Disclamer Les personnages appartiennent à Masami Kurumada.
Béta-lecture Scorpio-no Caro. Un grand merci à toi, tes conseils me sont précieux ! Et je sais que ça prend du temps.
Ignis : Merci beaucoup ! Oui, je pose un peu l'histoire de temps à autre, le temps à chacun de prendre la mesure de ce qui se passe (que se soit perso ou autre !). C'est un peu ce qui se passe dans la vie. Et oui également pour Aïoros, il veut faire évoluer sa relation avec Pégase, mais pour ce chapitre, un petit détour à Asgard s'impose avec le retour des guerriers divins de Grèce.
Avec le nouveau système de com, merci de signer pour que je puisse vous répondre si vous n'êtes pas inscrits ou simplement connecté sous votre pseudo !
Bonne lecture !
Chapitre 26
Royaume d'Asgard, palais d'Hilda
Les quatre guerriers divins revenant de Grèce retrouvèrent leurs pairs avec plaisir. Seul Albéric, retenu à sa demeure avec Hypnos manquait à l'appel.
De joyeuses discussions s'engagèrent sur leur séjour chez leurs anciens ennemis, autour d'une collation que Flamme leur fit servir dans un des salons. Chacun y allait de son anecdote sur untel ou untel, mais tous étaient d'accord sur un point, les chevaliers d'Athéna montraient une parfaite unité. Siegfried profita de ces retrouvailles pour parler du seul absent de cette petite réunion informelle :
- Il serait peut-être temps pour nous de prendre exemple sur le Sanctuaire d'Athéna, commença-t-il.
- Tu veux que l'on pardonne sa traîtrise à ce fourbe ? lui rétorqua immédiatement Syd.
- L'un de vous s'est-il déjà posé la question de savoir ce que l'on ressent quand on est rejeté de tous ? intervint Fenryl à la surprise générale. Ne pensez-vous pas qu'Albéric a suffisamment payé pour ses erreurs passées ? Si nous avons pu nous rendre compte d'une chose en Grèce, et ne me dis pas le contraire Syd, c'est qu'ils ont su faire table rase du passé. Kanon et Saga des Gémeaux sont tous deux des chevaliers à part entière.
Ce long discours de la part du maître des loups étonna ses pairs. Siegfried l'était tout particulièrement, Fenryl venait de résumer en quelques phrases ce qu'il lui aurait fallu argumenter pendant longtemps :
- Où vas-tu ? lui demanda-t-il en le voyant se lever.
- Voir mes loups, dit-il en souriant. Hilda nous veut tous à dîner ce soir, j'ai juste le temps !
- Mais on n'a pris aucune décision ! s'écria Hagen.
- La mienne est déjà prise, répondit-il avant de sortir de la pièce.
- C'est surprenant de voir comme ce séjour l'a changé… commenta Tol après son départ.
- Je ne pense pas qu'il ait changé, il a juste décidé de prendre son avenir en main et d'oublier le passé, lui répondit le guerrier d'Alpha en se levant à son tour. Fenryl a raison, ajouta-t-il avant de se rendre auprès de sa Princesse. J'ai moi aussi pris ma décision. A chacun d'entre vous d'en faire de même !
Les jumeaux décidèrent d'aller se reposer avant le dîner :
- Et vous ? leur demanda Tol.
- Je ne sais pas encore, répondit Bud, mais les arguments de Fenryl sont percutants, je crois qu'on devait tous y réfléchir sérieusement.
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Le maître des loups chevauchait un étalon noir lancé au triple galop soulevant des nuages de neiges sur son passage. Ses longs cheveux gris flottaient aux vents et un regard tendre le suivit depuis le palais jusqu'à ce qu'il ne soit plus qu'un minuscule point noir au milieu de l'immensité blanche.
Un sourire flottait sur les lèvres du guerrier d'Epsilon. Il parvint rapidement à une forêt où des hurlements joyeux l'accueillirent. Il sauta de son cheval à peine stoppé pour se retrouver assailli de toutes parts par sa meute en délire.
