CHAPITRE VINGT-SIX: UN ORDRE DIVISÉ
Le lendemain matin, Harry était encore chamboulé par ce que Dumbledore lui avait annoncé, comme tous les autres d'ailleurs, au point qu'il en avait fait des cauchemars toute la nuit, en pensant à Archimède, à comment il pourrait repartir, au fait qu'il pourrait rester bloqué ici…Toute cette histoire de voyageur temporel et de réalité alternative prenait des proportions que personne n'avait envisagé, et cela mettait tout le petit groupe très mal à l'aise. Harry, lui, avait décidé de maintenir un cap bien précis pour éviter de trop s'éparpiller. Son but était de retrouver ce sorcier appelé Archimède et de le forcer d'une manière ou d'une autre à le renvoyer dans sa réalité. Il ne savait pas comment il y arriverait mais c'était la seule chose qui importait à ses yeux. Et pour y arriver, il devrait absolument éviter toute nouvelle rencontre avec Voldemort et les Mangemorts. Il avait de la peine en pensant aux membres de l'Ordre, à Hermione ou à Ron mais tout était bien clair dans son esprit. Ces gens présents dans cette réalité n'étaient pas ses amis, ils étaient des copies des gens qu'il connaissait, rien de plus. C'était là-bas, dans sa réalité qu'on avait besoin de lui, et rien ne pourrait jamais changer cela.
Finalement Edgar avait eu raison depuis le début, et Harry comprenait pourquoi. Il avait déjà dû parler de tout cela avec Archimède et c'est pour cela qu'il avait demandé à Harry de ne pas prendre de risque, d'aller se cacher quand il était dans le village. Tout ça parce qu'il savait qu'il ne pouvait pas se permettre de mourir dans cette réalité qui était de toute façon vouée à disparaître une fois le retour d'Archimède à leur époque. Si Harry mourrait ici, sa mort ne servirait à rien. Elle serait quoi qu'il arrive complètement inutile, pour les gens ici, et pour ses amis qui attendaient qu'il revienne.
Ses amis, il avait souvent pensé à eux, à ce qu'ils avaient pensé en ne le voyant pas apparaître là où il aurait dû en prenant le portoloin que Dumbledore lui avait donné après la bataille au Ministère. Mais si le directeur avait raison, si Archimède avait raison et que sa théorie était prouvée, en fait personne là-bas ne s'était encore rendu compte de son absence. Et c'était peut-être ça le plus terrifiant pour Harry.
Quand il arriva dans la salle à manger, il se rendit rapidement compte que tout le monde était un peu tendu. Certains membres de l'Ordre finissaient de se préparer pour ce rendre au Ministère et ainsi secourir les Nés-moldus qui avaient été capturés quelques jours auparavant. Pour les autres, soient ils étaient blessés et ils profitaient de ce moment d'accalmie pour se reposer et se soigner, soient ils commençaient déjà à étudier le corps de Diggory pour essayer de comprendre ce qui lui arrivait. La nouvelle de son état s'était rapidement rependue dans tout le pays auprès de la population, et d'autres cas similaires avaient été emmenés au QG pour être étudiés également. Des personnes qui avaient été touchées par le même sortilège que le jeune homme quelques jours auparavant et qui montraient déjà des signes d'affaiblissements physiques et psychologiques. Encore une fois Dumbledore ne s'était pas trompé, ils n'avaient que peu de temps pour découvrir quels étaient les effets du sortilège de Bellatrix pour arriver à le contrer, sinon les personnes touchées allaient finir par sombrer complètement dans l'inconscient, avant de mourir.
Alors que quelques sorciers commençaient à travailler activement sur la question, Severus était toujours en soin intensif. Dumbledore lui laissait encore la journée pour se reposer, le temps qu'il se rende à la demeure des Deauclaire pour en apprendre plus sur Archimède et dans le meilleur des cas pour pouvoir lui parler. Ensuite, dès son retour au QG, lui et le Maître des Potions allaient devoir se mettre au travail rapidement. Harry avait été autorisé à accompagner le directeur, mais ça avait été le seul, au grand désarroi d'Hermione et de Ron. Ce dernier faisait d'ailleurs toujours la tête dans un coin de la salle à manger, adossé contre un mur, les bras croisés en regardant les membres de l'Ordre s'activer devant lui. Harry ne put s'empêcher de sourire en le voyant ainsi avant de commencer à s'approcher de lui, Ron n'avait jamais apprécié être mis à l'écart. Tout comme Harry d'ailleurs.
-Salut Ron !
Pour seule réponse, Harry eut le droit à un faible grognement.
-Qu'est ce qui se passe ? demanda le jeune homme, sachant pertinemment ce qui dérangeait son ami.
-Il se passe qu'encore une fois, je suis complètement inutile à la cause de l'Ordre ! Je suis presque majeur pourtant. Moi aussi je pourrais aider.
-Je comprends mais tu sais…
-Il n'y a pas de mais qui tienne. J'en ai marre qu'on me sous estime comme ça. Et je sais très bien que c'est encore un coup de ma mère ça !
-De ta mère ?
