Disclaimer : je ne possède bien entendu aucun droit sur les personnages, les lieux et les situations créés par J. K. Rowling.

Chapitre 26

Explosera, explosera pas ? Depuis bientôt quarante minutes, Alessandro Gabelli et Theodore Nott avait fait un pari silencieux pour déterminer si Londubat ferait exploser son chaudron avant la fin de la séance. Jusque là, ils devaient bien reconnaître, en coulant des regards en biais de temps à autre et en s'adressant de discrets signes de tête, que le Gryffondor avait à plusieurs reprises frôlé la catastrophe, mais sans encore aucune action décisive.

Le « whoush ! » caractéristique d'une solution montant trop vite retentit vers l'avant de la classe et ils virent bientôt le visage rouge brique de Ron Weasley émerger de son chaudron. Les deux Slytherins échangèrent un large sourire. A droite, Neville Londubat ajoutait encore un ingrédient à sa potion de dégonflement. Alessandro, qui surveillait attentivement le processus, aurait parié qu'il ne s'agissait pas de pattes de sauterelles, mais la chance de Londubat ne flancha pas et la potion continua de dégager une odeur nauséabonde sans pour autant exploser.

Nott soupira, tout en touillant avec application sa potion qui avait pris, après tous les soins qu'il y avait apporté, la couleur marron désirée. Il avait suivi les conseils de Snape et essayait de trouver par lui-même les erreurs du manuel. Certaines étaient assez évidentes, mais il devait reconnaître qu'il ne possédait guère d'intuition pour la matière. La voix exaspérante de Slughorn retentit et il arrêta comme tous les autres la cuisson. A quoi bon se donner du mal, quand on était sûr que vos efforts ne seraient jamais remarqués ?

« Ah ! s'exclama le professeur avec sa jovialité coutumière : bien joué, mes enfants, bien joué ! Voyons un peu… »

Une bonne moitié des élèves soupira lorsque Slughorn s'approcha de la table d'Harry Potter. Y avait-il un cours où le professeur ne distinguait pas le Gryffondor ? Nott s'affala sur son siège, les jambes écartées, laissant trainer ses talons sur le sol, tandis qu'Alessandro Gabelli avait choisi de se plier à moitié en deux et de se laisser reposer sur ses avant-bras posés sur la table. Derrière eux, Nott entendit distinctement Malefoy souffler et même Londubat baillait en contemplant le sol, appuyé contre le mur à côté de lui. Il y avait longtemps que plus personne n'écoutait les remarques de Slughorn, ou plutôt si, à l'exception de Potter, une autre personne y prêtait attention : Hermione Granger sortait invariablement du cours plus échevelée que jamais et les yeux brillants d'une lueur meurtrière. Le panégyrique devait être achevé car Nott remarqua soudain que la baleine s'était déplacée : Slughorn avait attrapé une pile de copies sur son bureau et distribuait lui-même les meilleures avant de faire passer le reste aux élèves. Deux rangs plus haut, Blaise Zabini venait de décrocher un O. Nott renifla : il avait lui-même relu le devoir de son ami pour y corriger les fautes les plus évidentes et il savait que le travail était loin d'être parfait. Londubat transmit le paquet de copies à Gabelli qui y prit son devoir en soupirant lorsqu'il découvrit la note, un E qui résultait d'un incroyable pinaillage de Slughorn, lorsque Nott frappa du plat de la main un grand coup sur la table de bois, menaçant d'envoyer par terre chaudrons et ustensiles. Alessandro sursauta et agrippa le bras de son voisin dont le visage n'était plus qu'un masque de colère.

« Arrête, tu n'obtiendras rien en faisant un scandale ! chuchota l'Italien qui comprit bientôt ce qui causait la rage de Nott.

-Un A ! J'ai corrigé le devoir de Zabini et il ne valait même pas le prix de la feuille de parchemin sur laquelle il l'a barbouillé ! siffla le Slytherin.

-Tu veux que Potter t'entende ? »

La question de Gabelli eut au moins le mérite de calmer Theodore Nott qui dégagea son bras et s'assit correctement, ses yeux bleus rivés comme deux pistolets sur le professeur grassouillet qui avait repris la parole depuis un petit moment.