Heureux comme un enfant, il se roula dans la neige au milieu de ses loups en riant joyeusement. Jing poussa un jappement les autres animaux s'écartèrent laissant leur chef de meute et s'approcher de leur maître à tous. Le grand loup gris posa solennellement sa patte sur la main de Fenryl qui s'était assis pour saluer son retour et se coucha à ses genoux, renouvelant par ce geste, la soumission de la meute toute entière. Fenryl se releva et regarda l'horizon blanc s'étendant à perte de vue :
- Mes amis, dit-il en souriant, vous m'avez terriblement manqué…
Un regret vint cependant lui gâcher quelque peu le plaisir de ces retrouvailles et effacer son sourire. Il aurait aimé que Siegfried soit à ses côtés en ce moment et partage sa joie. Mais il était peu probable que le guerrier d'Alpha, si noble soit-il, puisse un jour comprendre à quel point ses loups étaient sa famille et qu'il n'était rien sans eux. Peut-être qu'il ferrait mieux de rester à l'écart du monde des hommes comme il l'avait toujours fait et ne plus déranger Siegfried… après tout, ici il était chez lui et aux milieux des siens. Le serait-il jamais parmi les hommes ? Même si ses sentiments s'étaient révélés à ses yeux, les interrogations parsemaient encore son esprit.
Un coup de museau de Jing le ramena à la réalité et il sourit de nouveau au loup qui avait sentit le changement d'attitude de son maître. Il lui caressa la tête, chassa pour l'instant ses doutes et remonta à cheval. Fenryl entraîna sa meute dans les bois tout proche, pour une partie de chasse avant de retourner s'acquitter de ses obligations.
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Palais d'Hilda, appartement des jumeaux
Bud réfléchissait en regardant le paysage pendant que son frère prenait une douche.
Le guerrier divin pensait aux paroles, si justes, de Fenryl. Il connaissait cette sensation de rejet qui attisait cette incroyable haine… il l'avait vécu, avant de se rendre compte qu'il transformait son attachement en cet horrible sentiment. L'amour et la haine sont parfois si proches qu'on peut presque les confondre, et de l'un à l'autre, il n'y a qu'un pas. Pas qu'il avait allégrement franchi devant la brutale révélation du Phoenix pendant leur combat. Il ne voulait pas le franchir à nouveau dans l'autre sens.
Syd se prélassait sous l'eau chaude quand il sentit la présence de son jumeau venu le rejoindre :
- Tu ne pouvais pas patienter avant de me voir nu ? plaisanta-t-il sans se retourner.
A sa grande surprise, Bud le rejoignit, lui entoura la taille et il put sentir qu'il était également nu :
- Bud ? Qu'est-ce que tu fais ?
- Ce qu'on aurait du faire depuis longtemps, répondit son jumeau d'une voix rauque en glissant ses lèvres dans son cou.
Syd ne put retenir un gémissement mais tenta encore de l'arrêter :
- Bud… c'est de la folie, nous sommes jumeaux…
Pour toute réponse, Bud le retourna et le plaqua contre le mur de la douche, s'emparant brutalement de ses lèvres. Syd gémit à nouveau et sentit son corps réagir, tout comme celui de son jumeau dont le sexe durcissait contre sa cuisse.
Le baiser s'enflamma tout autant que leurs deux corps étroitement serrés l'un contre l'autre. Bud rompit le baiser et planta ses yeux dans ceux si semblables en face de lui :
- Je t'ai haï une partie de ma vie, du moins je le croyais… commença-t-il en redessinant lentement de ses mains, son visage. Ikki m'a fait réaliser mon erreur, mais il était trop tard… je t'ai perdu. Pendant trois ans, j'ai erré sur chacune de tes traces, à la recherche d'un passé disparu, ton regard ne me quittait pas. Soit je cède à ce désir de tout partager avec toi… soit je deviens fou et bascule à nouveau.
