Que de bonnes nouvelles en ce moment n'est pas ? Jared papa ! Awesome comme qui dirait ! Je suis ravie pour Gen et lui !
Encore merci à lilisurnatural et elisab pour leur reviews.
Colère, lettre et steak-frites !
Sioux Falls, Dakota du Sud – 1994
Même Missouri n'avait rien trouvé et Bobby se demandait comment il faisait pour ne pas désespérer. Le chasseur avait l'habitude de passer par toutes les phases de colère et d'inquiétude avec les Winchesters, mais là, il se sentait comme vieillit de dix ans.
John était introuvable, sûrement entre les mains des démons. Et ses fils étaient Dieu sait où, séparés sans nul doute. Bobby avait épluché tout son répertoire, cherchant de l'aide parmi le moindre de ses contacts. Certains avaient tout simplement ignoré ces appels, d'autres lui avaient raccrochés au nez, une autre poignée avait lancé qu'ils se renseigneraient, et les derniers avaient prétexté qu'ils étaient occupés.
- Bande de…
- Bobby. Appela alors la voix calme de Jim.
Terminant de pousser son juron dans sa tête, Singer raccrocha le téléphone en se tournant vers le prêtre.
- Quoi ? Grogna-t-il.
- J'ai eu Caleb…il est sur une chasse dans son secteur, il a promis de venir dès qu'il aurait terminé.
Bobby remercia son ami d'un bougonnement accompagné d'un bref signe de tête. Il ne parlait plus beaucoup depuis ces derniers jours, il ne dormait plus non plus d'ailleurs, et il était d'une humeur massacrante. Seul des habitués pouvaient le supporter…Comme Jim Murphy, ou son ami Rufus Turner, qui comprenaient parfaitement son angoisse.
- Tu devrais aller te reposer un peu. Suggéra gentiment le prêtre.
- Hors de question !
- Jim a raison Bobby…t'as pas vu la tête que t'as ! Tu ferais fuir une goule !
Pour toute réponse, Rufus s'attira le regard mauvais de son ami, qui s'éloigna de quelques pas avant de se diriger vers la cafetière. Il remplit une tasse jusqu'aux ra-bords et se tourna vers les deux autres chasseurs, comme s'il les défiait de lui dire quelque chose.
Comprenant qu'il n'aurait pas le dernier mot, Jim déposa les armes et reprit, appréhendant légèrement la réaction de Bobby.
- Bobby…Missouri n'a rien trouvé concernant John.
- Je sais. Grogna Singer, le regard perdu dans sa tasse.
Le prêtre lança un bref regard en biais à Rufus qui l'encouragea d'un indistinct sourcillement.
- Il faudrait peut-être que…qu'on revoit nos priorités.
Mais, contrairement à ce qu'il craignait, Bobby n'entra pas dans une colère noire, il se contenta simplement de fermer les yeux en soupirant.
- Je sais.
Et en effet, Bobby savait bien qu'il devait revoir ses priorités. Il avait d'ailleurs redouté ce moment. Recherché John avait été mis au sommet de sa liste de manière tout à fait naturelle. Il était entre les mains des démons, ce qui faisait de cette affaire un job comme un autre. Oui, mais plus le temps passait, plus les chances de le retrouver vivant diminuaient, et plus les risques de ne jamais revoir les fils Winchesters augmentaient.
D'ailleurs, Singer savait bien qu'elle aurait été la volonté de John. Non pas qu'il pensait déjà à lui comme s'il était mort, mais il lui avait toujours demandé de veiller sur ses enfants. Et c'était précisément ce que Bobby comptait faire.
- On doit retrouver Sam et Dean.
Jim parût soulagé, mais il ne dit rien, au lieu de cela il reprit avec un calme olympien.
- Bien. Dans ce cas, j'ai peut-être une idée pour que tu puisses obtenir leur garde de manière légal. Tant que John n'est pas là bien entendu.
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Dire que Crowley était contrarié aurait été un euphémisme. D'ailleurs, il avait avancé la date limite de certains de ses contrats juste pour se passer les nerfs. Il avait détruit son bureau était tué quelques démons de seconde zone qui ne servaient à personne. Il avait ensuite fait un lancé de bouteilles de whisky, et l'avait regretté aussitôt, puisqu'il n'avait plus rien à boire.
Les rumeurs qui couraient sur John Winchester étaient vraies, il avait eu l'occasion de s'en rendre compte un peu plus tôt alors que Lilith était venue le voir avec une idée qu'elle avait trouvé brillante.
- On va le libérer ! Avait annoncé joyeusement la gamine en sautillant sur place et en tapant des mains.
