Bonjour tous le monde, comment allez-vous?
Tout d'abord, je tiens à m'excuser pour l'attente sachant que j'avais promis ce chapitre pour la semaine dernière, mais ma bêta était partie en vacances, et comme certains s'amusent à ne relever que les quelques erreurs qui jalonnent nos écrits plutôt que de s'intéresser à leur contenu, à ma jumelle (Madoka ayu) et à moi-même, je ne poste plus sans que ma bêta m'ait donné son feu vert.
Bref, elle m'a renvoyé la correction hier (désolée de ne pas avoir posté plus tôt, mais j'étais d'enterrement ce matin, et je n'avais pas vraiment la tête à ça...)
Donc voici la suite, et désolée pour ceux qui veulent du caskett, ce n'est pas encore pour ce chapitre, mais vous savez si vous avez lu d'autres de mes écrits, que j'aime bien situer l'action du POV des différents personnages, je trouve que ça rend le récit moins monotone. Donc voilà un OV d'un personnage que j'aime bien, en espérant que ce chapitre vous plaira...
Bonne lecture, et n'hésitez pas à me faire part de vos commentaires...
PS : chapitre édité le 04/03/2014
OoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoO
Chapitre 26 :
POV d'Esposito :
Avachi sur ma chaise, la tête rejetée en arrière, les pieds posés sur mon bureau, je lançais dans les airs une boulette de papier que je rattrapais avant de la relancer, encore et encore. En quittant l'appartement de Beckett, Ryan et moi avions eu la ferme intention de foncer chez Castle pour lui botter les fesses, mais le capitaine nous avait demandé de revenir au central pour lui faire notre rapport, et nous n'avions pas eu d'autre choix que d'obtempérer. Et maintenant, j'étais là, me demandant ce qui avait pu se passer pendant que Ryan était dans le bureau de Gates, lui faisant un résumé oral de la situation. J'ignorais ce qu'il s'était passé entre ces deux-là, mais durant toute notre visite chez Beckett, je l'avais trouvé préoccupée, déboussolée, et triste. Et je savais que la seule personne capable de la mettre dans un tel état était un certain écrivain. Et je savais d'expérience que si Beckett était dans cet état, c'était que ça sentait le roussi entre les deux partenaires.
« Yo Bro ! » m'interpela Ryan en sortant enfin du bureau d'Iron Gates.
« Tu es vivant finalement ! » remarquai-je distraitement en me réinstallant de façon un peu plus conventionnelle.
« Ouais. Elle veut que nous bouclions cette enquête rapidement. Elle a vaguement mentionné le FBI… » râla Ryan en se laissant tomber sur sa chaise.
« Tu parles. Dix contre un qu'elle ne les préviendra pas. Pas si elle peut leur damner le pion. Et c'est exactement pour ça qu'elle nous met la pression » ricanai-je en lançant un regard entendu vers mon acolyte.
« En attendant, elle m'a dit que nous pouvions faire appel à quelques uniformes pour les recherches de base. Elle veut que nous nous concentrions sur la recherche de Père et de ce fameux David. L'idée qu'un autre mineur soit en danger ne la réjouit pas. » m'informa Ryan en s'étirant longuement.
« Quels sont les ordres ? » demandai-je en craignant qu'elle ne nous demande de commencer à chercher ce gamin dès ce soir.
« Pour ce soir RAS. Elle nous veut sur le pied de guerre à l'aube. » me rapporta Ryan avec un soupir de soulagement.
« Et pour Beckett ? » m'enquis-je en lançant un regard songeur vers le bureau vide de notre chef.
« Elle râle parce qu'elle n'est pas sur le terrain, mais ne peut rien dire puisque Beckett assure la protection du témoin. De plus je l'ai informée que Beckett avait conservé une copie des dossiers des suspects et victimes potentiels, ce qui l'a un peu calmée » me révéla Ryan en secouant la tête avec un mélange d'agacement et de résignation.
« Et connaissant Beckett, elle a probablement déjà effectué un premier tri et pris contact avec les personnes restantes ! » approuvai-je en feuilletant machinalement un dossier resté ouvert devant moi.
« Et pour Castle ? » voulut savoir Ryan en se dandinant sur sa chaise, lançant un regard qu'il espérait discret à sa montre.
« Bof laissons tomber… » grognai-je alors que je n'en pensais pas un traitre mot.
« D'accord… » marmonna Ryan en posant un regard perçant sur moi avant d'ajouter « Qui êtes-vous et qu'avez-vous fait de mon partenaire ? Un hispanique qui considère que la vie privée de Beckett est une affaire en cours ? »
« Oh la ferme ! » grognai-je en montrant les dents « C'est juste que pour ce soir, on ne peut rien faire. On cuisinera Castle demain. Pour le moment on rentre chez nous ! » terminai-je en me levant.
