Voilà - enfin - le dernier chapitre! Un très grand pardon pour celles et ceux qui l'attendaient, l traduction a été terminée il y a un bout de temps mais je suis une vraie tête de linotte et j'ai oublié de la poster.
Enjoy!
Harry était nerveux. Il vérifia de quoi il avait l'air pour la huitième fois mais retint ses doigts, de peur qu'ils n'aillent toucher ses cheveux. Il savait qu'il ne ferait qu'empirer les choses en les emmêlant.
Au lieu de cela, il caressa sa robe des doigts une dernière fois, sachant qu'elle, au moins, paraissait bien. Il n'avait rien épargné, afin que Malfoy – maintenant Draco – n'aie aucune raison de le dédaigner.
Eh bien, aucune raison visible, du moins. Leur couple était trop récent pour qu'Harry ait la moindre confiance en sa capacité à résister à la pression du public. Il avait passé presque toutes ses vacances de Noël bien installé chez Draco, nu la plupart du temps.
Un bref séjour chez les Weasley le jour de Noël avait amené de nombreuses discussions guindées en présence de tout le monde, bien qu'ils se soient été gentiment retenus de lui poser des questions en public… à part George qui avait beuglé à table lors du dîner : « Alors, Harry, j'ai entendu dire qu'il y avait du frotti frotta entre toi et Draco Malfoy, maintenant. C'est vrai ? »
L'arrêt total de mouvement et le silence figé qui avait suivi avait fait rougir les joues d'Harry mais il avait simplement répondu : « C'est vrai. »
George avait levé son verre pour faire un toast et dit : « Tant mieux pour toi, Harry. » Ron avait grommelé ce qui avait semblé être un rire mais un rire amusé, et non pas sarcastique. Molly avait demandé très fort si quelqu'un voulait plus de pommes de terre et on en était resté là.
En fait, il s'était demandé s'il aurait dû ramener Draco mais savait sans même avoir à le demander que son nouveau petit ami aurait refusé tout net. Il avait conscience qu'il entamerait ce sujet de conversation un autre jour. Si un autre jour allait suivre celui d'aujourd'hui.
Il lança un sort de Tempus et soupira. C'était le moment. Il lança un coup d'œil au miroir une dernière fois, ignora son reflet et transplana.
A chaque fois qu'il se rendait à une soirée du Ministère, Harry se souvenait à quel point il les détestait. Bien sûr, lors de la dernière, il était tombé sur Draco Malfoy qui chantait pour Pansy Parkinson dans une pièce isolée et ça lui avait changé la vie, mais, tout de même, celle-ci commençait vraiment de la même façon que la précédente.
Harry sourit de façon idiote et serra les mains d'épouses d'employés du Ministère – apparemment une toute nouvelle fournée par rapport à celle qui était venue lors de la fête de Noël, étant donné qu'on n'était qu'au Nouvel An et qu'il aurait supposé pouvoir en reconnaître plus que quelques-unes. Il devait peut-être blâmer l'alcool pour la déficience de sa mémoire. Harry avait descendu une coupe de champagne pour calmer ses nerfs. Cela avait fonctionné tellement bien qu'il en avait descendu d'autres.
Ses yeux scannèrent la pièce progressivement pour trouver une tête blonde familière, se plissant d'impatience. Draco avait promis de venir, même s'il n'avait pas commenté les propos insistants d'Harry pour rendre leur couple public.
« Attention au gui, Harry, » dit Ron en pointant son doigt par-dessus l'épaule d'Harry. Il lança un coup d'œil derrière lui et vit un fouillis menaçant de feuilles et de baies auquel quelqu'un avait lancé un sort flotter partout dans la salle. Plutôt retors. Sûrement l'œuvre d'un ancien Serpentard.
Il s'écarta furtivement pour l'éviter et regarda une fois de plus les invités présents, retenant presque sa respiration quand il repéra un éclair blond familier. Draco était là ! Harry avança d'un pas vers lui sans s'en rendre compte mais une prise se resserra sur son bras pour le retenir.
