Chapitre vingt-sixième.
C'était comme respirer après avoir été longtemps sous l'eau. C'était comme retrouver le sol alors qu'on avait le vertige. C'était une délivrance, un soulagement. Dans les premières secondes. Jusqu'à ce qu'Hermione réalise ce qu'il se passait réellement. Jusqu'à ce que son cerveau se remette en marche, jusqu'à ce que la culpabilité refasse surpasse. Elle s'écarta de Drago comme si le contact l'avait brûlée et sentit son cœur s'accélérer encore plus. Elle ne dit rien alors que Drago la regardait d'un air abasourdi et elle s'échappa de la chambre. Elle fuit alors de cette situation, de ses sentiments, de toute cette complexité. Elle s'enferma dans sa propre chambre et se prit la tête entre les mains. Qu'avait-elle fait pour mériter cela ? Comment avait-elle pu ? Elle n'était pas censée faire cela, agir ainsi. Que diraient ses amis ? Que dirait l'Ordre ? Elle se sentait honteuse. Ils se battaient dehors, ils risquaient leur vie, certains cherchaient des horcruxes et elle, elle, se prélassait dans un manoir et elle embrassait Drago. C'était ça sa solution à son ennui ?
Avait-elle réellement fait ça par ennui ? Non. Mais comment avait-elle pu tomber sous le charme de Drago Malefoy ? L'être le plus détestable de Poudlard. Il fallait qu'elle s'enfuie, il fallait qu'elle parte de ce manoir qu'elle s'éloigne de Drago surtout. Elle ne savait plus réellement ce qu'il se passait en elle et ça l'effrayait. Elle ne se contrôlait pas quand elle était avec lui, ou plutôt elle ne se contrôlait plus et ça la terrorisait. Elle avait le contrôle sur tout, constamment sauf quand elle était avec lui ou quand il s'agissait de lui. Elle avait été aveuglée par cette vie, par la découverte de la complexité de Drago mais elle venait de revenir sur terre. Il fallait qu'elle s'échappe. Il n'y avait aucune issue mais il fallait qu'elle le fasse.
Elle soupira. Ce serait mentir de dire qu'elle n'avait pas apprécié ce moment, de dire que ça n'avait pas été une délivrance, que ça n'avait pas été un déferlement de sentiments et de sensations. Elle se laissa submergée par les sentiments et ferma les yeux. Elle l'avait attendu, elle l'avait voulu depuis plus longtemps qu'elle n'oserait l'avouer elle-même. Elle sentit son cœur se serrer. Comment toute cette situation avait-elle pu devenir si compliquée ? Comment elle et lui avaient pu en venir à ce point ? Ils étaient si différents. Et pourtant, non. Elle sentait bien qu'il y avait des similitudes et qu'elle l'appréciait réellement. Elle s'était déjà avouée qu'elle ne pouvait pas le quitter, qu'elle ne pouvait pas l'abandonner mais elle se demandait si ce n'était pas la seule solution après tout. Il ne voulait pas la laisser partir et elle comprenait mais elle le devait. Les mois avaient défilé rapidement. Trop rapidement. Elle était ici depuis trop longtemps.
Le lendemain matin, elle avait l'impression que sa tête était submergée. Elle soupira et s'enroula dans ses couettes espérant que toutes ses questions allaient disparaitre d'elles-mêmes. Mais elles ne disparurent bien évidemment pas. Elle se traîna hors du lit tout en sachant qu'elle devait faire face une nouvelle fois à Drago et qu'elle devait lui expliquer. Elle se demandait encore ce qu'elle pouvait bien lui dire puisqu'elle-même n'avait pas d'explications. Elle ouvrit la porte de sa chambre et vit, assis contre le mur face à sa porte, Drago qui l'attendait. Il se leva gracieusement et se planta devant elle. Il y eut un silence qui dura quelques secondes.
- Je suis désolée de m'être enfuie hier soir, je…
- Tu es effrayée. Je sais, moi aussi. C'est déjà tout nouveau pour moi tout… tout ça. Et même si tu ne devrais pas faire ça avec moi d'un point de vue moral, sache que je ne devrais pas le faire d'un point de vue de mangemort. Alors j'imagine qu'on est dans la même situation, quelque peu, conclut Drago.