M'emparant de ma veste, je n'attendis pas que Ryan me suive pour emprunter le chemin de la sortie.
« Je trouve ta non implication plus que suspecte… » lança Ryan en venant se placer à mes côtés.
« De quoi te plains-tu ? Tu vas pouvoir retrouver ta tendre moitié à une heure raisonnable ! Souris mon ami ! » me moquai-je de lui en lui flanquant une grande tape dans le dos.
« Tu es juste jaloux ! » rétorqua-t-il narquoisement alors qu'un sourire débile caractéristique se peignait sur son visage.
Jaloux ? De quoi ? Je n'étais pas pressé de me faire passer la corde autour du cou, merci bien ! Mais aussitôt, une image de Lanie vint danser devant mes yeux, comme pour me rappeler ce qui avait été, et ce qui aurait pu être si nous n'avions pas tous deux d'aussi fortes personnalités. Secouant la tête avec détermination, je chassai ces pensées malvenues de mon esprit. Ce n'était pas le moment de penser à ça et de laisser les regrets m'envahir. Mieux valait pour ma santé mentale me concentrer sur Castle et Beckett. Si j'étais incapable d'arranger les choses avec Lanie, je pouvais au moins m'assurer que ces deux-là ne fonceraient pas à nouveau droit dans le mur.
« Tu commences à dire des conneries plus grosses que toi Bro, c'est le signe qu'il est temps pour toi de rentrer à la maison te faire dorloter par ta petite femme ! » le rabrouai-je alors que nous rejoignions nos voitures respectives.
« Si tu le dis vieux ! » se contenta-t-il de soupirer en secouant la tête d'un air découragé « Et toi qu'est-ce que tu vas faire de ta soirée ? » m'interrogea-t-il en ouvrant la portière de sa voiture.
« Mon cousin m'a proposé une soirée avec une bombe… » improvisai-je avec une indifférence calculée.
« Je vois… passe une bonne soirée dans ce cas » me lança Ryan avec une désapprobation à peine voilée.
« Ouais… merci Bro, toi aussi ! » répondis-je en le regardant s'éloigner avant de se perdre dans la circulation.
Je patientai encore quelques minutes puis sautai dans la voiture et pris la direction du loft de Castle. Je voulais avoir une discussion avec lui d'homme à homme. Je n'aurais pas dû tenir Ryan en dehors de mes projets, mais je savais qu'il m'aurait dit que cela ne nous regardait pas, que nous n'avions pas à nous en mêler. Mais la dernière fois que j'avais laissé couler, leur relation avait connu un blackout magistral, et plusieurs mois s'étaient écoulés avant que les choses ne reviennent à la normale. Alors cette fois, j'allais y mettre mon grain de sel, et pas plus tard que maintenant. Avec une agilité qui témoignait de ma connaissance des rues de cette ville, je me faufilai dans la circulation encore dense à cette heure de la journée, souriant lorsque je me fis klaxonné ou insulté. J'adorais cette ville et cette ambiance survoltée qui la caractérisait si bien. Je trouvais cela vivifiant.
Une petite demi-heure plus tard, je me garai en bas de chez Castle, me glissant entre un énorme 4x4 qui n'aurait pas dépareillé dans une course de Monster Truck, et une élégante Mercedes qui faisait passer ma voiture de fonction pour un vulgaire tas de boue. Haussant les épaules avec fatalisme, je gagnai l'immeuble de Castle au pas de charge et saluai d'un signe de tête le gardien. Celui-ci me reconnut et n'esquissa donc pas un geste pour m'arrêter, et je savais que Castle lui avait demandé de nous laisser aller et venir à notre guise chez lui. Ce qui était plutôt sympa. A force de le fréquenter à longueur de journée, nous en venions presque à oublier que lui et nous n'appartenions pas au même monde. Il était riche et célèbre et nous n'étions que de simples flics. Pourtant, il ne nous le balançait jamais au visage, et ne nous traitait pas avec supériorité comme bon nombre de célébrité. C'était une des choses que j'appréciais chez lui. Ca et le fait qu'il avait rendu son sourire à Beckett.
