Titre:No mouth but some serpent
Auteur : Lightningon the Wave
État de la fic anglaise : Terminé(33)
État de la fic française : 25 ; Traduit : Presque fini ; En cours : 29 (normalement le 10 juillet, merci Arieh !!)
Chapitre traduit par : Chaola - spirituel
Bêta correctrices : Manelle/ Elava
&
Disclamé : Aucun des personnages ne nous appartiennent (ils sont à JK Rowling), ni même l'histoire.
&
Bonne lecture et à la prochaine
Eni et Onarluca
&
Chapitre 26 : Les vacances de pâques.
Draco ruminait et se plaignait du fait que Harry ne viendrait pas au manoir Malfoy pour Pâques, il le faisait depuis la veille, donc Harry donna plus d'importance à son petit déjeuner qu'à Draco et ce jusqu'à ce que l'autre garçon lui agrippe soudainement le bras. « Regarde » Souffla t'il. « Qu'est-ce qu'il fait là ? »
Harry regarda et cligna des yeux mais il ne vit personne face à leur table ; il avait supposé que la surprise de Draco était due au fait que Connor était venu lui rendre visite. C'est alors qu'il se rendit compte que Draco regardait en l'air, Harry suivit donc son regard.
Un hibou grand-duc était passé majestueusement par les fenêtres, il tournait au dessus des tables comme s'il ne connaissait pas sa destination finale. Les autres hiboux étaient déjà repartis si bien que tout le monde l'observait. Harry hocha doucement la tête. « Tu connais ce hibou ? » chuchota-t-il à Draco.
« C'est Julius », dit Draco, même si ce n'était pas une réponse. Il ne quittait pas l'oiseau des yeux.
« Quoi? » Harry essaya de faire comprendre à Draco avec cet unique mot qu'il n'avait aucune idée de ce dont il parlait.
« Le...hibou officiel de mon père » dit Draco, comme s'il avait cherché une autre manière de le dire et ne l'avait pas trouvée. « La seule fois où j'ai vu Julius avec un message, c'est quand il s'était disputé avec le père de Pansy et voulait lui en parler. Je ne sais pas pourquoi il l'envoie cette fois-ci. »
Harry regardait en silence, et ne fut pas surpris lorsque Julius décrivit encore un cercle pour enfin se poser à la table des Serpentards, face à lui. En cet instant la taille de l'oiseau était encore plus impressionnante. Harry rencontra les immenses yeux dorés sous la touffe de l'oiseau, et il attendit.
Julius n'avait pas quitté Harry du regard. Harry prit le petit paquet et l'ouvrit. Il était emballé dans un tissu de soie, à la fois délicat et fort. Harry en avait entendu parler, mais il n'en avait jamais vu. Il devait avoir été tissé avec de la soie d'acromantula.
À l'intérieur, comme il l'avait à moitié espéré – mais vraiment à peine à moitié-, il y avait un morceau de parchemin plié en deux et une petite pierre verte. Harry retourna la pierre. Elle avait la forme d'un ongle, et ce n'était pas une émeraude, bien qu'elle en ait la couleur.
Il jeta un coup d'oeil au parchemin. C'était plus une note qu'une lettre.
Pour Harry Potter, en ce premier jour de printemps. Puisse notre trêve devenir aussi brillante et verte dans l'avenir que cette pierre qui nous lie.
Lucius Malfoy
Harry sourit doucement et regarda de nouveau la pierre. Oui, aujourd'hui était l'équinoxe printanière, le premier jour de printemps. Lucius suivait les anciennes traditions en envoyant un cadeau de trêve au changement de saison ; le premier était probablement arrivé lors du solstice d'hiver, bien que Harry se trouvait encore inconscient à l'infirmerie. En liant les cadeaux de trêves dans le cycle naturel des solstices et des équinoxes, Lucius démontrait sa sincérité et sa détermination à faire une paix aussi longue et permanente que les saisons elles-mêmes.
Mais bien sur Harry ne pensait pas que l'aîné Malfoy ferait quelque chose si ce n'était pas dans son intérêt personnel. C'était un jeu. Il était intrigué que Lucius aille si loin, et il savait qu'il allait devoir répondre. Il enverrait le prochain cadeau avant que Lucius ne lui envoie le cinquième au solstice d'été. Il ne savait pas ce qui allait arriver, cependant. Tôt ou tard, l'utilité et la prudence surpasseraient les jeux pervers de Lucius.
