Bonjour à toutes mesdames !
Nouveau chapitre, tout beau, tout chaud et rien que pour vous !
Comme chaque semaine un grand merci à mes bêtas de choc, Morgane et Maddy, ainsi qu'à vous les filles pour vos messages !
On se retrouve en bas pour les rar's
Attachez-vos ceintures et bonne lecture !
Fictionnement vôtre, VivinChlotte.
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If you wanna go and leave your man,
Si tu veux partir et quitter ton homme,
Go on, i'll understand.
Vas-y, j'comprendrai.
But then the night gets dark, all is still.
Mais ensuite la nuit devient noire, tout est immobile.
Pray for me, I know you will,
Prie pour moi, je sais que tu le feras,
Hard row to hoe all by yourself, (...)
Une bien lourde charge à porter pour toi seul, (...)
You got no friends darlin', to satisfy your soul, (...)
Tu n'as pas d'amis chérie, pour soulager ton âme.
And then the sidewalks ends, lights all red,
Et c'est la fin du trottoir, toutes les lumières sont rouge,
You say to yourself, you're better off dead.
Tu finis pas te dire que tu serais tout aussi bien mort.
The Black Keys, Hard Row ( Taduction approximative )
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Chapitre 25 : Serrer les rangs.
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13 Février 1998, Poudlard.
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C'était en voyant les premiers rescapés arriver par dizaine que Minerva, présente baguette à la main avec une coalition de professeurs, avait ordonné la levée du sort d'entrave sur le portail, permettant aux blessés de pénétrer dans l'enceinte protectrice de l'école pour y trouver soins et abri.
Environ cent cinquante personnes étaient arrivées saines et sauves au château.
Ceux-là avaient été les premiers à fuir et, en raison de leur manque de courage, ils avaient échappé au pire. Parmi eux, beaucoup d'habitants du village et la quasi-totalité des élèves mineurs, de la troisième à la sixième année au plus grand soulagement des professeurs. Puis pendant presque deux heures, plus personne, plus un bruit et surtout aucune nouvelle. Minerva avait envoyé Horace et Madame Bibine en renfort à l'infirmerie, tandis que Filius et Pomona restaient à ses côtés, regardant d'un mauvais œil la fumée noire qui s'élevait en contrebas dans la vallée. La Directrice adjointe avait voulu rejoindre le village mais les Aurors, tout juste arrivés du Ministère pour protéger le château d'une éventuelle attaque, l'en avaient empêchée.
Aux alentours de dix-sept heures quand la pénombre commença à tomber, Minerva fit apparaître une torche, qu'elle répliqua une cinquantaine de fois avant de les envoyer se planter à bonne distance du portail obscur, de part et d'autre du chemin menant à l'école.
-Jolie initiative, au moins comme ça, on verra ce qui arrivera sur nous, approuva un Auror qu'elle avait eu en classe quinze ans plus tôt.
-C'est une balise, Agent Johnson. Pour un ancien Serdaigle vous ne faites pas beaucoup marcher votre esprit de stratégie.
Il esquissa un sourire et reprit :
-Vous avez placé vos torches à l'endroit où le chemin amorce sa descente. Depuis le bas, c'est un phare dans la nuit pour guider les rescapés, mais s'il reste des ennemis...
-L'ennemi est parti depuis longtemps. Il n'y a pas plus lâches que les Mangemorts, Johnson, croyez-moi.
-Je sais Professeur et si j'avais voix au chapitre, en ce qui concerne la nomination du nouveau Directeur de Poudlard, je voudrais que ce soit vous. J'espère que le conseil ne fera pas l'erreur de nommer Slughorn... Chourave et Flitwick pourraient être de bons choix, mais vous étiez son bras droit et...
L'Auror s'arrêta subitement en voyant l'expression décomposée et incrédule de son ancien professeur. Il comprit alors son erreur, bafouillant pour se rattraper :
-Désolé Madame, vous… vous ne saviez… Je m'excuse de vous... que vous l'appreniez... comme ça... Euh…
-Où ? Quand ? Lui avait-elle soufflée hagarde en pressant une main tremblante et glacée contre son cœur douloureux.
-Des… des éclaireurs ont trouvé son corps en explorant la forêt à la recherche d'élèves ayant fui par l'arrière des Trois Balais…
Ses yeux la piquaient dangereusement, preuve que les larmes viendraient sous peu, alors pour contrer le disloquement interne qui la menaçait, elle lui avait coupé la parole, redevenant la dame de fer pragmatique :
-Combien d'élèves manquent encore à l'appel ?
-Encore une bonne quarantaine…
Des voix, résonnant plus bas dans la vallée, avaient alors attiré leur attention et l'Auror se détourna de son ancien professeur pour envoyer, d'un geste de la main, deux hommes voir ceux qui arrivait sur eux. Quelques minutes plus tard, une gerbe d'étincelles vertes éclaira le ciel déjà noir d'encre et l'Auror, comprenant le message, déploya les équipes médicales au-devant des blessés. Ceux qui arrivèrent en une file ininterrompue de brancards lévitant étaient les plus gravement touchés. Quelques Aurors et Langues-de-Plomb arrivèrent avec eux et repartirent en direction de la forêt dès qu'ils furent pris en charge par les agents médicaux qui descendaient en courant du château.
Parmi les blessés qui passèrent devant ses yeux larmoyants, Minerva reconnut bon nombre des Gryffondors de septième année dont elle avait fait l'appel le matin-même mais aussi des commerçants du village et des habitants qui semblaient s'être défendus avec acharnement. Le cœur de la Directrice adjointe se serra en voyant les blessures sanglantes et handicapantes mais rien ne fut pire que de voir défiler, devant elle, les vingt-deux brancards lévitant recouvert d'un drap blanc sous lequel reposaient les corps de ceux qui étaient tombés. Filius les quitta, conduisant l'Auror chargé des corps dans une des pièces du rez-de-chaussée qu'il faudrait réfrigérer en attendant les inspections légales des médicomages.
Un elfe était apparut non loin du portail gardé, alors que Pomona et elle échangeaient une bien triste accolade, l'informant que sa présence était requise dans le bureau du Directeur. Minerva fronça les sourcils et demanda :
-Qui me demande ?
-Je ne sais pas Professeur. C'est Miss Mindy, l'elfe en chef, qui a envoyé Puffy trouver le Professeur McGonagall. Puffy, lui, a simplement suivi les ordres.
Minerva avait donc laissé la garde du portail au Professeur Chourave, pour rejoindre à pas pressés la tour nord où la gargouille pivota silencieusement révélant l'escalier en colimaçon. En haut des marches, elle s'arrêta, prenant de longues secondes pour refaire son masque de froideur légendaire qui se fissurait. Elle laissa échapper quelques larmes qui soulagèrent un peu le poids qu'elle avait sur la poitrine.
Quand elle fut prête, elle poussa la porte de bois sombre, mais ne trouva qu'un bureau vide, plongé dans la pénombre des quelques flammèches brûlant encore dans le foyer. Elle raviva d'un coup de baguette le feu et s'avança prudemment de plusieurs pas dans la pièce silencieuse, scrutant les recoins sombres quand, derrière elle, résonna :
-Sur le bureau Minerva.
L'ancienne Gryffondor sursauta et pivota sur ses talons pointant sa baguette en direction des portraits ronflant. Seul Severus, bras croisés, la dévisageait de ses yeux, sombres et perçants, que le peintre avait parfaitement retranscrits. Silencieusement, elle s'approcha du massif bureau et y trouva un parchemin à son nom portant le sceau intact de Poudlard. Elle l'ouvrit le cœur battant et lâcha brusquement la missive quand de celle-ci s'éleva la voix d'outre-tombe d'Albus.