-Bien sûr ! Les membres de l'Ordre ne seraient pas contre le fait de me donner certaines missions, les moins dangereuses bien sûr. Mais elle refuse catégoriquement que j'aille sur le terrain. Tout ça parce que je suis le petit dernier…
Harry fut surpris une fraction de seconde en l'entendant dire ça, avant de se souvenir que Ginny n'avait effectivement jamais existé dans cette réalité, faisant donc de Ron le dernier de la fratrie.
-…et à cause de ce qui est arrivé à Percy.
Cette fois Harry était beaucoup plus intéressé. Quand Dumbledore avait parlé des Deauclaire, et quand Harry s'était tourné vers les Weasley après avoir fait le rapprochement avec Percy, il avait tout de suite compris que quelque chose n'allait pas, que quelque chose de grave était arrivé au frère de Ron mais personne n'avait voulu lui en parler.
-Qu'est ce qui s'est passé au juste avec Percy ?
-Cet idiot…Il a toujours été aveuglé par sa soif de pouvoir. Maman n'a jamais voulu le reconnaître, mais je crois qu'il a toujours eu honte de nous.
-Je ne pense pas que ce soit à ce point tu sais, lança Harry. Percy a ses défauts mais il tient à vous.
Harry savait très bien que Percy avait toujours été attiré par le pouvoir. C'est d'ailleurs ce qui l'avait poussé à les critiquer lui et Dumbledore cette année, pour se faire bien voir par Fudge. Mais même si de tous les enfants Weasley, c'était celui avec qui il s'entendait le moins, Harry avait du mal à imaginer qu'il ait pu faire quelque chose qui aurait pu profondément blesser sa famille. Dans sa réalité aussi Percy était fâché avec ses parents, ses frères et Ginny mais maintenant que le retour de Voldemort allait être officiellement annoncé, Harry savait que la situation allait s'arranger.
-Dans ta réalité peut-être. Mais ici, ça fait longtemps qu'il a…qu'il n'est plus le même. Et c'est probablement ce qui arrivera là d'où tu viens aussi.
-Ca ne me dit toujours pas ce qui est vraiment arrivé. Ni pourquoi il ne peut pas nous aider à retrouver les Deauclaire, lui qui connaissait si bien Penelope et sa famille.
-Il a choisi son camp c'est tout, avoua finalement Ron.
Harry écarquilla les yeux, n'étant pas sûr de bien comprendre ce que son ami venait de lui dire.
-Quoi ? Tu veux dire que Percy est…Non c'est pas possible ! Ca ne peut pas être un Mangemort.
-Pas exactement.
Voyant qu'Harry fronçait les sourcils en ne comprenant toujours pas où il voulait en venir, Ron soupira avant de lui expliquer toute l'histoire.
-Percy ca a toujours été l'intello de la famille.
-Oui je suis au courant.
-Ca n'était pas bien gênant du temps de ses premières années d'études à Poudlard. C'était même plutôt marrant à vrai dire, avec Fred et George on prenait un malin plaisir à lui en faire voir de toutes les couleurs…
-Qu'est ce qui s'est passé ensuite ?
-Il a commencé à changer quand il est devenu Préfet puis Préfet en Chef. Les professeurs n'ont pas trop remarqué parce qu'il n'y avait rien de grave mais, je pense qu'il a pris trop de plaisir à représenter cette figure d'autorité dans l'école.
-Mais les Préfets-en-Chefs n'ont pas le pouvoir absolu à Poudlard!
-Non bien sûr, mais c'est tout de même un avant gout pour ceux qui sont ambitieux. Qu'est ce que Percy fait dans la réalité d'où tu viens ?
-Il travaille au Ministère. Il ne vit que pour son travail, pour sa carrière.
-Tu vois, c'est exactement le même. Sauf qu'à la différence de chez toi, ici il n'y a plus de Ministère, il n'y a plus de Ministre.
-J'ai appris pour le Ministère. Que c'était en quelque sorte le QG des Mangemorts maintenant. Mais je pensais qu'il y avait toujours un Ministre. Je veux bien croire que Fudge ne soit pas très utile, mais il faut bien quelqu'un pour diriger tout…tout ça.
-C'est Tu-Sais-Qui et les Mangemorts qui dirigent le pays maintenant. Chez nous, c'est Dumbledore et Scrimgeour qui s'organisent pour gérer toutes nos actions.
-Et Percy dans tout ça ?
-Percy n'a jamais beaucoup aimé Dumbledore. Il a toujours pensé que c'était un illuminé. Alors forcément, quand il a eu son diplôme, il a eut un peu de mal à rester sous ses ordres. Il n'a pas rejoint l'Ordre à proprement parler comme le reste de la famille, il est plutôt allé vers l'autre branche, celle qui regroupe les membres de l'ancien ministère qui sont ralliés à notre cause.
-Alors quel était le problème ?
-Le problème, c'est que Scrimgeour est le plus souvent du même avis que Dumbledore. Percy n'aimait pas la façon dont les choses se faisaient, alors il est parti.
-Pour…pour rejoindre les Mangemorts ?
-Non bien sûr que non. Il voulait juste faire sa vie de son côté. Voyager, découvrir le monde, peut-être même s'installer en France avec Penelope.
-Donc ils étaient toujours ensemble à cette époque…
-Oui. Et ils auraient pu être heureux. Mais Percy a commis une grave erreur.
-Qu'est ce qu'il a fait ?
