CHAPITRE 26

Jeudi 09 avril (suite)

Blaise relâcha à contre cœur Théo qui se débattait de toutes ses forces. Ses larmes non feintes lui fendirent le cœur, il venait de trahir son ami alors que lui venait de le sortir de l'enfer qui était devenu le sien. Théo s'effondra et Blaise fut sur lui pour le prendre dans ses bras, se sachant impuissant, Théo ne le repoussa pas et pleura en silence. Le portail de Poudlard s'ouvrait, signe que Dumbledore avait bien reçu la lettre qu'il lui avait fait parvenir par l'intermédiaire de Greyback.

Greyback qu'il ne connaissait que de vue, avant qu'il vienne le voir au cours de l'après midi. Dire qu'il avait été stupéfait de sa venue était un faible mot, se trouver ainsi devant cette montagne l'avait pour le moins effrayé. Il savait qu'il était avec Théo et il n'imaginait pas une seconde qu'il puisse lui faire du mal, mais le sachant aux ordres du Maître il s'attendait à tout, même au pire.

Alors qu'il s'était attendu à être malmené ou interrogé, il s'était trouvé face à un être perdu et abattu. L'homme était d'abord resté muet, puis s'était mis à bouger, faisant les cent pas dans la petite chambre exiguë, qu'il occupait depuis son arrivée au manoir Malefoy. Il n'avait pas osé lui parler, se demandant tout de même ce qui avait bien pu l'attirer là. Greyback l'avait ensuite observé comme si il le jugeait, comme si il l'évaluait. Quand il prit la parole, jamais Blaise n'aurait pu croire qu'il puisse avoir une voix aussi douce.

- Êtes vous fidèle en amitié ?

Bien que surprenante cette question ne le déstabilisa pas, Greyback voulait tester son amitié envers Théodore, craignait il qu'il lui fasse du mal ?

- Oui, répondit il, j'aime Théo et je ferais n'importe quoi pour lui.

- Bien, soupira le loup garou. Il veut vous faire regagner Poudlard grâce à un Portoloin et je veux que vous l'emmeniez avec vous.

- Pardon ?

- Un Portoloin va vous conduire à Poudlard dans quelques heures, Théo veut que vous rejoigniez celle que vous aimez, de mon côté je ne veux pas qu'il participe à la bataille demain. Je pense que Dumbledore pourrait le protéger et le mettre en sécurité.

- C'est ce que veut Théo ?

- Non, il veut rester à mes côtés.

- Pourquoi aller contre sa volonté ?

- Parce que je l'aime et qu'il porte mon enfant. Je ne veux pas qu'il meure ou qu'il perde notre fille. Je ne suis pas un monstre, enfin pas toujours, murmura-t-il, il est ma famille et ce n'est pas un crime de vouloir son bien.

- Il risque de vous haïr.

- Oui mais ils seront en vie, c'est le principal. Acceptez vous ?

- Oui bien sûr si vous me promettez de tout faire pour rester en vie. Il vous aime je ne sais pas pourquoi mais c'est ainsi. Si il venait à vous perdre il ne s'en remettrait pas.

- J'essaierai, grimaça Greyback, mais si je ne reviens pas pourrez vous veiller sur lui et sur l'enfant ?

- Oui si il ne me déteste pas de l'avoir écarté de vous.

- Merci Monsieur Zabini.

- De rien, pouvez vous envoyer un courrier à Poudlard pour les avertir de notre arrivée ?

- Bien sûr, j'attends.

La lettre était finalement arrivée en temps et en heure. Dumbledore arrivait, accompagné de plusieurs membres de l'ordre du Phenix, parmi lesquels il reconnu Remus Lupin. Celui-ci se précipita sur Théo et le prit dans ses bras. Ils rentrèrent dans le parc et lorsque les grilles se refermèrent Blaise se sentit enfin protégé et de retour chez lui.

Leur arrivée se fit discrète, comme il leur était impossible de traverser tout le château pour rejoindre le bureau du directeur sans faire face au curieux, ils se rendirent dans les cuisines. Remus portait toujours Théo contre lui et le garçon sanglotait toujours. Il se demanda ce qu'ils avaient bien dû lui faire subir pour le rendre aussi malheureux. Blaise dû faire face à un véritable interrogatoire, Théo trop affaiblit ne répondit pas aux questions et se pelotonna un peu plus contre Lupin en appelant Fenrir. Le silence suivit cet appel et tous regardèrent Blaise pour trouver des réponses.

