Musique écoutée : Lady Danville, Kids (Album)

Chapitre 26:

Harry se pencha une nouvelle fois en avant, un violent haut-le-cœur lui secouant l'estomac, mais il n'avait plus rien à vomir. La porte menant à la cave avait été protégée par un puissant sortilège de révulsion. Ce dernier créait un sentiment de dégoût et poussait les gens à s'éloigner instinctivement de la porte, si on s'en approchait trop, on était pris de nausée, puis à mesure que la proximité augmentait, on était pris de vomissements et il était presqu'impossible de lui toucher.

Comme ils ne connaissaient pas le mot de passe, Harry s'était porté volontaire pour l'ouvrir et dès lors, il était pris des plus violentes nausées qu'il n'avait jamais eues de toute sa vie. Draco avait tenté de lui jeter un sort de guérison, mais ça n'avait eu absolument aucun effet. Le sortilège avait certainement une durée déterminée et Harry avait l'impression que plus jamais il ne retrouverait son état normal.

La cave était sombre, mais pas totalement obscure, car des lampes à l'huile accrochées aux murs éclairaient la pièce. Harry fut content que l'autre ne puisse pas le distinguer en détails, car sa position était assez peu glorieuse. Il sentit une accalmie dans son estomac et se releva doucement, prenant appui au mur, haletant.

-Ça va? Demanda Draco qui était à la fois secrètement soulagé de ne pas avoir subi les effets du sortilège et qui se sentait aussi un peu coupable d'avoir embarqué Harry dans tout cela.

Harry acquiesça très lentement, car il sentait que s'il bougeait davantage ou s'il ouvrait la bouche pour parler, ses nausées le reprendraient.

-...Merci, murmura Draco comme s'il avait de la difficulté à prononcer ces mots. Je ne crois pas que l'effet va reprendre lorsque tu repasseras la porte. Je... Merci.

-Arrête, je viens avec toi, parvint à marmonner le brun en se relevant un peu plus pour regarder en direction du serpentard.

-Non, il s'agit de ma mère. Cela ne regarde que moi et vu qui tu es, tu ne peux pas prendre ce genre de risque, trancha Draco.

-J'insiste. Je ne te laisserai pas seul avec ce mangemort, dit Harry en désignant la petite porte de fer derrière laquelle Étienne Frédyk était enfermé.

Il voulut ajouter quelque chose, mais se pencha rapidement, la nausée le reprenant.

-Tu es Harry Potter! Tu ne peux pas fuir l'Ordre comme ça, tu ne peux pas jouer comme ça avec ta vie...

-Tu es Draco Malfoy, un membre de l'Ordre du Phénix qui est déjà affaibli par de nombreuses pertes, tu ne peux pas jouer avec ta vie comme ça, on a besoin de toi...

Draco leva les yeux au ciel et Harry essaya de sourire malgré le mal de cœur qui l'assaillait toujours.

-Ouvre cette porte qu'on en finisse, ajouta-t-il.

Draco obtempéra, murmurant le mot de passe en direction de la porte qui s'ouvrit en criant sur ses gonds. Il pénétra dans la cellule, suivit de près par Harry qui avait sorti sa baguette et la pointait vers l'intérieur de la pièce. Contrairement à la dernière fois, Étienne était debout au centre de la pièce et regardait Draco droit dans les yeux, un étrange sourire étirant ses lèvres.

-Je savais que tu reviendrais, dit-il avec douceur sans accorder la moindre attention à Harry qui maintenait sa baguette fermement pointée sur lui.

Harry avait déjà vu cette pourriture dans les souvenirs de Draco, mais s'il n'avait pas su que c'était lui, il ne l'aurait jamais reconnu. Le français était sale, ses robes étaient crasseuses et déchirées, son visage était émacié et sa barbe avait poussée. Sans parler de ses cheveux qui étaient emmêlés et qui tombait sur ses épaules. Il se rappelait que dans les souvenirs de Draco, ils étaient attachés derrière, parfaitement lisse et coiffé. Des cernes presque noirs se dessinaient sous ses yeux sombres et il semblait ne pas avoir dormi depuis des mois.

Une rage sourde monta en Harry juste à être en sa présence. Il ne pouvait pas croire que Draco faisait confiance à ce traître, il ne pouvait pas croire ce qu'ils allaient faire, qu'ils allaient le suivre Merlin savait où en mettant leur sécurité entre ses mains. Le français le répugnait et aussi peu glorieux que cela était, tout ce qu'il avait envie de faire à ce moment-là était de lui mettre son poing dans la figure, encore et encore.