« Qu'est-ce que ça signifie ? » Draco demanda, son attention attisée. Il prit la pierre verte à Harry et l'examina. « C'est joli. Mais qu'est-ce que ça signifie ? »
« Je te le dirais plus tard, » dit Harry, il prit la pierre et la mit dans sa poche.
« Harry, » geignit Draco. « Dis-moi ce que ça veut dire. »
«Si je le fais. » Dis Harry en se levant de table pour se rendre en cours de sortilèges, « Est-ce que tu vas arrêter de me harceler pour que j'aille chez toi à Pâques ? »
Draco fit la moue. « Je peux pas avoir les deux ? »
« Non » répliqua Harry
Draco se tut.
Derrière lui Harry entendit Julius battre des ailes quand il s'envola. C'était une insulte de payer ou de nourrir un hibou formel, donc Harry n'avait pas essayé. Harry regarda l'oiseau s'envoler jusque la fenêtre et quitter son champ de vision.
« Dépêche-toi, Harry ! » Connor l'appelait du bas de l'escalier. Il avait été autorisé à entrer dans la salle commune des Serpentards, mais pas encore dans la chambre encombrée de cinq malles éparpillées des garçons de Serpentard. « Sirius a dit qu'il fallait le rejoindre dans sa moto devant l'école dans cinq minute, et c'était il y a cinq minutes ! »
Harry enfila ses derniers vêtements et serra Draco d'un bras. Sylarana était sur l'autre bras, elle dormait si profondément qu'il ne voulait pas la déranger. Draco détourna la tête d'un air boudeur.
« Je te reverrai après les vacance » lui rappela Harry. « Ce n'est pas si long Draco, et tu le sais. »
« Mais tu aurais pu venir avec moi au Manoir. » Dit Draco. « Tu aurais pu passer du temps avec moi en dehors de l'école et tu ne l'as pas fait. »
Harry poussa un petit soupir. Ça risquait d'être long… J'ai essayé d'être patient, mais il y a une chose que je dois faire. « J'ai passé Noël avec toi » dit-il. « Et le dernier Noël avec toi. Et maintenant j'aimerais savoir pourquoi mes parents ont voulu m'en empêcher, pourquoi ne sont-ils pas venu me voir à Noël, et ce qu'ils vont dire à Connor. Je ne doute pas que je vais me faire un peu réprimander » Il hocha la tête. « Je dois voir ma famille Draco. »
Draco ferma les yeux. « Je sais » dit-il d'une petite voix. « Mais à chaque fois que je te perds de vue, j'ai peur que tu ne reviennes pas »
Harry l'observa un moment. Il n'avait pas réalisé que Draco avait été si loin dans l'étrange obsession qu'il avait envers lui.
Il prit la main de Draco et dit « Draco, le sort sur la bouteille est permanent tu sais, à moins que la bouteille soit cassé ou que quelque chose de grave ne m'arrive. »
Draco ferma les yeux et le fixa.
« Si je meurs tu le sauras » murmura Harry. « J'ai promis. Les couleurs arrêteront de se déplacer et de briller car il n'y aura plus de sentiments. Je sais que ce n'est pas beaucoup mais c'est déjà ça »
Draco déglutit, puis dit « Très bien » il le regarda comme s'il voulait ajouter quelque chose, mais Connor cria de nouveau à l'autre bout de l'escalier.
« Harry! Viens »
Harry sourit doucement à Draco et fit léviter sa malle derrière lui. Il fit rapidement demi-tour, pour prendre le petit objet et la lettre qu'il avait cachée derrière les livres sur son étagère. Ça n'aurait pas été un désastre s'il avait oublié de les envoyer maintenant, mais il ne voulait pas s'en inquiéter chez lui
Connor se redressa face à lui et lui fit de grands gestes depuis l'entrée de la salle commune. « Viens, » dit-il. « Je t'appelle depuis des siècles. »
« Je sais » dit Harry, son esprit focalisé sur l'objet dans ses mains et sur Draco. Il devait vraiment penser plus à sa famille, il le savait, et surtout à Connor. C'était la meilleure façon de trouver les réponses aux questions qu'il s'était posées ces dernières semaines et qui l'avaient fortement frustré. D'une façon ou d'une autre, il espérait en savoir plus à son retour de vacances que maintenant. Même si ses parents refusaient de répondre aux questions, ils lui diraient quelque chose.
