Auteur : kayly silverstorm

Traductrice : Moi

Spoilers : -

Rating : T

Genre(s) : Adventure/Drama

Disclaimers : Tout l'univers de Harry Potter appartient à JK Rowling. L'histoire que vous allez lire appartient à kayly silverstorm. Quant à moi, je ne suis qu'une humble traductrice.

Bêta : Sophia...Merci Sophie!

Notes : Pour ceux que ça intéresse de lire cette histoire en version originale, le lien se trouve dans mon profil.

Je rappelle que vous pouvez désormais me trouver sur Facebook sous le nom de Saw Trombone... Si vous voulez discuter de mes fics ou vous tenir au courant de ma vie :D Vous êtes les bienvenus!


- Chapitre 26 -

"Je hais les bals," grommela Remus alors que Lily ajustait son col. Une fois de plus.

"Non, tu ne les hais pas," le contredit-elle joyeusement. "Tu les aimes autant que Sirius. Tu aimes juste te plaindre."

"Non, je hais vraiment les bals, même dans des circonstances idéales," répéta Remus. C'était ce qu'il disait toujours juste avant le bal de Noël, et, suivant la tradition, Lily battit des cils et lui lança un regard malicieux.

"Han," roucoula-t-elle. "Mais ne veux-tu pas danser avec moi, mon nounours?"

Il renifla.

"Tu," lui dit-il en l'agrippant par la taille pour l'attirer plus près. "Es une horrible, horrible femme. Je pense que je danserai avec Luna ce soir. Elle portera un nid de Nargoles sur la tête, après tout."

Lily lui fit un large sourire.

"Encore perdu," se plaignit-elle, avant de se tourner vers la porte. "Tu viens? Et qu'est-ce que tu veux dire, 'même dans des circonstances idéales'?"

Il ouvrit la porte pour elle en faisant des manières, avant de la refermer derrière eux et d'attendre qu'elle lui attrape le bras.

"Je veux dire Harry ne se montrant probablement pas - ce qui pourrait bien être la meilleure solution pour tout le monde, Hermione égale à elle-même, Sirius collé à Neville et les Malfoy perturbés par la situation. L'Ordre du Phoenix est un mélange instable la plupart du temps. Tout peut arriver ce soir."

Elle se pressa contre lui pendant un instant.

"Espèce de bileux," lui dit-elle. "Ça pourrait aussi se passer splendidement bien. Luna et Neville vont s'amuser, Hermione va trouver quelqu'un avec qui parler théorie magique, nous danserons toute la nuit et..."

Elle chercha un moyen pour Harry de profiter de la soirée mais ne trouva rien. Bon. Au moins trois sur quatre pourraient passer un bon moment, et elle s'était promis de trouver un moyen de se reconnecter à Harry ce soir.

"Sûr," admit Remus après un moment d'hésitation qui en dit long. "Ne fait pas attention à moi, amour. C'est juste que je hais vraiment les bals."

Elle lui lança un regard.

"Est-ce que je dois recommencer la routine du nounours?" lui demanda-t-elle ironiquement.

"Mon Dieu, non, je serais probablement traumatisé pour le restant de mes jours!" C'était Sirius, qui les rejoignait par le couloir de gauche.

Presque par réflexe, Lily regarda sur sa droite, et vit Severus approcher, resplendissant dans sa robe d'un vert mousse sombre. Ensemble, ils se rejoignirent au sommet de l'escalier, échangèrent un long regard silencieux, avant de commencer à descendre les marches lentement, la robe en soie de Lily se balançant au rythme de ses pas.

Ils rompirent leur formation lorsqu'ils atteignirent la salle de bal, Sirius se dirigeant vers un groupe d'anciens collègues Auror à lui, alors que Remus et Severus s'approchait de leur liaison avec les gobelins pour une dernière discussion concernant leur prochaine visite à Gringott.

Lily décida de faire un détour par le buffet, avant de s'installer dans un coin de la pièce d'où elle avait une bonne vue de toutes les entrées, puisqu'elle était de surveillance-de-voyageurs ce soir.