Il ne comprenait pas cette colère si puissante qu'il ressentait pour cet inconnu et qui l'empêchait de penser clairement. Il ne comprenait surtout pas comment Draco pouvait ne pas avoir envie de se venger, comment il faisait pour rester si calme, mais il savait que le serpentard n'était pas calme. Peut-être ne ressentait-il pas l'envie d'arracher la tête à son ancien amant, mais il n'était pas serein pour autant. Harry pouvait voir les mains du blond trembler et il pouvait lire dans son visage les traits familiers de la peur.

-Tu as dit que tu sais où ma mère se trouve, commença Draco, mais il fût interrompit par Étienne.

-Oui.

-Dis-le-moi! Exigea Draco en s'avançant plus près du mangemort.

Harry eut envie de s'interposer entre les deux, ils étaient déjà bien assez près et même s'il n'était pas armé, il se méfiait à l'extrême de Frédyk. Il s'attendait à tout moment à ce qu'il se rue sur Draco et lui vole sa baguette qu'il avait gardé négligemment dans sa poche.

-Je ne peux pas, je ne peux que t'y conduire, je sens où est ma maîtresse, mais je ne sais pas où cela se situe sur une carte, dit-il d'un ton obéissant en baissant la tête.

Harry était certain que cette attitude d'esclave et que son amnésie n'était que du théâtre et que l'autre essayait visiblement de leur tendre un piège en les faisant se rendre dans un lieu indéfini.

-Amène-nous! Ordonna Draco de son ton froid.

-Non, c'est clairement un piège, s'objecta Harry en fronçant les sourcils.

Draco se tourna vers lui avec exaspération.

-Nous n'avons pas d'autres choix, dit Draco d'un ton excédé, comme s'il avait eu cette conversation mille fois et que le brun était particulièrement lent à comprendre une notion très simple. Comment allons-nous nous y rendre? Demanda-t-il en se tournant vers Étienne qui n'avait pas bronché.

-C'est facile, mais j'ai besoin d'un don de ta part pour que cela fonctionne, pour que je puisse la sentir, murmura Étienne en plissant les yeux dans une expression ressemblant à du plaisir.

Draco fit un signe d'incompréhension, puis son visage s'illumina, il savait exactement de quoi il s'agissait. Severus lui avait raconté comment sa mère était devenu si puissante soudainement et ce qui alimentait sa magie. Il sortit sa baguette, attira à lui une assiette de tôle posée par terre et la métamorphosa en un tranchant poignard.

En voyant l'arme apparaître, Harry comprit ce qui allait se passer.

-Ne fais pas ça! Cria Harry en voulant arracher le couteau des mains de Malfoy, mais celui-ci fût plus rapide et il fit glisser le couteau dans l'intérieur de sa paume en soupirant de douleur.

Aussitôt, le sang commença à couler et Étienne ferma les yeux en frissonnant de plaisir, puis il saisit la main sanguinolente de Draco, faisant gémir celui-ci. Harry hésita une fraction de seconde et attrapa l'autre main du blond. Il n'allait certainement pas le laisser partir seul avec ce traître. Il pria pour que le mangemort ne leur ait pas tendu un piège et que Malfoy ait eu raison de lui faire confiance, puis le noir se fit autour de lui et il se sentit douloureusement asphyxier.


En sentant les longs doigts squelettiques et glacés de son maître se poser sur elle, Bellatrix en ronronna presque de bonheur. Cela lui avait paru une éternité depuis qu'il était venu la voir et qu'elle n'avait pas ressentie cette excitation sanguinaire qui l'assaillait en sa présence, lui chatouillant délicieusement le creux des reins.

On lui avait retiré ses pansements pour de bon il y avait quelques jours, mais elle n'avait pas osé sortir de la pièce et encore moins se regarder dans le miroir, pas depuis la dernière fois. Elle avait toujours été en pleine possession de ses moyens et de ses charmes, consciente des désirs qu'elle attisait chez les hommes, des bassesses auxquelles ils avaient envie de la soumettre. Tout le contraire de sa sœur dont on admirait autant la pureté de sa beauté que le blond de ses cheveux lisses et soyeux.

