Bonjour à toutes et à tous!
Voici votre chapitre 26 relu et corrigé par Polala que je remercie au passage de se démener pour vous permettre d'avoir des chapitres relativement propres ^^
Je tenais également à vous remercier pour votre fidélité et vos reviews, vraiment c'est très encourageant alors merci :)
Sur ce je vous laisse découvrir la suite et vous souhaite une bonne lecture.
A bientôt!
Chapitre 26 – La révélation de Pétunia
Les premiers jours de son retour dans la maison familiale, Severus les passa dans sa chambre. Il s'y était organisé une sorte de laboratoire de potions qui n'aurait rien eu à envier à ceux de beaucoup de sorciers. La précieuse fiole qu'il avait ramenée du Château reposait désormais dans un chaudron en étain placé sous un dôme pour que rien ne vienne l'altérer. Merlin, non, surtout ne pas tout gâcher si près du but.
Désormais, il ne lui manquait plus grand chose d'autre que les pattes de l'oiseau d'ébène que décrivait jadis Edgar Allan Poe dans son poème. Curieusement, si Severus avait le souvenir d'en avoir déjà vu dans son enfance, il devait bien constater que les rues autour de l'Impasse du Tisseur étaient pleines de pigeons mais pas un seul oiseau noir ne traînait par là.
Severus n'était plus très sûr de l'endroit où, quand il était enfant, il les avait aperçu. Était-ce dans la rue ? Dans le parc ? A l'école peut-être ? Peut-être... Peut-être que ces horribles créatures, qui avaient la réputation de ne rien annoncer de bon depuis l'Antiquité, l'avaient regardé se faire passer à tabac dans son école pour garçon. Il eut une moue désapprobatrice quand le souvenir lui revint.
La potion ne resterait pas éternellement en attente et il devrait se décider rapidement à sortir pour ne pas gâcher des mois de travail et sa chance de devenir quelqu'un.
Il regarda par la fenêtre et soupira : tout était d'une grisaille déprimante. Il attrapa sa cape de sorcier et la noua autour de ses épaules. Il était déjà presque vingt heures et il espérait qu'il ne croiserait pas grand monde qui aurait pu s'offusquer de sa tenue. Il glissa sa baguette dans une poche et descendit les marches pour quitter la maison silencieusement, sans remarquer sa mère qui le suivait des yeux jusqu'à ce qu'il tourne l'angle de la rue.
Depuis le retour, cette fois définitif, de son fils à l'Impasse du Tisseur, Eileen n'avait pas pu ou pas osé lui parler de ce qui la préoccupait : son avenir à lui. Elle repoussait l'échéance, espérant que les choses se régleraient d'elles-mêmes, mais l'époque était troublée et peut-être valait-il mieux qu'ils restent ensemble malgré tout. Tant qu'il resterait à l'Impasse du Tisseur, elle pourrait veiller sur lui malgré lui. Le jour où il prendrait son envol pour rejoindre les Malefoy et les autres sorciers que sa propre mère affectionnait tant, elle ne pourrait plus rien pour lui. Merlin, faites que ce jour n'arrive jamais.
Severus marcha un moment, guettant les cimes des arbres où, d'ordinaire, les corbeaux aimaient nicher. Il en trouva enfin, de l'autre côté du parc où il avait espionné Lily enfant, dans l'une de ces rues où l'on avait planté un carré d'herbe et quelques toboggans pour distraire les bambins. Les oiseaux se promenaient sur la pelouse à la recherche d'une pitance à leur goût. Il avait l'embarras du choix. Le tout était d'éviter de tomber sur un corbeau malade. Les propriétés magiques en étaient affectées.
Quand il estima avoir trouvé le candidat idéal, il attrapa sa baguette et le volatile s'effondra, pétrifié, tandis que les autres oiseaux s'envolaient, effrayés par la soudaine chute de leur camarade.
Le jeune homme se leva et alla récupérer son butin tout en réalisant soudain qu'il n'avait pas pris de sac pour le transporter. Il eut une grimace de dépit et regarda autour de lui pour repérer le chemin le plus court pour rentrer. Il ne voulait pas transplaner dans un endroit bordé par des résidences moldues. S'il était aperçu par l'un d'eux, il risquait, au mieux une amende, au pire un interrogatoire poussé des Aurors, un peu à fleur de peau depuis les descentes à l'aveugle des Mangemorts dans les quartiers moldus.
Il s'avança au final dans une rue qui le menait vers la maison des Evans. Son cœur se mit à battre un peu plus fort. Il savait qu'il n'aurait pas dû prendre cette route, mais ça avait été plus fort que lui.
Espérait-il vraiment la voir ? Était-elle là ? Sans doute pas.
Il n'était pas encore vraiment en vue de la maison lorsqu'il fut interrompu :
— Tu fais comme les chats ? Tu rapportes des animaux morts aux gens ? lui demanda la voix de Pétunia Evans. Les individus comme toi sont toujours aussi étranges...
