L'Irlande. Des montagnes grasses d'herbe recouvraient toute la contrée, elles séparaient villages et forêts, mer et champs, un fin filet de brouillard se lovait contre les flancs rocailleux à la végétation dense. Et l'air… l'air était pure, vivifiant. Une odeur forte d'humus humide et d'iode se mélangeait dans un arôme fort qui emplissait l'entier de l'odorat.

Le train les avait déposé dans un petit village du bord de la mer, la station n'était bondée de moldus et de quelques sorciers incognito, elle était vide. Tout était tranquille. Ils quittèrent la gare pour découvrir le village côtier, dans le ciel parmi les épais nuages dansaient des mouettes joueuses et autres oiseaux. Clementia avait le sourire aux lèvres, elle écarta les bras et inspira profondément. Ils marchèrent tranquillement, bagage en mains, capes sur les épaules, en direction d'un magnifique pont en pierre clair qui menait de l'autre côté du village, traversant une rivière paresseuse.

Les personnes qu'ils croisaient les saluaient à chaque fois, souriant. Ils portaient des chapeaux ou des bérets, certains arboraient de grosse barbe rousse ou blonde et ils ne cachaient pas leur accoutrement de sorcier. Dans la rue flottait de magnifique lanterne en cuivre scintillant, ouvragée de façon à offrir des ornements floraux somptueux, au milieu des chefs-d'oeuvres brillaient des flammes oranges, des flammes vertes, des flammes éblouissantes. Les lanternes se mouvaient comme des méduses, vivant leur propre petit pèlerinage quotidien. Dans les yeux verts de Clementia brillaient une lueur émerveillée, cet air enfantin arracha un sourire au professeur Rogue.

– Littlebridge est magnifique… s'exclama la femme avec entrain, elle passa ses mains derrière son dos posant la valise au sol, elle regarda une lanterne en forme de petit dragon émacié siffler dans l'air épais du matin.

Un monde entièrement sorcier, mais en miniature. Un balais siffla par-dessus leur tête, pendant qu'un homme passait entre eux conversant avec un petit être vêtu de mousse verte, un gobelin interpella Severus, essayant de lui vendre une magnifique épée au pommeau argentée.

– Elle irait à ravir au-dessus de la cheminée de votre bureau, mon cher ami, commenta Albus avec amusement.

Rogue prit l'épée entre ses mains et la fit tourner un peu pensif. Puis il l'a rendit au petit être aux immenses oreilles velues qui s'offusqua du refus.

– Et vous ? demanda Krienki à Dumbledore. « Ça ne vous tente pas, par hasard ? »

Dumbledore rit.

– Sans vouloir vous chiffonner, je n'ai que faire d'une épée. Si ce n'est, peut-être, en faire usage comme coupe-papier ? suggéra le directeur amusé par son idée. « Cela donnerait un geste chevaleresque aux taches administratives.»

Les sourcils du gobelin formèrent un petit V de poils sombres, il fit un geste obscène en la direction du directeur de Poudlard et continua son chemin, épée en mains.

– Oups, c'était apparemment pas ce qu'il voulait entendre.

Clementia éclata de rire face à la mine étonnée d'Albus.

La fine équipe reprit leur exploration du village de Littlebridge, se promenant jusqu'aux limites de la petite bourgade irlandaise. Dumbledore marchait un peu en retrait, pensif. Il cachait ses mains dans les poches de son manteau rouge. Sa jeune protégée tourna la tête vers lui, il lui sourit. Elle ralentit le rythme pour attendre son directeur. Rogue continuait à observer les divers plantes qui bordaient les chemins, à ses lèvres était accroché un sourire curieux.

– Tout va bien ? demanda la Serdaigle.

– Bien évidemment, ma chère. Je suis bien entouré. Dumbledore l'observait affectueusement de derrière ses lunettes dorées. « J'espère que vous ne regrettez pas trop d'avoir accepté ma présence ? »

– Bien sûr que non, nous allions dans la même région, en même temps qui plus est, alors autant faire le trajet ensemble ! Ça nous fait une petite sortie d'équipe comme ça.