Mais il pensait à ce que Draco lui avait dit, et l'objet dans ses mains chauffa comme du charbon brûlé.
« Mais à chaque fois que je te perds de vue, j'ai peur que tu ne reviennes pas. »
Dans un sens c'était légitime. Il avait fait face à Tom Jedusor cette année, et aidé Connor à lutter contre Voldemort l'an dernier, et sa vie serait encore plus en danger maintenant que la guerre se préparait. Mais il était inquiet à propos de ce que cela pourrait signifier pour Draco. Jusqu'où voulait-il aller ? Risquerait il l'impossible - oui, impossible pour quelqu'un du nom de Malfoy- d'être tenté par les deux côtés de la lutte.
Quand il reviendrait il devrait avoir une conversation sérieuse avec Draco, pensa Harry. Il devrait le convaincre que prendre du recul dans leur amitié était la meilleure chose pour lui. Il s'était laissé gâté car il aimait la compagnie de Draco, il l'avait apprécié pour ce qu'il était, pour être un exemple de pureté et de personnalité particulière. Mais c'était égoïste. Il avait fait une nouvelle erreur, comme quand il avait essayé d'influencer les amitiés de Connor trop vite, mais maintenant il le corrigerait.
Mais il ne va pas bien le prendre n'est-ce pas ?
Harry soupira. Il blesserait toujours Draco, mais moins que s'il lui disait maintenant avant que la guerre ne commence.
« Mr Potter »
Harry cligna des yeux et les leva en l'air. Il ne s'était pas rendu compte que Connor avait parlé jusqu'à ce qu'il se soit calmé, ni qu'ils étaient presque aux portes d'entrée de Poudlard. Snape les avait arrêté et se tenait debout face à eux tel un mur sombre. Un coup d'œil rapide lui montra le froncement de sourcils de Connor. Harry n'était pas sûr que Snape lui ait parlé, mais il répondit hâtivement à tout hasard.
« Oui, monsieur ? »
Snape inclina la tête et lui tendit deux livres. Harry les prit avec précaution. Ils étincelèrent puis crépitèrent avec douceur au contact avec ses doigts.
Harry les retourna pour regarder au dos puisqu'il n'y avait aucun titre sur les couvertures. Il n'y en avait pas là non plus. Il questionna Snape du regard.
« Ce sont les seuls que j'ai pu trouvés contenant des informations sur le phénomène étrange de votre esprit » avait dit Snape avec brusquerie. « Je les ai triés moi-même, mais comme j'ai seulement quelques informations et non pas votre expérience personnelle, c'est à vous de comprendre ce que cela signifie. »
Harry inclina la tête, stupéfait. Il était stupéfait que Snape l'aide autant. Il avait supposé que le professeur ne trouverait rien, ou qu'il ne lui aurait rien dit si cela avait été le cas. Ce n'était pas comme si Harry croyait que Snape pouvait être autre chose qu'un bâtard.
Les lèvres de Snape se raidirent et rappelèrent à Harry que Snape pouvait lire dans les pensées.
Il baissa les yeux et changea sa prise sur les livres, les mettant sous son bras gauche sur lequel Sylarana dormait tranquillement. « Merci monsieur » dit-il tranquillement. « Je les étudierai. Je devrais avoir des chose à vous raconter après les vacances »
« A vous de voir » dit Snape puis il partit.
Harry continua de marcher et Connor n'eut pas d'autre choix que de le suivre. Il attendit que Snape soit hors de portée de voix pour poser sa question. « Pourquoi as-tu accepté ses livres Harry ? Et pourquoi as-tu traîné aussi longtemps dans les dortoirs des Serpentards ? Je pensais que tu étais impatient d'être à la maison et débarrassé de toute cette histoire absurde de Serpentards ? ». Il frissonna d'horreur comme si quelqu'un avait ensorcelé des serpents pour ramper le long de ses jambes. Il tapota alors les poches de sa robe hâtivement. Harry cacha un sourire exaspéré. Connor avait développé une habitude nerveuse comme s'il croyait que les jumeaux allaient lire dans son esprit et inventeraient un autre caillou du genre de celui qu'ils avaient déjà inventé.
