Nobody

Chapitre 26:

Un cauchemar…

Disclaimer:

seules Alix/Lixae (Ila/Elia) m'appartiennent.

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T

Les « » indiquent les pensées d'un personnage et les tirets (-) indiquent les dialogues.

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Il faisait noir. Partout autour d'elle. Il n'y avait rien. Rien que le noir. Elle tourna sur elle-même, tentant de discerner quelque chose, son manteau noir virevoltant un peu avec le brusque mouvement. Il n'y rien. Rien ni personne.

« …Où est-ce que je suis ? »

Elle n'y comprenait rien. Que faisait-elle ici, seule, dans le noir ? Comment était-elle arrivée là ?

Elle regarda au dessus d'elle, espérant apercevoir quoi que ce soit. Il y faisait tout aussi noir. Elle se rendit alors compte que les ténèbres autour d'elle étaient si épaisses qu'elles ne lui permettaient même pas de distinguer si elle se trouvait dans une chambre, dans une salle…ou au bord d'un précipice. Elle ne distinguait même pas le sol. Elle avait l'impression de marcher sur un sol fait de ténèbres solidifiées.

Alix était perdue.

Elle se mit à crier, espérant que quelqu'un lui répondrait.

- Demyx ! Demyx !!

Le silence fut la seule réponse qu'elle obtint. Elle sentit le malaise grandir en elle.

- Axel ! Roxas !

Pourquoi personne ne lui répondait-il ? Pourquoi ?

- Demyx ! essaya-t-elle une nouvelle fois, sentant la peur gronder en elle.

Toujours pas de réponse.

Il fallait qu'elle s'en aille. Elle se mit à marcher, n'osant pas aller trop vite de peur de heurter quelque chose, ou pire, de tomber dans précipice sans fond.

- Héé ! cria-t-elle tout en marchant et en plissant les yeux pour tenter de voir quoi que ce soit, faites moi sortir de là ! S'il vous plait ! Je ne veux pas rester là !!

Elle accéléra le pas, son angoisse montant d'un cran. Il fallait qu'elle sorte. Elle ne supportait plus cette obscurité sans fin tout autour d'elle…si elle ne sortait pas, elle allait…

Tout à coup, de la lumière. Là, à sa droite…

Alix s'arrêta et tourna vivement la tête en direction de la source lumineuse. C'était…c'était quoi,au juste ?

Elle se sentit déjà soulagée. Il y avait autre chose que des ténèbres infinies autour d'elle, finalement.

Alix s'avança en direction de la lumière. C'était si éblouissant…un vaste cercle lumineux apparut comme ça, au milieu de l'obscurité… Elle entendit des voix. Elle entraperçut des silhouettes au centre de la lumières.

- Hé ! fit-elle pour capter l'attention des nouveaux venus. Hého…est-ce que vous savez où…

Elle s'interrompit, se rendant compte que les deux mystérieuses personnes ne l'écoutaient pas et continuaient de parler entre elles, sans qu'elle puisse comprendre ce qui se disait . Elle s'approcha encore et put finalement distinguer leur visage dans la lumière éblouissante.

- Axel ? fit Alix en reconnaissant son ami. Qu'est-ce que tu fais ici ?

Ses yeux gris se portèrent ensuite sur le deuxième individu, celui avec qui le Numéro VIII s'entretenait avec tant d'entrain.

Tiens ? C'était une fille ? Alix la regarda rapidement de haut en bas et en eut le souffle coupé. Cette fille c'était…

-…moi ?

Elle se raidit. C'était impossible. Elle ne pouvait se trouver à deux endroits à la fois. Elle observa encore. Il n'y avait pas d'erreur possible. Cette fille était sa copie conforme.

« Non…il y a un truc qui cloche… »

Alix vit alors le petit détail qui l'avait dérangée sans qu'elle puisse tout de suite mettre le doigt dessus. Les yeux de la fille…

« …ils sont noirs ? »

Et Alix n'avait certainement pas les yeux noirs. Cette fille, ce n'était pas elle. C'était l'autre.

Alix avait sous les yeux sa copie conforme, celle qui était en elle et lui pourrissait la vie. Elle ne sut pas comment réagir. Elle se déplaça doucement sans quitter des yeux la fille, cherchant à se faire voir du Numéro VIII.

-Axel…appela-t-elle faiblement. Axel, il faut que tu m'aides, je…

Mais le Numéro VIII ne lui prêtait absolument aucune attention, de même que son double. Alors qu'Alix s'apprêtait à intervenir une nouvelle fois, sa « jumelle » éclata brusquement de rire, suivie de peu par Axel. Il y avait apparemment des blagues qui s'échangeaient à travers leurs paroles que la Nobody ne pouvait comprendre.