Une mouette se posa sur la rambarde du muret qui longeait la rivière.

– Je ne sais pas si vous aviez des projets d'ordre plus, hum, intimes avec Severus. Peut-être que ce week-end chez vos amis était l'occasion d'avoir un moment pour vous ?

Le regard pétillant d'Albus suivit le regard pensif de Clementia, ils s'attardèrent les deux sur la silhouette de Rogue qui tourna la tête en leur direction. Il se redressa et les attendit.

– Vous complotez quelque chose ? demanda le professeur de potions, les sourcils froncés, suspicieux.

– Du tout, on appréciait la vue. Le directeur et Clementia rirent doucement. Rogue haussa un sourcil.

– C'est moi la belle vue, c'est ça ? sourit Rogue.

Dumbledore secoua la tête, riant :

– Exactement Severus.

Dans le ciel se déversait les couleurs du crépuscule, quelques étoiles pointaient dans la toile bleue roi du soir. Une maisonnette en brique claire coiffée d'un toit de chaume trônait au sommet des falaises de la côte, des haies entouraient la jolie bâtisse et les parterres fleuries accueillaient les trois anglais qui avaient fini par quitter le village des sorciers. La lumière chaude de l'intérieur rayonnait jusqu'au dehors frais, on apercevait la silhouette d'une jeune femme qui pourchassait quelque chose qui devait ramper sur le plancher à grande vitesse. Son mari, plus grand de plusieurs têtes, l'observait avec affection, il portait un panier remplit de linges sales. Puis son regard se posa sur les invités qui arrivaient devant leur portail, il leva une main pour les saluer, sa femme fit un mouvement brusque vers le sol et remonta avec un bambin dans les bras. Elle ouvrit la fenêtre et les accueillit avec un grand sourire et une voix enjouée :

– Bonsoir ! Vous avez fait bon voyage ?

– Un peu long, mais non désagréable, chère demoiselle ! Albus lui sourit grandement : Vous avez une bien jolie petite fille.

– Merci professeur, le portait craché de son père.

Le vampire secoua la tête, un sourire amusé accroché aux lèvres. Il ouvrit la porte d'entrée et délesta ses invités de leurs vestes, manteaux ou capes. Il se permit de tapoter le dos de Rogue et d'enlacer Clementia. Ils avaient fait de lui un père.

Salomé arriva en sautillant, elle passa un bras autour du cou de Rogue et l'enlaça. Celui-ci se tendit face au contact inhabituel mais il lui serra néanmoins l'épaule. Puis elle se tourna vers Clementia et lui déposa un bec bruyant sur la joue :

– Bienvenu chez nous !

– Je vous montre vos chambres et on pourra passer à table, annonça Siccus en leur désignant les escaliers menant à l'étage. Nous n'avons pas trois chambres d'ami. Je suppose que Rogue et Hope souhaitent partager un lit ?

Les deux ne pipèrent mot. Clementia écarquilla des yeux. Rogue était figé au bas des escaliers alors que le vampire venait d'arriver au sommet. Il se retourna vers les invités et sourcilla.

– Je crois cher monsieur Siccus que le professeur Rogue et mademoiselle Hope ne feront pas couche commune, par contre, je partage volontiers mon lit avec notre brave Severus.

– Oh. Excusez-moi, Siccus se permit un rire léger. « Il m'arrive de mélanger présent et futur… » glissa-t-il aux invités, il ponctua sa phrase avec un clin d'oeil amusé.

Dumbledore s'amusa de la remarque et commença à grimper les marches en direction de l'étage. Clementia le suivit de près et alla s'installer dans sa chambre.

Albus posa sa valise sur le côté droit du lit et observa la chambre l'air satisfait. Rogue entra dans la pièce, sur son visage se lisait un mélange de mécontentement et de lassitude.

– Je suis peut-être d'une compagnie moins agréable que notre chère amie, sourit Dumbledore en ouvrant sa valise, mais je ne ronfle pas et ne pique jamais la couverture ! Ce qui, pour moi, sont des qualités irremplaçables !

Rogue ne pipa mot et posa à son tour ses affaires sur son côté de lit.

