Voilà le chapitre 26 ! J'espère qu'il vous plaira, on approche doucement de la fin...
Oubliettes : chapitre 26
Confession
"Avant que tu te sois jetée le sort...
Hermione retint sa respiration, il ne s'était tout de même pas rendu compte de ses sentiments aussi tôt... ?
- Je pensais qu'il s'était passé quelque chose parce que ton comportement n'était plus le même en classe... Pour être honnête, j'appréciais tes interventions, disons qu'elles me donnaient au moins l'opportunité de...
- Te moquer de moi.
- On peut le dire ainsi, j'imagine, répliqua-t-il les sourcils froncés. Ne me coupe pas la parole, jeune fille.
Elle lui sourit, amusée, et l'invita à poursuivre d'un signe de la main forcé :
- Mais je t'en prie.
- Merci. Ensuite, eh bien, j'ai compris pour le sort. Après tu connais la suite. J'avoue avoir été déboussolé par la révélation, je n'ai pas vraiment réalisé mais j'ai tâché de réagir en tant que professeur.
- Tu as été très bien. Je m'attendais à autre chose je crois...
- Je te l'ai dit, je comprenais.
Elle hocha la tête, et son regard dériva sur la photographie de Lily.
- Je ne pourrais pas te dire précisément comment c'est arrivé, quand j'ai pu me découvrir un attachement que jamais je n'aurais souhaité ou entretenu... Quand je t'ai vu avec Thomas, j'ai juste réalisé que mon ego avait pris pour acquis l'existence de tes sentiments, que peut-être j'ai assimilés aux miens dans ma jeunesse et par conséquent que te voir ainsi dans les bras d'un autre me rejettait au titre d'un énième prétendant...
- ...Enième ? Tu sais, je n'ai pas autant de succès que cela... Pardon, continue.
- C'était une jalousie plutôt narcissique, si je puis dire... J'ai ensuite oublié cela. Les cours particuliers ont quelque chose de rassurant. Mais je crois juste que j'appréciais que tu sois là. C'est tout. Finalement, c'est quand j'ai été blessé peut-être, j'avoue avoir pensé à toi. Je crois que je me suis juste dit que j'étais un imbécile.
- Je ne te contredirai pas sur ce point.
Il lui jeta un regard agacé et reprit en soupirant :
- Mais la situation, et même mes sentiments qui n'avaient rien d'aussi intense que les tiens ne permettaient pas que je me laisse aller, alors je suis revenu à la réalité. Je dirais en fait que c'est quand tu as pris l'initiative de m'embrasser, oui... C'est à ce moment-là que physiquement, j'ai éprouvé le besoin... Du désir peut-être alors... De t'avoir avec moi.
Après un silence de réflexion, il soupira :
- Merlin, je suis aussi narcissique que Potter en fait.
- Tu sais, Harry n'est pas si égocentrique.
- Me voilà rassuré, répliqua-t-il sarcastique.
- Que veux-tu, maintenant que je peux te répondre en toute impunité, je ne vais pas me priver ! répliqua-t-elle mutine.
- Si j'avais su... Bref. Et puis quand tu n'étais plus là... Et surtout quand je te regardais dans les yeux en te faisant l'amour...
Hermione frissonna. Il ressentait donc la même décharge électrique à ce moment-là.
- Je crois qu'une partie de moi savait très bien où cela allait nous mener, il ne restait plus qu'à l'autre partie de lâcher prise, conclut-il.
- Je me demande si je n'avais pas conscience de cela au fond, parce que quand j'y repense, je crois que j'aurais du craquer normalement, me jeter dans le lac sans doute. Ou du haut de la tour d'astronomie, c'est autrement plus symbolique.
- Ne dis pas ça. Tu aurais pu venir me voir...
- Oh, excuse-moi mais tout ce que tu faisais en général, c'était soit agir comme l'habituel Snape salopard - excuse-moi du terme - soit comme un Snape qui teste son pouvoir de séduction, merci bien !
- Je suis désolé.
