Bonjour,
Voici déjà le 26ème chapitre de cette histoire. On approche de la fin ... Je tiens ici à rassurer tous ceux et celles qui pourraient douter : cette histoire finit bien. Même si ce chapitre peut vous faire penser le contraire ...
J'espère que ce chapitre vous plaire.
Merci de me lire !
Sydney8201
Musique du chapitre :
Impossible de James Arthur
Chapitre 26 : Question de confiance
« Tell them I was happy and my heart is broken
All my scars are open
Tell them what I hoped would be impossible impossible impossible
Falling out of love is hard
Falling for betrayal is worse
Broken trust and broken heart I know I know
Thinking all you need is there
Building faith on love and words
Empty promises will wear I know »
James Arthur
Depuis qu'il connaissait Dean, Castiel avait eu son lot de frayeurs. La pire de toute était probablement celle que son petit-ami lui avait fait subir ce soir en perdant connaissance dans sa salle de bains sans raison apparente. Sam avait appelé les secours dès que le jeune libraire avait commencé à trouver les paroles de Dean totalement incohérentes. Ils étaient arrivés quelques minutes après sa perte de connaissance et Castiel les avait attendu en appelant vainement son petit-ami pour qu'il rouvre les yeux. Il lui avait serré la main et avait embrassé son front plusieurs fois sans résultats. Le médecin avait ensuite pris le relais, lui demandant de quitter la pièce. Ils avaient décidé de transporter Dean à l'hôpital quand le jeune homme n'avait pas repris connaissance malgré leurs manipulations. Ils avaient prononcés des tas de termes techniques que Castiel n'avait pas compris. Mais deux d'entre eux lui avaient été familiers. « Coma éthylique ». « Overdose médicamenteuse ». Le jeune libraire avait été incapable de leur dire avec certitude si Dean avait pris quoi que ce soit avant de rentrer. Il leur avait décrit les symptômes et leurs visages fermés n'avaient fait qu'accentuer son inquiétude.
Sur le chemin, Sam avait appelé Chris et Steve pour leur demander de les rejoindre. Castiel ne se souvenait même d'avoir conduit jusqu'à l'hôpital. Il était en colère contre les pompiers qui avaient refusés de le laisser voyager avec Dean. Mais ils avaient besoin de le soigner et sa présence aurait été une gêne pour eux. C'était du moins l'excuse qu'ils lui avaient donné. Castiel ne pouvait s'empêcher de se demander si sa relation avec le jeune homme ne leur posait pas un problème. Il préférait ne pas connaître la réponse.
Une fois arrivés, ils avaient été contraints d'attendre dans la salle d'attente. De toute évidence, le fait que Dean n'ait plus aucune famille proche mis à part son frère mineur était un inconvénient. Ils ne savaient pas à qui s'adresser pour obtenir les accords nécessaires et si le jeune homme ne se réveillait pas, ils allaient devoir avoir recours à la justice pour prendre les décisions pour lui.
Quand Chris et Steve arrivèrent enfin, ils n'en savaient toujours pas plus et Castiel commençait à s'impatienter. Il tournait en rond dans la salle d'attente en se repassant les évènements de la soirée en tête. Il ne parvenait pas à oublier ce que Dean lui avait. Il avait clairement évoqué un mensonge. Ou du moins un événement qu'il avait choisi de lui cacher. Et le jeune libraire ne pouvait s'empêcher de penser que cela avait un rapport avec son évanouissement. Il n'avait jamais rencontré de personnes qui consommaient de la drogue. Il ne savait pas quels étaient les symptômes d'une overdose. Mais il supposait que cela devait être similaire à ce que son petit-ami avait ressenti ce soir. Et il était effrayé à l'idée que Dean ait brisé la promesse qui lui avait faite quelques semaines plus tôt. Peur de découvrir qu'il avait recommencé à avaler des cachets à chaque fois que quelque chose n'allait pas. Il voulait croire que ce n'était pas le cas. Il voulait avoir confiance en son petit-ami. Mais il doutait. Et les paroles de Dean ne l'aidait pas à le croire.
Il avait conscience des regards inquiets que ses amis posaient sur lui à intervalles réguliers. Et il savait qu'ils se posaient les mêmes questions que lui. Que Dean avait replongé. Qu'il avait commis l'irréparable. Qu'il avait tenté à nouveau de mettre fin à ses jours. Le jeune libraire avait été persuadé que son petit-ami allait mieux. Il semblait avoir surmonté la mort de son père et tout allait bien entre eux. Il faisait encore des cauchemars mais il ne cherchait plus à ignorer les mains tendues par Castiel. Il se confiait. Et il avait accepté qu'on l'aide.
Le jeune libraire se demandait s'il n'avait pas refusé de voir les signes. S'il n'avait pas fermé les yeux sur l'état réel de son petit-ami pour se complaire dans le semblant de bonheur qu'ils avaient trouvé. Il n'était plus sûr de rien et il était terrifié.
Quand le médecin vint enfin les trouver, le jeune libraire était au bord de la crise de nerfs et Chris en était probablement à sa dixième tasse de café. Castiel se précipita aussitôt vers lui.
- Comment va t-il ? Demanda t-il immédiatement.
Le médecin le dévisagea une seconde avant de froncer les sourcils.
