Disclaimer : toujours pas, toujours pas, toujours pas...

Pairing : (sorte de) Uryuu Ishida x Cirucci Thunderwitch

Total : 1930 mots

Setting : post-guerre de Karakura, Arrancars ramenés à la vie et confiés à des gardiens

Prompt : Persévérance

Lectrice-test : Leikkona

Une fois de plus, Uryuu soupira. Bien sûr, il avait été le premier à bondir quand les vieilles barbes du Central 46 lui avaient proposé une alliance entre les Quincies et le Seireitei. Enfin, pas vraiment bondi, plutôt accepté d'un air distant, ce n'était de toute façon pas comme s'ils avaient d'autres Quincies sous la main. C'était intéressant, bien sûr, d'être celui qui réussirait à réconcilier son peuple et ces idiots de shinigamis qu'il avait fini par apprécier (un petit peu). Si on lui avait dit que ces imbéciles lui mettraient dans les pattes un Arrancar fraîchement revenu à la vie, bien sûr, il y aurait réfléchi à deux fois. Et il n'était pas sûr que la guerre contre les shinigamis n'aurait pas gagné. Parce que pour lui mettre dans les pattes l'Arrancar qu'il avait combattu, il fallait être particulièrement sadique. Ou avoir une dent contre les Quincies. Bref, il s'était retrouvé avec Cirucci Thunderwitch sur les bras, sans aucun moyen de revenir sur sa parole de peur de passer pour un lâche.

Dans les bons jours, le Quincy se disait que ça aurait pu être pire. Après tout, il aurait pu avoir Szayel sur les bras, si celui-ci n'avait pas été ravi d'avoir été confié à Mayuri, et il n'était pas sûr qu'il n'aurait pas fait passer la terreur rose de vie à trépas. Mais c'était difficile de garder le moral dès qu'il restait plus de cinq minutes à la fois avec elle. On lui avait appris à être galant envers les femmes, ce qui s'appliquait aussi aux Arrancars féminines, et à ne pas penser du mal des autres, c'était indigne de lui. Mais il y avait des fois où Cirucci usait sa patience. En fait... chaque fois qu'elle était éveillée. Elle persistait à grogner, protester, à l'accuser d'avoir gagné en trichant, à le traiter de crétin hautain, et de manière générale, à rendre sa vie difficile et bien plus bruyante que ce dont il avait l'habitude. Plus d'une fois, il avait été tenté de la réduire en poudre et de prétendre qu'elle s'était enfuie ou quelque chose du genre. Mais jusqu'à maintenant, son honneur de Quincy l'en avait empêché. Ca, et le fait qu'il ne voulait absolument pas perdre la face devant des shinigamis qui ne se seraient pas privés pour se moquer de lui parce qu'il n'était même pas capable de garder une Privaròn sans qu'elle lui file entre les doigts.

Bien sûr, il s'était demandé pourquoi elle était aussi pénible. Après tout, il connaissait bien d'autres jeunes filles, et même des femmes, et elles n'étaient pas toutes aussi casse-pieds. En tous cas, pas avec lui, même si Rukia prenait un malin plaisir à redessiner le crâne de Renji et d'Ichigo quand ils faisaient preuve de crétinerie avancée, mais il ne pouvait pas vraiment lui donner tort. Même les filles les plus agitées de sa classe étaient de vrais anges comparés à Cirucci. Bien sûr, il ne les avait jamais battues au combat, ni ne les avait laissées vivre alors qu'elles le suppliaient de les tuer, et elles n'étaient pas des créatures prisonnières de leurs pires ennemis alors ça jouait un peu. En fait, ça jouait même beaucoup. Mais ça n'expliquait quand même pas pourquoi elle était encore plus pénible que les autres Arrancars ressucités et confiés à divers shinigamis et Kurosaki.

Uryuu finit par comprendre le secret que cachait Cirucci et qui la rendait aussi hargneuse complètement par accident. Il pouvait blâmer l'habitude de vivre tout seul, et donc d'entrer sans penser à vérifier si quelqu'un avait oublié les portes. Ou peut-être un acte manqué, parce qu'elle lui chauffait les oreilles. Bref, il ouvrit la porte de sa chambre sans prévenir, et se retrouva face à une Cirucci à moitié nue. Elle poussa un couinement strident et plongea immédiatement à couvert derrière le lit, mais c'était trop tard. Il ne put que rester planté sur place comme si la foudre l'avait frappé, et balbutier un :

- Tu es... un HOMME ?