-Il faut que tu comprennes que dans notre réalité, notre discrétion est notre meilleure arme pour lutter contre les Mangemorts. Et la confiance que l'on met en chacun des membres de l'Ordre ou de l'ancien ministère est primordiale pour que tout fonctionne.
-Attends…T'es en train de me dire que Percy vous a trahi ?
-En quelque sorte oui. Quand quelqu'un de chez nous décide qu'il ne veut plus lutter pour notre cause, on lui efface une partie de ses souvenirs avant qu'il ne parte. Ceux liés à nos missions en cours ou futures, aux emplacements de nos QG etc.
-Wouah ! Je ne savais pas que c'était possible. Je veux dire…d'effacer seulement une partie de la mémoire de quelqu'un. Le seul sorcier que j'ai vu qui a été touché par un sortilège d'amnésie et ben…il ne se souvenait vraiment de rien.
-C'est parce que cette personne a dû juste utiliser le sortilège Oubliette. Là je te parle d'un procédé beaucoup plus complexe et beaucoup plus puissant. Il faut entrer dans l'esprit de la personne et trier chaque souvenir pour effacer uniquement ceux qui sont liés à l'Ordre.
-Ca doit demander beaucoup de temps, lança Harry assez impressionné.
-De temps et d'énergie. C'est Scrimgeour et Shacklebolt les spécialistes de ce sortilège. C'est toujours eux qui s'en occupent, en se relayant.
-Vous avez souvent dû avoir à faire à cette technique ?
-Plus maintenant, mais autrefois oui. Quand la sélection pour les membres de l'Ordre n'était pas aussi stricte.
-C'est à dire ? demanda Harry.
-Je t'ai dit tout à l'heure que Scrimgeour était le plus souvent d'accord avec Dumbledore, mais ça n'a pas toujours été le cas. Quand tout a commencé, le plus gros point sur lequel ils étaient en désaccord, c'était sur le recrutement des nouveaux membres. Scrimgeour voulait absolument grossir nos rangs pour qu'on surpasse les Mangemorts en nombre et Dumbledore…
-Voulait s'assurer qu'il avait confiance en tous les membres et qu'il allait recruter des personnes assez puissantes pour pouvoir se battre, acheva Harry en repensant à la conversation qu'il avait surprise entre le directeur et Rogue.
Ron lui fit un grand sourire en hochant la tête.
-Exactement. Scrimgeour a eu l'appui de pas mal de personnes, notamment celles qui venaient de l'ancien Ministère de la Magie. Seulement une bonne partie des gens qu'il a fait entrer dans l'Ordre se sont révélées incapables de mener à bien leurs missions. Après leur premier jour sur le terrain, beaucoup ont été effrayés parce qu'ils avaient vu, par la cruauté des Mangemorts et ils ont demandé à quitter l'Ordre.
-Je vois. Et donc vous avez dû effacer les souvenirs de tous ces gens.
-Oui. Parfois ce n'était pas grand chose. Juste le souvenir de ce que devait être leur prochaine mission, où et quand ça allait se passer. Mais parfois, certaines personnes demandaient à quitter l'Ordre au bout de plusieurs jours ou plusieurs semaines et là il y avait beaucoup plus de souvenirs à faire disparaître.
-Comment est ce qu'on peut décider d'abandonner l'Ordre comme ça…Autant arrêter de vivre tout simplement.
-Et bien, si tu regardes, l'Ordre comme les Mangemorts, nous sommes une minorité parmi la population des sorciers. La majorité des gens essayent de vivre normalement, comme avant…
-Comme avant ? Mais c'est impossible on est…vous êtes en guerre, se rattrapa Harry, persuadé qu'il ne devait pas trop s'identifier à tous les événements de cette réalité.
-Ca fait presque 15 ans que c'est comme ça maintenant. Beaucoup pensent que ça ne se terminera jamais.
-Et ca ne les motive pas à rejoindre l'Ordre ? Ca ne leur donne pas envie d'écraser les Mangemorts pour mettre un terme à tout ça ?
-Tout le monde n'a pas l'âme d'un combattant tu sais. Et Tu-Sais-Qui n'as pas que des Mangemorts de sont côtés. Il a plein d'autres créatures, plus effrayantes et plus puissantes.
Harry s'adossa contre le mur à côté de Ron, en soupirant. Il avait beau croire la théorie de Dumbledore selon laquelle cette réalité était de toute façon vouée à disparaître, cela ne l'empêchait pas d'avoir de la peine pour les membres de l'Ordre, après tout ce qu'ils avaient traversé. Et ca l'inquiétait de savoir que dans sa réalité, le monde des sorciers était sur le point de prendre le même chemin. Peut-être que certaines choses étaient impossibles à changer finalement. Peut-être que, malgré les efforts, malgré les batailles, malgré la violence et les morts, certaines choses devaient arriver. Grâce au sacrifice de sa mère, les sorciers avaient eu 15 ans de répit mais aujourd'hui, Harry avait l'impression qu'ils allaient tous plonger dans les Ténèbres qui auraient dû être les leurs depuis tout ce temps.
-Et Percy ? demanda-t-il finalement pour essayer de ne plus penser à sa réalité.
