Chapitre 25, Liberté

Cela faisait dix bonnes minutes que le train était lancé à toute vitesse au cœur de la campagne écossaise. Un sentiment de mélancolie avait gagné tout le compartiment qu'occupait Ellie, Jane et Rachel.

- Vous vous rendez compte que c'est l'avant-dernier trajet, soupira Jane.

- Arrête on va pleurer, taquina Rachel.

Ellie adressa un regard complice à son amie, sachant très bien que cette dernière était tout aussi perturbée de la rapidité dont les années s'étaient écoulées.

- Alors, tu comptes voir James pendant les vacances ? demanda Jane.

- J'espère bien mais faudra voir si ma mère veut bien.

- Oui enfin, tu es majeure donc tu fais ce que tu veux ! objecta Rachel en haussant les épaules.

La rousse hocha la tête et son regard se perdit dans le lointain du paysage. Le matin, elle avait écrit une lettre à sa mère pour lui expliquer qu'elle avait désormais un héritage et qu'elle voulait avoir une discussion sérieuse. Mais au fond, la jeune fille ne savait absolument pas comment elle allait commencer la conversation et appréhendait ce moment.

Soudain, la porte du compartiment s'ouvrit laissant apparaître Scorpius et Johanne.

- Vous auriez pu frapper ! J'ai failli avoir une attaque, ronchonna Rachel pour la forme.

- On voulait juste passer faire un coucou à Ellie, déclara Johanne avec un sourire bienveillant.

Mais cela ne trompa personne et Rachel le fit bien savoir.

- Dites plutôt qu'une certaine Weasley a entendu une conversation entre James et Ellie et qu'elle a répété cette histoire à son merveilleux amoureux qu'est Scorpius.

-Sache jeune blairelle que tu as totalement faux, répondit le jeune blond en relevant le menton. Ma petite-amie n'est pas une fouineuse. C'est plutôt James qui a raconté à Johanne que tu étais face à un dilemme. Lui au moins, sait qu'on peut t'apporter quelque chose.

Ellie se tortilla sur place, tentant de masquer son malaise. Pourquoi James en avait-il parlé ?

- Commence pas à te monter le chapeau Ellie, intervint Johanne qui semblait avoir compris ce qui se tramait dans la tête de la jeune fille. James ne veut que ton bien et il sait qu'on peut t'apporter quelque chose en plus que lui ne le pourra. Alors maintenant, tu bouges tes jolies fesses et tu viens dans notre compartiment.

La Poufsouffle se retint de dire qu'elle n'avait pas forcément envie que tout le club des maudits soient présents mais cela revenait à cracher sur ceux qui lui avaient tendu la main lorsqu'elle n'était pas au meilleur d'elle-même.

Cependant, dans le compartiment, il n'y avait finalement que Scorpius et Johanne, au grand soulagement d'Ellie.

- On s'est dit que tu serais plus à l'aise si c'était qu'entre nous. Et puis, les autres sont soit trop jeunes, soit une histoire trop différente, expliqua Johanne pendant qu'ils prenaient place sur une banquette.

- Bon alors, qu'est-ce que vous a raconté James ? dit Ellie dans un souffle.

- Que tu as reçu une lettre de ton père ainsi que son héritage et que tu es un peu paumée par rapport à tout ça. Il a dit aussi que dans la lettre, il te conseillait de parler avec mon père si tu voulais plus d'informations.

La Poufsouffle opina du chef silencieusement et plongea son regard tour à tour dans les yeux de Scorpius et Johanne.

- Qu'est-ce que vous en pensez ? C'est totalement fou cette histoire ! Je n'avais jamais pensé qu'une telle chose puisse se produire un de ces jours et je me retrouve totalement projetée au milieu de quelque chose dont je n'ai absolument pas le contrôle.

- Comment ça ? encouragea Johanne.

- Déjà, j'ai peur de blesser ma mère et puis, il me dit que je peux prendre son nom mais c'est de la folie totale, je crois qu'il n'a pas conscience ce que cela implique.