Il y parlait de Prophétie, de Gardiens, de Descendants, les nommant, transmettant son savoir à elle, son bras droit à qui il confiait la garde de Poudlard et à Kingsley, le Premier Ministre, à qui il donnait la Direction de l'Ordre, le dotant ainsi d'une force de frappe en cas d'urgence, s'il ne parvenait pas à rétablir sa main mise sur le Ministère.
Quand le parchemin se tut, le poids du regard que Severus lui lançait depuis son portrait la paralysa.
-Il aurait dû vous le dire de son vivant, cela aurait facilité bien des choses.
-Bien des choses, en effet, souffla-t-elle abasourdie en s'asseyant dans un fauteuil depuis lequel elle écouta, sidérée, son ancien collègue lui raconter des évènements dont elle ignorait tout, complétant avec efficacité le récit d'Albus, depuis Grindelwald jusqu'à la reconnaissance des trois Gardiens. Et quand il finit par se taire, Minerva murmura, amère, plus pour elle-même que pour le portrait :
-Albus le savait et il n'a rien dit… Comment-a-t-il pu nous laisser dans une telle situation ?
De longues secondes de silence passèrent avant qu'elle ne quitte brusquement son fauteuil, provoquant un froncement de sourcils du personnage peint qui la suivit des yeux alors qu'elle entamait une ronde sans fin qui semblait être l'apanage des Directeurs.
-J'ai vu Hermione Malfoy revenir blessée et inconsciente du Pré. Elle est gravement touchée Severus, sa vie pourrait être en jeu. Mais ni le jeune Potter ni Drago Malfoy n'étaient à l'appel de ce matin… Monsieur Malfoy, vu son poste angulaire chez eux et chez nous, était sans doute avec les Mangemorts au Pré…
-Non. Drago n'aurait jamais laissé sa femme, seule, dans un combat. D'une manière ou d'une autre, je parie qu'ils étaient ensemble. Il faut trouver ces deux crétins et les réunir physiquement tous les trois et ce à l'abri des regards, Minerva ! Si une part de leur âme venait à disparaître, alors nous serions condamnés. Il faut à tout prix qu'elle reste en vie.
Le regard bleu de Minerva se fit perçant et Severus sut qu'elle était pleinement de leur côté. Minerva, qu'elle le veuille ou non, prendrait la suite d'Albus. Il en était certain.
-Mindy ! Appela l'ancienne Gryffondor, causant l'apparition immédiate de la créature.
-Professeur ?
-Envoyez des elfes à la recherche d'Harry Potter et de Drago Malfoy. Commencez par la tour Gryffondor, les cachots, l'appartement des préfets… Et les vestiaires du stade. Trouvez-les au plus vite et prévenez-moi dès que c'est fait.
-Bien Professeur, s'inclina l'elfe en chef avant de disparaître.
-Que fait-on maintenant Severus ? Avait soufflé Minerva.
-On sauve ce qui peut encore l'être, lui répondit d'une voix morne le Serpentard.
-Alors je retourne au chevet des élèves, Pompom va avoir besoin d'aide.
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14 Février 1998, Poudlard.
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L'aurore pointait à peine à l'horizon quand Minerva se décida à quitter l'infirmerie sur les ordres de Pompom, pour prendre un peu de repos. Les élèves étaient entre de bonnes mains, la plupart des blessés étaient stables et la seule chose dont ils avaient besoin à cet instant c'était de repos.
Dans la nuit qui avait suivi l'attaque, Mindy avait trouvé Potter et Malfoy, inconscients mais physiquement indemnes, dans le salon de l'appartement préfectoral. L'un sur un canapé, l'autre au sol et, entre eux, un tas de parchemins noircis de l'écriture de la préfète-en-chef. Sous couvert de la cape d'invisibilité que Potter avait sans aucun doute utilisée pour gagner l'appartement des préfets et qu'il avait abandonnée sur la table, Minerva avait mené les deux corps inertes auprès de la Gryffondor inconsciente, qu'en prévision, l'écossaise avait installée dans le laboratoire de Pompom. Elle se rappelait comment après les avoir réunis, un bouclier violet pâle s'était érigé autour de leur corps, formant une bulle de protection qu'aucune main ni baguette ne put franchir.
-Il s'agit là d'une magie ancienne Minerva, avait murmuré Pompom dans le silence du laboratoire. Nous ne pouvons rien faire de plus pour eux mais il faudra un jour m'expliquer les dessous de cette affaire, avait rajouté l'infirmière intriguée par le phénomène.
Minerva avait simplement hoché la tête, pour s'éviter un mensonge que Pompom aurait de toute façon senti. Malgré toute son amitié pour elle, Minerva ne pouvait pas lui révéler les détails et Pompom le savait. Pour avoir côtoyé Albus durant trente ans, l'infirmière pressentait une histoire dont l'ancien Directeur avait le secret mais elle ne chercha pas à obtenir des réponses. Par les temps qui courraient, il était plus prudent de ne pas savoir.
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L'écossaise avait quitté les lieux peu après, refermant silencieusement la lourde porte de l'infirmerie pour rejoindre ses appartements de la tour Gryffondor, quand l'Auror Harris avait surgi devant elle dans les escaliers. Encore couvert de boue et blessé à la tempe, l'agent du Ministère l'avait alpaguée en la voyant arriver à sa rencontre :
-Où est Hermione Malfoy ? Lui avait-il demandé rudement causant un pincement de lèvres chez celle qui était la Directrice adjointe et qui se souvenait du très jeune homme à qui elle avait eu affaire bien des années plus tôt.
-A l'infirmerie, en quarantaine tant elle est instable, lui dit-elle en utilisant son ton professoral qui n'admettait normalement aucune réplique.
Cependant Gregg Harris ne se laissa pas si facilement impressionner :
-Ne laissez pas les médicomages de Sainte-Mangouste la transférer, même s'ils brandissent un papier officiel et surtout pas, si c'est estampillé du Département de la Justice.
-Pourquoi ? Avait-elle demandé en fronçant les sourcils.
L'Auror avait jeté de frénétiques coups d'œil dans toutes les directions avant de reprendre.
-Faites-le, c'est tout, ordonna-t-il sèchement avant de reprendre, en chuchotant pour elle seule :
-Surveillez-la, soignez-la, elle doit parler Professeur. Elle est vitale pour cette enquête... et n'importe qui peut entrer à Sainte-Mangouste, sans le moindre contrôle et, avec les derniers évènements, je doute qu'elle y soit en sécurité. Poudlard est un lieu bien différent et nous savons tous les deux que Madame Pomfresh sera bien plus apte à la soigner que les médicomages.
Convaincue par son discours bref mais bien argumenté, Minerva lui souffla :
-Elle est inconsciente à l'heure actuelle. Elle ne quittera pas Poudlard.
L'Auror s'était contenté de lui adresser un bref signe de tête avant de tourner les talons pour se rendre Merlin savait où, abandonnant Minerva, soulagée d'avoir détourné pour un temps l'Auror de l'infirmerie, au milieu des escaliers d'où elle rejoignit un passage secret qui épargnerait bien des marches à ses genoux rongés par l'arthrite.
Tandis qu'elle regagnait ses appartements, dont l'entrée se situait à quelques portraits de la Grosse Dame, l'Ecossaise maudissait intérieurement Albus pour sa fourbe légendaire qui aurait pu lui ouvrir les bras de la Maison de Serpentard si son courage ne l'avait pas supplantée. Parce que malgré toute sa bonne volonté et son sens du devoir typiquement gryffondorien, Minerva n'aimait pas les secrets et les semis-vérités dont Albus était friand et qui la laissaient dans l'incertitude.
