Bonsoir !
Ça va bien ? Merci vous pour toutes vos reviews sur le dernier chapitre de cette histoire. Vous avez eu de si gentils mots à mon égard et pour cette histoire. J'ai envie de vous faire des câlins. J'espère que vous serez de la partie pour les OS bonus qui arrivent et sur la prochaine fiction longue :)
Le blabla ne sera pas long ce soir, je vous laisse avec l'épilogue. On met un deuxième point final à l'histoire ce soir.
Réponses aux reviews anonymes :
Pamplelune : J'avais promis un happy end, j'ai tenu parole ! :) J'ai volontairement choisi de ne pas l'appeler Scorpius, pour laisser ce prénom au canon. Je voulais quelque chose de plus "neutre". Je suis contente que tu valides le parti pris. Concernant la couleur de ses yeux, la réponse est plus bas ;)
MZabiniMalefoy : Merci, je suis contente que le prénom te plaise. Je l'aime beaucoup aussi. Merci aussi pour tes gentils mots. Pour ce qui est de la publication de la prochaine histoire, je ne sais pas encore exactement mais en tout cas, pas avant la fin de la publication des OS bonus.
Aventure : Merci à toi ! J'espère que les derniers petits moments te plairont :)
Merci à Lyra Muushya pour sa relecture.
Épilogue : Et si on parlait d'amour ? Avec des mot doux qui nous font du bien (Emmanuel Moire)
Avez-vous côtoyé le bonheur de suffisamment près pour pouvoir en décrire les sensations exactes, au détail près ? Hermione vous dirait oui, puisque c'est ce qu'elle vit depuis plusieurs années maintenant.
En ce 31 juillet, tout le monde était réuni au Terrier pour fêter l'anniversaire d'Harry. Tous les Weasley étaient là, avec femmes et enfants, ainsi que des collègues de travail de Harry dont il était proche. Autant dire qu'Arthur Weasley, qui avaient installé des tentes à l'extérieur pour pouvoir accueillir tout le monde, aurait dû en prévoir une de plus pour éviter d'être si à l'étroit.
En jetant un regard en bout de table, là où ils devraient être installés, Hermione se demanda où étaient passés ses enfants. À la place il y avait deux chaises vides.
« Où sont tes enfants ? » demanda-t-elle à Drago, assis à sa droite.
« Il paraît que ce sont aussi les tiens. Enfin pour Maïa j'en suis sûr, Hélios il y a matière à douter. »
Elle regarda Drago d'un air blasé. Il avait beau avoir quarante-cinq ans, il était toujours aussi condescendant et Hermione n'avait pas le droit à un traitement de faveur.
« Je suis sérieuse. Tout le monde est à table, il ne manque qu'eux. »
« Ils doivent être en train de voler. »
« Tous les deux ? »
Il haussa les épaules.
« Probablement. Maïa voulait voler derrière son frère. »
Hermione sentit alors une grande inquiétude s'emparer d'elle. Maïa était encore trop petite pour voler ! Si son frère l'avait entraînée dans ses bêtises, il allait entendre parler du pays. Hélios était une copie conforme de son père. Des cheveux si blonds qu'ils en seraient presque blancs, tirés en arrière avec moins de gel que pouvait ne le faire Drago. Les mêmes yeux gris que son père, avec la même lueur impétueuse. Niveau caractère, il s'agissait d'un parfait mélange d'Hermione et de Drago. Il avait l'assurance, la fierté et la ruse de son père, mais le courage et l'intelligence réfléchie de sa mère. Il avait leur ambition et leur détermination. Le parfait Serpentard, au final, pour le plus grand plaisir de son père.
Hermione quitta la tente et leva aussitôt la tête pour aviser le ciel. Hélios ne volait pas haut, Maïa était installée derrière lui, cramponnée à la taille de son frère comme à une bouée de sauvetage mais avec un sourire ravi. Derrière eux, se trouvaient, chacune sur un balai, Rose - la fille de Ron et Lavande - ainsi que Lily.
« Hélios, Rose, Lily, descendez ! On passe à table. »
Hélios piqua brusquement vers le sol, faisant hurler sa sœur de peur. Maïa sauta du balai et frappa son frère à l'épaule.
« T'es fou Hélios ! »
« Ça va la naine, tu es en un seul morceau, non ? C'est tout ce qui compte. »
« Arrête de m'appeler la naine ! » pesta Maïa, les sourcils froncés.
« Et toi arrête d'avoir peur de tout. Je dis ça pour toi, sinon tu ne feras pas long feu à Poudlard. »
Les trois plus grands rejoignirent la tente en rigolant alors que Maïa se tournait vers Hermione, la lèvre inférieure tremblante.