Les décorations de Noël dans cette salle, la plus élégante et formelle de toutes les salles de bal étaient aussi resplendissantes que dans le reste du Manoir. La nourriture et le champagne étaient exquis, et bien que ça venait à peine de commencer, la fête battait déjà son plein. Ce bal était une vieille tradition de l'Ordre - même les familles qui préféraient une fête plus privée, comme les Weasley, par exemple, envoyaient un représentant - et il était tout aussi traditionnel de s'amuser cette nuit-là.

Échangeant des étreintes avec ses nombreux amis parmi les membres de l'Ordre, des sourires et des poignées de main avec ses connaissances, et des salutations plus formelles avec ses étudiants actuels et anciens, Lily regarda l'Ordre se rassembler pour célébrer une nouvelle année de survie.

Elle regarda Severus danser gracieusement avec une jolie femme qui venait d'obtenir son Master de potions et qui le regardait avec adoration. Elle regarda Neville et Luna entrer dans la salle, être chaleureusement accueilli, et Luna fut plus d'une voix complimentée sur sa robe rose, regarda Sirius s'approcher d'eux, les épaules nouées par la nervosité jusqu'à ce que Neville lui sourit gentiment.

Elle regarda James Potter arriver avec son fils et sa femme, et pour la toute première fois, son cœur ne se serra pas en voyant la main que James posait fièrement sur l'épaule de son fils. Elle regarda ses amis et sa famille avec un bonheur amer. De Harry, elle ne vit pas le moindre signe.

Hermione entra silencieusement dans la pièce; si discrètement que Lily faillit la manquer, bien qu'elle avait surveillé son arrivée. Elle avait choisi une robe dorée, avec des broderies rouge sombre autour du décolleté carré, et la couleur lui allait vraiment bien, faisant ressortir le caramel de ses yeux et le châtain de ses cheveux. Et pourtant, elle semblait renfermée, et se plaça dans un coin de la pièce, comme Lily.

Pour la toute première fois, Lily se demanda quel genre de personne Hermione était lorsqu'elle n'était pas stressée ou obligée de prendre le contrôle de la situation - comment elle interagissait avec les gens qu'elle ne protégeait pas et à qui elle ne donnait pas d'ordre. Neville et Luna semblait perpétuellement égaux à eux-mêmes, sans prendre la peine de dissimuler leurs particularités. Elle pensait avoir eu au moins un aperçu de Harry sous sa multitude de masques. Mais Hermione était toujours un mystère pour elle, et de la voir dans ce nouvel environnement, sans ses amis autour d'elle, était une révélation.

Pour une fois, elle ne semblait pas savoir comment se comporter avec les gens autour d'elle, s'attardant autour de groupes conversant, et lorsque quelqu'un l'approchait, elle se reprenait visiblement, redevenant la personne calme et contrôlée qu'elle avait été au cours de la dernière réunion de l'Ordre suffisamment vite pour que personne ne s'en rende compte. Mais Lily si. Et cette fois-ci, elle pouvait voir les artifices qu'elle utilisait.

Pendant près d'une heure, Hermione parla d'Horcruxes, de voyages transdimensionnels et de missions de l'Ordre avec tout le monde tout en ignorant talentueusement chaque question personnelle sur elle et ses compagnons. Durant cette heure, Lily dansa deux fois avec Remus, deux fois avec Sirius et une fois avec Severus, encouragea Neville à goûter les excellents canapés pendant que Luna gloussait parce que Draco plaisantant sur l'appétit d'ogre de Neville dans n'importe quelle dimension, et chercha constamment Harry.

Mais une part de son attention était fixée sur Hermione et sa réaction aux gens qui l'entouraient, comme un sortilège de traque qu'elle ne pouvait pas arrêter, et donc elle remarqua le changement en elle suffisamment tôt pour se détacher de Remus et s'approcher discrètement de la jeune fille et de son nouvel interlocuteur.