- Vous êtes un membre de sa famille ?
Castiel secoua la tête alors que les larmes lui montaient aux yeux. Pourquoi s'évertuait-on à lui mettre des bâtons dans les roues ? Pourquoi personne ne comprenait qu'il était la famille de Dean ? Peut-être ne partageaient-ils pas le même ADN mais ils étaient liés par quelque chose de plus fort encore.
- Je suis son compagnon, expliqua t-il le plus calmement possible. Et voici son frère.
Sam fit un pas en avant pour se trouver à côté de Castiel et face au médecin. Ce dernier sembla peser le pour et le contre une seconde avant de soupirer et d'hocher la tête. Sam attrapa alors la main de Castiel et le jeune libraire la serra dans la sienne pour lui montrer qu'il était là.
- Monsieur Winchester est réveillé et son état est stable. Nous avons fait plusieurs analyses sanguines et les résultats viennent seulement de revenir. Il … il semblerait qu'il ait consommer plusieurs produits stupéfiants dans les heures précédant sa perte de connaissance. Est-ce qu'il vous a dit quoi que ce soit à ce sujet ? Est-il sous traitement actuellement ?
Castiel avait espéré s'être trompé. Mais à présent que le médecin avait confirmé ses soupçons il ne pouvait plus ignorer le sentiment de trahison qu'il ressentait. Dean lui avait menti. Il lui avait délibérément menti.
- Il est suivi par le Docteur Harvelle mais il n'est pas … actuellement il n'est pas sous traitement. Il … il a connu une période difficile. Son père est mort et il … je crois qu'il …
Il fut incapable de terminer sa phrase, sa gorge se nouant subitement. Sam prit alors le relais et son calme surprit le jeune libraire.
- Il nous a assuré qu'il ne prenait plus rien.
- J'ai lu dans son dossier qu'il avait tenté de se suicider il y a environ deux ans. Est-ce qu'ils pourraient avoir recommencé ?
Castiel avait le souffle court et le cœur qui battait à tout rompre dans sa poitrine. Toutes ses pires peurs étaient en train de se réaliser et il n'avait aucune idée de ce qu'il devait faire. Heureusement pour lui, Sam semblait nettement plus maître de ses émotions que lui.
- Non, il n'aurait jamais pu faire ça. Les choses sont différentes aujourd'hui. Il va bien. Enfin, il ne va pas parfaitement bien mais il va mieux. Et il m'a promis de ne plus jamais m'abandonner.
- Sam, intervint Castiel.
Il ne pouvait pas laisser le jeune garçon continuer à défendre son frère alors que toutes les preuves semblaient l'accuser. La seule personne à pouvoir leur apporter les réponses était Dean. Et Castiel avait l'intention de lui poser toutes les questions qu'il jugeait nécessaires. Mais en attendant d'avoir sa version de l'histoire, il ne comptait pas nier les accusations et les sous-entendus du docteur. Et c'était sans nul doute ce qui l'effrayait le plus. Il aurait aimé pouvoir refuser de croire les paroles de cet homme qui ne connaissait pas Dean. Il aurait aimé pouvoir être sûr que son petit-ami ne lui avait rien caché. Mais il n'était plus sûr de rien.
- J'aimerais lui parler, expliqua finalement Castiel en regardant le médecin.
Il savait que Sam avait également envie de discuter avec son frère. Et sans doute aurait-il du aller lui rendre visite avant le jeune libraire. Mais ce dernier ne pouvait pas attendre plus longtemps. Il avait besoin de réponses. Il en avait besoin maintenant. Et il savait que Sam n'oserait jamais interroger son frère à ce sujet. Il lui faisait aveuglément confiance. Il avait tort probablement. Mais Castiel ne le lui reprochait pas. Il l'enviait par moment. Il aurait aimé que son amour pour Dean l'aveugle complètement. Il aurait aimé ne rien voir. Ne pas s'interroger.
- Il est encore en soins intensifs mais vous pouvez aller le voir. Je vous demanderais simplement d'y aller un par un et de ne pas rester plus d'une vingtaine de minutes à chaque fois. Il a besoin de beaucoup de repos. Il est encore très faible.
Castiel acquiesça alors que le médecin lui donnait le numéro de la chambre de Dean. Il s'excusa ensuite et partit voir d'autres patients. Sam choisit ce moment pour lâcher la main de Castiel et pour le foudroyer du regard.
- Tu crois qu'il l'a fait hein ? Demanda le jeune garçon.
Castiel aurait aimé pouvoir lui dire « non ». il aurait aimé pouvoir lui dire qu'il faisait totalement confiance à Dean. Mais il refusait de mentir à son ami. Il estimait que Sam était suffisamment mature pour entendre la vérité.
- Je ne suis sûr de rien mais … il avait ces cachets l'autre jour … il en a pris trois et rien ne me dit qu'il n'a pas recommencé. Les analyses … les analyses sont …
- On s'en fout de tout ça … Je sais que Dean n'a rien fait ! Protesta Sam en croisant ses bras sur son torse.