« Ne fais pas ça, Potter, » l'avertit une voix. Harry se retourna pour lancer un regard noir à Pansy Parkinson. « Draco m'a dit de te demander de rester loin de lui ce soir. »
« Quoi ? » demanda Harry.
« Et il le pense vraiment. Les reporters n'ont pas arrêté de te renifler le train de toute la nuit, comme des vautours. Laisse-le tranquille. »
Harry avait à peine remarqué les journalistes, bien qu'il se rendit compte qu'ils avaient sans doute été plus agressifs que d'habitude.
« C'est lui qui les a incités au départ lorsqu'il m'a traîné pour aller chanter chez Rita Skeeter ! » siffla-t-il avec agacement.
« Oui, eh bien, il avait l'intention de la rappeler. Mais on l'a distrait, » dit-elle et elle lui adressa un sourire entendu.
Harry lui lança un regard noir et s'extirpa de sa prise. « Dans ce cas-là, il me le dira lui-même. »
« Comme tu veux, Potter. S'il est furieux après ça, ce sera pour ta pomme. »
Harry marqua une pause, soudain peu sûr de lui. Son esprit retraça les deux derniers jours. Etait-il possible que Draco ne veuille pas vraiment se retrouver en couple ? Harry s'était-il bordé d'illusions en se faisant croire des choses qui n'existaient pas ?
Il lança un œil vers Draco. Celui-ci ignorait le troupeau de reporters faisant foule autour de lui tout en échangeant des plaisanteries avec le Ministre. Kingsley fit décamper le tas d'appareils photo ambulant d'un regard, et de ce fait il procura à Harry l'occasion non intentionnelle de mieux contempler son amant.
Draco portait des robes en cachemire. Harry ne le savait que trop bien, le jeune blond ayant défilé avec la veille, rien que pour lui, et cela juste avant que les mains d'Harry ne lui tombent dessus pour déshabiller le corps tremblant de Draco, tandis que la bouche d'Harry embrassait lentement chaque parcelle de chair qui se révélait. Il se sentit déchiré en les regardant. Elles étaient de couleur gris-argent, pour suivre avec ses yeux, et peut-être aussi avec son cœur froid comme l'acier.
Draco évitait son regard, alors Harry grinça : « Très bien » en direction de Pansy et se dirigea ensuite vers le buffet, où des boissons bien plus potables que du champagne ou du punch avaient élu domicile. Plusieurs concoctions dans des fioles de potions semblaient mortelles et même si Harry savait qu'elles étaient légales – on était tout de même à une soirée organisée par le Ministère -, il devinait qu'elles devaient flirter dangereusement avec les limites de la loi.
« Qu'est-ce que c'est que ça ? » demanda-t-il au barman, en désignant un liquide vert d'apparence toxique.
« La piqûre de Salazar. »
Harry renifla. Parfait. Il noierait sa mauvaise humeur dans une putain de boisson de Serpentard. C'était bien approprié. « Qu'est-ce qu'il y a dedans ? »
« Du whisky Pur-Feu, de l'absinthe, de la vodka, du sucre et du citron vert. »
« J'en prends six. »
« Pardon ? »
« Pas de questions, » rétorqua-t-il sèchement. Il attendit impatiemment que l'homme retrouve un plateau en métal d'où il sélectionna six fioles. Il les tendit à Harry qui se força à sourire et dit :
« Merci. »
Il se fraya un chemin dans la foule en prétextant devoir se dépêcher de rejoindre un quelconque groupe de personnes pour éviter toute conversation. Une fois qu'il eut atteint l'une des portes de sortie, il se glissa doucement à l'extérieur et se dirigea vers son bureau. Il en avait terminé avec les évènements mondains et les faux-semblants.