- Tu peux toujours me demander, moi je porte bien le nom de Malefoy.

- Oui mais toi ton père s'est racheté et même ton grand-père a pu éviter la prison, répondit du tac au tac Ellie. Et d'un autre côté, je me dis que si je prends le nom de mon père , cela voudra dire que j'assume totalement qui je suis et je pourrais aussi prouver que les Nott font des bonnes actions et ne pensent plus une seule seconde à la pureté du sang.

- Je ne sais pas si beaucoup y pense encore ceci dit, coupa Scorpius.

- Mais tu comprends l'idée, coupa Johanne avec agacement.

- J'ai peur aussi qu'on croit que je profite de la fortune de mon père, avoua Ellie après un silence.

- Aux détraqueurs les gens qui pensent ça ! Tu te soucis trop de ce qu'on peut penser de toi, dit Scorpius.

- Tu sais aussi bien que moi à quel point c'est important, surtout quand on porte un passé tel que celui-là sur nos épaules. A n'importe quel moment, on tentera de nous faire couler Scorpius.

- Je suis d'accord avec El', affirma avec vivacité Johanne. Tu sais, en ce qui concerne l'héritage, je ne pense pas que tu devrais cracher dessus. Il te suffirait juste de… trouver un compromis !

Le regard de Scorpius s'illumina.

- Tu veux dire… Comme rendre cet héritage en quelque chose d'utile ?

- Mais tu es une génie Johanne ! s'exclama Ellie alors que la Gryffondor souriait de toutes ses dents.

- Reste à savoir, quoi comme chose utile, précisa Scorpius. Tu as le temps pour ça. Je voulais te dire, pour ma part, que tu peux venir au manoir cet été pour discuter avec mon père. Il faudra évidemment envoyer un hibou et prévenir de ta venue.

Ellie s'apprêtait à remercier le garçon quand une ombre passa devant le compartiment et l'obligea à lever la tête. James avait une petite moue qui se voulait timide et il entra lorsqu'il vit Scorpius lui adresser un signe de la main.

- On va vous laisser, déclara le blond en se levant.

- N'oublie pas qu'on est là, compléta Johanne. J'ai été très heureuse de te connaître cette année Ellie et j'espère qu'on ne perdra pas contact.

- Finalement, tu fais quoi l'année prochaine ?

- Je pars étudier les dragons dans l'Est de l'Europe mais je reviendrai régulièrement.

- Tu vas me manquer l'année prochaine, dit Ellie en se levant pour serrer son amie dans les bras. Merci pour tout…

- Merci à toi, chuchota Johanne avant de rejoindre Scorpius dans le couloir et de fermer la porte du compartiment.

Ellie s'installa à côté de James qui avait la bouche tordue, de crainte de se faire disputer. La jeune fille se retint d'exploser de rire et déposa un baiser sur la joue du garçon qui se mit à sourire légèrement.

- Tu ne m'en veux pas d'en avoir parler ? Je voulais t'aider, ça a marché ? Tu sais, je ne supportais pas de te voir pensive et puis, même si tu essaies de le cacher, tu avais ton regard triste et moi je n'aime pas ça, débita James avant de plonger son visage dans le cou d'Ellie.

- Ça m'a soulagé et j'y vois déjà un peu plus clair, rassura la jeune fille en caressant les cheveux du garçon.

Ce dernier déposa un millier de baisers sur la peau d'Ellie avant de remonter pour atteindre ses lèvres.

- Tu vas me manquer, avoua-t-il. Tu me promets qu'on se verra pendant les vacances ? Je ne vais pas pouvoir tenir sans toi pendant deux mois.

- Je te le promets, répondit-elle avec un grand sourire, le cœur léger.

- J'ai quelque chose à te montrer, annonça le brun en se détachant de la jeune fille et en sortant un journal de sa poche de jean arrière. L'article de Parvati Patil est paru…

Le cœur d'Ellie manqua un battement et elle s'approcha de James pour voir de plus près l'article. A vrai dire, c'était un numéro spécial consacré à Poudlard et sa participation au tournoi international.

