Après maintes réflexions, ce chapitre ne sera ni le dernier ni l'avant dernier. Deux autres chapitres vous attendent et j'espère que cela vous fait plaisir !
L'attente a été moins longue car, grâce à Merlin, l'inspiration est revenue et envahit mon esprit.
Disclaimer : Toujours le même, vous connaissez la chanson maintenant.
Réponse aux reviews :
Loulou0999 : Merci pour ta review qui m'a beaucoup touchée. J'espère que ce chapitre te plaira.
Manon : Ne blâme pas trop Narcissa, elle se pliait simplement aux dernières volontés de Severus.
Ptitepointe2 : Et voilà la suite !
Wessem Assbai : Paaaarce quuuuee ! J'espère que ce chapitre te rassurera.
Bonne lecture à tous !
Kiss,
Eternely Snape.
Quand il reste une lueur d'espoir
« Si le soleil un jour disparaît
de ces cieux accueillants
de l'enfer quelqu'un apportera
une braise pour nous éclairer »
Ivan Vazov.
« Il est très étonnant que je n'aie pas encore abandonné tous mes espoirs, car ils paraissent absurdes et irréalisables. Pourtant, je m'y accroche, malgré tout, car je continue à croire à la bonté innée de l'homme. Il m'est absolument impossible de tout construire sur une base de mort, de misère et de confusion. »
Anne Frank.
Rien n'aurait pu être plus horrible pour Hermione que de voir le corps sans âme de Severus s'écrouler sur le sol dur et froid de la Cabane Hurlante. Elle aurait donné tout l'or du monde pour ne pas avoir à assister à cette scène, malheureusement pour elle, ils arrivèrent – elle, Minerva, Drago et quatre Aurors – pile au moment où Severus recevait le sort fatal. Elle n'aurait su dire pourquoi, mais elle gardait le fol espoir que le sort ne l'ai pas touché, ou même qu'il n'ai pas eu l'effet escompté. Pourtant, au plus profond d'elle, elle savait que c'était fini.
« Vous arrivez trop tard, cher public, lança Rodolphus d'un ton triomphant. L'âme de Severus Rogue m'appartient désormais. »
Tous les yeux étaient rivés sur le corps immobile du Maître des Potions. Narcissa, qui sentait les larmes couler le long de son visage pâle, mais trop fière pour les montrer à qui que ce soit, tourna le dos aux nouveaux arrivants, oubliant de constater que son fils était là. Et Hermione se tenait dans l'entrebâillement de la porte, incapable de faire le moindre geste, refusant de trop penser, les yeux brouiller par des larmes qui refusaient de tomber, sa baguette pendant au bout de son bras paralysé par la peur et la tristesse.
« Ma petite Sang-de-Bourbe, susurra Lestrange comme s'il retrouvait une vieille amie. Je suis navrée mais je vais devoir te laisser. J'aurais, bien évidemment, voulu rester auprès de toi et te faire endurer maintes souffrances, malheureusement, je ne suis pas prêt, du moins pas encore, à mourir pour une putain telle que toi. »
Il sourit de ses dents jaunes et, dans un tourbillon de fumée, son corps flotta un instant dans les airs puis retomba mollement sur le sol.
« Tu ne peux pas t'enfuir, déclara Kingsley de sa voix profonde mais néanmoins venimeuse. Un sort anti-transplanage a été installé à notre arrivée. Si tu veux fuir, tu devra te battre. »
« Me battre ? Contre...ça ? »
Et d'un doigt sale et tordu, il désigna Hermione et Drago qui semblèrent plus déterminés que jamais.
« Tu ne touchera pas à mon fils, vermine ! »
Narcissa, qui venait tout juste de reprendre contenance, tourna son regard flamboyant vers Rodolphus, baguette levée, l'air menaçant.
« Tu ne fera plus de mal à personne, je vais m'en assurer personnellement. »
Lestrange n'eut pas le temps de dire quoi que ce soit qu'un combat féroce s'engagea entre lui et Nacissa. Des éclairs verts, rouges, bleus, parfois violets ou blancs, jaillissaient des baguettes qui s'affrontaient avec violence sous le regard médusé des autres Sorciers. Le corps de Severus n'avait pas bougé, toujours inerte sur le parquet humide, sous les yeux implorants d'Hermione. Et la colère sourde qui s'empara soudainement d'elle fut d'une telle intensité que, sans réfléchir plus avant à ce qu'elle faisait, elle s'engagea dans l'affrontement, combattant auprès de son ancienne ennemie jurée.
« Crois-tu être à la hauteur, Sang-de-Bourbe ? hurla Rodolphus dans un rire de dément. Tu ne vaux rien. »
« Je vaux bien plus que toi ! » répliqua violemment la jeune-femme.
Et alors qu'elle disait ces mots, elle lança un Avada que Rodolphus esquiva de justesse. La hargne et la rage qui habitaient Hermione en cet instant l'aveuglaient tellement qu'elle était prête à utiliser n'importe quel Sortilège Impardonnable tant qu'il pouvait détruire ce déchet humain. Elle s'acharna tant qu'elle se rendit compte, au bout d'un moment, que son énergie magique l'abandonnait peu à peu et, heureusement que Minerva s'interposa, car son corps n'aurait pas supporter un autre assaut.
« Sectumsempra ! »
Le sort que lança Rodolphus atteignit Drago de plein fouet. Alors qu'il s'effondrait au sol dans un hurlement terrifiant, Madame Pomfresh entrait à son tour dans la pièce, baguette en main, cheveux ébouriffés.
