Bonjour à tous !
J'espère que vous allez bien :)
Alors... *Roulement de tambour* Je profite de la publication de ce chapitre pour vous informez que celui-ci est l'avant-dernier.
La semaine prochaine sera publiée le dernier chapitre.
Information
Je vous donne donc rendez-vous le 24 juillet pour l'épilogue de ce projet !
J'espère que la lecture de ce chapitre vous plaira, comme il m'a plu de l'écrire.
Encore une énorme merci à ma relectrice/correctrice et formidable héroïne à la cape bleue : Mrs Brunette ! ^^
Bisous et n'hésitez pas à laisser une review,
Jess-Lili
Cela faisait une semaine déjà que Louis était arrivé à la Chaumière aux Coquillages. Il charmait déjà ses petites sœurs, sans parler de William qui était toujours à ses côtés. Fleur peinait à s'occuper de lui. Même s'il était très heureux d'avoir deux filles, sa fierté se trouvait multipliée depuis l'arrivée de son fils. Ce jour-là, il laissa son fils, ses filles et sa femme avec regrets. Il ne voulait pas partir. Il y avait tant à faire ! L'anniversaire de Victoire à préparer, les rendez-vous médicaux de Louis à gérer et dans tout ce tourbillon, il ne devait pas oublier de passer du temps avec la cadette de la famille. Il partit donc à reculons. Il s'assura d'abord et avant tout que Fleur pouvait être seule. Ce fut seulement lorsqu'elle lui promit pour la cinquième fois de contacter sa mère, si elle avait besoin d'aide, qu'il daigna partir.
Lorsqu'il arriva sur son lieu de travail, ses pensées étaient loin de se trouver au même endroit. Elles se trouvaient plutôt à des kilomètres de là, dans une chaumière en particulier. Ne regardant pas où il allait, il percuta une petite forme, lui arrivant à peine à la taille.
- Mais regardez où vous allez ! Ah ces Sorciers, ils se croient tout permis parce qu'ils sont grands et forts… Ils oublient que nous prenons soin de leurs argents et de leurs trésors…
Le gobelin poursuivit son chemin en marmonnant dans sa barbe. William secoua légèrement la tête. Même s'il avait informé son nouveau patron qu'il se devait de prendre quelques semaines de congés, puisqu'il devait lui aussi, s'occuper des enfants, ce dernier n'avait pas été compréhensif. Son nouveau patron ne lui semblait pas avenant. Il n'avait en considération que le travail à effectuer et rien d'autres. De plus, il souhaitait accompagner Fleur aux rendez-vous de Louis. Son supérieur avait insisté pour le rencontrer. De mauvaise grâce, le conjureur de sorts pénétra dans son bureau. Il faillit faire demi-tour lorsqu'il remarqua que son ancienne collègue, Florence s'y trouvait. Que faisait-elle là ? Monsieur Right ne l'avait pas informé de sa présence !
- Monsieur Weasley, vous voilà enfin ! Vous manquez de ponctualité.
- Ma femme avait besoin d'aide avec nos en…
- Je me fiche de vos raisons, Weasley. Notre rendez-vous était convenu pour onze heures. Veillez à être ponctuel la prochaine fois.
- Je vous ai déjà averti que je ne pou…
- Cela suffit, Weasley !
William croisa les bras. Il n'avait jamais apprécié cette personne. Surtout depuis qu'il était son supérieur. Les ententes qu'il avait prises avec son ancien patron ne semblait pas lui convenir et il se faisait un plaisir de le lui rappeler, en le harcelant de hiboux. Un Sorcier imbu de lui-même et plus porté sur la rare gente féminine que sur son véritable travail.
- Asseyez-vous. Il a été porté à mon attention quelques altercations entre vous et Mademoiselle Delacroix. Il paraît que lors de votre dernier contrat ensemble, vous vous soyez montré insistant vis-à-vis d'elle. Ce genre de comportement est inacceptable. Maintenant que vous allez pouvoir reprendre le travail, des sanctions devront être de mises. Vous avez de la chance, cet événement se réglera entre ses murs, pour éviter tout déshonneur. Mademoiselle Delacroix a refusé de porter plainte ou autre. Par égard pour vous et votre famille.
Le rouquin lança un regard interloqué vers sa collègue. Elle arborait un sourire faussement anxieux et elle évitait de croiser son regard, gardant une distance entre eux. Ne pouvait-elle pas passer à autre chose ? Devait-elle réellement le faire passer pour le coupable dans toute cette histoire ? Jamais il ne se serait permis de se montrer trop entreprenant envers elle ou envers quiconque ! Le conjureur pinça un instant les lèvres et il ignora son patron pour se tourner vers la jeune femme.
- Florence, je ne t'ai jamais forcé à faire quoique ce soit ! Tu étais plus que consentante ! Par Merlin ! Tu veux vraiment mettre le bordel dans ma vie ? Tout ça parce que je ne t'aime pas ? Tout ça parce que je suis marié et que j'aime ma femme ?