Bill Weasley s'était approché d'elle, son expression sérieuse complètement inappropriée pour une telle situation. Et Hermione clignait rapidement des paupières, ses mains agrippant son verre d'eau, ses lèvres légèrement entrouvertes.

"Monsieur Weasley," dit-elle à voix basse, et ce fut la première erreur que Lily la voyait faire, admettre qu'elle le connaissait avant même qu'ils aient été présentés.

Il lui fit un sourire tendu.

"Bill," offrit-il. "Un plaisir de faire votre connaissance, Mademoiselle Granger."

"De même. Et c'est Hermione."

Puis un silence s'ensuivit, pour une fois, pas le genre de silence abasourdi qui suivait une conversation avec les voyageurs, mais le silence tendu de deux étrangers ne savant pas comment débuter une conversation.

"Je voulais vous féliciter pour vos sortilèges de protection durant la dernière réunion de l'ordre, Hermione," lui dit finalement Bill, d'une voix étrangement gardée. "Les protocoles ont parfaitement été exécutés. Cependant, je n'ai pas pu m'empêcher de remarquer que l'une de vos runes de base était plus qu'un peu...inhabituelle. En fait..."

Il s'interrompit, clairement embarrassé, mais malheureusement, Lily ne s'y connaissait pas suffisamment dans cet art pour comprendre ses mots.

Hermione, si, clairement. Elle rougit.

"Oui," répondit-elle doucement. "Oui. C'est l'une des tiennes."

Ça semblait être une information de grande importance, à en juger par la façon dont Hermione agrippait son verre.

"Mais comment..." Bill était clairement perdu. Lily aussi, mais pour d'autres raisons.

Hermione gigota.

"Tu me l'as appris." Elle gigota à nouveau, et comme par instinct, ses yeux parcoururent la salle de bal, analysant les positions de chacun et les menaces potentielles avant de se reposer sur Bill. "Quand je suis devenue ton apprentie."

"Je...quoi? Mais je n'ai même pas encore trente ans! Personne en dessous de trente ans ne prend d'apprentis! Est-ce que vous avez même fini l'école?"

Hermione cligna à nouveau des yeux.

"Les circonstances étaient...inhabituelles?" offrit-elle, et la façon dont Bill la fixa, sa curiosité se mêlant à de la peur et à un rejet presque instinctif, blessa Lily comme un coup de poing au ventre.

Les avons-nous tous regardé comme ça? se demanda-t-elle. Et si nous l'avons fait, pourquoi ont-ils même jamais pris la peine de nous dire quoi que ce soit?"

"Inhabituelles comment?" lui demanda Bill, et en réponse, Hermione sourit avec fatigue.

"Crois-moi," lui dit-elle. "Tu veux pas savoir. Mais enfin bref, est-ce que tes recherches de solution pour le Maléfice Devon avancent?"

Une fois de plus, Bill la regarda, la mâchoire pendante.

"Je vous ai parlé de ça?" lui demanda-t-il. "Je dois vraiment beaucoup vous aimer dans votre dimension!"

Cette fois-ci, le sourire de Hermione fut bien plus chaleureux, et Lily put presque voir la véritable Hermione, la femme qui oubliait de manger dans sa fascination avec un vieux livre.

"Beaucoup, en effet," confirma-t-elle, et la joie évidente sur son visage indiqua à Lily que pour une fois, Hermione parlait de quelqu'un encore en vie, un ami qui n'avait pas encore souffert une mort atroce. "Est-ce que tu as réussi à ré-encoder les séquences pour faire disparaître le contre-coup? Mon Bill n'a jamais vraiment réussi."

"J'avais le même problème," confirma ce Bill. "Mais ensuite j'ai reçu l'aide d'un Maître d'Arithmancie, qui a créé une matrice de stabilisation qui m'a permit de..."

Et ils furent partis, plongeant la tête la première dans une conversation que Lily, malgré son esprit brillant, ne comprit qu'à moitié. Mais elle pouvait voir Severus, qui avait clairement ressenti le même désir de garder un œil sur Hermione, et il semblait fasciné, ses sourcils disparaissant presque sous ses cheveux, donc elle supposa que leur conversation portait sur une forme de magie très avancée.

