Bêta : octo qui m'a enfermé dans ses cachots à cause de toutes mes fautes (12 jours pour 6 fautes, oui, elle est radicale mais je l'aime) et je ne vous parle pas des virgules qu'elle doit elle-même mettre puisque je ne sais PAS les mettre.

Note : merci à Kisis pour sa review anonyme. Merci aux autres pour vos reviews, lire vos commentaires me fait beaucoup de bien. Et un grand merci à Alie-yaoi, grâce à elle, je suis à 400 reviews. Je n'imaginais pas en avoir autant.


Chapitre 26

La rentrée à la faculté sorcière se fit sans problèmes pour Harry. Il retrouva son frère. Henry fut immédiatement mis à contribution pour repousser les éventuelles approches d'adversaires qui ne voulaient qu'une chose, s'approprier Harry selon Drago.

Henry aurait pu refuser, mais les menaces qu'il avait reçues l'avaient plus ou moins poussé à accepter même s'il trouvait cette idée stupide. Oui, son frère était attirant mais quel serait le débile qui oserait courir après Harry ?

Au bout de quelques mois, les jumeaux se rendirent compte que Henry était totalement inutile – qui voudrait se frotter à un élémental de feu en s'approchant trop de son mari ? Un inconscient en avait fait l'expérience et, d'après les rumeurs, il était toujours à Sainte-Mangouste – mais que, au contraire, il aurait besoin d'un bouclier puisqu'il était courtisé sans cesse.

Ça n'avait duré que le temps de la première année de faculté. Les deux années suivantes, Henry avait proclamé haut et fort qu'il était fiancé. À partir de là, tout le monde lui avait fichu la paix.

Il n'avait pas menti, Ginny avait eu ses ASPICs avec d'excellentes notes, et comme prévu, Henry lui avait demandé sa main. La rouquine n'avait pas refusé. Ils allaient se marier quand Henry aurait fini ses études, soit deux ans plus tard, afin d'avoir une situation stable et un revenu, malgré l'héritage plus que conséquent des Potter.

Le mariage eut lieu au Terrier, chez les Weasley. Drago tomba de haut lorsqu'il découvrit, pour la première fois, que la maison des Weasley ne ressemblait pas à une cage à lapins. Avant ce jour, il n'était jamais venu là-bas, malgré les nombreuses tentatives de Harry pour l'y emmener. Là, il aurait bien voulu ne pas y aller non plus mais c'était le mariage de son beau-frère et, le comble, c'était que Henry lui avait demandé à lui d'être son témoin. Drago se doutait bien qu'il s'agissait d'un moyen de l'obliger à venir.

La cérémonie fut simple tout comme la réception. Il y avait bien moins d'invités au mariage Potter qu'au mariage Malefoy mais c'était bien aussi.

Deux ans et demi plus tard, Harry eut la surprise de voir sa belle-sœur et son frère débarquer au manoir, pour lui annoncer que Ginny était enceinte et que Harry serait le parrain. Le bébé était prévu pour dans six mois, soit pour septembre.

James Sirius Potter vint au monde un vendredi, quelques jours après la rentrée scolaire. Rien qu'en entendant le nom de son petit-neveu, Severus demanda sa retraite. Il avait encore onze ans avant de voir le petit-fils de James Potter premier du nom débarquer à Poudlard, mais il préférait prendre un peu d'avance.

Quelques mois à peine après la naissance de James, Albus Dumbledore s'éteignit. Son âge l'avait rattrapé bien plus vite qu'il ne l'aurait voulu. Il avait cent-vingt-six ans.

Son enterrement fut ouvert au public et la grande majorité des sorciers de Grande-Bretagne qui l'avaient côtoyé, étaient présents.

À la grande horreur de Severus, Minerva fit pression sur le Ministère afin que ce dernier accorde au professeur de Potions la place de directeur. Severus avait argué que Filius serait plus compétent que lui mais le nouveau ministre – qui avait remplacé Fudge – n'en avait pas démordu.

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James grandissait et faisait la fierté de ses parents, de son parrain, de ses oncles et tantes et de ses grands-oncles. Sirius, notamment, semblait déterminé à ce que son petit-neveu devienne un authentique Maraudeur. Severus devait sans cesse le calmer. Mais c'était sans compter sur Fred et George Weasley, qui avaient fait des blagues leur commerce. Ces derniers inculquaient en douce tout ce qu'ils pouvaient à leur neveu. Lorsque Ginny l'apprit, elle passa un copieux savon à son mari et à ses frères qui avaient osé pervertir son bébé avec leurs bêtises. Henry avait été plus qu'étonné de ces remontrances puisqu'il n'était au courant de rien.