Et soudain, Axel et l'autre disparurent, la lumière mourut et tout fut terminé.

Alix était à nouveau seule dans le noir.

« Non… »

- Axel !! Reviens !

Elle regarda partout autour d'elle.

- Axel, où tu es ?! Reviens, je t'en prie !

Elle obtint pour toute réponse l'apparition d'une nouvelle source lumière, un peu plus loin devant elle. Elle courut dans sa direction, espérant revoir un visage familier. Tout valait mieux que de rester dans le noir, seule.

Deux silhouettes sombres, comme tout à l'heure. Toujours sa « jumelle ». Mais avec quelqu'un d'autre cette fois.

- Demyx !

Le musicien lui tournait le dos, parlant avec l'autre. Il aurait pourtant dû l'entendre…Alix ne se trouvait qu'à un mètre de lui !

C'est à ce moment que sa copie conforme, l'autre, croisa le regard d'Alix. Ses yeux d'un noir insondable se plantèrent dans les siens, plein de dureté. Alix voulut lui dire de regarder ailleurs et de s'en aller, mais elle n'y arriva pas.

- Demyx, il faut que je te parle, fit-elle en essayant d'ignorer la fille qui la regardait. S'il te plait…

Sa jumelle sourit alors que le musicien continuait de regarder ailleurs. Alors qu'Alix ouvrait la bouche pour lancer un dernier appel à son ami, sa copie conforme se mit à rire en la regardant, un rire moqueur et cruel, tout en continuant de la fixer avec ses yeux noirs. Tout en riant, la fille s'appuya contre l'épaule de Demyx qui tournait toujours le dos à Alix, et elle regarda la Numéro XIV l'air de dire: « Laisse tomber, il ne sait même pas que tu existes ». Alix sentit une bouffée de colère monter en elle. Elle voulut saisir le bras de Demyx pour le forcer à se tourner et à la regarder, mais au moment où ses doigts frôlèrent son manteau, le musicien et la copie d'Alix disparurent soudainement, la laissant à nouveau seule dans le noir complet.

« Non… »

Elle ne voulait pas rester seule dans le noir. Sa respiration s'accéléra.

-Demyx ! cria-t-elle, espérant que son ami réapparaisse quelque part à côté d'elle.

Il ne vint pas. Alix se mit à marcher rapidement, ses pieds bottés frappant un sol qu'elle ne pouvait voir tant il faisait noir. Elle avança plus vite, encore plus vite, jusqu'à bientôt se mettre à courir à l'aveuglette. Elle ne craignait même plus de se heurter à quoi que ce soit dans sa course éperdue. Elle voulait juste sortir. Le noir tout autour d'elle l'oppressait. Si elle ne sortait pas elle allait…

-Demyx !! hurla-t-elle désespérément. Axel ! Aidez moi !

Ses jambes se dérobèrent et elle se retrouva étalée sur le sol dur et froid. Elle se redressa vivement, se remit debout et tourna sur elle-même dans l'espoir de voir quelqu'un, de voir quelque chose. Mais rien n'apparut.

-Je veux sortir d'ici ! cria-t-elle à l'adresse d'elle ne savait qui. Faites moi sortir, je veux m'en aller !

Sa voix résonna tout autour d'elle quelques instants avant de mourir et de laisser le silence retomber.

À la fois terrifiée et épuisée, Alix se laissa retomber sur le sol. Elle n'avait aucun échappatoire. Elle ne sortirait jamais d'ici. Assise, elle ramena ses jambes contre elle et les enserra entre ses bras. Alors qu'elle attendait, tremblant de peur, le sol sembla se dérober sous elle. Ses pieds s'enfoncèrent de quelques centimètres et quand elle voulut prendre appui sur ses mains pour se redresser elles s'enfouir dans le sol jusqu'aux poignets. Elle les retira péniblement et des lambeaux du sol devenu mou restèrent collés entre ses doigts. Alix se releva difficilement, tentant d'enlever la matière gluante qui s'accrochait à ses membres. Ses jambes s'enfoncèrent soudainement dans le sol qui avait pris la consistance d'une sorte de boue noire et lourde.

« Mais qu'est-ce que…oh non mon Dieu, non… »

La boue atteignait maintenant ses genoux. Elle tenta de soulever ses jambes pour s'enfuir mais la boue, qui s'était infiltrée à l'intérieur de ses bottes, la tirait vers le bas. La matière boueuse n'était pas passive: elle ne se contentait pas d'attendre qu'Alix ne soit complètement ensevelie à force de se débattre. La boue s'agrippait à elle, recouvrant déjà ses avants bras et faisant son chemin jusqu'à ses épaules.