- Je t'attendais pour le lire, précisa-t-il doucement.

La jeune fille serra la main de son petit-ami avant de pencher le nez sur l'article.

La première page était très informative et relatait d'une façon très exacte l'origine du Tournoi International de Duel, l'article parlait ensuite de la participation de Poudlard dans cette compétition, expliquait comment les entraînements avaient été réalisés ( comprenant une critique élogieuse d'Altaïr) et le lieu du tournoi.

- C'est constructif, s'étonna Ellie. Finalement, on a peut-être une chance de ne pas s'être fait descendre…

- On va voir ça, dit James en tournant la page du journal et tombant sur la partie qui les intéressait et qu'ils craignaient tant: celle où on parlait d'eux. Cela ne pourra jamais être pire que l'autre Skeeter après tout…

Les participants au tournoi

Je me suis longtemps demandée si je devais écrire un article sur ces jeunes participants et la façon dont je devais amorcer le sujet. Depuis ce scandale du dernier article de Skeeter, je me suis questionnée s'il était vraiment nécessaire de mettre des enfants sur le devant de la scène. Mais après réflexion, je me suis dit que ces adolescents ont gagné le tournoi international de duel et il est hors de question de les mettre de côté. Et puis c'était l'occasion de me faire ma propre idée sur ces enfants qu'on dit trop gâté, héritiers d'un talent ou encore d'une magie noire prête à surgir à n'importe quel moment…

J'ai rencontré ces jeunes après le tournoi auquel j'ai assisté en tant que simple spectatrice. Ça m'a fait vraiment étrange de me retrouver face à tous ces élèves dans cette merveilleuse école qu'est Poudlard. C'est une autre génération, ils n'ont pas les mêmes soucis que nous avions à leur âge mais une chose est certaine: il y avait une entente entre les maisons que je n'avais jamais vu tout au long de ma scolarité.

On m'a souvent dit que le niveau de Poudlard était en baisse mais je peux vous assurer que ce ne sont que des inepties. Les enfants savent se canaliser (contrairement à d'autres dans certaines écoles)et sont capables de vous enchaîner une série de sort d'une rapidité proche de l'excellence. J'étais heureuse de voir ces gamins (dont on dit toujours qu'ils sont fainéants et que c'est une génération qui part en poudre de cheminette) se battant pour l'école et dans une cohésion à en faire pâlir certaines équipes de Quidditch!

J'ai discuté avec eux. Le jeune James Potter (blessé lors du tournoi par un coup interdit) était déçu de ne pas être allé jusqu'au bout mais il avait vu son équipe gagner "et c'était le plus important".

Quand j'ai demandé à Remy Wildsmith et Dominique Weasley s'il y avait eu des rivalités au sein de l'équipe, ils ont simplement éclaté de rire et m'ont expliqué "c'était Poudlard qu'on voulait faire gagner, pendant les entraînements, il n'y avait plus de maison. On était une équipe".

"Je me suis entraînée dur, parfois on a envie de baisser les bras et on n'a pas le courage de s'entraîner car il fait froid et qu'on a mal partout mais ensuite, quand le résultat est là, on est fier du chemin parcouru" m'a expliquée la jeune Ellie Kazee (qui ne ressemble absolument pas à ce que j'ai pu lire sur elle quelques mois plus tôt). Je sens la passion dans sa voix et n'importe qui peut voir son regard s'illuminer lorsque je la félicite d'avoir marqué le point décisif pour faire gagner Poudlard.

Il n'y en a pas un seul qui n'a pas apporté sa pierre à la réussite de cette équipe. Et je suis fière d'eux, parce qu'on a tous gardé quelque chose de Poudlard au fond de nous.

Ce que j'en retire ? Je suis impressionnée et fière de ces jeunes qui ont tout fait pour représenter leur école et que finalement, certains journalistes devraient vérifier un peu plus leurs sources (bien que le lion ne s'associe pas avec le cafard).