James était un bébé facile qui faisait ses nuits et pleurait rarement. Bref, c'était un bébé pour débutants, comme s'amusait à l'appeler Sirius en se souvenant des premiers mois des jumeaux. Il racontait que Harry et Henry semblaient déterminés, étant petits, à faire le plus de bruit possible. Lily et James avaient souvent fait appel à leurs amis afin d'avoir un peu d'aide.

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Les Potter se retrouvèrent dans le hall du manoir Donewood, James dans les bras de sa mère. Harry accueillit son frère et sa belle-sœur avec un grand sourire et, alors qu'un elfe les débarrassait, leur hôte les guida jusque dans le salon.

- Tu es certain que Malefoy ne dira rien ? demanda Henry pour la centième fois depuis qu'il avait supplié son frère de garder James pour que lui et Ginny puissent partir en week-end.

L'ancien Serpentard était tellement plongé dans ses recherches qu'il ne se rendait pas compte qu'il délaissait son mari. Et quand celui-ci osait lui en faire la remarque, il ne disait rien et semblait même ne rien entendre.

Harry l'avait prévenu de la visite de Henry et Ginny et du fait que James passerait le week-end chez eux, mais Drago n'avait rien dit.

- Drago ne dira rien, répliqua Harry en appuyant bien sur le prénom de son époux.

C'était énervant de constater que les deux hommes ne s'entendaient toujours pas.

- Sûr ?

- Henry, laisse-moi ton fils et dégagez !

Ginny fut la seule à sourire. Elle tendit à Harry son bébé, lui remit également tout ce dont James avait besoin pour son séjour et embrassa l'enfant qui dormait paisiblement dans les bras de son oncle.

- On y va. On trouvera le chemin jusqu'à la cheminée. Je n'ai pas envie qu'il se réveille.

Ce fut avec un bébé qui buvait avidement son biberon dans les bras que le trouva Narcissa une heure plus tard pour leur thé hebdomadaire du vendredi. Comme d'habitude, Drago n'était pas présent. Il devait avoir oublié. Encore une fois. Ça faisait près d'un mois que ça durait.

- Harry ? Mais...

- C'est le fils de mon frère, se hâta de la rassurer Harry. Ils me l'ont confié pour le week-end. Ils avaient besoin de se retrouver tous les deux. Et puis, ça me fait un peu de compagnie.

- Drago travaille toujours autant ? s'indigna Narcissa. Et il vous laisse en plan, comme ça ? Avec un bébé sur les bras ? Mais allez lui parler !

- Je l'ai déjà fait, Madame, croyez-le bien. J'ai tout essayé mais rien ne semble avoir fonctionné. J'ai même été jusqu'à...

Il s'interrompit, une magnifique couleur carmin ayant envahi son visage à ce souvenir. Il avait tenté de séduire Drago en se promenant sous son nez dans le plus simple appareil. Mais même ça, ça n'avait pas fonctionné, alors qu'avant, Drago n'aurait pas hésité un seul instant.

- J'ai l'impression de le perdre, Madame. Et je ne sais plus quoi faire.

- Si vous lui avez parlé, j'ignore ce qui peut le faire changer d'avis.

- Vous...

- Non, Harry. Même moi, je ne peux rien faire. Vous le savez comme moi, seul un compagnon ou une compagne d'un élémental peut lui dire ce qui ne va pas. Je ne suis que sa mère, pas sa compagne.

Harry soupira. Il ne le savait que trop bien. James se manifesta soudain dans ses bras, grognant parce que son parrain avait cessé de le nourrir et qu'il réclamait son biberon.

Pendant qu'il discutait avec sa belle-mère, Harry essayait de déterminer ce qui pourrait faire prendre conscience à Drago de son comportement. La seule chose qu'il voyait, c'était de faire croire à son mari qu'il le trompait. Le problème c'est que Harry ne voyait personne qui serait assez fou pour l'aider. Et surtout, Drago avait ce don pour sentir si Harry avait été voir ailleurs.

Narcissa prit congé, voyant que son gendre répondait évasivement à ses questions et semblait totalement ailleurs. Si elle n'avait pas vécu la même chose, elle n'aurait pas apprécié outre mesure d'avoir autant d'importance qu'un vulgaire animal.

Elle espérait de tout son cœur que le couple se retrouve. Elle avait vécu cette même situation avec Lucius, juste avant la naissance. C'était une période où il ne la regardait même plus, préférant se plonger à corps perdu dans le travail.

Après le départ de sa belle-mère, devant laquelle il s'était répandu en excuses quand il avait pris conscience de son manque d'hospitalité, Harry convoqua tous les elfes du manoir. Il se faisait l'effet d'un général d'armées devant ses troupes. Effet amoindri par James qui dormait dans ses bras.

- Drago ne quitte plus son bureau depuis près d'un mois. À partir d'aujourd'hui, aucun elfe ne sera autorisé à lui amener ses repas. Personne. Même s'il vous l'ordonne ! Ensuite, à partir de ce soir, si on vous pose la question, je ne suis plus au manoir mais chez un certain Charles.