Protéger les âmes était une évidence, mais comment empêcher les Aurors, et surtout Harris, de poser des questions pour lesquelles elle n'avait aucune réponse à donner ?
Minerva allait devoir jouer finement pour contrer Gregg Harris.
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Consigné dans sa salle commune pour la soirée, comme la totalité des autres élèves depuis l'attaque, Blaise était assis dans un des canapés en retrait de la pièce, non loin du hublot sur lequel le calamar géant s'amusait à cracher son encre visqueuse dans l'espoir d'obtenir un peu d'attention des élèves qui, normalement, se ruaient derrière la vitre pour le saluer. Mais en ces temps troublés, l'humeur était morose partout et même chez les Serpentards.
En tant que préfet, Blaise était chargé de surveiller la salle et se pliait à ses devoirs en repensant au billet que son père lui avait fait parvenir dans l'après-midi.
« Mon fils,
Notre Seigneur m'a félicité pour ton action salutaire. Le maître a donné son accord pour notre alliance avec les Parkinson. Votre union sera célébrée d'ici à quelques semaines.
Fais-toi discret.
Ton père,
Ellroy Zabini. »
Blaise ruminait les quelques phrases paternelles sans pouvoir se défaire du poids que sa conscience portait. Les félicitations de son maître auraient dû le toucher en plein cœur, mais ce soir, malgré la satisfaction d'avoir accompli sa mission, un goût amer d'inachevé le triturait. Lui, un habile sorcier en pleine fleur de l'âge doté d'une puissance magique conséquente, avait dû utiliser la ruse et le bluff pour venir à bout d'un vieillard malade et quasiment sans défense. Malgré sa foi en la cause et son désaccord profond avec la politique d'ouverture aux moldus de Dumbledore, Blaise aurait aimé avoir la possibilité de mener un véritable combat, de sorcier à sorcier, comme le méritait le vieux débris.
Blaise, en recevant quelques semaines plus tôt cette mission, avait immédiatement rêvé d'un duel à mort qui l'aurait couronné d'une gloire sans égale aux yeux de son Maître qui lui avait froidement sifflé :
« Tant que la mort vient, la manière m'importe bien peu. »
Après la réunion, une fois à l'abri des oreilles indiscrètes, son père avait rajouté :
"Les lions sont forts en meute mais isole-en un et il sera le plus vulnérable des lionceaux."
C'était comme ça qu'il avait eu l'idée de l'embuscade dans la forêt et son père, grâce à ses appuis au Ministère, avait réussi à imposer une réunion du conseil d'administration ce samedi matin là, permettant une synchronisation parfaite des équipes qui l'avait conduit à la réussite.
Sur le moment, pris par les ordres et sa fidélité, Blaise s'était exécuté sans hésiter mais maintenant, plus il y songeait et plus il se disait qu'il aurait dû lui offrir un combat dans les règles, plutôt que de le supprimer d'un avada net et précis. Pour avoir constaté de ses yeux le physique déclinant, chétif et maladif du vieillard, Blaise était convaincu qu'il aurait pu le battre en combat singulier et curieusement, il en éprouvait, presque, quelques regrets.
La mort de Dumbledore n'en était pas moins effective et annonçait de beaux jours. Le Phoenix serait désorganisé pour quelques temps, Poudlard à la merci d'un nouveau Directeur qui serait sans doute Slughorn. Il savait que son père ferait pour lui, dans l'ombre des couloirs du Ministère, une active campagne de promotion, quitte à mettre la main au porte-monnaie. A n'en pas douter, Slughorn serait facilement manipulable et sa couardise légendaire ne le laissera jamais s'opposer ouvertement aux volontés du Lord.
Placer Slughorn à la tête de l'école était un bon moyen de s'assurer que tout resterait calme du côté de Poudlard, quand le moment viendrait pour Lui de prendre le pouvoir.
C'est avec ces pensées à l'esprit qu'il vit s'approcher de lui sa future femme qui prit place à ses côtés dans le canapé, à une distance tout à fait respectable et protocolaire, pour deux personnes de la même Maison, sans lien particulier.
Pansy, malgré sa légendaire langue de vipère, était intelligente et prit soin de tirer de son sac un livre qu'elle ouvrit et dans lequel elle se plongea ouvertement en baissant la tête. Après quelques minutes de silence, alors que les élèves continuaient à vaquer à leurs activités, elle lui murmura en tournant une page :
-Nos pères ont été félicités malgré la perte totale des troupes dans l'incendie.
-Je suis au courant, répondit-il laconique en tournant la tête en direction d'un bruyant groupe de troisième année en train de jouer à la bataille explosive.
-Les Aurors vont obtenir les autorisations pour interroger les élèves, ajouta-t-elle doucement sans pour autant réussir à cacher la peur intestine qui transpirait dans sa voix.
-Le nécessaire sera fait, lui répondit-il les yeux rivés à la jeune Greengrass qui portait toujours un pansement en travers de la joue.
La Serpentarde laissa ses yeux parcourir la salle commune en ajoutant :
-C'est une bûcheuse. Tous les soirs, après dîner, elle va à la bibliothèque et y passe la soirée. Elle ne rentre au dortoir qu'à l'heure du couvre-feu.
Quand son regard vert tomba sur Milicent, assise non loin de la cheminée, Pansy referma son livre et le quitta sans ajouter un mot de plus, sermonna en chemin les troisième années bruyants, tandis que Blaise retournait à ses pensées.
La veille, Pansy et lui avaient regagné le château dès leur méfait accompli en abandonnant le corps là où il était tombé. Sur les conseils de leur Maître, Blaise avait guidé sa compagne jusqu'à une entrée dissimulée, en contrebas de la route, par un tas de rochers éboulés. Quelques sorts de désencombrement leur avaient permis de fuir la zone, sans être vus et d'éviter les Aurors. Ils avaient débouché derrière le portrait de Grégory Hautin et regagné sans croiser âme qui vive les cachots.
Seule Astoria pouvait les faire tomber et la gamine ne tiendrait pas dix minutes face à l'Auror en Chef, Harris, ou à un de ses adjoints. Elle déballerait, paniquée, les promesses absurdes que lui avait faites Pansy et leurs rôles à tous les trois dans la mise en place de l'attaque. Il lui faudrait donc neutraliser cette bécasse au plus vite, sans quoi, Azkaban serait son seul avenir et ça Blaise ne l'accepterait jamais.
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15 Février 1998, Poudlard.
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Ce soir-là, Minerva McGonagall faisait acte de présence au dîner, pour rassurer les élèves en ces temps, plus que difficiles, mais malgré l'irréprochable qualité des mets préparés par les elfes, aucune nourriture n'avait franchi la barrière de ses lèvres pincées. Même le jus de citrouille, agrémenté d'une goutte de potion miracle que Pompom avait fini par pousser vers elle, n'avait pas réussi à dérider les traits de la nouvelle Directrice. Contre toute attente, Minerva avait été nommée la veille, par le conseil d'administration, malgré l'opposition franche et farouche du Magenmagot et de la tribune signée par la Directrice de la Justice Magique, Dolorès Ombrage, qui avait fait ce matin la une de toute la presse sorcière britannique.
Albus avait tout préparé, tout calibré, sans rien dire à personne. Cet homme, plus têtu qu'un hippogriffe et aussi secret qu'une Langue-De-Plomb, avait organisé sa succession dans le plus grand secret en faisant ses manigances comme il en avait toujours eu l'habitude, dans l'ombre.