Castiel avança sa main pour la lui poser sur l'épaule mais le jeune garçon recula aussitôt. Il semblait à la fois en colère et blessé. Derrière lui, Chris et Steve s'étaient levés mais ils étaient restés à une distance raisonnable. Sans doute redoutaient-ils de braquer le jeune garçon. Castiel savait qu'ils avaient les mêmes doutes que lui. Mais il savait également qu'ils ne laisseraient rien transparaître devant Sam. C'était une erreur. Le frère de Dean devait comprendre qu'il ne pouvait pas se laisser aveugler par l'amour qu'il avait pour son aîné.
- Sam, écoute … commença Castiel.
- Non, je refuse de t'écouter. Et tu sais quoi ? Vas te faire foutre … allez tous vous faire foutre. C'est mon frère et je sais qu'il n'a rien fait ! L'interrompit Sam.
Il secoua la tête puis tourna les talons et courut en dehors de la salle d'attente. Chris le suivit aussitôt alors que Steve assurait à Castiel qu'ils s'occupaient de lui. Le jeune libraire le remercia rapidement puis prit le chemin de la chambre où se trouvait Dean. Il fit le chemin mécaniquement et sans réellement faire attention aux escaliers et aux couloirs qu'il empruntait. Il se perdit deux fois et du rebrousser chemin avant de trouver enfin le bon endroit. Il avait des dizaines de questions à poser au jeune homme. Des tas de choses qu'il voulait lui dire. Il ne savait pas par quoi commencer. Il espérait de tout son cœur que son petit-ami choisirait de se montrer honnête avec lui. Il ne savait pas comment il réagirait si toutefois Dean s'obstinait à tout nier. Il pourrait facilement lui pardonner d'avoir pris des cachets sans le lui dire. Mais il ne pourrait jamais lui pardonner de trahir sa confiance une nouvelle fois. Cela risquait de mettre un terme à leur relation et Castiel ne voulait surtout pas perdre le jeune homme. Il prit une grande inspiration avant de pousser la porte. Il ne prit pas la peine de frapper. Il savait que Dean devait l'attendre.
Le jeune homme était allongé sur un lit qui paraissait incroyablement petit pour lui. Il portait une de ces hideuses chemises d'hôpital et était couvert jusqu'à la taille par une couverte grisâtre. Une perfusion s'écoulait lentement dans la veine de son bras droit et un appareil contrôlait les battements de son cœur à côté du lit. Il avait les yeux fermés mais Castiel savait qu'il ne dormait pas. La télévision était éteinte et il n'y avait aucun autre bruit dans la pièce que les « bip » de la machine qui contrôlait son rythme cardiaque. Le visage de Dean était particulièrement pâle et ses traits étaient tirés. Il avait les cheveux plaqués sur le front. Il semblait terriblement vulnérable et pendant une seconde, Castiel oublia ses bonnes résolutions et hésita à courir le prendre dans ses bras. Il se força toutefois à détourner les yeux et à avancer calmement dans la pièce. Dean ouvrit les yeux alors qu'il s'arrêtait à proximité de son lit.
- Hé, souffla t-il d'une voix rauque.
Castiel lui sourit faiblement.
- Hé.
Dean se mordilla la lèvre inférieure une seconde et Castiel sut qu'il était nerveux. Le jeune libraire ne savait pas si le médecin avait mis son petit-ami au courant des résultats de ses analyses sanguines. Il avait de toute façon l'intention d'évoquer le sujet avec lui.
- Où est Sam ? Demanda Dean, le tirant de ses songes.
Castiel s'assit sur la chaise que les infirmières avaient installée à côté du lit de son petit-ami. Il refusait de prendre place sur le lit à côté de lui. Il savait que si le jeune homme venait à le toucher, il ne pourrait pas lui dire tout ce qu'il avait besoin de lui dire. Il se laisserait distraire et il commettrait l'erreur d'ignorer ce qui s'était passé. Et tout recommencerait un jour ou l'autre. Il était temps de mettre un terme à cette mascarade.
- Il est avec Chris et Steve pour le moment. Il viendra te voir dès que nous aurons fini de discuter.
- Ok, accepta Dean en fronçant les sourcils.
Il semblait avoir compris que ce qu'il allait entendre ne lui plairait pas. Castiel n'avait pas pour autant l'intention de faire marche arrière. Il était déterminé. Il voulait sauver son couple et donner une chance à son petit-ami de se montrer honnête envers lui. S'il continuait de lui mentir, le jeune libraire devrait prendre les décisions qui s'imposaient. Cette conversation allait être capitale pour leur relation. Elle allait changer les choses.
- J'ai parlé avec le médecin Dean, déclara Castiel en joignant ses mains sur ses cuisses pour se retenir d'attraper celle de Dean.
Le jeune homme hocha la tête et se redressa lentement sur le lit jusqu'à être assis. Il se passa une main dans les cheveux puis sur le visage avant de pousser un long soupire.
- Et ? Répliqua t-il.
Il semblait déterminé à se montrer calme mais Castiel pouvait lire son anxiété dans son regard et dans ses gestes. Il le connaissait trop pour se laisser berner par le petit jeu d'acteur qu'il avait choisi d'adopter.
- Et il a eu tes résultats sanguins. Tu veux m'en parler ?
Dean haussa les épaules avant de se frotter les cuisses du plat des mains. Il ne semblait pas surpris par ce qu'il entendait. Le médecin lui avait donc parlé des résultats. Castiel fut soulagé de pas avoir à les lui expliquer. Dean avait maintenant toutes les cartes en main pour que leur conversation se termine bien. Le jeune libraire croisait les doigts pour qu'il saisisse cette chance.
