Epilogue.
oOo
Le mouvement de la balle en caoutchouc tombant par alternance sur le lit était foutument hypnotique. Zane Malefoy regardait de là où il se tenait son meilleur ami depuis l'enfance, Wolfgang Lupin, jeter et attraper la balle tout en étant allongé sur le lit de Zane.
'Je me fais chier,' bâilla Wolf alors qu'il rattrapait la balle et la relançait dans les airs. 'Ca ne fait même pas une journée complète que l'on est diplômés de Poudlard et je m'emmerde déjà à mourir.'
'Ma mère a dit que tu ne peux pas continuer à balancer des gros mots comme ça, ici. Blake commence à comprendre certains mots et elle dit que si jamais son premier mot c'est 'foutu', 'merde', 'enfoiré', ou 'derche' alors elle te tuera,' répondit Zane, tirant sur une ficelle de sa chaussette.
Wolf rit et lui jeta la balle. 'Tante Hermione ne me ferait pas le moindre mal. Elle m'aime bien trop.'
'Nan, mon pote, je suis quasi sûr qu'elle ne fait que tolérer ta présence pour mon bien,' dit Zane.
'Menteur.'
'Je ne mens pas,' dit Zane avec un sourire innocent.
'TANTE HERMIONE !' cria Wolf.
Ils entendirent les pas d'Hermione arriver du couloir et virent sa tête pénétrer la chambre. 'Pourquoi cries-tu ?'
'Dis à Zane que tu m'aimes vraiment, et que tu aimerais que ce soit moi ton fils plutôt que lui,' dit Wolf du lit.
Hermione roula des yeux. 'Je ne sais vraiment pas quand vous allez grandir tous les deux. Le diner est presque prêt, au fait. Lavez-vous les mains, s'il vous plait, et peux-tu t'assurer que tes frères et sœurs en fassent autant, Zane ?'
Zane acquiesça et la regarda quitter la pièce. 'Je te l'avais dit qu'elle ne faisait que te tolérer,' dit-il à Wolf.
'Enculé,' rit Wolf en lui balançant un oreiller.
'Tu n'as pas le droit de dire 'enculé' non plus, espèce d'enculé,' dit Zane, attrapant un autre coussin pour le lui balancer et égaliser les choses.
Zane frappa à la porte de Deena et l'ouvrit lorsqu'elle le lui permit. Il trouva sa petite sœur de huit ans assise sur le sol avec des tas de poupées autour d'elle.
'Coucou, Zane !' dit-elle avec un sourire éclatant sur le visage. 'Tu veux jouer avec moi ?'
Zane regarda les poupées avec une expression presque égale à de l'horreur. 'Ah, non merci. C'est presque l'heure du diner. Maman a dit de te laver les mains.'
'Mais mes mains sont propres,' dit-elle, en faisant s'écraser l'une contre l'autre deux de ses poupées. 'Les mains de Lex sont sale elles par contre. Va lui dire qu'il se les lave.'
'Quelqu'un veut donner beaucoup d'ordres aujourd'hui, n'est-ce pas ?' la taquina Zane.
Deena lui fit un grand sourire, dévoilant trois dents de lait manquantes. 'Papa dit que je suis parfaite.'
'Ouais, et tu es aussi tellement pourrie-gâtée par papa que ça en file la nausée,' marmonna-t-il.
'Mais je suis sa petite Duchesse Deena !' dit-elle fièrement, avec la posture altière des Malefoy.
'Evidemment que tu l'es,' dit Zane. 'Maintenant, va te laver les mains.'
Il la regarda s'extirper de sa pile de poupées et courir vers la salle de bain attenante à sa chambre, ses boucles blondes flottant derrière elle. Elle ressemblait tellement à Hermione que Zane n'avait aucune difficulté à comprendre pourquoi son père en faisait tellement pour elle. La couleur traditionnelle des cheveux des Malefoy ne rendait Deena que plus adorable. Son visage aux dernières rondeurs de bébé avec ses dents manquantes et ses yeux d'un marron léger, tournait n'importe quel homme qui lui parlait en un imbécile profond, prêt à faire tout ce qu'elle voulait.