Plus ils parlèrent, échangeant des petits trucs et astuces, plus Hermione devint vivante. Ses épaules, habituellement tendues, se détendirent et ses mains et ses bras commencèrent à s'agiter, et après le premier petit rire de Bill sur un jeu de mot que Lily n'avait pas compris (les spécialistes théoriques étaient, comme lui l'avait une fois dit Sirius, les anoraks du monde sorcier, et ce, peu importait à quel point ils étaient tatoués et se faisaient appeler 'briseurs de sort'), ils semblèrent échanger des plaisanteries de plus en plus osées.

Puis Hermione releva la tête pour marquer un point, les mains sur les hanches, les yeux brillant d'amusement et de passion. Elle semblait vivante, perdue dans le moment, et le souffle de Lily se coupa dans sa gorge.

Alors te voilà, songea-t-elle. Ravie de faire enfin ta connaissance, Hermione Granger.

Les yeux de Lily se tournèrent vers son mari. Elle hésitait à lui demander une autre danse, puisque Hermione s'amusait clairement et qu'elle n'avait pas besoin que Lily veille sur elle. Mais ensuite, les gens les entourant se séparèrent, et apparurent James Potter et son fils.

Hermione se tendit. Ses bras retombèrent le long de son corps et soudainement, elle redevint celle qu'elle avait toujours été, prudente et méfiante.

"Mr Potter," salua-t-elle James, et rien dans sa voix n'indiquait qu'elle était contente ou irritée de le voir.

"Mademoiselle Granger, c'est un plaisir de vous revoir," lui dit-il sincèrement en lui serrant la main. "Votre ami Harry n'est pas là? Je voulais vous présenter mon fils à tous les deux - Peter, voici Hermione Granger, une jeune fille qui connaît certainement sa magie."

Peter, une copie conforme de son père, de ses cheveux ébouriffés à la couleur de sa robe, attrapa la main de Hermione et l'observa d'un œil appréciateur. À présent dans sa septième année, il était le chouchou des filles, et l'expression de son visage indiquait clairement que ça ne le dérangerait pas de flirter un peu avec cette fille-là. Mais la poignée de main de Hermione fut brève, et elle ne soutint pas son regard plus longtemps que nécessaire.

"Comment allez-vous?" lui demanda-t-elle, toute en bonnes manières moldues. Lily, qui était bien consciente que cette expression était pratiquement inconnue à tous les Sangs-Purs, réprima son amusement à grand peine lorsque Peter lui répondit d'un "Très bien, merci. Et vous?"

"Écoutez," lui dit ensuite James, après un moment de silence poli. "J'ai parlé à quelques membres de l'Ordre et ils m'ont dit que vous vivez à Poudlard et ici, au Manoir Malfoy. J'ai juste réalisé que personne ne vous a offert d'alternatives. Je suis sûr que vous aimez Poudlard tout autant que chacun d'entre nous, et cet endroit est certainement impressionnant, mais peut-être que vous préféreriez ne pas à avoir à vivre avec...des Serpentard, alors je voulais juste vous informer que ma maison est, bien sûr, ouverte à vous quatre."

Comment ose-t-il! Pendant un instant, Lily vit rouge, et seule l'idée qu'elle ruinerait la soirée de tout le monde l'empêcha d'aller écraser son poing sur le visage James.

Mais comment osait-il supposer ça, se mêlant d'une situation dont il ne connaissait rien et jouant au Lion généreux, comme si Remus et elle n'étaient pas des Gryffondor aussi et les meilleurs! Comment osait-il!

(Et ils n'accepteraient pas son offre, n'est-ce pas? Aucun d'eux n'avait rien dit quant à leur hébergement, mais Harry et Neville n'avaient pas dissimulé leurs problèmes avec Snape, et être là était difficile pour eux, donc et si...)