Toute leur enfance, Narcissa avait eu droit aux faveurs de leurs parents et de leur entourage, alors qu'on se méfiait de Bellatrix, l'enfant difficile qui brutalisait les autres enfants et qui tirait les cheveux de ses soeurs. À l'adolescence, ce fût la même histoire, tous les garçons courtisaient Narcissa qui les ignorait en levant le nez, tandis que Bellatrix n'attirait que les avances les plus viles et elle s'y soumettait sans plaisir, le cœur remplit de hargne et de fiel.

Plus tard, Cissy avait épousé l'héritier le plus riche de tout le monde sorcier et l'un des plus beau, alors qu'elle avait dû s'allier à cet homme abjecte qu'elle méprisait et abhorrait tous les jours. Ses pensées furent interrompu par la voix de celui qui lui avait tout appris sur la magie noire, qui avait changé sa vie plus de vingt ans auparavant, celui qui hantait ses pensées et ses désirs.

-Comment te sens-tu Bella? Demanda Voldemort d'un ton à la fois mielleux et glacial.

-Mieux maître, je suis prête à vous servir maître, roucoula la mangemort en s'assoyant dans son lit.

L'homme la regarda longuement de ses yeux rouges et plissa le front, une moue de dégoût déformant ses lèvres.

-Tu es monstrueuse, murmura-t-il en passant une main caressante sur sa joue défigurée.

Elle baissa la tête pour éviter son regard en frémissant. Le côté gauche de sa tête était celui qui avait été le plus gravement atteint lorsque Narcissa avait mis le feu à ses cheveux. Autour de l'endroit où se trouvait jadis son oreille gauche se trouvait maintenant un petit trou et autour, la peau avait été tellement brûlée, que ses cheveux ne repousseraient jamais. Une partie de son visage, notamment près de sourcil avait été complètement rongé par les flammes et on aurait dit qu'elle portait un de ces horribles masques d'Halloween.

-Il n'y a que moi maintenant qui puisse t'apprécier, susurra-t-il en agrippant fermement son menton pour l'obliger à le regarder dans les yeux.

-...Maître, je...

-Silence! Si tu me déçois encore une fois... Je m'arrangerai pour rétablir la symétrie dans ton visage. Ajouta-t-il en serrant son menton son menton jusqu'à ce qu'elle se raidisse de douleur.

Il la relâcha brusquement et elle glissa de son lit et se laissa tomber à ses pieds en embrassant le bas de sa robe.

-Pardonnez-moi, elle a utilisé la magie du sang, je n'aurais jamais pensé, elle était si puissante! S'excusa Bella en regardant par terre en signe de soumission et en secouant sa tête de gauche à droite.

Le mage noir lui fit signe de se taire d'un geste de la main.

-Comment cela se fait-il que tu ne m'aie jamais informé qu'elle possédait un tel pouvoir? Demanda-t-il d'un ton plein de reproches.

-Je ne savais pas mon seigneur, cela se transmet par le sang dans notre famille et je ne savais pas qu'elle en avait hérité. Sinon, je vous l'aurais dit! Notre mère avait ce pouvoir, mais je croyais qu'il était mort avec elle et qu'elle ne l'avait pas transmis. Je ne pensais jamais que Cissy serait assez sotte pour l'utiliser de cette façon, pas après ce qui est arrivé à mère. Elle sait qu'elle ne doit pas utiliser son propre sang, mais elle est trop faible pour bien l'utiliser, pour s'abreuver auprès des autres. Si seulement c'était moi qui avait eu le don...

-Combien de temps lui reste-t-il? L'interrompit son maître.

La mangemort haussa les épaules.

-Cela dépend de tellement de choses... Notre mère, ça a pris des mois et vous savez... Ce soir-là, notre père a dit qu'elle avait fait une fausse couche, mais je sais maintenant que.

-Cygnus Black s'en est chargé, devina-t-il.

Il lui caressa la partie de sa tête sur laquelle il y avait encore de courts cheveux dans un mélange de sensualité et de paternalisme. Elle ferma les yeux en goûtant à ses mains qu'elle avait si souvent imaginé courir sur elle. Elle aurait tout donné pour cet homme.

-Je veux que tu retrouves ta sœur et son traître de mari et que tu les ramènes ici, vivants. Alecto Carrow partira avec toi.

-Carrow? Je ne... Commença-t-elle en grimaçant.

-Tu obéiras! Gronda-t-il, comme on semonce une enfant particulièrement désobéissante.

-Avec plaisir, dit-elle en affichant soudainement un horrible et terrifiant sourire qui n'avait rien de gai.