« … je compte sur vous, monsieur Potter, n'est-ce pas ? Et vous aussi, mademoiselle Granger, bien entendu, ajouta-t-il un peu après coup. Oh ! Et monsieur Zabini, je suppose que vous pourrez aussi vous libérer le 20 décembre ? Bien, très bien… »

Lorsque Slughorn les congédia, Nott sortit en trombe, bousculant Malefoy au passage et dont le regard noir ne présageait rien de bon. Le suivant de peu, Hermione Granger écarta comme une furie Gabelli de son passage avant de se lancer à l'assaut des escaliers.

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« Pas maintenant, s'il te plaît, prévint Theodore Nott toujours en colère en se dirigeant vers la salle de Métamorphose.

-Il se moque de nous, Theodore.

-Vraiment, Drago ? » remarqua Nott en grimaçant.

Le grand jeune homme blond s'arrêta, fit volte-face et entraina Nott avec lui dans un couloir désert.

« Tu as entendu le nom des invités, Theodore ?

-Pardon ? demanda l'intéressé en clignant des yeux derrière les verres de ses lunettes.

-La fête de Noël du Slug Club ! expliqua Malefoy en prononçant le nom de l'organisation comme s'il s'était agit de quelque chose de particulièrement répugnant.

-Et que veux-tu que cela me fasse, Drago ? contra Nott en élevant la voix, agacé.

-Potter, cracha Malefoy et cette Sang de bourbe de Granger ! »

Nott haussa les épaules et les sourcils, l'image même de l'élève blasé bien qu'au fond de lui il n'ait pas été aussi détendu qu'il voulait bien le laisser paraître, mais n'eut pas besoin de répondre car derrière eux retentissait déjà une voix grave qu'ils auraient reconnue entre mille :

« Messieurs Malefoy et Nott. Il me semble que le cours de Métamorphose commence dans deux minutes et qu'il se situe dans une autre aile. Passant rapidement sur Theodore Nott, les yeux noirs de Snape s'attachèrent aux pupilles grises de Malefoy : ne comptez pas sur moi pour vous fournir une excuse, en revanche, je sais de source sûre que monsieur Rusard aura besoin d'aide pour frotter le sol de la grande salle ce soir…

-Oui, professeur », répondit rapidement Nott en profitant de l'occasion pour se mettre tout de suite en marche vers la salle de cours.

La plupart des élèves avaient déjà gagné leurs salles de cours et le couloir retentissait du bruit des talons des chaussures du Slytherin. Derrière lui, aucun son ne lui parvenait mais il ne se retourna pas. Que Drago poursuive sa petite guerre contre leur chef de maison si le cœur lui chantait, lui, Theodore Nott, n'était pas un imbécile.

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Severus Snape arpentait la salle de cours d'un pas régulier, des yeux ne perdant aucun des mouvements des élèves de troisième année très occupés à lancer et contrer à tour de rôle des sortilèges de Tallentalegra. Le sort n'était pas complexe, mais le professeur avait exigé une parfaite coordination et une rapidité qui expliquaient l'acharnement et la concentration de tous les enfants. Quelques uns commençaient déjà à essayer de lancer le sort silencieusement, mais leur fierté à la perspective d'être ainsi distingués commençait à s'évanouir rapidement au fur et à mesure que la migraine les gagnait. A sa droite, une gamine aux cheveux blonds frisés avait déjà porté un index à sa tempe et Snape la fit arrêter cinq minutes pour lui enjoindre de se livrer à un petit exercice de méditation qu'il avait inculqué à tous ses élèves de la première à la quatrième année.

Il avait été surpris de constater que, quelques semaines après la rentrée, tous les plus jeunes élèves de Slytherin paraissaient avoir soudain pris la matière au sérieux et avaient montré de nets progrès, tout comme un niveau homogène. L'explication n'avait pas tardé à lui parvenir : il semblait que les jeunes Slytherins se soient organisés et se soient mis à travailler en groupe la Défense contre les Forces du mal, qu'il s'agisse des sortilèges qu'il leur enseignait ou du fameux petit livret qui circulait depuis des temps immémoriaux dans le panier de serpents. Quelques questions adroitement posées ici et là avaient en outre révélé que l'initiative ne venait pas d'un élève plus âgé, comme il l'avait un instant soupçonné en craignant une tentative d'embrigadement, mais d'un troisième année.