Elle haussa un sourcil, elle ne s'attendait absolument pas à des excuses.
- Je ne pensais pas avoir un jour l'opportunité de faire cet effort de courtoisie de nouveau tu sais. Pour moi, la vie était tracée, finie.
- Tu ne penses plus cela, non ? demanda-t-elle inquiète.
- Je ne crois pas. Je ne suis jamais sûr.
- En tout cas, je n'ai pas l'intention de partir de sitôt.
Ils se regardèrent un instant. Hermione était sereine, finalement, tout ce qu'il avait dit... c'était comme si elle l'avait déjà su. Mais son esprit raisonné n'avait voulu trop lui offrir cette perspective au risque de la faire s'évaporer par la suite. Et pourtant, elle avait été plus loin que son esprit raisonné ne lui avait jamais accordé de faire... Elle l'avait... purement et simplement séduit. Cette idée sonnait étrangement dans son esprit.
Elle laissa tomber sa main sur la jambe de Snape. Son pantalon noir était doux, et sa robe noire venait le recouvrir. Elle ne sut pourquoi elle faisait cela, mais elle descendit du canapé, sous les yeux de son ancien professeur, curieux. Elle caressa ses deux cuisses de ses mains et remonta jusqu'à l'entrejambe.
- Je peux savoir ce que tu fais ?
- Je veux te faire plaisir...
Elle ouvrit sa braguette, défit le bouton de son caleçon, et sortit son sexe légèrement tendu. Elle le regarda puis releva les yeux.
- Je te préviens, je n'ai jamais fait ça... Enfin tu t'en doutes.
Snape se rapprocha et posa sa main sur sa joue.
- Tu n'as pas à faire...
- J'en ai envie.
Elle entreprit de le caresser simplement d'un mouvement de va-et-vient langoureux tout en le regardant. Il fit mine de résister quelques secondes mais reposa sa tête en arrière, dans un long soupir de plaisir, lorsqu'elle passa sa langue autour de son sexe.
Elle poursuivit, encouragée par les gémissements de son amant, et lui asséna quelques coups de langue avant de le prendre en bouche. Son râle provoqua une vague de chaleur dans le bas-ventre d'Hermione qui redoubla de vigueur alors que Snape haussait la poitrine en rythme.
- Ah... C'est...
Elle leva les yeux vers lui, curieuse d'entendre la suite.
- Bon...
Il s'effondra de nouveau en arrière et caressa les cheveux d'Hermione de sa main.
- Attends, arrête...
Elle lâcha son emprise et rencontra son regard brûlant.
- Viens...
Il tendit sa main. Elle la saisit et s'assit sur lui. Il défit ses vêtements avec ardeur et découvrit ses seins dénudés, les prenant en bouche alors qu'elle gémissait au contact de son membre entre ses jambes. Elle se leva et retira son pantalon à toute hâte. Quand elle revint, elle s'installa de nouveau sur lui et ferma les yeux alors qu'il s'introduisait en elle. Elle ouvrit la bouche de plaisir et expira un gémissement silencieux.
Il entoura ses hanches de ses mains et alors, avec envie, avec délice, elle imposa elle-même le rythme de la pénétration. Ses deux mains étaient collées au mur derrière lui, et ses cheveux caressaient les siens alors qu'il la regardait en lâchant des râles de plus en plus expressifs.
- Ce soir... Je n'ai pas l'intention de te laisser... Te reposer... dit-il la voix hâchée.
Elle gémit et l'embrassa, nouant ses mains dans son cou et accélérant le rythme.
- Moi non plus...
Soudain, il la souleva et se tint debout, la portant autour de lui. Hermione poussa un gémissement aigu et s'accrocha à lui. Toujours en elle, il voulut prendre un appui et la colla au mur contre lequel il intima de nouvelles poussées, fortes et passionnées.
- Severus...
Et elle répétait son nom, à chaque soupir, chaque respiration et il semblait redoubler d'envie chaque fois qu'il l'entendait.