Il garda pour lui que ce fameux Charles n'existait pas et qu'il comptait rester au manoir mais qu'il serait dans la nursery, avec James. Avec un peu de chance, le lendemain matin, Drago devrait exiger d'avoir une bonne conversation avec lui.

Son plan marcha à merveille. Drago avait demandé à plusieurs reprises à des elfes de venir lui apporter son dîner mais, s'ils apparaissaient quand il les appelait, aucun ne lui obéissait.

Résigné à monter se coucher sans manger, Drago espérait pouvoir résoudre ce problème d'elfes avec Harry mais, en entrant dans la chambre conjugale, il s'arrêta net. Le lit n'était pas défait et Harry n'était nulle part. Après avoir fait le tour des quelques pièces qu'il savait être utilisées par son époux, sans trace du brun, Drago fit appel à un elfe qui serait peut-être en mesure de lui dire où pouvait bien se trouver Harry.

- Maître Harry est absent, couina Dobby en se tordant les oreilles.

- Je vois bien qu'il n'est pas là, créature stupide ! cracha le blond, de plus en plus énervé.

- Dobby n'est pas sûr mais Maître Harry a dit qu'il dormait chez un certain Charles.

- Un certain Charles ? répéta Drago.

Tellement abasourdi par la nouvelle, Drago ne pensa pas un instant que son mari ait pu se jouer de lui et que ce Charles n'existait peut-être pas. La jalousie lui noua les entrailles et Dobby préféra fuir pour sa survie quand il vit son maître démolir les meubles de leur chambre à coups de flammes.

Le lendemain, au petit-déjeuner, Drago arborait des cernes. Il n'avait pas dormi de la nuit, imaginant tous les scénarios les plus sanglants pour tuer l'amant de son mari mais surtout pour lui faire payer.

Toujours plongé dans ses pensées morbides, il ne vit pas Harry, assis à sa place, le nez plongé dans le journal et encore moins James, dans son transat, occupé à boire son biberon. Ce fut l'éclat de rire du bébé face à la grimace de son oncle, qui tira Drago de ses idées de vengeance.

- Qu'est-ce que...

- Bonjour Drago, bien dormi ? demanda bien trop innocemment Harry.

La lumière se fit dans l'esprit du blond quand il vit un sourire naître sur la bouche de son époux.

- Charles n'a jamais existé.

- Jamais. Un pur produit de mon imagination.

- Mais...

Devant l'ahurissement comique de Drago, Harry estima qu'il était plus juste de s'expliquer quant à son geste.

- Drago, au cas où tu n'aurais pas remarqué, tu es enfermé dans ce bureau depuis un mois. J'ai eu beau tout faire pour t'en faire sortir. Tout. Mais rien n'a fonctionné. À croire que tu voulais prendre de la distance avec moi. Non, tais-toi, je parle, tu écoutes ! Ta mère est venue hier. Comme tous les vendredis depuis deux ans. Et tu n'étais pas là. Je ne veux toujours pas t'entendre ! Je me fiche éperdument de tes excuses ! Hier, j'en ai eu assez ! Surtout que nous avons James pour le week-end et qu'il serait temps que tu t'en occupes toi aussi. Et n'aies pas l'air si étonné. Je te l'ai dit, redit, répété. Je t'ai laissé des messages. Ça fait trois semaines que tu le sais ! Si les elfes ne sont pas venus t'apporter à manger, c'est parce que je leur ai ordonné. Le pire dans tout ça, c'est que ce Charles, tu y as cru.

Pour un peu, Harry en aurait ri. Mais là, il avait presque envie d'en pleurer.

- Tu travailles trop, Dray. Beaucoup trop. Ne dis pas non ! En un mois, combien de fois tu m'as adressé la parole ? Zéro. Je ne parle même pas des fois où on fait l'amour. C'est le néant total. Et ne me dis pas que je n'ai rien fait parce que je trouverai ça un peu fort venant de toi. Alors soit tu fais un effort au niveau de tes horaires, j'y arrive bien, tu devrais pouvoir faire pareil, soit on fait chambre à part jusqu'à ce que tu retrouves la raison. J'en suis parfaitement capable, et tu le sais.

Ça, oui, Drago le savait. Une partie de lui-même lui hurlait qu'il venait de se faire avoir dans les grandes largeurs et qu'il allait devoir faire payer ça à son mari mais l'autre, plus rationnelle et plus Serpentarde, lui disait d'attendre un peu. La vengeance était un plat qui se mangeait froid. Harry allait pleurer.

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Le week-end se passa bien et assez rapidement. James n'était pas trop fatiguant et ne demandait trop d'attention. Drago s'était habitué à le porter assez vite. Il avait été bien obligé d'apprendre rapidement, surtout lorsque Harry lui avait mis le bébé dans les bras en lui disant de se débrouiller avec.