Il l'embrassa longuement et continua :
- Mais même ainsi, je ne cesserai jamais de désirer ne faire qu'un avec toi… Syd… je t'aime tant…
Ce dernier sentit quelques larmes perler à ses yeux, il ressentait toute la peine et la souffrance de son jumeau comme si elle était la sienne. Il se rappelait son réveil. Les larmes de bonheur dans ses yeux de le voir à nouveau en vie. La chaleur de son corps contre le sien… il avait tout de suite compris qu'il l'aimait bien plus qu'un frère.
Il releva les mèches vertes qui lui cachaient ses yeux et sourit :
- Alors, unissons-nous et perdons-nous ensemble, car moi non plus je ne veux plus vivre loin de toi. Je t'aime aussi, plongeons dans ce monde de folie, dit-il en prenant à son tour possession de ses lèvres.
Bud poussa un gémissement étouffé par leurs bouches unies. Il avait vaillamment lutté contre ce désir incestueux, il avait même essayé de s'éloigner de lui. Mais dès qu'ils étaient séparés plus d'une journée, ils revenaient l'un vers l'autre. Hilda elle-même avait cessé de tenter de les envoyer en mission séparément.
Ses mains partirent à la découverte du corps frémissant dans ses bras, ce corps qui était quasiment le même que le sien. Mais il pouvait sentir quelques différences ça et là. Une taille un peu plus fine que la sienne, des cicatrices en moins. Les siennes témoignaient de ses dures années de jeunesse alors que Syd, lui, n'avait pas connu les manques et les privations.
Sa bouche rejoignit ses mains, s'émerveillant de laisser des marques sur la peau un peu plus blanche que la sienne. Syd gémissait, transporté enfin dans ce qu'il avait tant voulu connaître depuis son retour à la vie. Les mains de son jumeau réveillaient son corps, faisaient naître de longs et profonds soupirs et gémissements de contentement et il pouvait enfin tout à loisir admirer sans réserve, son frère, son jumeau.
Il se mit à parcourir son corps, redessinant les contours de chacune de ses nombreuses marques, laissées par sa difficile vie. Combien de fois, enfant et adolescent avait-il ressenti ce manque au fond lui ? Sa vie luxueuse et sans souci lui laissait largement le temps de s'interroger sur cet étrange sentiment qui le traversait parfois. Cette certitude ne pas être entier, d'avoir perdu une chose précieuse sans savoir laquelle. Jusqu'à ce qu'il le croise enfin et qu'il lui donne sa dague. Mais il l'avait perdu à nouveau.
Il avait fallu sa nomination au rang de guerrier divin et ses perceptions pour qu'il comprenne enfin que ce qu'il cherchait se trouvait juste derrière lui, sans jamais se montrer. Un cosmos presque semblable au sien… Quelques recherches et interrogatoires de vieux serviteurs de son domaine avaient fini par lui apprendre la vérité. Mais un mur les séparait, un mur invisible mais bien réel.
Bud gémit à son tour sous les caresses de son jumeau, leurs regards se retrouvèrent. La même fièvre les voilait, le même désir impérieux. Leurs deux corps étaient toujours soudés l'un à l'autre, parfaitement imbriqués. Ils en connaissaient chaque détail et pourtant le découvraient.
Leurs deux bassins se mirent à bouger, rendant l'échange un peu plus électrique encore, provoquant des sensations encore inconnues tellement elles s'intensifiaient. Bud reprit le contrôle et s'écartant un peu, saisit une des mains de son jumeau pour la conduire jusqu'à leurs sexes gonflés. A eux deux, ils amplifièrent encore le mouvement, caressant d'un même geste les deux membres durcis de leurs mains unies.
Syd laissa échapper un cri rauque et ferma les yeux pour savourer pleinement cette première jouissance, prémices de bien d'autres à venir. Son corps s'arqua tout comme celui de son jumeau :
- Par Odin… Bud…
- Syd…
Un cri d'extase au même moment qu'ils étouffèrent par un baiser brûlant, laissant les ondes de plaisir parcourir leurs corps encore soudés et les dernières gouttes de leurs semences se répandre sur leurs deux mains toujours unies.
