Merci à Camhyoga pour sa correction, ainsi qu'à mes reviewers pour leurs encouragements. Ils me touchent énormément. Merci donc à vous tous de suivre cette fic... ^^ Sur ce, bonne lecture ! =)

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Mafia Blue – Chapitre 26

Shion saisit Saga par le col de son vêtement et le plaqua violemment au mur.

"Où sont-ils ?" cria-t-il, hors de lui.

Mu rejoignit son cousin d'un bond et le ceintura, le forçant à lâcher le grec.

"Arrête Shion ! Calme-toi !

-Que j'arrête ? répéta l'atlante, sans pour autant se maîtriser. C'est à cause de lui si on est ici, et tu voudrais que je me calme ?

-Je sais, mais..., tenta le jeune homme.

-Non seulement ils nous a volés, mais en plus il a essayé de me tuer ! reprit Shion, les yeux brillants de colère.

-Pardon ? fit Saga en écarquillant les yeux.

-Pause ! cria soudain Egidio, effaré. On peut savoir exactement ce qui se passe ici ? C'est caméra cachée ou quoi, là ?

-Explique-leur ! siffla Shion à son cousin, sans pour autant lâcher Saga des yeux. Dis-leur pourquoi on a été obligés de venir jusqu'ici !"

L'ancien tireur d'élite se tourna vers Mu, sourcils froncés. A côté de lui, il sentit Dokho se raidir. L'impression d'avoir été dupés transparaissait sur leurs visages. Mu détourna les yeux, gêné, et commença à expliquer, tandis que l'homme qui accompagnait Saga se rapprochait de ce dernier :

"Vous savez déjà que mon cousin est le gardien de la mémoire de notre peuple. Il y a une légende qui a fait la réputation atlante : celle des douze armures d'or.

-Camus m'en a parlé, marmonna Milo. Le rôle des grands prêtres est de les réparer. Et Shion et toi êtes tous les deux grands prêtres, d'après les points que vous avez sur le front."

Mu hocha lentement la tête.

"Je suis apprenti, mais sinon c'est ça. Il ne s'agit que d'une histoire, personne ne sait si elle est vraie ou non. Mais nous avons en héritage les outils qui auraient servis à les confectionner."

A ces mots, Shion tiqua. Mu resserra un peu sa prise, et continua :

"Ces outils sont sacrés pour nous. Les grands prêtres en ont la responsabilité, il s'agit de leur tâche la plus importante...

-Et j'ai failli..., souffla Shion en serrant les dents.

-Ce n'est pas de ta faute ! protesta Mu.

-Continue" ordonna Aldébaran.

Le jeune homme acquiesça.

"Un étranger est venu un jour dans notre village... Il a dit qu'il était passionné d'antiquités et qu'il souhaitait voir nos outils sacrés. Cet homme, c'est Saga Gemini."

Tout le monde se tourna vers le grec.

"C'est vrai, je suis allé au Tibet pour les voir..., confirma Saga. J'ai même proposé de les acheter, ces outils sont absolument magnifiques. Mais ils ont refusé, ce que je comprends parfaitement.

-Et c'est pour ça que vous avez préféré nous les voler !" rugit Shion.

Saga redressa la tête et cingla :

"Je n'ai rien à me reprocher ! Vous m'accusez de choses que je n'ai pas commises. J'ignorais même qu'une telle chose se serait produite, ajouta-t-il avec un air désolé. Qu'est-il arrivé exactement ?

-Quelques jours après que vous soyez passé, reprit Mu, mon cousin et moi avons dû nous absenter tous les deux. Un accouchement difficile avait lieu, nous n'allions pas laisser cette femme mourir."

Mu croisa le regard de Shion et le soutint sans hésiter, comme l'assurant ainsi de son soutien.

"Nous avons laissé les outils sans surveillance. En revenant, ils avaient disparus. A leur place, un message nous était adressé. Quelqu'un nous demandait de le rencontrer, à New Dehli.

-Que voulait-il ? demanda Shura.

-Nous proposer un marché : venir en Grèce et travailler pour eux. Nous devions utiliser notre savoir-faire en échange de la restitution des outils sacrés.

-Pourquoi être passés comme clandestins alors ?

-C'étaient les instructions, répondit Shion. Pour qu'on ne se fasse pas repérer.

-Quand tu dis 'eux'... Tu parles d'Hadès ?" interrogea Aldébaran.

Mu opina, avant de terminer :

"Nous avons obéi... Et vous connaissez la suite.

-Vous êtes venus dans un pays dont vous ignoriez tout, pour deux objets ? répéta Milo.

-Nous parlons très bien le grec, Mu et moi, répliqua Shion. Je suis professeur de langue et d'histoire à mi-temps, à Bombay, et mon cousin aussi.

-Je me disais bien que c'était trop beau de vous avoir appris le grec aussi rapidement, se renfrogna Milo. Mais vous ne connaissiez quand même rien à Athènes, si ?

-Un ami nous a servi de relais, expliqua Mu. Il nous a aidé à préparer notre venue et cherchait de son côté si les outils étaient mis en vente."

Milo et Egidio se lancèrent un regard.

