30 jours
Lettre 25 : Come back for me (Jaymes Young)
Hey Peter,
Jamais tu n'as baissé les bras pour me faire tomber. Mais tes yeux et ton coeur étaient fermés. Chaque nuit, je savais que tu ne dormais pas et je pouvais deviner tes larmes qui coulaient silencieusement. Je sentais le trou dans ma poitrine s'aggraver un peu plus. Je ne pouvais que te regarder souffrir de loin. Nous étions frères et je ne savais pas comment t'aider. Je te détestais encore à cette époque. Pourtant j'ai tout tenté pour te venir en aide. Pour toi, j'ai oublié mes sentiments. Et le temps d'un instant, tu as été heureux. Je t'ai fait oublier les erreurs pour lesquelles tu pleurais, je t'ai pardonné. Et tu es devenu mon confident. Je te confiais tout. Même mes sentiments pour Stiles. Et à ton tour tu m'as aidé. Tu as séduit Stiles, comme je n'aurais jamais été capable de le faire. Plusieurs fois, je pensais que tu allais trop loin, que tu allais le faire fuir. Mais tu es meilleur que moi dans le jeu de la séduction. Et tu as réussi. Sans toi, je ne l'aurais sûrement jamais eu. À certains moments, je détestais Derek de le torturer comme cela. Je le détestais d'être aveugle, de ne pas voir les sentiments de Stiles. Mais je me suis tu.
Malgré tout ce que nous vivions, nous ne nous connaissions pas vraiment. Tu me parlais mais je n'écoutais pas, trop plongé dans mes pensées pour cela. Donc tu ne disais plus rien. Tu attendais. Des fois tu fredonnais des chansons qui te passaient par la tête. Tu étais trop captivé sur Stiles et sur comment le faire tomber dans tes filets pour te rendre compte que j'étais à côté de toi. Parfois je chantais avec toi et le résultat était beau. Tu aimais cela, alors tu cherchais des chansons que je connaissais. C'était les seuls moments où l'on partageait réellement. Mais dès que Stiles s'approchait, je m'arrêtais.
Stiles, tu m'effrayais tellement. Quand je repense à toi aujourd'hui, je revois ton dos musclé qui s'éloigne sans se retourner et qui disparaît dans la maison. J'ai revu les photos de cette semaine de camping. Semaine que tu avais organisé. Et quand je revois ton sourire triste qui masque tes pleurs et ton regard toujours tourné en direction de Derek, quelque chose en moi se brise. Je n'étais pas ton premier choix, il y a une époque où tu ne m'aimais pas. Te souviens-tu de ce jour, Stiles ? Il pleuvait. Nous étions tous enfermés dans une salle, à l'abri. Mais tu n'étais pas là, et Derek non plus. Comme j'étouffais, je suis sortie par la porte de derrière. J'ai toujours aimé la pluie, le contact des gouttes froides sur ma peau chaude. Je me suis approché de la falaise. Tout en bas, des vagues noires s'écrasaient contre les rochers. Quand il faisait beau, nous ous amusions à sauter. Seuls sept mètres me séparaient de l'eau agitait. Je me suis assis face au vide et j'ai repensé à toi, Stiles. Et je t'ai aperçu. Je vous ai aperçu. Derek et toi. Debout quelques mètres plus loin, dissimulés derrière des arbres. Face à face. Toi, rouge de gêne ou de honte. Tu pleurais. Et Derek, toujours impassible, le visage grave. Vous ne m'aviez pas vu. J'ai voulu me lever pour partir, faire comme si je n'avais rien vu, mais dans ma précipitation, mes pieds se sont emmêlés et j'ai glissé. Tout est devenu flou. Sous moi, le vide et l'eau. La falaise s'éloignait petit à petit. Et je m'entendais crier.
Je fais toutes les nuits le même cauchemar. Toujours le même souvenir. Je me noie. Et j'attends que quelqu'un vienne me sauver. Que tu viennes me sauver, Stiles. Je t'attends toujours. Tu n'es jamais venue. Après ma chute, je suis tombé gravement malade, un peu comme aujourd'hui, en moins grave mais pas en plus agréable. J'ai dû être transféré d'urgence à l'hôpital. Je n'y suis resté que trois jours. Tous les autres sont venus me rendre visite, mais pas toi. Tu devais sûrement tenter de te remettre de ta déclaration à Derek. De son refus. Mon neveu est resté près de moi à cette époque aussi. C'est d'ailleurs lui qui m'a sauvé de la noyade. Mais je ne voulais pas le voir. Parce que lui, il a réussi à avoir ton coeur sans faire le moindre effort. Et maintenant je prends conscience que Derek a souvent été là pour moi. Sans que je ne le voie. Je ne voulais pas le voir. Je préférais croire qu'il me détestait. C'était plus simple pour moi. Sans lui, je ne serais peut-être pas là où j'en suis aujourd'hui. Il reste près de moi, il m'écoute. À n'importe quel instant je peux compter sur lui. Depuis tout ce temps, il n'a pas changé. C'était il y a dix ans.
Peter