- Je sais ce que tu penses Cas … je sais exactement ce que tu penses, déclara finalement Dean en reportant son attention sur son petit-ami.
Le jeune libraire hocha la tête mais ne dit rien. Ce n'était pas à lui de fournir des explications. Il estimait ne rien avoir à se reprocher.
- Tu te dis que j'ai recommencé … tu te dis que j'ai voulu mourir. Tu ne cherches pas à trouver une autre explication. Tu refuses de penser qu'il peut s'agir d'une erreur. Tu préfères de loin croire que j'ai avalé des cachets pour mettre fin à mes jours. Que je t'ai menti et que j'ai manqué à ma promesse.
- Quelle autre explication pourrait-il y avoir Dean ? Demanda aussitôt Castiel.
Le jeune homme serra les poings sur ses cuisses et détourna les yeux pour les poser sur le mur devant lui. Il semblait incroyablement tendu et en colère. Castiel n'aimait pas être responsable de son état. Mais il souffrait également beaucoup et il en avait plus qu'assez de devoir se battre contre le jeune homme. Il avait besoin de réponses et de prendre une décision définitive. Quelle qu'elle soit …
- J'en sais rien moi … peut-être ont-il inversés les résultats avec ceux d'un autre patient … peut-être que la personne qui a réalisé les examens s'est trompée quelque part ou peut-être qu'il s'agit tout simplement d'un faux positif !
- Un faux positif ? Dean … ce n'est pas un test de grossesse … les médecins ont trouvés de la drogue dans ton sang !
- Je n'ai rien pris ! Protesta alors le jeune homme en élevant le ton.
Castiel secoua la tête en levant les yeux au plafond. Il ne semblait pas décider à se montrer coopératif. Le jeune libraire sentit la déception chasser la colère au fond de lui. Il avait envie de crier et de pleurer. Il avait la sensation d'être sur le point de tout perdre et il n'avait plus la force de se battre pour empêcher le jeune homme de lui échapper. C'était le point de non retour et Dean venait tout juste de franchir la ligne.
- Pourquoi est-ce que tu me mens ? Demanda Castiel en reportant son attention sur son petit-ami.
Il avait déjà vu Dean en colère avant. Il l'avait entendu lui hurler après plusieurs fois. Il l'avait connu dans beaucoup de situations. Tristesse. Joie. Excitation. Frustration. Il connaissait presque toutes les expressions qui illuminaient ou obscurcissaient son visage expressif quand il était incapable de les contrôler. Mais il n'avait jamais vu son petit-ami aussi blessé auparavant. Choqué également. Il semblait sur le point de pleurer ou de mettre son poing dans la figure du jeune libraire. Et pendant une seconde, Castiel se sentit coupable d'être responsable de la détresse qu'il lisait sur son visage. Mais il se força à rester concentré sur ce qu'il savait. Dean lui avait menti. Et il ne pouvait pas l'ignorer plus longtemps.
- Si tu me disais plutôt pourquoi toi tu m'as menti, jeta le jeune homme en le dévisageant avec froideur.
Castiel fronça les sourcils. Il ne comprenait pas ce que son petit-ami cherchait en jouant à ce petit jeu. Il ne faisait que compliquer les choses.
- Menti ? Quand est-ce que je t'ai menti ? Répliqua Castiel.
Dean ricana une seconde alors que son visage se fermait complètement. Ses yeux étaient sombres et froids. Totalement illisibles même pour le jeune libraire.
- Quand tu m'as promis que tu me faisais confiance … quand tu m'as juré de me faire confiance, précisa Dean.
Castiel secoua la tête. Il était agacé par l'attitude de son petit-ami. Il savait que le jeune homme cherchait à se faire passer pour la victime dans cette histoire. Mais il n'y arriverait pas cette fois. Castiel n'avait pas l'intention de le laisser gagner. Il voulait des réponses et il allait les obtenir.
- Je ne t'ai pas menti Dean ! Je te faisais confiance … mais je … je suppose que j'ai eu tort hein ?
- Tu me faisais confiance ? Tellement confiance qu'à la première complication, tu préfères m'accuser moi plutôt que de croire ce que je te dis !
- Tu ne m'as dit rien pour le moment … tu ne m'as donné aucune explication.
Dean hocha la tête puis se tourna vers Castiel.
- Parce que je n'en ai pas mais ça ne fait pas de moi le méchant de l'histoire !
- Et je devrais te croire sur paroles ? Alors que j'ai des médecins diplômés qui me jurent que tu as pris de la drogue ? Alors que tu as fait une overdose sous mes yeux dans ta salle de bains i peine quelques heures ?
- Non, tu devrais me croire parce que c'est ça faire confiance !
Castiel soupira longuement. La conversation tournait clairement en rond et il n'aimait pas la façon que Dean avait eu d'inverser les rôles. Il avait la sensation d'être celui qui méritait d'être interrogé. Il n'était pas celui qui avait un problème. Il n'était pas celui qu'on avait du transporter d'urgence à l'hôpital. Et s'il aimait sincèrement le jeune homme, il n'en pouvait plus d'être constamment celui à qui on faisait des reproches. Il était fatigué de devoir se défendre. Fatigué de devoir se battre contre tout et tout le monde. Il était fatigué de Dean. Cette réalisation lui fit l'effet d'un coup de poing et pendant une seconde, il eut la tête qui tournait.
