Merci à Rinalika, Guest, Lunagarden, Incarndu91 et Neko-chan L pour leurs reviews. Et merci à Lamia22 et Rinalika pour avoir mis ma fic en Alert et Favouris.

Bonne lecture !

DISCLAIMER : Final Fantasy 7 ne m'appartient pas, tout est à Square Enix.


Chapitre 26 :

Le secret de Farell

Après l'incident avec le gobelin, le groupe avait regagné la ferme en silence.

Ils n'avaient croisé personne. Apparemment, l'incident avec la moissonneuse avait effrayé les gens, les obligeant à se réfugier dans leurs chambres respectives. Comme personne ne voulut leur ouvrir, les jeunes chasseurs durent s'installer dans la grange.

Allongée dans le foin, Lindsay réfléchissait. Pourquoi des gobelins voulaient envahir le monde des humains ? Dans le jeu vidéo, ils étaient certes une calamité pour les joueurs, mais ils n'étaient pas à proprement parler une menace pour la Planète. Et puis, pourquoi maintenant ? Pourquoi avoir attendu si longtemps pour passer à l'attaque ? Comment avaient-ils quitté leur île et atterri dans cette ferme de chocobos ?

Toujours plus de questions, et toujours aucune réponse, pensa la jeune fille avec un soupir mental.

Ses paupières finirent par se fermer d'elles-mêmes. Alors que le sommeil commençait à la gagner, elle entendit un ricanement.

Aussitôt, elle se réveilla en frémissant. Les portes de la grange étaient fermées, les fenêtres aussi, ils avaient bien fait attention avant de s'endormir. Mais l'angoisse n'avait pas disparu.

La jeune fille tourna la tête vers l'entrée. Loz était assis près de la porte et montait la garde. Il était censé être relayé dans une heure. Sentant son regard, il tourna la tête vers elle et lui fit signe qu'elle pouvait s'endormir.

Lindsay fit un léger signe de tête puis se retourna en fermant les yeux, essayant de replonger dans le sommeil qui avait commencé à la gagner.

Mais alors qu'elle sentait le sommeil la gagner, elle entendit des bruits étranges dans son dos, comme des cavalcades, puis des cris !

Elle se redressa aussitôt et eut le temps d'apercevoir Loz debout, essayant de se débarrasser de quelque chose dans son dos.

Lindsay poussa un cri en se levant. Les autres bondirent sur leurs pieds. Tous eurent le temps de voir Loz partir en arrière et traverser le mur de la grange. Un épais nuage de fumée se forma devant l'ouverture et se dissipa presque aussitôt.

Tous franchirent l'ouverture et virent qu'un gros tas de foin était placé devant. Il remuait.

Kadaj plongea les mains dedans et bougea un peu les bras avant de se figer.

« Je crois que je tiens quelque chose… »

Il tira d'un coup sec en arrière et tomba au sol en tenant dans ses mains une blouse de fermier de la taille d'une poupée.

« C'est sans aucun doute la plus petite blouse de fermier du monde », dit Lindsay, surprise.

Soudain, deux gobelins, dont l'un armé d'une fourche, jaillirent du tas de foin et s'enfuirent dans l'obscurité.

« Ces bestioles sont trop rapides, impossible de les attraper », soupira David.

« Sauf pour Loz. Eh, sors de là, c'est fini », dit Yazoo.

Lindsay écarta le foin avec force gestes des bras puis se redressa en faisant la moue.

« J'ai l'impression qu'ils nous ont pris Loz. »

« Mais c'est pas possible, enfin. On l'aurait vu ressortir ! » dit David.

Soudain, un bruit de coup de feu retentit. Lindsay et David s'aplatirent au sol tandis que Kadaj et Yazoo se retournaient en brandissant leurs armes.

Mais ce n'était que Farell, armé d'un énorme fusil.

« Vous êtes fou ? Tirez pas, on est de votre côté ! » dit David.

« Ah oui ? Alors pourquoi vous portez la blouse d'une de ces saletés dans vos mains ? »

« On a essayé d'en coincer un, mais il vient d'emporter notre frère », dit Kadaj en lâchant le vêtement.

Farell plissa les yeux, l'air méfiant. Puis il regarda autour de lui et abaissa son fusil.

« Bon, suivez-moi. De toute façon, la grange n'est pas une bonne planque. Je vous emmène chez moi, vous y serez à l'abri ! »

Il s'éloigna sans les attendre. Kadaj hésita puis fit signe aux autres de suivre. Lindsay et David se relevèrent et tous les quatre se mirent en route à travers les bois. Le vieil homme les attendait près d'une vieille carcasse de voiture. Dès qu'il les vit, il ouvrit le capot, l'enjamba, puis disparut dedans.

Les quatre adolescents s'approchèrent et virent qu'un escalier souterrain avait été creusé sous le capot de la voiture. Ils l'empruntèrent après avoir pris soin de refermer derrière eux, et entrèrent dans une pièce étrange.

Les murs étaient couverts de râteaux où s'alignaient des armes blanches et à feu. Des cartons regorgeant de potions, d'éthers, de queues de phénix et d'autres artéfacts occupaient le centre de la pièce. Une arène de boxe et un punching-ball étaient installés au fond, près d'une porte donnant sur une cuisine.

En voyant l'installation, Kadaj émit un sifflement.

« Vous êtes drôlement équipé, pour un simple civil. »

« Oh, je n'ai pas toujours été un civil ! Autrefois, je bossais comme professeur du Soldat à l'école de Junon. J'ai personnellement entraîné Sephiroth, Angeal et Genesis. Ah, c'était le bon temps », dit Farell en posant son fusil sur une table près d'un vieux canapé.