"Tu veux dire... que vous connaissez Shaka ?

-C'est un ami à moi. Nous avons fait nos études ensemble, avant qu'il entre dans la police, acquiesça le jeune atlante. Quand il a appris que nous avions été contactés par Hadès, il a pensé que ce serait un moyen pour vous de les attrapper une fois pour toutes. Après avoir été arrêtés, nous aurions trouvé un moyen pour que les Juges nous rende les outils...

-Donc en clair, vous nous faites un flan depuis le début, c'est ça ? résuma l'italien. Bah au moins si vous êtes virés de votre boulot, vous pourrez vous reconvertir en acteurs !"

Shion se tourna vers l'ancien tireur d'élite et siffla :

"Tu ne peux pas comprendre nos motivations... Alors ne nous juge pas !

-On vous a quand même fait confiance ! riposta sèchement Egidio.

-L'homme qui vous a contactés..., intervint Shura, sourcils froncés. Est-ce que c'est celui dont vous nous avez fait le portrait robot ? demanda-t-il en montrant la feuille.

-Oui, c'est lui.

-Mais c'est..., murmura Saga en regardant le dessin. Par pitié, dites-moi que c'est un cauchemar..." soupira-t-il en fermant les yeux.

Aldébaran s'avança vers lui, aux aguets.

"Vous savez de qui il s'agit ?" s'enquit-il.

Le grec rouvrit les paupières et hocha la tête, abattu.

"C'est l'amant de mon frère.

-Quoi ? C'est une blague ?"

Saga se tourna vers le policier, étonné.

"Vous connaissez Kanon ?

-Oui, c'est un ami, répondit Milo, effaré.

-Et vous n'êtes pas au bout de vos surprises, intervint sombrement l'homme qui accompagnait Saga.

-Vous êtes ? demanda Shura.

-Ayoros Fotia, secrétaire de monsieur Gemini. Si nous sommes ici, c'est justement à propos de Kanon..."

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Eaque ferma les yeux avec un air fatigué. Il avait laissé son lit à Sui et avait vaguement dormi sur son fauteuil, dans une position très inconfortable. Le frère de Kagaho ne lui avait pas adressé un seul mot, se contentant de le regarder en chien de faïence lorsqu'il était revenu après avoir raccompagné l'assassin. Le népalais n'avait pas cherché à engager la conversation : il savait d'expérience que ça ne servait à rien. Il était un peu pareil, étant enfant : ne jamais prononcer un mot si on voulait rester silencieux. Pas un cri, jamais. Et subir en silence.

Eaque se redressa, l'esprit encore embrumé, et quitta sa chambre pour rejoindre la cuisine. Une délicieuse odeur de thé noir flottait dans l'air. Rhadamanthe était installé à la table, en compagnie de Rune et de Minos. Les deux norvégiens se lançaient de temps à autres des regards mêlant douceur et inquiétude, aucun des deux ne réalisant réellement ce qui s'était passé entre eux la veille.

"Je suis désolé..., avait soufflé Minos, la tête basse.

-De quoi ?

-De ne t'avoir jamais dit que tu comptais pour moi.

-Je ne te l'ai jamais dit non plus, avait rétorqué sobrement Rune. Ce n'est pas ça qui nous a empêché de vivre quelque chose ensemble.

-Mais ça aurait pu être... meilleur, avait hésité Minos.

-C'est que tu n'en avais pas besoin à ce moment-là. Et puis, on a encore du temps pour se rattrapper..."

Le Juge avait hoché la tête, un léger sourire aux lèvres, avant de prendre Rune dans ses bras et de le serrer contre lui, et lui avait murmuré, ses lèvres proches de celles de son amant :

"Je t'aime, Rune."

Eaque esquissa un sourire mi-moqueur mi-attendri en regardant les deux norvégiens, puis déclara :

"Rhada, non seulement ton café est extraordinaire, mais ton thé l'est encore plus. Ça embaûme dans tout l'immeuble !

-Assieds-toi au lieu de débiter des âneries, sourit l'anglais.

-Très bien, j'obéis, rit le népalais. Qu'est-ce que c'est, le thé ?

-Un nouveau, qui s'apelle Golden Nepal (1). Je me suis dit qu'il était fait pour toi."

Eaque hocha la tête et saisit la tasse que lui tendait Rhadamanthe, avant d'avaler une gorgée du liquide au goût discret et subtil.

"Merveilleux... Tout simplement merveilleux. Tu as des goûts extraordinaires, Rhada.

-Sauf en ce qui concerne celui dont il est fou, grommela Minos.

-Je pourrai te dire la même chose, rétorqua Rhadamanthe en haussant un sourcil.

-Rune est parfait ! siffla le norvégien, vexé.

-Allons, allons, se moqua Eaque. Il n'y a que moi qui ai bon goût en matière d'amant, voyons (2).

-Ah vraiment ?"

Avant que le népalais n'ait eu le temps de répondre, son téléphone sonna.

"C'est toujours lors de conversations importantes qu'on est interrompus, soupira-t-il avant de décrocher. Kagaho ? Qu'est-ce que...?"