« Minerva m'a demandé de vous retrouver ici dès que possible, expliqua-t-elle à Hermione qui regardait avec interrogation. »
« Vous arrivez au bon moment. Vous devez emmener Drago à l'infirmerie, cria Hermione à travers la vacarme des explosions. Il a reçu un Sectumsempra. »
« Je ne connais pas le contre-sort de cette formule, » s'empressa d'avouer l'infirmière qui semblait totalement paniquée à la vue du sang qui giclait des quinzaine de plaies qui recouvraient le corps du Serpentard.
Hermione s'avança donc rapidement vers Drago, s'agenouilla auprès de lui et répéta trois fois le contre-sort Vulnera Sanentur. Ensuite, et avec une rapidité incroyable, Madame Pomfresh le fit léviter et ressortit de la pièce aussi vite qu'elle y était apparut.
« Ascensio ! »
Hermione, qui venait de se relever, vit Rodolphus s'élever dans les airs, un sourire aux lèvres, surplombant Aurors et Professeur. Il balaya la pièce du regard, secoua la tête pour faire disparaître la fumée qui s'accumulait et qui tombait du plafond par la force des maléfices qui se répercutaient en écho dans la chambre lugubre.
« Confringo ! »
Le sort que lança Rodolphus fit exploser la moitié des murs. Minerva, Narcissa et les quatre autres Aurors furent projeter à travers la pièce tandis que Rodolphus remettait pied à terre et tentait de s'échapper. Mais alors qu'il prenait les jambes à son coup, ne faisant pas attention au chaos qu'il avait engendré, il buta contre le corps inerte de Severus, roula sur cinq mètres et s'aplatit contre la rambarde d'escalier vacillante. Hermione, dans l'agitation générale, baguette toujours bien tenue en main, regarda autour d'elle, s'assura rapidement que tout le monde allait bien, puis se précipita vers le Mangemort qui se relevait avec agilité.
« Fais un pas de plus et je te jure que je te tue. »
La voix d'Hermione, malgré ses quelques tremblements, était parfaitement posée et résolue. Son regard flamboyait d'une intensité meurtrière. Elle n'avait plus rien à perdre puisque la dernière personne qu'elle aimait était morte. Elle se fichait pas mal de passer le reste de sa vie à Azkaban si cela signifiait réduire à néant Rodolphus Lestrange.
« Aura-tu le cran de lancer le Sortilège Impardonnable petite fille ? ricana sauvagement Rodolphus. Pour le faire, il faut avoir du courage et de la volonté... »
« Ce n'est pas du courage qu'il faut pour tuer quelqu'un, coupa Hermione. C'est du sang-froid, et j'en ai à revendre. »
« La célèbre détermination du Gryffondor, n'est-ce pas ? »
« Non, la vengeance d'une femme détruite. »
Rodolphus sembla un instant pris au dépourvu par la réponse de la Gryffondor. Pourquoi, elle ne le comprit pas, mais, pendant un instant, il parut totalement abasourdi.
« Ça te parle, la destruction ? interrogea Hermione avec véhémence. Je demande au cas où...parce que tu ne sembles pas être le genre de personne que la destruction puisse atteindre autrement que par celle d'autrui. »
Cela eut l'effet escompté. Rodolphus retrouva immédiatement son air mauvais, les yeux brillant de méchanceté.
« J'aime voir la souffrance dans le regard des Hommes, dit-il avec délectation. J'aime voir la peur tordre leurs traits. Sais-tu que Severus avait peur, quand il est entré dans la communauté Mangemort ? Peur de décevoir son Maître, en vérité. Il était effrayé à l'idée de ne pouvoir lui obéir pleinement, peur de ne pas le satisfaire. Tout ça pour te dire que quand il est entré dans cette pièce tout à l'heure, j'ai vu dans ses yeux cette même peur terrible lui broyer les entrailles. C'était presque...touchant. Malheureusement pour lui – et pour toi – sa peur ne l'a pas sauvé. »
Hermione, étouffée par le désespoir, lança un autre sort en direction de Lestrange. Sort qu'il esquiva.
« Sais-tu pourquoi je ne me bats pas contre toi, Sorcière ? »
« Sans doute parce que tu sais que tu vas perdre. »
Rodolphus éclata d'un rire sonore.
« Non ! Par Merlin, bien sûr que non ! »
Il essaya, tant bien que mal, de reprendre son souffle, tant il était prit d'un fou rire incontrôlable.
« Si je ne me bats pas contre toi, petite prétentieuse que tu es, c'est parce que je suis sous la coupe d'un Serment Inviolable. Brillante idée de feu ton amant, je dois bien l'avouer. »
« Et, comme tu l'as dit, tu n'es pas prêt à mourir pour moi, c'est bien ça ? »
« Exactement ! Je vais donc te laisser la vie sauve. Pour cela, tu dois me laisser partir. »
« Tu devra mourir pour que je te laisser partir. Jette-moi un seul sort, attaque-toi à moi de n'importe quelle manière et tu es mort. Ironique non ? Alors, que décides-tu ? De mourir ou bien...de mourir ? »
Le sourire conquérant de Lestrange s'effaça soudainement de son visage. Il était piégé, il le savait. Il ne pouvait s'attaquer à elle pour s'enfuir, parce qu'il mourrait s'il le faisait. Et il ne pouvait pas fuir car elle l'attaquerait. Et il ne pouvait répondre à ses attaques, car se serait se faire tuer de toute manière. Et malgré ses pouvoirs, il ne pouvait se protéger bien longtemps des attaques meurtrières de cette sorcière assoiffée de vengeance. Il était fait comme un rat, il devait bien l'admettre. Mais il ne s'avoua pas vaincu pour autant.