Alors que le 14, au matin, le conseil d'administration de l'école se réunissait en urgence, au lendemain de l'attaque de Pré-au-Lard, pour parer au plus pressé, après la mort du Directeur, Fumseck s'était invité à la fenêtre du conseil pour délivrer un message d'outre-tombe qui avait tétanisé l'assemblée. Pendant près de quinze minutes, le parchemin ensorcelé avait mené un plaidoyer dans le but d'assurer la nomination de Minerva, la seule selon les termes d'Albus apte à gérer l'école.
S'il fallait en croire le rapport du greffier de la séance, les débats avaient été houleux.
Deux clans s'opposaient. Ceux en faveur d'Horace Slughorn, menés par Parkinson et Zabini Seniors, avaient mis leur veto à la motion. Dans cette bataille de bureaucrates, le soutien farouche du Premier Ministre qui pesait un poids certain avait permis à Minerva d'être désignée à huit voix contre six, faisant d'elle la deux-cent-sixième sorcière a accéder à cette fonction.
Kingsley, l'ayant contactée par cheminette, avait salué sa nomination par un "Merlin soit remercié, Horace ne serait pas le prochain Directeur pantinde l'Ecole. Poudlard est entre de bonnes mains avec vous Minerva. C'était ce que voulait Albus."
Il en serait donc fait selon la volonté de Dumbledore qui, même mort, parvenait encore à gagner des batailles pour garantir la liberté et l'équité pour tous, au sein de son école. Cette guerre d'idées qui déchirait le conseil reflétait en tout point la césure de la société, mais cette fois-ci le clan du bien, grâce à Albus, remportait la bataille.
Ne pouvant plus reculer parce que consciente que les forces de l'ombre progressaient, Minerva avait accepté le poste, en répondant par l'affirmative au courrier de nomination qui était arrivé au château le 14, en tout début d'après-midi, avec le sentiment d'abandonner sa Maison. Son premier geste de Directrice avait alors été de nommer sa remplaçante à la tête de la Maison Gryffondor. Sa collègue et amie, Rolanda Bibine, une ancienne Gryffondor ayant obtenu huit optimals à ses aspics et dotée d'une carrière remarquable, avait accepté le poste le 15 au matin. Minerva ne doutait pas qu'elle ferait un travail remarquable avec ses petits protégés puisque tout comme elle, Rolanda était une passionnée de vol et de Quidditch.
Devenir Directrice impliquait également de quitter son poste de Professeur de Métamorphose. Minerva avait donc recrutée en urgence, une de ses anciennes élèves, Victoria Spinnet (*), ayant obtenu avec une mention « optimale » sa maîtrise de sortilège, diplôme requis pour enseigner.
(*) Sœur aînée fictive d'Alicia Spinnet, attrapeuse de Gryffondor.
Alors quand finalement, après trois bons quarts d'heures d'attente, les desserts avaient fait leur apparition sur les tables, Minerva avait rapidement reculé le fauteuil sculpté qu'Albus avait brillamment occupé ces quarante-trois dernières années, pour quitter la Grande Salle par la porte de service réservée au corps enseignant, en espérant un jour être à la hauteur de la tâche qui l'attendait.
A travers les couloirs venteux et déserts du château, elle se déplaçait telle une ombre furtive et les sens aux aguets, consciente que même ici, à Poudlard, la menace était réelle. Elle profitait du calme relatif de la soirée et du rassemblement des élèves dans la Grande Salle pour se rendre dans ses appartements où elle comptait passer une bonne nuit de repos. Mais, à travers les couloirs déserts et venteux, elle gardait à l'esprit que certains de ses élèves avaient sans aucun doute participé, de près ou de loin, à l'attaque du Pré.
Vigilance constante ! Hurla la voix fantôme de Maugrey dans son esprit et la main de l'écossaise se resserra autour de sa baguette.
Si elle devait en croire les faits rapportés par la Gazette dans son édition de la veille, l'incendie qui avait ravagé le village après la bataille avait été un moyen pour les Mangemorts de détourner l'attention des Aurors pour fuir. Malgré les barrières anti-transplanage et les dix-huit corps retrouvés carbonisés dans les décombres, les Aurors estimaient qu'une cinquantaine de Mangemorts avaient été présents. Aucun n'avait été pris vivant et la Directrice soupçonnait que certains assassins se cachaient ici, au château, mais qui ? Et surtout, comment les confondre ? Bien sûr des noms flottaient dans son esprit, des septièmes années, ceux que l'Ordre avait identifiés, Zabini, Parkinson mais ces deux-là n'avaient pas été à Pré-Au-Lard...
Son instinct de Gryffondor lui soufflait que la Maison d'Horace était corrompue par le mal et ce de manière profonde. Minerva n'avait cependant noté aucun changement de comportement de la part d'Horace, s'il avait subi des pressions, sa nervosité se serait sentie. Il était d'une couardise tout à fait serpentardesque, inconstant donc peu fiable. Même si Albus lui avait fait confiance, elle Minerva se résolut à garder un œil sur lui, tandis que lui revenaient en tête les unes de la presse qui se déchainaient : les parents de victimes annonçaient dans une tribune qu'ils montaient un collectif, des enquêtes internes étaient ouvertes au sein du Ministère et ciblaient le Département de la Justice Magique qui semblait en crise profonde, Kingsley était la cible de toutes les critiques, plus ou moins justifiées... L'opinion se divisait et le système économique vacillait. Déjà, les hiboux des fournisseurs annonçaient des hausses de prix sur les prochaines livraisons de denrées alimentaires…
La vieille dame soupira et rangea sa baguette dans les plis de sa robe, en arrivant devant le portrait gardant l'entrée des appartements qu'elle occupait depuis son arrivée au château, trente ans plus tôt, et murmura pour le sorcier qui se trouvait là :
-Caput maleficium.
Elle pénétra dans son trois pièces de fonction et se prépara à passer une nuit de repos dont elle avait le plus grand besoin.
Demain, une réunion du conseil d'administration l'attendait des neuf heures, elle y recevrait officiellement les clefs de Poudlard, puis il faudrait organiser les funérailles du Directeur. La plupart des blessés légers, soignés depuis l'attaque au château, commenceraient à être évacués vers leur domicile, le personnel médical dépêché de Sainte-Mangouste se chargerait de la logistique des transferts, des parents inquiets étaient attendus et Minerva se devaient de les recevoir et de leur présenter des condoléances...
La gorge de la vieille dame se noua à l'idée des horribles nouvelles qu'elle allait devoir confirmer... Comment pourrait-elle leur expliquer la trentaine de blessés, légers ou graves ? Les vingt-deux décès d'élèves, dont quatre étaient mineurs, tombés sous les sorts des Mangemorts, qui endeuillaient aussi l'école ? Comment expliquer à des parents frappés par la douleur de la perte que Poudlard avait fait de son mieux pour protéger les enfants et que le mieux n'avait pas suffi ? Faudrait-il leur dire que le professeur Vector avait donné sa vie pour que des Pouffsouffles et des Serdaigles s'échappent ? Que le professeur Sinistra, présente aux Trois Balais, avait vaillamment affronter une arachnide dans la Forêt Interdite, défendant des élèves de toutes les Maisons, avant que les centaures de Firenze ne les mènent jusqu'au château en toute sécurité ?