Le visage d'Eaque se décomposa lentement. Minos et Rhadamanthe furent immédiatement aux aguets, inquiets.

"Reste sur place, on aura besoin de savoir ce qu'ils prévoient, fit soudain le népalais d'un ton sec. Rappelle moi immédiatement si jamais tu apprends autre chose !"

Il raccrocha violemment et se tourna vers l'anglais. Rhadamanthe se raidit, certain qu'il n'allait pas apprécier ce qu'il s'apprêtait à entendre.

"Ils savent pour Kanon. Ils sont en route vers chez lui.

-Ton portable !"

Eaque le lui tendit sans hésitation. Rhadamanthe composa le numéro de son amant avec des gestes fébriles. Un soulagement intense le saisit lorsqu'il entendit la voix du grec :

"Allô ?

-Kanon, où es-tu ? s'écria l'anglais.

-Je suis chez mon frère. Je reviens juste des courses, pourquoi ? Tu as envie qu'on se voit ?

-Kanon, écoute-moi bien ! Il faut..."

Un bruit de serrure les interrompit soudain.

"Je te laisse, Saga vient de rentrer. Je te rappelle après, d'accord ?

-Non, Kanon ! Kanon !"

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Kanon déposa son téléphone sur la table, avant de rejoindre son frère à l'entrée. Saga restait debout sur le tapis, la tête basse et les sourcils froncés.

"Tu fais une de ces tronches, commenta le cadet avec un rire. T'as pas trouvé l'aspirine ou quoi ?

-Si. Mais pas seulement."

Kanon s'arrêta à quelques pas de son frère, son coeur s'accelérant imperceptiblement...

Non...

Saga se redressa et s'avança vers lui, le regard dûr.

"Je sais tout, Kanon.

-De quoi tu parles ? tenta le cadet.

-Le détournement de fond. Le Dreminal. Hadès. Tout."

Kanon recula d'un pas, puis d'un autre, au fur et à mesure que Saga s'approchait de lui.

"Je ne comprends pas, Kanon, reprit Saga, implacable. Qu'est-ce qui te manquait, ici ?

-Un amour que tu n'as jamais su me donner, répondit le cadet en relevant le menton avec défi. Rhadamanthe l'a su, lui.

-C'est à cause de lui que tu as fait tout ça ?"

La voix de Saga était douloureuse, vascillante, mais inébranlable. C'était un Saga qu'il ne connaissait pas qu'il avait devant lui. Kanon n'avait toujours cotoyé que le Saga indécis, voire craintif, et qui n'osait pas se mettre en avant. Là... il assumait. Kanon l'avait trahi, Kanon lui avait menti, Kanon avait aidé un Juge d'Hadès... Kanon était coupable, et Saga l'assumait.

Le cadet secoua la tête et répliqua :

"Pas à cause de lui, Saga, mais pour lui.

-Est-ce que tu te rends compte du nombre de personnes qui souffrent à cause d'Hadès ?

-Est-ce que tu sais ce que j'ai ressenti quand tu m'as ignoré, il y a quelques années ?

-Ça n'a rien à voir, enfin ! riposta Saga.

-C'est le même raisonnement."

Les deux frères se jaugèrent du regard.

"Tout n'est pas perdu pour toi, Kanon, reprit l'aîné.

-Tu es allé voir la police ? Je ne suis même pas étonné, tu vois. Est-ce que Milo était là ?"

Saga hocha la tête. Kanon poussa un soupir.

"Il va m'en vouloir... Je pensais lui présenter Rhada, tu sais. Milo et moi on est... On était amis.

-Dis-moi où se cache Hadès, Kanon ! On pourra faire quelque chose pour toi !

-Comme alléger ma peine de prison ? railla Kanon en croisant les bras. Inutlie de rêver, mon pauvre Saga ! Je ne balancerai jamais Rhada.

-Mais c'est toute ta vie que tu fous en l'air !

-Ma vie, c'est lui. Et c'est toi qui est en train d'essayer de la détruire. Maintenant appelle les flics, qu'ils viennent m'embarquer. Je te dirai plus rien."

Saga retourna à la porte d'entrée et l'ouvrit sur Milo, qui attendait au-dehors. Le grec entra et rejoignit son ami, la colère lui vrillant les yeux. Il passa les menottes à Kanon sans dire un mot, avant de l'entraîner hors de l'appartement.

Avec dégoût, Saga arracha le micro qu'il portait sur lui et le jeta dans la poubelle, les mains tremblantes.

"Ayoros, tu m'entends ? rugit-il. Tu es satisfait maintenant ?"

Resté au commissariat, le secrétaire baissa le volume du récepteur avec un soupir. Shura le regarda avec incompréhension. Le grec s'en aperçut et esquissa un sourire triste :

"S'il a besoin de déverser sa culpabilité sur moi, je ne l'en empêcherai pas. Au moins, il est sauf.

-Mais à quel prix..." conclut Aldébaran.

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(1) Ce thé est l'un de mes préférés... Allez savoir pourquoi ! XD

(2) Dois-je préciser que je suis entièrement d'accord avec lui ? ... Non ? ... Tant pis, c'est fait quand même ! :p