-On lui a bien effacé une partie de sa mémoire pour être sûr qu'il ne dirait rien s'il se faisait attraper. Mais avant qu'on le fasse, cet idiot avait réussi à cacher dans ses affaires des plans sur lesquels il était en train de travailler.
-Tu…tu plaisantes ?
-J'ai l'air de plaisanter ?
-Mais c'était des plans sur quoi ?
-Sur tout. Sur des nouveaux sortilèges de protection, sur l'organisation du recrutement des prochaines recrues, vu qu'il faisait partie de l'équipe en charge, et sur tout un tas d'autres choses…
-Qu'est ce qui s'est passé ensuite ?
-Percy est parti avec Penelope, mais d'après ce qu'elle nous a dit, il a rapidement changé. Elle n'aimait pas comment il parlait, elle voyait bien qu'il cherchait à tout prix à avoir du pouvoir.
-Il a rejoint les Mangemorts alors du coup ou pas ?
-C'est ce qu'on a cru au début. On a été attaqué une nuit, il y a eu beaucoup de blessés les Mangemorts savaient exactement où attaquer, où étaient nos failles. Quand certains membres de l'Ordre sont allés chez les Deauclaire, ils avaient été attaqués eux aussi, et Penelope a dit qu'elle ne voulait plus jamais entendre parler de Percy.
-Mais peut-être que ce n'était pas sa faute. Peut-être que Percy s'était fait attraper par les Mangemorts, surtout s'il était seul…
-C'est ça le problème. Penelope ne savait pas s'il avait rejoint les Mangemorts de son plein grès ou si ces derniers l'avaient amené de forces mais de toute façon, elle ne voulait plus rien savoir de lui car sa soif de pouvoir l'avait fait changer. Elle était convaincu que c'était les informations de Percy qui avaient amené les Mangemorts jusqu'à chez sa famille, comme on était convaincu que c'était le cas pour les attaques à notre QG.
-Mais….je ne comprends pas, lança Harry. Je l'ai vu Percy, je l'ai vu il est avec nous. Il était avec les autres membres de l'Ordre près de la falaise à côté du village en feu.
Ron eut un petit rire amer.
-Tu as discuté avec lui ? Tu lui as parlé ?
-Heu…non.
-Il n'a plus toute sa tête. Un soir il est arrivé, dans un sale état, couverts de bleus et de blessures, marqué physiquement et psychologiquement.
-Il a réussi à s'échapper de chez les Mangemorts ?
-Il s'est échappé…ou bien il a été libéré. Ca pour l'instant personne ne le sait. D'un côté ça semble bizarre qu'il ait put s'échapper mais de l'autre, il a été tellement torturé qu'il en a perdu la tête. Parfois il a des flash de sa vie d'avant, mais le plus souvent, il erre sans but.
-Il n'est pas dangereux ? Pourquoi est ce que Dumbledore a accepté de le reprendre ici ?
-Tu connais Dumbledore, il lui a donné le bénéfice du doute. Maman a beaucoup insisté pour qu'il soit réintégré. Dumbledore a accepté, en attendant de savoir ce qui s'est vraiment passé.
-Il ne serait pas mieux à Ste Mangouste s'il a des soucis d'amnésie ?
-Non on ne peut plus rien faire pour lui. L'Ordre veut garder un œil sur lui, et l'avoir à portée de main pour continuer à chercher pour savoir ce qui s'est passé.
-Et personne n'a encore trouvé ?
-Non apparemment dans son cerveau c'est un vrai foutoir. C'est presque impossible d'extraire la moindre information potable.
-Qu'est ce qui se passera si l'Ordre apprend qu'il les a trahi?
-Je n'en sais rien. Si c'est le cas, ils continueront à chercher pour savoir ce que les Mangemorts ont derrière la tête, savoir pourquoi ils l'ont relâché. Et ensuite…
Ron ne termina pas sa phrase, et baissa les yeux. Harry voulu prendre la parole pour le réconforter, mais il ne trouva rien à ajouter. Heureusement, Hermione arriva à ce moment là, ce qui leur permis de changer de sujet.
-Salut Harry. Comment tu te sens ?
-Bonjour à toi aussi, lança Ron en grimaçant.
Pour seule réponse, Hermione lui lança un regard noir.
-Ca peut aller, répondit Harry.
-Tu dois être en forme pour aujourd'hui tu sais. On dit que la famille Deauclaire est une prestigieuse famille de sorciers très instruits et très intelligents. Ca va être dur de trouver l'endroit où ils vivent.
-J'y vais avec Dumbledore, et s'il y a bien quelqu'un qui peut les trouver, c'est lui.
-Oui mais ça ne va pas être évident pur toi. J'espère que tu t'es bien reposé.
-Non j'ai vraiment très mal dormi. Je n'ai pas arrêté de penser à la Prophétie, au voyage temporel, à Archimède…À un moment donné je voyais sa silhouette au loin, noire et floue, sans visage. Plus je m'avançais, plus il semblait s'éloigner. J'avais beau courir, hurler, il n'y avait rien à faire, je n'arrivais pas à le rattraper.
Harry vit de l'inquiétude dans son regard, dans leur regard à tous les deux mais il ne savait pas s'ils s'inquiétaient pour sa santé mentale, ou s'ils s'inquiétaient pour leur devenir une fois Harry parti de cette réalité avec Archimède.