Evidemment, son exaspération ne venait pas que de là « Connor » dit-il calmement quand ils arrivèrent dans le soleil et aperçurent Sirius les attendre avec sa moto et Hedwige et Godric dans leur cage. « Tu devrais savoir que je ne peux pas oublier «cette histoire absurde de Serpentards ». Partout où je vais je suis un Serpentard, même quand je suis à l'extérieur de l'école. »
Connor lui lança un regard étrange. « Mais tu ne devrais pas agir de la même manière que lorsque tu es avec Malfoy, Snape ou les autres. Pourquoi tu continues à agir comme ça alors ? »
« Te considères-tu moins Gryffondor lorsque tu es hors de la Tour ? » Harry changea le petit objet et la lettre de main, cela devenait délicat de jongler avec les livres et les choses sans réveiller Sylarana mais il serait débarrassé de la lettre et de la pierre dans un instant.
« Ben...non » dit Connor. « Mais je n'agis pas d'une manière différente parce que c'est ma maison et que les gens s'attendent à me voir agir de cette manière. Je suis vraiment un Gryffondor, Harry.» Il fit un sourire vainqueur à son frère.
Harry voyant où cela allait mener et que ça allait finir irrémédiablement en larmes décida qu'il avait besoin de le dire de toute manière. Il s'était trompé en pensant diriger Connor dans sa façon de se lier avec les autres. Mais il pouvait refuser de vivre en accord avec les pensées de son frère. « C'est comme ça que je suis Connor dit-il. « Je suis un Serpentard ».
Connor était refroidi et se retourna pour le regarder fixement. Harry rencontra son regard fixe aussi ferment qu'il le pouvait. Bien sûr, après un moment la honte le gagna et il baissa les yeux et regarda loin. Il pouvait sentir le sourire mourant de Sirius pendant qu'il les avait observés, bien sûr son parrain était encore trop loin pour entendre ce que dit Connor ensuite.
« Je pense qu'il y a quelque chose qui ne va pas Harry. » commença lentement Connor « Je pensais que tous les Serpentards était mauvais et faux et seulement soucieux de leur argent et de la pureté du sang, je pensais que la plupart d'entre eux étaient mauvais. » Il se mordit la lèvre. « Ainsi avais-je raison quand je pensais plus tôt cette années que vous êtes mauvais, où bien avais-je tort ? Dans ce cas comment cela peut-être vrai ? »
Harry respira soigneusement, ses yeux ne quittant pas son frère. Il avait une chance de régler cette histoire comme il faut du moment qu'il ne le regardait pas de haut. « Connor » chuchota-t-il « Qu'est-ce que tu penserais si c'était vrai ? Si une des deux devait l'être, laquelle choisirais-tu ? »
Connor regardait au loin derrière son frère et ses yeux s'élargirent. « Mais je ne peux pas avoir tort à propos des Serpentards, Harry ! Comment le pourrais-je ? Papa et Sirius m'ont toujours dit à quel point ils étaient mauvais ! »
Harry ferma les yeux prenant conscience que son rythme cardiaque s'était accéléré, battant rapidement dans ses oreilles, à maintes reprises, comme un son étouffé par du velours. Connor avait passé le test. Il était sur la route qui le mènerait aux justes conclusions à la fin. Harry pouvait à peine parler, il était ivre de soulagement et de joie mais il essaya.
« Peut-être avaient-ils tort eux aussi » Chuchota-t-il. « Les adultes peuvent avoir tort tu sais. »
Connor inspira comme s'il était sur le point de répondre mais Sirius les appela « Hé ! Qu'est-ce qui se passe vous deux ? »
« On arrive Sirius » dit Connor, en commençant à courir. Harry le suivit, plus lentement. Le matin brillait autour de lui, et il n'avait jamais était plus équilibré qu'il ne l'était. Il sourit bizarrement, sachant que Sirius et Connor l'observait, cela l'indifférait grandement. Il pensa qu'il pourrait utiliser plus librement ses émotions, si c'était toujours des émotions comme celle-ci.
Il était si distrait qu'il allait oublier de sortir Hedwige de sa cage, il attacha la pierre et la lettre à ses pattes, et murmura, « Apporte ça à Lucius Malfoy, Hedwige. »
Elle lui hulula avec obéissance, lui mordilla les cheveux et ensuite s'envola dans les airs les ailes étendues. Harry la regarda disparaître et grimpa sur la moto pendant que Sirius rétrécissait leurs malles.
« Qu'est-ce que c'était ? » Demanda Connor.
Harry sourit mystérieusement. Il ne soucia pas du fait que ça puisse être un sourire satisfait. Connor devrait s'y habitué tôt ou tard, maintenant qu'il avait un frère Serpentard.