La susnommée ne prit même pas la peine de lui répondre. Monsieur Right s'approcha de William et le regarda.
- Monsieur Weasley, vous êtes rétrogradé. Lorsque votre court congé de paternité sera terminé, vous reviendrez ici. Pour une période de trois mois, vous ferez qu'un simple travail de bureau. Retranscrire des rapports, prendre en notes mes rendez-vous…
- Sauf votre respect, Monsieur Right, Florence vous mène en bateau. Tout… Tout ce qui s'est passé pendant… Cette fois-là, c'était entre adultes consentants. De plus ce n'est pas moi qui aie instillé la première parole enjôleuse. Je ne sais honnêtement pas pourquoi je perds mon temps ici à vous parler.
- Changez de ton, Monsieur Weasley. C'est votre emploi que vous mettez en péril en agissant de la sorte. Vous admettez donc que vous avez eu une relation avec Mademoiselle Delacroix, ici présente ?
Florence se pencha alors vers lui et murmura, assez bas pour que lui seul l'entende :
- Ta femme croit peut-être qu'elle est une ennemie redoutable, mais tous les deux, vous ne savez pas à qui vous avez affaire. Œil pour œil et dent pour dent. Tu as de la chance, William. Tout ceci aurait pu aller plus loin.
Il ne prit même pas la peine de répondre à Monsieur Right et encore moins à Florence. Sans jeter un seul regard à la jeune trentenaire ou bien à son patron, le jeune homme sortit de la pièce. Il risquait vraiment son emploi parce qu'un soir, bien arrosé, il avait succombé au plaisir de la chair ? Il risquait l'emploi de ses rêves, celui qu'il faisait depuis dix-sept ans parce que cette femme n'acceptait pas son refus ? Parce qu'elle n'acceptait pas qu'il était un homme marié et père de trois enfants ? Florence avait failli mettre en péril son couple. Il ne la laisserait pas détruire son emploi et le poste qu'il occupait depuis de nombreuses années. Il espérait simplement qu'il n'allait pas devoir aller en justice pour cette histoire. Elle n'allait quand même pas se rendre jusque-là ? Elle n'allait pas oser, tout de même ! Il y avait des limites à la folie humaine, non ?
Furieux, il sortit du bâtiment. La seule personne, avec qui il avait envie de parler en ce moment, était en Roumanie pour quelques jours encore. Cela étant, elle viendrait en Angleterre jusqu'à la fin du mois. La date du mariage de son frère cadet avait été avancée de plusieurs mois. Même s'il se doutait de la raison de cette précipitation, le rouquin n'avait rien dit, contrairement à sa mère qui s'était énervée contre le dresseur de dragons et l'apprentie. Le trentenaire n'aurait pas voulu être présent pendant ce moment.
Il se promena un long moment sur le Chemin de Traverse. Il ne pouvait pas revenir à la maison dans l'immédiat. Allait-il réellement perdre son emploi à cause de cette femme ? Les questions se bousculaient dans sa tête. Quelqu'un l'interpella, mais il n'y porta pas attention.
- Bill ! Par Merlin, arrête-toi !
Le jeune homme se tourna. George semblait courir vers lui. Le rouquin le rejoignit en quelques enjambées.
- Ça va ? Que fais-tu ici ? Fleur et les enfants ne sont pas avec toi ?
- Je reviens de la banque. Fleur est à la maison avec les enfants. Je pensais aller boire une bièraubeurre au Chaudron Baveur, tu veux venir ?
- Allons-y, Verity et Ronald peuvent bien s'occuper de la boutique pendant mon absence.
Les deux frères marchèrent jusqu'au Chaudron Baveur. Avant d'y aller, William fit un arrêt par le magasin de Quidditch. Il décida d'acheter un petit balai à Victoire et à Dominique. Même si Fleur n'appréciait pas ce sport, le Quidditch faisait partie de la famille Weasley. Bill voulait partager cette passion avec ses filles en premier lieu et plus tard avec son fils. Une fois cela fait, George et lui allèrent prendre un verre.
- Que faisais-tu à la Banque, Bill ? Il me semblait que tu ne devais pas y remettre les pieds avant un mois, environ.
- C'est une longue histoire… J'ai eu de la chance, mon ancien patron a été compréhensif. Monsieur Lightwood a été remplacé maintenant. L'autre est disons… Spécial et imbu de lui-même. Il travaillait avec le personnel chargé de trouver nos futurs voyages. Te rappelles-tu quand je parlais de monsieur Right ? Si cela ne tenait qu'à lui, je reviendrais immédiatement au travail…
- Monsieur Right ? Celui qui avait une voix nasillarde ? Ne nous attardons pas sur ce sujet, j'imagine que tu ne souhaites pas en parler. Louis va bien ? Fleur gère tout ça comment ?
