Chapitre 26
Londres, 23 Mai1945
Chère Miss Selena Judith Jones,
En effet, j'ai travaillé à l'Orphelinat Wool durant la période de Juillet 1926 à Janvier1932, Je me souviens de étiez la seule fille de l'orphelinat, faute de places dans les autres établissements adéquats, conséquences directes de la première guerre directrice, MadameCole, s'était déplacée elle-même pour vous ramener à l'orphelinat. Quelqu'un lui avait donné rendez-vous à un endroit pré , elle n'a jamais voulu m'en parler davantage.
Concernant la vie au quotidien, vous vous êtes rapidement adaptée à votre nouvel environnement. Vous vous entendiez bien avec vos camarades et vous sembliez heureuse avec eux. Lorsque vous avez été adoptée, cela a créé un grand vide pour tout le monde, orphelins comme employés. Malheureusement, je ne peux vous en dire plus. Peut-être trouverez-vous plus d'informations dans votre dossier, s'il n'a pas été détruit il y a quelques années dans l'incendie qui a ravagé le bureau de la directrice. Vous pouvez demander à l'actuelle directrice de vous le parvenir s'il existe toujours.
Je m'excuse de ne pas pouvoir vous aider davantage dans votre quête. Bonne continuation à vous,
Madame Elisabeth Smith
Léna rédigea une lettre de remerciement à Elisabeth Smith et une autre pour demander de l'aide à Agatha. Peut-être avait-elle une solution pour retrouver ce dossier que l'actuelle directrice n'avait pas vraiment cherché ?
Quelques jours plus tard, la réponse d'Agatha arriva en même temps que l'annonce de la défaite de Grindelwald contre Dumbledore. Ce dernier s'était absenté pendant quelques temps mais personne ne savait la raison. Avec cette annonce, désormais tout le monde était au courant des exploits de ce cher professeur de Métamorphose. Certains élèves de Serpentards avaient, semblait-il, été déçu par la chute du mage noir et vouaient désormais une haine contre leur professeur. Les autres, pour leur part, vouaient une admiration pour l'homme qui avait amené à la défaite le criminel. Concernant la lettre d'Agatha, Léna la lut rapidement. La jeune femme lui expliquait simplement qu'elle avait bien reçu son courrier et qu'elle allait se renseigner sans savoir si elle allait trouver des réponses à ses questions.
Aussi, les professeurs leur avaient annoncé que les examens approchaient et qu'il était maintenant temps de se mettre aux révisions. Ainsi, le mois fila à une vitesse hallucinante tandis que les élèves concernés par les ASPIC et les BUSES bossaient. Les jours passèrent sans que la routine à Poudlard ne soit rompue. Cependant, le premier jour du mois de juin, il se produisit une agression qui mit les feux aux poudres. En effet, une nouvelle agression eut lieu et provoqua une vague de panique. Tout le monde s'était reposé sur ses lauriers pendant l'accalmie et a été donc surpris par cet évènement. Un autre élève né moldu avait été attaqué et Léna avait maintenant des difficultés à se concentrer sur ses révisions. Et si elle était la prochaine ?
Il y avait eu des fuites et la presse s'était emparé de la nouvelle. Désormais, toute la population sorcière savait ce qui se passait à l'école. Le directeur n'avait pas réussi à étouffer l'affaire. Toutefois, il avait négocier avec le ministère afin de ne pas fermer l'école contre l'arrivée de plusieurs aurors qui avaient été posté dans tous les coins du château. Cependant, si une nouvelle agression avait lieu, Poudlard fermerait ses portes pour une durée indéterminée. Le couvre-feu avait été maintenu et les élèves qui tentaient de braver l'interdit étaient encore plus sévèrement punis. Tous les rassemblements tel que les soirées de Slughorn, les entrainements de quidditch ou encore les séance d'aide aux devoirs avaient été soit suspendu pour le premier soit modifié pour les autres. Les retenues se déroulaient désormais le samedi matin sous étroite surveillance. Aussi, si les élèves avaient déjà l'obligation de se déplacer au minimum par deux, il leur avait été plus que conseillé de rester en groupe de quatre cinq élèves et au maximum à proximité d'un adulte -professeur ou auror. Aussi, beaucoup de parents inquiets avaient envoyé des hiboux au directeur. Certains avaient retiré leur enfant de l'école. D'autres élèves étaient parti de leur propre chef. Pour leur part, les Serpentard faisait profil bas. Ils savaient que s'ils disaient quelque chose de travers, ils allaient le payer cher.