– Albus… j'ai beau y réfléchir mais je ne me souviens pas vraiment. Les vampires ont-ils un don prononcé pour la divination ?

– Severus ! Ce cher monsieur vous jouait un petit tour.

Dumbledore ne rajouta rien et se contenta de déchiffrer l'expression sur le visage de son protégé.

– Vous avez raison. Je suis bête.

– Vous savez ce que je pense des divinations. Quand on y croit trop fort elle finisse parfois, mais rarement, par se réaliser.

Le Directeur ferma sa valise en sifflotant et quitta la chambre pour rejoindre leurs hôtes. Clementia était installée à la table à manger, la petite sur ses genoux. Le bambin tendit ses petits doigts potelés vers les cheveux de Hope. La petite referma sa prise légère sur les longs cheveux et gloussa. L'enfant rigola quand Clementia lui caressa les bras avec douceur, un doux sourire accroché aux lèvres. Son coeur battait doucement : mélancolique. Et elle, allait-elle un jour porter son propre enfant sur ses genoux ou le destin allait-il lui refuser la maternité ? Elle leva le regard et glissa une mèche derrière les oreilles. Elle croisa alors les pupilles pétillantes du Directeur, il la dévisageait affectueusement - elle et la petite.

– Et comment se nomme votre trésor ? demanda le sorcier en s'approchant de Salomé qui finissait de mettre les divers plats sur la table.

– Emilia.

Rogue avait fini par rejoindre la petite équipe, il s'installa en face de Clementia, celle-ci tendit la petite à son père. Elle retourna la chaise de façon à faire face à la table. Rogue lui sourit et elle répondit. Le regard sombre du professeur de potions se porta sur la petite enfant qui somnolait contre son père. Une expression étrange prit vie dans les traits fatigués de Rogue. Dumbledore s'était installé à table, juste à côté de Rogue - le Directeur les mains entrelacés semblait analyser les sentiments de son bras-droit, mais il sembla battu. Indéchiffrable.

Salomé arriva avec de grands plats qui la suivaient comme des petits chiens, ils voletaient à une bonne hauteur. D'un coup de baguette la table fut dressée et la petite glapit de joie, toujours émerveillée par la magie.

– Tout cela m'a l'air simplement succulent, très chère ! Albus se frotta les mains avec impatience. Entre le rôti, les patates au four, les légumes et la sauce bien grasse il avait de quoi se repaître.

La sorcière lui répondit par un sourire gêné.

Le repas était largement entamé et les verres de vin se vidaient et remplissaient dans un rythme assez régulier. Salomé avait les joues rougies par l'alcool, légèrement pompette. Dumbledore s'essuya le bord des lèvres et une goutte de sauce qui était tombé dans sa barbe, il la fit disparaitre d'un geste habitué.

– Et donc le Premier Ministre semble nous laisser en paix pour le moment. Depuis que nous sommes partis, nous n'avons eu aucune visite et aucun cadeau pernicieux, répondit le vampire à la question de Rogue.

Salomé prit un air sombre :

– Encore heureux, ce foutu Fudge peut aller se faire f… flamber la moumoute. Ou manger son chapeau melon, comme vous voulez ! Si je le vois approcher de la maison… il aura à faire à Salomé Siccus ! Et on devra l'appeler Madame la Première Ministre après sa visite.

Dumbledore rit tendrement face à tant d'audace.

– Pauvre Cornelius, s'il vous entendait ! Il en deviendrait tout pâle.

– Et les autorités irlandaises ne sont pas venues ? s'étonna Clementia, les nouveaux venus devaient bien avoir éveillé des soupçons dans le petit village.

– Nous avons eu le droit à une visite de courtoisie à notre arrivée, mais tout c'est bien passé. Ils sont venus accompagnés de notre ami en commun : Aaron Falker – son poste d'ambassadeur faisait de lui une bonne référence auprès des autorités.

– En parlant de Falker ! Je saute sur l'occasion, la dernière fois que j'ai tenté de prendre contact avec lui il m'a fallu attendre plusieurs semaines, déplora Dumbledore, vous connaissez une façon rapide et sûre de prendre contact avec ce cher monsieur ?

