement et soudain, les yeux de la sorcière se mirent à briller de peur. Il avait su que ce n'était pas une bonne idée.
-" RENTRE !" Hurla-t-il au milieu du bar attirant l'attention de tout le monde autour d'eux. Elle le regarda une dernière fois et alla se réfugier au fond de l'établissement.
Une main se posa sur la poignée de la porte et tira.
-" STUPEFIX !" Lança Cleo tout en balayant la pièce de sa main libre. Le sort atteignit chaque personne présente excepté Hugh et Rogue qui s'étaient levés et pointaient désormais leur baguette en direction de l'intrus. Severus ajusta son mouvement. Une bourrasque glaciale était sortie de la baguette de Cleo lorsqu'elle avait conjuré et alors la capuche de la silhouette féminine était tombée. Les craintes de l'ancien professeur se matérialisaient et alors il trouva face à lui le visage émacié de Bellatrix. Il n'y avait plus un bruit.
-" Trois contre une. Vous n'avez jamais été équitables vous les traîtres." Rit la détraquée. Bellatrix n'avait même pas sorti sa baguette. Le trio était crispé, les baguettes pointant vers celle qui devait retourner à Azkaban.
-" Comment es-tu venue ici ?" Posa Rogue très calmement. Pour toute réponse, la sorcière pouffa d'un air mauvais et condescendant. Les doigts de Bellatrix étaient accrochés à quelque chose dans son serre-taille.
-" Vous êtes pathétiquement prévisibles." Devant elle, un jeune homme était tombé sous le coup du maléfice de Cleo, juste avec la pointe de sa botte elle joua avec son menton face contre sol, comme un chat avec une pelote de laine.
-" Laisse ça !" Fit Cleo manifestement en colère. Les effets de l'alcool s'étaient dissipés avec l'adrénaline. C'était la première fois que les deux femmes se retrouvaient face à face. Leur réputation n'était plus à faire et elle se connaissaient par leurs exploits passés. Cleo serrait des dents, mais pas autant que Rogue qui maintenait un mal fou à ne pas la tuer tout simplement immédiatement. Non, ça serait trop bon pour elle. Elle méritait mille fois la mort et le baiser du détraqueur ou bien une alternative encore plus cruelle étant donné que ceux-ci avaient disparus après la chute de Voldemort.
-" ENDO..." Les mots furent cependant plus rapides que la pensée, mais alors que Rogue allait la châtier comme il se gardait de le faire depuis très longtemps, la détraquée disparut purement et simplement dans un pop sonore les laissant tous trois en surprise. Le sillon du passage de Bellatrix disparut instantanément. Cleo, Hugh et Severus restaient interdits à peine quelques secondes avant que la sorcière ne réalise :
-" Hermione !" Elle donna un coup de coude à son mari qui se rua vers le fond de la salle.
Hugh ouvrit la porte des toilettes et constata que la petite lucarne était ouverte. Hermione avait réussi à s'échapper. Ni une, ni deux, il s' y engouffra à son tour, se laissant lourdement tomber sur l'asphalte de la petite ruelle qui était très mal éclairée. Il suivit le pas jusqu'à la maison, en courant. Le portail était fermé. Il ouvrit la porte d'entrée d'un sortilège et entra dans la maison en scandant le prénom de la jeune femme. Il ne reçut qu'un écho de sa propre voix suivit du silence.
Hermione était tombée sur ses deux pieds et regardait la lucarne comme si quelque chose de mauvais pouvait être à ses trousses. Ses mains tremblaient, essayant de saisir sa baguette et recouvrant ses esprits. Un bruit sourd provenant du bar la fit sursauter et alors au moment où décida de tourner les talons pour suivre les directives de Cleo, deux bras puissants l'enserrèrent. Elle hurla, mais une main moite se plaqua contre sa bouche et rapidement elle sentit un parfum familier qui semblait revenir de très loin dans sa mémoire.
-" Chut." On lui murmurait à l'oreille sur un ton rassurant et elle se calma tout en tremblotant. La pression autour de son corps s'amenuisa et alors elle pu se retourner pour faire face à son assaillant. La surprise encore imbiba ses yeux ambrés.
-" Ro... Ronald." Bégaya-t-elle reconnaissant le visage de son ami. Une vague de chaleur lui emplit le cœur, surprise et heureuse de retrouver un visage familier qui avait disparut dans des circonstances mystérieuses. Le visage du rouquin s'éclaira puis il étira ses lèvres en un demi-sourire. Elle ne s'était pas méfié, n'avait pas vu la baguette pointée sur elle jusqu'à ce qu'une lumière bleue en jaillisse.
Puis ce fut le trou noir.