Après un moment de soupirs, baisers et râles, il vint enfin en elle, dans un grognement de délivrance. Elle demeura accrochée à lui, essoufflée, les yeux dans le vague. C'était étrange comme cela semblait toujours être meilleur... Elle lui sourit pour le lui faire comprendre et il se retira avec un léger soubresaut.
- Je n'aurais pas du jouir en toi... fit-il en la regardant, un pas en arrière.
Elle ne comprit pas de prime abord, puis s'empressa de le rassurer :
- Ne t'inquiète pas, j'ai ce qu'il faut. Un truc moldu...
- Je préparerai de la potion contraceptive, répondit-il pour lui-même.
- Tu sais, je peux très bien le faire, je suis professeur de potions maintenant... rappela-t-elle.
Elle posa le bout de son index sur son torse pour mimer le reproche et l'embrassa alors qu'il s'apprêtait à répliquer. Elle recula dans un souffle et passa sa main dans ses cheveux.
- Je peux dormir ici ce soir ? demanda-t-elle après un coup d'oeil à la chambre.
- Tu devrais retourner chez toi après, on ne sait jamais...
Elle eut une moue de déception mais comprit, néanmoins, elle se dirigea vers la chambre.
- Tu viens ? lui dit-elle alors qu'il ne la suivait pas, se contentant d'observer ses courbes se mouvoir dans la pièce.
Il leva les yeux vers elle et elle y vit quelque chose d'étrange. Une sorte de serenité.
- Tu es belle.
Hermione, sous le coup de la surprise, rougit et fut gênée par sa nudité. Il s'approcha et posa sa main sur le bas de son dos, en plantant son regard dans le sien, puis déclara :
- Allons-y.
Elle lui sourit et ils entrèrent dans ce qui serait leur refuge pour la nuit, afin de graver dans leur mémoire cette soirée.
ooo
Le lendemain matin, ou plutôt, le lendemain midi, Hermione se leva pleine d'énergie et d'enthousiasme, prête non pas à préparer ses cours, mais à décorer son appartement. Elle commença par déballer ses affaires sur son lit et à accrocher diverses photos au-dessus de son bureau. Sur la plupart d'entre elles, on voyait ses amis, Ron et Harry, et le groupe de l'AD également, mais aussi ses parents. Elle les observa avec une lueur nostalgique dans le regard puis tomba sur des parchemins qui traînaient encore au fond de son sac. Curieuse, elle les déplia et tomba sur les deux noms du ministère que Dumbledore lui avait fourni... Merlin, elle avait complètement oublié !
Elle se promit de commencer à étudier sérieusement afin de leur proposer quelque chose de viable d'ici la fin du mois.
Elle eut l'impression d'avoir omis autre chose... Soudain, tout lui revint : l'omnis maxima ! Elle devait chercher ce qu'il avait voulu dire ! Comment avait-elle pu oublier cela ! C'était sûr, elle passerait son après-midi à la bibliothèque !
Mais avant cela... Elle noua ses cheveux en arrière et sortit sa baguette. Elle commença par les murs qu'elle décora de tapisseries rougeoyantes, puis le sol auquel elle ajouta un large tapis bordeaux devant le canapé et sous la table basse. Ensuite elle, arrangea la lumière, accrocha des rideaux à une fenêtre magique - elle voyait vraiment le parc, c'était en quelque sorte un transfert de fenêtre - et rangea ses livres dans la bibliothèque.
Elle soupira et regarda une dernière fois le résultat. L'ensemble était chaleureux, agréable à vivre, c'était parfait ! Elle se dirigea vers sa chambre et fit la même opération, mais de façon plus sobre tout de même. Elle laissa ses cheveux retomber dans son dos et rangea sa baguette, prit son sac, et sortit de chez elle. Lorsqu'elle ferma la porte à l'aide d'un sort de verrouillage, elle se sentit envahie d'un sentiment de plénitude, prête à avoir son autonomie. Enfin pour l'instant, elle n'en avait connu que le côté plaisant, bientôt, elle devrait enseigner à des étudiants de son âge...