La présence du jeune Potter donna des idées intéressantes aux Malefoy. Harry se prenait l'envie de dorloter un poupon. Et Drago imaginait parfaitement un bébé dans les bras de son mari. Une fille ou un garçon, peu lui importait.

Quand Ginny passa récupérer son bambin, Harry eut du mal à s'en séparer.

- J'ai envie d'avoir un enfant, souffla-t-il, plus tard, allongé sur Drago. Un bébé rien qu'à nous. On est marié depuis quoi, huit ans ? Et on n'a toujours pas d'enfants.

- On avait décidé d'attendre un peu, lui rappela Drago.

Et il avait raison. Après la remise des diplômes, Harry et Drago s'étaient mis d'accord sur le fait qu'ils devraient mieux attendre un peu avant d'avoir un enfant. Ils étaient jeunes.

- Peut-être mais, maintenant, on n'est plus aussi jeunes qu'avant et j'ai vraiment envie d'avoir un enfant.

Pour toute réponse, Drago le serra contre lui et inspira fortement son odeur. Dès le lendemain, il allait s'atteler à la création de la potion. Dans moins d'un an, ils auront peut-être une fille ou un garçon.

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Il fallut un bon mois entre le moment où Drago réalisa les potions et où l'ovule inséminée en Harry fut fécondé. Par la suite, Drago plaça l'ovule dans une matrice qui ressemblait fortement à un œuf d'autruche, mais bien plus gros encore. La matrice protectrice était enveloppée d'un sort de chaleur différent de celui utilisé pour réchauffer quelqu'un ou quelque chose. Ce sort-là permettait au fœtus de se développer dans les mêmes conditions que dans l'utérus humain.

Les neuf mois suivants passèrent assez vite. Harry et Drago ne vécurent pas les inconvénients de la grossesse utérine. Le fœtus ne grandissait pas bien au chaud dans le ventre de sa mère mais dans un œuf gardé à température corporelle grâce à un sort. Le bébé se développait comme un oisillon, à la différence que l'œuf qui protégeait le futur bébé voyait sa coquille s'amincir au fur et à mesure que les mois s'écoulaient et que le fœtus croissait. C'était en prévision de la naissance. Un enfant ne pouvait pas percer la coquille protectrice. Aussi, lorsque le moment serait venu, l'œuf, devenu une poche, se romprait, exactement comme un accouchement normal.

Les dernières semaines, Harry arrêta de travailler afin de surveiller la naissance de leur enfant. Grâce à une sorte d'échographie, ils avaient su quelle était le sexe de leur bébé : un petit garçon.

Tout était prêt pour accueillir le futur héritier Malefoy. Il ne manquait qu'une chose, son prénom. Jusque là, Harry et Drago n'étaient pas du tout d'accord, surtout qu'ils devaient faire attention à ne pas prendre le même que le futur enfant des Potter. Ginny était enceinte pour la deuxième fois et attendait elle aussi un garçon, prévu pour mars, soit normalement deux mois après la naissance du jeune Malefoy.

Il restait normalement quelques jours avant la naissance et Harry ne pouvait s'empêcher de faire le tour de la maison, non sans passer plusieurs heures dans la chambre d'enfant, afin de vérifier que rien ne manquait. Le reste du temps, il restait près de son fils, à chercher des prénoms que Drago refuserait en bloc.

Ça avait engendré des disputes mémorables. Drago affirmait que Harry détestait l'enfant pour oser lui trouver des noms pathétiques et Harry criait haut et fort que porter un nom déjà usité dans la famille n'était pas une bonne idée.

Il avait répertorié tous les prénoms des Malefoy avec l'idée de les changer un peu. Il en avait barré une bonne partie car ils avaient été utilisés, réutilisés et modifiés au cours des siècles et, jamais, le fils de Harry ne porterait un nom déjà repris sous toutes ses formes.

Sur sa feuille de parchemin, il n'en restait qu'une dizaine. Il n'y avait plus qu'à les changer.

Comme tous les soirs depuis quelques jours, Drago trouva Harry assis dans un confortable fauteuil, devant la matrice, plongé dans la contemplation de la poche rougeâtre dans laquelle ils pouvaient voir de temps en temps, des formes apparaître. C'était le bébé qui donnait des coups.

- Encore avec cette liste ?

- Ce bébé n'a pas de nom, répliqua Harry. Tant qu'il n'en aura pas, il y aura cette liste, que cela te plaise ou non !

- Donne.

Harry s'exécuta.

- Pourquoi tu as barré tous ces noms ? s'étonna Drago. Enfin...

- Ils sont tous pareil, Dray. Et je reste sur mes positions. Mon fils n'aura pas un prénom porté, vu, revu et corrigé par ses ancêtres. Son prénom sera à lui !