Vous trouverez ci-joint, les résultats de chaque élève lors du tournoi en détail.

Ellie souffla de soulagement. Rien de méchant, rien sur son passé. Juste, une enquête et un ressenti d'une journaliste.

- S'ils pouvaient tous être comme ça, murmura James.

- Je suis tellement soulagée.

- On pourra dire merci à Altaïr, c'est lui qui a choisit cette journaliste.

Ellie dodelina de la tête, pas vraiment certaine du comportement à adopter envers Altaïr. Elle lui en voulait de lui avoir caché la vérité sur son père mais c'était totalement stupide car il faisait partie du corps enseignant et il suivait simplement les ordres. La vérité était qu'elle avait tellement été proche de ce mentor lors des entraînements qu'elle en avait quasiment oublié la barrière administrative et hiérarchique. Elle avait plus l'impression qu'Altaïr était un oncle respectable qui lui disait quoi et comment faire les choses et qui savait comment s'y prendre avec elle pour la mener au plus haut de son art. Il avait été un pilier pour elle cette année.

- Oui, tu as raison.

James et Ellie restèrent quelques temps dans le compartiment, parlant de tout et de rien et profitant des derniers instants qui leur étaient accordés.

- Je t'enverrai une lettre pour te dire quand est-ce que tu pourras venir. On part deux semaines avec ma famille en Suisse dans quelques jours.

- C'est vraiment super ça !

- Je n'arrive même pas à en être heureux tellement tu vas me manquer, bouda James.

- Oh non, faudra que tu profites surtout, répondit Ellie bien qu'elle comprenait parfaitement le brun.

James lui adressa un sourire radieux de ses yeux rieurs et Ellie prit dans ses bras ce garçon qu'elle aimait tant.

- C'est juste parfait nous deux, chuchota-t-il.

Au bout de quelques heures, Ellie proposa à James de rejoindre le compartiment où ses amies se trouvaient. Il accepta à condition de ramener également ses propres amis.

La fin du voyage se déroula donc dans un compartiment rempli d'adolescents jouant à la bataille explosive et à la Plume Sauteuse.

Lorsque le train se mit à ralentir et que le paysage se fit familier, une boule se logea dans la gorge d'Ellie. James avait placé son bras autour de la taille de la Poufsouffle et plus les minutes passaient, plus il se pressait contre elle. Puis le train s'arrêta et tout le monde se leva.

- Autant attendre que tout le monde soit descendu non ? proposa James à l'oreille d'Ellie.

- James tu n'as même pas ta valise avec toi, je t'attends sur le quai, c'est promis.

Elle déposa un baiser sur les lèvres de son amoureux, tentant de ne pas montrer son trouble de le quitter pour un long moment.

Le quai de la gare était bondé comme tous les ans. Les parents criaient, certains élèves pleuraient tandis que d'autres se serraient dans les bras. Ellie regarda autour d'elle en avançant tranquillement sachant pertinemment où sa mère l'attendait. Mais elle prit le temps de regarder autour d'elle et observa tous ces septièmes années qui se tombaient dans les bras pour se faire leurs adieux. L'an prochain, ce serait son tour et elle n'avait franchement pas envie d'y être.

- Ellie ! résonna une voix qui fit tourner la tête à Ellie pour voir que c'était Johanne.

La Gryffondor lui sauta dans les bras et la Poufsouffle sentit les larmes lui monter aux yeux.

- Oh Johanne ! On se reverra vite…

- Profite bien de ta dernière année surtout, conseilla Johanne les yeux rouges. Poudlard va me manquer. Je venais te dire une fois de plus au revoir, c'était bien trop rapide dans le train. On essaiera de se voir à Pré-au-Lard lorsque je serai en repos.

- Fais gaffe à toi avec les dragons !

- Ne t'inquiète pas pour moi va. Allez, à un de ces jours !

