Bonne lecture, je vous embrasse et merci pour vos lectures et commentaires. C'est un bonheur pour moi. Manon, pas besoin d'imagination, une trace de ton passage me fait un plaisir fou…
Chapitre 25 : Déclarations
Une routine, assemblage de rituels tant décriés, s'installa tranquillement. Les habitudes paisibles, si détestées par les couples, nous semblaient rassurantes et les deux premières semaines de vie à deux passèrent très vite. Le matin, un peu avant huit heures, Severus transplanait vers Poudlard pour n'en revenir qu'à dix-huit heures. Il profitait de la pause déjeuner pour s'avancer dans les corrections des devoirs et la préparation des cours et être ainsi totalement libre le soir. Le samedi midi, il me convainquit de sortir retrouver Vittorio comme à notre habitude, arguant que j'avais besoin de ces instants, seule avec mon ami. Si je ne l'aimais pas déjà, je serais tombée amoureuse de Severus Snape à cette minute…
Quant à mes journées, j'appréciais ces longues heures de solitude. La maison était calme, propice aux deux travaux de traduction qui venaient de m'être confiés. Souvent, Severus me surprenait en pleine concentration quand il rentrait en fin d'après-midi. Je délaissais alors mes feuillets pour me consacrer entièrement à l'homme qui entendait bénéficier pleinement de mon attention. Et de mes attentions…
Tout comme je profitais des siennes, passionnées et passionnantes, curieusement tendres. L'ardeur qu'il me réservait était empreinte d'une affection sincère, oserais-je dire d'un sentiment amoureux. Je le ressentais à sa façon de me prendre dans ses bras, de m'embrasser, de me caresser.
Je lisais parfois dans ses yeux sombres comme la nuit une interrogation, une demande, comme s'il n'osait me toucher sans me demander la permission. Un profond manque de confiance en lui, en ce qui concernait les relations sociales, ressortait par moment. Mais je n'avais qu'à le regarder tendrement ou le toucher la première pour qu'il sorte de sa coquille et laisse son ardeur exploser pour nous emporter tous deux dans l'exaltation et le plaisir.
Nous soupions tantôt dès le retour du professeur, tantôt après un emballement des sens, désir assouvi sur le canapé du salon, sur la table de la cuisine, sur les marches des étages… Nul endroit n'échappait à notre fièvre. Après ces moments intenses, nous montions un plateau repas au salon devant la télévision. J'appréciais beaucoup de pouvoir me couler contre son grand corps pour regarder les programmes proposés. Ses bras m'entouraient et je me sentais bien, en harmonie avec ma vie. Sentiment qui m'avait quittée à la mort de mon mari, vingt ans auparavant.
Autre sujet de satisfaction pour moi, l'appartement qu'avait trouvé Hermione Granger à Oxford convenait parfaitement pour les enfants. J'avais signé le compromis de location et il serait libre fin mai, juste pour leur arrivée, soit trois mois plus tard.
Nous étions installés sur le canapé, ce vendredi soir, lui assis, ses longues jambes posées sur un pouf, moi allongée, la tête sur ses cuisses. Une de ses mains était posée sur ma poitrine, l'autre caressait doucement mes cheveux. Nous avions dîné et revêtu nos peignoir après la douche, tenue classique de nos soirées. Un documentaire défilait ses images magnifiques sur la Grande Barrière de Corail. J'entendis clairement le soupir gonfler la poitrine de Severus.
— Tu sais, murmura-t-il de sa voix profonde, que Minerva et Sybille rentrent demain…
Je me redressai pour le regarder, un inexplicable serrement de cœur m'oppressant soudain. Essayait-il de me préparer à une rupture ? voudrait-il cacher notre relation à ses anciennes collègues ? ou rompre ce qui nous unissait par gêne ou par manque de courage ?
Son regard noir ne révélait rien de ses pensées, de ses intentions. Je me raclai la gorge, espérant que ma voix ne trahirait pas mon angoisse soudaine.
— Oui, je sais. fis-je d'une voix étonnamment claire. Qu'allons-nous faire ?