Son esprit s'était envolé vers le paquet qui s'envolait désormais vers le manoir, une petite Pierre rouge et une simple note.
Si vous avez l'intention de me lier à vous dans le vert, vous devrez d'abord surmonter le rouge du sang qui a été versé entre nos deux familles. J'attends votre pont, et vous envoie cette pierre pour vous rappeler que vous devez le construire.
Harry Potter
« Harry »
Harry leva les yeux et sourit de plaisir. Remus les avait finalement rejoint, la pleine lune et son voyage vers son refuge prévu à cet effet l'avait gardé au loin depuis l'arrivée des garçons, mais maintenant il était là. Harry laissa tomber les livres que Snape lui avait donnés à lire, et courut à travers la pièce, ses bras entourant la taille de Remus.
Il put sentir la surprise du loup-garou. Harry était habituellement plus réservé que ça, d'autant plus que Remus était le parrain de Connor et pas autant protecteur que Sirius. Sa main resta un moment, hésitante dans les cheveux de Harry, puis ensuite lui caressa le dos.
« Harry? Tu vas bien ? » Demanda-t-il.
« Bien sûr » dit Harry fermement. « Je voulais juste te remercier pour ce que tu avais écrit dans la lettre à Sirius, c'était brillant. Merci. Il m'a beaucoup mieux traité depuis qu'il l'a reçue. »
Remus grogna faiblement « Et il le devait. S'il était n'importe qui j'aurais pu croire qu'il t'insultait, mais c'est Sirius ! Je suis vraiment heureux qu'il ait changé d'avis. » Il serra Harry dans ses bras, en fait il essayait de le soulever du sol. Harry fût surpris. Il oubliait toujours combien Remus était fort jusqu'à ce qu'il lui montre. « Il m'a dit qu'il faisait de son mieux dans ses lettres » Remus murmura à son oreille « Mais je ne sais pas si je dois croire qu'il me dit la vérité ».
« Il la disait » dit Harry, et attendait d'être posé sur le sol. « Et Connor et moi le faisons aussi. »
« J'ai remarqué » dit Remus, inclinant légèrement la tête. Harry supposa qu'il pouvait sentir le parfum de la joyeuse camaraderie au lieu du parfum de tension, de stress et de peur, supposant que ces choses avaient une odeur. « Et entre tes parents et toi ? »
Harry cligna des yeux. « Nous ne nous sommes pas disputés Remus. »
« Vous n'en avez pas eu l'occasion. » Remus l'orienta vers la chaise de laquelle il avait sauté, une de celles qui traînait dans la confortable pièce centrale des Potter. Quand il s'assit face à lui, Harry réalisa que Remus avait voulu lui parler en privé. Il garda la tête haute, refusant de baisser le regard comme il l'aurait voulu. Il ne pouvait pas tout cacher, sûrement pas. S'il devait être honnête avec sa mère, Sirius et maintenant son père, il devrait être honnête avec Remus aussi. Le regard fixe, le fit respirer plus rapidement. « Je veux savoir » dit tranquillement Remus « Ce qu'ils ont dit à propos—à propos de ce qu'ils ont fait dans le passé »
« Que sais-tu ? » Demanda brusquement Harry. Cette conversation allait être difficile à moins d'y aller doucement.
« Presque rien, » admit Remus. « Lily en a peu dit, mais elle a continué à éviter en disant que ce n'était pas le bon moment Elle m'a promis de me le dire la prochaine fois que vous serez à la maison.» Il ferma les yeux et soupira, et Harry vit les cernes noirs sous ses yeux et la pâleur de ses jours comme séquelles de sa dernière transformation. Maintenant il n'était plus sûr. « J'ai été patient Harry, parce je ne pouvais pas simplement venir et accuser un de mes vieux amis d'abuser de son fils aîné —»
« Abusé ? » s'énerva Harry. Il comprit que Remus parlait de sa mère « Ce n'est pas vrai du tout Remus ! Elle m'a donné un entraînement supplémentaire. Enseigné la magie sans baguette et les coutumes des sang purs, ce genre de choses. C'est tout, j'avais envie d'apprendre. »
Remus ouvrit les yeux, bien que son regard fixe fût doux, il avait l'impression qu'il le traversait de part en part ce qu'il ne considérait pas comme juste.