- Lui et Greyback sont ensemble.

- Comment est ce possible ? Demanda Remus.

- Il semblerait que d'avoir côtoyé une certaine personne pendant une longue période ait fait changé sa façon de penser.

- C'est surprenant, fit Albus. Mais que fait il ici ?

- Greyback voudrait que vous le protégiez, il est enceint et il craint pour leur vie. Théo voudra se battre et si il le fait, il perdra l'enfant. Le seul problème c'est que Théo ne savait pas que je l'emmenais avec moi du coup il supporte mal la séparation.

- On devrait l'envoyer au Square Grimmaurd il sera en sécurité, fit Remus. Narcissa pourra prendre soin de lui.

- Je pense que c'est une bonne idée, répondit Albus.

- Ils s'aiment vraiment, ajouta Blaise, moi aussi cela m'a surpris.

- Théo est un garçon bien, dit Remus, il a beaucoup souffert et malheureusement tomber amoureux d'un loup garou n'est peut être pas la meilleure chose qu'il puisse lui arriver, surtout un Mangemort. Il sera toujours considéré comme un monstre, il ne trouvera pas d'emploi, il sera rejeté ou enfermé pour ce qu'il est. C'est notre lot quotidien, soupira Lupin, nous n'avons pas de droits.

- On se battra, murmura Théo somnolent.

- Je vous le souhaite, ajouta Remus en lui caressant la tête.

- Vous pouvez rejoindre vos camarades Blaise, je connais une jeune demoiselle qui sera ravie de vous revoir.

- Merci Monsieur, répondit Blaise en partant rapidement.

- Je l'emmène à Londres, fit le loup garou, vous pourrez prévenir Charlie ?

- Allez y, sourit Dumbledore.

Lupin sortit des cuisines et de Poudlard pour pouvoir transplaner avec Théo, qu'il tenait toujours dans ses bras. Avoir vécu auprès du garçon de longs mois avait finalement été bénéfique pour lui, certes il aimait un lycan et sûrement pas le meilleur d'entre eux, mais il savait que les loups garous étaient fidèles en amour et qu'une fois leur compagnon trouvé, ils faisaient tout pour les protéger même si comme aujourd'hui, ils devaient en souffrir. Car si Théo avait mal, nul doute que Greyback devait être dans le même état. À cela s'ajoutait sûrement la peur de perdre son lié, qu'il venait d'une certaine manière de trahir. Théo pouvait très bien refuser de retourner vers lui ou tout simplement mettre fin à sa vie. À cette pensée Lupin sentit son ventre se nouer, il faudrait qu'il prévienne Narcissa de ne jamais laisser le garçon seul, même si il savait qu'il n'était pas du genre à se laisser abattre.

Blaise circulait dans les couloirs à la recherche de ses amis. Déserté de ses élèves, Poudlard semblait froid et austère. Jamais il n'avait eu à connaître le château aussi vide car les années précédentes, il n'était jamais resté pour les périodes de vacances, préférant rentrer chez lui, même si c'était pour y être seul. La solitude il connaissait par cœur, sa mère l'aimait c'était certain, mais elle n'avait pas ce qu'on appelait la fibre maternelle, peut être même qu'en y songeant elle n'avait vu qu'à travers lui le Mangemort qui lui avait servit de mari. Cela expliquait peut être ses longues absences et ce manque de tendresse qu'il avait toujours ressenti de cette mère volage et parfois un peu froide. Un grand cri le sortit de ses pensées et sa respiration se coupa quand un boulet de canon lui percuta l'estomac. Il ferma les yeux, il n'avait pas besoin de les ouvrir pour savoir que celle qu'il aimait, l'étreignait d'une force inouïe. Il la serra contre lui à son tour, ignorant la douleur que lui faisait encore ressentir ses différentes plaies. Il noya son visage dans la masse de ses cheveux roux et respira cette odeur qui lui avait tant manqué ces dernières semaines. Quand enfin il ouvrit les yeux, il la vit pleurant tout autant que lui et sans se soucier de ceux qui les entouraient, ils s'embrassèrent. Ron et Hermione les regardèrent et comprirent qu'il valait mieux les laisser à leurs retrouvailles, d'un commun accord, ils s'éloignèrent en silence.