Elle avait tous les hommes de leurs connaissances ancrés bien au fond de sa poche.
Il quitta sa chambre pour aller voir Lex, son frère de douze ans. Zane et Lex étaient assez proches malgré leurs cinq ans de différence.
La porte de la chambre de Lex était ouverte et le jeune garçon blond était assis sur son lit avec ses écouteurs, un cadeau de leurs grands-parents maternels, fourrés dans les oreilles tout en parcourant les pages d'un magasine de Potion. Ouais, ils avaient des livres dédiés aux potions. Lex était l'intello de la famille, digne fils de sa mère. Tous les enfants Malefoy étaient blonds, mais leurs personnalités étaient généralement plus comme celle d'Hermione, quelque chose qu'elle adorait répéter constamment à Drago et pour laquelle elle remerciait les Dieux.
Zane se dirigea vers le lit de son frère et lui arracha le magasine des mains.
'Hey !' dit Lex avec sa voix faiblarde d'adolescent, ses yeux marron foncé se rétrécissant. 'J'étais entrain de lire ça.'
'Maman a dit de passer à la salle de bain avant le diner,' dit Zane, jetant le magasine sur le lit.
'Mes mains sont propres,' dit Lex en roulant des yeux.
'Va juste les laver,' dit Zane en sortant de la chambre, écoutant les grommèlements de son frère derrière lui.
Il retourna dans sa propre chambre sur le lit de laquelle Wolf était toujours allongé, sauf qu'il dormait à présent. Zane secoua la tête à son ami qui avait toujours adoré dormir lorsqu'il s'ennuyait, généralement sur n'importe quelle surface plane. Zane ressortit de la pièce et ferma la porte derrière lui.
Il alla à la cuisine où Hermione était assise à table, essayant de faire manger à Blake des biscuits salés. Blake était le plus jeune frère de Zane, âgé seulement de dix mois. Tout le monde savait que Drago et Hermione avaient prévu de ne plus avoir d'enfants après Deena, mais alors Blake est arrivé huit ans après, une complète et énorme surprise. Zane adorait appeler Blake le Bébé Accident.
Avec une petite couche de cheveux blond pâle, Blake était un bébé très vivant avec de bonnes joues et de lumineux yeux bleu qu'il avait directement hérité de sa grand-mère, Narcissa. Il ne pouvait également pas parler, ce qui faisait de lui le préféré de Zane.
'Mon cœur, pourrais-tu me passer cette serviette là ?' demanda Hermione.
Zane attrapa la serviette posée sur le plan de travail et s'assit à la table juste à côté de la chaise haute de son frère. Blake se mit immédiatement à couvrir le visage de Zane de morceaux baveux de biscuits. Génial.
'Oh, Blake chéri, n'en mets pas partout,' soupira Hermione en tendant la serviette à Zane. 'Lex et Deena se sont lavés les mains ?'
'Ouais.'
'Qu'as-tu fait de Wolf ?' demanda-t-elle, en se protégeant comme Blake balançait ses minuscules poings dans tous les sens.
'Il s'est endormi,' fit Zane nonchalamment.
Cela fit sourire Hermione. 'Ton père est dans la cave entrain de mettre de l'ordre dans les cartons. Je te promets, chaque fois que je lui demande de faire quelque chose, il se plaint comme une vieille mégère.'
'Je ne me plains pas comme une vieille mégère,' dit Drago de l'embrasure de la porte, en essuyant ses mains sur son pantalon. 'Si tu me laissais utiliser ma baguette, je ne dirais rien.' Il se pencha pour ébouriffer les cheveux de Blake et lui faire un bisou sur le front. 'Fais vivre un enfer à ta mère pour moi, gamin.'
'Franchement Drago, qu'est-ce que j'ai dit sur les gros mots ?' demanda Hermione en plissant le front.
'Enfer n'est pas un gros mot. C'est un endroit en lequel les moldus croient,' rétorqua-t-il, en faisant un clin d'œil à Zane. 'Des lieux ne peuvent pas être des gros mots.'
Elle roula des yeux. 'En as-tu finis avec la cave ?'