"Vous pensez que nous ne voudrions pas vivre avec des Serpentards?" répéta Hermione, et la douceur de sa voix qui en dissimulait la dureté apaisa les doutes de Lily. "Comment savez-vous que Harry n'est pas un Serpentard lui-même, Mr Potter?"

James la regarda avec une surprise sincère, avant d'avoir le cran d'éclater de rire.

"Comme si le Survivant pouvait être un Serpentard quelle que soit la dimension," rigola-t-il. "Il faut du courage pour être un leader, et la seule chose que vous trouverez dans la maison des serpents et de leurs soi-disant amis, c'est de la lâcheté."

"Leurs soi-disant amis?" répéta Hermione, d'une voix encore plus froide. James ne s'en rendit pas compte.

"Ceux qui les fréquentent," lui expliqua-t-il, et ses yeux se posèrent sur Remus et Lily. "Presque pire que les vrais. Est-ce que vous saviez que tous les sorciers maléfiques viennent de Serpentard?"

"Oh vraiment?"

Les yeux de Hermione se posèrent sur Peter, et en d'autres circonstances, Lily se serait posé des questions, mais pour le moment, elle était trop occupée à ne pas ruiner le bal de Lucius; à ne pas sombrer dans la piscine de souvenirs que ces mots avait ouvert, des souvenirs de douleurs lorsqu'elle avait été rejetée par sa propre maison, de Remus pleurant dans un coin parce qu'il ne se sentait pas chez lui dans son propre dortoir, de Severus assis à côté d'eux avec impuissance, leur offrant de ne plus leur parler en public si ça pouvait leur faciliter la vie, et seule la distance de vingt ans passés avec ses amis pouvait apaiser sa furie.

Mais la furie de Hermione, apparemment, n'était apaisée par rien du tout. Un instant, elle l'écoutait poliment; l'instant d'après, elle était très près de James, presque sous son menton, et le fait que ses mains ne tremblaient pas et que sa voix était basse ne la rendait pas moins effrayante. Pas du tout.

"Laissez-moi être claire, Mr Potter," dit-elle calmement. Ses yeux étaient comme des pierres polies, ne révélant rien, et le souvenir de cette femme lançant un Endoloris, massacrant des homme à coup d'épée, tenant tête à Albus et gagnant, fut soudainement très réel.

"Dans notre monde, vous êtes mort. Vous êtes mort peu après la naissance de votre fils, et la seule raison pour laquelle votre garçon est encore en vie là-bas, c'est parce que ces Serpentard et leur 'soi-disant amis' l'ont protégé. Malgré la façon dont vous les avez provoqué lorsque vous étiez en vie, ils n'ont pas abandonné votre fils à son propre sort. Ils ont pris soin de lui, lui ont enseigné tout ce qu'il devait savoir et ils sont morts pour lui lorsque vous ne pouviez pas, et je ne peux pas m'empêcher de trouver ça tout spécialement ironique considérant votre implication dans la non-naissance d'un certain autre enfant."

James prit une inspiration tremblotante. Que ce soit en découvrant le destin de son alter-ego ou parce que Hermione avait une connaissance inattendue du passé, il semblait secoué. Et à la façon dont elle le regardait, le dominant facilement alors qu'il faisait bien une tête de plus qu'elle, Hermione semblait bien déterminée à marquer le point.

"Vous avez une dette envers eux, Mr Potter," dit-elle, d'une voix toujours si basse que quiconque d'autre croirait que c'était une conversation, certes intense, mais amicale. "Et même si ce n'était pas abondamment clair dans cette conversation, ma dimension prouve que ce sont des gens que vous devriez admirer, dans n'importe quelle dimension. Passez une bonne soirée, Mr Potter. Je ne pense pas que nous nous reverrons."

Elle lui fit un sourire final, un petit geste brusque semblable à un coup de couteau, avant de se retourner vers Bill.

"Tu disais?" lui demanda-t-elle, et tout à son honneur, Bill babilla au sujet de l'usage des bijoux dans les pierres fondatrice juste assez longtemps pour permettre à James de récupérer son fils et de disparaître dans la foule.