Un sourcil se haussa alors que la fine bouche du Maître des Potions se relevait en ce qui ressemblait à un sourire.
— Certainement pas l'amour partout comme nous l'avons fait ces deux dernières semaines ! laissa-t-il tomber d'un ton narquois. Je refuse d'être surpris dans des postures inconvenantes par l'une ou l'autre.
Malgré mon inquiétude, je ne pus retenir un petit rire en imaginant Sybille nous découvrant en pleine action. Vu la façon dont elle avait réagi à un simple baiser…
— Alors ? m'enquis-je d'un ton qui se voulait léger. Quelle est, selon toi, la solution ?
— Tout d'abord, réserver nos… rapprochements à ta chambre ou à la mienne. Je suggérerais plutôt la mienne, afin de laisser un étage entre Sybille et nous. On ne sait jamais, il pourrait nous arriver de faire du bruit…
Il plissa les yeux en voyant mes épaules se détendre. Je n'avais pas eu conscience de m'être à ce point crispée mais lui l'avait très bien remarqué.
— Ensuite ? demandai-je en me glissant sur ses genoux, encerclant ses épaules de mes bras.
— Ensuite, répondit-il en m'enlaçant à son tour, nous ménager de temps en temps, je dirais deux fois par mois, un week-end à Poudlard ou ailleurs pour être seuls, tous les deux.
Le réconfort que m'apporta sa proposition fit venir des larmes dans mes yeux. Qu'il vit, bien évidemment. Cette fois, ses deux sourcils se haussèrent.
— Regarde-moi, susurra-t-il.
Il plongea son regard dans le mien et sembla le fouiller. Au bout de quelques secondes, il secoua la tête en soupirant. Une grande main se posa sur mon crâne et me blottit au creux de son épaule. J'enfouis mon visage dans son cou, incapable de retenir mes larmes de soulagement. Je ne pus contenir les sanglots qui m'envahissaient alors que l'apaisement me gagnait.
— Calme-toi, chuchota-t-il. Sa voix était rauque lorsqu'il continua sur le même ton. Comment as-tu pu penser que j'allais te quitter ? comment as-tu pu croire que je serais gêné ou que j'aurais honte d'être avec toi ? que je n'aurais pas le courage d'assumer notre relation ?
— Je suis désolée, sanglotai-je, cachée dans ses cheveux.
Il me fit glisser sur le canapé et se leva. Je le voyais arpenter la pièce, la nervosité raidissait ses gestes. Il gagna le bout du salon et versa deux rasades de Whisky dans des verres. Il m'en apporta un et me fit boire une gorgée. Il vida le sien d'un trait. L'alcool me fit du bien et me remit les idées en place. Je vidai mon verre à petite goulée et le posai sur la table basse, à côté du sien. À ce moment, il attrapa ma main et m'attira à lui. Du pouce il essuya les larmes qui coulaient toujours sur mes joues et posa ses lèvres sur les miennes en me serrant fort contre lui. Sa langue chercha la mienne et entama avec elle un ballet qui mit le feu à mon corps. Je me pressai contre lui, contre son désir que je sentais grandissant.
Ses mains se promenaient sur mon dos, à l'instar des miennes. Ils les posa en coupe sous mes fesses et me souleva pour me frotter à lui plus fort. Un gémissement sortit de nous en même temps. La pression montait, je haletai soudain alors qu'il me propulsait contre le mur le plus proche. Une main quitta mes fesses pour déchirer mon slip de dentelles et me caresser avidement. J'étais prête pour lui, comme Severus le constata aussitôt. Il écarta les pans de son peignoir et me pénétra d'un fougueux coup de rein.
Il buta au fond de moi, nous arrachant à tous deux un cri. Il se figea un instant, son front contre le mien, alors que je convulsais déjà autour de lui, l'orgasme me faisant perdre la tête, comme il perdait le contrôle. Il se mit à me pilonner vigoureusement et, dans un grondement, laissa le plaisir l'envahir alors que je criais son prénom…
Nous restâmes collés au mur le temps que les frissons s'apaisent. Severus m'emporta avec lui, toujours au fond de moi, toujours dur. Il s'assit sur le divan. J'étais empalée sur lui et l'envie remontait en moi. Je bougeai doucement de haut en bas, provoquant un murmure d'encouragement chez Severus.
