Et voilà la suite :)
Bonne lecture et comme d'habitude, n'hésitez pas à laisser un commentaire, ça fait toujours plaisir ^^


Chapitre 26 : L'Ombre de Voldemort


Il faisait noir, il était très tôt, mais Sirius venait de se réveiller en sursaut à la suite d'un bruit. Il était en sueur et sortait d'un long cauchemar.
Le vent hurlait et le tonnerre grondait dehors mais, dans le dortoir, les bruits extérieurs étaient calfeutrés. Ce qui l'avait tiré de son sommeil devaient être les ronflements de Khamul, qui durant un moment en avait laissé échappé un bien plus bruyant que d'habitude.
Sirius se passa la main sur son visage, il s'était endormi vite hier soir, trop vite et avait ensuite plongé dans un sommeil léger rempli de mauvais rêves. Certainement le résultat de sa journée tendue et encore chargée en émotions et questionnements.

Il se leva et prit la direction de la salle de bain. Il se chargea de se réveiller via une bonne douche chargée d'eau fraîche. Après avoir fini de s'habiller, il descendit. Sous le lac, dans la salle commune, tout restait silencieux, désert, comme coupé du monde.

Sirius s'assit mollement sur un des fauteuils près de la fenêtre, et passa son temps à observer les vivariums d'animaux que des premières années avait laissé sur une table, avant de probablement partir se coucher. À l'intérieur du premier se trouvait un caméléon qui passait son temps à aller de sa branche à l'herbe, en variant sa couleur. Dans le second, il y avait un serpent aux écailles jaunes et marron qui semblait dormir et enfin dans le dernier, un bocal plus gros, se trouvait un Sharak de petite taille, de couleur kaki qui dardait un regard mauvais vers le jeune garçon en agitant ses épines en tout sens. Le loup s'amusa un long moment à toquer contre les vitres et voir réagir les différentes créatures : le serpent lui siffla son mécontentement d'un air méprisant, dardant sa langue avant de retourner au sommeil, le caméléon le regarda prudemment, en changeant sa couleur et en cessant de bouger, le Sharak cogna agressivement contre la paroi pour tenter de chasser l'importun en remuant l'eau de son habitat.

Un léger mouvement furtif fit détourner l'attention de Sirius vers la cheminée de la pièce. Seth, le gros chat siamois, était en train de s'étirer paresseusement, puis quitta tranquillement son tapis moelleux puis venir se frotter aux jambes du garçon qui l'accueillit avec de grandes caresses. Le chat se hissa d'un bond gracieux sur les jambes de son maître, immense masse chaude de poils soyeux, si grande qu'elle masquait facilement tout le torse du Serpentard, jusqu'aux épaules. Seth frotta sa tête contre le menton du garçon puis s'évertua à se lécher les pattes tandis qu'il profitait des attentions du jeune homme. Ils restèrent ainsi durant un long moment, chat ronronnant et loup perdu dans ses pensées, tandis que quelques élèves commençaient à se réveiller. Quand Sirius estima que l'aube était maintenant bien passée, il poussa doucement le chat, malgré les protestations de celui-ci et se leva pour partir manger.

Dans le calme du château, le moindre bruit résonnait à ses oreilles. Aussi les pas qu'il faisait, ainsi que ceux de son chat qui le suivait, étaient comme disproportionnés. Sirius remonta des cachots pour atterrir dans le hall d'entrée. Seth fureta à droite, à gauche en reniflant les odeurs alléchantes qui émanaient des cuisines. La porte donnant justement sur cette partie du château s'ouvrit à cet instant en grinçant lourdement. Le Serpentard tourna la tête machinalement; derrière le battant se trouvait Elenna qui s'était arrêtée net. Elle devait sûrement sortir de sa salle commune. Sirius lui adressa un sourire.

- Salut Elenna, dit-il.

La Poufsouffle ne répondit pas et ne fit pas un mouvement, comme figée. Sirius parut surpris mais enchaîna sur un ton amical.

- Tu es bien matinale. Tu viens prendre ton petit déjeuner avec moi ? Il ne doit pas y avoir grand monde à cette heure-ci.

La jeune fille ouvrit grand ses yeux et sembla reprendre conscience. Elle répondit d'un ton net.

- Non ! Je sais qui tu es et ce que tu veux maintenant. Je ne suis pas de ce bord là.

- De quoi parles-tu ? Demanda Sirius de plus en plus perdu par le comportement inattendu de la Poufsouffle.

Elenna serra les poings. Seth choisi cet instant pour pousser un miaulement rauque. La jeune fille le regarda surprise puis lâcha

- Lui !

- Seth ? C'est mon chat, répondit Sirius doucement en mettant une main sur la tête du siamois. Il est impressionnant mais pas méchant. Je ne savais pas que tu l'avais déjà vu d'ailleurs, il ne sort pas souvent de la sall...

- Laisse moi tranquille avec ton baratin ! Trancha la blonde en reculant lentement et en refermant la porte sur elle, laissant planté là Sirius et son chat.

Sirius se passa la main sur le haut du crane, perplexe.