Son réveil vint heurter son front avec une énergie rare, et l'Arrancar répondit d'un ton hargneux:

- Je ne suis pas un homme, et si tu redis ça ou quoi que ce soit d'approchant, je jure que je te tue !

Uryuu trouva plus judicieux de quitter la pièce en vitesse, avant qu'elle ne décide de le réduire en bouillie. Il se retrouva donc assis sur le canapé, à retourner dans son esprit cette grande découverte : Cirucci Thunderwitch, l'Arrancar vaguement gothic lolita, était... un homme ? Enfin, en apparence, en tous cas. Et... il ne s'en était jamais rendu compte. Alors qu'il la (le ?) côtoyait pourtant tous les jours ! Soit elle (il) était très doué pour déguiser sa silhouette, soit Uryuu était un abruti aveugle. Et il avait suffisamment confiance en lui-même pour ne pas se prendre pour un abruti. C'était donc que Cirucci était particulièrement douée pour se travestir. Mais quant à savoir pourquoi...

Cirucci se laissa tomber sur le canapé, le tirant de sa rêverie. Il remarqua qu'elle laissait un bon mètre entre eux, et qu'elle gardait bras et jambes croisées. Elle répondit à son regard par une oeillade particulièrement assassine. Uryuu avait beau se forcer, il n'arrivait pas à faire coincider cette nouvelle information et ce qu'il voyait. Certes, elle était un peu plus... plate que d'habitude, elle ne portait ni maquillage, ni pince à cheveux épineuse pour tenir une coiffure compliquée, et ses cheveux bouclés tombaient sur ses épaules. C'était... étrange à voir. C'était Cirucci, et en même temps, c'était une personne totalement différente. Il voulut dire quelque chose, s'expliquer, peut-être, mais l'Arrancar ne lui en laissa pas le temps, et assenna d'un ton sans réplique :

- Je ne suis pas un homme. Fais gaffe à ce que tu vas dire.

- Mais alors... que... comment... balbutia le Quincy.

- Je suis une femme. C'est tout ce que tu as à savoir. Ce n'est pas parce qu'il me manque certains trucs que ça change quelque chose.

Uryuu hocha la tête sans rien dire. C'était mieux. Et puis, qu'est-ce qu'il y avait à ajouter ? Connaissant son caractère, rien, il ne valait mieux pas. D'ailleurs, elle n'attendait pas de réponse. Elle s'empara de la télécommande abandonnée et lança la première chaîne venue, un opéra au volume poussé à fond, mais il n'osa pas baiser le son. A la place, une idée commença à germer dans son esprit. Il prit son bloc et entreprit de dessiner. Il était conscient que Cirucci le regardait du coin de l'oeil, mais c'était relégué au fond de son esprit. Tout ce qui comptait, c'était cette idée. S'il réussissait...

Une fois les croquis achevés (qu'il cacha soigneusement pour éviter que Cirucci ne les voie), Uryuu alla fouiller dans ses réserves de tissus. Si ses souvenirs étaient bons, il avait exactement ce qu'il fallait, un beau coton blanc. Tout un rouleau qui se cachait au fond d'une de ses caisses. Il l'amena dans le salon avec tout son matériel : ciseaux, épingles, futur patron, et bien sûr, sa machine. Il était conscient que maintenant, l'Arrancar le regardait ouvertement, en se demandant probablement ce qu'il pouvait être en train de fabriquer, mais il ne dit rien. Déjà, parce que s'il ratait, même si c'était improbable, il pourrait recommencer sans avoir à s'expliquer. Ensuite, et c'était peut-être un peu mesquin, parce qu'elle devrait attendre qu'il ait fini, malgré son impatience. Mettons que c'était sa petite vengeance.