« Qu'est-ce qu'il sous-entend, maman ? »
« Rien, mon ange. Rien de méchant en tout cas. » la rassura-t-elle. « Ton frère est juste taquin. Tu te sentiras comme chez toi à Poudlard, j'en suis persuadée. »
Hermione savait très bien que Maïa était terriblement inquiète à l'idée de faire sa rentrée à Poudlard. Lorsqu'elle avait reçu sa lettre, elle était passée de l'excitation à l'angoisse en moins d'une seconde. Drago et Hermione avaient mis presque une semaine avant de la rassurer complètement.
Hermione regarda sa fille rejoindre la tente en souriant. Maïa avait les mêmes cheveux qu'elle lorsqu'elle avait son âge, c'est-à-dire incontestablement bouclés, bruns et volumineux. Elle avait les mêmes yeux que son frère, et que son père par conséquent, d'un gris perle très doux, mais contrairement à eux ils ne viraient jamais au gris orageux. Hermione et Drago avaient choisi son prénom d'un commun accord. Comme pour Hélios, ils avaient suivi la tradition familiale de Drago. Maïa étant la quatrième étoile le plus brillante de l'amas des Pléiades.
Hermione revint à table, s'installa à côté de Drago et profita du repas préparé avec amour par Molly. Son regard se posa tour à tour sur tout le monde autour de cette table et elle constata à quel point elle était heureuse, et chanceuse, d'avoir toutes ces personnes dans sa vie. Harry et Ginny, ainsi que James, Albus, Lily et Teddy qui étaient devenus de jeunes adultes maintenant. Ron et Lavande ainsi que leur petite Rose avec qui Hélios s'entendait à merveille. Neville et Hannah, même Luna Lovegood, Dean Thomas et Seamus Finnigan étaient là. Et puis tous les Weasley, leurs femmes, leurs enfants qu'elle aimait énormément, presque autant que les siens. Son bonheur était là, sous cette tente.
Une fois le dessert avalé, chacun vaqua à diverses occupations et Hermione se joignit à Ginny, Luna, Hannah, Fleur, Pénélope et Angelina qui buvaient le thé à un bout inoccupé de la table. Elle écoutait distraitement Luna parler de sa lune de miel avec Rolf Dragonneau mais la voix de Ginny lui signifia que la conversation à ce sujet était terminée.
« 'Mione … 'Mione ! » répéta-t-elle.
« Hum ? Pardon, j'étais distraite. Je me suis laissée embarquer par ton histoire, Luna. Ça devait être si romantique. »
« Ça l'était. » confirma la blonde. « Si vous voulez partir en Inde un jour, je vous donnerai le nom d'un ami de Rolf, il vous accueillera. »
« Et pour vous, Hermione, c'est pour quand la lune de miel ? »
Hermione eut un petit rire.
« Partir en lune de miel reviendrait à dire que nous sommes mariés et jusqu'à preuve du contraire, nous ne le sommes pas. »
« C'est quand même dingue ça. » dit Ginny. « Ça va faire plus de quinze ans que vous êtes ensemble et il n'est pas foutu de te demander en mariage. »
Hermione haussa les épaules avec nonchalance, la même que Drago quand il se fiche de ce qu'on lui raconte. Est-ce qu'elle avait vraiment envie que Drago lui demande de devenir madame Malefoy ? Merlin, oui. Parce que depuis toute petite elle s'imaginait le plus beau jour de sa vie, du tissu de sa robe au plan de table et de la décoration du lieu à la couleur des fleurs de son bouquet. Mais au final, sa vie lui convenait comme cela. Drago et elle partageaient un amour incommensurable, ils avaient deux enfants merveilleux qui ne rechignaient jamais - enfin, Hélios, parfois, quand les choses n'allaient pas dans son sens, il tenait ça de son père - et elle n'avait pas besoin d'un anneau à son doigt pour savoir qu'elle aimait Drago du plus profond de son âme. Et que l'inverse était tout aussi vrai.
« Vous savez comme moi que Drago déteste qu'on lui dise ce qu'il doit faire et qu'on pense à sa place. Donc plus on lui répètera qu'il faut qu'on se marie, moins il s'activera pour le faire. » répondit-elle.
« Lui et son caractère de cochon ! » lança Pénélope.
« Un Malefoy par excellence, qui ne pense que par lui-même. » confirma Hermione.
« Mais tu n'en as pas envie ? » demanda Fleur d'une voix douce.
Elle haussa à nouveau les épaules. Décidément, il déteignait sur elle.