- Quel Doxy l'a piqué ? demanda le loup à son chat qui miaula de plus belle en guise de réponse. J'espère au moins que cet imbécile de Lupin ne lui a pas monté la tête contre moi ou raconté des sornettes à mon sujet..,

Il continua d'avancer jusqu'aux portes de la grande salle en soupirant sur le comportement imprévisible des filles et en se demandant de plus en plus sérieusement si Teddy n'avait pas dévoilé quelque chose à Elenna. Son comportement était vraiment des plus étranges.

Dans la Grande Salle, il n'y avait que quatre autres élèves, dont deux de septième année de Serdaigle qui révisaient à l'aide de parchemins en tout sens. Il n'y avait encore aucun Serpentard. Après avoir regardé qu'il n'y avait personne qu'il connaissait, Sirius se résigna à aller vers la table des verts et argents, avec Seth en seule compagnie.
Après qu'il eut fini de se servir en œuf au plat, bacon et jus de citrouille, un Serpentard de 7è année arriva à coté de lui et entama la conversation. Alors que le loup finissait ses plats, un nouvel élève arriva au niveau des portes de la grande salle en se dirigeant machinalement vers sa table. Sirius reposa un peu trop brutalement son verre lorsqu'il se rendit compte qu'il s'agissait de Ray. Celui-ci se figea tout en fixant le loup de ses yeux sombres au travers de ses mèches. Puis, tout aussi soudainement, il fit demi tour sans un mot, sans un signe.

Sirius, surpris de cette attitude, fronça les sourcils d'incompréhension. « Décidément, pensa-t-il, qu'est-ce qu'il leur prend à tous, aujourd'hui ? Je n'ai pourtant pas de tentacules sur le visage. » Sirius resta perdu dans ses pensées durant quelques instants, puis repris ses esprits. S'il ne savait pas pour quelles raison la jeune Poufsouffle lui avait adressé ses mots, il commençait sérieusement à se demander si Ray ne l'évitait pas à cause de l'incident de la veille. Sirius eut un rictus : quoi qu'il en soit, il allait avoir Potions à huit heures. Ray suivait également ce cours.

Peu à peu la salle se rempli pour devenir de plus en plus bruyante. Seth s'éclipsa. Elwin arriva avec Jeyne et Melina. Il fut suivi plus tard par Tom et un Khamul encore à moitié endormi qui baillait ouvertement. Elenna passa sans un regard vers la table des verts, toujours en compagnie du même garçon blond. Le courrier arriva à cet instant : Elwin reçu son habituel journal mais deux hiboux se posèrent à coté de Sirius. Ce dernier détacha les lettres des pattes des volatiles, et regarda avec curiosité les expéditeurs. Le premier contenait une lettre du professeur Slughorn, ce qui l'étonna : aucun autre invité au fameux club de Slugh n'avait reçu de courrier, il ne devait donc nullement s'agir d'une sollicitation. Le second contenait une lettre rédigée rapidement de la part de son oncle, au vu de l'écriture.
Après avoir échangé quelques mots avec ses camarades qui s'apprêtaient à déjeuner, Sirius s'éclipsa officiellement pour aller se préparer pour sa journée officieusement pour tenter de trouver Ray afin de comprendre son comportement.

Il enfourna les deux lettres dans sa poche et se dirigea avec hâte vers l'entrée de la salle commune des Serpentard. Malheureusement, il ne trouva pas la personne qu'il y cherchait. Ray avait dû passer aux cuisines chercher son petit déjeuner et repartir aussi sec à un endroit calme et isolé à cette heure matinale : tel le cromlech ou la bibliothèque, comme à son habitude. Sirius fit rapidement son sac pour la journée, s'installa sur son lit et s'empara des deux lettres.
Il ouvrit en premier celle de son directeur de maison et la parcouru rapidement en grinçant des dents. De toutes évidences, Teddy avait écrit son rapport et l'avait fait parvenir à Slughorn. Le vieux professeur lui avait donné plus d'un mois entier de colle pour coups et violence réitérés envers un préfet. Mais il avait également écrit à sa famille et avait convoqué l'élève dans son bureau après la double heure de potion qu'ils auraient ensembles.
Avec un soupir, Sirius décacheta la seconde lettre, comprenant un peu mieux le contenu qu'elle devait avoir. Elle avait été rédigée à la hâte, comme le supposait le loup et ne contenait que peu de mots de la part de son oncle.

Bonjour Sirius.
Je viens de recevoir la lettre du professeur Slughorn. Un tel comportement ne te ressemble pas et il est hors de question que tu continues dans cette voix. Je sais que tu as peu de cours le lundi matin. Contacte moi donc dès que tu le peux, je souhaiterai te dire quelque mots, seul à seul : le reste de la famille est en déplacement à l'étranger et je préfère avoir cette discussion de vive voix avec toi.
Je compte sur toi.

Affectueusement,
Ton oncle.

PS : Je t'ai trouvé un bon hôtel pour ton séjour durant les vacances. Préviens donc ton ami.