– Quelques affaires avec les créatures magiques en perspective ? interrogea Vladimir, les sourcils froncés.

– Rien d'alarmant. Mais j'aurai aimé toucher quelques mots à ce sujet avec Mr. Falker.

– Je suis désolée Albus, mais il est presque injoignable - je n'ai pas de secret pour le contacter, si ce n'est qu'il répond plus vite à ses amis.

– Très bien, merci tout de même Salomé.

– En faite, Vladimir croisa les bras et dévisagea le directeur - suspicieux : quelles affaires vous ont mener par ici, Dumbledore ?

Salomé baissa le regard, gênée par le ton emprunté par son époux. Elle se leva et d'un geste de la tête invita Severus à débarrasser la table avec elle. Celui-ci obtempéra, ils se rendirent dans la petite cuisine de famille et posèrent les plats dans l'évier. La voix grave du vampire se fit entendre au loin, entrecoupé par celle du Directeur. Ils purent entendre des bribes de leur conversation : loup-garou, rencontre, ancien élève.

Salomé fit couler de l'eau chaude sur la vaisselle sale et s'appuya contre le plan de travail, faisant face à Rogue :

– Toujours au point mort avec Clementia ? demanda-t-elle avec un sourire curieux.

Rogue soupira bruyamment et leva les yeux en direction du plafond.

– Salomé ! De quoi tu te mêles ?

– Vexe-toi pas !

Ils rirent brièvement. Rogue resta silencieux quelques secondes, la question de Salomé semblait le travailler.

– Tu sais, Severus, oublie un bref instant tes barrières… et tu auras la réponse à tes questions, murmura la jeune mère, se retournant pour fermer le robinet. «Tu dois bien comprendre…

– Justement, je ne sais pas si je comprends, commença Severus sur le ton de la confidence, mes sentiments. D'un mouvement de baguette il ferma la porte de la cuisine. « Je… je crois bien que je l'aime, Salomé. Evidemment, cela reste entre nous ! rajouta Rogue à la va-vite, l'air inquiet.

– Evidemment Severus.

– Elle est la personne qui m'est le plus proche depuis de longues années, j'ai bien sûr quelques amis par-ci par-là, mais je les vois rarement. Mais ce n'est pas pareil avec elle. Rien n'est pareil.

– Et elle est au courant de ce que tu ressens ?

– Non. Enfin, je ne crois pas. Rogue fixa le sol, mal à l'aise. La certitude qui habitait Rogue depuis l'année dernière pesait lourd sur son coeur : il ne voulait pas la perdre. Il ne le supporterait pas. À la simple idée de la perdre, il avait des hauts le coeur et les larmes lui montaient aux yeux.

– Ose le premier pas, Severus. Je crois qu'elle tient aussi à toi.

Il ne répondit rien. Il repensa à leur baiser échangé. Au silence qu'il s'était imposé quand il avait compris qu'elle ne se rappelait de rien. Elle n'avait pas résisté à leur échange amoureux, elle s'était laissée aller. Mais était-ce l'alcool ? Rogue n'osait trop y réfléchir, car son coeur penchait en cette direction.


Le repas s'était fini dans la bonne humeur une fois Vladimir rassuré. Ils parlèrent encore quelques heures une fois que la table fut débarrassée. C'était tard dans la nuit qu'ils s'étaient réfugiés sous leur couette pour une bonne nuit de repos, vivifiés par l'air pur de la mer. C'est avec agacement que Rogue découvrit que Dumbledore donnait des coups dans le sommeil. Vivace le vieillard.

Le matin chacun avait pris son propre chemin. Severus et Clementia partaient en expédition dans la région pour y cueillir des plantes et observer des lutins et autres petites créatures qui vivaient dans les landes irlandaises ou au pied des falaises sablonneuses.