- Il va bien. Il dort énormément. Il se réveille seulement pour boire ou presque. Fleur a l'air épuisé. Le lendemain de l'anniversaire de Victoire, notre garçon a son premier rendez-vous de routine. Te rends-tu compte que ça va être comme cela à chaque semaine au moins jusqu'à ce qu'il ait un an ? Les rencontres peuvent être espacées selon l'avis du docteur Morgan, le pédiatre qui s'occupe de lui, mais ça fait beaucoup. Sur papier, Louis a deux mois. En réalité aussi, mais sur le plan médical, il n'a qu'une semaine. Tout doit être fait en fonction de son âge médical et non de son âge réel. C'est à n'y rien comprendre, j'en conviens. Fleur pourrait te l'expliquer un peu mieux.
- D'ailleurs, pour l'anniversaire de Victoire, tu crois que Charlie va venir avec sa fiancée ? Il paraît que m'man n'a pas apprécié que le mariage soit avancé.
- La décision des invités ne regarde pas notre mère. Fleur et moi avons invité Charlie et Anaelle et ils m'ont confirmé qu'ils venaient.
Les deux frères passèrent un long moment à parler de tout et de rien. George promit à nouveau de se présenter avec Angelina, le lundi suivant pour l'anniversaire de sa nièce. Ils se séparèrent au moment où William repartit de son côté. Même s'il était dix-neuf heures passées, le ciel était encore clair. Aucun nuage ne venait obstruer cette atmosphère.
Ce soir-là, lorsque William revint à la Chaumière aux Coquillages, il fut accueilli par le silence. Quand il rentra dans la maison, il semblait n'y avoir aucun bruit. Il se débarrassa de ses effets personnels et monta à l'étage. Des sanglots lui provenaient de la chambre principale. Quand il y pénétra, il trouva Fleur assise contre le berceau en tenant Louis dans ses bras. Les larmes continuaient de couler sur ses joues, elle ne semblait pas avoir aperçu son époux. Le trentenaire se pencha pour être à sa hauteur. Il oublia sa colère accumulée pendant la journée et chassa rapidement sa haine envers Florence. Cette dernière ne méritait pas qu'il ressente ce genre de sentiments.
- Fleur, où sont les filles ? Que se passe-t-il ?
La susnommée sursauta légèrement. En ce moment, William remarqua réellement les cernes sous ses yeux. Son épouse avait vraiment l'air épuisé. Alors qu'elle devait se reposer, ordre du médicomage, elle semblait faire tout le contraire.
- Chez Ginny et Harry. Louis refuse de boire. J'ai tout essayé.
Avant qu'il ne puisse dire quelque chose, son épouse se leva et mit leur fils dans les bras du rouquin, plus brusquement que nécessaire, ravivant les pleurs de leur fils, avant de sortir de la chambre. Ce dernier hésita sur la marche à suivre. Devait-il consoler Louis qui pleurait ? Devait-il aller retrouver sa femme ? Quand il entendit la porte d'entrée claquer, il choisit de contacter rapidement sa mère. Il posa d'abord Louis dans son berceau. Elle répondit rapidement et il dut lever la voix pour se faire entendre.
- M'man, pourrais-tu venir ?
- Que se passe-t-il ?
- Louis pleure à chaudes larmes. Fleur est sortie. Je l'ai trouvée en pleurs. Victoire et Dominique sont chez Harry et Ginny. Peux-tu venir surveiller Louis et peut-être tenter de le faire boire ? Fleur dit qu'il refuse.
- J'arrive.
William sortit la tête de la cheminée et se tourna vers Louis. Devait-il le prendre ou le laisser pleurer ? Par la fenêtre, il pouvait voir sa femme assise sur le bord de la falaise. Pendant un instant, il eût peur. Fleur était éreintée. Qui savait ce qui pouvait lui passer par la tête ? Sa femme était-elle à bout au point de vouloir sauter ? Les vagues étaient fortes. La Mer grondait. Elle pourrait l'emporter si facilement. Le jeune homme ne voulait pas se laisser guider par ses pensées sombres, mais s'il existait une infime possibilité que sa femme… Valait-il mieux ne pas y penser ? Ne pas aborder le sujet ? Garder sous silence ses craintes et ses peurs ? Le ciel s'assombrissait et pourtant, Fleur restait assise là, sans sembler s'en soucier. Le conjureur de sorts avait envie de prendre Louis avec lui et d'aller rejoindre sa femme. Seulement pour s'assurer qu'elle ne ferait rien d'insensé.
Sur ces entrefaites, sa mère sortit de la cheminée. Elle cueillit Louis dans son berceau et lui fit signe d'aller voir sa conjointe. Le rouquin lui jeta un rapide coup d'œil avant de sortir de la maison. Il rejoignit la Française et s'assit à ses côtés. En silence, le couple contemplait le paysage qui souffrait à lui. Le soleil commençait à se coucher. Il se reflétait sur l'eau, lui donnant des tons pastel. Le silence semblait s'éterniser entre le rouquin et la blonde. Le trentenaire décida alors de le briser.