Un jour, à l'intercours, alors que Léna retournait dans son dortoir chercher un livre qu'elle avait oublié, elle rencontra David dans la salle commune de Serdaigle en descendant les escaliers menant au dortoir. La jeune fille se figea sur place. Elle ne trouva pas les mots tellement elle était surprise. Le jeune homme s'avança doucement vers elle en gardant le visage crispé et lui dit simplement :
- « J'ai besoin de te parler ».
Stupéfaite, Léna le fixa et dit la première chose qui lui vint venu à l'esprit.
- « Tu ne devrais pas être en cours ? ».
David leva un sourcil. Il semblait être pris de court. La jeune fille l'étudia plus plus en détails. Son teint pâle et les cernes sous les yeux bleus qu'elle avait admiré auparavant, trahissaient sa fatigue. Elle vit sa pomme d'Adam remonter doucement le long de sa gorge traduisant l'anxiété du Serpentard. Ses yeux exprimaient différentes émotions. Tristesse, inquiétude ?
- « Euh … répondit le jeune homme, hébété. J'y vais justement mais … Je voulais … te parler avant, poursuivit-il en se grattant la tête visiblement mal à l'aise.
- Ah » dit Léna, ne sachant pas quoi dire d'autre.
L'expression du visage du jeune homme se modifia.
- « Tu ne devrais pas trouver seule ici.
- Si tu es venu pour me dire ça, tu peux t'en aller ! s'insurgea la jeune fille en esquissant un pas en avant.
- Léna … murmura le jeune homme, ce qui arrêta la Serdaigle.
- Pour ton information, j'étais seulement partie chercher mon livre de cours. Je n'en avais pas pour longtemps » Le coupa-t-elle en le toisant avec mépris.
Un silence de plomb s'installa entre eux. Le regard brillant de colère affrontait celui blessé du jeune homme.
- « Et puis, tu es mal placé pour me dire une chose pareil ! Toi aussi, tu es venu seul je te signale, réalisa Léna. Maintenant, si tu veux bien m'excuser mais j'ai cours alors à plus tard ».
La Serdaigle le contourna mais le jeune homme la retint par le bras. Il la força à le regarder dans les yeux.
- « Je m'inquiète pour toi ».
Un maelstrom de sentiments la submergea. Ce qu'ils lui avait dit l'avait davantage bouleversée que ce qu'elle voulait admettre.
- Laisse-moi ! s'écrit Léna, les larmes aux yeux. Tu n'as pas à me dire ce genre de chose alors que c'est toi qui m'a quitté.
- Écoute-moi, s'il te plaît, supplia le Serpentard, le visage triste.
- Non ! » Cria la jeune fille en se débattant.
David l'attrapa par les épaules et la força à s'asseoir sur l'un des fauteuils les plus proches. La jeune fille, toujours maintenu par son ex petit ami, pleurait maintenant.
- « Je voulais seulement te demander de faire attention à toi, commença le Serpentard d'une voix douce. Au vu des évènements qui se déroulent en ce moment …
- Tu veux parler des élèves pétrifiés.
- Oui, répondit-il en cherchant ces mots, sachant très bien qu'il marchait sur des charbons ardents. Tu … Je pense que tu devrais faire plus attention que … Enfin …
- Je devrais plus attention que les autres, soit pour toi, les sang purs. Oui, David ! Je suis plus en danger que toi parce que j'ai peut-être des origines moldues. Quelle tare ! Être née moldue est-ce aussi horrible que toi ou l'agresseur semble le croire ? Est-ce une raison pour mourir ou encore d'être traité comme un moins que rien ? »
Elle ne lui laissa pas le temps de répondre.
- « A l'époque, je croyais que rien ne pouvait nous séparer. Je croyais que tu m'aimais réellement pour qui je suis. Mais j'avais tort.