Elle chassa ses angoisses et fonça aux cuisines pour grignoter un bon déjeuner, puis repassa par son bureau. Elle n'avait pas remarqué la liasse de parchemins qui s'y trouvaient tout à l'heure... Elle s'approcha et feuilleta les pages, c'était les cours de Snape, ce ne pouvait être que cela... Elle sourit. Elle s'était toujours imaginée qu'il n'avait aucun cours de préparé, mais visiblement, il se contentait de ne pas le montrer.
Elle décida de travailler le soir venu, pour profiter de sa journée de repos sans être occupée de pensées stressantes.
Elle alla donc à la bibliothèque afin de chercher des informations sur l'omnis maxima. Mais elle se rendit vite à l'évidence, elle ne trouverait rien d'autre que des informations purement scolaires, bien entendu ! Et elle n'irait certainement pas se renseigner auprès de Madame Pince sur un tel sujet... Elle continua néanmoins de parcourir les livres de Défense avancée dans les rangées concernées. Au bout de deux heures, elle avait appris beaucoup sur l'enchantement et son histoire, mais rien sur ses vertus aphrodisiaques... Elle s'agenouilla pour s'emparer du dernier livre de la rangée, poussiéreux et à la couverture obscure. Curieuse, elle ouvrit et rougit en découvrant l'intitulé qui apparut sur la première page à mesure qu'elle le lisait :
Les Propriétés Aphrodisiaques des enchantements.
Le sous-titre était déjà plus révélateur : Le sexe et la magie.
Hermione jeta un coup d'oeil vers Madame Pince et une fois assurée qu'elle était trop loin pour comprendre, elle commença sa lecture, se sentant comme un étudiant de troisième année devant une revue des Hot'Sorcières.
Jamais elle n'aurait cru que le sort de lévitation pouvait être utilisé à des fins... intimes ! Mais l'image était plutôt convaincante... Néanmoins, l'avertissement prévenant des dangers et énumérant les accidents qu'il avait causé la dissuadèrent totalement. Elle passa sur les drogues aphrodisiaques, et tomba enfin sur l'omnis maxima. Dix pages y étaient consacrées.
Ils détaillaient dans un premier temps la nature du sortilège, puis la difficulté à le mettre en oeuvre et enfin, les vertus individuelles de l'enchantement. Elle n'apprit rien, tout ce qui était dit, elle l'avait vécu. Mais la dernière page était plus intéressante... On y parlait de l'enchantement maîtrisé par le couple... Si les deux l'utilisent pendant l'acte, les sensations sont décuplées, l'osmose est physique et magique... L'auteur ne tarissait pas de son admiration et de son envie - n'ayant pu trouver lui même de partenaire maîtrisant le sort - et Hermione sentait la chaleur monter à ses joues en lisant les effets qui s'assimilaient encore une fois à une sorte de jouissance constante et d'épanouissement magique.
Il fallait qu'ils essaient. Elle lui en parlerait un jour ou l'autre...
Elle reposa le livre et sortir prudemment, comme si elle volait un livre, de la bibliothèque.
ooo
Il était sept heures et Hermione avait une mine affreuse. Devant sa glace, elle découvrit des cernes épouvantables et ses cheveux semblaient vouloir défier, une fois de plus, tout principe d'inertie. Elle s'arrangea de quelques coups de baguettes, plus par souci de paraître sûre d'elle que belle, et sortit, le pas chancelant, de son appartement.
Elle avait passé la nuit à lire les notes de Snape, à l'aide d'un sort de grossissement puisqu'il avait une écriture fine mais relativement minuscule, et s'était très vite emmêlée les pinceaux dans les différentes années. Aujourd'hui, elle avait cours avec des premières années, les septièmes années, et des troisièmes années. Ce n'était pas si effrayant pour certains mais en ce qui concernait ses camarades... Elle avala un café noir dans la grande salle, en louchant sur son oeuf qui réveillait de sympathiques nausées dans son estomac.