Quand le regard perçant de la vieille dame, accrocha le titre tapageur de la Gazette parmi les journaux que les elfes déposaient tous les jours sur son bureau, elle laissa de côté ses sombres pensées pour parcourir la page :
« Vous-Savez-Qui de retour ? Toutes nos hypothèses en page 2. »
« L'attaque du Pré et le retour de Sa Marque font scandale. Le Ministre, débordé, perd sa majorité au Magenmagot. Dolorès Ombrage pressentie pour prendre la relève. L'article complet en page 4. »
« Mais où est passé Harry Potter ? Notre réponse en page 6. »
Minerva se détourna bien vite du torchon qui se voulait informatif. La propagande, diffusée par les médias, n'arrangeait en rien les affaires du pays. Les politiques s'écharpaient par voie de presse et les luttes de pouvoir se révélaient au grand jour, les pros et les antis s'affronteraient sous peu, Minerva le sentait, le schéma se répétait à nouveau. La Gazette relayait, comme avant, de fausses informations et le Ministre, Kingsley, avait accordé son unique interview à Xenophilius Lovegood.
Le Chicaneur titrait :
« Le Ministre admet Son probable retour : « Nous pressentions une attaque d'envergure et des mesures avaient été prises pour sécuriser le Pré. (…) Ses forces sont importantes mais les nôtres aussi. » La totalité de l'interview en page 2. »
« Harry Potter, blessé lors de l'attaque, serait toujours en convalescence au château. Ses jours ne seraient plus en danger. Vous saurez tout et bien plus encore en lisant les Potins de Rita en page 6. »
Le bruit sec d'un coup de bec résonnant contre le carreau la tira de sa lecture. Elle ne reconnut pas le volatile et le fait qu'à sa patte aucune bague d'identification ne soit présente, lui fit savoir que l'expéditeur faisait preuve de discrétion. Elle fit sauter le sceau de cire lisse et parcourut des yeux les quelques lignes.
« L'agent Harris sera demain matin, dès la première heure, au château avec une réquisition du Magenmagot, l'autorisant à entendre les élèves du Pré en l'absence de leurs tuteurs légaux. Notre protégée est à l'abri, pour le moment.
K. »
Après un bref coup d'œil à la pendule qui indiquait vingt-deux heures passées, Minerva soupira, avec tout ce qu'elle avait en tête, malgré la fatigue, le sommeil la fuirait. Elle renfila sa robe de travail pensant qu'une visite à l'infirmerie où la source des problèmes reposait pourrait l'aider à y voir plus clair, à comprendre comment on en était arrivé là ?
Après de longues minutes de marche dans les couloirs désertés par les élèves consignés après le dîner dans leur salle commune, Minerva se saisit de l'anneau de métal, servant de poignée au lourd battant marquant l'entrée de l'infirmerie qui s'ouvrit silencieusement. Immédiatement l'odeur des potions médicinales la prit à la gorge et lui amena les larmes aux yeux tant leur concentration dans l'air était prégnante.
Elle s'engagea dans le petit corridor laissé libre entre les deux rangées de lits, vérifiant rapidement l'état de santé de la trentaine d'élèves endormis, remettant en place grâce à un petit sortilège les couvertures qui avaient glissé et les draps laissant apparaître des pieds nus. Elle moucha les quelques bougies éternelles encore allumées plongeant la pièce dans une pénombre lunaire. Rassurée sur l'état des blessés, Minerva se promit d'accorder une augmentation à Pompom qui avait su, mieux que les médicomages dépêchés par Sainte-Mangouste sur ordre du Ministre, traiter les pathologies et soigner les blessures causées par des sorts anciens et vicieux.
Un bref coup d'œil au bureau de Pompom lui apprit que l'infirmière était encore absente, certainement passée, comme elle le lui avait dit plus tôt dans la soirée, par la tour d'astronomie pour y prendre des nouvelles de Sibylle encore choquée d'avoir affronté une Acromentule. Minerva laissa derrière elle la pièce vide et s'avança vers la porte du fond menant au laboratoire de l'infirmière.
Dans l'attaque, toutes les Maisons avaient eu leur lot de blessés, toutes, sauf une. L'illustre Maison de Serpentard ne comptait aucun mort et une seule de ses élèves avait été blessée de manière très légère et n'était autre qu'Astoria Greengrass. Un indice que les Aurors sauraient sans doute exploiter lors des interrogatoires de demain, se dit avec espoir Minerva en se figeant devant la porte de bois sombre, tout au fond de l'infirmerie, donnant sur la petite pièce circulaire où Pompom faisait ses potions.
-Alohomora !
Le déclic de la serrure résonna et la Directrice pénétra dans le laboratoire en prenant soin de bien refermer la porte derrière elle avant de l'insonoriser. Une fois fait, elle s'avança vers le lit qu'elle avait magiquement agrandi pour accueillir les trois corps inconscients qui se trouvaient là. Deux d'entre eux étaient chers à son cœur mais le troisième… comment fallait-il le qualifier ?
Fatiguée, la vieille dame détourna le regard des corps allongés sur le dos, mains entrelacés, pour s'installer confortablement dans le fauteuil et veiller les âmes inconscientes, enveloppées de leur halo d'un violet pâle aussi solide que de la roche et pourtant vaporeux.
Minerva se sentait plus abattue que jamais, elle essuya une larme qui coulait le long de sa joue et se sortit de la douleur qui l'enveloppait pour gagner la console où reposait une théière magique, continuellement chaude et remplie. Elle se servit une tasse et serra la porcelaine entre ses mains en s'approchant de la baie vitrée qui ornait la pièce sur toute sa largeur pour admirer le panorama que lui offrait cette petite pièce et oublier que la mort rôdait. Elle dégusta son thé, réfléchissant aux paroles qu'il lui faudrait bientôt prononcer et qui étaient importantes. Quand elle finit son thé qui propageait sa chaleur en elle, elle pivota, abandonna sa tasse sur la console et se planta aux pieds du lit, s'appuyant des deux mains contre l'armature de métal.
-Jeunes gens, souffla-t-elle, Pompom dit qu'il est possible, malgré votre état, que vous puissiez entendre et comprendre ce que l'on dit autour de vous. J'espère de tout cœur qu'elle a raison parce que des choses graves sont en train de se passer. Albus…, Albus n'est plus. Le soir de l'attaque, Fumseck m'a remis un parchemin signé de sa main, me révélant ce que vous trois étiez… Le portrait de Severus et moi faisons notre possible pour vous protéger et vous laisser le temps de vous guérir de vos blessures, mais les Aurors se font insistants, ils veulent interroger Hermione. Harris est particulièrement déterminé. Mais il ignore tout de la Prophétie. Kingsley ne pourra pas encore bien longtemps retenir les investigations réclamées par l'opinion publique qui se divise. Certains réclament plus de sécurité, d'autres refusent de mettre le pays en…
Une décharge de magie lui traversa le corps, la stoppant net dans son monologue tandis que, sous ses yeux incrédules, le bouclier de protection se mouvait et passait progressivement du violet pâle au rouge, jusqu'à atteindre un cramoisi qui rayonna brusquement dans la pièce. Minerva recula prudemment et saisit sa baguette qu'elle pointa, résolue, sur la boule rougeoyante qui réchauffait désagréablement la pièce mais qui n'enveloppait désormais plus que deux corps.
Après quelques secondes où le temps sembla suspendu, la poitrine du troisième corps se souleva et Harry Potter battit des cils.
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Tapi dans l'ombre du couloir, à quelques mètres du palier des escaliers, Blaise s'arrêta quand son maléfice chercheur cessa de produire sa discrète lumière bleue. Cette fois-ci serait la bonne, se dit-il en jetant un coup d'œil dans la cage d'escalier pour le moment déserte. Réussir était une nécessité, parce que sous peu, les Aurors débuteraient leurs auditions. Blaise n'aimait pas agir dans l'urgence, c'était comme ça qu'on commettait des erreurs, mais là, le temps jouait contre lui et que Morgane lui vienne en aide, il avait déjà raté sa cible une première fois.