Une fois installé comfortablement sur sa chaise, il sortit l'une des fioles et s'allongea dans son fauteuil, et mit les pieds sur son bureau. Il enleva le bouchon et but une gorgée. C'était plus sucré qu'il ne le pensait, et acide aussi, ça mordait bien la langue et réchauffait lentement. Potable. Tout comme un certain blond qui s'était infiltré dans ses veines d'une façon bien pire que ce qu'aucune boisson alcoolisée pourrait le faire.
Il rabattit sa tête en arrière et termina cul-sec, ignorant la brûlure dans sa gorge. Peut-être qu'en se rendant suffisamment ivre, il pourrait faire semblant que les jours précédents n'avaient jamais été.
Harry était en train de tirer sur le bouchon du deuxième flacon – qui était collant – quand la porte s'ouvrit d'un grand bruit, laissant apparaître l'objet de son agacement sur le seuil. Harry le regarda pendant un moment, tentant de supprimer un élan incontrôlable d'émotions. Putain, il était tellement magnifique. Et, maintenant, Harry savait ce que ses robes cachaient. Chaque courbe et chaque délié pâle.
« On boit seul pour le Nouvel An, Harry ? »
Harry détourna le regard d'un air dédaigneux et tira sur le bouchon têtu. « On m'a informé que ma présence n'était pas désirée. »
Draco marcha jusqu'au bureau et le contourna, chacun de ses pas faisant augmenter le rythme cardiaque d'Harry. Il prit le flacon des mains de ce dernier et l'examina. « On t'a mal informé, Harry. » Il fit sauter le bouchon facilement et amena la fiole à ses lèvres. Harry regarda Draco en boire le contenu sans mot dire, admirant à la place la courbe de sa gorge et la perfection de ses traits.
« Et puis quoi ? Pansy m'a dit de me tenir loin de toi. » Il entendit l'amertume qui teintait sa voix mais n'essaya même pas de la cacher.
Draco arrêta de boire. Il leva le flacon et le fixa d'une curieuse expression. « C'est pour ton bien, Harry. Visiblement, ton instinct de préservation est en chute libre. »
« De quoi est-ce que tu parles ? »
Draco finit la fiole et la balança sur le bureau. « Tu les as vus, là-bas. Ils t'auraient réduit en poussière s'ils avaient pu penser une seconde que les rumeurs étaient vraies. Quelqu'un de ta stature ne peut décemment pas être vu en compagnie d'une personne telle que moi. » Draco souleva l'un des pieds d'Harry et bloqua sa jambe pour prendre place entre les deux siennes. Harry fronça les sourcils quand Draco se mit lentement à genoux. Ses mains tracèrent vers le haut sur les cuisses d'Harry, montant toujours, mais Harry attrapa ses poignets et stoppa ses mouvements. Il enleva ses pieds du bureau et s'assit tout droit pour pouvoir regarder l'expression défensive qu'arborait Draco.
« Est-ce que tu sais ce qui m'énerve vraiment, Draco, » demanda-t-il, mi-figue, mi-raisin.
Draco se pencha en avant, implorant visiblement un baiser, les yeux partiellement fermés. « Quoi, Harry ? »
Harry sentit un éclair d'agacement le traverser, parce que sa technique avait failli marcher. Le petit con connaissait bien le pouvoir de séduction qu'il avait sur Harry et il l'utilisait d'une façon très Serpentarde. La tentation de l'embrasser, au moins une fois, le faisait boullir. Au lieu de cela, il convoqua un peu de volonté, dépassa la bouche envoûtante et pressa ses lèvres sur le coin de l'oreille de Draco.
« Que les gens me disent que quelque chose est pour mon bien, » murmura-t-il.
Après ça, il sauta sur ses pieds. Draco parut un peu alarmé en se relevant. Harry n'avait pas relâché ses poignets, mais il en libéra un alors qu'il se dirigeait vers la porte, emportant Draco dans son élan.