- Alshain et Thuban n'ont été portés qu'une fois et tu les as barré.

- Tu peux les modifier ? Moi pas.

Harry entendit nettement un soupir et sentit Drago s'asseoir près de lui. L'élémental se plongea quelques instants dans la contemplation de la poche contenant son bébé. Encore une semaine à attendre, selon leurs estimations, et ils allaient pouvoir le tenir dans leurs bras.

Il se demandait comment faisaient les mères pour ne pas montrer d'impatience pendant les derniers jours de la grossesse, lui était sur les nerfs.

- Scorpius, fit-il soudain, sans savoir d'où ce nom lui était venu.

Il avait bien un ancêtre qui s'appelait Scorpio, un élémental de feu, comme lui.

- Quoi ?

- Scorpius.

Harry se répéta plusieurs fois le prénom pour apprécier sa sonorité et hocha la tête. L'idée lui plaisait. Maintenant, restait à trouver le second prénom. La coutume voulait que le fils porte en second prénom, celui de son père mais Drago et Harry s'étaient mis d'accord, il n'en était pas question, surtout que l'enfant aurait deux pères, il ne fallait pas en léser un.

- Scorpius Malefoy. Tu aimes ? chuchota Harry vers la forme qui se mouvait dans le cocon.

Un pied frappa doucement la fine membrane, faisant sourire le couple.

La semaine arriva à son terme. Vers trois heures du matin, alors que Harry et Drago dormaient, Lotty vit clairement la poche contenant le liquide amniotique, se rompre doucement, signe que l'accouchement allait avoir lieu. L'elfe devait sans tarder prévenir ses maîtres. Elle envoya Dobby et se remit à surveiller son futur maître. L'enfant allait maintenant pouvoir sortir par la petite sortie, une sorte de petit conduit, apparue juste au moment de la perte des eaux. Lotty jeta un sort de stérilisation sur la pièce et sur la porte, permettant à chaque personne qui entrerait d'être saine.

Lotty aida le nouveau-né à sortir à l'air libre, vérifia rapidement que le placenta avait suivi tout en emmaillotant sa petite charge dans un linge apporté là exprès. Juste à ce moment-là, ses maîtres déboulèrent comme un seul homme dans la pièce, débraillés, sans doute habillés à la va-vite, décoiffés et à la fois surexcités et inquiets.

- Le jeune maître va bien, pépia Lotty. Il ne reste qu'à couper son cordon ombilical.

Ce fut Drago qui se chargea de cette tâche pendant que Harry s'approchait de son fils dans les bras de Lotty. L'enfant pleurait de toute la force de ses poumons.

Scorpius avait les yeux clos et des cheveux foncés mais cela ne voulait rien dire. D'après Sirius, Harry et Henry avaient un fin duvet sur la tête et les yeux bleus, couleur que tous les bébés ou presque avaient à la naissance. Ce n'était que vers six mois, un an au plus tard, que la couleur changeait.

Après avoir donné un bon bain au nouveau-né et après lui avoir enfilé un pyjama blanc, Harry prit son fils dans ses bras tandis que Drago se hâtait de prévenir ses parents qui, jusque là étaient restés dans l'ignorance de l'existence du bébé.

Le jeune Malefoy débarqua sans tambours ni trompettes dans le hall du manoir de ses ancêtres, monta l'escalier sans se soucier de sa tenue et frappa comme un fou contre la porte de la chambre de ses parents, se moquant comme de sa première chemise qu'il soit quatre heures vingt-deux du matin et que ses chers géniteurs dorment à poings fermés.

Lucius apparut dans l'encadrement de la porte.

- J'espère que tu as une excellente explication, cracha l'homme, énervé d'avoir été tiré du lit à une heure aussi indue.

- Une excellente, Père. Mon fils vient de naître.

L'annonce eut pour effet de faire taire Lucius. Apparemment, l'homme ne s'était pas attendu à ce genre de réponse. Il eut la décence de garder la bouche fermée.

- Ton fils ? fit-il lentement. Mais... Par Merlin, Morgane, Salazar et les autres !

À l'évidence, l'information venait de faire son chemin. S'il ne s'était pas arrimé solidement au montant de la porte, nul doute que Lucius serait tombé à la renverse.

Drago se mordit la lèvre, à la fois amusé et coupable. La réaction de son père était hilarante de son point de vue. Mais dans un sens, c'était un peu de sa faute si Lucius réagissait de la sorte, après tout, il avait sorti ça sans prendre le temps d'expliquer les choses, même si le résultat aurait sans doute été le même à la fin.

- Je vais prévenir ta mère, annonça Lucius d'une voix maîtrisée dans laquelle on discernait à peine une émotion.

- Passez quand vous le souhaitez, invita Drago en tournant les talons.

- Comment s'appelle-t-il ?