Sirius replia la lettre et la rangea dans la poche de sa robe. Par chance, son oncle était seul d'après ce qu'il disait, ce qui le rassurait. Personne d'autre n'avait été au courant dans la famille – du moins pour l'instant. Ce qui signifiait pas de remontrances immédiates ni de reproches sur son manque de tenue. De plus, il allait essayer d'expliquer les raisons de son emportement à son oncle, il en avait de bonnes après tout et il savait qu'il serait à même de le comprendre sans le juger de prime abords. Le loup regarda le fond de sa valise. Il aurait eu le temps de prendre contact, mais il était las pour le moment, et de toute façon, il préférait attendre la convocation avec Slughorn avant de contacter qui que ce soit sur la question.

Sirius se leva donc, mit son sac sur l'épaule et prit la direction des cachots avoisinants. Il comptait sur la présence en avance de Ray au premier cours de la semaine. Mais il se trompait. Il y trouva un couloir encore désert et se résigna à attendre seul quelques minutes. Seth repassa devant lui, courant derrière un chat noir qui paraissait minuscule à coté du grand siamois. Enfin des échos de voix résonnèrent au loin dans les cachots, signe que des gens arrivaient. Sirius reconnu sans mal le petit groupe en approche : le timbre aigu et confiant de Jeyne, celui plus hautain d'Elwin et celui plus calme de Melina. Le loup se redressa pour les accueillir avec plaisir. Les autres élèves ne tardèrent pas à suivre, petits groupes de Gryffondor et de Serpentard, arrivant par grappes, juste avant la sonnerie. Sirius traîna les pieds légèrement, cherchant des yeux Ray, qu'il n'avait pas vu arriver. En effet, le garçon arriva au seuil de la porte qu'au moment où le loup s'installait à la table.

Sirius posa son coude nonchalamment sur la table et mis sa tête sur sa main de nouveau perdu dans ses pensées. C'était raté de tenter de voir Ray, et il ne pourrait pas sortir en même temps que lui. Il était évident qu'il l'esquivait. Sirius ne reporta son attention seulement sur les personnes qui l'entouraient que lorsqu'une voix se fit plus insistante :

- Tu es avec nous Sirius ? Demanda Jeyne avec un petit air vexée et les bras croisés.

- Oui, pardon tu disais ? Tenta de se rattraper le loup avec un sourire.

- On dirait que tu es tombé amoureux de Ray mon vieux, rigola Khamul assis en face. Qu'est-ce que tu as à le fixer comme ça depuis qu'on est rentré ?

- J'avais quelque chose d'important à lui demander, dit simplement Sirius. Ce n'est pas grave, je tenterai tout à l'heure. Enfin... si je peux, après la convocation de Slughorn.

- Tu es convoqué par Slugy ? Pourquoi ça ? Demanda Khamul.

- Peut-être parce qu'il a encore frappé quelqu'un ? Répondit Aelys abruptement. Maintenant, si vous le permettez, j'aimerai bien suivre un peu le cours.

- Oh tiens, je l'avais presque oublié celle là, marmonna Khamul d'un ton ronchon en désignant la Gryffondor assise à coté de lui.

- Dommage que ça n'est pas réussi, répliqua la rousse sur le même ton. ça m'aurai sûrement fait des vacances paisibles sans ton odeur, ta présence et ta voix aussi agréable qu'un doxy à ma table.

- Aussi aimable qu'un scrout à pétard. Ronchonna le jeune Miller. Pas étonnant qu'elle n'ait pas d'amis si tu veux mon avis, continua-t-il en chuchotant à l'adresse de Sirius.

Aelys leur adressa un regard noir et Sirius ne sut si elle avait entendu la dernière partie ou non. Il préféra changer de sujet.

- En parlant de vacances, j'ai une bonne nouvelle pour toi Kham !

Comme en coïncidence, le professeur Slughorn agita à cet instant un morceau de parchemin et indiqua clairement aux élèves qui souhaitaient passer les fêtes de fins d'année au château d'inscrire leur noms à la fin du cours. Puis il leur rendit les antidotes préparé aux derniers cours, ainsi que les notations des équipes. Sirius, Jeyne, Khamul et Aelys avaient obtenu un Optimal.

Quand le professeur annonça la préparation du jour, le loup reprit sa conversation précédente à voix basse avec un air de suspense puis annonça ce qu'il avait lu dans la lettre de son oncle. Son ami eut du mal à se retenir de bondir de joie en risquant de projeter sa chaise. Jeyne en revanche, parut bouder à cette nouvelle. Aelys, elle, se montra totalement indifférente. Sans un bruit, toutes deux sortirent leur chaudron, leur manuel avancé de préparation des potions ainsi que leurs ingrédients. Les garçons eux aussi extirpèrent leur matériel, concentrés à discuter avec entrain de leur futur voyage. Ils passèrent les deux heures restantes à projeter sur leurs vacances, plus qu'à pratiquer la potion Occulus, destinée à améliorer la vue de celui qui la confectionne ou soigner du maléfice de la conjonctivite.