Impassible, Crowley avait continué à faire tourner ses glaçons dans son verre.
- Tu m'expliques où est l'intérêt ?
- Ben on le renvoie chez lui, mais on fait en sorte que ça ne soit pas lui…
Le démon s'était alors désintéressé de sa boisson et avait levé les yeux vers Lilith qui s'était mise à sauter avec frénésie.
- Oh dis oui dis oui dis oui !
Crowley arquait un sourcil, toujours aussi surpris par l'attitude de cette folle.
- Si tu veux…
Lilith avait donc quitté la pièce, plus ravie que jamais et était partie chercher le démon idéal. Elle l'avait trouvé assez vite, et après lui avoir expliqué sa mission, celui-ci s'était dirigé vers la cellule de John. Curieux, l'amateur de whisky avait observé la scène.
Trop faible pour voir le danger arrivé, le chasseur n'avait réagis que trop tard lorsque l'épaisse fumée noire l'entoura, et déjà, Lilith se mis à éclater d'un rire cruel et sadique.
Sauf que la joie de la gamine fut de courte durée…A peine quelques secondes après que le démon ne soit installé dans son nouveau corps, il s'était mis à grimacer, et ses yeux noirs avaient presque aussitôt disparus…John avait repris le contrôle, et avait profité de ce moment de lucidité pour réciter un exorcisme.
Le démon avait alors été expédié de son corps avant de s'enfuir, évitant ainsi de justesse un piège à démon, dessiné au plafond juste au-dessus de la porte. Epuisé mais satisfait, Winchester était tombé à genoux avant de lancer un regard de défis à Lilith et Crowley, qui avait tout vu depuis la meurtrière.
La gamine était alors entrée dans une rage folle, pestant, jurant, tuant, tapant…Et bien évidemment, elle hurla à l'adresse du démon des croisements que tout était de sa faute et qu'il ne servait à rien. Le tout sous les yeux amusés du chasseur.
Donc oui, Crowley était hors de lui…parce que Lilith était une folle furieuse qui ne reconnaissait pas ses erreurs. Parce que John Winchester était digne de sa réputation et parce qu'il était passé pour le dernier des idiots. Sauf qu'il était rancunier...Très rancunier même. Lilith le prenait pour un incapable ? John lui riait au nez ? Parfait.
- Vous m'avez demandé ?
La voix tira alors le démon de ses réflexions, aussi il reporta son attention sur le nouveau venu.
- Oui, rassemble les autres vous partez en mission.
- Bien…Quelle est-elle ?
Crowley but une nouvelle gorgée d'un liquide qu'il n'avait pas encore identifié et souffla.
- Ramenez-moi les fils Winchester !
Castle Rock, Colorado – 1994
Parfois, Dean avait l'impression d'oublier son âge. Il oubliait même qu'il 'était ni majeur, ni adulte, même s'il se comportait comme si c'était le cas. Il avait tout juste seize ans, mais savait conduire depuis longtemps. Il repérait les coins douteux de chaque villes dans lesquelles lui et sa famille allait, et sentait le danger à des kilomètres. Il connaissait quelques bons remèdes contre la gueule de bois et s'en servait parfois pour son père, lorsque celui-ci revenait d'un job particulièrement pénible et qu'il s'était arrêté quelques heures dans un bar avant.
Il connaissait les motels, leurs avantages, leurs dangers et savait gérer un propriétaire en colère. Il savait trouver de la nourriture, même quand ils n'avaient plus un sous et enfin, il était parfaitement capable de se servir de presque n'importe quelle arme. Bref, parfois, Dean avait l'impression qu'il avait été programmé pour prendre soin de son père et de son frère.
Quelques fois, l'enfant qu'il n'avait presque pas été regrettait cette situation. Dans ces moments-là, l'ainé sortait, soit pour aller draguer, soit simplement pour se changer les idées. Mais la plupart du temps, Dean se montrait responsable et mature…Du moins, en situation de crise comme aujourd'hui.
N'importe quel adolescent de son âge qui se serait retrouvé à sa place aurait eu pour priorité : « rentrer à la maison et retrouver papa ». Mais pas lui…Non, sa priorité était plutôt : « ramener Sammy à la maison sain et sauf ».
Il lui arrivait de se demander si son comportement de grand frère hyper protecteur avait été engendré par l'incendie et la mort de leur mère…Ou s'il l'avait toujours eu…Peut-être que si Mary était toujours en vie, alors Dean continuerait de se comporter comme ça avec son frère…Peut-être pas, mais ça, il n'arrivait même pas à l'envisager.
- Tu t'es battu ?
Le jeune homme savait bien que Sam faisait référence à la marque violacée qui ornait sa mâchoire, vestige de son altercation de la veille.