- J'aimerais pouvoir te faire confiance Dean … sincèrement, j'aimerais pouvoir te faire confiance. Mais … à chaque fois que j'essaie, tu me prouves que j'ai tort et … j'en ai assez de tout ça … j'en ai assez de …
- Moi ? L'interrogea Dean d'une toute petite voix.
Sa colère semblait s'être envolée et il avait à nouveau les yeux brillants de larmes. Castiel ne répondit pas immédiatement à sa question. Mais son silence en disait probablement suffisamment long sur ce qu'il pensait. Dean secoua la tête.
- Alors va t-en, suggéra t-il. Va t-en et ne te retourne surtout pas.
Castiel devait admettre que la proposition était tentante. Il n'avait pas envie d'avoir cette conversation avec son petit-ami. Il n'avait pas envie d'être contraint de rompre avec lui. Il voulait pouvoir quitter cette chambre d'hôpital et oublier tout ce qu'ils s'étaient dits. Il voulait que tout soit comme avant. Mais il savait que ce n'était pas possible. Plus maintenant. Le problème entre eux était trop important pour qu'ils puissent passer outre. Ils devaient le résoudre ou tirer un trait sur leur histoire.
- Non je ne vais pas partir sans réponses à mes questions Dean. Je veux que tu me dises pourquoi tu as … pourquoi tu as fait tout ça. Est-ce que tu es aussi malheureux que ça ? Est-ce que tu es malheureux avec moi ?
Dean ferma les yeux et secoua la tête.
- Le problème Castiel, c'est que tu me demandes pourquoi je l'ai fait et pas si je l'ai fait … et … désolé mais s'il y en a un de nous deux qui n'a pas confiance en l'autre, c'est toi. Je n'ai rien fait … je n'ai pas pris cette drogue. Je n'ai pas voulu mourir. Tu peux me croire ou partir. Mais je refuse d'écouter tes questions plus longtemps.
Castiel n'en revenait pas du calme avec lequel Dean était en train de rompre avec lui. Il n'aimait pas ce qu'il entendait. Il détestait que le jeune homme soit capable de le mettre à la porte sans même verser une larme. Et il était terrifié de voir avec quel aplomb il continuait à lui mentir. Comment en étaient-ils arrivés là ? Quand Castiel avait-il perdu la confiance de Dean ? Il ne s'en était pas rendu compte jusque là. Il sentit son cœur se briser alors que le jeune homme continuait de refuser de le regarder.
- Je t'aime Dean, assura le jeune libraire car il avait autant besoin d'en convaincre Dean que de s'en convaincre lui-même. Je t'aime et je veux juste arranger les choses.
Le jeune homme se passa une main sur le visage avant de serrer le poing à nouveau.
- Non … tu veux que je te dise ce que tu veux entendre. Mai je ne peux pas … je ne peux pas mentir et te donner les réponses que tu attends. Je n'ai rien fait … bordel Castiel, je suis … je ne suis pas comme ça.
- Vraiment ?
Dean ouvrit enfin les yeux et tourna le visage vers Castiel. C'était un coup bas. Le jeune libraire le savait. Il s'était juré de ne plus jamais évoquer la tentative de suicide de son petit-ami. Mais il avait besoin de rappeler au jeune homme qu'il avait déjà commis une erreur par le passé et qu'il n'était pas à l'abri d'en commettre une autre.
- Je peux te poser une question ? Demanda finalement Dean après de longues secondes de silence.
Castiel hocha la tête. Il s'était attendu à ce que son petit-ami s'emporte et le mette définitivement à la porte. Il était agréablement surpris que cela ne soit pas le cas.
- Est-ce que tu pourras oublier un jour ? Je veux dire … est-ce que tu pourras un jour ne plus me regarder et te dire … il a tenté de se suicider et il pourrait recommencer ?
Castiel savait que sa réponse serait décisive pour la suite de leur conversation et probablement la suite de leur histoire également. Mais il ne pouvait pas mentir. Une nouvelle fois, il avait besoin de se montrer honnête. Il soupira.
- Je ne crois pas non, concéda t-il.
Dean hocha lentement la tête puis se passa la langue sur les lèvres.
- Est-ce que tu penses pouvoir un jour me faire confiance avec des médicaments ?
- Probablement pas, admit Castiel.
Il ne faisait que se montrer honnête mais il pouvait lire sur le visage de Dean que ses réponses n'étaient pas celles qu'il espérait.
- Tu penses vraiment que j'ai tenté de me suicider ce soir, déclara le jeune homme.
Ce n'était pas réellement une question. Plutôt une affirmation. Mais Castiel choisit tout de même d' y répondre.
- Les preuves sont accablantes … elles … je ne peux pas les ignorer.
Dean acquiesça longuement avant de prendre une grande inspiration et de détourner à nouveau les yeux. Il semblait avoir besoin de quelques secondes pour réfléchir et Castiel était prêt à lui laisser tout le temps nécessaire. Leur relation était dans la balance et ils ne devaient pas précipiter les choses.
- C'est fini, souffla le jeune homme sans le regarder.