"Ne vous inquiétez pas Hermione, tout va bien se passer ! Vous avez tous les droits d'un professeur vous savez, enlever des points, donner une retenue...
Hermione regarda McGonagall l'air encore plus terrifié. Comment des élèves de son âge, Serpentard, accepteraient-il qu'elle leur enlève des points ? Et une retenue était encore plus dure à envisager... Quand Snape arriva à son tour, il lui jeta un coup d'oeil surpris et elle se sentit encore plus dépitée de savoir qu'elle devait ressembler à un zombie.
Enfin, il fut l'heure de monter à l'échafaud.
Dans la salle de classe, elle patienta quelques minutes puis décida d'aller leur ouvrir en avance, cela l'occuperait un tant soit peu. Les premières années, fort heureusement, étaient bien trop jeunes pour oser la défier, surtout qu'elle bénéficiait d'une certaine réputation... Elle put donc leur enseigner la potion contre les furoncles sans la moindre anicroche, et acheva même son cours d'une plaisanterie bien placée sur les usages possibles de la mixture. Néanmoins, elle fut étonnée du niveau de ses étudiants, certes ils n'avaient pas obtenu le résultat parfait, mais il n'y avait pas de catastrophe alors qu'elle s'y attendait vraiment. Peut-être que la classe était bonne. Ou bien peut-être que l'ancienne classe d'Hermione était lamentable, songea-t-elle en attendant les troisièmes années.
Cette fois-ci, elle eut droit à des Poufsouffle et des Serdaigle, ils étaient plus agités mais encore une fois, pas insolents. Elle dut toutefois menacer d'une sanction un farceur qu'elle n'avait jamais vu et qui devait avoir connu les jumeaux Weasley tant il se surpassait dans les blagues farfelues.
Quand à la fin de l'heure, il s'avança vers elle après avoir fait un clin d'oeil à son ami, elle se douta d'ailleurs qu'il avait encore préparé quelque chose et elle tenta de se donner une expression sévère et intransigeante pour lui ôter toute envie mesquine.
Rien n'y fit.
"Madame...
Pourquoi l'appelaient-ils tous "madame" ? Elle avait l'impression d'avoir vingt ans de plus à chaque fois...
- Oui ? fit-elle d'une voix forcée.
- Si jamais...
Il s'arrêta, bafouillant. Hermione surprise, l'invita à poursuivre :
- Si jamais un étudiant-vous-invitait-àdînervousrefuseriez ?
- Excuse-moi Nathan, je n'ai pas bien compris...
Il rougit et reprit en articulant bien :
- Si jamais un étudiant vous invitait à dîner, vous refuseriez ?
Ce fut au tour d'Hermione de rougir.
- Si jamais un étudiant me faisait une telle proposition, je lui suggèrerais de commencer par faire des efforts en potion, Nathan.
Il se ratatina et partit à toute vitesse, sous les rires de son camarade qui lui asséna un coup de poing sur l'épaule. Hermione quant à elle, les suivit des yeux, toujours étonnée.
Au déjeuner, elle partagea l'anecdote avec ses collègues, qui s'esclaffèrent tous, à l'exception de Snape qui s'efforçait de ne pas paraître intéressé mais buvait sans que le contenu de son verre ne diminue.
- Vous savez, j'ai moi-même été invitée dans ma jeunesse, expliqua McGonagall avec un sourire.
Tous renchérirent d'autres expériences personnelles et Hermione se sentit moins seule, rassurée que son jeune âge n'ait pas encouragé ce genre de farces. Et puis la situation lui rappelait étrangement la sienne, à un autre point de vue... Enfin, cela n'avait rien à voir mais quelque part, elle ne pouvait s'empêcher de faire le rapprochement.
- Et vous Severus, on vous a déjà invité ?
Tous les regards se tournèrent vers l'homme en noir. Il répondit, laconique :
- Non.
Et il sortit de table, Hermione le suivant des yeux avec un sourire amusé.