Les deux heures passèrent plus rapidement que les garçons ne le remarquèrent. Si bien que la cloche sonna la fin de l'heure avant qu'ils n'aient véritablement terminé. Ils plongèrent une fiole dans leur mixture et apportèrent en vitesse l'échantillon à leur directeur.
En chemin, Sirius se tourna vers l'une des tables annexes à la porte, pour trouver Ray, mais celui-ci était déjà parti sans demander son reste. Slughorn pris l'échantillon du jeune Greendal avec un regard septique : de toute évidence, elle n'était pas à la hauteur de ce qu'attendait le maître des potions. Sirius haussa les épaules et rangea ses affaires lentement, en attendant que tous les élèves partent. Enfin, il se dirigea sans grande motivation vers le professeur pour sa remontrance. Ils discutèrent un long moment, Slughorn prenant un ton condescendant, et Sirius un air lassé qu'il s'efforçait de masquer derrière un visage fautif. Enfin, leur entretient s'acheva.

- Sirius, mon garçon, il faut vous ressaisir ! Filez à présent, mais tâchez de vous tenir à carreau. Et si jamais vous souhaitez me parler, sachez que la porte de mon bureau vous est toujours ouverte.

- Bien, professeur. Merci mais ça ne sera pas nécessaire, je pense.

Il fit un léger mouvement de tête devant l'air peu convaincu du maitre des potions. Ce dernier attrapa le morceau de parchemin des élèves qui restaient pour les vacances, qui ne contenait qu'un seul nom, Targaryen Aelys, et le rangea dans sa poche interne en le roulant. L'inscription n'avait pas échappé au loup qui n'avait pas encore besoin d'une potion d'occulus pour avoir une vue suppérieure à la normale.

Sirius sorti enfin de la salle de cours et ses pas le portèrent chez les Serpentard. Il monta directement dans son dortoir, tira les rideaux et après un instant perdu dans ses pensées, ouvrit sa malle. L'objet qu'il cherchait, de la taille d'une main, se trouvait dans un coin, précieusement rangé dans un étui protecteur en cuir. Sirius le déballa soigneusement et le posa sur son coussin. Face à lui, se trouvait un petit miroir uni qui reflétait son visage aux traits tirés par la fatigue : un miroir à double sens. Le Serpentard prit une inspiration et prononça d'un souffle un nom :

- Xanthin Greendal.

Aussitôt, le miroir s'éclaircit légèrement sur la surface, les composants physiques du garçon s'effacèrent, des traits s'entrecroisèrent, formant des contours colorés pour progressivement amener une nouvelle vision ; un visage plus marqué par l'âge apparut à la place de celui du loup. L'homme ressemblait énormément à Sirius. Son nez était plus fin et court. Mais il avait le même teint halé, la même mâchoire, les cheveux aussi sombres que le garçon, quoique légèrement ondulants et bien plus longs : ils étaient attachés en catogan qui arrivait au dessus des omoplates, une fine partie tressée dépassait sur sa droite. Les yeux de la personne apparue étaient gris argentés, aussi profond que ceux de son neveu et emplis d'une lueur à la fois de malice et d'une douce mélancolie quelque peu masquée.
Il portait une chemise blanche ainsi qu'un ensemble gris trois pièces en soie qui faisait parfaitement ressortir ses yeux et qui lui donnait des éclats brillants, glissant sur lui quand il esquissait un mouvement.

La pièce que le jeune Serpentard voyait était sobre, riche mais lumineuse. Des murs ornés de tapisserie blanche l'encadraient. Sirius devinait la haute fenêtre derrière son voile de fins rideaux verts. Il y avait peu d'aménagements ici : il y avait bien une armoire de marbre blanc aux pourtours en or, il y avait une large cheminée en marbre blanc également, deux photos qui la décoraient sur le promontoire, ainsi que deux petites sculptures en or. Il y avait au centre un large bureau, constitué du même matériau, qui trônait fièrement, couvert de parchemins, d'ouvrages plus ou moins précieux, de plumes et d'encre, d'une bouteille de Whisky pur feu, et pour finir, du dernier numéro de la Gazette du sorcier. Enfin, l'homme en costume était lui-même assis sur un fauteuil modèle cabriolet, blanc et or et tenait un verre rempli du liquide ambré. Celui-ci était en pleine conversation et ne semblait pas avoir remarqué l'appel.
- ... pourtant être sur ses gardes, disait-il.

- Les fées se sont cachés en tout cas, répondit une voix calme et rêveuse qui semblait lointaine. Plus que d'habitude. Elles se regroupent et se terrent ce n'est pas bon signe, vu qu'elles présentent tout, surtout les flux magiques.

- Certainement, maître Zephyr, dit aimablement l'homme en gris avec un sourire. Je pense que la communauté le presse sans même avoir le besoin d'analyser ces petites créatures.

- Beaucoup d'être humains auraient à apprendre des fées, répliqua le premier avec entrain.

- En tout cas, actuellement, elles ne nous sont pas d'une grande utilité, trancha un troisième homme d'une voix où perçait légèrement une teinte de narquoiserie. Mais notre conversation va être légèrement reportée, lord Xanthin : le jeune loup est présent.

Le reflet de l'homme en gris, se tourna vers Sirius et le dévisagea avec un sourire en hochant la tête.

- Sirius ! L'accueillit-il avec joie. Je ne t'ai pas entendu te refléter !