Il lui fallut plusieurs heures pour achever son oeuvre. Plusieurs heures durant lesquelles Cirucci lui tourna autour, demanda un nombre incalculable de fois ce qu'il pouvait bien être en train de faire avec diverses imprécations, grogna, râla, mit la télévision à fond, et finalement se résigna à attendre. Enfin, Uryuu brandit sa création devant lui. Il devait admettre qu'il en était plutôt fier. Pour une belle robe, c'était une belle robe, avec une jupe en cloche couvrant un jupon, une bordure en dentelle, de petites manches ballon. Une fois portée par une personne d'apparence masculine, elle flatterait la taille et donnerait à quiconque la porterait une silhouette féminine. C'était du bon travail. Il rejoignit Cirucci et la lui tendit, en disant simplement :

- C'est pour me faire pardonner.

Cirucci regarda le Quincy, puis la robe, puis de nouveau le Quincy. Elle hésita une petite seconde, puis prit la robe et disparut dans la salle de bain. Uryuu s'occupa de ranger ses affaires, tout en croisant mentalement les doigts pour qu'il n'aie pas déclenché une nouvelle catastrophe. Il n'en faudrait pas beaucoup plus pour qu'il aille ramper aux pieds de son père et lui demande une brouette d'anti-dépresseurs, même s'il devrait reconnaître qu'il était trop faible pour garder un Arrancar (ce qui rendrait probablement Ryuuken ravi).

Un claquement de talons attira son attention, et il leva la tête, pour découvrir Cirucci plantée devant lui. Ce n'était pas pour se vanter, mais la robe lui allait encore mieux qu'il ne l'avait imaginé, et il avait pourtant une imagination assez précise. Il n'avait pas osé ajouter un vrai corset, pour éviter de rendre l'ensemble trop rigide ; à voir le résultat, ça n'aurait pas été nécessaire. Il n'aurait pas cru, même en l'ayant vu à moitié nue, mais Cirucci avait une silhouette en sablier que le corsage moulait joliment. Les dentelles de la jupe s'arrêtaient juste en-dessous du genou, et elle avait pris soin de l'assortir de bas et de talons hauts. Pour compléter le tableau, elle avait à nouveau remonté ses cheveux, tenus par sa pince bizarre, et elle s'était remaquillée. Uryuu ne put que la regarder pendant de longues secondes, avec ce qui devait être une expression de poisson rouge. Finalement, ses neurones se reconnectèrent, et il parvint à balbutier :

- Tu es... éblouissante.

Le compliment eut l'air de la surprendre, mais elle répondit néanmoins par une gracieuse révérence, avant de retourner s'installer pour regarder son opéra, à un volume nettement plus agréable cependant. Uryuu reprit son rangement, mais il souriait, maintenant. Peut-être que coudre des robes qui la rendraient aussi éblouissante et lui permettraient de paraître ce qu'elle était, c'était la clé de son coeur. Pas dans un sens romlantique, bien sûr, il aurait demandé à son père de le réutiliser comme cible de tir avant que l'idée de s'impliquer davantage que ça avec un Arrancar ne lui traverse (consciemment) l'esprit. Mais c'était peut-être un moyen de rendre leur cohabitation plus agréable, et pourquoi pas, de sympathiser ? Et puis, pour quelqu'un de son intelligence, quel défi, d'apprivoiser une Arrancar sauvage et agressive ! Il lui venait justement à l'esprit un opéra en représentation à Karakura. Deux billets creuseraient certes un sérieux trou dans ses économies, mais si c'était pour améliorer son quotidien et rendre Cirucci plus aimable, le sacrifice valait peut-être le coup, pour revoir son sourire et son expression détendue. Il faudrait qu'il y réfléchisse...


Comme d'habitude en cas d'idée tordue, je me décharge totalement de toute responsabilité en plaidant la folie passagère, la théification de mes neurones ou une influence extérieure maléfique. Aujourd'hui, l'influence maléfique, c'est Leikkona et nos séances de RP sans fin (sans fond ?) qui ont donné les idées les plus tordues de la galaxie et environs. Dont "Et si sous ses froufrous de gothic lolita, Cirucci avait un corps d'homme et qu'on l'ait filé à Uryuu pasque lulz" ? Et voilà le résultat. Ca a pas grand-chose à voir avec "persévérance", mais Uryuu qui apprivoise une petite sorcière avec de jolies robes, c'est quand même plutôt rigolo.

Et Cirucci avec une apparence d'homme, c'est quand même vachement choupi, quelque part.

Et Cirucci, elle kiffe l'opéra grave (pauvre Uryuu, qu'est-ce qu'il subit sous ma métaphorique plume...).

Et puis c'est tout !

Review ? :3