Les deux jeunes filles se serrèrent une fois de plus dans les bras avant que Johanne ne rejoigne sa famille.

Ellie aperçu James au travers de la foule, il tirait sa grosse male et fut rapidement alpagué par sa mère. La jeune fille ne sût que faire et préféra se diriger vers Rachel et Jane qui ne se trouvaient pas loin.

- Hey les filles ! On se revoit pendant les vacances !

- Évidemment, répondit Jane en lui claquant la bise.

- Puis tu nous tiens au courant de tout si tu vois ce que je veux dire, ajouta Rachel avec un sourire complice.

La jeune fille éclata de rire et dévia son regard vers James qui venait de l'appeler et se dirigeait désormais vers elle d'un pas décidé. Une fois en face d'elle, il la prit dans ses bras.

- Je suis désolée, ma mère m'a sauté dessus…

Avant qu'Ellie n'ait pu dire quoique ce soit, le garçon s'était emparé de ses lèvres ne songeant apparemment pas une seule seconde que tout le quai pouvait les voir. Sauf qu'elle oublia rapidement le monde autour lorsque le jeune homme passa sa main dans ses cheveux, lui caressant par la même occasion le cou et s'agrippant fermement à sa taille de son autre main.

- Tu vas me manquer, chuchota-t-il d'une voix tremblante et revolant ensuite ses lèvres.

- James…

- Je t'aime, dit-il en collant son front contre celui de la jeune fille tremblante.

- Je t'aime aussi, répondit-elle.

James déposa un baiser sur son front et lui attrapa la main, l'entraînant vers sa famille. Ce fût donc une Ellie rougissante qui souhaita bonjour aux parents de James.

- Bonjour jeune fille, dit Mrs Potter.

- Félicitation de ta réussite au tournoi ! lança Mr Potter. J'espère qu'on se verra bientôt.

L'homme jeta un coup d'œil "discret" à son fils puis adressa un grand sourire à Ellie.

Le quai s'était désormais bien vidé et Ellie vit sa mère sous la pancarte indiquant un plan des trains pour sorciers.

- Je vais devoir y aller, à bientôt Mr et Mrs Potter.

- Attends, dit James de nouveau et d'entraîner Ellie à l'écart.

La jeune fille adressa un regard à sa mère qui l'avait désormais vu. Elle plongea ses yeux dans ceux de James et ce qu'elle y vit la fit fondre. Il semblait réellement triste et inquiet.

- Je voulais juste encore un dernier moment avec toi, dit-il avant de la serrer contre lui.

La Poufsouffle en était toute retournée. Elle ne savait pas qu'elle comptait tant.

Lorsqu'il releva la tête, ses lèvres étaient pincées et son regard fuyant. La jeune fille caressa la joue du garçon et se mit sur la pointe des pieds pour déposer un dernier baiser.

- Tu vas me manquer aussi. Je t'aime.

Elle ne lui laissa pas le temps de répondre, sachant pertinemment que les adieux n'allaient jamais en finir s'ils continuaient ainsi. C'est la gorge serrée qu'elle lui adressa un sourire et se tourna vers sa mère.

Arrivée devant cette dernière, elle la prit dans ses bras et sans trop savoir pourquoi, Ellie éclata en sanglot.

- Allons boire un verre, proposa simplement la mère d'Ellie.

- Il y a apparemment eu beaucoup d'émotions cette année à ce que je vois, dit simplement sa mère alors que le serveur déposait des verres de sodas sur la table.

- J'ai appris et vécu beaucoup de chose, ça fait quand même tout drôle en une seule année à mon âge, répondit Ellie d'une voix rauque et les yeux encore brûlants. Maman, j'ai besoin de savoir et de comprendre mon passé. Je ne veux plus qu'on se cache des choses...

- J'ai reçu ta lettre et je pense que tu as raison. Je dois te dire ce qu'il en est sinon on n'y arrivera jamais toutes les deux.