-Viens, lança finalement Hermione. Tu devrais venir prendre ton petit déjeuner, je pense que Dumbledore ne va pas tarder à venir te chercher.
Il lui sourit et acquiesça, avant de faire un signe de tête à Ron pour qu'ils les suivent. Dans la plus grande des salles à manger du QG, la majorité des membres de l'Ordre étaient déjà attablés. Cette journée allait être longue pour tout le monde, et peut-être décisive pour leur avenir à tous. Le fait que cette réalité pouvait disparaître, personne n'en parla pendant le petit déjeuner. Harry était même convaincu que personne n'y croyait vraiment. Parfois, il voyait l'espace d'une seconde beaucoup d'inquiétude sur le visage de Mrs. Weasley, ou bien chez Tonks mais il ne savait pas si cette angoisse était liée à son proche départ pour la maison des Deauclaire, ou bien à l'imminente mission au Ministère pour aller secourir les Nés-moldus.
-Harry.
Le jeune homme se tourna pour voir qui venait de l'appeler, souriant et riant encore après une bonne blague racontée par Tonks. Son sourire s'effaça aussitôt quand il vit Dumbledore à l'entrée de la salle à manger, sur le pas de la porte.
-Il est temps, lança le vieil homme en le regardant par dessus ses lunettes en demi lune.
Harry se tourna vers l'assemblée, plus personne ne parlait, plus personne ne riait. L'arrivée du directeur avait jeté un léger froid dans la pièce, mais ça n'ébranla pas la détermination de Harry à vouloir retrouver Archimède, et surtout à rentrer chez lui. D'un geste vif il se releva, la baguette dans sa poche, son sac sur le dos.
-Qu'est ce que tu as là ? demanda Dumbledore avec un petit sourire.
-Seulement ma cape.
-Tu devrais plutôt la mettre dans ta poche. On ne sait jamais.
-Dans ma poche ? Mais…
Devant le regard insistant du sorcier, Harry retira sa cape de son sac. Dumbledore agita sa baguette d'un geste vif et fluide, sans prononcer de formule. Juste après il fit un petit geste de la tête à Harry, qui n'eut aucun mal à faire rentrer la cape d'invisibilité dans la poche gauche de son jean. L'avait-il fait rapetisser ? Non, on aurait plutôt dit qu'il avait enchanté sa poche pour qu'elle puisse s'agrandir bien plus que ce qu'elle ne devrait.
-C'est plus pratique de faire comme ça pour transporter des objets, lança Dumbledore comme s'il avait lu dans ses pensées, encore. Si tu réduits la taille des objets que tu emportes avec toi, quand tu les sors de ta poche c'est moins pratique pour les utiliser, surtout dans l'urgence.
-Merci, lança Harry en souriant avant de déposer son sac par terre.
-Je te déconseille en revanche d'utiliser ce sort pour transporter quelque chose de vivant dans tes poches. Ce ne sera pas agréable ni pour toi…ni pour la créature que tu emmèneras.
Harry eut un regard interrogateur, et Dumbledore ne put s'empêcher de sourire à nouveau, sachant très bien que le jeune garçon était en train de se demander quel genre de créature il avait bien pu essayer de mettre dans sa poche.
-Alors cette fois ça y est, tu t'en vas.
Harry se tourna vers la personne qui venait de parler, c'était Sirius.
-On dirait bien, lança Harry. Je…
Il déglutit difficilement, la gorge un peu nouée en les voyant tous ainsi tournés vers lui. Finalement ce n'était pas aussi facile de les quitter. Il avait beau savoir que ce n'était pas vraiment ses amis, il était toujours un peu perdu et il n'avait qu'une hâte, c'était rentrer chez lui.
-Attendez attendez comment ça il s'en va ?! s'exclama Scrimgeour, qui venait juste d'entrer dans la salle.
Tous se tournèrent vers le chef des Aurors. Visiblement, ce dernier n'avait pas été informé des dernières nouvelles, de la théorie selon laquelle ce serait Archimède qui aurait fait venir Harry dans cette réalité, et que le jeune sorcier comptait bien le retrouver pour retourner d'où il venait.
-Vous avez bien entendu Scrimgeour, lança Dumbledore calmement. J'ai peut-être une piste concernant la personne qui aurait fait venir Harry ici. Nous partons tous les deux pour essayer de le retrouver.
-Quoi ? Vous avez perdu la tête ou quoi ? Laissez partir ce garçon mais…
-Comment osez-vous parlez à Albus de cette façon ? s'exclama McGonagall en se relevant, les yeux lançant des éclairs.
Harry avait bien sûr déjà vu son professeur en colère, le plus souvent juste après qu'elle ait appris de quelle façon lui Ron et Hermione avait réussi à violer le règlement de Poudlard mais jamais encore il ne l'avait vu avec une telle rage dans le regard.
-Je lui parle comme ça parce qu'il envisage de laisser ce garçon partir. Mais enfin réveillez vous ! C'est le seul a avoir réussi à blesser Vous-Savez-Qui depuis des semaines, des mois. Même vous vous n'arrivez plus à l'atteindre Albus !
-Albus est celui qui nous a toujours protégé face au Mage noir !
-Remus a raison, s'écria Sirius. Comment vous pouvez remettre en cause la position de leader d'Albus ? C'est le seul sorcier que Vous-Savez-Qui craint !