- Fleur, tu devrais peut-être penser à…
- Non. Je n'ai pas besoin de leur aide. Le Docteur Kylian a dit que c'était normal. Prendre soin de Louis demande plus d'énergie. Lorsqu'il était à l'hôpital, les infirmières étaient présentes pour lui ou pour m'aider. Maintenant, je suis seule.
- Je suis là pour t'aider.
- Tu veux faire quoi William ? Prendre mes seins et tenter de le faire boire ? Tu ne peux pas. Tu crois que tu y arriveras mieux que moi ? Que je ne suis pas apte à m'occuper de mon fils ? Tu crois que je suis une mauvaise mère ? Tu crois que tu peux mieux faire ? Que tu peux réussir là où j'ai l'impression d'échouer lamentablement !
William vit la lèvre inférieure de sa femme trembler. Elle semblait lutter contre les larmes qui voulaient à nouveau inonder ses joues. Elle se leva d'un bond et fit volteface. Il se leva pour la rattraper, mais lorsqu'elle se tourna vers lui avec un regard noir, il changea d'idée. La jeune femme transplana sans plus de cérémonie. Le rouquin regarda l'endroit où elle avait disparu quelques instants avant de rentrer dans sa maison.
Sa mère était assise sur le canapé, Louis dans les bras. Ce dernier semblait boire goulument au biberon de lait maternel que sa grand-mère lui présentait. Le petit rouquin avait arrêté de pleurer. Il semblait même dormir dans les bras de sa grand-mère paternelle. Le trentenaire secoua la tête et se laissa tomber aux côtés de Molly.
- Laisse le temps à ta femme de se remettre de ses émotions. Cela ne doit pas être toujours évident de s'occuper de Victoire, de Dominique et de Louis. Où étais-tu parti ? Tu ne devrais pas la laisser seule. Non qu'elle ne soit pas apte à s'occuper des enfants à ton absence, mais…
- J'étais au travail. Je n'ai pas eu le choix d'y aller, j'avais une rencontre urgente. Fleur le savait, elle m'avait assuré de te contacter s'il y avait un souci.
- Tu connais ta femme, Bill.
Oui, il connaissait son épouse. Il savait comment elle était. Têtue. Trop parfois. Quand Louis s'endormit dans les bras de Molly, cette dernière alla le poser dans son berceau avant de partir. Pendant ce temps, William contacta Harry et Ginny pour reprendre les filles. Il passa un peu de temps avec elles, avant d'aller les coucher. Par la suite, il se servit un verre de whisky Pur-Feu et attendit. Il resta un long moment à attendre le retour de sa femme. Il s'endormit finalement sur le canapé.
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Il fut réveillé, quelques heures plus tard, par le bruit de la porte d'entrée. Fleur passa devant lui, sans sembler le voir. Sa démarche semblait quelque peu bancale. Par la fenêtre, il remarqua que le soleil commençait peu à peu à se lever.
- Puis-je savoir où tu étais, Fleur ?
La jeune femme se tourna vers lui. Son visage était presque inexpressif. Elle esquissa tout de même un léger sourire en coin avant de lui répondre.
- Avec un homme, en train d'oublier que j'avais un mari et des enfants. Il n'y a pas que toi qui peut trouver du réconfort ailleurs. Il m'a fait danser, valser, toute la nuit. Il m'a offert des verres, il m'a dit que j'étais la plus belle femme du monde entier… Il m'a fait me sentir désirable. Je n'ai rien perdu de mon charme. Puis j'ai pleuré dans ses bras. Il est parti. Je suis revenue.
William vint pour répondre, mais Fleur monta les escaliers. Elle semblait vraiment avoir bu. Par Merlin ! Il fronça les sourcils. La rancœur qu'il avait entendu dans ses phrases lui faisaient hérisser les poils. Lui avait-elle pardonné ? Ou bien allait-elle toujours lui ramener sa faute ? Il la regarda monter et lorsqu'elle sembla perdre l'équilibre, il alla l'aider. Plus tard, il lui parlerait. Il mettrait au clair ce qu'elle venait de lui dire. Il y penserait, surtout. Il ne la croyait pas capable de mettre en péril leur couple fraîchement reconstruit, mais pouvait-il jurer qu'elle n'avait rien fait ?
Malgré les tentatives du trentenaire pour parler à sa femme tout au long de la fin de semaine, il n'avait pas réussi. Fleur esquivait les conversations en plus d'être d'une humeur massacrante. Cependant, le lundi suivant, il décida que c'en était assez. Tandis que les enfants dormaient encore, il confronta son épouse.