Il se tourna vers elle, le corbeau pétrifié toujours dans sa main et répondit d'un ton ironique :
— Pétunia Evans... Toujours un plaisir...
Elle le corrigea presque tout de suite en lui agitant sa main sous le nez, habitude étrange qu'avaient la plupart des femmes pour faire comprendre qu'elles s'étaient enchaînées, ou qu'elles allaient le faire, à un homme devant l'État et éventuellement l'Église. Et, comme s'il avait l'impression qu'il fut trop idiot pour trouver quel était l'heureux élu, elle cru bon de préciser :
— Bientôt Dursley.
Il se contenta de dire :
— Dois-je te féliciter ? Ou envoyer un mot à Vernon ?
Elle prit son air pincé, comme s'il avait senti très mauvais. Elle le regarda de haut en bas dans un silence qui serait devenu pesant pour n'importe qui d'autre que ces deux êtres puis, quand elle eut décidé qu'elle pouvait lui parler, elle dit avec une sorte d'étrange sympathie :
— Elle n'est pas là.
Il sentit son cœur se plomber même s'il avait pressenti cette possibilité dès le début.
— Elle est avec ce Potter.
Elle avait prononcé le nom de son rival avec tant de mépris que Severus ne put s'empêcher d'éprouver un peu de sympathie à son égard.
— Que diable est-elle allé s'enticher d'un idiot pareil... continua-t-elle avec amertume. Elle est venue avec lui lorsque nous avons décidé de lui annoncer nos fiançailles et il... il n'a pas cessé de parler balais avec Vernon... ou de vos autres bizarreries ! Au final nous sommes partis avant la fin du dîner et Vernon a juré ses grands dieux que les sorciers étaient le fléau de la société et qu'il ne voulait plus
jamais en entendre parler.
— Un désastre, lui répondit le jeune homme avec un désintérêt total pour l'histoire que lui contait Pétunia mais par politesse tout de même, puis il ajouta : Tous mes vœux de bonheur pour Vernon et toi. Maintenant, si tu n'as plus besoin de moi, j'ai un corbeau à ranger avant de l'abîmer.
Il ne lui laissa pas le temps de répondre et tourna les talons, faisant voler sa cape derrière lui, avant de s'enfoncer dans la rue, son corbeau toujours tenu par les pattes.
— Severus... supplia-t-elle dans une complainte. L'entendre prononcer son prénom le figea sur place et sa cape s'immobilisa à son tour. Je suis inquiète pour Lily, osa-t-elle enfin avouer comme si partager son inquiétude avec quelqu'un d'autre lui ôtait un poids des épaules. Maintenant que les premières paroles avaient été prononcées, les autres se mirent à suivre : J'ai peur qu'il ne lui arrive quelque chose. Je sais ce qu'il se passe dans votre monde.
Severus se retourna pour lui faire face. Elle croisait les bras en se tenant les coudes comme si elle cherchait à se protéger de quelque chose qu'elle ne comprenait pas. Sa propre angoisse peut-être.
— Tu sais qu'elle est en danger n'est-ce pas ? l'accusa-t-elle alors.
Il ne lui répondit pas. Qui n'était pas en danger avec ce qu'il se passait en ce moment ? Lily l'était-elle plus qu'une autre ? Non, c'était ridicule. Mais peut-être que Potter l'entraînerait dans ses combines à la noix avec Black, Pettigrew, et un loup-garou désormais adulte.
— Severus Rogue, commença-t-elle un peu plus fort, comme si elle souhaitait lui faire la morale mais c'est une menace qui lui sortie de la bouche. Si jamais il devait arriver quelque chose à Lily, je t'en tiendrais pour responsable.
Cette fois, il répondit agacé :
— Oh vraiment ? Et pourquoi moi ?
Elle lui lança un de ces regards dont elle avait le secret et qui était capable de vous donner l'impression d'être le pire tortionnaire que la terre eut jamais porté avant de lui dire :
— Parce que c'est toi qui est venu un jour avec tes histoires de magie et qui m'a pris ma sœur.
Ridicule, l'accusation était ridicule. On ne pouvait pas lui reprocher d'avoir annoncé une évidence, d'autant plus quand la sanction avait été aussi terrible pour lui. Il lui répondit avec une colère sourde qui lui déformait les traits du visage au point de le faire ressembler à son père d'une manière troublante :
— Ta sœur ne me parle plus depuis plus de deux ans alors que veux-tu que je fasse ?!
Elle ouvrit la bouche et la referma comme si les mots ne voulaient plus venir.
— Bien, dit-il satisfait. Maintenant suis les conseils de ton futur époux Pétunia et tiens toi à l'écart de notre monde, et par là de ce Potter et de ta sœur, si tu veux vivre ta vie sans trop de vagues. De ce point de vue là, il a tout à fait raison.
Il tourna à nouveau les talons et se remit en marche lorsqu'elle lui lança tel un couperet :
— Elle veut l'épouser Severus.