Alix tenta de l'enlever à mains nues, mais la matière glissante se faufila entre ses doigts et reprit son avancée le long de ses bras, dépassant ses épaules, atteignant finalement son cou. Alors qu'elle se débattait pour tenter de se sortir des sables mouvants qui lui arrivaient maintenant à la taille, Alix sentit avec horreur la boue grimper le long de son cou.

Elle allait mourir étouffée.

« Non, non…Je veux pas finir comme ça »

Elle s'était maintenant enfoncée jusqu'à la poitrine dans le sol devenu mou. Et le reste de la boue rampante atteignit ses joues.

- À l'aide ! hurla-t-elle, sachant pertinemment qu'il était trop tard, que personne ne viendrait, que Demyx, Axel et les autres étaient partis, l'avaient laissée tomber pour l'autre et qu'elle allait mourir de la boue plein les poumons.

La boue noire entra dans sa bouche et simultanément recouvrit ses yeux gris. Aveuglée, Alix voulut recracher la substance mais ne réussit qu'à en avaler plus. Elle se débattit, utilisa ses dernières forces pour secouer ses membres englués et lourds, cracha, suffoqua, et sa tête toute entière fut finalement recouverte par les flots boueux qui l'entraînaient plus bas, plus bas…

- Noon !!

Alix se réveilla soudainement, à moitié redressée dans son lit, la respiration courte, les cheveux en bataille, une peur indicible au fond du ventre. Elle ne se rendit pas compte de la sueur qui mouillait son front et plaquait ses cheveux contre son visage, tout comme elle ne sentit pas comme les draps de son lit et son oreiller étaient trempés de sa transpiration. Elle se rendait à peine compte de ce qui l'entourait, si ce n'est qu'elle savait qu'il faisait noir dans sa chambre. Trop noir. Comme dans son cauchemar. Elle ne le supportait pas. Et pourtant elle n'eut pas le réflexe d'allumer sa lampe de chevet.

Assise au milieu de son lit, elle ramena ses jambes contre elle et les enserra de ses bras. Il fallait qu'elle se calme. Elle était réveillée à présent. Il ne fallait plus qu'elle s'inquiète, elle ne risquait plus rien.

La boue la recouvrait, dégoulinant sur son visage, dans sa gorge, elle l'étouffait, l'entraînait au fond de…

Elle plaqua ses deux mains moites sur son visage, essayant d'oublier. C'était un cauchemar, rien de plus qu'un horrible cauchemar.

Sa copie conforme la regardait avec ses yeux noirs, sourire aux lèvres…

Sa gorge se serra. Elle avait de la peine à respirer. Elle se mit à trembler incontrôlablement.

Alix savait ce qui lui arrivait. Elle faisait une crise d'angoisse. Elle le savait, mais elle ne savait pas comment lutter contre.

Elle toussa et se racla la gorge, espérant faciliter sa respiration. Cela ne marcha pas et elle eut même l'impression que ça empira, que moins en moins d'air ne parvenait à ses poumons. N'y tenant plus, elle se leva de son lit et se rendit en titubant dans sa salle de bain. Il fallait qu'elle reprenne ses esprits, d'une manière ou d'une autre, mais comment ? La peur sourde en elle l'empêchait de réfléchir correctement. Elle s'approcha du lavabo et, craignant de croiser son reflet dans le miroir juste au dessus - et si ce n'était pas elle qu'elle y voyait ? Si c'était l'autre qui lui apparaissait ? - elle ouvrit le robinet, recueillant l'eau dans ses mains tremblantes pour s'asperger le visage. Elle se frotta énergiquement la figure, espérant que le contact de l'eau froide la remettrait sur pieds. Cela ne fonctionna pas. Elle avait la figure glacée à présent, trempée d'eau, et elle continuait à trembler. Et elle avait toujours peur.

Comment faire passer son angoisse ? Son cauchemar avait agi comme un catalyseur : il avait fait remonter à la surface la peur qu'elle connaissait depuis qu'elle avait appris l'existence de l'autre. Cette peur, Alix avait réussi à l'enfouir en elle pendant un certain temps mais maintenant, à cause de ce rêve diabolique, elle s'échappait sans qu'elle ait plus aucun contrôle.

Des pensées mauvaises et fourbes l'assaillaient. C'était clair: l'autre allait peu à peu prendre sa place. Comme dans son cauchemar. Bientôt, l'autre la remplacerait au regard des autres, au regard de ses amis. Axel, Demyx, Roxas…ils allaient l'oublier si ça continuait comme ça.