« Pourquoi ? »
« Pourquoi, quoi ? » Harry frotta sa tête. C'était douloureux. « Pourquoi j'ai voulu les apprendre ? J'ai toujours voulu apprendre des choses, Remus, tu le sais. Je suis surpris de ne pas avoir fini chez les Serdaigles »
« Ce n'est pas ça » dit Remus. « Pourquoi voulait-elle t'entraîner à ça ? Il aurait été plus sensé de l'apprendre à Connor, si elle voulait le préparer à faire face à Tu-sais-qui. ». Il frissonna. « Non ce n'est pas que je pense qu'elle ait dut le faire à l'un ou à l'autre. Connor a le temps d'apprendre à devenir plus fort. Ce serait une chose horrible pour n'importe quel enfant, de consacrer sa vie à l'apprentissage, comme si vous craignez que... »
Abruptement, il se coupa lui-même et fit un bruit étranglé dans sa gorge. « Oh, Harry, » chuchota-t-il.
Harry pouvait à peine l'entendre. Sa tête le martelait violemment, et il avait les yeux fermés. Derrière eux, des flammes flamboyaient, éclataient et se déchaînaient à travers son esprit. Il sentit Sylarana, qui surveillait avec attention que la boite restait fermée, commencer a siffler. Elle ne pouvait pas stopper l'agonie qui se faisait de plus en plus féroce dans l'esprit de Harry. Et puis la chanson du Phénix se mis à sonner dans ses oreilles comme si ses pensées vibraient de sympathie.
« Remus. »
Harry ouvrit les yeux et tourna la tête avec difficulté. Lily était dans l'ouverture entre la pièce centrale et le hall d'entrée, ses yeux ouverts avec horreur. Elle secoua la tête et se précipita aux côtés de Harry.
Harry ferma les yeux et se laissa lui-même glisser dans les ténèbres. C'était trop douloureux pour lui de rester éveillé si longtemps. Faiblement il entendu l'appel de Sylarana mais il ne pouvait pas répondre. Le feu se propageait et brûlait chaque parcelle de son corps, la chanson du Phénix résonnant de plus en plus.
« Harry »
Il entendait la voix mais il ne voulait pas répondre. Il se blottit au centre de son lit à la place, il tremblait par moment. Sa tête était chaude comme si la fièvre l'avait frappé avec un gourdin.
« Harry » dit de nouveau la voix. Celle de leur mère. « Je suis venu avec des médicaments et de la nourriture pour toi, mais je ne peux pas te les passer si tu ne demandes pas à ton Locusta d'arrêter de siffler après moi. »
Harry se força à ouvrir les yeux. Sylarana était sur le sol entre son lit et Lily, il vit immédiatement sa tête se balancer dans les deux sens comme elle observait Lily. Elle sifflait régulièrement de manière menaçante une suite de mot que seule Harry pouvait comprendre. Il trembla, parce qu'il n'y avait rien de son ton habituellement taquin dans ceux-ci. « Venez près de lui et je vous tuerais, pour des raisons que je ne peux pas expliquer, mais touchez le et je vous mordrais. Le venin vous causera d'abord des convulsions. Puis vous commencerez à perdre votre capacité à respirer. Alors il se dissolvera dans votre estomac et en libérera les acides. Venez près de lui et ça vous arrivera. Approchez de lui et je vous tuerais. »
« Sylarana ». Appela faiblement Harry. Il sut dans le mouvement de recul de sa mère qu'il avait parlé en Fourchelangue. Mais c'était la seule chose qui pourrait calmer le Locusta et la faire bouger, il continua donc de lui parler ainsi. « S'il te plaît, laisse là venir. Je te promets qu'elle ne me fera pas de mal. »
« Elle le fera. Elle l'a toujours fait. Si je savais où tu étais je l'aurais l'empoisonnée il y a des années. Tu es mon humain. Je te défends contre les autres serpents. Elle en est un. »
« S'il te plait. » Murmura Harry. «Je veux que tu arrêtes. »
Il savait qu'il ne pourrait pas forcer Sylarana à le faire, et il ne voulait pas essayer. Il se concentra simplement, lui ouvrant son esprit, lui laissant voir qu'il ne voulait vraiment pas la mort de Lily. Il est vrai qu'il était plus confus qu'avant, moins sûr de son but, mais il savait qu'il ne voudrait voir ce qui se produirait si le Locusta la mordait.
« Tu peux regarder ailleurs. » Suggéra Sylarana mais sa résolution s'affaiblissait.