Le bruit de l'eau coulant sur eux et de leurs deux souffles saccadés reprit peu à peu place dans leurs esprits encore embrumés. Bud leva son visage vers le jet bienfaiteur avant de poser de nouveau son regard sur Syd encore étroitement accroché à lui, la tête enfoui dans son cou.
Ce dernier se laissa tomber à genoux, léchant le ventre de son jumeau et leur semence mêlée que l'eau n'avait pas encore totalement évacuée :
- Syd…gémit son frère, sentant de nouveau son corps frémir.
Mais le guerrier de Zêta ne l'écoutait pas, il continua son exploration, descendant vers le membre qu'il convoitait encore pour le remettre en forme.
Une peur panique le poussait à continuer cet échange même si le temps leur était compté avant le repas prévu par la princesse. Confusément son esprit cherchait à assouvir pleinement ce partage ici et maintenant, pressentant que c'était vital pour eux.
Il ne lui fallut pas longtemps pour sentir à nouveau le désir de son jumeau grossir et se durcir au creux de sa bouche, ravivant le sien par la même occasion. Il sourit intérieurement, satisfait, et s'appliqua à rendre fou son frère en explorant avec application et gourmandise la totalité de sa virilité, s'arrêtant longuement sur les testicules avant de remonter vers le sexe maintenant dressé.
Il se sentit soudain tiré vers le haut, Bud venait de le relever brutalement. Il croisa ses yeux emplis d'une flamme indécente et lui sourit :
- A quoi joues-tu encore ? lui demanda sa voix rauque de désir contenu.
Pour toute réponse, Syd saisit sa main et la porta lentement à sa bouche, ne laissant plus à son jumeau aucun doute sur ce qu'il attendait de lui.
Bud poussa un gémissement sourd en le voyant lécher si consciencieusement ses doigts un à un, ses yeux outrageusement plantés dans les siens dans un défi muet. Malgré lui, son passé ressurgit devant ses yeux. Sa lutte pour survivre alors que son jumeau vivait dans l'opulence. Non cette fois, c'est lui qui gagnerait ! Il récupéra sa main et le retourna vers le mur, plaquant son corps contre le sien.
Syd poussa un cri de surprise et de contentement en le sentant reprendre le contrôle de l'étreinte. Il gémit alors qu'un doigt, suivit rapidement d'un deuxième pénétrait sans douceur son intimité. Pourtant il supporta la douleur, lançant son bassin au devant d'eux, en réclamant encore plus :
- Prend-moi Bud… vite… unis-nous enfin…
Sa voix suppliante et lascive remit instantanément de l'ordre dans l'esprit embrumé de son jumeau qui calma aussitôt sa rage en découvrant son frère qui s'offrait ainsi à lui :
- Syd… pourquoi ? murmura-t-il à son oreille comprenant qu'il l'avait volontairement poussé à bout, sans pour autant cesser sa préparation, mais beaucoup moins brutalement, presque tendrement maintenant.
Ce dernier tourna sa tête vers lui, souriant :
- Je te connais, tu aurais hésité des heures durant… Tu es bien plus droit que moi, Bud… Tellement loyal aussi… mais je te veux en moi ! Prend-moi maintenant ! Brûle-moi de l'intérieur !
Et son jumeau s'exécuta, reculant après lui avoir volé un baiser sauvage, il prit possession de son frère, pénétrant avec délice dans cet antre de plaisir.
Amour et haine… quels étranges sentiments si proches l'un de l'autre et qui peuvent parfois se fondre l'un dans l'autre. En cet instant de pur éblouissement pour ces jumeaux maudits dans leur première vie, un seul subsisterait à jamais.
Bud hurla, perdu dans les sensations qui l'envahissaient. Syd pleura de bonheur en criant son nom, la bouche ouverte, le souffle coupé par la violente douleur qui laissa bientôt place à une pure extase.