« Très bien, Sorcière, très bien. »
Il fit mine d'applaudir tout en veillant à garder sa baguette levée.
« Tu m'as eu, je te le concède. Mais je ne suis pas obligé de m'attaquer à toi pour te faire craquer jusqu'à ce que tu me laisses m'enfuir. Je peux tout aussi bien...tuer tes amis. »
Il avisa un Auror qu'Hermione ne connaissait pas vraiment, le regarda longuement se tordre dans tous les sens pour échapper à un débris de mur qui lui était tombé dessus puis, dans un sourire machiavélique, il lança un Avada Kedavra sans même prendre la peine de prononcer la formule. Le corps de l'Auror s'affaissa et ne bougea plus.
« Tu vois, dit Lestrange en tournant de nouveau ses yeux vides vers Hermione. C'est aussi simple que cela. Veux-tu tenter l'expérience et me tuer aussi froidement que je viens de le faire ? »
Hermione contempla le corps sans vie de l'Auror avant que son regard ne tombe sur celui de Severus. Elle ne pouvait pas faire ça, elle s'en rendait compte à présent. C'était impossible pour elle, en dehors de la Bataille de Poudlard, de tuer quelqu'un, mettre fin à la vie d'une personne, c'était au-dessus de ses forces. Elle n'était pas une meurtrière et ne voulait pas le devenir. Pas même pour venger l'homme qu'elle aimait. Pas comme ça, pas maintenant. Mais, en dépit de tout ça, elle ne pouvait pas laisser s'enfuir cet homme. Pas avec l'âme de Severus en sa possession en tout cas, elle ne pouvait s'y résoudre. Elle devait...
« Expelliarmus ! »
La baguette de Lestrange glissa de sa main et atterrit dans la sienne. Elle le regard avec haine puis formula un Petrificus Totalus du bout des lèvres. Et sans plus faire attention au corps de Lestrange qui se figeait et tombait à la renverse, elle se précipita vers Minerva qui tentait de soulever, à l'aide de sa baguette, les poutres qui écrasaient Kingsley sous leur poids.
« Il va s'en tirer ? » demanda-t-elle d'un ton un peu affolé.
« Je vais bien, grogna Kingsley d'une voix essoufflée. Tu ne voudrai pas nous aider ? »
Hermione leva sa baguette et se joignit aux efforts de Minerva. La poutre se souleva dans les airs et retomba un peu plus loin, se mêlant aux autres gravats et bouts de murs qui s'étaient effondrés. L'Auror se releva, semblant aller bien, légèrement étourdit et se précipita vers ses deux autres collègues.
« Ils sont inconscients, » déclara-t-il d'une voix blanche.
« Nous nous occuperons d'eux, le rassura Minerva. Emmenez cette ordure là où se trouve sa place : à Azkaban. »
Kingsley acquiesça, s'approcha du corps immobile de Lestrange, lança un sort autour de lui et transpalana lorsque le sort anti-transplanage fut retiré. Narcissa, qui époussetait ses capes anciennement flambant neuves, lança un regard à Hermione et Minerva, annonça qu'elle se rendait à l'infirmerie voir son fils et sortit de la pièce sans faire le moindre bruit.
« Allez-vous bien ? » interrogea doucement Minerva.
Et c'est à cet instant qu'Hermione se souvint de la pensée qui lui avait traversée l'esprit. Elle tourna un regard presque remplit d'excitation vers la Directrice de Poudlard qui en fut plus que surprise.
« Il n'est pas mort, assena-t-elle brutalement. Il n'est pas mort ! »
Minerva la regardait d'un air anxieux. Si elle n'avait pas reçu un coup sur la tête, Hermione Granger devait avoir perdu l'esprit. Elle jeta un regard au corps de Severus qui ne bougeait toujours pas et qui semblait bel et bien mort. Son regard glissa de nouveau vers Hermione dont le visage était barré d'un sourire radieux.
« Vous êtes sûre que ça va ? »
« Il n'est pas mort ! répéta la jeune-femme. Il ne peut pas être mort. »
« Que voulez-vous dire ? »
« Il ne l'a pas tué, expliqua Hermione en reprenant sa respiration. Il l'a seulement séparé de son âme. Mais un corps séparé de son âme n'est pas mort du moment que le cerveau continue de fonctionner. Vous voyez ? »
Minerva sembla réfléchir un moment, fronça les sourcils sous la concentration, puis son visage sévère sembla se détendre légèrement.
« Je vois, murmura-t-elle en observant le visage calme et serein de Severus. Je vois parfaitement. Mais nous en parlerons au château, ces deux-là ont besoin de soins. »
Minerva et Hermione s'avancèrent dans l'infirmerie, les corps des deux Aurors et celui de Severus flottant derrière elles. Elle s'approchèrent de trois lit, les déposèrent dessus et avisèrent Madame Pomfresh qui s'avançait vers elle d'un pas énergique.
« Que faisons-nous du corps de...de Severus... ? » demanda-t-elle d'une voix brisée.