« S'il te plaît, » Murmura Harry.
Sylarana tourna et rampa vers son lit, s'enroulant de nouveau autour de son bras. Mais elle restait à présent visible, la langue frémissant avec colère, alors que Lily approchait et déposa soigneusement le plateau de nourriture près du lit. Elle les regardait alternativement, ne regardant jamais le serpent dans les yeux. Elle plongea un tissu dans la bassine d'eau et la tendit à Harry. Il le prit et le plaça sur son front. Il ferma les yeux et soupira. La fraîcheur apaisant légèrement la chaleur de sa fièvre.
« Harry, » murmura sa mère. « Harry tu dois m'écouter. J'ai des médicaments pour ta migraine, mais avant tu dois me dire à quoi ça ressemble. Que vois-tu quand tu fermes les yeux ? »
Ceci, en fin de compte, n'était pas une question bien difficile, et Harry était heureux de pouvoir y répondre. « Des flashs de feu » dit-il. « Et parfois des flashs plus lumineux que les autres. Ils étaient particulièrement lumineux quand Remus essayait de me parler. » Il parvenait à peine à se rappeler ce que Remus lui avait dit, mais il ouvrit les yeux, curieux de voir comment Lily allait réagir. « Et il y a une chanson en plus de tout ça, je pense que c'est un chant de Phénix, comme celui de Fumseck »
Pour la première fois de sa vie, Harry vit sa mère paniquer.
Son corps se raidit, et ses yeux verts devinrent vitreux. Elle ferma alors les yeux et pris sa tête entre ses mains. Harry réalisa un peu plus tard qu'elle pleurait. Il aurait aimé être assis et la consoler mais le poids chaud de Sylarana sur son bras et la douleur dans sa tête lui conseillait de ne pas bouger.
« Oh Harry » dit finalement Lily prenant place sur le bord du lit. Elle ignora les sifflements d'avertissement de Sylarana. Harry n'était même pas sûr qu'elle l'ait entendue, ses yeux le fixant si désespérément. « Ceci n'aurait jamais dû arriver. Cela n'aurait pas dû, si seulement il n'y avait pas eu l'attaque de Tom Jedusor. Cela déchire ton esprit si méchamment que la contamination due au sort refait surface. Cette chose si profondément enterrée. » Elle s'étendit et pris les mains de son fils. « Je sais comment faire disparaître la souffrance. Me fais-tu confiance ?
Harry hocha la tête sans hésitation, puis poussa un gémissement étouffé ce geste faisant réapparaître la douleur dans sa tête.
« Bien, » murmura Lily. « Harry, crois-tu que l'innocence et la pureté de Connor sont essentiels pour battre Voldemort ?
« Oui »
Une bonne partie du mal de tête de Harry cessa soudainement. Harry toucha ses tempes avec les doigts tremblants, mais se rappela d'écouter sa mère. Lily se pencha plus près de lui et il pouvait voir que ses yeux.
« Crois-tu que tu pourrais tout abandonner s'il te le demandait ? » Demanda Lily
« Bien sûr. » Harry était perplexe quant au fait qu'elle lui fasse répéter l'essence de ses vœux. En fait, ce n'était rien sinon la vérité. « Je ne crois pas seulement, je le pourrais »
« Même tes amis ? » Les doigts de Lily tracèrent le contour des os de son poignet.
« Oui »
« Même ta vie ?
« Oui »
« Même ton serpent ? »
Sylarana siffla de colère, mais Harry savait la vérité. Elle devait le savoir, aussi, si elle pouvait voir dans son esprit et examiner ses pensées. « Oui, » murmura-t-il. Il n'en avait pas vraiment envie, pas plus qu'il ne voulait vraiment abandonner son amitié avec Draco, mais Connor venait en premier. C'était une vérité inébranlable. Et, quand il était avec Lily toute les complications de la vie extérieure à Godric's Hollow et les excuses qu'il s'était faites à lui-même d'être devenu un membre de la maison Serpentard et le désir de rester amis avec Draco et le désir que Connor grandisse et tout le reste avait disparu. Il n'y avait là que simplicité. Il n'y avait qu'une destinée.
Sa fièvre avait disparu.