Castiel fronça les sourcils en se penchant sensiblement vers lui. Il ne pouvait pas avoir entendu ce qu'il pensait avoir entendu. Dean ne pouvait décemment pas être en train de rompre définitivement avec lui.
- Quoi ? Demanda t-il en jouant les idiots.
Dean se tourna alors vers lui et il semblait déterminé. Triste. Dévasté même. Mais totalement sûr de lui.
- C'est fini … entre nous, je veux dire. Je veux que tu partes.
- Non Dean. Non.
Le jeune homme semblait sur le point de perdre son calme mais Castiel refusait de le laisser faire. Il ne pouvait pas accepter cette rupture. Pas quand c'était lui qui avait des reproches à lui faire. Pas quand c'était Dean qui avait manqué à sa promesse. Ce n'était pas possible.
- Je ne veux pas faire ma vie avec quelqu'un qui refuse de me croire, déclara le jeune homme d'une voix qui tremblait sensiblement.
Castiel se leva alors de sa chaise et fit un pas en direction de son petit-ami.
- Tu n'as pas le droit de faire reposer la faute sur moi. J'ai toujours été là pour toi Dean. J'ai tout fait pour t'aider mais … c'est toi qui m'as menti … toi qui continue de me mentir. Je ne t'en veux pas d'avoir pris des cachets … je ne t'en veux pas d'avoir eu envie de les avaler et d'avoir fait une overdose. Je t'en veux de ne pas être venu me parler. Parce que j'aurais pu … j'aurais pu t'aider.
- Mais je n'ai rien fait ! S'écria Dean, furieux.
Castiel serra à son tour les poings de chaque côté de son corps.
- Tu me l'as avoué à moitié Dean … quand tu étais sur le point de t'évanouir … tu m'as avoué m'avoir caché des choses. Je n'ai rien inventé ! Et le test est positif et tu as fait une overdose et … comment veux tu que je te crois alors que toutes les preuves sont contre toi ?
- Si tu étais à ma place, je n'hésiterais pas une seconde à le faire, rétorqua Dean.
- Mais je ne serais jamais à ta place ! Parce que je ne suis pas toi … parce que je ne suis pas …
- Faible ? Le coupa Dean en fronçant les sourcils.
Castiel ne dit rien mais garda les yeux rivés sur le jeune homme. Ce dernier hocha la tête.
- Parce que tu n'es pas pitoyable comme moi ? Ou stupide ? Ou désespéré ? C'est comme ça que tu me vois ?
Castiel secoua la tête mais il savait qu'une petite partie de ce que le jeune homme disait était vrai. Il voyait Dean comme quelqu'un de plus fragile que lui. De moins capable de prendre soin de lui-même. Quelqu'un sur qui il fallait veiller. Un peu comme un enfant. Et cette idée le terrifiait. Il ne considérait pas Dean comme son égal.
- Je ne t'ai jamais trouvé pitoyable ou stupide et tu le sais aussi bien que moi ! Mais tu es fragile. Tu peux pas le nier et je … je sais que tu veux me protéger et protéger Sam mais … j'ai besoin que tu sois honnête avec moi.
- Je le suis … je le suis ! Hurla alors Dean.
Castiel recula d'un pas devant la rage de son petit-ami. Il ne savait pas quoi dire ou quoi faire. Il aurait vraiment aimé pouvoir croire le jeune homme. Mais il savait au plus profond de lui-même qu'il lui mentait. Qu'il refusait simplement de lui dire parce qu'il refusait de se montrer faible. Castiel trouvait son attitude idiote.
- Non Dean … tu ne peux pas … tu ne peux pas décemment me demander de croire que les médecins et les ambulanciers qui se sont occupés de toi se sont trompés sur toute la ligne. S'il te plait … s'il te plait … dis-moi la vérité maintenant qu'on puisse enterrer toute cette histoire et aller de l'avant.
- Sinon ? Demanda le jeune homme en fronçant les sourcils.
C'était le moment crucial pour Castiel. Le moment où il pouvait poser ses conditions. Le moment où il risquait de tout perdre. Il n'était pas sûr d'être totalement prêt à l'affronter. Il avait su dès qu'il était dans la chambre de Dean que leur conversation en viendrait inévitablement à ce point. Il savait que c'était la bonne chose à faire. Mais il était inquiet. Car il était persuadé à présent que Dean refuserait d'avouer ce qu'il avait fait.
- Sinon, je partirais … sinon … je ne peux pas continuer comme ça, précisa Castiel.
Son petit-ami hocha la tête puis soupira longuement. Le temps sembla alors se suspendre et le jeune libraire pria pour que tout se finisse bien. Il ne voulait pas perdre Dean. Il l'aimait et malgré les mensonges et les problèmes, il continuait de croire qu'ils feraient leur vie ensemble. Mais il n'avait pas les cartes en main pour faire en sorte que cela se réalise. C'était à Dean de jouer à présent. A Dean de décider si oui ou non, il voulait toujours de lui dans sa vie.
- Pour la dernière fois Castiel … je n'ai rien fait. C'est à prendre ou à laisser, déclara le jeune homme.