- On ne devrait pas, souffla Hermione. Tout ça est trop compliqué et ça nous dépasse.
- Mais j'en crève d'envie.
Hermione sentit son estomac se nouer et la chaleur se répandre dans son corps. Elle voyait son regard désespéré, et ses cheveux emmêlés et son insupportable habitude de toujours faire les cents pas quand il parlait de choses qu'il ne maitrisait pas. Et elle avait envie de l'embrasser encore une fois. Et encore. Et encore. Si elle ne devait écouter qu'elle-même, que ses instincts, elle le ferait.
- Écoute, tu as 18 ans et moi presque 18 aussi. À nos âges on ne devrait même pas penser à ce genre de chose. On ne devrait qu'écouter nos instincts et se jeter l'un sur l'autre sans penser aux conséquences, ajouta Drago alors que Hermione laissa échapper un petit rire.
- Mais on n'est pas n'importe quelles personnes de 18 ans, enfin, on est tous les deux empêtrés dans une guerre. Ce n'est pas pareil. On est dans des camps adverses et même si je sais que tu n'as jamais souhaité être dans le camp de Voldemort, les autres ne le savent pas et de plus, tu ne les quittes pas, expliqua Hermione. On ne doit pas seulement écouter nos instincts, c'est plus compliqué que ça.
- On est tous les deux dans ce manoir, juste tous les deux. Ce ne sera compliqué que lorsqu'on quittera ce manoir, répondit-il en s'approchant d'Hermione. Pour l'instant rien ne nous empêche de faire quoique ce soit. Personne ne nous voit. Personne ne nous écoute.
Hermione leva son regard vers lui et soupira. Il avait raison. Tout deviendrait compliqué que plus tard. Et qu'ils se soient embrassés une fois ou mille fois ne ferait aucune différence au moment où ils sortiront de ce manoir. Elle sentait son souffle qui s'écrasait sur son visage et elle savait qu'après avoir cédé à la tentation elle ne pourrait plus y résister. Elle franchit les derniers centimètres qu'il y avait entre eux et l'embrassa. Il passa une main dans son dos et l'autre au niveau de sa nuque et la rapprocha de lui. Elle s'accrocha alors à sa chemise, tentant tant bien que mal de rester sur ses pieds. C'était comme si chaque baiser la renversait et la plaquait au sol. C'était trop. Beaucoup trop.
Drago descendit sa bouche, embrassant sa peau le long de sa mâchoire puis le long de son cou et Hermione sentit sa peau s'embraser. Elle remonta ses mains vers les cheveux de Drago, soupirant d'aise. Il remonta sa bouche vers son oreille et embrassa la peau juste en dessous de l'oreille. Elle crut alors l'entendre murmurer « je suis à toi » mais elle n'en était même pas sûre tant elle était enivrée par le moment.
Ils entendirent un raclement de gorge et se séparèrent abruptement comme pris sur le fait. Wooky les regardait avec malice mais ne dit rien. Drago se tourna vers lui et soupira, il savait très bien ce qu'il venait dire.
- Monsieur vous m'aviez demandé de vous rappeler que vous avez une réunion ce matin. Il ne faudrait pas que vous tardiez à partir, annonça Wooky.
Drago passa une main dans ses cheveux et quitta le couloir sans un mot, sans un regard. Hermione se pinça les lèvres. Les réunions n'annonçaient jamais rien de bon bien entendu et c'était une torture pour Drago que d'y aller. Elle croisa le regard rieur de Wooky qui l'observait. Hermione Granger, les cheveux en bataille, les joues roses et les lèvres rouges. Elle rougit et tenta de remettre ses cheveux en place. Elle s'approcha de Wooky.
- Il en a eu une il y a peu de temps, comment se fait-il qu'il y en ait encore une aujourd'hui ? Demanda Hermione piquée par la curiosité.
- À cause des récents évènements, Miss, répondit Wooky.
- Comment ça ? Que s'est-il passé ?