- Scorpius Hypérion. Bonne fin de nuit, Père. Et navré de vous avoir réveillé si tôt.

Avant que Lucius ne réalise vraiment, son fils avait disparu dans les escaliers. Encore sous le choc de la nouvelle, l'homme rentra dans sa chambre et retourna se coucher auprès de sa femme, réveillée par tout ce vacarme.

- Un souci mon chéri ? murmura-t-elle d'une voix ensommeillée. J'ai cru entendre la voix de Drago. Harry n'est pas blessé au moins.

- Rien de tout ça, ne t'inquiète pas.

- Alors pourquoi tout ce raffut à cette heure si tout va bien ?

- Drago a estimé normal de venir nous prévenir que son fils venait de naître.

D'un coup, Narcissa sembla bien plus réveillée. Elle se redressa vivement entre ses draps de soie et fixa son époux.

- Je te demande pardon ? Un fils ? Qui vient de naître ? Mais...

- À l'évidence, ton fils et ton gendre ont oublié de nous dire qu'ils avaient fait la potion. Drago nous a dit de passer quand nous le voulions et que notre petit-fils s'appelle Scorpius.

- Scorpius ?

- Oui. Scorpius Hypérion Malefoy.

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À plusieurs centaines de kilomètres de là, Drago débarquait chez les oncles de son mari après avoir quitté ses parents et fait un détour chez lui pour utiliser la cheminée. Il était un des rares avec Harry, Henry, Ginny, Peter et Remus à pouvoir s'introduire dans les appartements de fonction à Poudlard au beau milieu de la nuit. En général, c'était pour les urgences. Les cheminées étaient spécialement connectées. Severus étant directeur, il en avait le pouvoir sans rendre de comptes à personne.

Le bruit que Drago fit en arrivant alerta les propriétaires qui apparurent, baguette en main, parfaitement réveillés et habillés de pied en cape.

- Drago ? s'étonna Severus. Qu'est-ce que vous faites là ?

- Navré de débouler chez vous sans invitation. Mais j'ai une nouvelle à vous annoncer et j'ai pensé qu'il était important de venir vous prévenir.

- Harry va bien ?

- Très bien, ne vous inquiétez pas, les rassura Drago. En revanche, je pense que vous devez vous asseoir.

Lentement, et après avoir rangé leur baguette, les deux hommes s'installèrent.

- Je sais que je vais vous prendre au dépourvu mais depuis maintenant une heure trente, nous avons, Harry et moi, le privilège d'être parents d'un petit garçon.

- Pouvez-vous répéter ? le pria Sirius. Un petit garçon ?

- En effet, un bébé. Harry et moi avons fait appel à une mère porteuse, mentit Drago sans la moindre honte. Personne n'était au courant. Parce que nous voulions être certains d'avoir notre bébé.

- Un bébé, répéta Severus, lentement.

- Scorpius Malefoy. Vous pourrez passer quand bon vous semblera. Mes parents viennent d'être prévenus. Harry mettra son frère au courant dès mon retour. Je pense que je ne vais pas tarder. Je vous souhaite une bonne fin de nuit.

Il ne vit pas les deux hommes, l'air hébété par la nouvelle qu'il venait de lâcher aussi négligemment, répétant encore et encore que Harry avait eu un enfant. Au contraire, il jeta une poignée de poudre de Cheminette juste avant d'annoncer sa destination. L'instant d'après, il était de retour dans le hall de son manoir. Il ne perdit pas de temps à vérifier sa tenue et monta dans la chambre d'enfant où il était sûr de trouver son mari.

- Si tu es allé voir tes parents et mes oncles, fit Harry sans quitter des yeux son fils qui dormait dans son berceau, tu as dû leur faire peur, habillé comme tu es. On dirait que tu sors d'une partie de jambes en l'air avec ta maîtresse ou ton amant ou que tu viens juste de prendre une cuite. J'aurais aussi dit que tu venais de te battre mais il manque les blessures.

- Et tu te crois drôle ? répliqua sombrement Drago.

- Très, sourit Harry.

- J'ai failli être assassiné par tes oncles et tu trouves ça drôle ?

Harry murmura quelque chose à Scorpius qui s'en moquait éperdument, puisqu'il dormait comme un bienheureux.

- Je n'ai jamais vu Père être à court de mots, avoua finalement Drago. Quand je lui ai annoncé la nouvelle, il était incapable de former une phrase correcte. Et je dois dire qu'entendre ton oncle bafouiller fut assez amusant, si on passe outre le fait que j'ai failli me faire tuer.

- Oncle Severus ne lance pas de sortilèges mortels quand un intrus débarque chez lui. Juste quelques maléfices cuisants. Tu te serais retrouvé saucissonné et muet jusqu'à ce qu'il décide de te relâcher afin d'avoir des explications. Mais jamais il ne t'aurait tué. Enfin, plus maintenant. Je pensais que tu étais au courant, conclut Harry espiègle.