Ses yeux noirs détaillèrent la posture de Vladimir Blegounovsky et quelques instructions un peu sèches firent abandonner au garçon son attitude élégante mais trop désinvolte pour être véritablement efficace. Face à lui, une fille un peu boulotte et affligée d'une vilaine poussée d'acné profita de l'opportunité offerte pour frapper le Slytherin d'un Tallentalegra à peine murmuré. Snape eut un hochement de tête approbateur. Evidemment, il était probable que le garçon n'avait pas eu cette brillante idée tout seul et le fait qu'il soit le frère de la petite amie de Gabelli lui avait immédiatement mis la puce à l'oreille. Gabelli avait-il enfin décidé d'agir ? Une enquête discrète n'avait rien livré. Si le jeune homme avait enfin trouvé un moyen d'exécuter la mission qu'il lui avait confiée l'année précédente, il avait réussi la prouesse de le faire en toute discrétion.

Snape eut un petit sourire satisfait en observant deux Gryffondors suer sang et eau pour tenter de rattraper le niveau des Slytherins autour d'eux. L'une des conséquences de la petite organisation mise sur pied par Vladimir Blegounovsky avait été une saine émulation entre les élèves des différentes maisons, les Glyffondors ne supportant pas d'être moins bons que les Slytherins, les Serdaigles enrageant de sembler comprendre moins vite les notions apprises en cours et les Poufsouffles décidant de mettre les bouchées doubles afin de prouver qu'ils n'avaient rien des gentils élèves un peu bêtes que tous imaginaient. A gauche, Blegounovsky venait de réussir deux fois de suite à lancer son Tallentalegra silencieusement : le professeur profita de l'occasion pour allouer avec fierté vingt points à Slytherin.

ooooo

« DM : possible »

Hermione Granger relut les quelques lettres griffonnées au crayon de papier sur le manuel de français que venait de lui rendre Emilie Snape, qui venait de terminer d'y lire un très court texte afin de lui donner un exemple de prononciation et vérifier comment la Gryffondor écrivait sous la dictée.

Accrochant derrière son oreille une petite mèche de cheveux bouclés qui s'était échappée de son chignon, Hermione répéta à mi-voix le mot que venait de corriger son professeur improvisé –crépusculaire, franchement, comment pouvait-on concevoir des mots pareils ?- et hocha la tête en gommant le message sur la page ouverte devant elle. Elle brûlait d'interroger la Serdaigle, mais savait qu'elle ne la laisserait jamais aborder le sujet dans un endroit où elles risquaient d'être entendues et évidemment, la section Divination de la bibliothèque, certes déserte pour le moment, ne garantissait pas leur discrétion.

« Tu devrais te forcer et commencer à lire vraiment en français, dit doucement Emilie en pointant les fautes d'orthographe encore trop nombreuses. Redressant la tête en entendant l'autre élève soupirer, elle ajouta : je sais que l'orthographe est difficile, mais plus tu liras, plus tu auras l'habitude de voir les mots et donc de mémoriser la façon de les écrire. Tu n'as pas le temps de faire une analyse de grammaire ou de chercher une étymologie à la moindre dictée.

-Je sais, gémit Hermione.

-Veux-tu que je te ramène des livres après Noël ? Je pourrais t'amener des récits faciles, comme des contes pour enfants… elle reprit en voyant les sourcils froncés de la Gryffondor : le vocabulaire est simple et c'est écrit correctement. Comme les histoires sont assez basiques, tu seras sûre de comprendre sans dictionnaire. Crois-moi, j'ai lu des livres pour enfants dans d'autres langues et c'est vraiment un bon exercice… en plus, j'adore les contes de fées », avoua la jeune fille avec un sourire.