« Rien. Laissez-le là pour le moment. Miss Granger et moi devons étudier quelque chose. Cachez le lit derrière un rideau blanc et ne l'approchez pas. Nous revenons le plus vite possible. »
Autoritaire, sévère et implacable, Minerva lança un regard à Pomfresh qui signifiait : « Faites ce qu'on vous dit et ne discutez pas » et se précipita vers la sortie, suivit de près pas Hermione. Elles montèrent les escaliers d'un pas vif et se retrouvèrent rapidement devant la gargouille qui protégeait l'entrée du bureau directorial. Minerva donna le mot passe et se précipita dans son bureau à vive allure.
« Asseyez-vous, » ordonna-t-elle d'un ton sec à Hermione qui n'était pas encore entrée dans le bureau.
Hermione obéit, lançant un regard autour d'elle, avisant le tableau dans lequel se trouvait Dumbledore qui baissa le regard, l'air honteux.
« Exposez-moi votre hypothèse, Miss Granger. »
Hermione inspira une grande bouffée d'air et se lança dans ce qu'elle pensait – ce qu'elle voulait – être la vérité.
« Le Professeur Rogue n'a pas été tué, commença Hermione d'une voix posée. Il est séparé de son âme mais toujours vivant. Le Sortilège Impardonnable n'a pas été utilisé et le sort d'Anima Fur n'a pour effet que de retirer son âme à une personne. Si cette personne est vivante, ce sort n'a pas le pouvoir de la tuer. Severus est vivant, séparé de son âme mais conscient, à l'intérieur de lui, de tout ce qui se passe. »
« Savez-vous comment rendre son âme à une personne ? »
« Elle est enfermée à l'intérieur de lui, répondit Hermione le plus simplement du monde. Une âme ne s'envole jamais vraiment. Du moins, pas temps que le corps qui l'habite n'est pas mort. C'est une chose que Lestrange ignorait lorsqu'il a lancé le sort en omettant de tuer Severus. Il pensait avoir son âme en sa possession, mais annihiler quelque chose d'aussi puissant qu'une âme sans posséder aussi l'esprit est suicidaire. »
Minerva, si intelligente fut-elle, paraissait totalement perdue. Elle comprenait, bien sûr, ce qu'Hermione tentait de lui expliquer, mais elle ne voyait pas comment on pouvait récupérer une âme enfermée dans un un corps inconscient.
« L'esprit ? » interrogea-t-elle.
« L'esprit et l'âme ne sont qu'une suele et même chose lorsqu'ils s'associent et qu'ils ne peuvent fonctionner l'un sans l'autre. Donc, récupérer une âme revient au même que récupérer un esprit. »
Minerva hésita un instant puis son regard s'éclaira.
« La Légilimencie ? »
« Je pense, en effet, que c'est ce qui pourrait nous permettre de rendre son âme au Professeur Rogue. »
« Et si ce n'était pas le cas ? demanda prudemment Minerva. Connaissez-vous une Potion ou contre-sort qui pourrait annuler les effets de l'Anima Fura ? »
Hermione considéra la Directrice avec inquiétude. Non, elle n'avait jamais entendu parler de Potion ou de contre-sort qui puisse rendre son âme à une personne qui en a été séparée. Donc, et c'était vital, la Légilimencie devait être la solution.
« Bien, dit Minerva en s'asseyant derrière son bureau. Nous allons donc commencer par nous pencher sur le cas de la Légilimencie. Êtes-vous Légilimens, Miss Granger ? »
Hermione, qui ne cessait de se tortiller dans son fauteuil, s'arrêta net lorsque la question franchit les lèvres de la vieille femme.
« Je...c'est-à-dire que...en fait...je... »
« La question ne me semblait pas compliquée pourtant, ironisa Minerva d'un ton un peu froid. Êtes-vous Légilimens, oui ou non ? »
« Non. »
Minerva fronça les sourcils, comme si elle avait espéré que la réponse soit positive.
« Vous rendez-vous compte que tous les Légilimens connus sont morts et que l'un deux est séparé de son âme donc inconscient ? »
« Bah en fait...je...oui. »
« Vous vous rendez compte, donc, que nous ne sommes pas en mesure d'entrer dans l'esprit de Severus. À moins que vous ne décidiez de nous pondre un Légilimens, je vois mal comment nous pourrions, disons, ramener Severus à nous. »
« Je sais. »
« Ça nous fait une belle jambe ! »
Le ton commençait à monter tant Minerva semblait avoir les nerfs à vifs. Elle n'était pas en colère contre Hermione d'avoir trouvé une solution qui, finalement, risquait de ne pas aboutir. Elle était en colère contre Severus qui n'avait pas trouvé utile de venir lui demander de l'aide.
« Mais je pensais, risqua timidement Hermione, que peut-être une Potion pourrait avoir les mêmes effets qu'un sort de Légilimencie... »
Minerva, qui s'était relevée pour faire les cents pas sur l'éternel tapis qui recouvrait le sol du bureau directorial, se tourna soudainement vers Hermione.
« Évidemment ! lança-t-elle. Par Merlin, quelle idiote je fais ! Allez chercher Pretexta, Miss Granger et retrouvez-moi tous les deux dans la laboratoire privé de Severus. »
« Mais... »
« Ne discutez pas ! »
Ne voulant pas subir les foudres de la Directrice de Poudlard et non moins celles de la Directrice de Gryffondor, Hermione se précipita hors du bureau et courut jusqu'aux cachots sans prendre la peine de reprendre son souffle une seule fois. Lorsqu'elle arriva devant les appartements du Professeur Limus, elle se plia en deux, reprenant sa respiration et tentant de faire disparaître un point de côté.