Enfin la plupart du temps, parce que aujourd'hui son sourire tenait plus de la grimace. Et Castle allait me dire ce qu'il avait fait pour faire naître cette lueur de tristesse dans le regard de Beckett. Elle aurait probablement envie de m'étriper lorsqu'elle apprendrait que je m'étais mêlé de cette histoire, mais ça m'était égal. Je n'allais pas rester là à assister à un second naufrage, d'autant que je savais que cette fois-ci, la brouille serait définitive. Et je n'avais aucune envie d'assister au retour de Kick Ass Killeuse Beckett. Et pas seulement parce qu'elle nous rendrait la vie impossible au 12th. Avec détermination, je cognai contre la porte du loft, bien décidé à convaincre Castle de courir chez Beckett pour se faire pardonner. Et je ne voulais pas savoir comment il s'y prendrait. Tout ce qui m'intéressait, c'était le résultat.
« Hey Bro ! Qu'est-ce que tu fais ici ? Un problème avec Beckett ? » m'interrogea-t-il en ouvrant sa porte avant de s'effacer pour me laisser entrer chez lui.
« Exactement, il y a un problème avec Beckett » déclarai-je en faisant quelques pas dans le séjour, soulagé de constater que nous étions seuls ce qui me faciliterait la tâche.
« Quoi ? » s'inquiéta-t-il en pâlissant dangereusement « C'est Eva ? Le détraqué qui l'a enlevé l'a retrouvée ? Kate est blessée ? » m'interrogea-t-il en me fixant comme si je détenais le secret de la Création.
J'hésitai à le faire mariner, amusé de le voir se décomposer à vue d'œil, mais connaissant Castle, si je ne le rassurais pas dans la minute qui suivait il serait bien capable de se ruer chez Kate pour obtenir des réponses à ses questions, et je n'avais pas prévu de mourir ce soir, ni dans un avenir proche.
« Non non, elle va bien ! » le rassurai-je donc en m'asseyant sans y être invité.
« Ok… » laissa-t-il échapper en soupirant de soulagement avant de se laisser tomber à mes côtés « Alors quel est le problème ? » ajouta-t-il en fronçant les sourcils d'incompréhension.
« Et bien je l'ai trouvée triste tout à l'heure, pas dans son assiette, et je me demandais si tu savais quelque chose… » expliquai-je en observant attentivement sa réaction.
Et je ne fus pas déçu du voyage. Instantanément son expression se ferma, et son regard s'obscurcit, prenant la teinte du ciel un soir de tempête. J'avais raison, il s'était bien passé quelque chose, et si Kate semblait triste, Castle lui paraissait furieux et déçu.
« Va donc poser la question à son chevelu ! » cracha-t-il en crispant les poings comme s'il rêvait de boxer son rival.
« Tu parles de Josh Davidson ? » m'étonnai-je en ayant l'impression d'avoir raté un épisode « Je croyais qu'il ne faisait plus partie du paysage ? » ajoutai-je en me demandant ce qui avait pu amener Castle à croire le contraire.
« Et tu connais beaucoup de femme qui embrasse leur ex ? » railla-t-il en se levant pour faire les cent pas tel un lion en cage.
« Allons Bro… Kate n'aurait jamais dit à Lanie qu'elle avait largué motorcycle boy si ce n'était pas le cas ! » tentai-je de le rassurer.
« Je sais ce que j'ai vu Espo ! Elle m'invite à déjeuner tout ça pour me faire comprendre qu'elle était de nouveau en couple avec son cardiologue de malheur ! » ragea-t-il en secouant la tête d'un air dégouté.
« Ce n'est pas le genre de Beckett ça Bro… » remarquai-je en fronçant les sourcils, tentant de comprendre ce qui avait pu se passer.
« Je sais ça, mais là… » soupira-t-il d'un ton défait avant de se rasseoir lourdement à mes côtés.
« Ecoute vieux, si tu veux des réponses, tu vas devoir aller la trouver et lui poser la question, ça ne sert à rien de rester là à ruminer ! » déclarai-je fermement en lui frappant légèrement l'épaule dans un geste de soutien.
« Je sais Bro, mais pas ce soir. J'irais la voir demain, mais là j'ai peur de lui balancer des horreurs au visage, et je ne veux pas que ça arrive …. » avoua-t-il en se passant une main lasse dans ses cheveux décoiffés.
« C'est une sage décision, mais tu devrais au moins l'appeler, qu'elle cesse de s'interroger sur les raisons qui t'ont poussées à lui poser un lapin » lui fis-je remarquer en me demandant si ces deux-là seraient un jour sur la même longueur d'onde au même moment.
« Je voudrais bien, mais c'est elle qui a mon téléphone… » marmonna-t-il en faisant la moue.
« Nop ! C'est moi ! Elle m'a chargé de te le rapporter ! » révélai-je en exhibant ledit téléphone comme l'aurait fait un prestidigitateur.