— Oui… souffla-t-il. Doucement… Mmmmm…
Je me penchai et léchai ses lèvres, les mordillai, avant de l'embrasser, mêlant ma langue à la sienne. Le baiser fit monter la température de notre étreinte. Ses mains se crispèrent sur mes hanches pour me faire ralentir. Je perdis la notion du temps. Il me semblait voler au dessus des nuages, la volupté m'emportant très haut. Quand la vague finale nous entraîna dans l'euphorie de la jouissance, nos regards ne se quittèrent pas et l'orgasme qui nous saisit en même temps fut prodigieux.
Une éternité plus tard, je me détachai de Severus, les jambes ankylosées. Nos corps se séparant l'un de l'autre provoqua aussitôt en moi un sentiment de perte et de solitude. Désarroi qui fut vite effacé par deux grands bras qui me soulevèrent et me portèrent à travers les étages pour me poser directement sur mon lit.
Severus s'assit à côté de moi. Il rajusta mon peignoir avant d'en faire autant sur lui et me prit la main.
— Je peux comprendre ce que tu ressens Lola. D'une certaine façon, ton mari t'a abandonnée, puis tes parents et ta sœur. Alors tu n'as pas totalement confiance en moi, en nous.
Il poussa un profond soupir en laissant son regard dériver. Puis il eut un petit rire ironique.
— Si mes anciennes fréquentations pouvaient me voir aujourd'hui, elles seraient bien surprises, fit-il d'un ton désabusé.
Comme je ne disais rien, me contentant de l'observer et de l'écouter, il se leva et déambula dans la pièce, les mains jointes dans son dos. Même seulement vêtu d'une sortie de bain, son allure était fière et élégante, due à sa minceur et à sa haute taille.
— Jamais de ma vie d'adulte, je n'ai montré à qui que ce soit un semblant d'humanité. Jamais je n'ai eu, envers qui que ce soit, un geste d'amitié et encore moins d'amour. Je suis réputé pour n'avoir aucun état d'âme, aucun remord et aucun regret. Un être froid, sarcastique, méchant. Ce que je montre aux autres est le reflet de ce que je suis intimement…
Il me vit froncer les sourcils en secouant la tête en signe de dénégation. Il reprit.
— … de ce que je croyais être. Depuis quelques mois, quelque chose s'est cassé en moi. Cette armure qui me protégeait des autres et de la souffrance que la vie m'a occasionnée. Cette carapace a volé en éclat à cause de toi Lola. L'ancien moi n'aurait jamais avoué une telle chose, même sous la plus cruelle des tortures.
À ces mots, je me levai et le rejoignis au centre de la chambre. Je pris ses mains et les portai à mes lèvres pour les embrasser.
— Tu m'as délivré Lola, avoua-t-il dans un souffle. Et je suis terrifié à l'idée que tout cela ne soit qu'éphémère. Que tu réalises brusquement quel mauvais homme je suis et que tu partes loin de moi.
— Tu n'es pas un mauvais homme, Severus, le contrai-je. Ce que tu as vécu a forgé ton caractère, un caractère entier, fort. Une mauvaise foi certaine, ajoutai-je avec un sourire, mais pas plus que les autres hommes. Je n'ai jamais eu à souffrir de ta prétendue méchanceté jusqu'à aujourd'hui. Preuve qu'elle n'existe pas.
Comme il haussait un sourcil, je continuai.
— Tes sarcasmes dénotent d'un humour tranchant et ta froideur est ta manière de te protéger des autres et du mal qu'ils peuvent te faire. Ces caractéristiques font de toi un homme fort, qui rend coup pour coup mais qui est aussi capable de s'ouvrir, comme je peux le constater depuis quelques semaines.
— Ce n'est que pour toi…
— Tu l'as fait aussi pour Albus.
À l'évocation du grand directeur, une ombre passa dans le regard sombre du Maître des Potions.
— C'est grâce à toi Lola. Tu m'as montré le chemin de la rédemption qui passait par l'acceptation de ce que j'ai vécu et par le pardon. Il fallait surtout que je me pardonne à moi-même.