« Quoi ? Attends, Harry ! Qu'est-ce que tu… ? »
Harry marqua une pause sur le seuil et se retourna pour regarder son amant. « Juste une dernière question pour toi, Draco. »
Le visage du jeune homme s'était figé dans un masque d'agacement visible mais il hocha la tête poliment.
« Tu étais sérieux lorsque tu disais que tu serais d'accord pour devenir mon amant permanent et exclusif ? »
Draco leva les yeux au ciel. « Tu sais bien que oui. Et toi, tu étais sérieux quand tu disais devenir le prochain Mage Noir ? »
Harry fronça les sourcils. « D'accord, peut-être que je plaisantais. Mais je le pensais vraiment quand je t'ai dit que je voulais que tu sois à moi, Draco. Je ne me cacherai pas dans l'ombre et ne te garderai pas dans un placard comme si j'avais honte de toi. A moins que tu ne veuilles pas être en vu en public avec moi. »
« C'est à toi que je pense, Harry, » répliqua Draco. « Je ne suis pas bon pour toi. »
L'agacement que ressentai Harry se dissipa immédiatement grâce aux mots de Draco. « Je pense que c'est moi qui devrais être seul juge en la matière, pas toi ? »
Draco parut inquiet pendant un instant, puis rétorqua. « Tu n'as pas toujours suivi le meilleur des juges, surtout en ce qui te concerne. »
« Dit l'homme qui s'est déguisé en Détraqueur. »
Draco rougit et tenta de s'extirper de poigne d'Harry. « J'étais juste un gamin ! »
« Je sais, ça. Est-ce que tu me fais confiance ? »
En réponse à sa question, Harry ne reçut qu'un grognement. Puis les yeux de Draco se fixèrent aux siens, intenses et sérieux. « Harry. Je veux que tu sois sûr de toi. Ne le fais surtout pas si tu ne t'es pas préparé aux conséquences. »
Harry relâcha le bras de Draco et prit son visage en coupe doucement. « Je n'ai jamais été plus certain. Les conséquences peuvent aller se faire pendre. Je te veux, Draco. Et je veux que le monde entier le sache. »
Des cils blonds couvrirent les yeux gris. Draco soupira d'une voix tremblante. « D'accord. »
Harry se pencha vers lui et déposa un doux baiser sur ses lèvres. « Tu es sûr ? Je ne ferai rien que tu ne désires pas. Promis. »
Les mains de Draco s'élevèrent pour s'enrouler autour de la taille d'Harry et le rapprocher de lui. « Par Merlin, non, je n'en suis pas sûr. Je suis… »
« Effrayé ? »
Draco renifla de dédain. « Tu aimerais bien. » C'était évidemment un réflexe de sa part et Harry sentit sa tension redescendre alors qu'ils riaient tous les deux.
« Moi aussi, j'ai peur. Un peu. Mais ça ira. »
Draco le serra plus fort. « Ca ira, » répéta-t-il. Puis il releva la tête. Ses yeux rencontrèrent ceux d'Harry et ils s'embrassèrent tendrement pendant un long moment. Les mains d'Harry parcoururent les robes en cachemire doux, n'ayant qu'une hâte, pouvoir les enlever à nouveau. A en juger par la réaction de Draco, il y consacrerait du temps. Un temps qui équivaudrait à des années, si tout se passait bien.
« Allons-y, » dit finalement Harry, en reculant et liant leurs deux mains ensemble.
Draco hocha de la tête. « C'est parti. »
« Et peut-être qu'un peu plus tard, tu pourras me chanter un petit quelque chose, » suggéra Harry, caressant de ses doigts ceux de Draco tout en ouvrant la porte de l'autre.
« N'en demande pas trop, Potter, » grogna Draco.
Harry éclata de rire et s'en alla présenter son petit ami au Monde Sorcier. Cette nouvelle année s'annonçait splendide.
Fin.