Hermione Granger considéra un moment Emilie Snape, un peu interloquée par ce qu'elle venait d'entendre. Depuis qu'elle lui parlait régulièrement, elle avait corrigé beaucoup de ses fausses impressions et de ses préjugées envers la fille de Snape. Oh, la ressemblance avec le Maître des Potions était toujours aussi dérangeante, comme cette façon de hausser un sourcil avec un petit sourire en coin. Hermione Granger déglutit et tenta d'oublier un instant la chauve-souris des cachots. Une chose était sûre, la Serdaigle partageait le goût de l'étude et le sérieux des membres de sa maison, sans compter une véritable obsession pour les Potions : c'est pour cette raison qu'imaginer la même Emilie Snape en train de lire des contes de fées à quinze ans révolus était d'un comique presque irrésistible. Finalement, elle se demandait si, à l'instar de Luna Lovegood, tous les Serdaigles n'étaient pas un petit peu fêlés. A côté de la Gryffondor, Emilie plissa les yeux et baissa un peu la tête en notant les premiers signes de l'amusement de la jeune fille :

« Si l'envie te prenait d'ébruiter ce genre de propos, je te garantis une mort lente et douloureuse », murmura-t-elle d'un ton mauvais et en détachant chaque syllabe.

Sa petite imitation de Severus Snape eut l'effet escompté et Hermione Granger pouffa de rire après avoir ouvert de grands yeux effarés.

« Peut-on parler ? »

« Non », écrivit rapidement la Serdaigle en attrapant le manuel : « pas de preuves ».

« Très bien, reprit Emilie à haute voix : je te prêterai mon livre de première année d'Arithmancie dans ce cas.

-Au fait, ça s'arrange l'Arithmancie ? demanda Hermione avec un air faussement innocent.

-Pas d'insulte je te prie, soupira Emilie en fermant le manuel de français qu'elle rendit à Hermione : sinon je te parle des Potions. Bon, et bien maintenant, je te préviens que je ne comprends plus un mot d'anglais, allez, débrouille-toi ! »

Ces petits exercices de conversation réclamaient toute son attention, tant le français d'Hermione Granger était hésitant et fautif. Pourtant, la Gryffondor progressait et Emilie avait moins de peine à comprendre son accent, tant elle avait travaillé la prononciation. De temps en temps, la Serdaigle abandonnait à dessin l'articulation précise qu'elle adoptait pour ces petits cours et se mettait à parler avec un rythme normal et en mangeant un peu ses mots. Le changement ne perturbait plus autant Granger, même si elle avait du mal à comprendre la Française.

Absorbées par leur tâche, aucune des deux ne prêta attention à l'ombre noire qui se glissa entre deux rayonnages et quitta la pièce sans un bruit.

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Elle avait à peine fait un pas dans la grande pièce qui servait de salon et de bureau dans les appartements de Snape qu'elle sentit que quelque chose n'allait pas. Elle avait l'habitude de le trouver à sa table en train de corriger des copies ou bien dans son laboratoire, pris par diverses préparations ou expérimentations. Ce soir là en revanche, le Maître des Potions l'attendait debout près de la cheminée, les bras croisés, le visage obscurci par ses éternelles mèches de cheveux lui tombant sur le front et le long des joues, le visage fermé et arborant une expression réprobatrice qui ne signifiait qu'une seule chose : elle aurait eu mieux fait de prendre la fuite.

Son père avait de toute évidence ruminé le motif de sa colère depuis un certain temps, ne lui rendant son salut que du bout des lèvres avant de lui désigner le divan d'un signe de la tête.

« J'ai toujours cru que tu disposais d'un minimum d'intelligence, aussi je ne m'explique pas pourquoi je dois encore une fois renouveler quelques instructions basiques que même un enfant de trois ans aurait compris. »

La phrase avait été délivrée avec un ton si méprisant que Emilie dû se mordre la langue pour se retenir de pleurer et préféra recourir à l'Occlumencie, certaine qu'avec son visage baissé son père ne verrait rien. Snape se rapprocha soudain mais resta debout, reprenant la parole d'un ton dur :

« Je crois aussi t'avoir déjà dit que je ne voulais pas que tu emploies l'Occlumencie en ces lieux sans que je t'y autorise. Ayant noté que sa fille relâchait la protection qu'elle avait placée sur son esprit, le Maître des Potions enchaîna : tu connais mon rôle ici et à l'extérieur de Poudlard. Je ne veux pas que tu te mettes à fréquenter des coteries qui peuvent présenter un danger, que ce soit pour toi, ou pour ma mission. Devant l'air d'incompréhension de sa fille, Snape crut bon de préciser en crachant chaque nom : Potter, Granger, Weasley.