- C'est que je viens juste de le faire, mon oncle, répondit le Serpentard en rendant son sourire à l'homme. Je vois que je te dérange en pleine discussion avec maître Zephyr et maître Sherkan.

L'oncle de Sirius fit un geste désuet de la main, intimant la fin de l'entrevue avec les deux hommes : ils auraient le temps plus tard pour cette conversation. Il demanda rapidement les formalités d'usage à son neveu tout en posant son verre sur le bureau, puis passa au sujet de l'entrevue. À la fin du récit de la journée précédente de Sirius, Xanthin porta la main à son menton, posant celui-ci entre son pouce et son index en signe de réflexion.

- Pourquoi as-tu agit en déshonneur ainsi contre ce garçon, jeune Sirius ? Demanda la voix légèrement rêveuse.

- Cet imbécile a explicitement dit que je devais ma vie au Seigneur des Ténèbres, répondit le loup d'une voix furieuse.

- Cette histoire n'a plus lieu de te tenir autant à cœur, dit l'oncle. Je sais que cette situation t'a fait souffrir. Maintenant nous sommes tous passé à autre chose, tu as su y faire face. De toutes évidences, ce garçon cherchait à t'énerver et tu lui as donné raison en le faisant.

- Mais..., commença Sirius.

- Il n'y a pas de contradiction, trancha Xanthin d'un ton plus ferme.

Sirius serra les dents en retenant sa phrase. Les traits de l'oncle s'adoucirent en voyant son expression renfrognée.

- Bon, il me semble que tu as déjà été sanctionné pour cette action. Promets-moi que ne te laisseras plus avoir par ces propos incitants à une réaction violente de ta part. En échange, cette altercation restera entre nous. D'autant que si je ne m'abuse, ce garçon est le fils d'un loup-garou. Il n'est pas le mieux placé pour te dire quoi que ce soit sur ce point.

Sirius parut de prime abord surpris, puis un sourire entendu se dessina sur son visage. Sourire auquel répondit son oncle par l'identique. Puis ce dernier jetta un œil à sa montre et aux papiers devant lui avant de se redresser face à son neveu. Il joua nerveusement de ses doigts un moment, comme s'ils l'aidaient à trouver la manière d'aborder les questionnements qui fourmillaient dans sa tête.

- As-tu lu la Gazette du Sorcier ce matin, Sirius ? Demanda-t-il.

- Non, répondit le loup, surpris par cette question soudaine.

- Tu n'étais pas en compagnie d'Elwin Roger ? N'a-t-il pas reçu le journal ?

Le loup se remémora sa matinée au moment de la distribution. Il était arrivé trop tôt et en avait profité pour s'éclipser à la recherche de Ray.

- Non, mon oncle, je n'étais pas avec lui: je suis parti à la recherche de Weiss ce matin pendant la livraison. Pourquoi cette question ?

Xanthin hésita un instant puis se lança.

- Je ne t'ai pas simplement demandé de te refléter pour te sermonner.

Sirius haussa les sourcils surpris mais attendit patiemment la suite. L'oncle soupira, puis inspira longuement et lâcha tous ses mots d'une traite :

- Perceval est mort. Hier soir. Assassiné.

Durant une fraction de seconde, Sirius entendit la nouvelle. Puis, durant une autre, il intégra son sens, légèrement choqué. Il ne connaissait pas particulièrement bien l'homme, qui était venu plusieurs fois au manoir et qui était un ancien collègue du ministère et camarade de son oncle.

- Perceval ? Le sorcier du département des mystères ?

- Oui, répondit gravement Xanthin. Son corps a été retrouvé dans la nuit. Il n'y avait aucune trace, aucune marque,certainement aucune gène au geste de l'assassin : l'orage grondait hier soir...

- Pourquoi a-t-il été tué ? Le sait-on ? Questionna Sirius en fronçant les sourcils.

- Tout ce que le bureau des aurors soupçonne c'est qu'il aurait une information importante ou gênante. Qu'il était devenu une menace à réduire au silence. Il travaillait sur un projet tenu secret, tu le sais. Il était venu au manoir examiner quelques-unes de nos reliques dans ce but...

Sirius hocha gravement la tête, se remémorant le passage de l'homme chez eux, extrêmement intéressé par leurs reliques et leurs ancêtres et notant moult détails dans son carnet. Il entendit distraitement un miaulement près de lui, mais n'y prêta pas attention, trop focalisé sur sa discussion.
- Cela aurait-il un lien avec les meurtres de ces derniers mois ? Demanda le jeune homme.

- Possible, mais rien ne permet de l'affirmer. Il n'a à première vue, aucun lien probant avec les deux Aurors, ni les deux enquêteurs retrouvé assassinés. Non, à mon avis, il devait savoir quelque chose ou avoir vu une information. À moins qu'il n'y ait aucun rapport. Il s'agit peut-être simplement de vengeance personnelle, il était après tout du coté de la commission d'enregistrement des nés-moldus lors de l'ascension ministérielle du Seigneur des Ténèbres. Quelqu'un aurait profité du mouvement actuel... Quoiqu'il en soit, la famille et moi allons nous rendre à l'enterrement mercredi.