Quelques minutes après avoir quitté la Grande Salle, elle était à découvert et son angle de tir était parfait mais un foutu Serdaigle, avait surgi d'un couloir adjacent en la bousculant. Au lieu de la frapper au milieu du dos, son sortilège était passé juste au-dessus de l'épaule d'Astoria, avant de finir sa course dans une armure qui s'était disloquée au sol dans un vacarme assourdissant. Blaise avait pesté contre ce flagrant manque de chance mais ce n'était que partie remise…
D'ici dix minutes le couvre-feu serait en vigueur et son maléfice l'avait conduit tout près de l'escalier descendant aux cachots. Il sourit, sachant que ce serait facile, rapide et efficace, avant de se mettre en place. Après quelques minutes de patience, la jolie brune aux yeux verts arriva et s'engagea, sans même lever les yeux de son livre, dans la cage d'escalier.
-Locomotor Mortis ! Murmura-t-il fermement.
Un bref cri surpris résonna, suivi d'une cavalcade qui dura de longues secondes. Quand enfin un bruit sourd résonna, Blaise présuma que le corps avait fini sa course et il tendit l'oreille.
Il esquissa un nouveau sourire suffisant en n'entendant qu'un silence assourdissant, avec un peu de chance la chute lui avait été fatale. Sans s'attarder, Blaise tourna les talons et disparut dans les ombres du couloir.
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A son réveil, Harry mit de longues minutes à comprendre où il se trouvait et pourquoi.
La discussion qu'il avait eue après, avec son Professeur de sortilèges, avait achevé de lui remettre les idées en place. En quelques minutes, McGonagall avait perdu son masque de rigidité en lui racontant la mort d'Albus et des élèves, pris au piège au village, les blessés qui en avaient réchappé, le village détruit, la tempête politique, sa nomination, l'Auror Harris…
Mais malgré cette avalanche de nouvelles, Harry ne put que murmurer le cœur serré :
-Albus est mort.
Comme pour Sirius, la douleur de la perte était amère et des larmes brûlantes débordèrent de ses yeux sans qu'il ne cherche à les cacher. Une seconde figure paternelle venait de lui être enlevée, le reste n'avait que peu d'importance à l'heure actuelle. Minerva se retira peu après, sentant sans doute son besoin de digérer toutes les nouvelles. Sur le seuil, elle se retourna :
-Vous trouverez derrière la porte de placard une petite salle de bain si vous voulez vous rafraîchir. Je demanderai aux elfes de vous monter une collation. Reposez-vous Monsieur Potter, parce que demain l'Auror Harris sera un adversaire à ne pas sous-estimer.
-Ce n'est pas l'Auror Harris qui m'inquiète, c'est Hermione, souffla-t-il le regard rivé à ses deux âmes encore reliées.
-Elle se réveillera, affirma la Directrice. Hermione a beau avoir changé de patronyme, elle est de ma Maison, c'est une battante. Vous, plus que quiconque, devriez avoir foi en elle, Monsieur Potter.
-Vous avez sans doute raison Professeur, mais le sort ne joue pas toujours en ma faveur et je sais Merlin joueur.
-Les Dieux ne risqueront jamais la perte d'un être tel qu'Hermione, soyez-en certain, lui dit-elle avant de le quitter.
Harry n'entendit même pas la porte se refermer sur la nouvelle Directrice. Des images par flash submergèrent douloureusement son esprit engourdi. Il se revit, en compagnie de Drago, profitant de l'absence d'Hermione pour fouiller ses notes et savoir sur quoi elle travaillait exactement. Elle était restée assez vague concernant ses recherches sur la magie druidique et cela avait mis la puce à l'oreille de Drago qui avait suggéré la fouille. Il se souvenait avoir senti le mauvais pressentiment d'Hermione, ça avait été comme un bonbon amer surgissant soudainement au milieu d'une mer de sucre. Lui et Drago avaient eu le temps d'échanger un regard inquiet avant qu'il ne se sente glisser et qu'il ne s'écroule au sol, aspiré de l'intérieur par le besoin d'eux qu'exhalait Hermione. Il lui avait fallu du temps pour se mettre en phase avec un corps qui n'était pas le sien et qui était, de surcroît féminin, plus fin et agile que son massif corps d'homme. Quand Drago les avait rejoints, l'étroitesse du corps d'Hermione s'était faite désagréable mais la soif de vengeance leur fit oublier tout le reste…Tout, les habitants, les Aurors… Jusqu'aux élèves qu'ils n'avaient même pas protégés...
Seul, aux pieds de ses deux âmes endormies, Harry laissa libre court à ses larmes, il pleura pour Albus, pour les blessés et les morts des deux camps, pour les familles endeuillées et les orphelins que ce genre d'attentat créait toujours. Il pleura sur son sort, sur la magie qui l'avait rendu puissant, tellement puissant que lui et Drago avaient noyé l'esprit de l'Equilibre, Hermione, sous leur pouvoir…
Et Merlin qu'ils avaient eu tort.
Hermione avait réussi à reprendre assez de contrôle pour prévenir les Aurors et les figer avant que les garçons ne détournent son corps d'Harris pour se tourner vers le combat qu'ils étaient tellement certains de gagner.
Ils avaient gagné. Mais à quel prix ? Pas un seul Mangemort n'avait été pris vivant, des morts civils par dizaines, des enfants, des femmes et un village détruit par des flammes monstrueuses.
Partager le corps d'Hermione leur avait également donné accès à tout son savoir. Toutes ses suppositions concernant leurs pouvoirs et leurs possibles capacités si leur pouvoir propre était combiné… Alors quand Drago avait soufflé :
On a là une occasion en or de tester toutes ces belles idées, non ?
Harry avait immédiatement adhéré, Hermione avait vainement bataillé mais, à deux contre un, dans un si petit corps, la lutte avait été vaine.
Aveuglés par la puissance folle qu'ils emmagasinaient et leur vengeance, ils avaient aspiré jusqu'à la dernière parcelle de puissance qu'Hermione avait en elle pour produire les sortilèges de combat et la tempête orageuse, malgré l'essoufflement évident du corps qui les accueillait et qui ne suivait plus le rythme. Quand la douleur du cuisant les avait ravagés et mis à genou dans la boue, lui et Drago avaient été paralysés par la peur.
Au moment le plus critique pour eux trois, Hermione avait trouvé en elle-même des forces insoupçonnées... Harry avait tout vu et tout senti, elle maîtrisait son élément à la perfection. Elle avait poussé son don à son paroxysme en lâchant, peut-être sans le vouloir, une tempête salvatrice pour eux et destructrice pour leurs ennemis. Prisonniers de son corps, lui et Drago avaient été de simples spectateurs, elle avait repris un contrôle quasi-total sur elle-même, le temps de forcer l'esprit d'Harris et de leur dire, haletante :
« Mon corps va céder. Notre seule chance ce sont les éclairs. Quand ils nous frapperont, on érige le bouclier et après nos éléments feront le reste. »
L'électricité avait touché la terre, amenant puissance et force en eux.
« Fais-toi plaisir Drago » avait murmuré Hermione.
Ils avaient expulsé une fournaise fumante qui s'était transformée en un véritable Feudeymon, qui avait été l'exact reflet de l'image qui avait surgi dans l'esprit de Drago quand Hermione avait parlé de « plaisir ». Drago avait pensé Feudeymon et ils en avaient créé un…
-On a fait une erreur Potter et il faut qu'on la répare au plus vite.
Harry sursauta en entendant la voix de son compagnon d'âme et essuya rapidement ses larmes amères avec son revers de manche.