La soirée avançait à grand pas, chacun et chacune gérait son stress à sa façon. La tension était palpable et un rien faisait monter les humeurs. Certains se disputaient pour des broutilles, d'autres canalisaient leur énergie en s'entraînant encore et ceux qui avaient la chance d'être en couple passaient leur temps à se prouver leur amour.

Ron et Hermione, ensemble depuis cinq jours, s'aimaient. En fait ils s'aimaient depuis si longtemps qu'il leur était impossible de dire quand leurs sentiments avaient changés. Ron n'en revenait toujours pas qu'elle est acceptée de lui laisser une seconde chance, fallait il qu'il soit chanceux à ce point, lui qui se croyait plus nul que n'importe qui, lui le suiveur, celui qui n'avait rien de bien à offrir. Pourtant elle était bien là, blottit dans ses bras, soupirant sous ses caresses qui se faisaient de plus en plus précises, de plus en plus poussées. Elle les acceptait, elle, d'habitude si prude, elle ne l'arrêtait pas et il comptait bien lui prouver qu'il l'aimait et ce de toutes les manières permises par sa belle. Aussi quand il s'aventura sous sa jupe et qu'elle écarta les jambes pour lui faciliter l'accès de sa vertu, Ron ne se le fit pas dire deux fois. Il jeta un sort qui bloqua les rideaux de son lit et jeta un sort de silence afin de les isoler du reste du monde. À cet instant précis, il n'y avait plus Ron le nul et Hermione l'intello, plus de guerre, plus d'amis. Juste eux, seuls, isolés, se donnant pour un instant un peu de bonheur car les heures à venir, seraient et de loin les pires qu'ils auraient à vivre.

OoOoO

Remus revenait de Londres, où il avait laissé Théo aux bons soins de Narcissa. Il dormait encore, mais Remus comptait y retourner en soirée pour parler un peu avec lui, de son étonnante relation avec l'un de ses pairs. Relation bien différente de celle qu'il entretenait avec son mari Charlie. Lui contrairement à Greyback, n'était pas un dominant. Il n'avait donc aucun besoin de mordre son partenaire pour le faire sien. De même qu'il ne pouvait pas engendrer une descendance, car sa condition de dominé le rendait stérile. Il pouvait donc, comme Théo, accueillir un petit être dans ses chairs mais uniquement avec un autre loup dominant. Charlie et lui n'avaient jamais évoqué cet état de fait, étant deux hommes, ils s'étaient résolus à ne jamais avoir d'enfants. Les loups garous étaient encore une des rares espèces à encore pouvoir procréer, même si au sein d'une meute, les naissances étaient rares. Seuls les dominants les plus puissants, arrivaient encore à avoir une descendance, pour peu qu'il trouvent le réceptacle à leur progéniture. Outre le fait de la difficulté à enfanter, les lycans avaient aussi dû se retrouver face au ministère. Celui-ci avait crée le département de contrôle et régulation des créatures magiques, les loups garous avaient alors perdus beaucoup de leurs droits et le peu qu'il leur restait, se trouvaient bridés ou limités par un nombre incalculable de clauses et de décrets en tout genre. Les loups garous de part leur dangerosité, étaient parmi les créatures magiques, une des espèces les plus réglementé en Angleterre. C'était aussi pour cela que Remus avait longtemps hésité à épouser Charlie, car même si il était issu d'une famille de sang pur, une fois marié à une créature magique, il devenait lui aussi un paria de la société. Heureusement pour lui, Charlie était quelqu'un de fort et il se fichait du ministère. Une fois la guerre terminée, ils partiraient pour aller vivre en Roumanie. Là bas, les créatures magiques avaient des droits et étaient considérées avant tout comme des êtres vivants. Il faut préciser que la Roumanie était le berceau des vampires et le ministère en place, avait dû se plier, de mauvaise grâce, à cette espèce sanguinaire. Aussi une partie du gouvernement, était composés de ces êtres de la nuit et ainsi beaucoup de lois avaient été votés en faveurs des êtres magiques, c'est également pourquoi, la Roumanie était un des seuls pays à accueillir des dragons.

Le dîner fut rapidement expédié. La salle à manger prenait des airs de self avec l'afflux de nouveaux arrivants. Beaucoup de parents d'élèves étaient arrivés, en majorité pour se battre et certains autres pour proposer leurs services en tant que Médicomage.

Le manque de place commençait à se faire sentir et Harry était soulagé de ne pas à avoir à rendre sa chambre.