- Entendu, répondit Sirius. Transmet mes condoléances à la famille de ma part.

L'oncle hocha la tête.

- Je suis convoqué au bureau de la justice magique demain après-midi, révéla-t-il.

- Convoqué ? Pour quelle raison ? Interrogea Sirius.

- Rien de grave, je suppose. Je fais parti des dernières personne à avoir vu Perceval en vie. J'imagine que les agents de la brigade de police magique veulent m'interroger... Ils voudront certainement fouiller le manoir.

Sirius acquiessa l'esprit ailleurs. Il venait de se rappeler la raison de sa défection matinale de la table des siens, raison pour laquelle il avait manqué le journal et l'information sur Perceval.

- Au fait Xanthin, questionna enfin Sirius, connais-tu les Weiss ?

- Les Weiss ? Répéta l'oncle. Non... Non, ce nom ne me dit rien. Pourquoi cette question ?

- Oh, non pour rien, dit précipitamment le Serpentard.

L'oncle ne parut pas satisfait. Il fixa son neveu du regard un instant, le scrutant. Le jeune homme hésita, puis lâcha en fixant le promontoire de la cheminée :

- Je me demandais s'ils n'étaient pas lié au Seigneur des Ténèbres, d'une quelconque façon...

Son oncle lui adressa un regard indéfinissable, que Sirius perçu comme étant teinté de reproches et de peine. Ce dernier fit une grimace en se rendant compte que sa personne prenait trop à cœur cette question. Mais les mots de Lupin le martelaient intérieurement, échos d'autres plus anciens.
Il semblait peu probable que les Weiss, dont le nom ne lui disait rien, aient un rapport avec Voldemort quand il y réfléchissait quand bien même, la famille n'avait peut-être pas eu le choix de résister.

Le loup baissa le regard, s'apercevant qu'il ravivait des souvenirs chez Xanthin, comme chez lui. Il murmura un faible « désolé, oublie ma question » que l'homme chassa de sa main. L'oncle détourna les yeux puis s'affaira a ranger quelques parchemins et regarda sa montre, l'air un peu soucieux.

- Bien, il est temps pour moi de te laisser, dit-il. Fais attention à toi et surtout, rappelle toi : pas d'acte irraisonnés.

L'oncle but une gorgé de Whisky pur feu et fini avec un clin d'oeil :

- Enfin, sauf s'ils ne sont pas préjudiciables.

- Entendu, déclara Sirius avec un sourire de loup. Porte toi bien Xanthin.

L'homme au yeux argentés passa sa main comme pour effacer un texte invisible, puis l'instant d'après le miroir devant Sirius s'éclaircit et se mit progressivement à lui montrer son propre reflet. La communication était terminée.

Le jour commençait à décliner derrière les montagnes quand Sirius posa enfin sa plume. Il venait de terminer son devoir de métamorphose sur l'étude des divergences des membres porteurs des équidés et des êtres humains et les meilleurs façons de les transformer. Il replia son parchemin avec un demi soupir masqué en prenant une pose supérieure. Il était plutôt satisfait de lui et contait en tirer de bons points.
Il reposa ses livres dans les étagères de la bibliothèque et rangea son sac qu'il mit ensuite sur son épaule pour retourner dans sa salle commune. Il descendit rapidement les escaliers menant au hall, esquivant les élèves qui montaient dans l'autre sens sortant de cours ou rentrant dans leur propre maison. Ce ne fut qu'au moment il entama la descente du grand escalier de marbre qu'il aperçut Ray rentrant seul du parc de Poudlard. Sirius accéléra le pas, afin de se retrouver à sa hauteur au moment où il franchissait l'enclave menant aux sous sols. Le garçon ne l'avait pas remarqué.

- Attends, Ray ! Apostropha Sirius dans son dos.

Le jeune Weiss sursauta et tourna sa tête en direction du Greendal. Ses yeux allèrent furtivement en direction de l'escalier, puis revinrent sur son camarade. Il ne lui servirait plus à rien de tenter de s'esquiver : seuls les cachots s'étendaient devant eux, pourvu de ci de là de quelques salles de classe le loup saurait le retrouver par l'ouie ou l'odorat développé qu'il avait. Si ce n'était sa vue.
Le visage de Ray se ferma, montrant en signe distinct son agacement d'avoir été ainsi rattrapé par le jeune Greendal. Celui-ci n'en tient pas rigueur mais nota que l'impression qu'il avait eue que Ray l'évitait depuis la veille devait être fondée. Sirius esquissa un sourire prédateur et continua sa marche avec le Serpentard à ses cotés. Il prit le temps de ménager un peu son sujet en se délectant de la situation parlant du devoir du cours de potion de manière détachée bien que Ray avait une démarche assez raide qui laissait clairement comprendre qu'il attendait le vif du sujet et qu'il aurait volontiers transplanté ailleurs.

- Alors, tu as eu des conséquences de l'incident avec Lupin ?