« Merci » souffla-t-il du bout des lèvres en s'emparant de son jouet préféré qu'il se mit à observer d'un air songeur.
« Si tu ne veux pas lui parler, envoie-lui un texto ! » soupirai-je en roulant des yeux tant j'avais l'impression de donner des conseils à un ado qui draguait pour la première fois.
Il acquiesça, et se mit à taper sur les touches avec dextérité. Discrètement, incapable de résister à la tentation, je me penchai en arrière comme pour m'adosser contre le canapé, et lisait par-dessus son épaule.
« Hey, je sais que tu dois être furieuse, et je suis vraiment désolé pour ce midi…
J'ai eu un imprévu de dernière minute, et comme tu avais mon IPhone,
je n'ai pas pu te prévenir…
Et non, ce n'est pas une excuse bidon lieutenant…
Je te promets de trouver le moyen de me faire pardonner,
quitte à te laisser le choix de la punition…
Tu sais que j'aime vivre dangereusement, surtout à tes côtés…
Nous allons devoir prendre le temps de nous poser plus de quelques minutes
et de discuter franchement toi et moi…
Je t'apporte le café demain matin au saut du lit ?
Jusqu'au matin… C »
Très intéressant ce message. Depuis quand se tutoyaient-ils ? Et surtout depuis quand Castle usait-il d'une telle familiarité pour s'adresser à Beckett ? Bien sûr, ils avaient toujours flirté tous les deux, se taquinant et se cherchant sans cesse, mais là ce message allait au-delà. J'avais vraiment l'impression qu'ils étaient en couple en lisant ce simple texto, et cela expliquait que Castle prenne si mal la réapparition du Chevelu. Je me mettais à sa place. Si j'avais la chance de concrétisé avec la femme de mes rêves, je n'apprécierais pas du tout que son ex revienne et tente de récupérer sa place. Et j'étais persuadé que c'était exactement ce qu'il s'était passé. Beckett était bien trop droite et honnête pour jouer double jeu, surtout avec Castle.
« Tu vois, ce n'était pas si difficile ! » le taquinai-je en me penchant en avant, posant mes coudes sur mes cuisses avant d'ajouter « Tu sais à mon avis, le Chevelu a du mal à accepter de s'être fait larguer, et il a tenté sa chance ce midi. Tu es resté suffisamment pour voir la réaction de Beckett ? »
« Non, j'ai fait volteface dès l'instant où je les ai vu ensemble. Cette vision m'a brûlée la rétine ! » avoua-t-il d'un ton piteux.
« Alors crois-moi vieux, si tu étais resté plus longtemps, tu aurais vu ce cher docteur Ross se faire boxer par une Beckett furibonde ! » rigolai-je en imaginant parfaitement la scène.
« Tu as sans doute raison, mais…. » concéda-t-il avec hésitation.
« Pas de mais Bro, fais lui confiance ! » rétorquai-je fermement.
« Ok, je lui parlerais… » soupira-t-il en m'adressant un sourire de remerciement.
« Voilà qui es parlé ! » affirmai-je en me levant, conscient de l'heure tardive.
« Merci d'être passé Bro » me sourit-il en me raccompagnant vers la porte.
« Vous êtes mes amis tous les deux, et si je peux aider… » rétorquai-je en haussant les épaules avec désinvolture.
« Dans ce cas, si je peux me permettre un conseil, parle avec Lanie. J'ignore les raisons de votre rupture, mais si Kate et moi sommes faits l'un pour l'autre, la réciproque est vrai en ce qui vous concerne Lanie et toi. Alors mets un mouchoir sur ton orgueil et parles-lui avant qu'il ne soit trop tard. Elle ne restera pas célibataire très longtemps, et crois-moi sur parole, tu n'as aucune envie de la voir dans les bras d'un autre… » me déclara-t-il avec un sérieux qui me fit comprendre qu'il parlait en connaissance de cause.
« Je vais y réfléchir vieux… » concédai-je en me rappelant de ce que j'avais ressenti en la voyant au bras de son ami gay au mariage de Ryan.
Alors que j'allais franchir le seuil du loft, j'aperçus un mouvement furtif sur ma droite, et tournant la tête, j'avisai Alexis debout dans les escaliers, une expression songeuse sur le visage. Et je sus qu'elle en avait suffisamment entendu pour se demander ce qu'elle pourrait bien faire. Alexis était une gamine futée et sensible, nul doute qu'elle trouverait le moyen de mettre un peu de plomb dans la cervelle de ces deux handicapés des sentiments. Nos regards se croisèrent, et je lui lançai un clin d'œil complice qui la fit sourire.