Seul avec Drago, ils discutaient, enlacés sur le lit, en attendant que leurs amis les rejoignent pour leur dernière soirée.

Blaise et Ginny arrivèrent les premiers, suivit de Ron et Hermione. Neville arriva ensuite accompagné de Dean, mais sans Seamus. Harry quitta le groupe et partit à sa recherche avant de se rappeler qu'il aimait se rendre à la tour d'astronomie.

- Bonsoir Seamus.

- Salut Harry.

Assis sur le muret, les jambes dans le vide, Seamus contemplait l'obscurité. Harry le rejoignit et prit place à ses côtés. Seamus le regarda le temps d'un sourire et reprit sa contemplation.

- Pourquoi ne viens tu pas avec nous ?

- Pas envie, murmura-t-il.

- À cause de demain ? Demanda Harry.

- Pas seulement, tu me manques Harry.

- Seamus, soupira Harry.

- Désolé.

- Ne le sois pas, j'ai agi comme un con l'année dernière, j'ai rien compris.

- Ce n'est pas grave.

- Si ça l'est. Avec du recul j'ai honte de t'avoir laissé tomber.

- Si tu avais su que je t'aimais, tu m'aurais quand même quitté ?

- Non, je crois que je t'aimais aussi.

- On est cons, hein ! On passe à côté de l'essentiel sans s'en rendre compte et demain on sera peut être tous mort.

- Viens avec nous Seamus, tu es notre ami et on a besoin de toi.

- Pff.

- Viens, insista Harry en lui tendant la main.

Seamus accepta cette main tendue et en profita pour attirer Harry à lui. Doucement il l'embrassa, les yeux humides. Harry ne chercha pas à se soustraire de l'étreinte car il savait que ce baiser n'était aucunement ambigu, il scellait la fin d'un amour et le début d'une véritable amitié. Main dans la main, ils traversèrent les couloirs et rejoignirent leurs camarades. Ils se lâchèrent la main, une fois devant la porte, ils entrèrent et prirent naturellement leur place, Harry auprès de Drago et Seamus auprès de son meilleur ami, Dean.

Ainsi passa la soirée, entre souvenirs larmoyants et d'autres plus réjouissants. C'était peut être la dernière soirée de leur vie, mais c'était et de loin la meilleure, celle que l'on passe auprès de ceux qu'on aime.

Harry et Drago, passèrent la nuit collés l'un à l'autre. Incapables de dormir, même si la fatigue leur faisait cligner des yeux. Ils échangeaient parfois quelques mots afin de se rassurer, des mots tendres louant leur amour, d'autres plus durs évoquant la perte l'un de l'autre.

Beaucoup ne dormirent pas cette nuit, se préparant physiquement et mentalement à l'horreur à laquelle ils allaient devoir faire face. Les heures étaient comptées, tous se tenaient prés pour cinq heures du matin. Ils ignoraient si Voldemort serait matinal, mais ils ne voulaient pas se faire surprendre au saut du lit.

OoOoO

Rogue soufflait enfin. Cela faisait plus de 15 heures qu'il remuait diverses potions dans ses chaudrons. Toutes ces heures, sans aucune interruption, à sentir les odeurs nauséabondes de certaines mixtures, à souffrir de la chaleur qui avait eu raison des trois couches de vêtement qu'il portait et dont il c'était délesté au fil des heures. Presque un jour, sans voir la lumière du jour, enfermé comme un rat au fond d'une cave où à l'odeur des potions, se mêlait parfois un relent de bête crevée.

Dire qu'il souffrait de la situation aurait été un mensonge. Bien qu'il n'appréciait pas le caractère obligatoire de sa mission, les potions étaient avant tout, une passion. Un art dans lequel il se targuait d'exceller à la perfection. Ainsi il pouvait se rendre utile en aidant l'ordre, en créant des potions placebo et dire que cela l'excitait était un faible mot, pouvoir se jouer du Maître à sa barbe sans qu'il ne se rendre compte de rien était tout simplement jouissif. Au lieu de guérir, les potions n'auraient aucun effet quand aux autres, celles qui finissaient de décanter, elles les tueraient juste un peu plus vite.