Sirius avait cherché une entrée en matière, mais sans plus de succès et ne souhaitant pas y passer la soirée, il avait opté pour une interrogation directe. Quoiqu'il était encore passé par des étapes plus doucereuses en rapport à la question directe qu'il avait posé à son oncle et qui était son objectif. Les lèvres de Ray s'étirèrent en un mince filet pâle.

- Je ne pense pas en avoir. Je n'ai aucunement enfreint le règlement de l'école en exprimant mes points de vues. Même s'ils en plaisent pas à ces préfets ou à la direction.

Sirius resta silencieux un instant, les pensés se bousculant dans sa tête. Finalement, à sa surprise, ce fut Ray qui le rompit en hésitant légèrement :

- Et toi ? J'ai entendu que tu étais retenu par le Professeur Slughorn.

- Effectivement, répondit Sirius. Il semblerait bien que cet idiot de Lupin ait fait parvenir son rapport. Slughorn à envoyé un hibou à ma famille pour mon comportement et je suis collé pour le mois.

Il y eut un nouveau silence. Les pas des deux Serpentard se répercutaient en échos sur les murs alentours et leurs ombres dessinaient des contours lugubres rendus diffus et disproportionnés par la lumière des torches. Le loup coupa le mutisme qui s'installait.

- Je n'aurai pas dû m'emporter pour les paroles mesquines que Lupin a prononcé.

Ray tiqua et Sirius le remarqua ce qui le poussa à continuer un peu plus.

- Mais après qu'il ait sorti qu'on allait bien de paire et que je devais la vie au Seigneur des Ténèbres, j'ai perdu quelque peu la raison.

Sirius fit une pause, pour faire son effet sur la partie qui l'intéressait le plus. Il passa une main dans ses cheveux, les remontant en arrière et poursuivit :

- Nous ne partageons pas forcément le même point de vue toi et moi. Comment pourrait-il le savoir ? Se fie-t-il simplement aux rumeurs sur les Serpentard ?

Sirius s'arrêta, imité par Ray qui dégluti avec difficulté. Le loup dévisageait fixement le brun. Ses yeux étaient des miroir des torches; ils passaient par les lumières de la flamme, jaune brillant, jaune pale en passant par plus foncé donnant une impression de puissance ou d'hypnotisation. Ray retient un frisson.

- Non, je pense qu'il y a autre chose, conclu Sirius. Quelque chose que lui sait. Que tu sais possiblement. Une chose sur laquelle il a insisté avec ses mots « toi aussi » lorsqu'il a déclaré que je devait ma vie au Seigneur des Ténèbres.

La mâchoire de Ray semblait trembler légèrement, accentuée par le mouvement du feu qui faisait danser sa lumière.

- Si je ne m'abuses, enchaîna Sirius, tu as donc logiquement toi-aussi un lien avec le Seigneur des Ténèbres. Certainement bien ancré, ce qui expliquerait également ton point de vue sur les enfants de ces partisans. Je me trompe ?

Ray secoua négativement la tête avec une lueur de mélancolie dans le regard.

- C'est bien ce que je pensais... marmonna Sirius.

- J'imagine que tu veux savoir, que c'est pour ça que tu es là ? Demanda Ray d'une voix blanche.

Sirius visage fermé confirma d'un bref mouvement de tête.

- Je connais ta situation, commença Ray. Comme je doute que tu ne t'en tiennes à rien de plus, je vais donc te confier la mienne. De toutes façons, tu pourrais facilement la savoir avec l'influence des Greendal... Tout ce que te demande, c'est de ne pas me juger – nous juger. Surtout, de ne pas ébruiter ce que je vais te confier. Je préfère que ça reste méconnu. J'ai mes raisons et je pense que tu seras à même de les comprendre.

Sirius fut intrigué, mais accepta de nouveau d'un hochement de tête. Ray inspira longuement en jettant un regard de chaque coté du couloir sombre des cachots et se lança :

- La majorité de nos camarades appartiennent à des familles qui n'ont que peu ou pas craint l'ascenssion du Lord au pouvoir. Elles n'ont pas non plus craint sa chute elles n'ont véritablement rien à se faire reprocher de plus que ceux qui ne sont pas entrée dans la résistance ou qui ont cherché à se faire au nouveau gouvernement imposé. Certaines, c'était par choix ou intêret, d'autres par survie. Ce qui est un fait, c'est qu'on nous moule dans l'appartenance à être totalement purs...

Sirius fit une moue dubitative, retenant à grand mal son impatience. Ray lança un nouveau regard à droite et à gauche et continua à voix plus basse :

- Que ça ait été purs par le sang et les origines avec le Lord, ou que ça soit purs dans le sens où nous devons, ainsi que nos familles, être exempt de toute faute commise durant la guerre et qu'on nous forge à détester les personnes qui ont commis la moindre erreur, sans chercher à comprendre leurs raisons. Certains en ont pourtant de bonnes. Mais ils sont jugés sans l'ombre d'un procès, ou déjà très défavorisé s'ils ont la chance d'en avoir un.

- Bon, et alors ? Demanda Sirius un brin irrité et avec une impatience croissante.

