Série : Les inachevés
Disclaimer : Au sein de cette histoire, je manipule les personnages et l'univers d'Harry Potter qui appartiennent à qui de droit. Il sera également fait mention de plusieurs contes qui sont des histoires originales qui m'appartiennent donc.
Bêta : Poste à pourvoir ^^'
Rated : M (notamment en raison de violence morale)
Note : Je suis rentrée de vacances et … j'ai écrit ! Je suis bien contente de ça et encore plus contente d'avoir pu vous mettre quelques chapitres pendant ces journées loin de la maison. On va reprendre un rythme de parution rapide … puisqu'on se fait généralement un chapitre par jour :p
Chapitre 25 : Métamorphose
C'était étrange de voir toute ces têtes rousses autour de la table de la salle-à-manger. Draco se rendit compte qu'il ne les connaissait même pas tous par leurs prénoms. Il savait les fonctions, les âges et les goûts de chacun car un Sang-Pur se devait de connaitre les autres sang-purs mais il n'avait pas vraiment leurs visages en tête.
Il s'assit à la dernière place de libre, sous le regard furieux de Harry. Il se fit la réflexion que c'était étrange car Potter l'ignorait assez facilement en temps normal. Que lui voulait-il à présent ? Il ne le découvrirait que deux heures plus tard, lorsque Harry le choperait par le col et l'enverrait valser dans un mur de toute ses forces avant de lui souffler, colérique :
- Arrête de tourner autour de Sirius comme une salope ! Ne le perverti pas ! Tu es peut-être immonde mais il n'a pas à le devenir !
A ce moment-là, le jeune blond aurait envie de disparaitre pour de bon en comprenant la nature de la haine d'Harry. Il ne le détestait pas uniquement pour qui il était ou ce qu'il avait fait. Sa haine était de celles terrifiantes des haines irraisonnées. Et il semblerait qu'Harry ait particulièrement mal prit le simple fait que son parrain vienne dormir dans la même chambre que lui …
- Lâche-moi !, crierait alors Draco.
Pour cette révolte, il recevrait un poing dans le ventre, près de la cicatrice qui marquait ses chairs. Il devrait alors s'empêcher d'hurler de douleur et de frustration. Il devrait s'empêcher de répliquer de ses poings. Il devrait s'empêcher de bien des choses … Pour ne rien empirer.
Mais pour le moment, Draco se servit juste à manger, inconscient des évènements à venir. Il prit un pancake et saisit l'un des pots de confitures qui se trouvait là. Il en tartina la pâte et avec des gestes nobles coupa son petit déjeuner alors qu'à côté de lui, Ron enfournait la même chose avec ses doigts, menaçant de lui couper l'appétit. Draco fit de son mieux pour cacher son dégoût mais Georges, l'un des frères, dû s'en rendre compte car il lui fit un énorme sourire amusé.
Draco l'observa une seconde avant de baisser le regard, troublé. Ses yeux ne pouvaient s'empêcher d'accrocher la cicatrice qui s'étendait là où il aurait dû y avoir une oreille. Il trouvait ça immonde et ne put s'empêcher d'éprouver une vive gratitude à l'idée de ne pas avoir été davantage marqué par la guerre. Il n'était pas mutilé. Sa seule marque était celle qui balafrait son ventre mais au moins, il pouvait la dissimuler sans mal.
Le sourire de Georges ne s'effaça pas alors qu'il continuait de manger avec appétit. Durant un moment, il discuta de la boutique de farces et attrapes avec ses parents. La boutique allait bien, malgré tout. Malgré l'absence de son jumeau, décédé, comprit Draco. Cela devait être si étrange de perdre ainsi son reflet. Quelqu'un de si proche. Quelqu'un à qui il ne devait sans doute pas avoir à dire grand-chose pour être compris.
Harry ré-affirma que pleins de personnes étaient près à venir rejoindre la boutique à la fin de l'année scolaire. Etrangement, c'était une carrière qui tentait énormément de monde ! Les Gryffondors étaient censé être des blagueurs comprit alors Draco que leurs tours n'avaient jamais vraiment fait rire.
Avec les mêmes gestes emplis de noblesses alors qu'il ne s'en rendait absolument pas compte, il se servit de nouveau et étala un peu de chocolat sur son pancake. Il avait envie d'avoir des tablettes entières de ce délice sucré à dissimuler dans ses robes. Il se sentait suffisamment inquiet pour pouvoir en surconsommer.
Il ne savait pas encore que d'ici quelques heures, il aurait à supporter un repas des plus pénibles qui lui mettrait la nausée. Il aurait alors le ventre toujours douloureux et devrait supporter les commentaires qui étaient tout sauf enjoliveur de Sirius sous des regards un peu trop amusé. L'homme semblerait lui en vouloir de la nuit qu'ils avaient passé. Draco ne comprendrait pas. Ce comportement erratique l'épuiserait en ce jour de fête.