Ils avaient marché toute la journée dans la forêt et ils s'étaient finalement arrêtés pour monter un campement pour la nuit. Draco avait agrandi la tente qu'il avait empruntée à Mr. Weasley sans lui en demander la permission, ce qui s'appelait très certainement un vol selon Harry, mais il ne fit aucun commentaire. Ils avaient enchaîné magiquement Étienne à un arbre à quelques mètres de la tente qui paraissait petite de l'extérieur, mais dont Harry savait qu'elle était immense à l'intérieure et comportait deux chambres, un salon qui servait aussi de salle à manger et une cuisine. Elle était aussi magiquement chauffée et ils n'avaient rien à craindre des froides nuits de ce début de décembre.

Lorsque tout fût en place, Draco fit entrer Étienne dans la tente. Ils passèrent devant Harry qui ne put s'empêcher de jeter un regard mauvais au mangemort, puis ils entrèrent dans une des deux chambres. Draco ordonna à Étienne de s'assoir pour qu'il puisse refaire son enchaînement à un des piliers qui supportaient la tente.

Étienne obéit en affichant le même air servile qu'il avait eu toute la journée lors de leur marche dans la forêt. À de nombreuses reprises, Harry lui avait demandé où ils étaient et pourquoi il ne les avait tout simplement pas amené directement à Narcissa, perdant patience et l'accusant de les avoir perdus ou de les mener dans un piège. La seule réponse d'Étienne était que lorsqu'Harry s'était accroché à Draco lors du transplanage, cela avait entravé le sortilège et qu'ils étaient certainement près de l'endroit où se trouvait sa mère, car il sentait sa présence avec beaucoup plus de force. La journée s'était passée dans une sorte de silence tendue et lourd, mis à part les interventions agressives d'Harry que Draco avait tenté, tant bien que mal, de mitiger.

Draco revint à la réalité lorsqu'Étienne lui arracha sa baguette en lui saisissant le bras et qu'il plaqua une main sur sa bouche pour l'empêcher de crier. Le français lança alors un sort de silence sur la chambre et, contrairement à tout ce qu'aurait pu imaginer Draco, il la lança à l'autre bout de la pièce.

-Draco, calme-toi, je veux juste... Commença Étienne.

Draco mordit sauvagement dans la main qui la bâillonnait et l'autre le lâcha en poussant un hurlement de douleur. Le blond en profita pour lui asséner un coup de poing qui le fit reculer de deux pas, car il ne s'y était pas préparé, tenant sa main qui saignait à présent. Draco se rua à toute vitesse vers sa baguette, mais Étienne fut plus rapide et il se jeta sur lui, les faisant tomber tous les deux sur le sol. Malfoy expira bruyamment en sentant le poids de son ancien amant venir l'écraser douloureusement juste après que son ventre eut percuté le sol. Étienne qui était un peu plus grand que lui l'immobilisa en s'assoyant sur lui et en lui tenant fermement les bras dans le dos.

-Je ne veux pas te faire de mal...

-C'est mal parti! Ne put s'empêcher d'ironiser Draco en tentant de se débattre dans un vain effort.

-Je n'ai pas le choix, je sais que tu ne m'écouteras pas sinon. Le Seigneur des ténèbres croit que tu es mort, tout le monde le croyait, ton père t'a tué devant lui.

-Quoi? Mais de quoi tu parles?

-Il ne faut pas qu'il sache que tu es toujours en vie, sinon tu seras en danger. Ne continue pas. Retourne te cacher et moi je continuerai, dit-il d'un ton triste et désespéré.

Draco renifla dédaigneusement en essayant toujours de le repousser.

-Qu'est-ce que ça peut bien te faire que je sois en danger ou que je meurs ou que je me fasse torturer ou que...

-Je regrette, je ne pensais pas, jamais je n'aurais imaginé... L'interrompit Étienne.

-Je m'en fous! Par Merlin, je m'en balance de tes regrets! Cracha Draco en se débattant de plus belle.

-Ce n'était pas ce qui était prévu ce soir-là...

-Je t'interdis de parler de ça! Cria le blond d'une voix rauque en sentant son cœur s'affoler.

-Je n'ai rien pu faire...

-Ta gueule! Vociféra de plus belle le blond en souhaitant de toute son âme que l'autre se taise.

-Je t'aimais...

-Ferme-la! Hurla alors Draco qui n'en pouvait plus d'entendre cette voix, de sentir le contact de ses mains sur ses bras, le poids de son corps sur le sien. Dégage!