Leurs deux cosmos jaillirent dans la petite salle de bain, tournoyèrent un instant au-dessus d'eux pour se fondre l'un dans l'autre et prendre malgré eux le contrôle de l'échange, protégeant les deux amants complètement déconnecté de toute réalité.
Syd s'arqua davantage sous les coups de reins de plus en plus forts de Bud qui glissa une de ses mains jusqu'à son sexe douloureux, lui imprimant un rythme similaire.
Leurs corps en feux, brûlaient enfin à l'unisson, s'unissant sur un avenir commun.
Le plaisir les consumait. Leurs sens, décuplés à l'infini par leurs cosmos, leur renvoyaient des multitudes d'ondes aussi divines que dévastatrices, accentuées par leur parenté. Leur osmose semblait enfin parfaite et ils le sentaient tous les deux.
Ces désirs inavoués et cachés, ces blessures secrètes que rien ne semblait pouvoir apaiser prenaient soudain un sens par cet ultime échange corporel, magnifique et intense.
Ils se surpassèrent, bridant au maximum la soif de leurs besoins les plus profonds, repoussant encore et encore leurs limites, amplifiant leurs mouvements, criant leur plaisir sans retenue jusqu'à perdre conscience de tout ce qui n'était pas le corps de l'autre.
A bout de force, ils puisèrent encore dans leurs dernières forces pour le dernier assaut, et parvinrent, dans une unité parfaite, à la délivrance suprême dans un dernier de bonheur et s'écroulant dans la douche.
Ils ne virent, ni ne sentirent le rayon lumineux parvenir jusqu'à leurs cosmos unis qui désintégra l'intrus sans autre forme de procès avant de s'éteindre doucement.
Bud eut vaguement conscience que quelque chose s'était produit, mais la sensation fut bien trop diffuse pour qu'il en prenne réellement la mesure. Et il était bien trop occupé à savourer les dernières parcelles de plaisir qui le traversaient encore et à étreindre le corps encore frémissant de son jumeau pour comprendre que cette osmose parfaite de leur deux cosmos venaient de les sauver d'une attaque aussi dangereuse que cruelle.
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Dans les bois
Fenryl sourit en caressant la tête de Jing. Ce dernier, en chef de meute, s'était servi les meilleurs morceaux du cerf qu'ils avaient chassé et abattu avant de laisser l'ensemble de la meute se partager le reste.
Le guerrier d'Epsilon fronça brusquement les sourcils en mettant tous ses sens en alerte :
Cette sensation… étrange et inquiétante… comme si on cherchait à envahir mon esprit… comme en Grèce….
Il tomba brusquement à genoux alors qu'un rayon lumineux s'abattait sur lui. Jing hurla mais ne put pas s'approcher de son maître qui releva la tête vers lui :
- Siegfried… va Jing… va chercher… Siegfried…. arriva-t-il à prononcer avant de pousser un hurlement de douleur et de se prendre la tête à deux mains :
- Non… Je ne veux pas !
Jing aboya rameutant sa meute et donnant ses ordres avant de s'élancer au triple galop vers le palais d'Hilda, laissant son maître à la garde des autres loups.
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A quelques dizaines kilomètres de là, le carrosse aux armoiries de la famille d'Albéric se rapprochait également du palais.
Hypnos et son hôte avaient choisi ce moyen de locomotion plutôt que les chevaux car les habits de cérémonie du Dieu ne se prêtaient guère à une longue course dans la neige.
La divinité observait son hôte qui semblait s'être perdu dans ses pensées. Repensait-il à leur journée ? Un sourire s'apprêtait à naître sur les lèvres d'Hypnos quand il ressentit le danger.
Il déploya son cosmos juste à temps pour contrer le rayon lumineux qui visait son hôte, le repoussant momentanément.
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Aux enfers.
Hadès et Thanatos s'étaient retirés à Elysion.
Leur petite réunion avait duré une bonne partie de l'après-midi et les trois juges et Pandore étaient ensuite repartis vers leurs occupations respectives, la tête pleines de multiples questions quant à la suite des événements que même leur Seigneur semblait appréhender.