"Wow," dit-il ensuite. "Je suis vraiment content que ça ne soit pas adressé à moi."

Hermione tressaillit.

"C'était nécessaire," dit-elle d'une voix plate, mais elle ne le regarda pas et redevint immédiatement silencieuse.

Elle semblait misérable, mais pas comme si elle regrettait le massacre verbal de James Potter.

Lily se rappela du verre de vin qu'elle tenait et en prit une petite gorgée. Son cœur battait la chamade, et elle ne savait pas vraiment si elle était triomphante au vu du rejet froid de James ou choquée par l'implacabilité dont la jeune femme avait fait preuve.

Alors c'était comme ça qu'elle aurait pu utiliser ses connaissances de leur dimension si elle avait voulu les blesser. Une fois de plus, elle se rappela que Hermione essayait en ce qui concernait Lily et ses amis, et que les choses auraient pu être très différentes

"Ron, mon frère, m'a demandé de vous saluer," dit finalement Bill, dans une tentative de relancer la conversation, et cette fois-ci, ce fut Lily qui tressaillit, bien consciente que ce sujet ne ferait qu'empirer l'état de Hermione.

"Il voulait vous parler à Harry et vous, mais Noël est très important pour ma famille, et Maman compte tellement sur lui..."

Hermione cligna des yeux. Pendant un instant, elle sembla être dans un tout autre monde.

"Je comprends, "dit-elle doucement. "Sa famille est la chose la plus importante au monde pour Ron. Je sais."

Bill l'observa avec surprise, mais une lente réalisation apparaissait aussi sur son visage. Bill n'était pas l'un des plus jeunes briseurs de sorts jamais employé par Gringott pour rien. Il était un excellent observateur.

"Bien," dit-il, pas encore sûr de ce qu'il voyait. "La plupart des gens trouvent ça bizarre, en fait, la façon dont il place la famille au centre de sa vie. Ça a été une source de moqueries à l'école, donc il a souvent peur que les autres ne comprennent pas..."

"Oh, non," l'interrompit-elle. "Ron n'a jamais été vraiment sûr de son rôle dans la vie, et étant le plus jeune garçon, il pensait ne pas vraiment être important. Ça a du être réconfortant pour lui de prendre soin de ta mère. Je suis contente qu'il ait trouvé sa place dans la famille."

Maintenant, Bill la regardait avec choc.

"C'est exactement ce que mon père a dit," commenta-t-il. "Vous devez vraiment bien le connaître dans votre dimension."

Hermione devint livide, et ses yeux parcoururent toute la pièce, comme à la recherche d'une issue.

"Nous..." balbutia-t-elle. "Je... Nous avons grandi ensemble, je suppose. Il était..." Sa voix trembla. "Il était mon...ami."

"Je suis content d'apprendre ça," dit doucement Bill. "Après la mort de Ginny, il est devenu un peu solitaire. Il a des amis, bien sûr, mais parfois je pense qu'ils ne le connaissent pas vraiment."

"Oui," dit Hermione, de cette même voix agonisante. "Ce n'est pas facile d'apprendre à connaître le vrai Ron. Il est profondément dissimulé."

Elle s'interrompit, et fit demi-tour comme pour mettre fin à cette conversation, mais ensuite ses yeux cherchèrent et croisèrent à nouveau ceux de Bill, et il y eut quelque chose de suppliant dans la façon dont elle toucha son épaule.

"Bill," demanda-t-elle. "Est-il...est-il heureux?"

Le visage de Bill s'adoucit, faisant brièvement écho à la douleur visible dans les yeux de Hermione. Il posa ensuite sa main sur la sienne et la pressa calmement.

"Oui, Hermione," dit-il, et il y avait une nouvelle qualité à sa voix, une intimité qu'il réservait généralement à ses frères et à ses parents. "Je pense qu'il l'est. Bien que je sois désolé que ce Ron n'ait pas eu l'occasion de te connaître. Tu aurais fait une meilleure personne de lui, je pense."

Lily fit la seule chose qu'elle pouvait faire et laissa les deux jeunes gens à leurs affaires familiales.