Albus quant à lui arrivait justement à son lieu de rendez-vous. Le petit pub du village était non-loin de la gare et à cette heure-ci était pratiquement vide. Dumbledore pendit sa cape de voyage à l'entrée et alla découvrir l'intérieur du bar. Peu de monde occupait les divers chaises en vieux bois, les habitants de Littlebridge travaillaient probablement à cette heure de la journée. Dumbledore prit quelques secondes pour découvrir la silhouette qu'il cherchait des yeux. L'homme, maigre, était penché sur une tasse de chocolat chaud, sa face pâle était marquée par la fatigue et son regard paraissait mélancolique. Le directeur s'approcha de la table avec silence, ce n'est que lorsqu'il tira la chaise à lui que son interlocuteur leva les yeux vers lui. Un sourire chaleureux éclaira le visage lacéré.

– Albus, il lui tendit une main frêle, ça me fait plaisir de vous revoir.

– Le plaisir est pour moi, cher ami. Comment allez-vous, Lupin ?

Celui-ci se gratta la tête, un sourire triste aux lèvres, il était pâle.

– Cela pourrait être mieux, mais je n'ai pas trop à me plaindre non plus. Le train-train quotidien en somme.

Dumbledore lui sourit. Il le scruta, ses yeux bleus pétillants semblaient s'humidifier.

– Alors, reprit Remus, je me suis permis de vous commander un chocolat chaud, il devrait (il se tourna en direction du bar) arriver sous peu.

– Merci, c'est gentil.

– Pourquoi vouliez-vous me rencontrer Albus ? Vous vous êtes déplacés jusqu'en Irlande pour m'arranger, il doit s'agir de quelque chose d'important ? demanda Remus, tout-de-go. Il baissa le regard après avoir posé sa question et contempla les nervures de la table.

Les boissons arrivèrent au même moment, lévitant dans la pièce. Un peu de chocolat tomba sur le plancher, mais le sol sembla l'absorber à l'instant même où le liquide entra en contact avec le bois. Les tasses remplies à outrance se posèrent devant Albus et Remus. Le directeur tira la tasse à lui et en but une gorgée. Une trace de chocolat se dessina dans sa moustache.

– Parfait, murmura-t-il avec délectation.

Ils se turent quelques instants, chacun buvant une bonne gorgée de leur boisson.

– Je voulais vous parler de deux points en venant ici, Remus. Mais avant cela, dites m'en un peu plus sur vous, j'ai appris que vous aviez séjourné à l'hôpital durant l'année ?

Remus fronça les sourcils.

– En effet, qui vous a tenu au courant ?

– Une protégée. Elle s'inquiétait pour vous, énormément.

L'expression sur le visage de Lupin passait de l'étonnement à l'inquiétude en un temps record. Quelle protégée ? Il ne préféra pas approfondir la question, il avait peur.

– Mais je vais bien maintenant, j'ai quitté l'hôpital depuis quelques mois déjà. Je me suis refais une petite forme ici, l'air est purifiant.

Dumbledore sourit, approuva silencieusement de la tête et reprit son interrogatoire :

– Alors, l'Irlande ? Vous y avez trouvé un travail ?

– Mouais, Remus éluda la question en haussant des épaules, Dumbledore comprit qu'il ne s'agissait pas de son sujet de prédilection : « Et Harry, comment va-t-il ? »

– Il a déjà surpassé toute votre joyeuse bande, sourit le directeur, il est courageux, il est chaleureux, il désobéit aux règles aussi fréquemment que son père le faisait, mais avec les bonnes intentions de sa mère. C'est un brave garçon.

– Et sa famille, la soeur de Lily, il le défavorise encore ?

Dumbledore grimaça :

– Je le crains.

– Ils sont abusifs, Albus. Il faudrait le confier…

– À quelqu'un d'autre ? termina Dumbledore «Oui certainement, mais chez qui ? Un foyer, une maison d'accueil ? Alors que Voldemort tente de refaire surface ?

Remus resta silencieux. Il remua faiblement sa boisson, les yeux dans le vide.

– Il a de bonnes notes ? finit-il par demander.

Dumbledore sourit :

– C'est un élève moyen. Mais brillamment moyen.

– C'est bien le fils de James, lâcha Remus.

L'ancien Maraudeur semblait constamment balancer entre la mélancolie silencieuse et les sourires amusés. Il était bien seul, songea le Directeur.