Alors qu'il continuait de manger, ignorant la journée pénible qui l'attendait bien que ni prêtant aucun espoir, Draco sentit une première fois un gouffre s'ouvrir sous ses pieds alors Fleur arriva. Elle était sublime. Elle lui fit un sourire terrifiant dans lequel il put lire tout le mépris qu'elle ressentait pour lui. Il connaissait le danger qui venait de Harry ou de Sirius. Il commençait à présent à comprendre qu'il n'avait pas le moindre soutien mais que ceux qui voudraient le voir disparaitre être de plus en plus nombreux sous ce toit. Son appétit finit de se couper et il prit congé, doucement, tâchant d'être invisible alors que tous les regards étaient braqués sur lui.
Quelques heures plus tard, Harry le bloqua dans un coin, faisant battre son cœur plus vite, puis Sirius fut détestable le temps du repas ou un peu plus si affinité … Enfin, alors qu'il commençait à se sentir vraiment mal, Remus arriva. Quelques soit son comportement récent, ça restait une forme de réconfort.
Seulement, Remus n'était pas seul. Il est au bras de sa cousine. Nymphadora Tonks qui le regarde gentiment. Ils n'ont jamais été proche, bien au contraire, mais il a toujours entendu parler de cette jeune femme aux pouvoirs étranges de métamorphoses qui faisaient semble-t-il varier facilement la couleur de ses yeux et de ses cheveux. Aujourd'hui, ses cheveux étaient rouges feux, d'une nuance tout à fait différente du roux des Weasley, et ses yeux étaient verts. Draco dégluti en voyant enfin, sur sa hanche, l'enfant. Il était encore tout petit mais les quelques cheveux qu'il portait sur la tête avait la même couleur criarde que ceux de sa mère. Draco fit un pas en arrière pour éviter qu'on ne le chasse, conscient que personne ici ne lui laisserait approcher un enfant ce qui était totalement risible … Déjà parce qu'il ne mangeait pas les bébés. Au cas où que quelqu'un en doute, il n'était pas un ogre ! Et surtout parce qu'il était ici pour faire un enfant, pour s'en occuper, pour le bercer, pour embrasser ses joues et caresser ses cheveux … Mais à voir la façon dont ils s'étaient tous tendu, il préféra vraiment ne pas s'approcher.
Nymphadora lui fit un sourire doux qui le troubla et Rémus serra sa main, comme s'il ne lui en voulait pas ou peut-être plus. Il n'engagea tout fois pas la conversation mais occupa très vite Harry et Sirius, à son plus grand soulagement.
Durant l'heure suivante, alors que Ted gazouillait joyeusement, ce fut la nouvelle directrice de Poudlard qui arriva. Il ne manquait plus que Maugrey, mais il viendrait tardivement, en coup de vent, comme toujours. Même en habit de fêtes, McGonagall avait toujours l'air aussi stricte. Draco fut surpris de voir Sirius aussi content de la voir et la vieille dame le lui rendit bien. Elle fit le tour de l'assemblé prenant le soin de dire bonjour à chaque personne puis elle s'arrêta devant Draco et lui saisit la main qu'elle sera brièvement de ses doigts tout lui souhaitant de joyeuses fêtes. Draco lui fit un pâle sourire. Il avait mal au ventre comme il n'avait plus eu mal depuis un certain temps et il se sentait totalement perdu. Ces fêtes ne seraient pas bonnes. Elle posa sa main sur sa joue et lui souffla que s'il le voulait, il pouvait tenir compagnie à une vieille dame ce soir, elle en serait tout à fait charmer. Il ne savait pas pourquoi elle faisait ça, pourquoi elle lui offrait ainsi une espèce d'asile en sa compagnie … Peut-être simplement parce que c'était jour de fête ? Ou peut-être parce que malgré tout, il avait été l'un de ses étudiants ? Toujours est-il qu'il accepta et la suivit jusqu'au tableau de Walburga.
- Oh mais voilà cette très chère Minerva …, susurra le portrait d'une voix étrange que Draco ne lui avait jamais entendu.
Minerva eut un sourire un peu compatissant et expliqua au jeune homme :
- Il se trouve que Walburga et moi nous connaissions. Nous avons été durant les mêmes années élèves à Poudlard. Croyez-moi, à cette époque déjà, c'était une peste vociférant en permanence. Il est dommage qu'elle n'ait pas changée avec les années.
- Ne médit pas de moi TOI, qui ETAIT UNE PETITE PREFETE HYSTERIQUE ET PLEURNICHARDE !