-Je ne connais quasiment pas Potter, répondit Emilie éberluée qui ajouta : et à peine Granger…

-Vraiment ? siffla Snape : vous me paraissez pourtant bien amicales ces derniers temps. »

Emilie leva enfin les yeux vers son père en fronçant les sourcils comme si elle essayait de se rappeler quelque chose qui lui échappait. Hermione Granger était une connaissance, pas une amie et elle ne voyait pas…

« Je lui donne des cours de français ! s'exclama-t-elle finalement, un brin outrée.

-Je te demande pardon ? Tu n'as rien trouvé de mieux ?

-C'est vrai ! protesta la jeune fille : nous travaillons deux heures chaque mardi après-midi dans la bibliothèque !

-Des cours à Granger ? Et quelle sera la prochaine étape ? Des cours de Potions à Potter ? cria le Maître des Potions.

-C'est ridicule ! cria à son tour Emilie qui ne put cependant aller plus loin, coupée par un Severus Snape furieux.

-Je te prie de prendre garde au ton que tu emploies avec moi, Emilie ! »

Le père et la fille se faisaient face, l'un retenant à grand peine sa colère et fixant de ses yeux durs la jeune fille en face de lui, l'autre venant tout juste de se relever et gardant les yeux baissés, les lèvres pincées et reniflant légèrement. Au bout de quelques secondes, Emilie haussa les épaules et se détourna sans un mot pour gagner la porte. Un léger « clic » trahit le bruit d'une serrure bouclée et elle resta les bras croisés à regarder la porte d'un œil sombre.

Le bruit des légers reniflements d'Emilie lui fit lever les yeux au ciel. Il avait pourtant jugé jusque là qu'elle n'était pas du genre à pleurnicher sans raison. De toute évidence, il s'était trompé. Agacé, il fouilla dans une poche : est-ce que cette gamine n'avait pas de mouchoir avec elle ? De manière assez étrange, la réaction de sa fille le troublait et le mettait mal à l'aise : il savait qu'il avait déjà été bien plus cinglant avec des premières années, sans que cela ne lui ait fait ni chaud ni froid. Constater l'effet de ses paroles sur sa propre fille était cependant une expérience bien différente et Severus Snape se demanda soudain comment il pourrait rectifier les choses.

« Je te demande seulement d'exercer un minimum de prudence et de circonspection, finit-il par déclarer d'une voix un peu rauque.

-Je n'ai pas à demander la permission de parler à quelqu'un, marmonna Emilie, toujours le dos tourné, et qui ajouta avec amertume : ne t'inquiète pas, je ne menacerai pas le bon déroulement de tes plans. »

La jeune fille entendit un bruit de pas sur le sol dallé et sentit que Snape s'était arrêté à quelques centimètres d'elle.

« Si tu apparais liée à des gens comme Potter ou Granger, tu deviendras une cible. »

Le murmure avait été à peine audible et pourtant elle avait eu l'impression d'entendre la voix de Snape directement dans sa tête. Emilie se retourna et finit par lever les yeux vers le visage du Maître de Potions. Un peu dans la pénombre, à contre-jour, le visage dissimulé par ses longs cheveux, elle n'arrivait presque plus à distinguer ses traits. De toute évidence, il contredisait ses propres conseils et employait l'Occlumencie. Soupirant un peu et ravalant ses larmes, elle se demanda pourquoi il semblait prendre un si grand soin à repousser de lui le monde entier. Une petite voix ironique retentit dans sa tête en demandant si elle était elle-même capable de montrer ses propres sentiments à son père. Prenant une profonde inspiration, elle leva les bras vers son père, réalisant ce qui était à ses yeux le plus grand acte de courage de sa courte existence : prendre le risque d'être rejetée.

La surprise avait eu beau être totale, Severus Snape saisit cependant l'occasion sans se poser de question, son esprit refusant pour une fois d'analyser causes et conséquences, et passa ses bras autour des épaules de sa fille.


Note de l'auteur : merci à Fishina et Dream-your-world pour vos commentaires ! Je suis heureuse que la relation entre Snape et Emilie fonctionne j'espère seulement qu'elle ne dénature pas trop la Terreur-des-cachots -)