- C'est rien. Souffla-t-il.
Il avait choisi les ruelles…Les types qu'ils croisaient étaient peut-être louches et malsains, mais ou moins, ils ne risquaient pas de tomber sur des flics. Peut-être était-ce l'angoisse de se faire reprendre, ou l'urgence de leur situation, mais Dean avait attrapé la main de son frère il y a de ça quelques minutes, et l'avait entrainé à sa suite, courant dans les ruelles humides. Finalement, ils s'étaient stoppés à la sortie de l'une d'entre elle, qui venait de déboucher sur un carrefour plus fréquenté.
Le jeune homme s'accorda quelques instants pour reprendre son souffle et en profita pour se tourner vers Sam. Instinctivement, il noua son écharpe autour de son cou avec soin.
- ça va ? Lui demanda-t-il avec inquiétude.
L'enfant jeta un coup d'œil à la rue avant de répondre tout bas.
- Moui… est-ce que tu as un plan ?
- Prend un air naturel…Et surtout, le plus important Sammy…
- Evite de croiser le regard des gens ! Termina ce dernier en chantonnant.
C'était à la fois dur et triste…Combien de fois avaient-ils été livré à eux même dans une ville, obligés de parcourir des kilomètres pour retrouver leur père…Dean ne comptait même plus, il constatait simplement que Sam avait retenu la leçon, et ça c'était le plus important. Car lui était presque adulte, il savait se débrouiller…Mais un jour ou l'autre, son frère se retrouverait forcément livré à lui-même, peut-être même plus tôt que prévu, et alors, les conseils et les avertissements de Dean et de John lui reviendraient et l'aideraient sans doute à se tirer d'une quelconque situation délicate.
- Très bien. Tu es prêt ?
Il approuva.
Et évidemment, la désagréable impression d'être observé par tous les assaillit. Pendant quelques secondes, Dean avait même imaginé tous les passants avec des yeux noirs. Et puis, Sam avait attiré son attention sur la droite, lui montrant des allées moins fréquentés. Ils ne tardèrent pas à s'y engager.
Par chance, la pluie ne tombait pas encore, mais les gros nuages noirs qui assombrissaient le ciel de minutes en minutes n'étaient pas vraiment annonciateurs de beau temps.
Ils avaient pris deux bus, et ce fut aux alentours de 15h que la ville sembla peu à peu s'éloigner.
- Où est-ce qu'on va maintenant ? Demanda Sam, qui n'avait pas ouvert la bouche depuis des heures.
Sans doute s'était-il aperçu que Dean était à cran, écoutant, observant, prévoyant le moindre danger…Mais la route s'était transformé en chemin de campagne et se perdait au milieu d'immenses champs avant de disparaître à l'horizon d'une colline. Le ciel grondait au loin, et les menaçait d'un orage d'un moment à l'autre.
Dean s'arrêta alors, parcourant les environs d'un regard circulaire.
- La priorité est de se mettre à l'abri…j'aimerai mieux ne pas rester ici si un orage se déclare.
- Il y a une forêt là-bas.
L'idée n'avait rien de réjouissante, bien au contraire…le jeune chasseur qu'il était ne savait que trop bien quel genre de créatures s'abritaient dans une forêt. Comme s'il avait lu dans son esprit, Sam insista.
- On ne peut pas retourner dans la ville...ça nous retarderait et en plus, on pourrait très bien tomber sur quelqu'un qu'on connait ou sur des flics.
Dean approuva d'un vague hochement de tête.
- Tu as raison…Mais on reste à la lisière, on ne s'y enfonce pas compris ?
Et ils avaient bien fait, car l'orage éclata environ quinze minutes plus tard, et c'est trempés que les garçons allèrent s'abriter sous les arbres. Ils trouvèrent refuge sous un immense sapin, qui les protégeait parfaitement grâce à ses longues branches allongées. Epuisés, ils se laissèrent glisser contre son tronc avant de reprendre doucement leur respiration.
Machinalement, Dean sortit son arme et vérifia qu'elle était bien chargée avant d'être troublé par son frère, qui toussoutait sur sa droite. Une main devant sa bouche, il avait presque l'impression que Sam essayait de rester discret.
- ça va ?
Presque aussitôt, l'enfant retrouva un semblant de respiration normale et hocha négativement la tête.
- Qu'est-ce qui ne va pas ? S'inquiéta Dean.
- J'ai faim…
Sam se mit à regarder autour de lui, comme si un steak particulièrement imprudent aurait eu pour mauvaise idée de passer par là…Dans l'hypothèse peu probable que les frites suivent le mouvement, Dean préféra se rabattre sur quelque chose de plus réel…Et de moins goûteux.