-Hermione ne se réveillera pas tant qu'elle n'aura pas récupéré sa puissance. On sait tous les deux qu'avec la quantité qu'on lui a pris, il est miraculeux qu'elle respire encore. On a été arrogants et on a failli tout foutre en l'air ! Ragea Harry préférant la colère plutôt que les pleurs devant Drago.
-On s'en est sortis vivants, à trente contre un et on l'a maintenue en vie jusqu'à maintenant
Harry secoua la tête, incrédule :
-L'excès de force n'a conduit qu'à la mort d'innocents, cachés dans les maisons que nos flammes ont dévoré. Et Hermione est entre la vie et la mort à cause de nous !
-Elle est en vie, Potter. Et oui on a fait une grosse connerie, mais là c'est pas le moment de s'engueuler. Dumbledore est mort, l'attenta du Pré et le Ministère … C'est un putain de bordel.
Harry serra les poings, contint sa colère et marmonna les dents serrées :
-Qu'est-ce que tu proposes ?
-Il faut se barrer d'ici Potter.
-Et après ?
-On les ramène des Limbes avec le rituel des Chroniques. Lucius a bien dit qu'il avait traduit le rituel en totalité non ? Et ensuite avec eux, on cherche un moyen de réveiller Hermione.
Harry approuva d'un mouvement de tête pensif et ajouta :
-Il va falloir gérer Harris au plus vite et crois-moi ça va pas être...
Drago, sûr de lui, sourit dans la pénombre et répondit :
-En tant que mari, je me charge d'Harris.
Harry quitta le bord du lit et s'approcha du placard qu'il ouvrit, y découvrant comme Minerva l'avait promis, une cabine de douche et des toilettes, rudimentaires mais immaculés.
-Ménage-le. Il ne mérite pas de subir tes sarcasmes, avec ce qu'il a vu, il va falloir lui donner des infos ou…
-Ou rien du tout. C'est à mon tour d'aller papoter avec les Aurors.
Harry n'insista pas et disparut dans la salle de bain tandis que Drago se rallongeait aux côtés d'Hermione et l'enveloppait de son halo rouge protecteur.
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16 Février 1998, Poudlard.
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L'Auror Harris arriva au château alors que les élèves rejoignaient leur salle de classe, bien décidé à voir celle qui l'intriguait au plus haut point, Hermione Malfoy, anciennement Granger. McGonagall, qu'il avait rejoint dans la Grande Salle, lui avait appris le sourire aux lèvres que la jeune femme était toujours inconsciente, comme si elle s'en réjouissait.
Lui Harris, ça lui mettait simplement des bâtons dans les roues. Elle était au cœur de son enquête et il détestait attendre.
Frustré, il serra les poings alors que les derniers élèves quittaient la salle et que les retardataires chipaient les derniers petits pains. De sa poche, il tira son plan de secours et le mit sous le nez de la toute nouvelle Directrice. Il répliqua froidement, en lui tendant un parchemin signé du Magenmagot et du Premier Ministre.
-Voici le document m'autorisant à prendre les dépositions des élèves...
-Les parents sont justement attendus en tout début d'après...
-...Sans la présence de leurs tuteurs légaux. Vous reconnaîtrez en bas les sceaux du Magenmagot et du Premier Ministre.
Ils s'étaient affrontés dur regard un seconde entière, puis la Directrice avait pincé ses lèvres mais n'avait pas répliqué. Elle se contenta de le dévisager par-dessus ses lunettes, attendant ses instructions.
-Je vais avoir besoin d'une pièce où les auditionner et voici la liste de ceux que je recevrais ce matin. Ils auront besoin d'une dispense de classe, finit-il en pensant lui clouer le bec.
Elle parcourut des yeux la liste et lui annonça, subitement mal à l'aise, alors qu'il fronçait les sourcils en la voyant changer d'attitude :
-Miss Greengrass ne pourra pas être entendue. Son corps a été retrouvé, gisant aux pieds de l'escalier descendant aux cachots. Elle est encore inconsciente et Pompom est à son chevet. J'ai prévenu ses parents qui sont attendus d'ici peu.
-Sait-on ce qu'elle faisait en dehors de son dortoir ? Demanda-t-il en suspectant une bien trop belle coïncidence.
-D'après les portraits de l'escalier, elle a simplement perdu l'équilibre et dévalé une cinquantaine de marches sur le chemin de son dortoir. Son visage est sérieusement commotionnée et Madame Pomfresh craint un hématome cérébral, elle ne se pronostique pas encore sur la date d'un éventuel réveil.
-Faites décrocher les portraits, je veux les entendre.
-Argus vous installera dans une salle du rez-de-chaussée pour que vous puissiez travailler, lui dit-elle en repoussant le fauteuil qu'elle occupait.
-Je veux voir Drago Malfoy et Harry Potter, lâcha-t-il abruptement.
-Ensemble ?
Harris fronça les sourcils, étonné de devoir lui préciser :
-Séparément.
Bizarrement, elle parut soulagée et Harris se demanda pourquoi, tandis qu'elle reprenait en s'approchant de la porte de service :
-Allez vous installer Auror Harris, je vous les envoie.
Gregg s'exécuta, content d'obtenir sans batailler ce qu'il demandait. Il trouva l'acariâtre Rusard dans sa conciergerie qui le conduisit en clopinant dans ce qui avait été une salle de classe et qui n'était maintenant qu'une pièce poussiéreuse et abandonnée où les impacts des sorts, de la bataille de Juin, avaient tâché les murs de marques noirâtres. Il installa rapidement une table avec une chaise, de part et d'autre, et organisa sa mise en scène qui avait pour but d'impressionner.
Des parchemins estampillés du double «M» officiel étaient éparpillés sur le bureau. Son badge d'Auror, accroché à sa ceinture, était immanquable. Sur sa cape noire, reposant sur le dossier de sa chaise, l'écusson doré d'Auror-En-Chef attirait le regard. Sur sa chemise, son holster de cuir de dragon contenait sa baguette, bien visible.
En flirtant avec la caricature, il s'assurait que les gamins sentent tout de suite l'importance de l'entretien. Un coup, sec et volontaire, le fit sursauter avant qu'une voix traînante, qu'il exécrait, ne transperce le panneau de bois :
-C'est Drago Malfoy.
Gregg sourit, prêt à travailler au corps le petit merdeux qui leur avait filé entre les doigts l'été précédent :
-Entrez !
Malfoy pénétra dans la classe et, immédiatement, Gregg se sentit à l'étroit dans cette pièce qui semblait soudain surchauffée. Sa magie s'affolait dans ses veines en sentant l'aura puissante du gamin de dix-huit ans qui s'installa, sans qu'on ne l'y invite, sur la chaise en bois, laissant l'inspecteur désarçonné par l'entrée du gamin. Ses réflexes d'enquêteur lui firent revenir en tête les éléments du dossier Malfoy qu'il avait minutieusement épluché.
Famille de sang-pur, puissante, haut-placée, avec de nombreuses relations politiques. Le père et la mère étaient décédés en Juin. La tante, Bellatrix, et l'oncle, Rabastan, morts. Il ne restait qu'Andromeda, internée à Sainte-Mangouste depuis Juin et le fils Drago, marqué de guerre, jamais inquiété par un quelconque procès, proche du milieu Sang-Pur intégriste et des Mangemorts. Vu, au ministère en compagnie d'Ombrage.
Gregg savait à qui il avait affaire alors, avoir un probable Mangemort actif, susceptible d'avoir été présent au Pré lui donnait envie d'oublier la Loi et de poser les questions à sa manière.