-Personnellement, lança Scrimgeour, le soir du massacre dans le village, Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom ne m'a pas paru si effrayé que ça.
Avec cette dernière phrase, Scrimgeour avait ranimé les passions de chacun dans la salle à manger. Chacun y allait de son commentaire, avec plus ou moins de courtoisie, mais tous parlant en même temps, qu'ils soient du côté du Chef des Aurors ou bien du côté du Directeur. Harry lui, ne savait pas quoi faire, il se tenait toujours un peu à l'écart sans rien dire, alors que Dumbledore s'était avancé vers le petit groupe pour essayer de calmer tout le monde. Il voyait Mr Weasley et Sirius en grande conversation avec Fol Œil mais cela n'étonna pas Harry, il savait que l'Auror ne l'aimait pas beaucoup et il ne devait pas supporter toute l'importance que Dumbledore lui donnait. Un peu plus loin c'est Shacklebolt et Tonks qui tentaient de raisonner certains de leurs collègues face à la virulence de Remus, d'Elizabeth et de McGonagall. Ron et Hermione eux étaient un peu perdus, tout comme Rogue qui venait d'entrer dans la pièce.
-Je peux savoir ce qui se passe ici ? lança-t-il les dents serrées, se tenant toujours le bras.
-Severus ! s'exclama Elizabeth en s'approchant de lui, alors que les autres n'avaient même pas remarqué son arrivée, toujours en plein milieu de leurs débats virulents. Tu n'aurais pas dû te lever, tu es encore fragile.
-Je vais très bien, inutile de t'inquiéter pour si peu. Albus m'a laissé une note en me disant qu'il avait besoin de moi pour…
-Pour étudier le cas de Diggory. Oui. Mais c'est un cas complexe, tu n'es peut-être pas en état de…
-Je t'ai dit que j'allais bien Elizabeth !
-Siiiiilence !
Tout le monde se tut, la voix de Dumbledore venait de raisonner dans toute la pièce. Une fois encore, Harry le trouva particulièrement las et fatigué. Depuis combien de temps devait-il affronter les remises en questions et les doutes des membres de l'Ordre à son égard comme cela ?
-Ca ne sert à rien de débattre de la question, continua le Directeur. J'emmène Harry avec moi, point final.
Scrimgeour ouvrit la bouche pour répliquer mais il se ravisa. Fol Œil lui en revanche ne se fit pas prier pour dire ce qu'il avait sur le cœur.
-Le problème ce n'est pas que vous emmeniez ce garçon Albus. Le problème c'est pourquoi vous le faites. Sans preuve aucune vous restez persuadé que notre réalité n'est qu'une altération éphémère de la sienne, et que nous disparaîtrons tous dès qu'il sera parti avec cet ahuri d'Archimède Deauclaire.
-Quoi ? s'exclama Rogue.
-Quoi ?! répéta Scrimgeour
Albus baissa les yeux, conscient que cette fois encore il demandait aux personnes les plus proches de lui de lui faire confiance aveuglement, sans leur fournir aucune preuve ni aucune garantie.
-Albus ? commença Rogue. Qu'est ce que c'est que cette histoire ?
Le directeur ne répondit rien, mais quand il releva la tête, il y avait beaucoup de détermination dans son regard.
-Ce que c'est que cette histoire ? lança Fol Œil. C'est très simple. Ce cher Dumbledore est convaincu que notre réalité n'existe que parce que ce morveux et ce voyageur temporel y sont venus, et que dès qu'ils repartiront, il n'y aura plus rien.
-C'est impossible vous…Albus ! Regardez-moi ?! s'écria Rogue. Vous ne pouvez pas croire à une telle chose. C'est…
Rogue était en colère, mais ce que Harry pouvait surtout voir c'est la tristesse et de l'incompréhension.
-Severus…
-Pas maintenant Minerva ! lança le Maître des Potions sans quitter Dumbledore des yeux. Pas cette fois.
-Je suis désolé Severus, dit doucement le vieux sorcier, mais c'est bien ce que je pense.
Rogue fronça les sourcils, les dents serrées. Il ferma les yeux quelques secondes, et quand il les rouvrit, ce que Dumbledore redoutait se produisit, ils étaient pleins de rage.
-Comment osez-vous nous insultez de la sorte ?
-Severus je…
-Depuis quinze ans vous nous demandez de nous battre pour vous…
-Severus, implora McGonagall.
-…de souffrir, de vivre dans la peur.
-Severus !
-Et pour QUOI ? Pour nous dire que tout ça était inutile ? Pour nous dire que ça n'en valait pas la peine, juste parce que l'arrivée d'un seul garçon vous fait croire que tout ceci n'est pas réel ? Comment osez-vous ?
-Severus, lança à son tour Dumbledore.
-Non ! J'en…j'en ai assez entendu, dit Rogue en s'éloignant du directeur. Je vais voir dans quel état est Diggory, à moins que vous ne pensiez que c'est également une perte de temps ?
Dumbledore ne répondit rien, alors Severus s'éloigna complètement. Elizabeth attira son attention quand il passa près d'elle mais il leva la main dans sa direction pour la faire taire, et sans un regard pour elle, il sortit de la pièce.