À ces mots, Étienne fut soufflé par une espèce de bourrasque magique et il alla s'écraser plus loin. Draco se leva en serrant les poings, le souffle court. Le regard d'Étienne avait changé, il était à présent vide, comme il l'avait été toute la journée.

-Ferme-la! Continua d'hurler le blond fou de rage, même si l'autre ne parlait plus.

Malfoy sentit une bouffée de force magique l'envahir et la coupure qu'il s'était lui-même infligée plus tôt se mit à pulser douloureusement et il la sentit se rouvrir. Toute la hargne et la souffrance qui s'était accumulée en lui le submergea et sans qu'il sache trop ce qu'il faisait, il la dirigea contre Étienne qui soudain se mit à hurler en se tordant de douleur, comme s'il était soumis au Doloris.

Draco ne réfléchit pas à ce qu'il faisait ou à comment il le faisait, mais il continua, sentant sa blessure le brûler davantage. Il sentit alors le monde commencer à valser autour de lui et soudain, il se sentit attraper fermement par derrière, puis ce fut le noir complet.

Lorsqu'il ouvrit les yeux de nouveaux, il était couché dans un lit et il vit qu'il était dans l'autre chambre de la tente. Il tourna la tête et au même moment Harry entra dans la pièce.

-Comment tu te sens? Demanda Harry d'un ton qu'il essayait de garder posé en s'approchant du lit dans lequel était couché le blond.

Draco fonça les sourcils, il se sentait étrangement faible et il avait l'impression que sa main blessé allait explosée tellement elle pulsait fort, au même rythme que celui de son coeur.

-Il t'a attaqué? Dit aussitôt Harry dont la colère était à présent bien palpable.

L'autre haussa les épaules, toute sa concentration étant fixée sur sa main douloureuse.

-Ça va? Demanda le survivant en voyant l'autre grimacer de douleur.

-Non, ma main me fait horriblement mal...

Harry s'assit sur le lit, prit doucement la main blessée de Draco et, en prenant mille précautions, il enleva le bandage pour voir la plaie. Celle-ci semblait s'être rouverte un peu, mais sinon cela ne semblait pas avoir empiré. Il jeta un nouveau sort de désinfection et refit un bandage, l'informant que tout semblait bien aller.

-J'imagine que tu n'as pas apporté de potion antidouleurs? Demanda Harry.

Draco réfléchit un instant, puis lui indiqua de fouiller dans son sac pour une fiole bleue. Harry la trouva aussitôt et la lui tendit, incrédule quant à tout ce qu'avait pensé d'amener le serpentard. Celui-ci avala la moitié de la bouteille et presque instantanément, la douleur s'apaisa.

-Au moins ça fait effet, souffla-t-il. Je ne comprends pas...

Harry tendit une main pour reprendre la fiole et la ranger et Draco attrapa une de ses mains en fronçant les sourcils.

-Qu'est-ce que tu t'es fait? Demanda-t-il en examinant ses jointures écorchées et rouges.

Le silence gêné d'Harry lui donna la réponse.

-Je n'aurais jamais cru que le sauveur du monde était capable de foutre une raclée à quiconque et surtout pas à s'en faire saigner les jointures.

-Je pensais qu'il t'avait attaqué! Se défendit Harry en grimaçant en entendant ce titre qu'il détestait. C'était de la légitime défense... ou, du moins, une sorte de légitime défense.

Draco ne put empêcher un sourire de satisfaction étirer ses lèvres.

-Qu'est-ce qui s'est passé tout à l'heure? Demanda le survivant.

Draco soupira.

-Je... Ce soir, je n'ai vraiment pas envie de parler, ni de me plaindre, ni de pleurer et encore moins de penser à lui. J'en ai eu assez de passer la journée avec lui. Là, je veux juste dormir jusqu'à demain et c'est tout, expira Draco en regardant la main de Harry qu'il tenait toujours entre les siennes, puis il leva les yeux jusqu'à rencontrer son regard pour voir sa réaction.

-D'accord.

Harry réalisa alors que le blond tenait toujours sa main et son regard descendit vers celle-ci, Draco suivit son regard et réalisa à son tour et il se raidit en la lâchant brusquement.

-Je... Commença Harry.

-Dors avec moi. Le coupa Draco sans réfléchir.

-Quoi? Hésita Harry pour s'assurer qu'il avait bien entendu ce que le serpentard venait juste de dire, car c'était assez peu probable que ce qu'il ait comprit soit la bonne chose, en fait, c'était carrément impossible le connaissant.