« Non, non… » pensa-t-elle avec empressement, ses doigts crispés sur le bord du lavabo, l'eau coulant toujours du robinet.

« Ce n'est pas vrai. Ils ne m'oublieront pas. Ce sont mes amis. » se disait-elle pour tenter de se rassurer.

« Demyx m'a dit…Demyx m'a dit qu'il m'aiderait. »

Demyx ? Demyx l'aiderait, vraiment ? Allons bon ! Demyx n'avait même pas été capable de dire en face à l'autre que c'était Alix l'Originelle. S'il voulait vraiment l'aider, Demyx aurait mis les points sur les i avec l'autre concernant cette histoire d'Originelle. Mais il ne l'avait pas fait. Alors, qu'est-ce que cela voulait dire ? Cela signifiait que Demyx ne savait pas. Que lui-même, malgré ses belles paroles, ne semblait pas tellement déterminé à soutenir Alix. N'était-ce pas une preuve que l'autre influençait déjà l'entourage d'Alix ? Elle imposait dans leur esprit l'idée que c'était Alix l'intruse, dans cette histoire.

Ouais. Et si c'était vrai ? Si l'autre était véritablement l'Originelle et qu'Alix était l'intruse dans le corps ? Après tout, Alix n'avait pas de réelle preuve que cela aurait dû être le contraire.

« Non…je me suis réveillée la première. J'ai passé des jours et des jours sans elle. Pas le contraire. »

Ah oui ? Et Demyx, Axel, Roxas, Xigbar et les autres…apparemment, il ne te voie pas comme étant l'Originelle. Il serait peut être temps de te remettre en question sérieusement. Tu veux pas regarder la vérité en face, pour une fois ? Beaucoup de personnes ici pensent que tu n'as pas la carrure pour être l'Originelle.

« Tant pis. Je m'en fiche de ce que pensent les autres. Ils peuvent bien dire ce qu'ils veulent, pensa Alix, répondant à cette petite voix inopportune. Ils ne savent rien . »

Mais la petite voix - sa conscience ? - avait réponse à tout, semblait-il : ah bon ? Tu t'en fiches de ce que les autres pensent ? Mensonge. Tu as toujours besoin de l'avis des autres. Tu ne saurais pas tenir le coup toute seule. Alors ne dis pas que tu te fous de ce qu'ils pensent car tu ne fais que te mentir à toi-même une fois de plus.

Et même si tu t'obstinais à dire que les autres ne savent pas de quoi ils parlent, il y a autre chose. Toujours autre chose.

Regarde tes doigts. Tu as les ongles rongés à l'extrême. Et tu ne te ronges jamais les ongles, tu le sais bien. Tu comprends ce que ça veut dire, hein ? L'autre est en train de t'imposer son mode de vie. Ce corps que tu penses être le tien porte toutes les traces de son passage. L'autre est en train de reprendre le contrôle total sur ce corps qu'elle a peut être toujours possédé, même si tu l'ignorais. Et une fois qu'elle aura repris le contrôle total, que restera-t-il de toi ? Rien.

« Ça suffit… »

Alix lâcha le bord du lavabo qu'elle avait tenu entre ses doigts crispés et recueillit une nouvelle fois de l'eau au creux de ses mains pour se rincer le visage. De l'eau plein les yeux et dégoulinant de partout, elle se baissa pour aller fouiller de ses mains à l'aveuglette dans le profond tiroir qui se trouvait sous le lavabo, à la recherche d'un linge pour s'essuyer. Mais alors qu'elle plongeait ses mains dans le tiroir, une vive douleur survint et elle les retira avec un glapissement. Elle put voir qu'un de ses doigts saignait, les gouttelettes écarlates s'échappant d'une fine coupure.

Elle avait oublié. Elle avait caché le couteau au fond du tiroir pour empêcher que l'autre le retrouve et ne lui joue un autre mauvais tour comme la dernière fois.

Cette saloperie de couteau coupait encore bien, malgré les années passées dans l'eau. Alix porta son doigt saignant à sa bouche et plongea son autre main avec prudence au fond du tiroir avant de sortir l'arme. Elle le contempla pendant quelques instants. Il n'avait rien de beau. C'était un simple couteau, sans décorations ni rien. Il n'y avait rien à regarder sur lui. Mais elle le fit quand même. La douleur causée par la coupure l'avait ramenée pendant quelques instants à la réalité, l'avait fait brièvement émerger du brouillard de son angoisse.