Drago grogna. 'Non. Il y a trop de boites. Comment espères-tu que je puisse finir sans ma baguette, sérieusement ?'
'Arrête avec cette baguette !' répondit sèchement Hermione. 'Cela ne t'aiderait franchement pas à organiser le tout. Tout ce à quoi elle peut servir c'est probablement lever les choses lourdes. Es-tu entrain de dire que tes bras sont devenus trop faibles pour porter des choses ?'
'Ferme-la,' marmonna Drago en attrapant un verre d'eau et jetant un regard à sa femme par-dessus le bord.
Zane colla sa main contre sa bouche pou s'empêcher de rire. Les disputes de ses parents n'avaient de cesse de l'amuser. Il arrêta de rire lorsqu'Hermione parla à nouveau.
'Peut-être que Zane peut t'aider' dit-elle.
Fait chier !
'Tu es occupé, Z ? Je pourrais avoir besoin de toi,' dit Drago.
'Euh,' soupira Zane. 'Ouais, d'accord, je peux aider. Wolf ne va pas se réveiller avant un moment.'
'Je jure que ce garçon fait plus de siestes que Blake,' dit Hermione, en faisant une grimace idiote à son bébé. 'N'est-ce pas, mon Blakey chéri ?'
Zane et Drago grimacèrent. Aucun d'eux ne supportaient les jérémiades faites aux bébés, mais Hermione aimait tellement tous ses enfants qu'elle ne pouvait pas vraiment s'en empêcher.
Pris d'une forte quinte de toux alors qu'un nuage de poussière s'élevait d'une vieille boite, Zane s'éventa pour évacuer la poussière et bougea la boite du pied. 'Qu'il y-a-t-il dans celle-ci ?'
Drago leva les yeux de son coin de l'autre côté de la cave. 'Il y a écrit quelque chose dessus ?'
Zane secoua la tête et s'agenouilla pour ouvrir la boite. 'Rien d'écrit, non.'
'Ce doit être tes vieux jouets. Ta maman a dit que si on les trouvait, il fallait les remonter et les donner à Deena et Blake.'
Il ouvrit le carton prudemment, essayant de ne pas faire voler la poussière, et attrapa ce qui se trouvait à l'intérieur. La cave de la maison n'était pas très éclairée, mais il pouvait quand même deviner les contours de tous ses vieux jouets.
Il prit les deux premiers sur le dessus et les fixa, la bouche légèrement entre-ouverte. Ses deux jouets favoris, les deux choses qu'il n'avait jamais lâchées du regard : Rosie et Posey les dinosaures. Cela faisait des années qu'il ne les avait pas revus. Le jour de son neuvième anniversaire, Drago et Hermione l'avaient convaincu de les laisser, ce qu'il avait fait avec réticence.
Les yeux rivés sur le dinosaure vert, Posey, son esprit s'emplit soudainement de la raison pour laquelle il l'avait. Il regarda son père, qui était plongé dans un nouveau carton.
'Papa ?'
'Ouais ?'
'Qu'est-il advenu de Pansy ?'
Les mouvements de Drago se stoppèrent instantanément et il leva la tête pour croiser le regard de son fils. 'Pansy ?'
'Tu ne parles jamais d'elle, à part quand Lex avait six ans et qu'il avait dessiné un singe, et que Donny avait dit qu'il ressemblait à Pansy…'
'Je n'ai jamais eu de ses nouvelles ni n'ai jamais rien entendu à son propos,' fit Drago.
'Est-elle toujours mariée à ce type ?'
Drago haussa les épaules. 'Pourquoi toutes ces questions ?'
'Je ne sais pas, je suis simplement curieux. C'est ma mère après tout …'
'Hermione est ta mère,' le coupa Drago.
'Papa, je sais ça,' dit Zane patiemment. 'Mais cela ne m'empêche pas de me poser des questions. Ce n'est pas comme si je pouvais totalement ignorer son existence.'
'Je ne sais pas ce qu'elle est devenue, Z, et je m'en fiche royalement.'
'Est-ce que maman sait ?'