- Je ne peux rien vous révéler. Quand vous êtes arrivée dans ce manoir, le Maître m'avait donné l'ordre de ne jamais vous révéler ce qu'il se passait à l'extérieur de ce manoir.
- Mais, Wooky, enfin c'est important ! Dis-moi je ne peux pas rester dans l'ignorance !
- Miss… Vous connaissez le statut des elfes de maison, je ne peux rien faire.
Hermione soupira et se prit la tête entre les mains. Elle commença à faire les cents pas dans le couloir. Elle s'arrêta abruptement et se fustigea mentalement de ne pas y avoir pensé avant. Elle savait que si c'était quelque chose de réellement important il y avait au moins une chance que ça apparaisse dans la Gazette du Sorcier.
- Wooky, tu ne peux rien me dire certes, mais peut être que tu peux acheter la Gazette du Sorcier pour moi, proposa Hermione les yeux remplis d'espoirs.
- Je le peux en effet, sourit Wooky.
Il disparut sous ses yeux et Hermione se laissa envahir par l'inquiétude. Et si Harry et Ron avaient été faits prisonniers ? Et si un membre de l'Ordre était mort ? Ou même plusieurs ? Et si la guerre avait finalement ouvertement éclaté ? Hermione soupira et ne bougea pas du couloir jusqu'à ce que Wooky revient. Elle erra, faisant les cents pas, faisant craquer ses doigts, ou tentant de se calmer intérieurement. Mais cela était inutile elle savait que quelque chose de grave s'était produit sinon il n'y aurait pas eu de réunion des mangemorts.
Wooky apparut devant elle et elle lui prit le journal entre les mains. Elle parcourut des yeux alors la couverture de la Gazette et elle eut un hoquet de surprise. Elle ramena sa main devant sa bouche alors qu'elle lisait le titre de l'article. « Cambriolage à Gringotts ». Sa respiration s'accéléra, elle savait que ce cambriolage n'était anodin. Elle commença à lire l'article et, en effet, Harry et Ron avaient été identifiés comme auteurs du cambriolage. Ils s'en étaient sortis. Elle soupira.
- Tu ne sais pas ce qu'ils ont dérobé ? Demanda Hermione.
- Miss je ne sais pas et même si je le savais je ne pourrais pas vous le dire.
- Bien sûr, c'est vrai. Pourquoi ils iraient voler Gringotts ? Ce n'est pas comme s'ils avaient besoin d'argent, Harry a ce qu'il faut… pensa Hermione à haute voix.
- Miss, il n'y a pas que de l'argent à Gringotts, vous savez. Certains entreposent des objets ou des reliques.
Les yeux d'Hermione s'agrandirent. Elle avala difficilement sa salive. Il y avait donc un horcruxe à Gringotts. C'était évident, c'était la seule raison pour laquelle ils auraient pu y aller. Le journal glissa entre ses mains quand elle se rendit compte de l'ampleur du problème. Voldemort savait désormais qu'ils cherchaient les horcruxes et Hermione n'espérait qu'une chose : qu'ils en aient trouvé et détruit le plus possible, car désormais Voldemort entrait ouvertement en guerre et il allait tout faire pour détruire définitivement Harry. Wooky ramassa le journal et posa une main sur le bras d'Hermione comme pour la rassurer alors qu'elle ne pouvait pas l'être.
La réalité frappa de plein fouet Hermione. Elle se rendit alors compte du temps qu'elle avait passé dans ce manoir, du temps perdu et qu'elle ne pourrait pas rattraper. Elle savait que Voldemort allait annoncer à ses fidèles que la guerre était officiellement déclenchée et qu'il détruirait Harry sous peu. La dernière bataille allait arriver. Hermione n'avait pas réalisé que le temps avait passé, que le monde ne s'était pas arrêté parce qu'elle était retenue prisonnière. Elle soupira et tenta de contrôler sa respiration.
- Wooky il faut que je parte, souffla Hermione.
- Miss, vous ne pouvez pas, vous le savez bien.
- Où cache-t-il ma baguette ? Demanda vivement Hermione en fixant d'un regard sévère Wooky.