« Miss Granger ? appela une voix derrière elle. Cela fait longtemps que vous attendez ? »
De sa voix mélodieusement sympathique, il s'approcha de sa jeune élève, le sourire bienveillant. Ses yeux violets pétillaient d'une gentillesse naturelle.
« Le Professeur McGonagall nous attend dans le laboratoire du Professeur Rogue, Monsieur, » dit Hermione d'une voix hachée par le souffle qui lui manquait.
« Quelque chose de grave ? »
« Le Professeur Rogue a été touché par un Anima Fur, Monsieur, mais il est toujours vivant. Nous avons besoin du Potion qui nous permettrait d'entrer dans son esprit. »
« Je vous suis. »
Le laboratoire, qui se trouvait à deux pas, croulait sous l'agitation. Pourtant, seule Minerva se trouvait là, préparant chaudrons et ingrédients. Quand Pretexta et Hermione pénétrèrent dans la salle de travail, elle en sursauta presque.
« Pretexta ! s'exclama-t-elle d'une voix plus aiguë qu'à l'ordinaire. Miss Granger vous a mis au courant ? »
« Oui, Minerva, répondit le Professeur d'un ton grave. Mais je crains, malheureusement, que la Potion que vous voulez utiliser n'ai pas les effets désirés. »
« Que voulez-vous dire ? »
« Cette Potion à pour effet de vous faire entrer dans l'esprit d'une personne qui est prisonnière d'un sort et enfermée dans son esprit. Ici, ce n'est pas le cas. L'esprit de Severus n'a pas été touché par un sort, par conséquent, cette potion ne vous servirai pas à ramener son âme. »
« Je pensais, intervint Hermione, alarmée, que dans son cas, l'esprit et l'âme étaient connectés. »
« Et vous pensiez bien. Seulement le corps humain ne réfléchit pas comme vous et moi. Il a ses propres règles, son propre fonctionnement. L'âme de Severus est bel et bien enfermée dans son esprit, mais il nous est impossible de savoir quels moyens de protection elle a bâtie autour d'elle. Si nous ne savons pas cela, nous ne pouvons pas entrer dans son esprit à l'aveuglette. Ce serait bien trop risqué pour la personne qui y pénétrerait. Et la Potion risquerait d'avoir un effet inverse à ce que vous attendiez. »
« Comment pouvons-nous prévoir l'attaque d'une âme qui se protège ? » demanda Minerva qui semblait reperdre tout espoir.
« Je crois qu'on ne le peut pas. L'âme agit différemment selon l'esprit et le corps qu'elle habite. Elle peut être dotée de différents modes de protection, se cacher dans différentes parties plus ou moins dangereuses de l'esprit, être emprisonnée par l'esprit lui-même qui refuse qu'on emporte l'âme sans l'avoir combattu lui. Mais, et si c'est le cas, l'esprit ne saura pas faire la différence entre quelqu'un qui veut voler l'âme et celui qui veut la rendre. »
« Comment l'esprit peut-il protéger l'âme ? Comment fonctionne-t-il ? »
« Par rapport au vécu de la personne. Si l'âme s'est réfugiée dans la partie la plus sombre de l'esprit qu'elle habite, il se peut que ce dernier tente de vous tuer. Et dans le cas de Severus... »
« ...sa vie entière est sombre... » acheva Hermione d'une voix cassée.
Pretexta acquiesça d'un air dépité tandis que Minerva s'asseyait sur la chaise la plus proche. Il n'y avait donc aucune solution. Et Hermione, malgré son savoir et son optimiste, lui avait donné de faux espoirs.
« Et si je prenais le risque quand même ? » demanda Hermione dans un nouvel élan de détermination.
« De deux choses l'une : vous risqueriez de vous retrouver enfermée dans un esprit que vous ne connaissez absolument pas, pis, vous risqueriez de mourir à petit feu dans ce même esprit que vous ne connaissez pas et dans lequel vous pourriez passer l'éternité à brûler sous les flammes d'un esprit vengeur. »
Mais ces paroles ne semblèrent pas ébranler Hermione plus que ça. Parce qu'au fond d'elle, elle avait la conviction que, même si l'esprit tentait de la tuer, elle réussirait à le convaincre qu'elle ne lui voulait pas de mal. Après tout, n'était-elle pas celle qui le connaissait le mieux, cet esprit ?
« Quels pourraient être les effets inverses de la Potion que vous avez évoqués tout à l'heure ? »
« Je ne saurai vous le dire, répondit évasivement Pretexta. Elle pourrait tout simplement vous éjecter de l'esprit avant même que vous n'ayez eu le temps de le parcourir ou sans doute essayerait-elle de vous contraindre à rester. Je ne connais pas de vraie réponse à votre question, Miss Granger, j'en suis navré. »
« Combien de temps pour préparer la Potion, Professeur ? »
« Environ une à deux heures. Je suppose que Severus possède tous les ingrédients nécessaires à la confection de cette Potion, n'est-ce pas Minerva. »
La vieille dame ne répondit pas. Elle semblait loin, perdue dans amas de pensées insurmontables qu'elle ne voulait surtout pas partager. Pourtant, alors qu'Hermione et Pretexta tournaient les yeux vers elle, elle releva la tête, le regard sévère.
« Je ne peux pas vous laisser faire cela, Miss Granger, » dit-elle d'une voix sèche.