'Non, et je ne veux pas que tu lui poses de questions,' expliqua Drago.
'D'accord,' fit doucement Zane, remettant les deux dinosaures dans leur boite.
'Zane', soupira Drago, 'ne te fâche pas.'
Zane leva les yeux et secoua la tête, se forçant à sourire à son père. 'Je ne suis pas fâché, papa, vraiment pas. Je suis juste curieux. Il n'y a jamais eu de vide dans ma vie qu'une mère aurait pu remplir. Je te jure.'
Drago regarda son fils pendant un moment puis sourit tendrement. 'Ok, aide-moi avec ces cartons et on en aura fini pour aujourd'hui.'
Le diner se passa normalement : de bruyants borborygmes de la part de Blake, Deena essayant de ne pas se recevoir sur la tête la nourriture que Blake jetait, et Lex se faisant disputer pour avoir amené des livres à tables. Zane voyait tout cela avec le cœur lourd et après diner, il s'évapora dans sa chambre où Wolf dormait toujours. Il attrapa sa baguette qu'il fourra dans sa poche avant de quitter la pièce.
Il fit une halte au salon où Drago et Hermione étaient avec Deena et Blake.
'Je sors pour quelques heures,' dit Zane.
Drago arrêta de faire sauter Blake sur ses genoux et le regarda. 'Où vas-tu ?'
'Dehors,' dit Zane avec un haussement d'épaule. 'Wolf dort, et je serais de retour avant minuit.'
'Tu as ta baguette ?' demanda Hermione. Lorsque Zane acquiesça, elle sourit. 'Amuse-toi bien, mon cœur.'
Zane attrapa son manteau, mais le remit dans le placard aussitôt. Il faisant trop chaud pour mettre un manteau; un jean et un tee-shirt feraient largement l'affaire. En quittant la maison, il inspira profondément l'air salé autour de lui.
Après la naissance de Lex, ses parents avaient décidé que l'appartement dans lequel ils vivaient était trop petit pour y élever une famille, alors ils avaient fait leurs cartons et s'étaient installés dans un quartier assez tranquille de Portsmouth. Portsmouth était en fait situé sur une île qu'un petit tunnel reliait à l'Angleterre. Plusieurs ponts connectaient l'île à la terre, mais les transports n'avaient jamais réellement posé problèmes grâce au Transplanage et à la Cheminette.
Zane descendit jusqu'aux docks et laissa le petit brin d'air lui ébouriffer les cheveux. Hermione le pressait toujours pour qu'il se les fasse couper, mais il n'y faisait même pas attention. Ils faisaient d'agaçantes boucles, ce qui poussait toujours Drago à se demander d'où lui venait ces boucles.
Hermione aimait à lui dire qu'en fait, c'était le laitier le véritable père de Zane.
Ses cheveux lui arrivaient à la nuque et bouclait au dessus de ses oreilles, mais généralement il les repoussait simplement de la main. Avec le temps, le blond foncé de ses cheveux s'était mélangé à de plus claires nuances, le laissant avec un désordre de mèches claires et foncées.
Il préférait vraiment ne pas penser à cela. Ce ne faisait que le stresser encore plus.
Il fourra ses mains dans ses poches et atteignit enfin sa destination, un endroit après les docks où il pourrait transplaner sans être dérangé. Avec toute la concentration qu'il pouvait rassembler, il transgressa les règles du transplanage international et laissa l'air humide derrière lui.
Après avoir acquis l'adresse dans un annuaire et avoir demandé son chemin dans un café, Zane fit chemin vers le château de son enfance dont il ne se souvenait que vaguement.
Il ne comprenait vraiment pas ce qui l'avait poussé à venir ici. Il y avait une partie de lui qui voulait simplement vraiment savoir ce qu'il advenait de Pansy. Il y avait également un petit bout de lui, une part vengeresse de lui (sans aucun doute la part Malefoy) qui voulait qu'elle regrette de ne pas l'avoir aimé.
Il se dressa devant la porte et frappa rapidement, reculant et se passant une main dans les cheveux. Il compta jusqu'à dix en attendant que l'on ouvre la porte.