« Oui et non. Oui je rêve du mariage mais ma vie actuelle me convient parfaitement. Je ne serai pas plus heureuse avec un parchemin signé de nous deux disant que je m'appelle maintenant Malefoy et plus Granger. C'est juste formel, de la paperasse. »
« Vos enfants ont le nom de leur père, vous serez une vraie famille. » insista Pénélope.
Hermione, elle, leva les yeux au ciel à sa remarque. Elle avait mis de l'eau dans son vin avec Lavande, surtout parce que Rose et Hélios étaient très proches, mais avec Pénélope elle n'y arrivait pas. Avec ses airs de diva et ses idées arriérées, elle l'exaspérait.
« Nous sommes déjà une vraie famille, Pénélope. Si tu en doutes, regarde les yeux d'Hélios, la crinière de lionne de Maïa et tu en auras la confirmation. Ce n'est pas la formalité du mariage qui nous fera sentir plus une famille que nous ne le sommes déjà. »
Elle marmonna quelque chose qu'Hermione n'entendit pas et tant mieux, elle n'avait pas envie de poursuivre le débat avec elle.
« Enfin bref. » reprit-elle. « Lucius Malefoy sera sorti de prison que je n'en serai toujours pas une, de Malefoy. »
Toutes les filles se mirent à rire. Le fou rire fut pourtant coupé une demi-seconde par Hannah :
« Mais … Le père de Drago n'a pas pris la prison à vie ? »
« Si, justement, c'est dire à quel point je sais que ça n'arrivera jamais. »
Leurs rires redoublèrent. Qu'est-ce que ça pouvait faire du bien de partager des moments comme ceux-là. Hermione tourna alors la tête vers l'extérieur de la tente et croisa, au loin, le regard de Drago qui lui fit un signe de la main, pour lui montrer qu'il rejoignait les autres hommes près de l'étang.
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Drago n'en avait absolument aucune envie mais George Weasley avait insisté pour qu'il se joigne à eux pour une partie de pêche dans l'étang en marge de la maison. La pêche. C'était bien une activité de Weasley ça. Ils ne pouvaient pas s'essayer à quelque chose de plus noble, la chasse ou bien le golf, par exemple ? Il soupira alors et, après avoir signifié à Hermione qu'il s'éclipsait, les rejoignit.
Tout le monde était assis au bord du lac, les uns à côté des autres avec une dominance de rouquins. Il s'y était fait, parce qu'ils étaient vraiment gentils malgré tout, mais il n'empêchait qu'ils étaient roux et pauvres. Heureusement qu'Hermione ne lisait pas encore dans ses pensées sinon elle l'aurait déjà renvoyé chez sa mère pour avoir osé penser ça.
« Alors, ça mord ? » lança-t-il à Harry en lui mettant un léger coup de genou dans l'épaule.
« Tu parles. Il doit y avoir trois truites dans cet étang et les Weasley ont tellement l'habitude de pêcher dedans qu'ils les attrapent à coup sûr les premiers. Moi je suis là, et j'attends. »
Drago émit un petit rire narquois. Il avait l'impression que Potter n'aimait pas plus la pêche que lui.
« Potter, Weasley, je peux vous parler cinq minutes ? »
Oui, il avait fait des efforts en quinze ans et il n'appelait plus Weasley « la belette. » Cet excès de gentillesse le perdrait, il en était sûr.
Ils acquiescèrent et ils s'éloignèrent tous les trois du groupe. Ils rejoignirent la berge opposée et Drago s'assit sur le petit ponton qui s'avançait sur l'étang. Ses pieds ballotant dans le vide, il avisa les deux meilleurs amis d'Hermione assis à ses côtés.
Avant de se lancer, il ne put s'empêcher de regarder les enfants qui jouaient non loin d'eux. Hélios faisait tourner en bourrique tout le monde, aidé par Albus qui, pourtant, avait presque vingt ans.
« Les chiens ne font pas des chats. » commenta Harry qui regardait la même chose que lui.
« Tu peux parler. Ton fils n'est pas le dernier pour taquiner les autres. »
« C'est ce que je te dis. Hélios est un pur produit Serpentard, comme toi, et Albus a pris mon côté Serpentard. »
« Comment ça ? » demanda Drago, intrigué.
« C'est moi qui ai décidé d'aller à Gryffondor. » répondit-il sur le ton de l'évidence. « Si je n'avais pas donné mon avis, le Choixpeau m'aurait envoyé à Serpentard, c'était sa première idée. »
Drago resta silencieux un moment. Alors comme ça Potter avait failli être des leurs ? Il essaya de s'imaginer rapidement la tournure qu'auraient pris les événements s'il avait été un vert et argent et secoua finalement la tête. Tout aurait été tellement différent. Il regarda Weasley qui n'avait pas l'air choqué outre mesure et il sentit poindre la remarque bien sentie, qu'il ne put s'empêcher de faire.
