Chapitre 26 : Au revoir…
Sakura boucla sa dernière valise. Elle venait d'y ranger ses dernières affaires, et avait eu bien du mal à la fermer à cause de son manteau qui prenait vraiment trop de place. Mais, en sautant dessus (la méthode de choc), elle était parvenue, au bout de multiples efforts, à faire glisser la fermeture jusqu'au bout.
Elle se laissa tomber sur son lit, essoufflée. Elle jeta un œil à son réveil, qui indiquait 13h45. Elle soupira. Kiba serait là dans un quart d'heure. Il l'emmènerait à la place centrale de Konoha, où elle prendrait un bus pour rejoindre la gare de Suna. De là elle prendrait le train qui la mènerait tout droit à la prestigieuse université de Harvard, l'université où elle ferait ses études, son université ; université éloignée de plus de 800 kilomètres de sa ville natale, et de plus de 1000 kilomètres de celle de l'homme qu'elle aimait et auquel elle était désormais fiancée.
Fiancée.
Ce mot résonnait curieusement dans sa tête. Elle avait encore du mal à réaliser ce que cela impliquait. Elle rit soudain en repensant à la tête de ses amis quand ils avaient appris la nouvelle. Son père, lui, avait été plus calme et modéré. Il avait demandé à parler à Sasuke seul. Entretien dont Sasuke, malgré les supplications de la jeune fille, n'avait à aucun moment révélé la teneur. Il faut dire aussi que quand elle se mettait à bouder, il arrivait toujours à la faire craquer. Un bisou dans le cou, il faut avouer en même temps que c'est on ne peut plus convainquant…
Elle soupira de nouveau, en repensant au merveilleux été qu'elle avait passé. Tous les jours avec lui, se partageant la plage, les balades dans le centre ville, les restaurants, les journées sous la couette quand il pleuvait. Elle avait vu régulièrement ses amis, profitant au maximum d'eux puisqu'elle était certaine de ne pas les revoir avant un long moment.
Elle finit par se lever, entendant la voiture de son meilleur ami. Elle descendit quatre à quatre les marches de ses escaliers et se précipita à la porte pour lui ouvrir, avant même que celui-ci ait eu le temps d'appuyer sur la sonnette.
- Kiba!!!!
- Oui, c'est moi, l'exceptionnel, le magnifique, le sublime, le…
- Arrête ton char et grouille ton magnifique popotin de rentrer, tu dois chercher mes valises.
- Oui je sais…
Il monta et les descendit toutes, avant de les mettre dans le coffre de sa petite Honda blanche. Il se tourna ensuite vers elle, époussetant son jean.
- Tu es prête? Il n'y a rien d'autre, tu es certaine de n'avoir rien oublié?
- Vu le nombre de valise, et l'état de ma chambre, je pense que ça devrait être bon.
- Tu as encore une minute pour revoir une dernière fois ta chambre, si tu veux.
Elle lui sourit avant de monter l'escalier lentement, laissant sa main caresser doucement la rampe en bois de chêne. Elle ouvrit la porte de sa chambre, et embrassa du regard chaque coin de la pièce. Le poster de l'équipe de basket s'étalait en grand sur un pan du mur. Au dessus de son bureau qui n'avait jamais été aussi vide étaient affichées des photos. Aussi bien d'elle et de son père, que d'elle et de sa mère, elle et ses amies, elle et Kiba quand ils étaient petits.
La photo du centre était celle qu'elle avait prise un jour où elle et Sasuke avaient été à la plage. Il avait fait un temps magnifique, et ils y étaient jusque tard dans la nuit. Profitant du fait que l'eau avait chauffée toute la journée qui avait été particulièrement ensoleillée, ils avaient pris un bain de minuit. La photo avait été prise par Sasuke, pendant qu'ils s'embrassaient dans l'eau, et par miracle avait été bien cadrée. Elle en avait fait faire deux exemplaires. L'un restait ici, et l'autre la suivait à l'université.
Elle soupira devant sa chambre qui n'avait jamais été aussi bien rangée, et aussi vide par la même occasion. Puis, tout doucement, elle en referma la porte, se condamnant à ne plus la revoir avant une très longue période.
Elle descendit et sourit à son père et Kiba qui l'attendaient. Elle se dirigea vers le premier.
- Alors c'est bon, tu t'en vas? lui demanda celui-ci, un sourire aux lèvres.
- Oui… Tu feras bien attention à ne pas manger n'importe quoi, et si tu as des ennuis tu m'appelles. Et n'oublie pas que tu ne peux pas mélanger le blanc et les autres couleurs dans la machine, le rouge par exemple, sous peine de te retrouver avec un short rose!
- Bah, ce serait fashion!
Elle lui sourit tendrement avant de se jeter dans ses bras. Il répondit à l'étreinte, en souriant.