Il ne fut pas surpris lorsqu'un elfe de maison lui ouvrit et le fixa d'un regard interrogateur. 'Puis-je vous aider, Sir ?'
'Oui, euh … Pansy est là ?'
'Ma maîtresse est là, oui !' couina l'elfe. 'De qui dois-je lui annoncer la visite ?'
'Hum, dis-lui que c'est Zane Malefoy,' dit-il nerveusement.
'Maître Zane !'s'excita l'elfe. 'Eh bien, vous avez tellement grandi ! Je me souviens de vous lorsque vous n'étiez encore qu'un bambin et puis quand vous étiez avec nous lorsque vous étiez un petit enfant !'
'Oh, merci … je suppose,' dit-il. 'Je suis désolé, mais je ne me souviens pas de ton nom. Ca fait longtemps.'
'Je suis honorée que vous vouliez le savoir tout court, Sir ! Je suis Sicily.'
'Coucou, Sicily,' dit-il.
'Entrez-donc, Sir, allez,' dit-elle rapidement. 'Suivez-moi et je vous mènerais à ma maîtresse !'
Zane entra dans la grande maison et suivit l'elfe de maison alors qu'elle trottait vers ce qu'il supposait être le salon.
'Maîtresse Pansy, notre jeune maitre Zane est venu en visite !' dit Sicily avec excitation.
Zane se tenait dans l'embrasure de la porte et regardait la femme brune au loin se retourner et le fixer avec surprise. Elle avait été assise avec un livre, appréciant la chaleur et le confort prodigués par la cheminée.
Elle fixa son fils pendant un long moment, le regardant dans les yeux puis de haut en bas, n'étant pas totalement sûre de pouvoir faire confiance à ses yeux en cet instant.
'Salut,' dit Zane doucement, en détournant les yeux de sa mère biologique et fixant ses chaussures.
'Que fais-tu ici ?' demanda-t-elle lentement.
C'avait été une erreur. Il n'aurait pas du venir. Il avait une famille parfaite à la maison, des gens qui l'aimaient de tous leurs êtres, et il n'était venu sans aucune autre raison que pour satisfaire sa stupide curiosité.
'Tu ressembles tellement à ton père,' dit-elle. 'Je n'arrive pas à croire que c'est bien toi.'
Il la regarda et haussa les épaules. 'Je suis juste venu pour, euh, savoir ce qu'il t'était arrivé. Je suis tombé sur quelque chose aujourd'hui qui a fait remonter des souvenirs de toi.'
'Vraiment ? Quoi donc ?'
'J'ai retrouvé le dinosaure que tu m'avais fait quand j'étais ici,' expliqua-t-il, réalisant qu'il avait l'air vraiment idiot.
'Je suis désolée, je ne me souviens pas,' dit-elle.
Zane la vit lui faire signe de s'asseoir. Elle avait vieilli, des rides creusant le coin de ses lèvres et de ses yeux. Elle semblait fatiguée.
Il s'assit sur la chaise lui faisant face et tapa nerveusement du pied. 'Comment va ton mari ?'
Pansy se raidit et regarda la cheminée, ses yeux se glaçant. 'Il nous a quitté il y a deux ans.'
'Oh, je suis désolé de l'apprendre.'
Elle se contenta d'une moue inexpressive en regardant toujours la cheminée. 'Comment va ton père ?'
'Il va bien,' répondit-il.
'Et sa femme ?'
'Maman va bien également,' dit Zane. Il la vit ciller lorsqu'il appela Hermione maman. Il ne pouvait rien faire contre. Ce n'était que la vérité.
'Je n'ai pas eu d'autre enfant après toi, Zane,' dit-elle soudainement. 'Angelo ne pouvait pas avoir d'enfants. Mais je l'aimais, et je pensais ne pas avoir besoin d'enfant dans ma vie.'
