SA DÉPENDANCE À LA LOTO

Note de l'auteur : léger sous-entendu de la Charlotte du chapitre « J'aime ses défauts #9 ». Vous comprendrez probablement sans l'avoir lu, mais pour ceux qui veulent bien faire les choses …

« Sirius, Remus! Entrez! Il y a de la bière dans la cuisine et de la bouffe dans le salon, servez-vous! »

« Merci de nous accueillir, James, c'est vraiment très apprécié. » fit Remus.

« Ça fait plaisir. Lily a plusieurs amies M… »

Une amie de Lily venait de passer devant eux, les dévisageant.

« Comment sont les amies de Lily, Potter? » demanda-t-elle.

« Magnifique. » dit-il rapidement.

Elle renifla sans grande distinction et s'approcha de lui.

« Écoute-moi bien, Potter. Si tu t'avises de t'éclipser discrètement dans les toilettes avec n'importe laquelle des amies de Lily, mon rôle de demoiselle d'honneur va me forcer à te castrer personnellement. Et aucun de nous deux ne veut qu'une telle chose arrive, crois-moi. »

« Tout à fait, Jane. »

« C'est Suzie. »

« Sirius! Remus! »

Lily sortait de la cuisine, un plateau rempli d'hors-d'œuvre dans les mains.

« Je suis super contente que vous soyez venus! » dit-elle en déposant l'assiette sur la petite table de l'entrée. « Suzie, tu veux bien aller porter les bouchées aux invités s'il te plait? »

Suzie jeta un dernier regard menaçant à James et partit au salon. Lily en profita pour serrer Remus dans ses bras, puis Sirius. Celui-ci lui tendit une bouteille de Whisky Pur Feu.

« Je ne pensais pas que tu aurais des amies moldues, sinon je t'aurais apporté quelque chose d'autre… »

« Oh non, le Whisky Pur Feu est parfait, merci. James va probablement en avoir besoin d'ici la fin de la soirée de toute façon. » le remercia-t-elle en souriant.

« Dis, Lily, cette Suzie est-elle célibataire? » demanda Sirius.

« Oui, pourquoi? »

« Ne nous cherche pas si nous disparaissons à l'étage de votre nouvelle et sublime demeure durant la soirée. » rétorqua-t-il en souriant.

« Ne me dis pas que tu commences à donner dans toutes ces histoires de dominations? » questionna Remus.

« Oh, non. Ce sera seulement un plaisir de lui montrer qui dirige si elle veut monter au septième ciel. »

« Ne parle pas de mes amies comme ça! » le prévint Lily.

Sirius sourit et lui embrassa doucement la joue.

« Promis, Lils. »

Et les deux nouveaux arrivants disparurent dans le salon. James en profita pour prendre Lily dans ses bras et l'embrasser longuement.

« Tu sais qu'elle t'a menacée? » demanda James.

Lily leva un sourcil dans les airs.

« Suzie m'a menacée? »

« Oui. Elle m'a menacé de me castrer, et donc de te priver de ce que je m'apprête à te faire ici et maintenant… »

« James! On a des invités! » fit Lily en riant alors qu'il lui embrassait le cou.

« Et alors? Tu préfèrerais qu'on le fasse devant eux? Je ne pensais pas que tu étais ce genre de personne, Lily Evans… »

« Crétin. » murmura-t-elle en lui embrassant le bout du nez.

James sourit et allait l'embrasser de nouveau lorsqu'on sonna à la porte. Lily soupira et alla ouvrir. Il soupira en voyant Charlotte.

« Charlotte! Comment vas-tu? » demanda Lily en lui embrassant les joues.

« Bien. Sirius est-il ici? »

« Il vient d'arriver. »

Charlotte hocha la tête et lui sourit. Elle lui tendit un papier.

« C'est la loterie nationale. Le tirage se fait ce soir. Ils font tirer des autos, des croisières, une maison et un million de livres sterling. Un million, tu te rends comptes? »

James cacha tant bien que mal son ennui en entendant la voix de la jeune fille monter d'une octave. Ils avaient déjà une auto, Lily avait le mal de mer, ils venaient d'emménager dans une nouvelle maison et, en tant que nouvel Auror d'élite, il faisait bien plus d'un million par année, sans compter toute la fortune que ses parents lui avaient laissé à Gringott.

Lily, elle, se contenta de sourire et de la remercier. Charlotte disparut au salon et Lily sourit à James.

« C'était gentil de sa part. Ces billets coûtent beaucoup plus chers que les billets émis durant l'année. Et les prix sont vraiment superbes. »

James sourit. Il l'adorait vraiment. Il ne pourrait jamais se passer de ce regard empli de bonté.

Quelques heures plus tard, il se trouvait dans le salon, sur le sofa, Lily sur les genoux, à parler avec Remus.

« Alors, ton nouvel appart? » demanda-t-il.

« Et bien, celui-là n'a pas de rat, c'est déjà ça. Et le toit coule seulement dans la cuisine. »

Lily soupira.

« Remus, tu devrais vraiment… »

« Non, Lily. Toi et James venez d'emménager dans votre nouvelle maison. Vous allez bientôt avoir un gamin. Je ne veux pas m'imposer dans votre chambre d'amis. »

« Tu ne t'imposerais pas, Remus. On veut seulement savoir que tu vas bien… »

« Je vais bien, merci. Vraiment, ça a l'air pire que ce l'est en réalité. Ne vous inquiétez pas pour moi. Et puis, avec le coût du loyer, je pourrai probablement mettre assez d'argent de côté pour acheter un balai miniature à James Junior quand il va pointer le bout de son nez. »

« Je t'interdis de lui acheter un balai miniature! » fit Lily.