- Fleur, ça suffit la fuite. Tu ne vas pas bien, tu es épuisée, je peux très bien le concevoir. Cependant, ce que tu as fait : partir pendant des heures et revenir aux petites heures du matin, légèrement saoule et en me lançant au visage que tu as dansé avec un homme…
- Au moins je n'ai fait que danser, contrairement à toi... Tu aimerais que je reste ici, à m'occuper des enfants ? Je ne peux plus voir personne, je ne peux plus m'amuser ? Je ne suis pas un elfe ou une servante ! Je peux faire ce que je veux sans devoir te donner des comptes ! Je ne resterai pas cloîtrée dans cette maison !
Le rouquin n'aimait pas la tournure que prenait la conversation. La Française le regardait avec cynisme. Un léger sourire était apparu sur ses lèvres, elle semblait fière de lui remettre sa faute sous le nez.
- Là n'est pas la question ! Tu as des enfants, Fleur. Nous avons des enfants ! Tu ne peux pas partir quand tu veux ! Qu'as-tu fait avec cet homme ? Pourquoi as-tu ressenti le besoin de t'enivrer ? Tu trouves ça épuisant de t'occuper de Victoire, de Dominique et de Louis, je peux le comprendre ! Mais ce n'est pas une raison pour…
- Tu veux savoir ce que j'ai fait ? Pourquoi j'ai ressenti ce besoin-là ? Parce que contrairement à toi, William, même en ayant bu plusieurs verres, je n'ai pas ressenti le besoin d'aller me réconforter dans les bras de quelqu'un d'autre ! Je n'ai pas ressenti le désir, l'envie ou le besoin de me perdre dans les bras et dans les draps d'une autre personne ! Même en étant saoule, c'est à toi que je pensais ! Quand je regardais cet homme dans les yeux, c'était le bleu de tes yeux que je voyais ! C'est celui que j'ai toujours voulu voir à mon réveil, à mon coucher, pendant la journée ! Je voulais… Je voulais savoir ce qui t'avais pris cette nuit-là de te perdre dans les bras de cette… De Florence. Je ne comprends pas. Je ne comprends toujours pas.
Le jeune homme poussa un soupir las en prenant sa femme dans ses bras. Toutes les deux baissèrent la voix d'un ton pour ne pas risquer de réveiller les enfants.
- Je croyais qu'on avait mis les choses au clair et qu'on était passé à autre chose, Fleur… C'est arrivé une fois. Ce n'est plus arrivé. Ça n'arrivera plus.
- Tu ne comprends pas, William. J'ai peur. J'ai peur de te perdre. J'ai peur que la routine ait à nouveau raison de nous. Que tu ressentes l'envie d'aller te réfugier à nouveau dans ses bras parce que depuis la naissance de Louis, nous n'avons pas de rapprochements. J'ai peur que tu ne me désires plus, que je ne sois plus désirable à tes yeux…
- Chérie… Ma Fleur… Pourquoi tu ne m'en parles pas au lieu de partir comme ça ? Je ne peux pas comprendre si tu ne me parles pas.
William l'embrassa doucement. Il allait rajouter quelque, lorsqu'un bruit leur parvint du palier. Victoire descendait les escaliers en courant.
- Papa, papa ! J'ai cinq ans aujourd'hui ! Maman, je vais pouvoir commencer l'école, dis ? Je vais pouvoir être vraiment une grande fille, n'est-ce pas ? J'ai cinq ans ! C'est grand ça !
William prit sa fille aînée dans ses bras, tandis que Louis commença à pleurer. Fleur alla à l'étage. Pendant ce temps, le rouquin prépara le petit-déjeuner.
- Que veux-tu manger ce matin, Vic ?
- Du chocolat ! Beaucoup de chocolat ! Une fontaine de chocolat !
- Ce n'est pas un petit-déjeuner ça, ma puce.
- Des pancakes alors. Avec du chocolat.
- Tu peux parler en anglais seulement, tu sais ma chouette ?
- Je n'ai pas envie moi. Puis mamie Apolline va venir aujourd'hui. Elle veut que je parle en français.
- Tu n'es pas obligée d'écouter tout ce qu'elle te dit.
- On fait des pancakes maintenant ?
William secoua légèrement la tête et commença la préparation des pancakes. Victoire tenta de l'aider. Le moment père-fille dura jusqu'à l'instant où Fleur arriva avec Dominique et Louis.
- Joyeux anniversaire, ma puce.
- Maman, on a fait des pancakes avec papa ! T'as vu ? J'ai cinq ans alors j'ai pu l'aider n'est-ce pas papa ! C'est parce que je suis grande !
Quelques heures plus tard, la famille Delacour et la famille Weasley arrivèrent à la Chaumière aux Coquillages. Victoire put fêter son anniversaire, entourée de toute sa famille. Plus William la regardait grandir, plus il trouvait qu'elle ressemblait à Fleur. Par mimétisme, peut-être, elle reproduisait certains gestes de sa mère, elle arborait parfois la même attitude. Il trouvait cela drôle, mais en même temps, cela lui faisait comprendre que le temps passait rapidement. Déjà cinq ans s'étaient écoulés depuis sa naissance. Il avait l'impression que c'était hier. Il avait l'impression qu'il allait se réveiller dans quelques jours et qu'elle allait avoir quinze ans et ne voudra plus passer de temps avec son vieux père. La nostalgie le fit revoir les souvenirs de la naissance de sa petite chouette.