-Je veux juste... Je veux dire, c'est rien, juste dormir. Ne va pas t'imaginer des trucs Potter!

Harry regarda le blond comme s'il ne l'avait jamais vu auparavant.

-Oublie ça! Je perds la tête, ça doit être le choc... Dit aussitôt Draco d'un ton qui se voulait hautain et froid, sans laisser le temps à Harry de répondre quoi que ce soit.

Le blond se tourna alors de côté dans le lit pour faire dos au gryffondor et ferma les yeux, horrifié par ce qu'il avait suggéré et furieux contre lui-même. De son côté, Harry ne dit toujours rien, mais il enleva ses vêtements, ne gardant que son sous-vêtement et enfila un vieux t-shirt qu'il mettait pour dormir. Il éteignit les lumières et se dirigea vers son lit qui était à côté de celui du blond pour y prendre son oreiller et sans un mot, il se glissa dans le lit de Draco en faisant attention à ne pas le toucher. Ils ne parlèrent pas, ni l'un, ni l'autre et s'endormirent en quelques minutes.


-Entre Severus, appela Voldemort en entendant cogner à la porte des appartements qu'il occupait dans le manoir Malfoy.

L'ancien professeur de potions de Poudlard ouvrit la porte et pénétra dans la pièce en prenant soin de refermer la porte derrière lui. Il s'approcha du Seigneur des ténèbres, tout en prenant soin de garder une distance respectueuse et fit une sorte de révérence en mettant un genou par terre.

-Tu peux te relever, indiqua le mage noir en lui souriant d'une manière qui était plus terrifiante qu'accueillante.

-Vous vouliez me voir, maître?

-Effectivement, je désire te confier une mission hautement confidentielle, tu comprendras lorsque je t'en aurai fait part.

Rogue jeta un regard à la porte, se demandant si le mangemort qui gardait la chambre de Voldemort pouvait les entendre.

-Cette chambre est soumise à de nombreux sorts de protections, il est impossible que des oreilles indiscrètes puissent entendre ce qui s'y dit, dit Voldemort comme s'il avait lu dans ses pensées, ce qui aurait pu arriver si Severus Rogue n'avait pas été un si bon occlumens. Je veux que tu découvres comment se transmet la magie du sang, que tu retrouves Narcissa vivante et que tu me la ramènes.

-N'avez-vous pas envoyé Bellatrix ce matin-même à sa recherche? Demanda Rogue en fronçant les sourcils, incertain de bien comprendre.

-Je ne doute pas de la fidélité de Bellatrix, mais je crains qu'elle fasse preuve d'un peu trop d'enthousiasme si jamais elle la retrouve, j'ai envoyé Carrow avec elle, mais elle ne sera pas capable d'arrêter Bella si jamais... Elle va trop loin. Je désire tout savoir de cette magie et même si Bellatrix prétend qu'elle n'a pas reçu le don, j'imagine qu'elle a certainement une portion de cette magie en elle. Si jamais Narcissa meurt inopinément, ramène-moi Bella.

Severus dût faire un effort immense pour cacher ses pensées et les sentiments qui l'assaillaient. Voldemort prêt à tout dans sa recherche de pouvoir et il ne pouvait tolérer qu'une magie aussi puissante que la magie du sang puisse exister sans qu'il ne puisse se l'approprier et pour cela il était prêt à sacrifier sa plus fidèle mangemort.

Rogue savait pertinemment que la magie du sang était transmise génétiquement et que jamais le mage noir ne pourrait l'utiliser, à moins qu'il réussisse à prendre le contrôle de Narcissa d'une manière ou d'une autre. Cette idée était à la fois irréaliste et incroyablement dangereuse et il savait mieux que quiconque à quels extrêmes était prêt à aller le Seigneur des ténèbres. Il y avait très peu de chance qu'il retrouve Narcissa en vie et même si c'était le cas, elle serait probablement dans un état tellement loin de son état normal qu'elle serait certainement incontrôlable et méconnaissable.


Note de l'auteur :

Un autre chapitre de terminé et j'espère que vous aimez la tournure que prend les choses!

L'histoire a quand même beaucoup évolué dans les deux derniers chapitres et j'accorde une certaine importance à l'histoire de Narcissa, en espérant que cela vous intéresse.

Dites-moi ce que vous en avez pensé,

Merci de me lire et de commenter,

Comme toujours, je répondrai à chaque review!

Harley Q.