Kadaj et Yazoo le regardèrent avec des yeux ronds.

« Vous êtes Olaf Lleraf ? Le pionnier du Soldat ? » dit Yazoo.

« En chair et en os ! » dit le vieil homme avec un sourire carnassier.

Lindsay et David secouèrent la tête, signe qu'ils ne comprenaient rien. Devant leurs regards interrogatifs, Yazoo s'approcher pour leur expliquer à voix basse.

« Ce type est un des premiers Soldats ayant existé avant la découverte de Jenova. Il était le meilleur de tous. Il n'a jamais voulu subir d'injections de Jenova ni de Mako, et il a toujours assuré malgré tout. C'est lui le pionnier des Premières Classes. »

« Ouais, et aussi le premier à avoir déraillé », ajouta Kadaj. « Hojo l'a piégé un jour, à l'école de Junon. Il lui a fait subir des expériences atroces, des injections de Mako et d'autres produits pas très légaux, qui l'ont fait disjoncter. »

« J'entends tout, gamin ! » dit Farell. « C'est vrai, Hojo s'est acharné sur moi parce que je ne supportais pas la façon dont il traitait Sephiroth, mon meilleur élève. Et j'ai chèrement payé mon geste. Quand je me suis enfui des labos, j'étais qu'une vieille loque, à moitié aveugle, sans palet ni voix. Je marchais à quatre pattes comme un animal. Les fermiers m'ont trouvé et ont pris soin de moi. J'ai fini par récupérer et je me suis installé ici, en cachette. Alors, dites-moi, les gosses : vous allez m'aider à arrêter ces bestioles qui envahissent le continent, ou pas ? »

« On est venu ici pour ça », dit Kadaj.

Soudain, un bruit de coups de poings et de pieds retentit au-dessus de leurs têtes.

« Ils sont revenus, les p'tits monstres ! » dit Farell en brandissant son fusil.

Un bruit de verre brisa résonna derrière eux. Ils se retournèrent et eurent le temps de voir que l'unique lucarne donnant de la lumière dans la pièce avait été brisée.

Deux gobelins franchirent l'ouverture et sautèrent sur Lindsay, la plaquant au sol et la traînant vers l'escalier.

Les quatre hommes se précipitèrent pour l'aider. David et Kadaj attrapèrent chacun un gobelin tandis que Yazoo et Farell tiraient Lindsay par les jambes pour la ramener.

Les gobelins mordirent les mains de ceux qui avaient osé les toucher puis raffermirent leur prise sur leur victime.

« Lâchez-moi, sales bêtes ! » dit Lindsay.

David recula et donna quelques coups de poing et un balayage de pied comme au karaté avant de tendre ses mains sur le côté, en position de profil comme sur les fresques égyptiennes.

« Petits monstres, vous allez goûter aux techniques secrètes héritées de mes ancêtres », dit-il en faisant signe aux gobelins.

Touchés par sa provocation, les gobelins lâchèrent Lindsay et sautèrent vers le jeune homme. Celui-ci bondit en faisant un salto arrière, puis fit un saut sur la gauche. Les gobelins se précipitèrent dans une cage de verre ouverte juste derrière le jeune homme. Ils heurtèrent les barreaux et tombèrent au sol, complètement sonnés.

« Le bon vieux coup de l'aquarium », dit David en refermant la porte de la cage.

Tous s'accroupirent pour observer les créatures qui martelaient la surface de la cage avec leurs petits poings. L'un d'eux portait une chemise de fermier, un pantalon, des bottes et une fourche. L'autre avait les cheveux argentés hérissés sur la tête et portait une tenue de motard noire. Ses yeux étaient comme ceux des chats, verts avec des pupilles fendues.

« Eh, regardez celui-ci, on dirait Loz », dit Lindsay en le montrant du doigt.

« On n'a qu'à le surnommer mini-Loz ! » dit David, amusé.

« Attendez une seconde… Mais oui ! C'est lui, c'est bien Loz ! » dit Yazoo, sidéré.

« Mais comment ils ont fait pour mettre un si grand gaillard dans un si petit corps ? » demanda David.

« Et lui, c'est le fermier qui dirige la ferme », dit Farell en montrant l'autre gobelin du doigt.

« Ces créatures sont donc capables de transformer les gens en gobelins ! » dit Lindsay.

« Voilà qui ne nous avance pas », dit Farell.

Lindsay s'accroupit et les regarda plus attentivement. Ces deux gobelins criaient des mots incompréhensibles.

« Flitsh creugneu doglitch gnakya ! »

« Celui qu'on avait attrapé au début parlait notre langue, mais pas ceux-là », dit la jeune fille.

« Tu as envie de discuter avec eux ? » ironisa Farell.

« Pourquoi pas ? Vous ne trouvez pas ça bizarre qu'après des années, les gobelins envahissent le monde des humains sans prévenir ? Comment ont-ils pu quitter leur île ? Il nous faut des réponses, et eux seuls peuvent nous les fournir. »

« Alors, que proposes-tu ? » demanda David.

« Retrouver celui qui parlait notre langue ou bien un qui la connaisse comme lui, et entamer le dialogue. »

« Et comment faire ? » demanda Farell.

« On relâche ces deux-là. »

Tout le monde émit aussi des cris de protestation.

« Bon, on relâche le fermier, mais on garde Mini-Loz. D'accord ? » dit Lindsay.

À contrecœur, les autres acceptèrent.