- Je suis sûr qu'il ment, dit Dumbledore en riant chaleureusement."
Hermione se sentit rougir et elle avala sa part de tarte à une telle vitesse qu'elle manqua de s'étouffer.
Le cours des septièmes années n'eut rien à voir avec les autres... Alors qu'elle avait déjà vécu l'expérience une ou deux fois, maintenant, les Serpentard n'étaient plus aussi réceptifs à ses menaces, sans doute parce qu'elle était désormais professeur à temps plein. Ils sabotèrent délibérément des chaudrons des Griffondors - alors que ceux-ci faisaient un grand effort pour rassurer Hermione - et Malefoy parlait toujours à haute voix sans la moindre gêne. Les points en moins n'offusquaient personne, et les menaces de retenue encore moins.
Hermione vit même Harry tenter d'ensorceler Malefoy pour qu'il se calme et elle fit de grands efforts pour ne pas sortir sa propre baguette. Si seulement elle avait le droit... Juste un maléfice, n'importe lequel...
Finalement, seuls dix élèves lui rendirent un flocon de potion, et aucune d'elle n'était réussie. Dès qu'ils eurent tous passé la porte, elle se prit la tête dans les mains et fondit en larmes, libérée de son stress mais prise de désespoir.
Comment pourrait-elle s'en sortir ? Comment avait-elle pu croire que c'était aussi simple... ? Elle devrait peut-être abandonner... Mais Dumbledore comptait sur elle maintenant... La meilleure solution était donc de fuir pour éviter son jugement. Mais Severus... Fuirait-il avec elle ? Ils n'auraient qu'à s'installer chez ses cousins d'Ecosse.
Elle rumina ses sombres projets durant toute la fin d'après-midi, avant d'aller dîner, des crevasses sous les yeux et une mine déterrée.
"Cours avec les septièmes années ? lui demanda Hagrid.
Elle s'assit à ses côtés et hocha la tête avec dépit.
- Tu te souviens de mon premier cours ?
Elle le regarda, les sourcils froncés. Comment aurait-elle pu oublier ? Des hippogriffes !
- Je m'en souviens.
- Eh bien ça a plus ou moins marché non... Si on oublie l'incident...
- Où veux-tu en venir ? interrogea-t-elle avec curiosité.
- Il faudrait peut-être tenter une approche nouvelle, éviter de suivre les cours de ton prédecesseur et les impressionner.
Les impressionner n'était pas vraiment le terme exact pour le premier cours qu'Hagrid avait donné, les "terroriser" paraissait autrement plus adéquat.
- Il faut être ferme Hermione, je sais que c'est difficile dans votre situation, conseilla McGonagall qu'elle n'avait même pas vu arriver.
- Je crois que c'est peine perdue pour cela, Minerva, répliqua Hermione un peu froidement.
Comme si elle n'avait pas tenté d'être ferme...
- Prenez l'exemple de Severus, continua la directrice des Griffondor.
L'intéressé, assis deux places plus loin, les regarda et haussa un sourcil. McGonagall continua plus doucement :
- Mais par pitié, ne favorisez pas les Serpentard... murmura-t-elle à Hermione."
Cette dernière détourna le regard de Snape qui se fit plus froid quand il constata qu'elles parlaient de lui à voix basse. C'était fou ce que la situation était agréable à vivre ! Elle jeta un coup d'oeil vers la table des griffondor et vit ses amis en pleine conversation. Elle étouffa son amertume et écrivit un petit mot sur un parchemin qu'elle fit apparaître, les invitant chez elle après le dîner. Elle le plia discrètement et le rangea dans sa poche, puis sortit de table. Elle jeta un coup d'oeil à Snape en passant derrière lui et elle crut sentir le sien dans son dos.
Elle eut l'envie très forte d'être avec lui pour oublier cette mauvaise journée, mais elle voulait aussi voir Harry, Ron et Ginny. Elle ensorcela le message et le regarda s'envoler vers sa destination tandis qu'elle rentrait chez elle.