Durant quelques minutes, les insultes continuèrent puis Minerva se décida à s'éloigner, tout en riant doucement devant les décorations qui avaient été minutieusement placée pour tourmenter le tableau. Elle entraîna à sa suite Draco et lui raconta, sur le ton de la confidence :
- Cette pauvre femme a connu bien des malheurs. Nous nous sommes toujours haïs, peut-être même plus encore quand Sirius a rejoint les Gryffondors. J'étais alors chargé de faire la discipline, chose qui n'était pas aisé avec les Maraudeurs. Elle m'en a souvent tenu pour responsable. Je suis néanmoins surprise. Elle ne vous a pas insulté.
- Madame Black semble estimer que je fais partie de la famille.
- Peut-être devriez-vous faire en sorte qu'elle vous haïsse … Bien que le conseil en manipulation d'une vieille Gryffondor soit sans nul doute inintéressant.
Minerva sous-entendait là que la haine que Walburga a son encontre pourrait aider Sirius à l'accepter plus facilement, mais Draco se refusait à faire cela. Manipuler ses relations pour atteindre Sirius lui paraissait vraiment trop risqué en de telle circonstance. Il n'avait pas le droit à l'erreur.
La directrice l'invita à s'asseoir et il le fit, restant près d'elle. A voix basse elle lui rappela qu'elle était chaque jour en contact avec Severus et qu'elle n'était pas la meilleure amie de Sirius. Draco sourit et fit de nouveau non de la tête, juste au cas où ce soit un piège grossier. Il réaffirma juste son mensonge initial :
- Je vais bien. Ne vous inquiétez pas.
Il y eut un silence tranquille entre eux et soudain la sorcière se rendit compte qu'elle avait oublié un détail important. Elle demanda à Draco de l'aider un peu et ouvrit son petit sac à main. Il était visiblement sans fond, car elle en sortit un part un des paquets de différentes formes et couleurs. Il y avait des étiquettes avec des noms, mais Draco n'y prit pas vraiment garde. Il trouva seulement que ça faisait vraiment beaucoup de paquets. Le plus petit qui gazouillait en trébuchant à travers toute la pièce allait sans doute être très gâté cette année. Ca devait être son premier noël et ce petit bonhomme semblait déjà très débrouillard. Il gambadait à quatre pattes et s'accrocher par moment aux meubles pour se redresser un peu et se mettre à genoux. Ses parents étaient intervenus plusieurs fois pour retirer des objets qu'il aurait pu porter à la bouche alors que ce n'était pas souhaitable.
Au bout d'un certain temps, Draco oublia sa présence. La conversation de son ancien professeur était captivante. Il n'avait jamais apprécié particulièrement ses cours mais il était alors un Serpentard et n'était absolument pas en mal de conversations intéressantes. Aujourd'hui, parler à qui que ce soit calmement lui faisait du bien, ne pas s'entendre rabaisser et pouvoir répondre, c'était vraiment soulageant.
Elle lui parla de l'évolution de la métamorphose récente et lui expliqua à quel point cet Art était en train de devenir complexe et on ne peut plus intéressant. Elle déplora néanmoins durant un petit moment le fait d'avoir trop de travail pour pouvoir se déplacer et aller elle-même apprendre les dernières nouveautés de cette forme si particulière de magie.
- Vous n'avez jamais souhaité devenir Animagus ?
- Pas vraiment non. J'aurais un peu peur de savoir en quelle créature je pourrais me changer.
- Et bien, c'est la première étape. Certains sorciers en découvrant la forme qu'ils pourraient prendre renonce. Parfois pour des questions purement techniques, car après tout, il y a peu d'endroits où se transformer en dauphin ce dont été capable un collègue, il y a fort longtemps. D'autres sont effectivement déçu. Je vous parle de ceci car j'ai cru comprendre que vous aviez le temps nécessaire pour méditer. Cette démarche serait peut-être … divertissante ?
- En effet. C'est une idée. Savez-vous s'il y a des formes surreprésentées chez les Animagus ?
Un rire percuta son oreille. Ronald Weasley. Le jeune homme avait visiblement entendu la conversation et ne put s'empêcher de le taquiner un peu en lui disant qu'il espérait que Draco prendrait le temps de devenir un Animagus, comme ça, ils pourraient enfin trancher entre belette, fouine et vipère.
- Monsieur Weasley, je vous rappelle que vous êtes toujours l'un de mes élèves et que je n'accepterais pas n'importe quel comportement, même en ces jours de fêtes. Vous ne voulez certainement pas que je vous menace un tel jour, n'est-ce pas ?
- Ou-oui.
- Bien.
Ron s'éloigna et Draco souffla un peu … Rester près de la directrice semblait être une très bonne décision.
Note de fin : On continue durant la période de fête, qu'en pensez-vous ? :)