-Ecoutez, commença Harry, pouvant enfin prendre la parole puisque le silence était revenu. Je ne sais pas trop ce qui va se passer pour moi, ni pour vous, mais je suis sûr d'une chose, c'est que je dois retrouver Archimède, parce que je n'appartiens pas à ce monde. Je sais que toute cette histoire de réalité alternative est complexe, et que c'est difficile pour vous de croire que tout ceci n'est pas réel. Mais ce n'est pas le plus important.
-Oh vraiment ? s'exclama Fol Œil.
-Non ! Le plus important c'est que vous restiez soudés, que vous continuiez à veiller les uns sur les autres. Vous tous. Vous et seulement vous. Pas moi. Je m'appelle Harry James Potter, je suis né le 31 Juillet 1980 et pour tout le monde dans cette réalité, je suis mort il y a 15 ans. Il y a même, probablement une tombe quelque part portant mon nom et les restes en décomposition d'un nourrisson, de moi, s'ils n'ont pas déjà totalement disparu. Et pourtant je suis là, devant vous, en ce moment même.
Tout le monde l'écoutait avec beaucoup d'intérêt c'était ce qu'il fallait. Il avait réussi à capter l'attention de tout le monde, il devait aller jusqu'au bout. Il ne pouvait pas laisser cette réalité encore plus dans le chaos, après avoir tout chamboulé avec son arrivée, même si ce n'était pas de sa faute.
-Alors non, ce qui importe le plus ce n'est pas que je parte ou non, ou pourquoi je pars. Je partirai quoi qu'il arrive car je ne peux pas rester ici. Et si ça signifie que tout ça doit disparaître, même si c'est difficile à envisager, là où je vais vous êtes tous là. C'est toujours vous…Il y a même, des gens morts ici qui ne le sont pas d'où je viens.
Il vit Mr et Mrs. Weasley baisser la tête à ce moment là. Il se garda bien de leur dire que d'autres vivants ici étaient morts dans sa réalité, même si Mr. Diggory n'était pas là.
-Et si mon départ ne fait rien disparaître du tout, alors continuez de vous battre, continuez de lutter pour ce qui vous est cher. Et ne regrettez surtout pas mon départ. Je ne suis pas le sauveur du monde sorcier, je ne l'ai jamais été. La plupart du temps je ne sais même pas ce que je fais, j'ai juste de la chance. D'ailleurs, je sais que mon comportement n'a pas été irréprochable depuis que je suis arrivé. J'ai fais beaucoup d'erreurs, et je m'en excuse.
Ils baissèrent tous la tête durant quelques secondes, honteux de leur comportement et conscient qu'Harry avait raison. Dumbledore lui souriait, d'un sourire franc dont on soupçonnait l'existence à cause de ses grandes pommettes et de ses yeux légèrement plissés, sa barbe cachant comme toujours une grande partie de son visage.
-On ne t'en veux pas, lança finalement Mrs. Weasley. Nous n'avons pas été particulièrement chaleureux et accueillants envers toi.
-Ce n'est pas grave, dit sincèrement Harry. Vous tentiez de vous protéger, ce que je peux comprendre. C'est ce que vous devez continuer à faire.
Elle lui sourit avant de l'enlacer. Tous pour la plupart s'approchèrent également pour lui dire au revoir, le plus souvent en lui serrant la main. Sirius alla jusqu'à lui ébouriffer les cheveux affectueusement, et Hermione fut la deuxième à l'enlacer.
-On se reverra bientôt, lui chuchota-t-elle à l'oreille, ce qui sonna malgré tout plus comme une question que comme une affirmation.
Harry ne répondit rien mais il lui sourit.
-On ne doit pas tarder Harry. Attend moi dehors, j'ai encore une dernière chose à régler avant de partir.
-D'accord.
Il salua une dernière fois le petit groupe avant de sortir dans le jardin. Dans la salle à manger, Dumbledore prit quelques minutes pour s'entretenir avec Remus, Shacklebolt et quelques autres alors qu'un peu plus loin, Elizabeth paraissait inquiète.
-Tout va bien ? lui demanda McGonagall en s'approchant d'elle.
-Oui merci Minerva. C'est juste que…je m'inquiète pour Severus.
-C'est un grand garçon vous savez. Il est capable de faire ses propres choix et de les assumer.
-Je sais mais…jamais encore je ne l'avais vu en colère contre Albus. Ils semblent si proches tous les deux.
-Severus a déjà été en désaccord avec certaines de ses décisions mais, c'est vrai que c'est la première fois qu'il réagit de façon si virulente. Mais c'est dans son caractère.
-Comment cela ?
-Severus est un homme pragmatique, qui n'aime pas perdre le contrôle. Il veut être capable de gérer sa vie comme il le souhaite, alors forcément, quand on lui dit que son existence même est soumise au bon vouloir d'un jeune garçon et d'un inventeur excentrique, il a de quoi mal le prendre.
-Je ne comprends pas. Nous sommes tous dans le même bateau. Et Harry vient d'une réalité où nous existons nous aussi.
-Mais peut-être que ce qui l'effraie ce n'est pas s'il continuera à vivre ou non dans cette autre réalité, mais comment il vivra.
-Le Mage noir n'est revenu que depuis un an d'après ce qu'Harry nous a raconté. C'est toujours mieux que de vivre dans un règne des Ténèbres qui dure depuis plus d'une décennie.