- Miss, je ne peux…
- Où ? Gronda Hermione.
- Il l'a sur lui. Toujours, tout le temps, surtout quand il n'est pas au manoir, répondit Wooky qui tremblait quelque peu.
- Il l'a aujourd'hui aussi ? Il l'a prise avec lui ?
Wooky hocha la tête. Hermine émit ce qu'il ressemblait à un grognement. Elle passa une main dans ses cheveux.
- Il ne me fait pas confiance, soupira Hermione. Il faut que je m'évade. Mes amis sont en danger et la guerre est là plus que jamais et je ne peux pas me résoudre à rester une minute de plus dans ce foutu manoir.
Elle commençait à faire les cents pas, mais comme tous les jours qu'elle avait passé dans ce manoir, comme depuis plusieurs mois, elle ne trouva pas de solution pour partir. Puis elle se rendit compte que la solution était devant elle depuis le début. Littéralement.
- Wooky, tu peux transplaner vers l'extérieur n'est-ce-pas ? Demanda Hermione les yeux remplis d'espoir.
- Je le peux, mais je ne peux pas vous prendre avec moi, Miss. Le Maître me l'a interdit, répondit Wooky en baissant le visage.
- Je t'en prie, il faut que je parte. Il faut que tu m'aides il n'y a que toi qui le peux. Malefoy ne te dira rien, il viendra plutôt me tuer à mains nues.
- Vous ne comprenez pas, je ne peux pas, Miss. C'est contre toutes les règles.
- Dobby a aidé Harry ! S'emporta Hermione. Il l'a aidé alors qu'il était un elfe ici ! Il a désobéi, ne me dis pas que tu ne peux pas ! Aide-moi s'il te plait, supplia Hermione d'une voix plus douce en se mettant sur ses genoux pour regarder Wooky dans les yeux.
Elle posa ses mains sur les épaules et il hocha la tête pour acquiescer. Elle vit l'air contrit qu'il avait, et la souffrance sur son visage mais elle se dit que c'était peut être un mal pour un bien. Elle s'en voulait mais ce n'était pas comme si elle s'évadait pour se la couler douce sur une plage. Elle le faisait pour participer à la chute de Lord Voldemort. Elle soupira et se releva les mains tremblantes. Elle se précipita dans sa chambre et se changea puis prit un bout de parchemin. Elle écrit quelques mots pour Drago, pour lui expliquer, pour se justifier en espérant qu'il comprendrait. Elle hésita quelques secondes devant le parchemin puis ajouta à la fin « Je suis à toi, aussi ».
Elle laissa le papier dans sa chambre et rejoignit Wooky qui l'attendait. Elle lui fit un léger sourire pour essayer de le rassurer. Elle lui prit la main et Wooky lui rendit son sourire. Il savait que c'était la bonne chose à faire.
- Où allons-nous, Miss ?
- Au Terrier.
Bonjour à tous !
Je sais, ça fait longtemps. Croyez-moi vous m'avez manqué et écrire aussi.
Je me dois de vous donner quelques explications j'avais pris un peu d'avance pendant les vacances de noël, je l'ai perdu à la rentrée puisque je n'ai pratiquement pas écrit depuis les vacances à cause des partiels et la reprise des cours a été rude vraiment. Écrire après le chapitre 25 était très compliqué, car je ne savais même pas par quel bout prendre la suite. Fin, bref ça a été la galère.
Pour être franche, j'ai réecrit ce chapitre mille fois en changeant des choses, en faisant les choses autrement, sans être jamais satisfaite fin bon. Finalement on arrive à ce résultat-là et j'espère qu'il va vous plaire, vraiment. Je ne veux surtout pas vous décevoir !
Je tiens aussi à vous préciser que j'ai toutes les idées pour la suite écrite, donc je vous rassure, je sais où je vais et même si ça doit me prendre plus de temps que prévu, cette fiction aura une fin. Ça ne peut pas être autrement !
En tout cas il me tarde de lire vos reviews, et merci de continuer à me lire, merci énormément !
Gros bisous !