« Pourquoi pas ? » répliqua la jeune-femme d'un ton agacé.
« Parce que vous êtes une élève et que je vous sous ma responsabilité. »
« Et alors ? Vous n'auriez de comptes à rendre à personne, mes parents sont morts... »
« Ce n'est pas une raison. Je refuse que vous fassiez cela. »
« Si ce n'est moi, qui le fera ? Je connais l'esprit du Professeur Rogue plus que n'importe qui dans cette école. »
Un silence angoissant s'abattit sur la pièce. Les deux Professeurs avaient le regard rivé sur Hermione qui ne paraissait pas prête d'abandonner son idée de mission de sauvage suicidaire. Mais elle avait marqué un point qui, aux yeux de Minerva, était le plus important : personne ne connaissait Severus autant qu'elle. D'abord parce qu'elle l'avait soutenu pendant toute la durée de son procès, ensuite parce qu'elle-même avait reçu l'aide du Directeur de Serpentard et surtout parce qu'elle savait qu'ils passaient beaucoup de temps ensemble.
« Personne n'aura plus de chances que moi d'en sortir indemne, déclara Hermione. Je ne connais peut-être pas tout du passé de Severus, mais je sais comment fonctionne son esprit. »
Elle se tut soudainement quand elle remarqua qu'elle avait utilisé son prénom au lieu de son titre, mais personne ne sembla s'en formaliser, trop occupés qu'ils étaient à peser le pour et le contre.
« Est-il possible que Miss Granger, si jamais ça se passe mal, puisse fuir l'esprit de Severus avant d'en être prisonnière ? » interrogea Minerva en se tournant vers le Professeur Limus.
« Je ne peux, encore une fois, rien garantir. Je sais préparer ce genre de Potion, mais n'en connaît pas tous les effets. Si la Potion ne la retiendra pas quand elle essayera de s'échapper, je ne peux vous l'assurer. »
« Cette Potion va-t-elle me permettre d'utiliser mes pouvoirs ? »
« Je crois que oui. Mais je vous le répète : vous devrez être très prudente. Vous risquerez de vous retrouver face à un pouvoir que vous ne saurez pas combattre. Il s'agit de Severus Rogue. »
Hermione acquiesça, s'enquerra de deux ou trois autres petites choses et quitta le laboratoire, suivie de Minerva, laissant Pretexta se mettre à la confection de la Potion. Un silence pesant régnait entre Minerva et Hermione tandis qu'elles prenaient la direction de l'infirmerie. Il y avait une sorte de timidité, une gêne qui ne voulaient pas être révélées. Et alors que les deux Sorcières avançaient dans les couloirs silencieux de Poudlard, Minerva se rendit compte de combien elle tenait à Hermione. Elle avait ce sentiment de protection maternelle qui la poussait à vouloir la sauver de tous les dangers qui pouvaient bien la guetter. Elle ne ressentait aucune pitié pour Hermione par rapport au fait qu'elle avait perdu bien plus que ce qu'une jeune-femme de son âge n'aurait dû supporter. Non, elle ne ressentait pour elle qu'une violente compassion, un sentiment de tristesse et une envie débordante de la réconforter. Et quand elle la voyait là, prête à risquer sa vie malgré, elle se rendait compte qu'elle-même n'aurait sans doute peut-être pas été capable d'en faire autant.
« J'ai quelque chose à vous dire, » déclara soudain Minerva en s'arrêtant au milieu d'un couloir un peu sombre.
Hermione s'arrêta à son tour, étonnée. Elle voulut dire qu'elle n'avait pas le temps pour un sermon, que cela pouvait attendre mais pas Severus, mais lorsqu'elle vu le regard peiné de sa Directrice de Maison et Professeur préféré, elle ne put dire un mot. Elle se contenta d'attendre que la vieille femme parle.
« Il faut que vous sachiez... » commença Minerva.
Sa voix n'était pas sèche et sévère comme à l'ordinaire. Non. Elle avait un tout autre ton, une sorte de mélange entre la mélancolie et la tristesse, la peur et la résignation. Elle avait le regard qu'elle avait eut lorsqu'elle avait vu le corps presque mort de Severus sur son lit d'hôpital alors qu'il venait d'être mordu par Nagini. Ce même regard qui disait à quel point elle regrettait de ne pouvoir faire plus, de n'avoir pas pu faire plus.
« Vous devrez faire très attention, reprit-elle en changeant totalement sa phrase. Vous ne devrez surtout pas vous précipiter et vous jeter dans la gueule du loup. Je...vous devrez nous revenir vivante, Hermione. »
Ces paroles sonnèrent encore plus dramatiques lorsque Minerva prononça le prénom de son élève – ce qu'elle n'avait pas l'habitude de faire. Hermione en fut touchée, car cela signifiait que la vieille dame tenait, un minimum, à elle.
« Vous comprenez ? demanda Minerva sans attendre de réponse. Vous devrez revenir. Parce que les gens ont besoin de vous ici et parce que vous ne pouvez pas nous quitter comme ça. »
Plus Minerva parlait, plus sa voix tremblait et plus les traits de son visages se tendaient. Ses yeux verts se remplissaient peu à peu de larmes et son dos, d'habitude si droit, se courbait sous le poids de la tristesse.