- Attends, Léna. Je ne veux pas que tu penses cela de moi.
- Que je pense quoi de toi ? Que tu juges les autres sans … commença Léna.
- S'il te plait, laisse-moi parler. Je suis venu te demander de faire attention, c'est tout. Ne confonds pas tout. Je ne te considère pas comme une moins que rien. Nous ne savons rien à propos de tes origines. Et si tu es une née moldue alors je t'accepte telle que tu es, la coupa-t-il. J'ai enfin compris ».
Il fit une pause, cherchant ses mots. Déterminé, ses mains se resserrèrent sur les épaules de la jeune fille.
- « J'ai enfin compris que tu es comme tu es, que les autres sont comme ils sont et qu'être né moldu n'est pas mauvais. Je suis désolé pour ce que j'ai pu te dire, reprit David.
- J'ai un peu du mal à te croire, dit Léna, acerbe.
- Depuis que nous ne sommes plus ensemble, j'ai beaucoup réfléchit. Je vois les choses différemment. J'ai ouvert les yeux grâce à toi.
- Et c'est après avoir mûrement réfléchi, tu t'es dit : 'Tiens ! Et si, j'allais prévenir Léna la née moldue ambulante, une sang de bourbe – comme le disent certains' ! » ironisa la jeune fille, furieuse.
Cette dernière se leva d'un bond, ce qui surpris David qui lâcha prise et mit le plus de distance possible entre eux. Ses larmes avait séchés sur ses joues devenues rouge de colère. Elle le fixait avec rage.
- Laisse-moi maintenant et pour toujours. Nous n'avons plus rien à se dire, ni à voir ensemble.
- Mais je t'aim …
- Non ! Stop, je ne veux plus t'entendre, s'exclama Léna en se bouchant les oreilles et en reculant davantage.
- Léna ! » l'appela David.
La jeune fille parcourut la distance qui la séparait de la sortie. Cependant, elle ne put ouvrir la porte. La main du jeune homme posée dessus l'en empêchait. Elle sentit dans son dos David se rapprocher d'elle. Son souffle chaud souleva une mèche de cheveux dans son cou. Le torse du Serpentard se colla à son dos. Le bras, qui maintenait fermé la porte, glissa doucement sur le panneau de bois. Le jeune homme serra Léna contre lui. Sa tête tomba sur l'épaule droite de la jeune fille. Il restèrent un moment dans cette position. Elle ne bougeait plus. Trop d'émotions se bousculaient en elle. Pourtant, elle était sûre qu'elle n'était plus amoureuse de lui …
Au bout d'un moment, Léna entendit un long soupir. Elle n'osa esquisser un geste vers son ex petit ami.
- « La vie est injuste ».
Léna ne répondit pas. Elle savait où il voulait en venir. Les minutes passaient sans que l'un ou l'autre n'ajoute quoi que ce soit. La Serdaigle se sentait bien dans ses bras. Cette sensation familière lui avait manqué. David releva la tête et desserra ses bras autour de la jeune fille qui se tourna machinalement vers lui, légèrement déçue. Leurs yeux se croisèrent une nouvelle fois. Ils n'arrivaient pas à détacher leur regard – si bien que la distance entre eux se réduisait doucement. Léna ne sut dire qui avait fait le premier pas. Cependant, à ce moment-là, ils étaient tous les deux collé l'un à l'autre en train d'échanger un doux baiser.
Léna savourait cet instant. Les caresses de David sur ses joues lui procurèrent des frissons. L'une des mains du Serpentard descendit du visage de la jeune fille pour se placer dans son dos, l'obligeant à se rapprocher davantage de lui. La Serdaigle approfondit le baiser. La chaleur monta. Et le désir aussi. David la plaqua contre la porte. Ses caresses se firent plus pressantes.
Soudain, une alarme s'enclenchant dans la tête de Léna. Elle reprit conscience de la réalité et repoussa doucement le jeune homme.
- « On ne devrait pas faire ça » dit-elle avec regrets et tristesse contre les lèvres du garçon.
David, essoufflé, la regarda sans rien dire puis hocha la tête. Il caressa les cheveux de Léna et déposa un baiser sur son front.