Castiel déglutit avec peine alors que les larmes lui montaient aux yeux. C'était donc la fin. Il n'y avait rien à faire pour sauver ce qui restait de leur relation. Dean venait de mettre un point final à une histoire qui aurait pu être belle et durable. Le jeune libraire secoua alors la tête. Comment son petit-ami pouvait-il être aussi indifférent ? Comment pouvait-il être aussi stupide ?
- Alors c'est fini, constata Castiel, reprenant les mots que Dean avait prononcé quelques minutes plus tôt. C'est vraiment fini.
Le jeune homme haussa les épaules. Il semblait résigné. Mais son visage était fermé et son regard déterminé.
- Je suppose oui, confirma t-il.
Castiel laissa les larmes rouler sur ses joues alors que sa gorge se nouait considérablement. Il n'en revenait pas de ce qui était en train de se passer. Il aimait Dean de toutes ses forces mais il était obligé de le quitter. Obligé de partir pour se protéger. Gabriel avait raison. Le jeune homme allait finir par le détruire. Probablement sans le vouloir. Mais Castiel savait qu'à terme, il finirait par lui briser le cœur. Il était temps pour lui de partir et de prendre le temps de se reconstruire.
- Je vais te laisser, lança le jeune libraire en baissant les yeux sur le sol.
Il entendit Dean bouger sur le lit mais il ne le regarda pas. La plaie que le jeune homme venait de lui infliger était trop douloureuse. Trop fraiche et trop sensible pour qu'il puisse poser les yeux sur lui sans avoir envie de le frapper. Ou de l'embrasser. Il n'était plus vraiment sûr de ce qu'il voulait.
- J'étais heureux tu sais … tellement heureux que j'avais du mal à croire que tout ceci était réel, souffla Dean.
Castiel fronça les sourcils mais ne bougea pas. Il ne pouvait pas affronter le regard du jeune homme pour le moment.
- J'aurais du faire plus attention je suppose … j'aurais du écouter Chris et les autres … j'aurais du te laisser partir. Mais j'ai cru … pendant une seconde, j'ai cru que tout était possible entre nous. Et j'étais tellement heureux. Tu … tu m'as apporté beaucoup Castiel. Et même si tout doit se finir ce soir, je t'en serais éternellement reconnaissant.
- Dean … lâcha Castiel incapable de rester silencieux plus longtemps.
- J'ai commis l'erreur de penser que … que parce que je t'aimais, rien ne pourrait jamais se mettre en travers de notre chemin. J'ai fermé les yeux sur tout ce qui pourrait aller de travers et je me suis lancé tête baissé dans cette histoire. Et j'ai … tu viens de me briser le cœur Castiel. J'aurais du savoir que tu ne pourrais jamais me croire. J'aurais du me douter que tu ne pourrais jamais oublier ce que j'avais fait.
Castiel avait la très nette sensation que le jeune homme cherchait à faire peser la responsabilité de leur rupture sur lui. Il ne pouvait pas l'accepter. Il estimait avoir ses torts mais il savait également que c'était Dean qui avait tout gâché en refusant de se montrer honnête avec lui. Le jeune homme devait en prendre conscience. Il n'avait pas le droit de le nier.
- Et moi j'ai eu tort de croire que je pourrais suffire … que je pourrais te guérir. Pense ce que tu veux de moi Dean … accuse moi de toutes les choses qui ne vont pas entre nous si cela te permet de te sentir mieux mais n'oublie surtout pas que c'est moi qui ait été trahi … que c'est toi qui m'a menti et m'a manqué de respect … n'oublie pas que c'est toi qui m'a brisé le cœur.
Castiel leva finalement les yeux vers Dean et vit son visage se tordre sous l'effet de la colère.
- Ok, je crois qu'on s'est tout dit, déclara finalement le jeune homme.
- Sans doute, accepta Castiel.
Dean le regarda à son tour et pendant une seconde, ils ne dirent plus rien et se contentèrent de garder leurs yeux rivés l'un sur l'autre. Castiel trouvait dommage que les choses aient dégénérées de la sorte entre eux. C'était probablement inévitable. Il se souvint alors de tous les avertissements que leurs amis leur avaient donné. De toutes les fois où il s'était entendu dire que cela ne pourrait jamais fonctionner entre eux. Ils étaient trop différents. Et leur rencontre s'était faite dans de mauvaises circonstances. Dean avait besoin de quelqu'un qui ignorait ce qu'il avait fait par le passé. Quelqu'un qui n'aurait pas constamment en tête le souvenir de sa tentative de suicide. Et Castiel ne voulait pas faire sa vie avec un homme pour lequel il s'inquiéterait constamment. Il avait besoin de certitudes. Il avait besoin de vivre sa vie sans ressentir le besoin de veiller sur celle de son partenaire. Tout ceci était voué à l'échec. Ils avaient simplement refusé de le voir plus tôt.
- Je te souhaite de trouver quelqu'un qui te rendra réellement heureux Dean, assura Castiel quand le silence devint trop inconfortable pour lui.
Le jeune homme ricana une seconde.
- Tu me rendais heureux, murmura t-il. J'aurais simplement aimé que tu le crois.
Castiel se passa une main sur le visage puis tourna le dos au jeune homme et s'approcha de la porte de la chambre. Il posa la main sur la poignée mais jeta un dernier coup d'oeil à Dean par dessus son épaule.