Elle avait murmuré cela en regardant autour d'elle pour être sûre qu'aucune de ses amies ne l'entende, mais le ton menaçant était très clair.

« Parce que c'est moi qui va le lui acheter. » ajouta James sur le ton de la confidence.

Remus sourit alors que Lily lui donnait un petit coup sur l'épaule.

Au même moment, Charlotte commença à crier d'une voix très aiguë.

« Ils vont faire tirer la maison! »

James soupira. Ça devait faire quatre fois qu'ils faisaient tirer quelque chose à la loto depuis le début de la soirée, et à chaque fois, Charlotte se détruisait les cordes vocales pour rien.

« Alors, peuple de la Grande-Bretagne, pour la maison de rêve, entièrement meublée, dans la City, les numéros gagnants sont le 1… »

« TU L'AS! »

« … 4… »

« LILY! »

« … 12… »

« AHHHH! »

« … et le 47! Félicitations au nouveau propriétaire de la maison de rêve! Et maintenant, nous repartons en musique avec Supertramp! »

Charlotte sautait un peu partout. Toutes les amies de Lily se retrouvèrent agglutinées autour d'eux et James jeta un coup d'œil rapide à Remus, qui leur souriait sincèrement. Il vit les lèvres du jeune homme s'étirer en un silencieux « félicitations », puis s'efforça à sourire lorsque les amies de Lily se mirent à sauter sur place en hurlant. Il échangea un regard avec Lily, et quand elle se pencha vers lui pour l'embrasser et qu'il sentit son épouse mettre une main dans la poche de son jean, il sut ce qu'il devait faire.

« Et bien, mesdemoiselles, que diriez-vous d'un peu de champagne pour célébrer ceci? »

« OUI! »

« Remus, tu veux bien m'aider? »

« Avec plaisir. »

Ils se dirigèrent vers la cuisine.

« Où est ton champagne? » demanda Remus.

« Dans le réfrigérateur. Lily dit que c'est là que les Moldus le mettent. »

« Effectivement. C'est pour le garder au froid. »

« Je sais. Je voulais seulement lui jeter un sortilège de réfrigération, mais Lily a refusé. Mais c'est ridicule, parce que le réfrigérateur est lui-même sous l'effet de ce sort. »

« Vous voulez dire que vous avez un réfrigérateur moldu et qu'il n'est même pas branché? »

« Bran quoi? »

Remus soupira et se dirigea vers le réfrigérateur, d'où il sortit le champagne.

« Remus… À propos de la maison… Lily et moi sommes vraiment mal à l'aise. »

« Pourquoi? »

« On parlait de ton logement deux minutes avant et… »

« James, vous l'avez gagné, il n'y a rien de… »

« Mais on n'a pas besoin de deux maisons! Celle de Godric's Hollow est déjà suffisamment grande… »

« J'espère bien qu'elle est assez grande! James, vous avez cinq salles de bains et vous n'êtes que deux! »

« Nous voudrions que tu prennes la maison de Londres. »

Remus le dévisagea.

« Je n'ai pas besoin de ta charité. »

« Oh, crois-moi, Remus, c'est plutôt toi qui nous ferait la charité. On ne veut pas l'entretenir, et on a besoin d'un pied-à-terre quand on va à Londres. »

Remus roula les yeux.

« Vous en êtes certains? Vous n'en avez même pas encore discuté entre vous… »

« Crois-moi, on n'a pas besoin d'en discuter. »

« D'accord. Je vais la prendre. Mais je veux l'acheter. »

« D'accord. Une noise. »

« La ferme Potter. On ira à la banque demain. Je prendrai une hypothèque. Je paierai la vraie valeur de la maison. On se mettra d'accord sur le montant des remboursements mensuels. »

« Ce que tu peux être nul. Pourquoi voudrais-tu nous payer une noise sur plusieurs mois? »

Remus lui tira la langue. À ce moment, Lily entra dans la pièce.

« James t'en a parlé? » demanda-t-elle.

Remus sourit et hocha la tête.

« Il veut me la faire payer une noise. Je lui ai dit que j'allais payer la vraie valeur. »

Lily donna un coup de point sur l'épaule de James.

« Aïe! Mais… »

« Pourquoi veux-tu lui faire payer ne serait-ce qu'une noise? »

« Mais Lily… »

« Pas de mais Lily! On la lui donne, James. Ça veut dire qu'on ne lui demande rien du tout. »

« Lily, je serais vraiment très mal à l'aise… » commença Remus.

« Remus, on t'a déjà dit de ne jamais contrarier une femme enceinte? » demanda-t-elle.

Remus soupira.

« Merci, Lils. Vraiment. »

« De rien. En attendant, vous savez où est Sirius? Charlotte veut lui annoncer personnellement que j'ai gagné une maison. »

« Il a disparu tout juste avant le tirage... »

À ce moment, Charlotte entra dans la cuisine.

« Lily, Suzie n'est plus dans le salon, il faut le lui dire à elle aussi… »

Lily, James et Remus échangèrent un regard. Au même moment, des gémissements se firent entendre dans la salle de bain.

« Oh putain… Suzie… »

« Oh MON DIEU! SIRIUS! »

Puis, Lily se retrouva serrer si fort contre une Charlotte ne pleure que James décida d'intervenir, alors que Lily lui disait que le bébé ne risquait rien malgré la poigne de Charlotte, et Remus cogna discrètement à la porte de la salle de bain pour rappeler à ses occupants qu'ils étaient à une réception civilisée, et sous-entendre à Sirius que le sortilège de silence avait été inventé pour cette raison.

Vraiment, pensa James alors que Charlotte sortait de la maison en pleurant, il était plutôt content que Lily ne joue pas à la loto plus souvent.