Humm … d'accord, c'est un peu du n'importe quoi là, Pansy…
Elle se tourna vers lui et lui sourit légèrement. 'Tu as tellement grandi. Tu es un homme, maintenant. J'ai juste … J'aurais juste aimé changer les choses un peu. Peut-être n'aurais-je pas été si seule ces derniers jours. J'ai eu pas mal de temps pour repenser à ma vie, et je sais que j'ai fait des erreurs, mais je suis en fait heureuse que ton père t'ait élevé. Dieu seul sait ce qui aurait pu se passer si tu étais resté avec moi.'
Zane resta silencieux et se sentit gêné alors qu'il écoutait le monologue de Pansy.
'Je suis contente que tu sois venu me voir, Zane,' dit-elle doucement. 'Tu es un bon garçon et tu as été bien élevé. Je ne mérite pas ta gentillesse, mais je t'en remercie quand même.'
'Aucun problème,' marmonna-t-il.
'Tes parents savent-ils que tu es ici ?' demanda-t-elle.
'Euh, pas vraiment. Je ne suis pas sûr qu'ils aimeraient vraiment me savoir ici,' dit-il.
'Je sais ce qu'ils pensent de moi,' dit-elle. 'Ce n'est pas comme si je les appréciais beaucoup moi non plus. Mais, toi … tu as une bonne nature, Zane. Voudrais-tu … pourrais-tu … me parler de toi.'
Zane cligna lentement des yeux et se racla la gorge, ne sachant trop quoi dire. Pansy le pressa de lui parler de ses années à Poudlard, de ses frères et sœurs, et ses projets d'avenir. Il parla doucement, en regardant alternativement ses genoux et le mur pendant ce temps. Après presque deux heures, il se leva finalement et se passa une main dans ses boucles, une habitude nerveuse dont il semblait ne pouvoir se débarrasser.
'Je devrais y aller maintenant …'
'Merci d'être venu, Zane,' dit Pansy en se levant et s'approchant de lui. 'Serait-ce … Cela t'apporterait-il beaucoup d'ennuis de revenir me rendre visite ? Je veux dire, j'ai apprécié ta compagnie, et je … eh bien, je n'ai pas beaucoup de visiteurs.'
'Ouais, je pourrais revenir,' fit Zane. Il s'arrêta un moment et la regarda. Il laissa échapper ce qu'il avait sur le cœur avant que son esprit ne l'en empêche. 'Pourquoi ne m'as-tu pas aimé lorsque j'étais plus jeune ?'
La mâchoire de Pansy se serra légèrement.
'Je n'étais pas un mauvais petit,' continua-t-il, en regardant ses chaussures. 'J'ai toujours eu l'impression que j'avais fait quelque chose de mal, quelque chose qui avait poussé la femme supposée être ma mère à me détester. J'ai essayé d'être gentil, vraiment. J'avais un père qui m'aimait d'un amour inconditionnel, des grands-parents qui me gâtaient comme pas possible et une mère qui m'aimait de toute son âme, ne laissant jamais les souvenirs de ma mère biologique qui ne voulait pas de moi remonter à la surface. Mais je n'ai jamais oublié. C'a toujours été au fond de ma mémoire. J'aime ma famille, et je suis chanceux qu'ils m'aiment également.'
Sa respiration était forte maintenant et il se passa à nouveau une main dans les cheveux. Il n'avait jamais parlé de cela à voix haute. Il n'y avait jamais vraiment pensé, jamais aussi fort.
'Mais ça me saoulait que tu ne m'aimes pas. Je ne sais même pas pourquoi ça me fait quelque chose ! Ca me saoule encore plus de sentir que j'y attache de l'importance. Peut-être suis-je égoïste et ai-je ce besoin inconscient d'être aimer de tout le monde, ou bien peut-être suis-je seulement aussi borné que toutes les autres personnes de ma famille et que je ne peux pas laisser tomber … Je ne sais pas. Je suis … J'ai juste … argh, oublie ça. Je suis désolé. Je m'en vais.'
Il se tourna pour partir mais une main sur son épaule l'arrêta.