- Alors, je fais parti des gens qui n'entrent pas dans ce nouveau moule. Ma famille compte des personnes qui ont commis des actes répréhensibles durant la guerre. Mon père a aidé le Lord, il a été un de ses fidèles serviteurs.

Sirius prit un air intrigué et légèrement suspicieux.

- Mon père est un mangemort. Révéla le brun.

Il s'empressa d'ajouter devant l'air médusé et semi incrédule de Sirius qui fronçait les sourcils.

- Il s'appelle Anthonin. Plus connus dans le monde sorcier sous le nom de...
- Dolohov ? Coupa Sirius brusquement.

Ray garda un instant le silence le visage renfrogné. Il avait l'air soucieux et vérifiait constemment que personne n'arrivait dans le couloir sombre. On n'entendait plus dans l'air que la respiration des garçons.

- Ton père est Anthonin Dolohov ? Le Mangemort ? Redemanda Sirius en insistant.

- Lui-même... répondit Ray dans un souffle. Tu comprendras que je n'ai pas adopté son nom de famille. J'ai hérité de celui de ma mère. Je ne suis arrivé que dans l'ombre de Voldemort, après tout.

Il y eut de nouveau un silence durant lequel Sirius tentait d'assimiler ce qu'il venait d'apprendre. Il était à la fois estomaqué, furieux, compréhensif, mais une part de lui ne se senti pas surprise dû à ces soupçons de la veille.
Sirius pinça ses lèvres, mais ne dit rien.

- Il a subit un sortilège qui lui a altéré la mémoire, continua Ray avec un ton à demi pressant. Quand... lorsqu'il a retrouvé le Survivant. Il n'est plus celui qu'il a pu être. Je ne dis pas de lui pardonner ses anciennes actions, mais de ne pas le juger maintenant. Il n'a pas eu le choix de participer à la bataille de Poudlard non plus. C'était sa vie contre celles des résistants...

- Comment ça, il a perdu la mémoire ? Releva Sirius dubitatif.

- Harry Potter et ses amis lui ont lancé un sort d'oubliettes, expliqua Ray. Cela a eut lieu quand le Ministère est tombé, lorsque que le Tabou a été mis en place. Mais le Lord avait de grands pouvoirs, il a réussi à détourner le sort pour savoir la vérité à propos du Survivant. Comme tu dois le savoir, ce genre de contre-sort a des effets limités ou désastreux. Mon père en a gardé des séquelles. Il a oublié certaines des actions qu'il a pu commettre sous les directives du Lord, certains passages de sa vie. Il a subit entre-autre des moyens de pression pour participer à la bataille. Liés à ma mère qui était enceinte de moi notamment, ou au sortilèges de l'imperium.

Une nerf de Sirius palpita à ce moment précis. Il serra les dents et laissa son camarade continuer dans son espèce de plaidoirie.

- Je n'ai pas été élevé dans l'optique de l'élévation des sangs purs, je n'en suis moi-même pas un. Mon père a eut sa condamnation à Azkaban. Son procès a été très vite réglé, comme pour beaucoup, cependant il a obtenu une petite remise de peine dû à tout ceci. Je n'ai que peu eu l'occasion de le rencontrer. Nous n'avons plus rien à voir le Seigneur des...

Ray s'interrompit et tourna la tête à l'instant précis où Sirius faisait de même. Dans l'écho du couloir, se discernaient des bruits indiquant que des personnes approchaient. On entendait des rires et des bruits de pas pressés qui dévalaient les escaliers. Quelques secondes plus tard, trois élèves apparurent au détour du couloir. En tête se trouvait Elwin dont les pommettes paraissait rosies aux yeux du loup, et il était suivit par un Khamul et un Tom hilares. La troupe s'arrêta de stupeur de trouver Sirius et Ray ensembles, visiblement coupés dans une grande discution.

- Ray, Sirius ! Qu'est-ce que vous faîtes ici ? Demanda Tom. On pourrait croire que vous montez un complot.

Sous ses airs légers se cachait une véritable question muette envers son ami Ray. Ce dernier lui adressa un faible signe de tête évasif. Sirius afficha un sourire qui masquait son choc des révélations. Khamul, toujours euphorique, s'empressa de révéler la raison de leur hilarité, au grand dam d'Elwin.

- Vous ne devinerez jamais ce à quoi on vient d'assister ! Elwin vient de demander à Melina de l'accompagner à la fête de Noël de Slugy ! Il était tout rouge, le pauvre ! S'exclaffa le Miller. Regardez ces joues !

Elwin lui jeta un regard noir, qui ne démonta pas le châtain le moins du monde. Le sourire du loup fut réel ce coup-ci face à la réaction un peu puérille de ses amis et en imaginant la scène. Le blond soupira et continua sa route vers la salle commune, suivit par les quatre garçons. Arrivé non loin du mur pivotant, le préfet se tourna vers le loup et lui demanda :

- Au fait, Sirius, qui comptes-tu inviter, toi, à la fête ? Ad gloriam aeternam, ajouta le blond vers le mur qui coulissa.

- Je pensais inviter Jeyne, répondit le loup en passant par l'ouverture.

Le préfet hocha la tête :

- Je te souhaite bonne chance si ces deux là sont dans les parages !