Mais déjà la sensation de retour à la réalité s'estompait, et finit par disparaître une nouvelle fois à travers les brumes de la peur.

Elle va prendre ta place…

Non.

Tu ne contrôle plus rien, tu ne la contrôle plus ni elle ni quoi que ce soit, plus rien….plus rien…

Non, ça n'allait pas se passer comme ça. Cela ne pouvait pas. Alix ne pouvait pas être oubliée de ses amis. Ce serait trop cruel.

Sans réfléchir, elle prit le couteau par le manche approcha la lame de ses doigts encore intacts et appuya, se coupant légèrement. Le sang coula là aussi et la douleur revint en même temps que la raison. Alix eut la même impression que quelques instants auparavant, celle de retrouver un peu de lucidité, de sortir de la crise et de faire diminuer l'angoisse qui l'étreignait. La douleur était devenue porteuse d'espoir et de sécurité, car elle ne lui permettait plus de douter : elle pouvait se faire mal, et c'était bien elle qui ressentait la douleur…et pas l'autre. Elle pouvait choisir de s'infliger cette peine, alors n'était-ce pas vrai qu'elle était celle qui contrôlait, au fond, le corps ?

C'était une manière bien extrême de se prouver les choses, mais c'était mieux que rien.

Il lui semblait déjà qu'elle respirait mieux. Il inspira et expira profondément plusieurs fois de suite. La crise serait bientôt finie. Encore un peu et…

Nouvelle sensation de soulagement mêlée à la douleur lorsque la lame se promena encore une fois brièvement sur l'un de ses doigts.

Elle pouvait dompter sa peur à présent, la maîtriser comme on maîtrise finalement un feu qui s'est déclaré subitement et qui dévaste tout sur son passage.

Alix sentit tout à coup une grande fatigue l'accabler. Son esprit fut une fois de plus engourdi, mais cette fois à cause de l'épuisement psychique et non de la peur. Elle se releva et rangea le couteau à l'effet salutaire à sa place, dans le tiroir sous le lavabo. Elle ne prit même pas la peine d'éteindre la lumière dans la salle de bain et alla immédiatement vers son lit sur lequel elle se laissa tomber.

Allongée sur le dos, dans la pièce maintenant légèrement éclairée à cause des néons de la salle de bain, elle porta sa main au niveau de son visage et observa quelques instants ses doigts poisseux de sang. Trois coupures. L'une accidentelle. Les deux autres volontaires.

Elle était tombée bien bas.


(attends avec peur les réactions de lecteurs) Soyez pas trop méchants avec moi, hein ?XD

Bon, et ben voilà pour ce chapitre qui m'aura donné tant de peine alors qu'au final, c'est pas grand-chose. Je vous rassure tout de suite : nous ne tomberons pas dans la routine de certaines fics du style « je-me-coupe-je-déprime-dans-mon-coin ». Loin de là. C'est juste un mauvais moment à passer (quoique…certains d'entre vous apprécieront peut être XD).

J'espère en tout cas que ce changement d'atmosphère ne vous dérangera pas trop. Le prochain chapitre sera déjà nettement plus « léger » et vous y retrouverez un peu d'humour (c'est-à-dire mon type d'humour, qui ne fait peut être rire personne XD).

Et maintenant, vous voulez entendre (plutôt lire…) une anecdote ? Histoire de vous foutre un bon coup de l'auteur qui a mis trois ans à écrire ce nouveau chapitre ? Non ? Bon ben tant pis alors, vous saurez pas XD

Ah ? Vous voulez savoir ? Bon, ben en fait l'autre jour, j'ai fait exactement la même bêtise qu'Alix (non, je ne me suis pas ouverte volontairement les doigts !XD) : c'est-à-dire que j'ai réussi à plonger ma main dans le lave-vaisselle sans regarder où je la mettais et du coup j'ai un des doigts qu'a atterri sur le pire couteau de cuisine bien coupant…C'est bête, hein ? Allez-y, moquez vous !XD (j'vous rassure, mon doigt va très bien…la coupure a déjà disparu).

Et maintenant, après cette anecdote plus que débile, je vous laisse, et je prie mes lecteurs de bien vouloir me pardonner pour ce nouveau retard ! Merci à tous d'avoir lu !

Réponse à la review : (ceux qui ont un compte recevront demain ma réponse à leur review)

-Soanne du 5.9: le message a été clair !XD J'ai mis le temps, mais le nouveau chapitre est finalement arrivé...J'espère qu'il t'auras plu, malgré un sacré changement d'ambiance Merci d'avoir lu et d'avoir pris le temps de commenter