Trois danses et une conversation avec Narcissa au sujet de la nouvelle bourse d'étude que celle-ci débutait à Poudlard plus tard, Lily repéra enfin Harry, dans une autre pièce, à moitié dissimulé par l'ombre arquée de deux énormes rideaux de velours.

Lentement, comme pour ne pas attirer l'attention des autres invités sur lui, elle s'approcha pas à pas, s'éloignant du centre illuminé de la pièce, s'éloignant de la joie festive de ses amis et des danses, jusqu'à ce qu'elle se fonde dans les ténèbres comme lui, devenant invisible aux yeux des autres.

Le souffle de Harry s'accéléra lorsqu'elle vint se placer à côté de lui, s'accéléra encore lorsque son épaule toucha la sienne. Avec ses talons, elle faisait presque la même taille que lui. Mais il ne se tendit pas, et il ne s'effaça pas dans les ténèbres, et donc ils restèrent silencieusement ensemble, à regarder la vie et la chaleur et la joie, les couples dansant et les amis buvant ensemble, la célébration d'un jour de paix.

"Je suis désolé pour hier," lui dit-il soudainement. "Je n'ai pas réfléchi, une fois de plus, et je n'aurais pas dû..."

"Tu n'as pas à t'excuser," lui assura calmement Lily, bien que ça apaisa un peu sa douleur. "Je n'aurais pas dû te dire ça comme ça."

Il fit un petit bruit.

"En gage d'excuse, je pourrais démolir James pour toi," lui offrit-il innocemment, et elle rigola malgré elle.

"Je pense que Hermione s'est déjà chargé de ça, Harry."

Il lui fit un sourire qui lui indiqua qu'il en avait parfaitement conscience.

"Ouais, ben, elle a toujours été plus rapide que moi."

Un silence confortable s'abattit sur eux.

"Tu ne veux pas rejoindre tes amis?" lui demanda-t-elle au bout d'un moment, et il tressaillit, de surprise cette fois, comme s'il avait oublié qu'elle était là.

"Non," lui répondit-il lentement. Sa voix était rauque, mais paisible pour une fois. "Non. Ils ne feraient que s'inquiéter pour moi, s'assurer que je m'amuse et que je sois heureux. C'est...c'est bon de les voir comme ça."

"Comme quoi?"

"En vie," répondit-il sans la moindre hésitation. "Eux-même. Je les ai entraîné dans cette vie, et je n'aurais pas pu faire tout ce que j'ai fait sans eux, mais parfois j'aimerais..."

Il sourit.

"C'est bon de voir qu'ils n'ont pas tout perdu. Qu'ils peuvent reprendre une vie normale une fois que tout ça sera fini. C'est pour ça que je le fais, après tout."

"Tu n'as pas tout perdu, non plus," lui rappela-t-elle doucement. "Toi aussi tu es en vie, Harry."

Son sourire devint mélancolique, les coins de sa bouche s'affaissèrent. Lily réalisa soudainement qu'elle ne l'avait jamais vu aussi immobile auparavant, si dénué de vie, tout son énergie nerveuse et ses sautes d'humeur disparues.

"Tu devrais y retourner," lui dit-il. "Ils vont bientôt s'apercevoir de ton absence, et je suis sûr que ton mari veut une autre danse avec toi."

Les yeux de Lily quittèrent le visage de Harry pour voyager le long des ténèbres silencieuses menant à l'autre pièce, où il y avait de la lumière et de la chaleur et de la musique. La distance lui sembla insurmontable, et les ombres mouvantes se tordirent, comme vue à travers un verre déformé.

Son fils. Dans les ténèbres même lorsque entouré de lumière. Toujours à l'extérieur, en train de regarder à l'intérieur.

"Non," dit-elle calmement. "Non. Je préfère rester ici, Harry, avec toi."


[Mode Saw-v2 ON]

Vous voulez la suite ? Moi, je veux des reviews... Vous savez ce qu'il vous reste à faire !

[Mode Saw-v2 OFF]