- Maman… Tu ne m'as jamais vraiment dit ce que vous aviez vécu mon père et toi du coup je n'ai jamais vraiment su quoi penser de cet homme.

- Ton père ne m'a jamais parlé en détails de son passé. Tout ce que je sais, c'est qu'il le regrettait et il me disait souvent qu'il aurait voulu avoir plus le "choix". J'ai rencontré ton père deux ans avant ta naissance dans un bar de sorciers à Montréal. Le courant est tout de suite passé et il m'a avoué qu'il était en cavale. Il n'a jamais cherché à le cacher. J'étais légèrement rebelle et éperdument amoureuse. La guerre avait fait grand bruit mais je ne voulais pas en savoir plus sur son passé. Il a été là lorsque je n'allais pas bien non plus. J'avais des problèmes de jeunes adultes, j'étais perdue dans ma vie et mal dans ma peau mais lui était là pour me sentir vivante. Tout ce que nous avons vécu était simple et on s'aimait. Je suis tombée enceinte et il m'a demandé de le suivre au Royaume-Unis. Puis son passé a finit par le rattraper. Des anciens alliés voulaient sa peau car il avait réussit à s'en sortir juridiquement.

- Est-ce-que tu sais ce qu'il a fait pendant la guerre ?

La mère d'Ellie hocha négativement la tête.

- Je suis désolée, je ne peux pas répondre à ces questions. Ton père t'aimait Ellie…

- Pourquoi tu n'as jamais voulu en parler avant ? demanda la jeune fille les larmes aux yeux.

- Je te trouvais trop jeune et puis, cela me rappelle des choses qui me font mal. Ton père est parti avec mon accord mais ça a été un moment très difficile… J'aurai aimé que les choses se passent différemment, expliqua Mrs Kazee la voix tremblante.

- On ne pouvait pas le protéger ? Pourquoi n'a-t-il pas demandé l'aide du ministère ?

- Il ne le voulait pas.

Ellie éclata en sanglot et vit que des larmes coulaient le long des joues de sa mère.

- Je veux qu'on rentre à la maison maintenant, dit-elle en reniflant.

- Comme tu veux ma fille, je suis prête à en reparler plus tard si tu le souhaites. Je ne veux plus que cette histoire nous fasse souffrir.

Les deux femmes rentrèrent toutes les deux et une fois chez elles, chacune se mit à ses affaires. Mrs Kazee prépara le dîner pendant qu'Ellie monta sa valise et rangea celle-ci (avec l'aide de la magie). Elle était fatiguée de sa journée et se sentais vidée. Elle était heureuse d'avoir pu discuter avec sa mère et savoir qu'elle pouvait désormais parler de son père lui procurait un bien fou.

Cependant, une nouvelle boule d'angoisse s'était logée au fond de son estomac. James lui manquait déjà terriblement. Elle voulait être avec lui et pouvoir discuter de ce qu'elle avait appris sur son père. Elle se demandait ce qu'il faisait à cet instant et elle voulait déjà lui écrire une lettre. Elle se rappela l'échange de lettres qu'ils avaient eu lors des vacances de Noël et cela lui arracha un sourire niais. La jeune fille se leva et déverrouilla un tiroir de son bureau pour en sortir une petite boite. Là-dedans, toutes les lettres de James était rangée précieusement. Elle était probablement ridicule… Mais elle s'en fichait totalement. Parce que James, c'était toute sa vie.


Note de l'auteur: Bonsoir tout le monde, j'espère que ce nouveau chapitre vous a plu !

Alors, qu'en avez vous pensé ? De l'article ? Des adieux ? De la façon dont Ellie est amoureuse (j'ai voulu faire passer ce côté immature qu'on peut avoir dans une relation lorsqu'on est jeune, toujours un peu dans le trop justement) ?

Merci à ceux qui me laissent des commentaires, ça m'encourage ENORMEMENT et ceux qui ne l'ont jamais fait, sachez qu'il n'est jamais trop tard (surtout que la fiction touche à sa fin).