- Crétin ! Tu as ton frère et tes amis à prévenir. Ne compte pas sur moi pour le faire à ta place.

- Je le ferai à une heure décente, histoire que Ginny ne me tue pas à coups de sorts. Enceinte, elle est assez irritable, surtout quand elle n'a pas ses dix heures de sommeil.

- La connerie de ton frère s'explique donc. Il est devenu moins intelligent depuis qu'il est père.

- Dray, claqua Harry qui, malgré tout l'amour qu'il portait à son époux, ne supportait pas d'entendre Drago insulter Henry et inversement. Il est grand temps que tu ailles dormir ! conseilla-t-il froidement.

Contrairement à toute attente, Drago sourit et se rapprocha lentement et sensuellement de son mari.

- Va te coucher Dray, ordonna Harry sur un ton aussi ferme que possible alors que son compagnon se passait encore et encore la langue sur les lèvres.

Drago savait exactement comment faire perdre ses moyens à son époux. Et vu le regard brillant de Harry, ça fonctionnait parfaitement.

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Henry préparait le biberon de James pendant que Ginny finissait de faire le café. La jeune femme était enceinte de sept mois et savait qu'il s'agissait d'un autre garçon. Elle était positivement ravie mais avait espéré avoir une fille. Elle était encore jeune, vingt-cinq ans, elle avait le temps d'avoir d'autres enfants. Elle sourit à son fils, assis dans sa chaise haute près de la table. James gazouillait, agitant ses bras et ses jambes.

Ils entendirent une toux venant du salon et Henry se précipita pour voir de qui il s'agissait. Il ne pensa pas à prendre sa baguette, à dire vrai, dès qu'il avait entendu l'intrus tousser, il avait deviné l'identité de leur visiteur.

- Qu'est-ce que tu fais là ?

- Désolé de ne pas avoir prévenu avant de ma visite, s'excusa Harry en secouant doucement sa robe pour chasser la cendre accumulée.

Henry chassa les excuses de son frère d'un geste de la main. Harry était toujours le bienvenu chez lui, avec ou sans invitation mais en général, il ne débarquait pas si tôt le matin sans avoir prévenu au préalable.

Son air radieux malgré ses cernes intrigua Henry.

- Bonne nouvelle ? devina le jeune Potter.

- Oh oui ! Tu devrais t'asseoir.

- Tu ne veux pas rester manger ? proposa Henry. Allez viens.

Ne pouvant refuser une invitation à manger malgré le fait qu'il ait déjà mangé, Harry suivit son frère jusque dans la cuisine. Il salua sa belle-sœur et s'installa à table.

- Alors ? C'est quoi cette nouvelle ? s'enquit Henry en servant le café. Gin' assieds-toi, s'il te plaît !

- Oui, c'est une bonne idée, affirma Harry. Je n'ai pas envie d'être responsable d'un accouchement prématuré.

Il attendit que Ginny soit assise également avant de lâcher la nouvelle. Les réactions furent différentes chez Ginny et chez Henry. Son frère lâcha son bol qui se brisa par terre mais personne ne sembla s'en rendre compte. Sa belle-sœur cessa toute activité. Harry eut même peur d'avoir déclenché l'accouchement.

- Répète, fit Ginny d'une voix absente.

- Drago et moi avons un fils.

La jeune mère de famille bégaya quelque chose que personne ne comprit sauf peut-être James qui se mit à rire sans raison.

- Comment... qui est la mère ?

- Mère porteuse, Gin' !

- Pourquoi maintenant ? Pourquoi tu ne nous as pas dit avant que vous aviez un enfant en projet ?

- C'est compliqué, répondit Harry espérant que la réponse satisferait tout le monde.

Mais c'était sans compter sur sa belle-sœur et son frère qui étaient assez têtus tous les deux.

- Vas-y, je pense qu'avec des mots simples, tu vas très bien te débrouiller.

Harry pesta mentalement contre son frère. Il raconta donc le mensonge que Drago avait sorti aux oncles de Harry, mensonge pour lequel ils s'étaient mis d'accord tous les deux. De toute manière, il n'aurait pas pu dire autre chose, sa bouche semblait refuser de dire la vérité sur ce sujet, comme sur de nombreux sujets qui touchaient les élémentaires.

Si Ginny le crut, Harry lut dans le regard de son frère que ce n'était pas son cas.

- Je vais vous laisser.

- Je vais te raccompagner, fit Henry avec un sourire.

Harry connaissait suffisamment bien son frère, pour ne pas dire qu'il le connaissait mieux que tout le monde, savait pertinemment que lorsque Henry arborait ce sourire, quelqu'un allait en baver.