En fin de journée du premier mai, Fleur avait ressenti des douleurs. Prêt à toutes éventualités, William l'avait amené à Sainte-Mangouste. La valise de maternité était prête depuis des semaines. La date prévue d'accouchement arrivait à grands pas et ni Fleur ni lui n'avaient voulu prendre le risque que rien ne soit préparé. Le Docteur Kylian les avait bien avertis de se rendre à l'hôpital pour Sorciers dès les premiers signes de douleurs. Un premier accouchement pouvait être soit très long soit très rapide. Une fois sur place, Fleur avait commencé à faire les cent pas. Les familles Weasley et Delacour s'étaient rassemblées pour fêter cet heureux événement. Les douleurs étaient rapprochées, mais la petite fille semblait bien décidée à rester dans le ventre de sa mère. Finalement, c'était aux petites heures du matin du deux mai, que Fleur Delacour-Weasley avait donné naissance à une petite fille. Deux ans après la fin de la guerre. Elle vivrait dans un monde sans guerre. Sans morts. Bien sûr, ils n'étaient à l'abri de rien, mais…
- Victoire parce que vous savez… Victoire. C'est Victoire Leah Weasley.
C'était surtout leur victoire. Leur réussite. William avait tenu ce petit bout de femme à en devenir dans ses bras, comme si c'était quelque chose de fragile. Il s'était senti maladroit. Lorsqu'elle l'avait regardé de ses yeux bleus, il avait su que jamais quelqu'un ne lui ferait du mal. C'était sa petite fille. Sa petite Victoire. Il avait tellement eu peur qu'elle soit contaminée, qu'elle soit une lycanthrope. Cependant, le temps avait démenti ses craintes. Tout était normal à son grand soulagement. Cette crainte l'avait accompagné à chaque grossesse de sa femme, mais de moins en moins intensément.
Plus tard, Molly proposa une visite au cimetière. Anaelle en profita pour proposer de surveiller les enfants qui dormaient. Malgré l'insistance de sa belle-sœur et de son beau-frère, elle insista pour rester. Le rouquin crut presque apercevoir le soulagement dans les yeux de sa mère. Les raisons de l'avancement du mariage ne pouvaient plus être camouflées aux autres et pourtant, Anaelle semblait rayonnante. Elle semblait décidée à ne pas fléchir devant le regard des autres et surtout face à celui de Molly. Tout le monde partit donc pour rendre une visite aux disparus. Déjà sept ans que la guerre était terminée, que William n'avait pas eu un moment de complicité avec son cadet. Qu'il n'avait pas pris un verre avec Remus, pour oublier pendant un instant les horreurs de la guerre. Qu'il ne lui avait pas parlé des craintes que lui faisaient vivre sa légère contamination par Fenrir Greyback. Qu'il n'avait pas ri des maladresses de Tonks. L'anniversaire de Victoire ne signifiait pas seulement la réussite de Fleur et William d'avoir un enfant. Il signifiait aussi le triomphe. La Victoire. Il y a sept ans, l'Ordre du Phénix et tous leurs alliés avaient gagné sur les Mangemorts et avaient défait Voldemort.
- Fred, tu serais fier de tes neveux et de tes nièces. Dominique te ressemble. Elle vous ressemble, à George et toi au même âge… Remus, Tonks, vous devriez voir Victoire avec Teddy. Elle le mène déjà par le bout du nez. Votre fils a sept ans, déjà. Ils sont inséparables tous les deux. Ma fille clame haut et fort que Teddy sera son "namoureux". C'est peut-être votre fils, mais s'il brise le coeur de ma petite fille…
- S'il brise le cœur de notre fille, tu ne lui feras rien du tout, William Weasley. Parce que c'est à moi qu'il aura à faire. Tu n'auras pas le temps de lui mettre la main au collet.
La plupart des personnes se tournèrent vers eux, lorsque William émit un léger rire. Il ne doutait aucunement des paroles de sa femme. S'il devait être à la place de Teddy, plus vieux, il aurait beaucoup plus peur de Fleur que de lui. Quand elle était en colère, sa femme était redoutable.
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Les semaines étaient passées et Charlie se retrouvait de plus en plus souvent à la Chaumière aux Coquillages. Plus la date de son mariage approchait, plus il passait du temps chez son frère aîné, rendant presque impossible une conversation entre William et Fleur. Aujourd'hui, à la veille de son mariage, Bill le trouvait particulièrement nerveux.