Lily laissa échapper court soupir. Puis elle dit, « Bien, Harry. C'est bien. Et maintenant…maintenant Je pense que je dois te dire quelque chose. Sa main effleura la surface de son front, caressant sa cicatrice. Tout allait bien et les pensées de Harry étaient entièrement focalisées sur sa mère. Il n'avait pas besoin de penser à autre chose, il avait juste besoin de connaître la vérité qui brillait avec éclat, passion, et profondeur dans le regard de sa mère. « Il y a…Il y a une prophétie, Harry. Une prophétie à propos de Connor. C'est pour cela que nous savons que la bonté et la pureté sont essentielles pour vaincre Voldemort.
Harry hocha doucement la tête. Il avait déjà suspecté que c'était quelque chose de ce genre, bien qu'il n'en avait jamais été sûr.
« Mais les prophéties sont les formes les plus sauvages de Divination, » murmura Lily. « Il y a une chance que cela signifie plusieurs choses. Elle se réalisera toujours quoi qu'il advienne, mais peut-être d'une manière différente de celle que nous avons comprise le jour où elle a été faite. Dans le cas présent nous savons, grâce à d'autres indices que la prophétie elle-même, qu'il faut que se soit Connor. Et tu es aussi dans la prophétie Harry. Il est essentiel que tu joues ton rôle, celui du gardien de Connor. Autrement il passera dans les ténèbres et détruirait sa bonté et l'amour en lui, et nous serions condamnés. Et nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour te maintenir dans ce rôle, pour te façonner de cette manière, pour que la prophétie ne touche personne d'autre, quelqu'un que nous ne connaîtrions pas et que nous serions incapable de protéger à temps, quelqu'un que Voldemort pourrait tuer. Tout ce qui est dans la prophétie se réalisera. Connor doit être ta priorité. Nous risquerions de perdre gros s'il en était autrement. Tu comprends ? » Ses yeux devinrent brillants de larmes. « Je suis si désolée, mon fils.»
Harry remua la tête doucement. Les restes de douleurs s'étaient évaporés. Il se sentait calme et reposé, et pas vraiment enclin à comprendre pourquoi sa mère s'excusait. « Bien sûr,» dit-il d'un ton ensommeillé. « Je comprends. C'est ce que j'aurais choisi de toute manière. J'aime le Chemin que j'ai pris. » Il bailla. «Vous auriez pu me dire au sujet de la prophétie. »
Plus de larmes coulèrent de ses yeux, mais Harry ne comprit pas pourquoi, et il s'endormit un moment après.
Lily retira ses mains du visage de son fils et remit les couvertures. Elle tremblait. Cela était plus proche que ce que les autres savaient—plus que n'importe qui. La lumière et la chanson dans le rêve étaient les armes de dernier recours. Alors qu'elles soient apparues si proches de l'extérieur...
C'était de la faute à Voldemort, se rappela-t-elle. Il est la cause de toutes les mauvaises choses arrivées dans la famille.
Elle ouvrit les yeux pour trouver le Locusta en train de la regarder. Ses yeux verts en furent déconcertés. Il siffla, il semblait énervé. Lily se remit droite et se leva du lit.
La tristesse et la lassitude l'écrasaient, la déprimaient. Elle voulait juste quitter la pièce et chercher le réconfort de James. Il en savait maintenant autant qu'elle. Et durant des mois de disputes, durant lesquels elle avait tenu Harry à l'écart, au cas où la vue de Harry ferait que James change d'avis et ne prenne pas la décision si importante qu'il devait prendre. Finalement elle l'avait obligé à accepter ce problème du mieux qu'elle pouvait.
Il y avait Remus à affronter, aussi.
Mais elle ne pouvait pas quitter Harry des yeux, après un moment elle fit demi-tour et embrassa le front de Harry sur sa cicatrice en forme d'éclair. C'était juste une cicatrice causée par les décombres, se rassura-t-elle elle-même. Ça ne pouvait pas être autre chose. Il n'y avait pas d'autres significations.
Elle toucha la poche de sa robe, qui contenait une lettre de Dumbledore. Il y parlait du chant de Phénix dans l'esprit de Harry, mais aussi du fait qu'il avait offert l'épée de Gryffondor à Harry. Peut-être qu'ils avaient tort. Peut-être qu'un dernier test était nécessaire.
Et l'épée avait brûlé Harry. Le message était clair.
Non, pensa Lily, quand elle quitta la pièce pour retrouver son mari et son ami, cela ne veux rien dire. Nous avons bien choisi la façon d'élever ensembles Harry et Connor.
À suivre