- T'as de la chance d'avoir un frère comme moi ! Se vanta-t-il en ouvrant son sac.
Le benjamin reporta son attention sur lui, permettant ainsi au steak et aux frites imaginaires de partir en courant.
- J'ai pensé à préparer des sandwichs avant de partir…J'en ai fait plein ! Alors ?
- Alors quoi ?
- Je ne suis pas le meilleur frère du monde ?
Cette question arracha un sourire à Sam.
- Du monde je n'sais pas…mais t'es mon frère préféré !
Dean tandis le sandwich à son cadet ( sandwich qui devait soudain regretté que les steaks ne soient pas de nature imprudente), et fit semblant de bougonner.
- C'est facile…vu que t'en as qu'un !
Sioux Falls, Dakota du Sud – 1994
Le cœur lourd, Bobby avait finalement décidé de laisser Rufus s'occuper de retrouver John, pendant que lui et Jim se chargeaient des fils Winchesters.
Turner s'était donc isolé dans une pièce afin de ne pas perturber son ami avec ses recherches et ses coups de téléphone. La décision n'avait pas été facile, car à part le fait que John Winchester était un emmerdeur, qu'il en faisait qu'à sa tête et qu'il finissait toujours toutes les bières, il restait son ami…Sans doute son meilleur ami. Et Bobby n'aimait pas l'idée de l'abandonner.
- Si John était là, il te dirait de te focaliser sur les garçons.
Le vieux chasseur retira sa casquette avant de se passer une main sur le visage.
- Vas-y…C'était quoi ton idée ? Demanda-t-il brusquement, essayant au maximum de ne pas repenser à son ami, ni à l'endroit où il devait se trouver.
Assi en face de lui, Jim posa les coudes sur ses cuisses avant de joindre ses mains, comme s'il s'apprêtait à prier.
- John m'a donné quelque chose…il y a quelques temps déjà…Mais je l'ai mis de côté et je n'y ai plus repensé. Jusqu'à aujourd'hui.
Intrigué, Bobby fronça des sourcils et reposa sa casquette sur la table à côté de lui.
- Et qu'est-ce que c'était ?
- Une lettre.
Le prêtre fouilla dans sa poche et en sortit un bout de papier plié, et légèrement froissé, qu'il lui tendit.
- Lis-là.
Légèrement hésitant, Bobby l'attrapa néanmoins, la déplia, et commença à l'étudier.
Cher Bobby,
Pardonne-moi de ne pas t'avoir remis cette lettre en mains propres, mais j'imaginais ta réaction si je m'étais risqué à avoir cette conversation avec toi. C'est donc au père Jim que je laisse mes instructions, parce que tu auras besoin de lui.
Si tu lis cette lettre aujourd'hui, c'est que je ne suis plus de ce monde, que j'ai disparu, ou pire encore. Avant tout Bobby, je voulais te dire merci…merci pour nous avoir ouvert ta porte il y a de ça 7 ans. Tu m'as appris tout ce que je sais, et tu nous as offert un refuge à moi et à mes enfants. Je pourrai encore continué sur toute l'aide que tu nous as apporté, et sur la dette éternelle que je te dois, mais je sais très bien que ça va te faire râler.
Inévitablement, Bobby grogna avant de reporter son attention sur le prêtre.
- Pourquoi tu me donnes ça ? John n'est pas mort que je sache ! S'énerva-t-il.
- Non...continue s'il te plait.
Le monde dans lequel nous vivons est froid, cruel, et le danger est partout. Je l'ai appris à mes dépends. Tu es mon ami Bobby, et j'ai confiance en toi plus qu'en n'importe qui d'autre…Alors j'ai une dernière requête, une ultime faveur à te demander.
Dans le cas où il m'arriverait quelque chose, n'importe quoi, et que je sois soit mort, soit plus moi-même, je veux que tu t'occupes de Sam et Dean. Bien sûr, d'un point de vue légal tu n'es pas leur dernier parent, ( même s'ils te considèrent comme leur oncle, sache-le ), alors je te demande de l'être…Leur dernier parent. J'ai tout réglé avec le père Jim, tu as juste à dire oui.
Encore une fois Bobby, je te remercie…pour moi, et pour tout ce que tu as fait, et ce que tu feras pour les garçons.
Amitiés, John Winchester.
La lettre terminée, Bobby leva un regard à la fois interloqué et ému vers Jim.
- Je ne comprends pas. Avoua-t-il.
- Non ? S'étonna le prêtre. Bon sang Bobby c'est pourtant très clair ! John te demande d'être le parrain des garçons !