- Bill, je crois que la journée de demain me rend plus anxieux que d'affronter un troupeau de dragonnes en furie ! À bien y penser, je ne voulais même pas de relation sérieuse et Anaelle est arrivée. Comment ce bout de femme a-t-elle pu tout changer à ce point ? Elle n'a même pas vingt ans ! Je ne voulais même pas me marier et me voilà bientôt mari… et père ! Comment un seul oubli a-t-il pu tout chambouler ? Ce n'était pas dans mes plans, dans nos plans ! Anaelle a même dû terminer sa formation plus rapidement ! Dans quelques mois, je deviendrai père, t'en rends-tu compte ? Ce n'était pas prévu !
- Charlie, je crois avoir compris, cela fait trois fois que tu te répètes. L'aimes-tu ? Aimes-tu Anaelle ?
- Mais quelle question ! Bien sûr que oui !
Le rouquin ignora le regard que lui lança son frère cadet. William comprenait totalement comment il se sentait. Cependant, ce qu'il ne comprenait pas, c'était pourquoi il se mariait alors qu'il n'en avait clairement pas envie.
- Pourquoi te marier alors ?
- Tu sais aussi bien que moi que maman ne l'acceptera jamais si on ne se marie pas !
- Et depuis quand l'avis de notre mère t'importe ?
- Te rappelles-tu comment les repas étaient désagréables lorsque tu as commencé à fréquenter Fleur ? J'étais peu présent, mais les rares fois où j'étais là, ta femme n'avait pas l'air à sa place. Elle semblait loin de tout cela, mais dois-je te remémorer la fois où elle est sortie de table, lasse de cette animosité ? Où elle a crié à notre mère qu'elle t'aimait et que leur attitude lui déplaisait au plus haut point. Qu'elle ne t'avait pas charmé ? Qu'elle souhaitait seulement être acceptée et qu'elle voulait qu'on arrête de la prendre pour une fille hautaine et qui jetait son dévolu sur tous les hommes qu'elle rencontrait. Qu'elle était fidèle que cela leur plaise ou non ? Il a fallu que tu te fasses attaquer par Greyback pour qu'elle soit enfin acceptée dans la famille. Je n'ai pas envie que cela soit la même chose avec Anaelle ! Tu sais pertinemment que m'man ne l'acceptera jamais sinon… Surtout qu'elle est enceinte ! Même si nous sommes au XXIe siècle, notre société est loin d'être au même que les Moldus. Tu ne sais pas le sermon qu'elle m'a fait à cause de cela. Dois-je aussi parler du fait qu'elle méprise ma fiancée tout ça parce qu'elle est plus jeune ? Remus et Tonks avaient le même écart qu'Anaelle et moi, mais bien sûr, ce n'est pas la même chose ! Ni l'un ni l'autre n'était son enfant…
Malgré la conversation qu'il avait avec son frère cadet, le trentenaire ne put s'empêcher de penser à cette scène.
Cela faisait quelques semaines déjà qu'il avait présenté Fleur à sa famille. Même si Arthur l'avait bien accepté, cela semblait être plus difficile pour Molly. C'était à peine si elle adressait trois mots à la jeune blonde, lorsqu'elle était au Terrier. Lors d'un repas, rassemblant pour une rare fois toute la famille Weasley, Molly avait dévisagée la jeune femme un long moment.
- Qu'avez-vous fait à mon fils pour qu'il s'attache à vous si facilement ? Vous avez utilisé votre charme de Vélane pour le séduire, n'est-ce pas ? Jamais je n'aurais pensé que mon fils aurait pu s'enticher d'une femme telle que vous !
Un silence de plomb était tombé dans la salle à manger. Tout le monde semblait retenir son souffle. William avait jeté un regard à sa fiancée, qui avait considérablement pâlie. Cependant, son poing serré sur sa cuisse montrait son état d'esprit. Surpris, William et Arthur s'étaient exclamés en même temps :
- Maman !
- Molly !
Cependant, avant que Molly ait pu rétorquer quelque chose, Fleur s'était levée d'un bond et avant lancé un regard furibond à toute la tablée.
- Que signifie : une femme telle que vous ? Aurez-vous le cran de le dire, Molly ?
Le visage de sa mère était devenu blême. De toute évidence, elle ne s'était pas attendue à une réaction de la jeune Française.
- Une fille… Une fille de joie ! Une femme qui n'a pas peur d'exhiber ses plus beaux atours pour charmer tous les hommes pour ensuite s'en débarrasser comme de vulgaires mouchoirs usagés.
- Vous saurez, Madame Weasley, que j'aime votre fils ! Que cela vous plaise ou non ! Ma beauté n'est en aucun cas la cause de notre amour ! Il est basé sur des sentiments sincères et réels. Je n'ai aucunement ensorcelé William ! J'en ai assez de votre animosité envers moi ! Je n'ai absolument rien fait, si ce n'est que de tomber éperdument amoureuse de votre fils aîné et que je sache, ce n'est pas un crime ! Allez-vous, un jour, comprendre que je suis une femme fidèle et qui n'utilise pas son charme pour plaire au premier garçon qu'elle croise ! Si vous preniez la peine de me connaître, vous sauriez que je ne suis pas une femme hautaine et imbue d'elle-même ! Vous sauriez que j'essaie de participer activement à la guerre qui se prépare ! Allez-vous, un jour, réaliser que votre attitude à mon égard me blesse malgré le masque d'impassibilité que je vous montre ? Mais non, pour vous je ne suis que… Qu'une…
Fleur s'était enfuie en courant. Elle était sortie de la demeure en claquant la porte, faisant sursauter toutes les personnes présentes. William avait lancé un regard peiné et colérique à sa mère avant de rejoindre la jeune femme dehors. Il avait tout fait pour empêcher la jeune femme de repartir sur-le-champ chez elle, en France.