« Toi, t'es chapeauflou avec Poufsouffle, non ? Ce petit côté niais là, ça fait très Poufsouffle. »
« Je t'emmerde, Malefoy. »
« Oh ça je le sais bien, ça fait plus de trente-cinq ans qu'on s'emmerde mutuellement. »
Sa propre remarque lui fila aussitôt le cafard. Merde, il avait quarante-cinq ans. Bon, quand il se regardait dans le miroir il ne sentait pas le poids des années. Sa carrure était toujours la même, dans une éternelle finesse. Ses cheveux étaient toujours aussi blonds - les quelques cheveux blancs qu'il avait ne se voyaient donc pas -, ses yeux toujours aussi gris et ce qui trahissait son âge c'étaient seulement des rides aux coins des yeux et sur le front. Par chance, il n'avait pas hérité de l'implantation de cheveux de son père et il ne se dégarnissait pas. Mais bon, il s'était fait au temps qui passe. Ça lui donnait le bourdon mais quand il voyait ses enfants grandir et son Hermione toujours aussi belle que quand elle avait quinze ans, ça allait mieux.
« Hermione est chapeauflou par contre. Avec Serdaigle. » reprit Potter.
« Tiens, pourquoi ça ne m'étonne pas ça ? »
« Elle ne te l'avait jamais dit ? »
« Non, probablement parce qu'elle savait que j'allais me moquer d'elle et l'affubler d'un surnom très inventif style Miss-je-sais-tout ou Miss-toujours-la-main-levée. Mais maintenant que tu me le dis, j'imagine que Maïa ira à Serdaigle. Elle aurait le profil d'une Gryffondor mais c'est une trouillarde comme Merlin n'en fait plus et elle est encore plus studieuse que ne pouvait l'être sa mère. »
« Si ta fille t'entendait dire ça … »
« C'est seulement la vérité, Potter. Comme tu dis, les chiens ne font pas des chats. Elle n'a pas hérité du courage de sa mère mais du mien. »
Il entendit Weasley s'esclaffer à côté de lui et, honnêtement, il ne put pas lui reprocher.
« Bon, pourquoi tu nous as fait venir ? » s'enquit le roux. « Certainement pas pour nous parler de tes enfants. »
« Je pourrais parler d'eux pendant des heures, je suis intarissable à ce sujet. »
« Si je ne te connaissais pas si bien, je penserai que tu te défiles, Malefoy. » le provoqua Potter.
Ce qu'il pouvait l'agacer le petit pote Potter quand il s'y mettait.
« Ça va, ça va. Bon écoutez. Avant-hier j'ai rendu visite aux parents d'Hermione pour une demande un peu spéciale. En fait je … il fallait que je demande sa main à son père. »
Il sentit que Potter se retenait de rire mais Weasley, en revanche, n'eut pas la décence de le faire. Il s'esclaffa pour la deuxième fois et Drago fut obligé de sortir son regard gris comme un soir d'orage pour qu'il se taise.
« Ce que tu peux être vieux jeu ! » railla-t-il. « Tu as demandé sa main à son père, non mais qui fait ça encore à notre époque ? »
« Moi. » répondit-il. « Parce que j'ai été élevé selon certaines traditions et certaines règles d'éducation. Je n'épouserai Hermione que si j'ai le consentement de son père. »
« Et tu l'as eu ? » demanda Harry.
« J'ai bataillé sévère. Mais grâce à la force de persuasion de sa femme et à quelques regards de chien battu de la part de Maïa, j'ai réussi. »
Oui, alors pour tout avouer, Drago n'avait pas réussi à faire face à cela seul parce que Charles Granger le détestait du plus profond de son être. En fait, après la naissance d'Hélios, Drago avait tanné Hermione pendant des semaines avant qu'elle ne se décide à aller voir ses parents. Autant dire que ces derniers, déjà qu'ils étaient toujours en colère à cause du sortilège d'amnésie, n'avaient pas été ravis d'apprendre que leur fille unique leur avait caché tout ça, de son histoire avec Drago en passant par l'enseignement à Poudlard jusqu'à sa grossesse. Le chemin jusqu'au pardon avait été difficile mais Charles et Jean Granger avaient fini par comprendre que ce qu'Hermione avait fait avant la guerre, elle l'avait fait pour les protéger et les préserver. Pour le reste, il avait fallu attendre jusqu'à l'annonce de sa deuxième grossesse pour qu'ils fassent définitivement table rase du passé. Ils avaient peur de passer encore à côté de beaucoup de choses.