Mais tous les quatre étaient encore une fois prêts à donner leur vie pour que puisse s'accomplir sa volonté de maintenir cette nouvelle ère de paix.
Eaque et Rhadamanthe se retrouvèrent par hasard en cette fin de journée à la salle d'entraînement avec tous deux un furieux besoin de calmer d'une part leurs hormones en ébullitions et leurs esprits en fusion, d'autre part.
Face à face sur le tatami, ils se jaugèrent en un instant et s'élancèrent l'un contre l'autre avec le même sourire aux lèvres. Tous les autres combats s'arrêtèrent rapidement pour observer celui des deux juges qui n'utilisaient pourtant que la maîtrise des arts martiaux.
Les deux hommes se connaissaient parfaitement et prenaient plaisir à s'affronter dans une lutte où ils n'avaient pas à retenir leurs coups et qui était tout ce dont ils avaient besoin dans leurs états respectifs d'extrême frustration.
Si les coups de Rhadamanthe étaient plus forts, ceux d'Eaque étaient plus subtils et le premier devait se montrer extrêmement vigilant pour parer chaque attaque, alors que le deuxième esquivait au mieux.
Au bout d'une bonne demi-heure de combat ininterrompu, d'une avalanche d'attaques et parades toutes plus incroyables les unes que les autres, les deux adversaires s'écartèrent l'un de l'autre pour souffler un peu. C'est seulement à ce moment qu'ils prirent conscience du calme anormal qui régnait dans la salle, ordinairement bruyante de cris et d'affrontements en tout genre.
Leur combat tenait en haleine tous les spectres présents et qui s'étaient fait spectateurs de cet événement plutôt rarissime.
Eaque sourit à son acolyte sans remarquer un regard d'argent qui s'était fait discret pour observer lui aussi ce combat sortant de l'ordinaire.
Rhadamanthe lui renvoya un sourire de connivence, prêt lui aussi à donner du spectacle à ce public inédit et qui pour l'heure, chassait si bien ses pensées indécentes envers son Seigneur, sans se douter une seconde que ce dernier, lui aussi, le suivait avec attention depuis ses appartements privés qu'il avait regagné un peu plus tôt.
Ils firent tous deux jaillirent un peu de leurs cosmos et s'élancèrent de nouveau, laissant une bonne partie de leurs spectateurs muet de surprise.
Une nouvelle demi-heure de lutte intensive et de très haut niveau ne suffit pourtant pas à les départager et ils s'écroulèrent tous deux allongés côte à côte, épuisés, vidés mais ravis :
- Ta récente mort ne t'a pas affaibli mon très cher Rhadamanthe, constata Eaque en reprenant son souffle
- J'en ais autant à ton service…
- Et si on allait manger un morceau maintenant ? Je me sens nettement mieux !
- Serais-tu frustré ? se moqua l'anglais.
- Autant que toi si j'en juge par ton niveau de ce soir… le railla son collègue.
Il soupira sans répondre et se redressa :
- Eh ! Attends-moi ! l'apostropha Eaque en se relevant à son tour.
- Pourquoi tu veux me frotter le dos sous ma douche ? le défia Rhadamanthe.
- Ne me tente pas… lui répondit le népalais en soutenant son regard et en lui emboîtant le pas sous l'œil amusé du Dieu de la mort qui s'apprêtait à les suivre tout aussi discrètement.
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Royaume d'Asgard, palais d'Hilda
Siegfried et Mime se promenaient le long des remparts, discutant et observant le soleil qui n'allait pas tarder à se coucher. Le guerrier d'Eta avait confié ses angoisses à son ami, sachant qu'il le comprendrait.
Celui-ci lui promit de rester vigilant mais cela ne rassurait qu'en partie Mime. Au moment où le guerrier d'Alpha s'apprêtait à lui transmettre le message de Camus, son attention fut attirée par l'heure tardive :
- Bizarre, dit-il. Albéric devrait être arrivé…
- Fenryl n'est pas non plus revenu, constata son ami en laissant son regard errer sur l'horizon. Regarde ! s'écria-t-il soudain en désignant un point qui grossissait. C'est quoi cet animal ?