— Ce cheminement n'est pas vain mon amour. En vingt ans de vie solitaire, j'ai rencontré beaucoup d'hommes, dans le cadre de mon travail. Des hommes séduisants, intelligents, gentils… Aucun n'a réellement réussi à attirer durablement mon attention, encore moins à réveiller la femme en moi. Alors que toi…
Je m'interrompis un instant pour constater que les magnifiques yeux noirs brillaient de larmes contenues, qu'ils ne laisseraient évidemment pas échapper.
— … toi, chuchotai-je, tu m'as d'abord intéressée, puis exaspérée, intriguée, émoustillée, excitée, enflammée, conquise.
Le sourire que j'aimais tant glissa au coin des lèvres fines.
— Je suis tombée amoureuse de toi, Severus Snape. De toi tout entier. Totalement, irrémédiablement, murmurai-je en nouant mes bras autour de son cou.
Il me serra contre lui à m'étouffer. J'entendais son cœur battre très fort, à l'unisson du mien. Je le sentis ravaler sa salive, comme pour retenir ses larmes. Son étreinte se resserra encore, son corps se mit à trembler.
— Je t'aime Lola… Je t'aime, gémit-il dans mon cou.
Je crus que mon cœur allait s'échapper de ma poitrine tellement il s'emballait. Je me reculai et posai une main sur sa joue, avant de déposer un tendre baiser sur sa bouche tremblante. Sans plus dire un mot, je l'entrainai dans la salle de bain. Je le débarrassai de son peignoir, laissai tomber le mien et ouvris l'eau de la grande douche. Le jet chaud nous fit du bien et nous apaisa. Severus reprit ses esprits et saisit le flacon de shampoing. Il entreprit de me laver les cheveux, en de lents mouvements sensuels. Je m'occupai des siens de la même façon avant de savonner la moindre parcelle de son grand corps. Il m'infligea le même traitement, caressant ma peau avec tendresse. Progressivement, le partage de la douche versa dans l'érotisme, nos mains effleurant chaque endroit réceptif du corps de l'autre. Il me semblait que le mien vibrait partout où Severus posait ses doigts. J'étais en feu et nos sexes se trouvant, nous explosâmes ensemble en quelques minutes, tellement la pression et notre passion étaient intenses.
Après nous être rincés et séchés, nous nous blottîmes l'un contre l'autre dans mon lit et nous sombrâmes dans un profond sommeil.
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La première pensée qui me vint à mon réveil, fut que mes deux ex-collègues rentraient aujourd'hui. C'en était fini pour un temps indéterminé de ma tranquillité. Et de celle de Lola.
La seconde pensée fut que la soirée de la veille avait été intense en émotion. J'avais complètement lâché prise avec mon passé et mon incapacité à aimer avait explosé en miettes. J'avais avoué mes sentiments à Lola et je me sentais libéré des chaînes qui m'entravaient. J'avais fait fi de toute prudence et m'étais lancé à corps perdu dans l'aventure. L'extraordinaire pouvoir de l'amour… Cette expression m'aurait fait vomir il y a peu…
Je n'eus pas le temps d'avoir une troisième pensée… Lola s'étira comme un chaton. Il me sembla même l'entendre ronronner. Allongé sur le dos, je tournai la tête vers elle, blottie contre mon flanc. Elle ouvrit lentement les yeux et me regarda, le regard encore flou de sommeil. Un chaud sourire entrouvrit ses lèvres. Elle étendit bras et jambes pour s'allonger de tout son long sur moi.
Ses douces courbes épousaient mon corps, sa chaleur et son parfum réveillaient mes sens. Un soupir de bien-être s'échappa de moi alors qu'elle posait ses lèvres sur les miennes…
Longtemps plus tard nous nous décidâmes à nous lever. Elle devait retrouver Vittorio une heure plus tard et j'avais l'intention d'accueillir les voyageuses. Celles-ci devaient arriver pour midi et je prévoyait de leur annoncer tout de suite que Lola et moi étions ensemble et que je ne tolèrerais aucune critique. En fait, je pensais surtout à Sybille, malgré qu'elle ait paru renoncer à me poursuivre de ses navrantes et dégoûtantes assiduités.