Mais cela-dit, si Jean appréciait Drago, ce n'était pas du tout le cas de Charles qui voyait encore en lui un « petit con d'adolescent prétentieux ». Il avait beau essayer de se racheter, d'être le gendre idéal, ça ne passait pas. Quand ils leur rendaient visite, il faisait bonne figure devant les enfants mais Drago sentait que ça lui coûtait.
Donc lorsqu'il était allé demander la main d'Hermione, il avait pris Hélios et Maïa avec lui, espérant que cela jouerait en sa faveur. Cette saleté d'Hélios l'avait laissé se débrouiller seul, le regardant patauger dans une marée d'arguments avec un sourire suffisant, sans lui apporter la moindre aide. Parfois, il regrettait qu'il soit si Serpentard. Mais, heureusement, Maïa avait eu pitié de son pauvre père et l'avait grandement aidé, surtout quand elle avait dit qu'elle serait la plus heureuse que sa maman porte enfin le même nom de famille qu'elle. Charles avait donc capitulé et il était reparti le cœur léger.
« Pourquoi tu nous mets dans la confidence ? » questionna Harry.
« Parce que vous êtes ses meilleurs amis et que vous êtes en droit de savoir. »
« Tu vas lui demander quand ? » ajouta Ron.
« Tout à l'heure. Je ne suis pas un sentimental à deux mornilles et je sais qu'elle détesterait être au centre de l'attention. »
Drago n'était pas très fleur bleue et Hermione non plus. Déjà, il était persuadé qu'elle ne s'attendait pas à être demandée en mariage aujourd'hui. Et puis la connaissant, elle aimerait qu'ils partagent cela ensemble. Et pour ça, il avait une petite idée.
« En fait, j'ai besoin de vous. »
« Ah ! Nous y voilà. C'était louche que tu nous convoques seulement pour nous faire passer l'info. »
Il jeta un énième regard noir à Weasley et réfréna cette envie de le pousser dans l'eau.
« Hélios et Maïa sont au courant. Il faudrait que vous nous les gardiez au moins jusqu'à demain, parce que je compte faire ma demande un peu loin d'ici. Non, Potter, tu ne sauras pas les détails. »
Le brun baissa la tête, un peu défaitiste, avant de le regarder.
« On peut prendre Maïa. Ron, tu prends Hélios ? Rose en sera ravie. »
« On fait ça. » accepta Weasley dans un hochement de tête.
Il sourit. En fait, il les aimait bien ces gars-là. Oh, bien sûr, il ne l'avouerait jamais à voix haute, ils n'en seraient que trop fier, mais c'était la vérité. Il pourrait leur trouver tous les défauts du monde, leur amitié et leur loyauté envers Hermione dépassait tout le reste. Elle avait besoin d'eux et réciproquement alors même s'il le voulait, il ne pourrait pas les éloigner d'elle.
Drago tendit ses bras sur les côtés et les laissa reposer sur les épaules de ses voisins qui, apparemment, trouvaient la situation étrange autant que gênante.
« Désolé les gars, mais je vais vous voler votre copine pour de bon. Dans très peu de temps elle sera Hermione Malefoy. »
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La discussion sous la tente avait dérivé sur un sujet qui n'intéressait pas vraiment Hermione du coup, elle s'ennuyait un peu. Ginny qui, apparemment, s'embêtait autant qu'elle, la suivit dehors et poussa un petit soupir de soulagement.
« 'Mione, rappelle-moi de ne pas inviter Percy et Pénélope à la prochaine fête de famille. Qu'est-ce qu'elle est barbante ! J'ai l'impression que ça empire avec l'âge. »
Hermione pouffa de rire. Ginny appréciait Pénélope au moins autant qu'elle.
« Tu l'as entendue avec son refrain sur le mariage ? » dit Hermione. « À croire qu'une bague au doigt change ta vie du tout au tout. »
Ginny ne relança pas. Hermione savait que son amie aurait aimé qu'elle se marie et principalement parce qu'elle lui avait promis qu'elle serait son témoin.
Dans la seconde qui suivit, elles virent Maïa courir vers elle et s'accrocher à la taille d'Hermione, cachant sa tête contre son ventre.
« Chérie ? Qu'est-ce qu'il se passe ? »
« C'est Hélios et Albus. Ils se moquent de moi. »
Hermione sentit l'émotion poindre dans sa voix. Sa petite fille était décidément beaucoup trop émotive. Elle s'accroupit à sa hauteur et lui releva son visage.
