DDC Canada et USA

Marguerite tenta de bouger entre les bras de son colosse. Russie se révélait effrayant dans ses tentatives de séduction, mais devenait un gros nounours docile dans l'intimité. Canada appréciait grandement ce côté câlin chez son compagnon. De toute façon, elle avait toujours eu l'habitude de se balader avec une oursonne très collante. Elle roula sur le côté quand l'étreinte d'Ivan se relâcha juste assez pour lui permettre de se sentir à l'aise.

La blonde se sentait protégée et au chaud. En totale sécurité. Elle et son futur bébé.

Un baiser échoua sur son épaule.

Elle avait fait le bon choix. Prendre le risque de venir et de rester dans un autre monde avait fini par payer.


Matthieu avait fui aussi loin que possible toutes régions en-dessous du degré Celsius. Russie l'avait toujours effrayé lors de ses multiples avances. Ivan, bien entendu, avait tenté de le séduire. Ivan avait toujours été une personne beaucoup trop entreprenante dans ses relations sentimentales avec les autres nations. Dès qu'il se prenait d'affection ou qu'on lui manifestait de l'attention, il pensait qu'il n'y avait plus qu'un pas vers une relation amoureuse. Après un nombre incalculable de râteaux mémorables enregistrés dans les annales éternelles des nations, Ivan persévérait encore et toujours pour trouver le grand amour. Désespérément et passionnément.

Matthieu avait tout mis en œuvre pour lui expliquer que son amitié lui suffisait. Ivan avait compris qu'il perdrait tout en insistant trop. De plus, Matthieu venait de se mettre avec Gilbert à cette époque.

Mathieu se prélassait sur la plage, quand une ombre gigantesque le sépara du soleil.

« Anya !

- Je suis déterminée ! Je t'aime !

- On ne s'est parlé qu'une heure ! On ne s'est rencontré qu'il n'y a quelques semaines !

- Mais je le sais ! Tu es Canada ! Je t'aime !

- Tu aimes l'autre, peut-être !

- Et alors ? Tu es pareil ! »

Canada vit rouge. Il n'aimait pas qu'on le prenne pour quelqu'un d'autre. Sa mère lui avait expliqué qu'il ressemblait beaucoup à Marguerite. D'après ses anecdotes, ils se ressemblaient plus qu'il ne l'aimerait.

« Je ne suis pas elle !

- Je ne voulais pas te blesser. Bien sûr, tu es unique ! »

Anya dansa sur ses pieds, comme si elle ne savait pas comment désamorcer la situation. De toute manière, elle n'avait pas les capacités émotionnelles pour trouver une solution à cette impasse. Elle avait la peau rougie par le soleil, comme si elle était venue directement ici à pied depuis l'aéroport.

« Tu as mis un mouchard sur moi !

- Je ne voulais pas que tu m'échappes. J'ai pourtant fait attention d'attendre pour que tu ne doutes de rien. Mais je ne vais jamais y arriver ! Kol, kol, kol. »

Matthieu avait toujours trouvé amusant quand Russie s'en voulait à soi-même. On aurait dit qu'elle tentait de se faire peur à elle-même.

« Mets-toi sous le parasol ou tu vas cramer au soleil. »

Russie sourit de toute son âme. Pourquoi avait-il été aussi gentil avec elle ? Mauvais plan ! Maintenant, elle allait croire qu'elle aurait une chance. Son ours mit une patte sur son épaule pour le réconforter.

« Je suis fidèle à l'homme que j'aime, Gilbert Beilschmidt. Je suis désolé de ne pas pouvoir répondre à vos sentiments.

- Tout ce qui sera fait ou dit dans cet univers restera dans cet univers, mon chéri. »

Il était mal barré. Matthieu finit son cocktail et chercha la meilleure façon de disparaître de sa vue.


America n'arrêtait pas de sauter sur place depuis qu'il se savait bientôt papa. Il allait être le héros de son enfant ! Il serait un véritable modèle ! Et il allait essayer de ne pas mettre à rude épreuve les nerfs de la maman avant qu'il ne vienne au monde. Elle avait l'air très énervée par son comportement.

« Mais c'est super génial comme nouvelle ! »

Natalya le regardait comme s'il était un gamin irrécupérable avec la lointaine pensée qu'elle en aurait un autre à gérer dans peu de temps.

« On va être parents et rentrer chez nous ! Sois contente ! »

Il la prit dans ses bras pour lui faire un câlin. Ses mains dérivèrent bien vite vers ses hanches. Il devait fêter dignement la nouvelle, surtout qu'ils n'avaient pas fait l'amour depuis trop longtemps…

« Euh… Depuis combien de temps es-tu enceinte ?

- Le bébé est de toi ! ça ne fait pas si longtemps.

- Ah ! Super ! »

Il n'avait jamais été doué pour comprendre la biologie. De toute façon, sa femme avait toute sa confiance.


Amélia avait accepté de diner au restaurant avec Kiku Honda. Evidemment, elle avait tout fait ça en cachette de ses parents. Son père se révélait aussi surprotecteur que Lisa. Ils étaient vraiment faits l'un pour l'autre ces deux-là.

Elle préférait discuter jeux vidéo et cinéma avec Kiku plutôt qu'être coincée à la maison. Amélia savait que son double allait être papa. Tous les autres avaient réussi à se trouver quelqu'un et à procréer. Elle détestait perdre la face. Oui, il s'agissait de fierté débile ! Amélia ne pouvait pas être pire qu'Alice. L'Italienne avait réussi à convaincre, on ne sait comment, l'Allemand à se mettre avec elle.

Amélia adorait le célibat, parce que ceci simplifiait considérablement ses relations diplomatiques avec les autres nations. Pendant combien de temps Angleterre et France s'étaient-elles tapées dessus ? Des siècles et des siècles. Pendant combien de temps Allemagne et Italie n'avaient pas osées se rapprocher intimement ? Pendant combien de temps Lisa en voudrait à son/sa possible future petit(e) ami(e) ? Jusqu'où elle-même irait pour l'élu(e) de son cœur ?

Kiku osa prendre sa main.

Connaissant Japon, il avait dû prendre tout son courage pour ce geste déplacé.

Sa main se tourna pour entremêler ses doigts avec les siens. La douceur de sa peau envoya une onde d'excitation dans tout son corps.

Il lui plaisait.

Pourquoi ne pas en profiter ?

De toute manière, ils ne se reverraient plus.

Joueuse, Amélia se pencha pour l'embrasser en public et l'embarrasser au possible.

Kiku rougit énormément, mais serra plus fort sa main.

« S'il te plaît, ne fais ceci que dans l'intimité.

- On se prend une chambre d'hôtel ? »

Amélia eut peur qu'il s'arrête de se respirer sur le coup. Elle avait l'habitude d'être très directe.

« Comme tu veux… »

Si elle n'était pas aussi gourmande et affamée, ils seraient déjà dans cette chambre.

Il paraît qu'un ventre rempli et l'attente ne faisaient que décupler le plaisir. Elle avait hâte de le vérifier.