Siegfried fronça les sourcils en reconnaissant ce qui semblait être un loup, même si la bête était encore bien trop loin pour en être absolument certain :
- Nos chevaux ! hurla-t-il à l'intention des gardes qui se précipitèrent vers les écuries :
- Viens Mime ! ordonna-t-il au guerrier d'Eta.
Ils sautèrent souplement dans la cour, Mime restant en arrière pour récupérer leurs chevaux alors qu'il courait déjà en direction de l'animal.
Jing reconnu de loin l'odeur de celui que son maître l'avait envoyé quérir et poussa un long hurlement pour se faire reconnaître, glaçant le cœur de Siegfried qui décelait maintenant nettement son pelage clair.
Mime le rejoignit avec son cheval alors que l'homme et le loup arrivait enfin à la même hauteur. Jing fit prestement demi-tour, plantant son regard dans celui de l'homme :
- Conduis-nous Jing ! ordonna ce dernier en éperonnant son étalon qui pensa alors à Albéric et contacta sa Princesse par télépathie.
Hilda donna rapidement des ordres et quelques minutes plus tard, Hagen et Tol s'élançaient à la rencontre du carrosse d'Albéric.
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Sanctuaire d'Athéna, bibliothèque
Shun regardait désespérément le soleil qui arrivait au terme de sa course. Shiryu leva les yeux du livre qu'il étudiait :
- Il est l'heure ! Allons-y, dit-il.
- Mais… protesta Shun.
- On continuera à chercher après. Dès que l'on aura trouvé, Shion transmettra le message à Kanon, le rassura le Dragon en l'entraînant avec lui.
Ils sortirent tous, descendant rapidement jusqu'au perron du temple du Bélier où tous les chevaliers arrivaient un à un, rejoignant ceux qui s'y trouvaient déjà.
Ikki s'était arrêté au temple de la Vierge, tout comme son cadet à celui des Gémeaux. Hyoga, Seiya et Shiryu avaient continué leur chemin jusqu'au premier temple. C'est là que le Dragon retrouva ses deux amants en pleine discussion, Shion faisant ses dernières recommandations à Dohko pour cette mission pour le moins périlleuse.
Un peu plus tôt dans l'après-midi, Athéna avait reçu très officiellement le général de Kraken ainsi que ses chevaliers en présence du Grand Pope. Mais cette mini-cérémonie devant le premier temple était, par contre, totalement improvisée.
Kanon fut retenu quelques instants par Mu qui lui promit de finir son armure au plus vite. Le Gémeau, tenant Shun par la main, se trouvait bien embarrassé par toutes ces marques d'amitié et de soutien auxquelles il n'était guère habitué. Surtout que dans son esprit, il n'allait que payer ses erreurs passées :
- Ne pense pas si négativement, lui reprocha Shun à voix basse.
- Depuis quand tu arrives à lire mes pensées ? lui répondit Kanon sur le même ton.
- Il ne le peut pas, intervint Saga qui se trouvait de l'autre côté de son jumeau. Mais il sent ton état d'esprit comme tu sens le sien et il faut que vous restiez unis durant votre séparation. Ce sera sans doute ta meilleure protection
Son frère le regarda sans vraiment comprendre ce qu'il essayait d'insinuer, mais peu importe, il ferait tout pour sauver Io de Scylla et revenir entier au Sanctuaire
Shion parlait maintenant avec Shaka qui tenait la main d'Ikki dans la sienne, lui envoyant son cosmos toujours aussi calme et serein malgré la situation.
Isaak finissait de saluer les chevaliers et négociait déjà un nouveau rendez-vous avec Hyoga qui accepta avec joie sous les regards protecteurs du Verseau et du Scorpion.
Au milieu des salutations, Shiryu se glissa jusqu'à son maître. Ce dernier posa sa main sur sa joue et lui sourit :
- J'ai confiance en toi, tu trouveras la solution !