« Ton frère a quinze ans, c'est ce qu'on appelle l'âge bête. Il se moque de tout et de tout le monde et se montre parfois très immature. Mais ça lui passera et tu sais qu'au fond, il t'aime très fort. »
« Je n'y crois pas à ça. Il dit que je vais aller à Poufsouffle avec les nuls. »
« Teddy était à Poufsouffle, et est-ce que tu le trouves nul ? »
Elle secoua immédiatement la tête alors qu'un sourire se dessinait petit à petit sur son visage. Teddy, l'argument choc. Elle savait que Maïa l'adorait et le prendre comme exemple était gagné d'avance.
« Quand bien même tu irais à Poufsouffle, ils gagneraient une brillante élève. »
Elle l'embrassa sur le front et son chagrin sembla s'évaporer. Elle fit un petit sourire à Ginny et embrassa sa mère sur la joue avant de retourner jouer.
« Tu penses qu'elle ira à Poufsouffle ? » demanda Ginny.
« Drago et moi avons parié sur Serdaigle, elle correspond beaucoup plus à la philosophie de cette maison. »
Leur conversation fut rapidement interrompue par Drago, qui n'avait pas perdu son habitude de n'en avoir rien à faire d'arriver au mauvais moment et de couper la parole aux gens.
« On y va, 'Mione ? »
L'intéressée fronça les sourcils à sa demande. Déjà ? Tout le monde était encore là, les enfants jouaient et elle venait tout juste de terminer son thé qu'il voulait déjà partir. Elle savait qu'il n'appréciait que moyennement le Terrier, il se sentait - selon ses dires - très à l'étroit dans si peu de confort.
« Pourquoi veux-tu partir ? Les enfants s'amusent. »
« C'est pour ça qu'ils restent ici. Weasley garde Hélios et Potter garde Maïa pour la nuit. Nous, on s'en va. »
Elle échangea un regard interloqué avec Ginny qui n'avait pas l'air au courant de ce que Drago manigançait. Elle haussa les épaules avec une moue étonnée et Hermione, elle, regarda Drago.
« Non ... Tu ne m'as pas prévenue, tu sais que je n'aime pas laisser les enfants comme cela. »
« Eux ils sont au courant et ils sont ravis de découcher. 'Mione, fais-moi confiance. »
Drago lui tendit sa main avec assurance et s'accrocha à son regard. Le traître ! Il savait qu'elle lui donnerait le bon Dieu sans confession lorsqu'il la transperçait de ses yeux gris comme cela. Ils avaient beau avoir quarante-cinq ans, ils n'avaient jamais cessé de jouer avec les points faibles de l'autre. Hermione ne répondait plus de rien quand il la regardait ainsi dans les yeux comme si elle était la huitième merveille du monde et lui, il n'était plus maître de ses émotions lorsqu'elle touchait à ses cheveux.
Elle décida alors de se jeter dans la gueule du serpent et de lui faire confiance. Après tout, elle n'avait rien à perdre.
« Bon … Alors on y va. »
Elle se tourna vers Ginny.
« Merci pour cette journée Gin', c'était super. »
Elle la serra dans ses bras et elle resserra l'étreinte.
« Si on ne se revoit pas d'ici la rentrée, tu m'écriras pour me dire comment s'est passée la rentrée de Maïa ? »
« Evidemment ! Mais j'espère qu'on se verra d'ici le mois de septembre quand même. »
« Tu ne sais pas. » chuchota-t-elle. « Peut-être que Drago prévoit de te kidnapper durant un mois. »
Elle rit. Ses enfants lui manqueraient beaucoup mais, en y pensant, elle pourrait considérer la proposition de passer un mois loin de tout avec l'homme qu'elle aimait.
Elle demanda à Drago de lui laisser le temps de dire au revoir à tout le monde, ce qu'elle fit rapidement avant de le rejoindre. Ils transplanèrent alors jusqu'au Ministère de la Magie où ils rejoignirent le terminal des portoloins. Là-bas, un couvercle de poubelle les attendait et elle regarda la destination qui l'accompagnait.
« New-York ? »
« New-York. » lui confirma-t-il avec un naturel déconcertant, comme si c'était normal.
Elle le regarda plus attentivement. Il avait les mains enfoncées dans ses poches et il ne quittait pas des yeux le portoloin. Il jouait avec quelque chose dans sa poche mais elle était incapable de voir de quoi il s'agissait. Oh il lui aurait suffi de plonger sa main dedans pour le savoir mais sa curiosité fut freinée par une voix annonçant le départ du portoloin. Elle posa sa main sur l'objet, il fit de même, et elle sentit son corps tourbillonner, lui créant un étourdissement quand ses pieds se posèrent quelques secondes plus tard dans le terminal des portoloins de New-York. Elle reconnut facilement les lieux pour y être allée quelques fois il y a des années.