De fait, dès qu'elles passèrent la porte d'entrée, je leur enjoignis de me retrouver au plus vite dans la cuisine. Elles s'installèrent sur des chaises autour de la table. Je ricanais sous cape de leur air mi-craintif, mi-intrigué. Je restai debout, les bras croisés sur mon torse, comme lorsque je m'imposais en professeur représentant l'autorité devant ma classe.
— J'espère que vos séances se sont bien passées, commençais-je, ne voulant quand même pas être trop brutal.
— Oui, Severus, très bien… assura Minerva. Mais vous ne nous avez pas convoquées pour demander de nos nouvelles… Ce serait bien la première fois, continua-t-elle d'un ton pince-sans-rire.
Un rictus moqueur déforma mes lèvres.
— Rien n'empêche la civilité… Vous avez raison, ce que j'ai à vous dire ne vous concerne pas mais la décence et le respect m'imposent de vous parler des évènements survenus ces deux dernières semaines.
La vieille Ecossaise se montra inquiète.
— Que voulez-vous dire Severus ? Que s'est-il passé en notre absence ? Vous avez eu des problèmes avec la maison ?
— Absolument pas Minerva. Simplement, Lola et moi sommes devenus… un couple.
Alors qu'un sourire ravi s'étirait sur les lèvres de l'ex-directrice des Gryffondors, la figure de Sybille s'allongea en une expression de désolation qui m'aurait peiné si elle m'avait été sympathique. La divinatrice balbutia, la voix tremblante.
— J'avais encore une fois raison…
Elle fit une grimace qui faillit se transformer en crise de pleurs mais, soudain, sa physionomie changea et elle se mit à rire comme une folle, transportée d'avoir, une fois de plus, émis une prophétie qui s'était réalisée. La pauvresse, dans son aliénation, avait oublié son attirance pour moi. Ce qui n'était pas pour me déplaire. Le soulagement m'envahit alors que je réalisai qu'elle ne me convoiterait plus.
Par contre, je fus brusquement écrasé par des bras maigres et serré contre un corps noueux et sec. Minerva venait de me sauter au cou et riait à gorge déployée.
— Je le savais ! cria-t-elle. Oh Severus, comme je suis heureuse pour vous !
Mais soudain, elle me lâcha et je vis ses yeux bleu pâle s'embuer. Elle porta les mains à ses joues, brusquement envahie de tristesse.
— Vous allez nous quitter, murmura-t-elle, les larmes s'échappant sur ses joues ridées.
Je ne pus empêcher ma main de saisir la sienne.
— Lola va quitter son étage, c'est sûr… Mais juste pour monter au quatrième, Minerva. Nous restons avec vous, si vous acceptez d'accueillir notre couple.
La vieille dame sécha ses larmes, la joie envahissant le visage parcheminé.
— Mais bien sûr mon garçon ! Le troisième restera libre pour accueillir la famille de Lola quand ils auront envie de visiter Londres…
Elle marqua un temps puis agrippant ma main, chuchota.
— Je suis si heureuse pour vous Severus.
Son regard m'accrocha et j'y lu toute l'amitié, la tendresse, presque l'amour d'une mère qu'elle éprouvait pour moi. Décidément, depuis que Lola était apparue dans ma vie, je voyais de l'amour partout…
L'ancienne professeur de Métamorphose se précipita hors de la cuisine en criant.
— Je dois raconter ça à Albus ! Il va être si content !
Je n'eus pas le temps de lui dire que le vieux directeur était déjà au courant. J'entendis le « Pop » du transplanage. Et me retrouvai seul avec Sybille.
Celle-ci parut sortir d'un songe. Elle me dévisagea curieusement et finit par lâcher.
— Franchement, je ne sais pas ce qu'elle vous trouve Lola… L'amour est aveugle dit-on, ce doit être vrai, ma foi…
Et elle me planta là, déconcerté, déjà perdue dans les méandres de son cerveau somme toute un peu dérangé.