- Tu vas me manquer papa. Tu vas vraiment me manquer.
- Je sais je suis indispensable! plaisanta celui-ci.
- Non mais oh! Ca va les chevilles! Rennnnnnnnh…
Son père lui caressa doucement les cheveux. Puis, il la lâcha.
- Allez, tu vas finir par être en retard!
Elle monta dans la voiture, et alors qu'ils allaient partir, elle ouvrit la fenêtre et lui cria quelques mots.
- Je t'appelle dès que j'arrive! Je t'aime papa!
Shigeru Haruno regarda sa fille disparaître dans la rue. Et là, seulement là, il s'autorisa une larme…
- Grouille Kiba, on va être en retard!
- Eh, c'est pas toi qui portes ces fichues valises! Elles pèsent toutes au moins une tonne si pas plus! A croire que t'as la moitié de Konoha là-dedans!
Elle éclata de rire et ils finirent par poser la dernière valise dans le car qui transporterait directement ses affaires jusqu'à l'université. Puis son regard se dirigea vers celui qui l'emmènerait elle, à Suna pour qu'elle puisse prendre son train.
- Eh ben, tu pars maintenant c'est sûr! soupira son meilleur ami.
- Eh oui, tu vas devoir supporter Ino tout seul! plaisanta-t-elle.
Elle éclata de rire devant la tête de martyr qu'il afficha. Puis il redevint sérieux.
- Tu vas rater ton bus si tu restes avec moi trop longtemps. Ce serait bête vu comment je me suis embêté à porter tes valises.
- Hn…
Il soupira de nouveau et ouvrit grand les bras, comme pour l'inviter à venir s'y blottir.
- Allez viens.
La jeune femme ne se fit pas prier et courut s'y réfugier. Dans ces bras qui l'avaient si souvent rassuré et réconforté.
- Ino va être jalouse si elle l'apprend! réussit-elle à dire entre deux larmes.
- Allez Saku, pleure pas! On se reverra! Dans un temps un peu long, d'accord mais on se reverra! Allez, zou! Ton bus va partir et tu vas pas avoir une bonne place!
- Voui…
Elle le serra une dernière fois contre son cœur, attrapa son petit sac et monta dans le bus. Elle s'assit près de la fenêtre et regarda son ami resté dehors.
Elle sentit les larmes couler sur ses joues mais elle les essuya vite, voulant lui sourire, ce qu'elle fit avant que le bus ne parte et ne l'emmène loin.
Ce n'est qu'à cet instant qu'une larme brouilla la vue de Kiba…
Le trajet avait été long, et elle avait encore dix minutes avant que son train n'arrive. Elle allait s'acheter un paquet de bonbon quand une voix bien connue appela son nom.
- SAKURA!
Elle se retourna pour faire face au jeune homme qui avait crié son nom.
Im…impossible…
Le jeune homme aux cheveux noir corbeau s'avança jusqu'à être à seulement quelques centimètres d'elle.
- J'avais peur d'arriver en retard, il y avait des bouchons.
- Mais…tu…tu avais dit que tu ne pourrais pas être là…que tu avais…quelque chose à faire…
Le jeune homme lui sourit, et il fut alors encore plus beau qu'il ne l'était déjà.
- Je voulais te faire la surprise. Et puis, qu'est-ce qui peut être plus important que ma fiancée?
Les yeux de la jeune femme aux cheveux roses se brouillèrent de larmes, et elle sauta au cou du jeune brun en murmurant son nom.
- Sa…su…ke…
Il la serra lui aussi, passant ses mains autour de sa taille, et se mit à lui caresser doucement les cheveux.
- Je suis là. Ne pleure pas, je suis avec toi.
La jeune femme tourna alors son visage et l'embrassa avec passion. Il répondit au baiser, et se sépara d'elle à contrecoeur quand le train arriva en gare.
- N'oublie pas. Tu peux m'appeler n'importe quand. Si tu as un problème, ou simplement si tu veux me parler. Je serais toujours disponible. Toujours.
- Je t'aime! Je t'aime Sasuke!
Il lui sourit et l'embrassa une dernière fois avec fougue avant de la pousser dans le train.
- Moi aussi. Mais tu le sais déjà.
Le train se mit soudain à partir, laissant le jeune homme seul sur le quai.
Une larme fraya son chemin sur la joue du jeune homme, puis une autre, avant qu'il ne tourne le dos et sorte de la gare…
La jeune femme se laissa tomber sur son siège en pleurant. Bon sang, qu'est-ce que c'était dur de laisser ses proches et de s'en aller. Qu'est-ce que c'était dur de le laisser et de s'en aller.
Son portable sonna soudain. Elle avait reçu un message.
Arrête de pleurer idiote!
Je t'aime et je t'attends,
Sasuke
Un sourire perça alors ses larmes. Un sourire…magnifique…