'Je ne peux pas changer le passé, Zane,' dit Pansy dans un presque murmure. 'Je ne peux probablement pas arranger les choses entre nous deux, et je ne saurais pas vraiment comment m'y prendre. Mais, je peux demander pardon de mon comportement passé. Je peux entamer une nouvelle relation avec toi maintenant. Je ne peux pas être une mère pour toi puisque tu en as déjà une qui a fait un boulot admirable, aussi détestable qu'il me soit de l'admettre. Tu es tout ce qu'il me reste, Zane. Je n'ai aucun remord à utiliser la culpabilité comme motivation, c'est ce qui a fait de moi une Serpentard … Je ne pense pas qu'il soit temps pour toi de me pardonner, mais j'espère sincèrement que tu me laisseras une chance.'
Zane acquiesça avec raideur et sortit du salon.
Lorsqu'il atteignit la porte d'entrée, il sentit des bras lui enlacer la taille et le serrer fermement avant de le relâcher rapidement. Il se tourna, et fut surpris lorsqu'il vit Pansy tamponner le coin de ses yeux. 'Rentre chez toi, Zane. J'attendrais ton retour. Tu as encore tellement de choses à m'apprendre, tellement de choses.'
Il acquiesça de nouveau et quitta la maison, sa tête nageant entre la confusion et une pointe d'euphorie. Il n'avait pas su à quoi s'attendre en transplanant en France, mais il était content de l'avoir fait. Sa relation avec sa mère biologique était encore bien loin d'être normale, mais avec le temps, peut-être pourrait-il réussir à comprendre ses propres motivations d'avoir essayé de renouer avec elle.
Pour l'instant, il avait une famille qui voulait le voir rentrer à la maison et qu'il aimait plus que n'importe qui devrait aimer un être humain. Pour l'instant, cela serait suffisant.
Avec un sourire, il transplana chez lui, à Portsmouth.
C'est ici que l'on se quitte. 8mois et 8jours plus tard.
Ca fait déjà 4heures que je suis entrain d'updater, de lire et relire ce chapitre, de corriger, reformuler, enlever ou rajouter. Je prolonge le moment de finalement cliquer sur 'save' et de mettre en ligne.
Parce qu'on me l'a demandé, OUI il y a une suite à cette histoire, mais non je ne la traduirais pas. 1) il n'y a que 5chapitres d'écrits et l'auteur n'y a pas touché depuis un moment. 2) j'aime Zane bébé et j'avoue avoir du mal à me le représenter autrement. Je verrais lorsque la suite sera terminée. Peut-être que ça me plaira. Who knows ... 3) J'ai presque fini de traduire une autre histoire; il faut que j'aille demander l'autorisation à l'auteur de la publier maintenant. 4) Je travaille sur 1projet d'histoire depuis 2semaines. Et il y a une histoire que j'ai commencé il y a plus de 2ans et que j'aimerais finir, elle est compliquée, mais je suis sûre qu'une fois finie, ça pourrait donner quelque chose de pas trop mal. Je sais que les lecteurs ici lisent principalement la traduction et ne savent pas trop ce que MOI je vaux, mais si vous restez dans les parages assez longtemps, vous pourriez juger de vous-même :) Je voudrais -en parallele de la nouvelle traduction- faire quelque chose qui vienne de moi.
Maintenant, je voudrais envoyer un email à l'auteur de la VO de cette histoire, et pour cela j'aimerais votre participation! Donnez-moi simplement 1 MOT, qui pour vous, résume l'histoire, ou exprime votre ressenti. Juste un petit quelque chose pour remercier l'auteur de cette brillante idée.
A mon tour de dire merci. MERCI pour ces fabuleux derniers mois avec vous tous. MERCI de votre fidélité à L'intimité, sa plus belle caricature. MERCI de toutes ces reviews, tous ces fous-rire que j'ai eu en en lisant certaines, de vos points de vue. MERCI du soutien inébranlable que vous m'avez témoigné quand je ne collais plus à l'échance de publication que je m'imposais. MERCI d'avoir été là depuis le début et d'avoir suivi cette histoire de 'Je me fais trop vieux pour ce genre de choses' à 'Avec un sourire, il transplana chez lui, à Portsmouth'. MERCI d'avoir aidé la traductrice qui est en moi à réaliser que c'était vraiment ce dont je voulais faire ma vie.
MERCI.
Cally x