-Monsieur Malfoy, quelles sont les nouvelles concernant l'état de votre femme ? Attaqua-t-il d'entrée, sans passer par la case « mettre le témoin à l'aise » recommandée par le manuel. Harris ne prendrait pas le risque avec ce type.
-Aucune, lui répondit laconiquement Malfoy avant de préciser après plusieurs secondes d'attente. Elle est toujours inconsciente.
-Que faisait-elle exactement au village ?
-D'après ce qu'elle m'a dit, elle passait la journée en compagnie de Luna Lovegood, elles avaient prévu, comme toutes les femmes, d'y faire du shopping.
-Une idée de la nature des courses ?
Malfoy fronça les sourcils et répondit quelque peu agacé :
-Des plumes, du parchemin, des encres, des ingrédients pour potions, des vêtements ! Que sais-je encore ?
-Donc vous ne savez pas exactement ce que votre femme faisait en compagnie de Miss Lovegood ?
Malfoy soupira et répéta lentement :
-Comme je vous l'ai dit, elles faisaient des courses et avaient sans doute prévu un déjeuner dans une des auberges du village, comme la plupart des élèves qui descendent au Pré.
Harris retint son sourire. Poser de façon différente la même question permettait toujours d'apporter des précisions. Il enchaîna rapidement :
-Bien. Cependant il semblerait que votre femme n'a pas fait que des courses au Pré. Elle a été vue, par des dizaines d'agents du Ministère, menant un combat contre les Mangemorts…
-Et vous n'êtes pas intervenus ? Vous l'avez laissée affronter les baguettes noires, sans lui venir en aide ?! S'insurgea habilement le gamin.
-Monsieur Malfoy, votre femme a provoqué un incendie volontaire aussi puissant qu'un Feudeymon.
Un sourire en coin étira brusquement les lèvres du fils Malfoy qui demanda le regard luisant d'intérêt :
-En était-ce vraiment un ?
Gregg serra les dents, pas étonné que ce type-là sache ce qu'était un Feudeymon, et avoua, pris à son propre piège :
-Les relevés, effectués par les enquêteurs, n'ont pas permis de prouver que la magie noire avait été utilisée. Cependant les dégâts causés se chiffrent en dizaines de milliers de gallions…
Gregg s'interrompit en voyant Malfoy fouiller dans la poche intérieure de sa veste et en ressortir une carte de visite qu'il lui tendit, sans que l'Auror ne s'en saisisse, tandis que le gamin annonçait :
-Si je comprends bien, Auror Harris, vous reprochez à ma femme d'avoir combattu les Mangemorts et d'avoir perdu le contrôle de son sortilège de feu ?
Malfoy posa sa carte sur la table et reprit en se levant :
-Voici les coordonnées de mon secrétaire, il contactera mes assureurs. Ils seront à même de dédommager les victimes, finit-il en se dirigeant vers la sortie.
-Nous n'en avons pas fini Monsieur Malfoy !
-Si, Auror Harris, nous en avons fini. Ma femme n'est qu'une victime dans cette histoire, elle n'a pas utilisé de magie noire, rien ne peut lui être reproché à part son fichu caractère de Gryffondor qui l'a menée à sa perte. Maintenant, excusez-moi…
-Où étiez-vous ce jour-là Monsieur Malfoy ? L'interrompit Harris en sentant le serpent lui filer entre les doigts. Vous n'apparaissez pas sur la liste des élèves sortant.
-Au château dans mes appartements de préfets. J'y travaillais sur un devoir.
-Quelqu'un pourrait confirmer ?
-Mindy, l'elfe en chef, elle m'a amené mon déjeuner vers treize heures. Potter pourra également vous le confirmer, il a passé le reste de l'après-midi avec moi.
Harris s'étonna de l'alibi mais reprit sans relever l'association « Potter-Malfoy » :
-Merci, Monsieur Malfoy, ce sera tout, pour le moment.
Drago tourna les talons en maudissant Potter d'avoir vu juste concernant Harris, il ne serait en effet pas facile de manipuler l'Auror, alors avant de débarrasser le plancher, le Serpentard se figea la main sur la poignée, lâchant entre ses dents, de quoi mettre la puce à l'oreille de l'Auror :
-A la rentrée, après ma nomination de préfet en chef, Albus Dumbledore m'a dit que les passages secrets de l'école étaient munis de sortilège espion. Quiconque les empreinte est détecté par le sortilège qui relève la date de passage, l'heure mais aussi, l'identité de la personne. Vous devriez chercher de ce côté Auror Harris, parce que ma femme et moi n'avons rien à voir dans cet attentat.
La porte claqua sur ces mots. Gregg ne chercha pas à retenir l'héritier Malfoy, leur entretien l'avait rendu pensif et curieux.
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A suivre…
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Voilà mesdames, j'espère que ça vous a plu !
On se retrouve au plus tard le 11 Mai pour la suite, en attentand, je vous souhaite bon vent à toutes.
A bientôt.
VivinChlotte.
RAR's :
Charliee3216 : Coucou, je suis contente que tu ai aimé le précédent chapitre. J'espère que celui-ci t'aura autant plus, même si Hermione n'est pas là... Mais bon, entre nous, ne t'inquiètes pas trop pour elle, Hermione gère un max ^^ !
Swangranger : Ma plus fidèle parmis les fidèles ! Merci de ton commentaire et j'espère que ce chapitre t'a plu. A bientôt !
Math'L : Euh oui, malheureusement, ce bon vieux Albus n'est plus. Je remarque qu'on ne peux rien te cacher, enfin une lectrice attentive aux détails et qui cogite ^^ ! Oui c'est très con d'attirer l'attention comme ça hein... Dis-toi qu'ils vont s'en mordre les doigts nos petits chouchous ^^ ! En ce qui concerne le Drarry il arrive ( au prochain chapitre ma petite dame ) et je te demanderai toute l'indulgence dont tu seras capable parce que ce sera mon tout premier. Voilà, j'espère que ce chapitre t'as plu !
Filipine : Merci de ton message ! J'espère que le chapitre t'as plu !
Ecathe28 : Merci beaucoup de ta review que j'ai pris un plaisir fou à lire ! Je dois t'avouer qu'au départ le POV Blaise-Pansy était bien plus long que ça et on n'enchainait pas les galipettes avec une discussion sérieuse mais, il a fallut couper et faire des choix... Quand à Harris et Ombrage, je ne sais pas si tu t'en souviens mais ces deux là ont une affaire personnelle à régler ( Harris a perdu sa femme enceinte durant la dernière guerre) et crois-moi l'Auror ne va pas la lâcher la truffe rose ^^ ! Voilà j'espère que ce nouveau chapitre aura été à la hauteur ! A bientôt !
FireSilver : Merci de ton message et ne t'inquiètes pas trop pour Hermione, elle a toujours un atout caché dans sa manche cette petite sorcière ^^ ! Quant aux Aurors, on les retrouvera aussi !
Missgryffi : Merci du fond du coeur pour ton message ! Et ne t'inquiètes pas pour ce bon vieux Lulu, il va pas nous lâcher la grappe de sitôt !
Sjrodgers23 : Yes, don't worry Hermione is still alive, but elsewhere ^^ . I hope you liked this chapter ! Thanks for your review !
KJWAnna : Hey ! Je suis toujours contente d'avoir de nouvelles lectrices. C'est sur que cette histoire est plus compliquée que Veela mais je suis contente d'avoir réussi à t'embarquer dans mon trip, tiré par les cheveux, il faut l'avouer !
Coraliedu06130 : Désolée d'avoir coupé le chapitre comme je l'ai fait mais il faut bien un peu de suspens ^^ ! Merci du fond du coeur pour tes messages, j'espère que ce chapitre t'a plu !