- Ne fais pas de bêtises Dean, lança t-il en guise d'au revoir.
Le jeune homme le fusilla alors du regard.
- Ferme la … si c'est pour dire des conneries pareilles, je préfère encore que tu te taises, jeta t-il méchamment.
Castiel hocha la tête puis tira la porte et sortit de la chambre sans rien ajouter. Il la referma derrière lui puis s'adossa une seconde contre le bois derrière lui. Il venait de rompre avec Dean. Il n'en revenait toujours pas. Il avait réellement cru que leur histoire pourrait résister à tout et à tout le monde. Il avait vraiment pensé qu'ils vieilliraient ensemble et que les gens qui n'avaient pas cru en eux se rendraient compte tôt ou tard qu'ils s'étaient trompés. De toute évidence, c'était lui qui avait eu tort. Lui qui avait été aveuglé par le force de ses sentiments pour le jeune homme. Il aurait probablement du se montrer plus réaliste dès le début. Ils n'avaient aucun avenir. Pas tant que Dean refuserait d'admettre qu'ils étaient encore extrêmement fragile. Castiel aurait aimé pouvoir le guérir. Il le lui avait promis. Mais il ne pouvait pas le faire si Dean ne l'aidait pas. Il ne pouvait pas le forcer à voir les choses telles qu'elles étaient. Il fallait se rendre à l'évidence. Il n'était pas suffisamment fort pour aider le jeune homme à surmonter tous les obstacles que la vie avait mis en travers de son chemin. Son amour pour lui ne suffisait pas. Sa présence non plus. Dean avait besoin de plus. Castiel n'avait plus la force de se battre.
Le jeune libraire leva les yeux au plafond et laissa quelques larmes couler sur ses joues. Il les essuya ensuite du revers de la main puis se tourna pour faire de nouveau face à la porte derrière laquelle l'homme qu'il aimait se trouvait.
- Au revoir Dean, souffla t-il en collant la main contre le bois froid qui le séparait du jeune homme.
Il hocha ensuite la tête puis s'éloigna de la chambre. Il remonta le couloir en rejouant dans sa tête les évènements qui venaient de se dérouler. Quand il rejoignit les autres dans la salle d'attente, Sam était revenu à l'intérieur et discutait avec Steve. Chris était debout, les bras croisés sur le torse.
- Alors ? Demanda le jeune guitariste dès que Castiel pénétra dans la pièce.
Le jeune libraire haussa les épaules. Que pouvait-il dire aux meilleurs amis et au frère de l'homme avec lequel il venait de rompre ?
- C'est fini, répondit-il doucement.
Il vit les yeux de Chris s'écarquiller alors que Sam se levait de sa chaise pour les rejoindre.
- Comment ça c'est fini ? Qu'est-ce qui est fini ? Demanda t-il.
Castiel n'avait envie de lui répondre. Il savait que le jeune garçon prendrait la défense de son frère et il ne voulait surtout pas se disputer avec lui. Il était épuisé et il avait envie de dormir. Peut-être juste de pleurer jusqu'à l'épuisement. Il ne supportait plus d'être dans cet endroit entouré des gens qui aimaient Dean plus que tout.
- Je vais rentrer chez moi, se contenta t-il de dire finalement.
Il adressa un petit sourire triste à Sam puis lui serra l'épaule une seconde avant de s'élancer en direction de la sortie. Il entendit le jeune garçon l'appeler dans son dos mais il ne se retourna pas. Il ne voyait pas ce qu'il pouvait lui dire. Il n'avait pas les mots adéquats pour lui expliquer ce qui venait de se passer. Cela ne les concernait pas. Et Castiel savait que Dean se chargerait de leur donner sa version des faits dès qu'ils seraient seuls avec lui. Ils n'avaient pas besoin d'entendre ses explications.
Une fois à l'extérieur, Castiel prit une grande inspiration alors que les larmes recommençaient à couler sur ses joues. Il sortit son portable de sa poche et envoya aussitôt un message à Gabriel. « Besoin de toi ». Il savait que cela suffirait à son ami. Il savait qu'il pouvait compter sur lui pour être là à son retour. Castiel était persuadé qu'il avait fait ce qu'il fallait. Il avait eu raison de rompre avec Dean. Mais cela n'en était pas moins incroyablement difficile. Il aimait toujours le jeune homme. Il l'aimerait probablement pendant encore très longtemps. Ses sentiments n'avaient toutefois aucune importance. Ils devaient être relégués au second plan. Castiel avait besoin de se retrouver un peu seul pour soigner les blessures que Dean lui avaient infligés. Il savait d'ors et déjà qu'il lui faudrait énormément de temps pour se reconstruire. Il n'était même pas sûr de pouvoir y arriver. Il espérait seulement que Dean finirait par comprendre qu'il avait eu tort et trouverait quelqu'un capable de l'aider à guérir. Et il espérait qu'avec le temps son cœur cesserait de ne battre que pour le jeune homme qui l'avait ce soir brisé en mille morceaux et piétiné sans même une once de remords. Le temps faisait parfois des miracles. Castiel voulait y croire. Il n'avait plus que l'espoir pour continuer d'avancer. L'espoir d'aller un jour mieux et la certitude que Gabriel ne le laisserait jamais affronter cette épreuve seul. C'était mieux que rien sans doute.