« D'abord Albus, ensuite Messieurs Potter et Weasley, Miss Weasley...sans parler de Remus et de Tonks...et de tous ceux qui...Vous ? Ce serait insurmontable...L'école...le Monde Magique à besoin de vous...j'ai besoin de vous, Hermione. »
Et sa voix, devenue beaucoup trop faible sur la dernière phrase se brisa, l'empêchant d'en dire plus. Il n'y eu pas de larmes, pas d'étreinte non plus, seulement un sourire rassurant de la part d'Hermione, un sourire emplit de gratitude et de tout ce que de simples mots ne pouvaient décrire. Les deux femmes restèrent longuement là, face à face, les yeux dans les yeux, tentant de faire passer, à travers des regards, les sentiments qui se bousculaient dans leur esprit. La confiance subite qui venait de s'installer entre elle semblait inébranlable, presque infaillible. Et il y avait ce sentiment, cette émotion, plus qu'une amitié, c'était l'amour d'une mère à son enfant, l'amour d'une fille à sa mère, celui d'un mentor à son élève qui naissait, se bâtissait dans le mutisme le plus total. Et lorsque Minerva coupa le contact visuel, ce fut comme si un millier de mots avaient été dis, comme si une éternité était passée et que les femmes avaient finies par s'apprendre, par s'apprivoiser. Au delà de la relation élève/professeur était née une sorte de complicité, d'accord et de compréhension mutuelle. Et sans dire un mot, d'un même mouvement, elles se remirent en marche, savourant ce moment unique qui leur était donné.
L'infirmerie était parfaitement calme. Narcissa se trouvait aux côtés de son fils qui dormait dans un lit au fond de la salle. Les deux Aurors que Minerva et Hermione avaient ramené de la Cabane Hurlante étaient allongés sur des lits, l'un portant un bandage autour de la tête, l'autre semblant aller bien mieux. Et derrière un rideau blanc, dans le coin le plus reculé de l'infirmerie, se trouvait le corps de Severus vivant mais sans âme. Hermione et Minerva se dirigèrent vers le bureau de Madame Pomfresh et lui expliquèrent la situation. Si l'infirmière sembla comprendre tout ce qu'on venait de lui dire, elle n'en paraissait pas moins apeurée. L'idée de laisser Hermione prendre le risque de se perdre dans un esprit comme celui de Severus paraissait l'offusquer terriblement. Pourtant, l'air fatigué, elle ne discuta pas la décision de la jeune-femme ni celle de Minerva de ne pas l'en empêcher.
« Comment va Drago ? » interrogea Hermione alors que Poppy s'épongeait le front avec un mouchoir blanc.
« Il irait sans doute beaucoup mieux si vous ne l'aviez pas emmené avec vous, » répliqua une voix glaciale derrière elle.
Hermione se figea. Elle en avait presque oublié Narcissa Malfoy. La froide et hautaine Narcissa Malfoy qu'elle n'avait pas revue depuis la Bataille Finale mais dont Severus lui avait parlé pour...avoir couché avec elle. Et quand elle la voyait, si belle et élégante malgré le combat qu'elle avait mené contre Rodolphus Lestrange, elle comprenait pourquoi Severus avait succombé à la tentation. Mais elle n'avait pas le loisir de voir sur son visage la tendresse que lui avait dû voir sans doute. Non, Hermione ne voyait que la rage et la haine. Narcissa la regardait de ses yeux bleus, de ce regard polaire qu'elle réservait souvent à la vermine. De ce regard, en fait, qu'elle lui avait adressée le premier jour qu'elle l'avait vu.
« Miss Granger, » cracha Narcissa d'un ton dédaigneux.
« Madame Malfoy, » salua Hermione sans vraiment savoir quoi dire.
« J'espère que vous êtes fière de vous. »
« Je... »
« Je ne vous permets pas, Madame, lança Poppy d'un ton froid. Cette jeune-femme n'est pas responsable des blessures de votre fils. »
« J'imagine que c'est elle qui a courut vers lui pour lui demander de l'aide, n'est-ce pas ? »
Son regard scrutait la réaction d'Hermione qui avait la terrible sensation d'être passée aux rayons X.
« Je crois que ce n'est pas le moment d'accabler qui que ce soit pour ce qui s'est passé, » trancha Minerva.
Narcissa lança un regard mauvais à la Directrice mais n'ajouta pas un mot sur ce sujet.
« Qu'allez-vous faire du corps de Severus ? » exigea-t-elle à l'intention de Minerva.
« Il n'est pas mort, » osa dire Hermione.
Narcissa tourna brusquement la tête vers elle, sembla la prendre pour une folle pendant un instant, puis reprit cet air méprisant qu'elle avait toujours.
« Que dites-vous, sombre idiote ? susurra-t-elle d'un air menaçant. Je l'ai vu mourir. J'étais là, moi. »
Hermione reçut l'attaque de plein fouet. Et ça lui fit mal. Très mal. Mais elle décida de ne pas en tenir compte, pour le moment.
« Il n'est pas mort, répéta-t-elle avec fermeté. Je le sais, moi. »
Un duel de regard s'installa entre les deux ennemies.
« Lestrange l'a tué, » assena Narcissa sans ciller.
« Il ne l'a pas fait puisqu'il n'a pas utilisé l'Avada. »
« Savez-vous que l'Avada n'est pas le seul sort de Magie Noire capable de tuer ? »
« Savez-vous qu'un esprit n'est pas mort tant que le cerveau continue de fonctionner ? »
Narcissa ne répondit pas. Comme une gifle en plein visage, elle venait de comprendre ce que lui disait la petite merdeuse qui se trouvait face à elle. Et elle réalisa qu'elle aurait dû s'en douter. Pour avoir vécu avec un Mangemort pendant des années, elle aurait dû savoir qu'un esprit reste actif tant que le cerveau n'est pas « mort ». Par conséquent, même séparé de son âme, Severus était toujours vivant. Conscient du moins.