« Tu continues à faire des cachotteries ou tu vas finalement me dire pourquoi nous sommes là ? » lui demanda-t-elle une fois qu'ils furent dehors. « Je ne suis pas stupide, tu sais. Nous n'avons pas pris d'affaires donc je suppose que nous ne restons pas longtemps, alors si c'est juste pour aller faire une bise à Pansy que tu m'as fait quitter précipitamment mes enfants et l'anniversaire de mon meilleur ami, tu vas entendre parler du pays, Drago Malefoy. En plus tu … »
Ses plaintes moururent finalement au bord de sa bouche quand il apposa délicatement ses lèvres sur les siennes, encerclant son visage de ses grandes mains. Hermione se détendit immédiatement sous son baiser. Il embrassait toujours aussi bien, l'âge n'ayant pas terni sa maîtrise du sujet.
Elle le regarda, le cerveau tout embrouillé par son geste et le bas-ventre tordu d'une douleur très plaisante. Après toutes ces années, il arrivait encore à la faire brûler de désir avec un seul baiser.
« Incorrigible bavarde. » la réprimanda-t-il. « Laisse-toi faire un peu, arrête de vouloir toujours tout savoir et tout contrôler. »
« Venant d'un maniaque du contrôle comme toi, je ne sais pas comment je dois le prendre. »
Drago rit et Hermione sourit. Son rire sonnait toujours aussi bon à ses oreilles.
« Cesse de te poser des questions. »
Drago prit sa main et l'entraîna dans une rue déserte pour qu'ils transplanent ensemble. Elle réprima un haut le cœur une fois à destination et profita d'être près de Drago pour s'enivrer de son parfum et calmer sa nausée. Elle leva la tête en sortant de la ruelle et reconnut immédiatement l'hôtel moldu proche de Central Park.
L'hôtel où tout avait commencé. L'hôtel où elle s'était laissée aller aux affres du plaisir avec Drago pour la première fois. L'immeuble n'avait pas changé. Il était toujours aussi luxueux, les portiers et les chauffeurs portaient les mêmes uniformes et le trottoir était toujours aussi passant.
« Tu es nostalgique, chéri ? »
« Alors tu as reconnu. »
« Comment oublier ? J'ai passé de merveilleuses nuits ici, avec toi, même si la première reste celle qui m'a le plus marqué. »
« C'était la première fois que tu goûtais à mon sex-appeal, c'est normal que cette nuit reste à jamais gravée dans ta mémoire. »
« Ce que tu peux être vaniteux quand tu t'y mets, ça ne s'arrange pas avec l'âge, j'ai même l'impression que ça empire. »
« N'est-ce que pas ce qui t'a séduit chez moi ? »
« Ta vanité ? Non, pas vraiment. »
« Tu aimes tout chez moi, ne t'amuse même pas à le nier. »
Il l'embrassa avant de lui prendre la main et de l'attirer à l'intérieur de l'hôtel. A quoi jouait-il ? Elle se surprit à sourire en imaginant qu'il aurait prévu une soirée romantique, en tête à tête dans ce somptueux hôtel, avec jacuzzi, champagne et qu'ils feraient l'amour toute la nuit avec cette vue splendide sur le coucher de soleil à Central Park.
La sonnerie de l'ascenseur la fit alors sortir de ses songes pourtant fort agréables et Drago l'attira à l'intérieur. La proximité de leurs corps dans cet espace restreint lui donna chaud tout à coup. Elle le sentit se rapprocher d'elle à la manière d'un prédateur sur sa proie et cette scène lui donna une étrange impression de déjà-vu. Comme si elle revivait sa propre vie, elle se revoyait là, plus de quinze ans en arrière, coincée entre la paroi de l'ascenseur et lui, haletante et peut-être un peu apeurée par son auto-suffisance. Elle revit ses yeux anthracites, ses lèvres roses, le haut de sa cage thoracique dévoilée par sa chemise un peu déboutonnée, ses cheveux en désordre. Elle papillonna des yeux et la revoilà à l'heure actuelle, en face des mêmes yeux, des mêmes lèvres, du même torse et d'une chemise d'une couleur différente.