- « Je suis désolé, dit-il.
- Je le suis aussi. J'aurais voulu un autre avenir pour nous deux.
- Alors c'est vraiment terminé ? murmura le jeune homme contre le front de la jeune fille. Je n'arrive pas à le croire. Parfois, je me réveille la nuit et je me demande si tout cela est un rêve ou plutôt un cauchemar. Mais je reprends vite conscience que je vais devoir faire ma vie avec Kiera et non avec toi.
- Je ne sais pas si je me marierais un jour. Je ne vois personne d'autre avec qui faire ma vie » Sanglota Léna.
David la prit dans ses bras.
- « Il faut que tu trouves quelqu'un, Léna. Je veux que tu sois heureuse ».
Cela lui brisa le cœur. Elle éclata en sanglots.
- « Je t'aimerais toujours, Selena Judith Jones ».
Quelques minutes plus tard, Léna et David, ayant repris leurs esprits, décidèrent de repartir en cours. La jeune fille jeta un coup d'œil au jeune homme et se sentit plus légère. Ils avaient besoin de cette conversation pour dire adieu à leur relation amoureuse. Désormais, ils n'étaient plus rien l'un pour l'autre. Ou en tout cas, ils étaient sur la bonne voie. Ils savaient qu'une relation entre eux était impossible. Ainsi, ils sortirent de la salle commune.
Quelle ne fut pas sa surprise lorsque la jeune fille découvrit un groupe d'élèves un peu plus loin dans le couloir qui visiblement attendait son ex petit ami. Ceux-ci ne les avaient pas encore remarqué. David les interpella. Ils se retournèrent et remarquèrent les yeux rougies de Léna. Gênée, elle détourna le regard. Au fond d'elle, la jeune fille espérait que Kiera n'était pas présente. Elle ne se sentait pas prête à l'affronter. David invita tout le monde à rejoindre leur classe respective. Soulagée, Léna suivit le mouvement mais resta en arrière. Elle ne releva pas les yeux. Ses pas ralentirent pour mettre un peu de distance avec les autres qui ne lui prêtèrent plus attention. La Serdaigle put alors les observer à la dérobée. Ainsi, elle put constater avec soulagement que Kiera brillait par son absence.
- « Alors ces retrouvailles ? ».
Léna sursauta. Elle ne s'était pas aperçut que quelqu'un marchait à côté d'elle. Son regard capta un mouvement à sa droite. Tom Jedusor. Il lui sourit.
- « Je suis désolé. Je me mêle de ce qui ne me regarde pas » S'excusa-t-il.
La jeune fille darda son regard dans celui du Préfet-en-Chef. Elle essayait d'analyser le Serpentard. Mais rien ne lui parut suspect. Il était trop parfait dans sa manière d'être.
- « Léna ? ».
Ils s'étaient arrêté. La jeune fille continuait de l'observer sans répondre. Puis, soudain, elle reprit contenance.
- « Oh ! Pardon, je suis dans la lune.
- Il n'y a pas de mal » Répondit Tom Jedusor en souriant.
Nouveau silence.
- « Est-ce que tu vas bien ? ».
La question qu'il ne fallait pas poser. Malgré le fait qu'elle s'était senti apaisée après ses adieux avec David, cela lui faisait mal, terriblement mal. Tom Jedusor leva sa main et caressa la joue de la Serdaigle. La jeune fille se rendit alors compte qu'elle pleurait à nouveau. Elle recula et s'essuya les yeux énergiquement.
- « Nous devrions aller en cours maintenant ».
Elle avança de quelques pas et se rendit compte que le Préfet-en-Chef ne la suivait pas alors elle se retourna. Le jeune homme s'approcha alors d'elle.
- « Tu peux me parler, tu sais ? Je vois bien que tu ne vas pas bien.
- Ca va aller. Je me sens triste à cet instant mais plus tard, je me sentirais mieux, répondit Léna luttant contre l'envie de pleurer.
- Je suis là si tu as besoin » Insista Tom Jedusor en posant une main sur l'épaule de la jeune fille.
Son envie de pleurer eut raison d'elle. Léna éclata en sanglots contre l'épaule accueillante du Préfet-en-Chef.