Le jeune homme arrivait à se rappeler avec précision la scène, même si elle avait eu lieu huit ans auparavant. Il espérait de tout cœur qu'Anaelle n'aurait pas à vivre la même chose.
- Tu ressasses assez d'idées sombres ! On va au Chaudron Baveur. C'est la veille de ton mariage, tu ne vas pas passer la soirée à te plaindre !
William pensait bien faire oublier sa mauvaise humeur à son frère. Ce qu'il ne savait pas, c'était qu'une petite soirée était organisée du côté Moldu avec les autres frères de la fratrie. Le rouquin avait accepté d'être le témoin. Il ordonna à son frère de se préparer et tous les deux partirent pour le Chaudron Baveur.
Au fil de la soirée, le jeune homme sentait l'angoisse de son frère le quitter. Il semblait même s'amuser. Le trentenaire s'assurait quand même qu'il ne boive pas trop et lorsqu'il fut temps de retourner à la Chaumière aux Coquillages, Charlie alla rapidement dormir.
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Pour une rare fois, le mariage n'avait pas lieu au Terrier. Pour montrer sa mauvaise humeur, Molly avait refusé. C'est donc tout naturellement que William avait offert de le faire à la Chaumière aux Coquillages. Placé à la droite de son frère, il était témoin de l'émotion qui passa sur son visage lorsque sa future femme s'approcha de l'autel. Il chuchota rapidement quelque chose à l'oreille de son cadet et balaya la plage du regard. Ce dernier s'accrocha aux yeux bleus de son épouse assise dans la première rangée. Un message silencieux semblait s'échanger entre les deux.
- Charlie Fabian Weasley, désirez-vous prendre comme légitime épouse Anaelle Mélia Picard, ici présente ?
- Oui, je le veux.
- Anaelle Mélia Picard, désirez-vous prendre comme légitime époux, Charlie Fabian Weasley, ici présent ?
- Oui, je le veux.
- Vous êtes maintenant unis par les liens sacrés du mariage. Vous pouvez embrasser la mariée.
Tandis qu'ils échangeaient les alliances et que le célébrant levait sa baguette, que des étoiles argentées tournaient autour des jeunes époux, William regardait encore les personnes présentes. Même si sa mère tentait de le camoufler, il pouvait voir l'émotion dans ses yeux et les larmes sur ses joues. Elle était plus émue qu'elle ne semblait le laisser paraître. Tout le monde félicita les nouveaux mariés. Puis ces derniers ouvrirent la danse.
William s'approcha de sa femme et effectua une légère révérence. Il lui semblait qu'il avait déjà effectué ce geste dans un passé qui lui semblait si lointain. Il secoua la tête et chassa cette pensée.
- Mademoiselle Delacour, veuillez bien accepter ma main et m'accompagner dans cette danse.
La jeune femme le regarda un long moment avant de l'accompagner de cette valse. Au grand plaisir du jeune homme, elle posa sa tête sur son torse. Elle semblait plus calme, plus sereine.
- Après le mariage de Gabrielle et de Mikola, il faudra commencer à organiser le nôtre, William… Nous n'avons peut-être pas eu la chance d'en reparler depuis, mais cela ne signifie pas que je n'y pense pas.
William acquiesça simplement. Il ne voulait pas briser cet instant de bonheur. Fleur l'embrassa doucement et le tira hors de la tente.
- Je crois que ton frère ne nous en voudra pas trop…
Cette soirée-là, profitant du fait que Louis dormait, que les filles étaient chez les Delacour pour quelques jours, les époux s'aimèrent tendrement jusqu'aux petites heures du matin. William redécouvrait avec joie sa femme. Malgré ses trois grossesses, elle restait magnifique. Lorsqu'il posa sa bouche sur la cicatrice qui marquait le ventre de son épouse, cette dernière l'arrêta un instant. Le doute passa dans ses yeux, le doute de se savoir encore belle et désirable. Le même doute qui avait envahi le conjureur de sorts après son attaque. Le rouquin vint l'embrasser sur les lèvres fougueusement. Les paroles n'étaient pas nécessaires. Ils pouvaient à nouveau se comprendre en un regard, en un baiser. Louis sembla vouloir donner un moment de répit à ses parents, car il fit sa première nuit complète à leur grand bonheur.