« Avez-vous...trouvé une solution à ce problème ? » demanda-t-elle en s'efforçant de mettre sa fierté de côté.
« Oui, » répondit simplement Hermione.
« Auriez-vous...la gentillesse de m'en faire part ? »
Jamais Hermione ne s'était autant délectée d'une telle situation.
« Mais bien sûr, chère Madame. »
Et Hermione, aidée de Minerva, fit un rapide résumé de la « solution » qu'elles avaient trouvé au « problème ». Lorsqu'elles eurent fini leur explication, Narcissa paraissait totalement abasourdi. Elle avait, dans son regard, quelque chose qu'Hermione n'avait jamais vu dans ces yeux là. C'était quelque chose entre la reconnaissance et la tristesse. La tristesse de savoir que si Severus revenait, ce n'est pas elle qu'il choisirait, mais Hermione Granger. La reconnaissance, parce que même si Severus finissait sa vie avec une autre femme qu'elle, au moins, il serait en vie. En vie et heureux. C'était sans doute ce qu'elle avait toujours voulu pour lui.
« Avez-vous besoin d'aide ? »
Hermione lança un regard à Narcissa, repensant à ce que Severus lui avait avoué, repensant à ce qu'ils avaient vécus ensemble et réalisant que, sans aucun doute, Narcissa tenait à Severus bien plus que ce qu'elle aurait bien voulu admettre.
« Je pense que vous ne pouvez rien faire pour nous, » répondit calmement Hermione.
Narcissa ne répondit pas. Elle regarda simplement la jeune-femme, se rappelant sa promesse faite à Severus.
« Si, dit-elle. Je pense pouvoir faire quelque chose pour vous. »
Elle sortit sa baguette alors qu'Hermione se figeait.
« Ne vous en faites pas, ricana Narcissa. Je veux seulement vous libérer du sort qui vous ronge. Glacies Daemonis. »
Hermione s'immobilisa un instant, ressentit un froid glacial à l'intérieur d'elle suivit d'un apaisement soudain. Le feu constant qui brûlait en elle et qu'elle avait réussit à apprivoiser de façon à ce qu'elle puisse l'ignorer au maximum, s'éteignit soudainement laissant place à une quiétude totale. Elle soupira, profitant pleinement de sa toute nouvelle liberté. Son esprit aussi semblait redevenir plein et entier.
« Merci, » murmura-t-elle alors que Narcissa abaissait sa baguette.
« Pas de quoi. »
Et comme on n'avait plus besoin d'elle, elle retourna auprès de son fils.
C'est après une heure et demi d'attente que Pretexta Limus fit son entrée dans l'infirmerie, une fiole de verre contenant un liquide bleu/violet dans la main. Son yeux n'étaient pas aussi bienveillant que d'habitude. Il étaient remplit d'une inquiétude qui ne lui était pas habituelle et une sévérité qui ne sied pas son visage tirait ses traits. Il s'avança vers le rideau blanc où se trouvait le lit de Severus et où se tenaient Madame Pomfresh, Minerva et Hermione. Elles considéraient le corps immobile du Maître des Potions, toutes dans un état second.
« La Potion est prête, Miss Granger. »
Hermione, Minerva et Poppy se tournèrent vers Pretexta.
« Bien, » murmura Hermione.
Elle attrapa la fiole que lui tendait le Professeur et tourna les yeux vers Severus. Elle n'avait pas peur, elle était terrifiée. Pas à l'idée de mourir, mais plutôt à l'idée de revenir, si c'était possible, sans Severus. Elle n'osait pas imaginer ce qu'elle deviendrai si elle n'arrivait pas à lui rendre son âme. D'ailleurs, elle pensa, au fin fond de son cœur, qu'elle préférait rester enfermée dans l'esprit de Severus plutôt que de revenir sans lui. Mais elle n'en fit pas part. Elle se contenta de soupirer et de s'approcher du lit. Elle posa une main sur l'épaule de l'homme, ferma les yeux un moment et tenta de vider son esprit. Puis elle tourna les yeux vers les trois autres, le regard assuré.
« Souvenez-vous de ce que je vous ai dit, Miss Granger, lui fit promettre Minerva. Revenez-nous vite. Et pas seule si possible. »
Hermione acquiesça, remercia Pretexta pour sa rapidité, fit un bref signe de tête à Madame Pomfresh et posa ensuite son regard sur Narcissa qui se tenait juste derrière Pretexta.
« Ramenez-le, Miss, » supplia-t-elle presque d'une voix basse.
Hochant de la tête, la jeune-femme ôta le bouchon de liège qui renfermait le liquide bleuté et le porta à ses lèvres.
« Prenez sa main, » entendit-elle Pretexta lui dire.
Elle s'exécuta et but la Potion d'une seule gorgée. Et alors qu'elle sentait son esprit aspiré, son corps s'effondra à bas du lit, immobile.
Voilà pour ce chapitre. Alors, rassurés ? Méfiez-vous, j'aime donner de faux espoirs...ou pas...Pour savoir, il faudra lire la suite qui arrive très bientôt.
Kiss,
Eternely Snape.