Ce fut une soirée agréable en leur compagnie, chacun parvenant plus ou moins à la rassurer pour les cours à venir. Ginny proposa même de menacer d'un chauve-furie les étudiants, mais Hermione lui rappela que c'était à elle de s'imposer, et à elle seule. La rouquine grogna quelque regret et s'enfonça dans le canapé devant le sourire amusé de Harry. Aux environs de onze heures, alors qu'ils s'apprêtaient à prendre congé, trois coups furent frappés à la porte.
"Tu attends quelqu'un ? demanda Harry surpris.
Hermione fronça les sourcils et fit non de la tête. Elle hésita puis alla ouvrir. Mais par réflexe, elle ne fit qu'entrebaîller la porte. Le visage de Snape apparut dans l'embrasure. Il se pinça les lèvres en constatant qu'elle n'ouvrait pas plus et elle murmura une explication :
- Je ne suis pas seule... Harry, Ron et Ginny sont là, s'empressa-t-elle d'ajouter.
- Oh...
- Tu veux que je passe tout à l'heure ? demanda-t-elle comme il ne partait pas.
Il tiqua à la question et répondit qu'il ferait sa ronde. Et qu'ils avaient intérêt à partir avant le couvre-feu. Hermione haussa les sourcils et le regarda partir sans un mot, elle referma la porte et se retourna vers ses amis.
- C'était qui ?
- Dumbledore. Voulait savoir si l'appartement me convenait, ajouta-t-elle en évitant leurs regards.
Ils ne posèrent pas d'autre question et s'habillèrent pour partir, et au moment où Ginny lui fit la bise, la rouquine chuchota avec un sourire complice :
- J'espère qu'on n'a pas gâché une soirée en tête à tête..."
Hermione fit semblant de rien et la salua d'un dernier signe de main.
Severus avait paru vexé, qu'avait-elle dit de mal ? Tu veux que je passe tout à l'heure ? C'est vrai que la formulation n'était pas idéale, c'était comme si elle n'en avait pas eu envie... Avait-il cru cela ? Il avait sa fierté après tout... Elle regarda alentour, et revêtit une robe de plus pour sortir à son tour. Elle était épuisée, mais elle n'avait pas envie de le quitter dans ces circonstances pour cette journée...
Elle marcha, les minutes passaient, et elle guettait le moindre bruit... Elle avait l'impression de faire une sorte de cache-cache géant dans Poudlard... Enfin, elle le trouva, dans le hall vide. Il était sur le point de tourner dans un autre couloir et elle l'appela :
"Severus !
Il se retourna, et jeta un coup d'oeil pour vérifier qu'ils étaient seuls.
- Qu'est-ce que tu fais là ?
- J'avais envie de te voir.
Il la regarda un instant, comme s'il prenait conscience qu'elle disait cela pour se faire pardonner de son autre réplique. Il finit par acquiescer et fit un geste de la main pour l'inviter à marcher. Elle lui sourit et ils continuèrent leur ronde ensembles.
- Tiens au fait... Il faudra que tu me donnes quelques conseils pour les cours, j'ai des problèmes de discipline.
- Tu n'as qu'à les menacer de me les envoyer en retenue, répondit-il les yeux lumineux.
- Tu es vraiment sadique, n'est-ce pas ? fit-elle innocente.
- Je peux changer...
- Absolument pas ! Je ferai ça... Enfin, pour les Serpentard, je ne pense pas que ça marchera, ajouta-t-elle pensive.
- A toi de renouveller l'imaginaire des retenues, Hermione Granger, dit-il sournois.
Elle fronça les sourcils et s'avoua que l'idée était séduisante. Puis elle prit conscience qu'il était en train de déteindre sur elle...
- Severus Snape, ne fais pas de moi une Serpentard ! Je trouverai un autre moyen !"
Il haussa les sourcils et soupira de déception, avant de lui proposer de retourner chez eux, ou plutôt, chez lui.
Fin du chapitre 26 ! Le prochain est presque achevé, donc il viendra dimanche prochain...
