Cet OS a été écrit dans le cadre de la nuit du FoF. Ici, le thème était : Vice. Bonne lecture à toutes et à tous. Pour plus d'informations, vous pouvez consulter notre merveilleux forum.

VICE

Selon la définition que Horace Slughorn s'en faisait, un vice était un plaisir inavouable voire honteux (voire les deux à la fois, ça marchait aussi) mais dont on ne pouvait empêcher ni la présence ni le besoin de l'assouvissement. Il n'était pas sûr que ce soit la définition exacte ou officielle mais ça lui semblait globalement correct.

Au fil de ses années d'enseignement à Poudlard, il avait eu l'occasion d'observer ses élèves. Il les avait étudié avec un œil critique et avait pu trouver, chez certains, leurs vices. La jeune Lily Evans par exemple, son élève préférée incontestablement, ne pouvait pas s'empêcher de s'occuper de ce qui ne la regardait pas. Notamment en ce qui concernait les garçons de sa maison. Même lui l'avait remarqué, c'était dire si elle était discrète. Elle écoutait leurs conversations et intervenait alors même qu'elle n'était pas censée la regarder. Evidemment il y avait James Potter qui lui ne semblait pas pouvoir tenir le coup si personne ne le regardait avec admiration. Il paradait, allait jusqu'à s'ébouriffer les cheveux pour se donner un air plus détendu et certainement plus séduisant. Sirius Black avait pour vice de charmer les gens sans jamais cependant s'ouvrir à eux. Il souriait, il écoutait, posait parfois une main sur le bras ou sur la main mais Slughorn était sûr que ce n'était pas par pure philanthropie.

Il y avait encore bien d'autres élèves. Un dénommé Bartram mentait comme un arracheur de dent. C'était presque maladif chez lui. Une adolescente du nom de Alison pariait sur les matchs de Quidditch. Elle y dépensait une fortune. Et sincèrement, Slughorn n'était pas sûr du tout que ça lui rapporte vraiment.

Mais il y avait une autre personne qui, elle, était bourrée de vices. Et Slughorn avait honte de s'avouer qu'il s'agissait de lui-même. Il aimait manger et même beaucoup manger, au point que certains de ses collègues lui renvoyaient parfois des regards un peu étonnés ou écœurés. Evidemment, comme il mangeait avidement, il lui arrivait de salir ses robes. Il était également obnubilé par la reconnaissance et surtout la reconnaissance de ceux qui avaient du pouvoir ou une situation haut placée. Il collectionnait comme il disait les élèves qui avaient réussi, les triaient sur le volet au cours de leur scolarité et s'arrangeait pour les inclure à son club. Les meilleurs élèves, les plus prometteurs, mais également ceux qui avaient un parent ou un proche qui correspondait à ses critères. Et puis il se sentait très attiré par les jolies jeunes filles. Mais là, c'était majoritairement leurs fautes à elles. Plus le temps passait et plus elles semblaient se désinhiber. La mode voulait qu'elles portent des décolletés de plus en plus larges, pour son plus grand plaisir. Il adorait y jeter un œil et se faire quelques idées.

Slughorn aurait cependant aimé que tout ça ne lui soit pas caractéristique. Il enviait Minerva McGonagall qui semblait toujours droite dans tout ce qu'elle faisait. Il admirait la simplicité avec laquelle elle menait sa vie dans les plus pures règles de la bienséance et de la normalité. Pourquoi n'était-ce donc pas aussi simple chez lui ?

Lorsque Dumbledore l'avait prié de revenir enseigner les potions à Poudlard, que c'était à peine s'il ne s'était pas mis à genoux devant lui, le vieux professeur s'en était tellement senti flatté qu'il l'avait laissé insister encore un peu plus. Bien entendu, il n'avait pas menti lorsqu'il lui avait affirmé que revenir à Poudlard détruirait l'anonymat dans lequel il s'était plongé depuis le soi-disant retour de Celui-dont-on-ne-devait-pas-prononcer-le-nom. Il avait réellement eu peur d'être retrouvé et mis à mort, ou pire, torturé. Mais il avait fini par céder à l'un de ses vices lorsque le vieux directeur lui avait assurer qu'il y aurait cette année une célébrité dans sa classe, et pas des moindres : le jeune Harry Potter en personne.