- Je pense que j'ai le droit à la vérité, non ? commença-t-il dans un souffle, une fois lui et Harry parvenus dans le salon.

- Je l'ai dit.

- Non Harry. Tu mens et mal. Je sais qu'il n'y a jamais eu de mère porteuse parce que, et je ne te l'apprends pas, dans le monde sorcier, la procédure exige que les parents assistent à l'insémination. Je sais que tu n'as pas manqué un jour de travail il y a neuf mois. Et que tu n'es jamais repassé à Sainte Mangouste avec Malefoy. Ça nous laisse deux options, soit ton mari est allé engrosser une fille afin d'avoir un enfant, soit vous avez volé un bébé. Alors ?

Harry ferma les yeux, essayant de maîtriser la colère qui commençait à monter. Son frère n'avait pas le droit de lui dire une chose pareille.

- Ça fait parti des secrets des élémentaires, expliqua-t-il aussi aimablement que possible. Je ne peux pas te dire de quoi il en retourne.

- Tu ne peux pas ou tu ne veux pas ?

- Je ne peux pas ! siffla finalement Harry. J'aurais beau essayer, je n'y arriverai pas. Sache que Dray n'a pas engrossé de fille, comme tu l'as élégamment dit et que nous n'avons pas volé de bébé. Cet enfant est à nous ! répliqua Harry glacial.

- Je... Harry, fit doucement Henry, je suis désolé si je t'ai fait mal en disant ça, ce n'était pas le but mais... mais tu me caches des choses et je n'aime pas ça. On ne s'est jamais rien caché.

- Bordel, Henry, tu penses bien que si je te cache des choses, ce n'est pas de gaieté de cœur mais parce que je ne peux pas faire autrement ! Si tu crois que ça m'amuse de mentir à mon propre frère !

- Comment il s'appelle ? demanda Henry en changeant de sujet.

Se disputer avec son frère était une chose qu'il détestait par dessus tout et il faisait tout pour dériver sur un autre sujet. Ça avait le don d'agacer Harry mais il finissait généralement par abonder dans le sens de son jumeau.

- Faudrait vraiment qu'un jour, on apprenne à se disputer jusqu'à la fin, constata Harry. On commence toujours bien et il faut toujours que tu changes de sujet. Ça finit par être lassant.

- Alors ? sourit Henry, amusé par la réplique de son frère.

- Tricheur. Il s'appelle Scorpius Hypérion Malefoy.

- Et de qui il tient ? Du papa ou du père ? D'ailleurs, comment il va vous appeler ?

Harry ne put s'empêcher de sourire. Henry savait que l'enfant était issu de deux hommes. C'était la seule explication possible et plausible même si, pour lui, elle était totalement irréelle. Nul doute que Severus et Sirius allaient en venir à cette conclusion lorsque Scorpius grandira.

- On verra quand il sera en âge de parler. Et pour le reste, il faut attendre aussi. Il a les yeux bleus, comme les bébés à cet âge et une bonne touffe de cheveux bruns mais ça ne veut rien dire. Drago aussi avait une tignasse brune.

- Je savais que ton mari était un faux blond. Ça ne pouvait être que ça, personne n'est aussi blond naturellement.

Malgré lui, Harry pouffa.

0o0

Le 3 mars 2006, soit cinquante-neuf jours après la naissance de Scorpius, à trois heures trois du matin, naissait le petit Albus-Severus Potter. Ses parents lui avaient donné le nom des deux plus grands directeurs de Poudlard. Severus, en découvrant que son prénom avait été donné à un Potter, avait failli faire une attaque. Mais en voyant le nouveau-né, il avait dit que finalement, ce gamin porterait bien ses deux prénoms. Si son caractère devait être à la fois celui d'Albus et celui de Severus, nul doute qu'il serait d'une intelligence rare et assez calme.

Chez l'enfant, on nota qu'il avait la tignasse désordonnée d'un Potter, à la plus grande joie de son père et à la plus grande horreur de sa mère qui s'imaginait déjà le calvaire.

Mais il n'était pas le seul. Scorpius lui aussi avait hérité de la plantation capillaire épouvantable des Potter. Mais si Albus était d'un brun de jais, Scorpius avait perdu ses cheveux bruns pour blondir, comme son père.

Quant à James, il avait hérité de la chevelure auburn de sa mère, bien qu'un peu plus foncé, des yeux de son oncle Ron, un beau bleu et de l'amour des blagues de ses oncles Fred et George et de son grand-père paternel. Ginny en voyait de toutes les couleurs alors que son fils avait tout juste dix-huit mois. Sirius était ravi, il criait haut et fort que ce petit ira loin.

Cette nouvelle avait de quoi faire paniquer légèrement ses parents, et blanchir prématurément les cheveux légèrement grisonnants de Severus qui n'avait aucune envie d'une seconde génération de Maraudeurs dans son établissement.


À suivre