Avec Drago à à peine quelques centimètres d'elle, elle vint loger ses mains dans sa nuque, le bout de ses doigts grattouillant son cuir chevelu. Elle aurait pu jurer l'entendre ronronner. Là était toute la différence par rapport à la première fois où ils s'étaient rapprochés dans cet ascenseur. Elle ne l'aurait pas touché d'elle-même à cette époque-là. Maintenant c'était différent. Il partageait sa vie depuis quinze ans et elle avait largement dépassé ce stade où elle était intimidée à la simple idée de poser sa main sur lui.
Dans un geste rapide, Drago appuya sur un bouton pour faire démarrer l'ascenseur.
« À quoi on joue, Dray ? »
« Tu n'aimes pas les jeux de rôles ? Tu joues Hermione Granger à trente ans, employée du Ministère de la Magie en stage au MACUSA et je joue Drago Malefoy, maître des potions, professeur et accessoirement un homme incroyablement sexy. »
« Hey ! » s'offusqua-t-elle, enfonçant légèrement ses ongles dans la fine peau de son cou. « Et moi alors, je n'étais pas incroyablement sexy ? »
Sa moue contrariée le fit rire. Il l'embrassa sur le bout du nez et resta aussi proche d'elle pour murmurer.
« Tu étais au-delà de ça. La femme la plus fabuleuse que Merlin ait mise sur ma route. »
Hermione sentit le rouge lui monter aux joues. Ses compliments lui faisaient toujours autant d'effet et son bas-ventre se tordit encore plus de plaisir.
« Et tu l'es toujours. » continua-t-il. « Je ne me lasse pas du pétillement dans ton regard, de tes joues roses, de tes cheveux constamment en pétard. Je ne me lasse même pas de ta ride du lion qui s'est définitivement installée sur ton visage tant tu te fais du souci pour nos enfants. »
Elle sentit son cœur faire une embardée dans sa poitrine. Drago n'avait jamais été du genre déclaration d'amour. La dernière fois qu'il lui en avait fait une comme ça, c'était aux quarante ans de Blaise et il était saoul comme un cochon.
« Qu'est-ce qui t'arrive ? » demanda-t-elle, la voix un peu chevrotante.
Elle le connaissait par cœur. Elle connaissait cette lueur qui venait de passer dans ses yeux. La même qu'Hélios quand il manigance quelque chose.
Sa seule réponse fut d'appuyer sur le bouton stop de l'ascenseur pour que celui-ci s'arrête net dans sa course. D'accord. Maintenant elle avait complètement l'impression d'avoir remonté le temps.
« Mon Hermione. » souffla-t-il tout en logeant une main dans sa nuque et en fourrant l'autre dans sa poche. « Il y a plus de quinze ans, dans cet ascenseur, je t'ai proposé un pari bidon, à base d'amusement et de non-engagement et il ne s'est pas passée une journée depuis sans que je remercie Merlin de m'avoir fait si joueur. Parce que si je ne t'avais pas proposé cela, tout aurait été différent. Je ne serai pas ici en train de te demander si tu accepterais d'abandonner ton nom de famille que je t'ai tant rabâché, pour prendre le mien. »
Hermione avait arrêté respirer au mot ascenseur, et ses croyances devinrent des certitudes quand elle le vit se mettre à genou devant elle, sortant de sa poche un écrin bordeaux. Elle suffoqua, plaquant ses mains sur sa bouche lorsqu'il ouvrit la boîte pour lui dévoiler une bague resplendissante, ornée d'un diamant dont la brillance se reflétait sur le miroir de l'ascenseur.
« Veux-tu m'épouser, et devenir officiellement une Malefoy ? »
Elle suffoquait encore, mais elle eut suffisamment de lucidité pour hocher la tête avec une vivacité folle pour lui articuler ces quelques mots.
« Oui … Oui, oui, oui et cent fois oui, mon amour. »
Hermione tendit une main tremblante et Drago passa l'anneau à son doigt.
Cet ascenseur, là où tout avait commencé, s'il pouvait parler, vous raconterait à quel point Hermione Granger était heureuse d'avoir accepté de devenir Hermione Malefoy.
Quitte à continuer dans le happy end ... Rappelez-vous, dans le chapitre 18, Drago avait dit à Hermione « Si un jour je te demande en mariage, Granger, attends-toi à ce que soit au-delà du romantisme. Un Malefoy ne fait jamais les choses à moitié. ». Il a tenu parole, non ? ;)
J'espère que ça vous a plu !
Allez, je suis d'humeur généreuse ce soir, je vais vous donner un indice sur le premier OS bonus. "My father will hear about this !"
C'est plutôt clair, non ? ;) Je vous laisse à vos spéculations en review !
Du love pour vous, à mercredi !