- J'aurais préféré vous la communiquer avant de partir… répondit-il en savourant la caresse désormais si familière et qui allait lui manquer.
- Ne te décourage pas et ne quitte pas le Sanctuaire sans l'accord de Shion, lui recommanda encore la Balance.
Ce dernier les rejoints à cet instant :
- Ne t'inquiète pas, je veillerai sur lui, dit-il. Toi, fais bien attention à Poséidon et tiens-moi au courant régulièrement !
Dohko leur sourit à tous deux et déposa un rapide baiser sur leurs lèvres avant de rejoindre Shaka, Kanon et Isaak.
Shiryu sentit les bras de Shion l'attiré à lui alors que les quatre hommes s'éloignaient dans le soleil couchant. Ikki et Shun s'étaient également serré l'un contre l'autre, entouré de l'aîné des Gémeaux et du Poisson.
Sur les marches de son temple, Mu rentra vivement dans son atelier sous le regard inquiet d'Angelo qui savait que plus rien ne l'arrêtait avant la complète restauration de l'armure de Kanon.
Instinctivement, les autres se rapprochèrent les uns des autres, regardant ensemble les quatre silhouettes disparaître à l'horizon.
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Royaume d'Asgard
Hypnos se redressa et attira vivement Albéric contre lui pour sauter du carrosse qui avait stoppé son avance sous la force de l'impact :
- Qu'est-ce qui s'est passé ? lui demanda le guerrier divin en se dégageant des bras protecteurs.
- Une attaque… répondit le Dieu du sommeil qui laissa doucement son cosmos s'étendre autour d'eux, enveloppant la blancheur du paysage d'une lueur d'or.
Albéric fut subjugué par son charisme imposant tranquillement sa toute puissance en ce lieu immaculé qu'il en oublia un instant la gravité de la situation.
- Il revient ! s'écria Hypnos, le ramenant brutalement au moment présent, alors qu'un nouveau rayon lumineux descendait sur eux, visant toujours le guerrier divin qui sauta instinctivement en arrière pour l'éviter mais encore une fois le cosmos du Dieu le repoussa.
Pourtant cette fois la Divinité fut ébranlée par la violente attaque et dut rassembler ses forces pour tenir bon.
Albéric le vit faire une grimace de douleur alors que le rayon essayait maintenant de l'atteindre. Il dégaina son épée flamboyante et tenta de s'interposer entre lui et le rayon. Il fut violement repoussé au loin sortant du cercle protecteur d'Hypnos :
- Albéric ! Ne bouge pas ! lui intima le Dieu alors que son aura se colorait de reflets argentés et qu'elle gagnait en intensité. Hypnos leva le bras et lança une fulgurante attaque sous la forme d'un éclair doré qui brisa une fois pour toutes le rayon de leur adversaire invisible.
Le Dieu chancela sous la force de la répercussion et Albéric se précipita pour le soutenir alors que le calme semblait de nouveau envahir le paysage de neige éternelle :
- Seigneur Hypnos ? Tout va bien ? l'interrogea-t-il en observant le visage encore pâle de son sauveur.
- Te ferais-tu du souci pour moi ? sourit ce dernier.
Albéric rougit violement mais guida Hypnos jusqu'au carrosse en ordonnant au cocher :
- Au palais ! Vite !
Au loin apparaissaient les deux guerriers divins dépêchés à leur rencontre.
Une fois assis, le Dieu de la mort ferma un instant les yeux, entrant en contact avec son jumeau et le remerciant pour son aide.
Tol et Hagen escortèrent le carrosse jusqu'au palais où Hypnos se retira dans la chambre qu'on lui attribua refusant de se faire examiner par un médecin comme le lui suggérait Hilda.
Il demanda juste à ce que personne ne le dérange pendant une heure. Il disparut dès qu'il fut seul dans sa chambre, se téléportant à Elysion pour permettre à son corps de récupérer plus rapidement.
Albéric, encore secoué par ce dont il avait été témoin, rapportait à sa Princesse et à ses pairs les détails de l'attaque.
A suivre…