Il fermait ses derniers flacons, environ 200 fioles étaient étalées devant ses yeux, la partie la plus simple était terminée le plus dur arrivait. Il rangeait méthodiquement tout son matériel, quand la porte grinça. Lucius apparut, dire qu'il semblait énervé où contrarié aurait été dans le vrai. Il s'approcha en fronçant le nez à cause de l'odeur, ses yeux se perdirent sur les flacons avant de remonter sur Rogue.

Severus savait qu'il ne s'agissait certainement pas d'une visite de courtoisie, il soutint le regard de Lucius impatient de connaître les raisons de sa venue.

- Ce que tu as dit sur mon fils est vrai ?

- Oui, il est passé du côté ennemi

- Et Narcissa ?

- J'ignore où elle se trouve.

- Pourquoi est ce que je n'arrive pas à te croire Severus ? Nous nous connaissons depuis trop longtemps toi et moi.

- Que veux tu exactement Lucius ?

- Savoir pourquoi j'ai été trahi par ceux qui devaient me soutenir en toute circonstances, ceux qui sont censés être ma famille.

- N'as-tu jamais pensé qu'ils pouvaient avoir des idéaux différents des tiens Lucius ? Que tu suives le Maître c'est ton choix, mais laisses les autres faire les leurs.

- J'en viens à douter de ta propre allégeance Severus, tes paroles sont pour le moins douteuses.

- Crois ce que tu veux, je m'en fiche. Je n'ai plus rien à perdre moi.

- Moi non plus apparemment.

- N'as tu jamais rêvé de partir et d'emmener ta famille loin de tout cela ? Ne t'es tu jamais dit que cela ne valait peut être pas la peine de mourir pour le Maître et d'entraîner avec toi ceux que tu aimes ?

- C'est trop tard Severus, je n'ai plus le choix.

- On a toujours le choix Lucius mais pas toujours le courage.

- Toi tu l'as eu ? L'interrogea Lucius.

- Oui, répondit Severus et j'ai fait le bon choix.

- J'ai peur de comprendre.

- Tu as très bien compris, tu tiens maintenant ma vie entre tes mains. Me trahira-tu Lucius ? Comme tu l'as fait pour ta femme et ton fils. Je te laisse réfléchir mais dépêches toi le jour va se lever. Encore une chose Lucius, essayes de sauver ton fils il en vaut la peine.

Sans attendre la réponse de Lucius, Rogue sortit du Manoir Malefoy et respira sa première bouffée d'air pur depuis deux jours. Au loin le soleil se levait, peut être assistait il au dernier levé de soleil de sa vie. Une larme roula sur sa joue, il se hâta de l'essuyer il ne pouvait pas se permettre d'afficher sa peine. Cet instant faisait parti, des rares moments de sa vie pendant lesquels on regrette de ne pas avoir fait tout ce qu'on aurait voulu faire et alors on se promet dès lors, de les réaliser si jamais la vie nous donne une seconde chance.

Vendredi 10 avril

Harry et Drago se levèrent un peu avant les cinq heures, l'inactivité les rongeait. Ils ne se lâchèrent pas d'une semelle, l'un devenant l'ombre de l'autre, le combat les séparerait bien assez tôt. Ils se forcèrent à manger pour palier à la fatigue, quelques sourires tristes s'échangeaient, des embrassades, des tapes dans le dos. Certains craquaient et Dumbledore décidait alors de les faire partir. L'animation créait un brouhaha et l'effervescence était à son comble. Aussi quand un hurlement retentit il fallut presque tendre l'oreille pour l'entendre.

Les portes de la grande salle claquèrent violemment, stoppant le bruit et captivant l'assemblée. Justin Finch-Fletchley, Poufsouffle de son état, reprenait sa respiration avant d'annoncer.

- La marque des ténèbres est sur Pré-au-Lard.

Le silence se prolongea, puis peu à peu, les premiers résignés se levèrent et se dirigèrent vers la sortie. Harry se levait également quand Drago l'attrapa par le bras.

- Promets moi de vivre Harry, sans toi je ne survivrai pas.

Les larmes aux yeux, Harry acquiesça silencieusement.

- Et, ajouta-t-il, promet moi de m'épouser si on s'en sort.

- Oui, pleura Harry en l'étreignant de toutes ses forces.

Ils rejoignirent leurs amis, qui les attendaient près des portes. Ensemble ils sortirent du château et restèrent un instant les yeux rivés vers la marque immonde, qui les narguait de toute sa hauteur. D'un commun accord, la baguette à la main ils prirent le chemin de Pré-au-Lard.