-Oh je ne faisais pas allusion à la situation vis à vis de l'emprise de Tom Jedusor, mais à un aspect de la vie de Severus un peu plus…personnel, ajouta-t-elle avec des yeux étrangement pétillants qui ressemblaient plus à ceux d'Albus qu'à ceux que la vieille sorcière avait habituellement.
-Oh je vous en prie Minerva ! s'exclama Elizabeth en comprenant de quoi elle parlait.
-N'ai-je pas raison ?
-Non pas du tout. Severus ne tient pas suffisamment à moi pour me regretter dans une réalité où je ne serais pas à ses côtés.
-Ca c'est ce que vous dites.
-C'est ce que LUI m'a dit !
-Mais lui c'est un idiot il est amoureux.
-Il…je ne suis pas sûre qu'il le soit, avoua Elizabeth.
-Ne soyez pas naïve. Bien sûr qu'il l'est, il a seulement une curieuse façon de le montrer.
-Quelle différence y a-t-il alors qu'on soit dans cette réalité ou bien dans une autre ? Dans les deux cas nous ne sommes pas ensembles.
-Sauf que dans celle-ci, il sait qu'il peut vous avoir. Que si un jour il arrête de faire sa mauvaise tête et qu'il arrive à accepter les sentiments qu'il a pour vous, vous pourrez être ensembles. Dans une autre réalité, ça ne sera peut-être pas le cas.
-Ca il ne peut pas le savoir.
-C'est vrai mais rien ne l'empêche de faire des suppositions. Il est persuadé qu'une femme comme vous ne peut pas s'intéresser à un homme comme lui, et que ce sont les circonstances qui ont fait que vous vous êtes rapprochés. Une autre réalité signifie d'autres circonstances, et donc la possibilité que vous ne vous rapprochiez pas de lui.
-Il a donc si peu d'estime pour moi, pour penser que mes sentiments sont juste guidés par de la chance et quelques circonstances bénéfiques ?
-Ne vous méprenez pas Elizabeth, ce n'est pas pour vous qu'il a si peu d'estime, c'est pour lui même. Ca a toujours été comme cela, depuis qu'il est très jeune, et ça le sera toujours, je suppose.
Les deux femmes furent interrompues dans leur discussion par l'arrivée de Tonks.
-Tu es prête Elizabeth ? On ne va pas tarder à partir.
-Oui. Je vais juste vérifier que j'ai tout le matériel de soin nécessaire. Je pense que je vais en avoir besoin.
-D'accord. On se retrouve tous dans le hall d'entrée dans 10 minutes.
Elizabeth acquiesça avant de voir son amie s'éloigner.
-Vous devriez aller lui parler, lança McGonagall de nouveau avec son air sérieux.
-Non je…Il m'a clairement fait comprendre qu'il ne voulait pas me parler.
-Elizabeth vous partez pour une mission dangereuse. Il aimerait vous voir avant votre départ, je le connais.
McGonagall vit la jeune femme hésiter, mais finalement elle n'arriva pas à la convaincre.
-Je vais y aller tout le monde m'attend. Il vaut mieux que Severus se concentre sur Diggory et sur les autres personnes dans le coma. Si…s'il m'arrive quoi que ce soit vous saurez quoi lui dire.
Elle lui fit un dernier signe de main, puis disparu par la porte principale. McGonagall ne put s'empêcher de soupirer.
-Je sais quoi lui dire en effet. Mais espérons pour sa santé mentale et pour le rétablissement de tous ceux qui ont besoin de lui que vous reviendrez saine et sauve Elizabeth.
Elle s'éloigna à son tour pour reprendre ses activités, notamment la préparation de la prochaine rentrée alors que dehors, Harry profitait d'un rayon de soleil qui lui caressait le visage. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas vu un ciel aussi bleu et aussi clair. L'été précédent, le pays avait connu une canicule comme rarement auparavant et lui comme tous les habitants avaient largement souffert de la chaleur. Depuis qu'il était arrivé dans cette réalité, il avait plus souvent connu des journées de pluie et d'orage alors ce ciel dégagé arrivait à point nommé.
-Tu es prêt Harry ?
-Oui ! répondit-il en se tournant vers le directeur.
-Nous allons devoir traverser le jardin pour transplaner.
-Au fait professeur, à propos de cette histoire d'animal à transporter dans sa poche, je me demandais…
-Rien qui puisse mordre, griffer ou arracher c'est la règle numéro un. Ou alors c'est à tes risques et périls, ajouta Dumbledore amusé.
-Ca ne laisse pas beaucoup d'option. Et avec quelque chose qui peut voler ?
-J'ai connu un sorcier une fois qui…Non oublis ça, ajouta Dumbledore en ouvrant le petit portillon de la clôture qui entourait la propriété. Il y a certaines expériences qu'un jeune sorcier se doit de faire lui même.
Devant le regard médusé d'Harry, Dumbledore ne put s'empêcher de laisser entendre un petit rire. Il n'avait plus l'air vieux ni fatigué. Harry était soulagé de retrouver le sorcier qu'il avait toujours connu. Le directeur tendit son bras vers lui et sans hésiter Harry l'agrippa. L'instant d'après, ils disparaissaient.
