- Tu penses qu'on devrait lui faire sentir une pomme ?
- Jared, c'est un oignon.
Honnêtement, s'évanouir c'est de la merde. Je viens d'apprendre qu'être un loup-garou ne vous protège pas du putain de mal de tête qui va avec. Les gars ne savent vraiment pas se servir de leurs cadeaux, autrement ils auraient légèrement capté que cela fait juste 5 bonnes minutes que je les entends dire des conneries. Et putain qu'est-ce qu'ils en disent !
- Elle est en train de se réveiller, je reconnais la voix d'Emily.
- Na j'essaie d'ouvrir les yeux en évitant de voir vos sales gueules, je gémis.
Je bats doucement des paupières en faisant attention que la lumière n'agresse pas mon cerveau. La première chose que je vois c'est la mine inquiète de Paul. Ma tête sur ses cuisses et mes pieds sur celles d'Angie. Je regarde la pièce et je reconnais le salon de la maison de Sam et Emily. Toute la meute est là. Je peux carrément entendre leurs penser tellement ils le font fort. Une première pour eux, j'en suis sur.
- Oulla, doucement, dit Paul alors que je me redresse.
Il fait nuit dehors et il y a un grand vide en moi. Je…je ne sais pas ce que je dois ressentir. Sam s'approche de moi mais je lui lance un regard mauvais. Il s'arrête net. Garçon intelligent. Pour une fois. Il n'a pas vraiment utilisé son cerveau jusqu'ici en ce qui me concerne.
- Rentre à la maison Angie, je lâche sans m'en rendre compte.
- Maya…
- S'il te plaît, je dis sèchement, je ne sais pas pourquoi mais je ne pouvais pas lui faire face.
Elle se lève sans un mot et j'évite son regard. Paul me frotte doucement le dos.
- T'inquiète pas elle est en sécurité, dis doucement Jared en sortant ses clefs de voiture.
Je soupire quand ils sortent de la maison. Je frotte mes mains tremblantes sur mes genoux et pose ma tête sur l'épaule de Paul. Je ne peux pas me battre sur plusieurs fronts à la fois. Pas sans soutien, sans rien à quoi me raccrocher et mon seul pilier, c'est Paul. Je déteste ça. Etre la fille faible qui a besoin d'un chevalier en armure étincelante ou dans mon cas, un loup géant tueur de vampires qui eux sont étincelants.
Embry me regarde sans ciller. Les rouages de son cerveau sont en train de travailler à 100 à l'heure. Il est en train de peser les probabilités sur son paternel maintenant que le principal candidat est hors compétition. Vu la manière dont tout le monde est tendu comme si j'allais péter les plombs une seconde fois ils sont au courant pour...Je pense que soit Harry soit maman a lâché le morceau. Je ne me demande même pas comment je suis arrivé là.
Dites-moi quoi faire, n'importe quoi, juste la marche à suivre s'il vous plaît.
- Tu vas bien ? Demande Emily.
- J'ai l'impression qu'on m'a enterrée vivante dans de la merde et continuer à m'enfoncer, je crache.
Je pousse mon visage dans le torse chaud de Paul et il m'embrasse la tempe, la même que celle…de mon père. C'est mon père. Je ne peux pas penser autrement. Mon cœur me monte à la gorge et mon estomac se serre.
- C'est mon père, je lâche en sanglotant.
- Qui ? Billy ? Demande Sam.
- Non, sale con, crache Paul, Maya a qu'un seul père et ce n'est pas lui.
Je relève la tête brusquement. Comment il a compris ? Ça peut paraître stupide mais c'est le truc le plus gentil qu'il a fait pour moi. Ça signifie bien plus que tous les mots d'amour qu'il peut me dire.
- Pardon, dit doucement Sam, Maya…je suis désolé pour ce qu'il sait passer à la pleine lune et pour avoir dit aux filles. Plus personne n'en parlera sans ta permission et…
- Ce n'est pas le moment Sam, je grogne.
- Si c'est le moment, tu ne fais pas parti de la meute de cette manière et je n'aurais pas dû…
- C'est quoi le truc ? Emily t'a interdit de la baisai tant que tu te conduis pas en adulte ? Je hausse le ton en bondissant sur mes pieds.
Sam ferme les poings, pas comme s'il était en colère mais comme s'il était impatient, y a autre chose dans tout ça. Il veut se débarrasser de la besogne.
- Arrête de tournée autour du pot Agent K et crache, je siffle.
- Le vampire, c'est une rouquine, on n'arrive pas à l'avoir.
- Une rouquine ? Je m'assieds sur le canapé et sèche mes larmes.
Je l'avais oubliée. J'ai toujours pensé stupidement que c'est la partie monstre que je redoutais de moi. Depuis toujours. Je suis sûr que vous êtes en train de vous tordre de rire sur la grande ironie de ma vie. En fait c'est ma partie humaine qui est en train de me rendre dingue. Tellement que j'en oublié qu'il y a un vampire qui se promène les mains dans les poches.
- Elle revient toujours ? Je demande calmement.
- Oui, elle rôde au même endroit, il répond acide.
- Elle cherche quelque chose, les vampires ne se mettent pas en danger de cette manière sans raison.
Embry continue de me fixer sans rien dire, ça me m'est mal à l'aise. Quelque chose me dit que ce n'est pas au vampire qu'il pense. Je suppose que mon problème de « papa » n'arrange pas le sien.
- Qu'est-ce qu'elle cherche ? Demande Paul.
- Généralement il n'y a que le sang et le sexe qui les intéressent. Bizarrement ils sont très fidèles à leurs compagnons et elle est seule. Elle cherche quelqu'un qu'elle veut tuer ou transformer.
Le silence est lourd, on pourrait carrément suffoquait. Tout à coup mon ventre gargouille et celui de d'Embry répond comme un signal. Paul tremble à côté de moi et on finit par rire avec lui. Merde la situation est surréaliste.
Il faut vraiment vivre la scène pour comprendre. Je peux vous dire que c'est franchement tordu.
J'aide Emily à faire la cuisine. C'est hallucinant tout ce qu'elle fait à manger. Et c'est tout aussi hallucinant à la vitesse que ça descend. Des trous noirs ou des poubelles de table, Paul a explosé le nez de Jared pour avoir la dernière cuisse de poulet. Il en avait mangé une dizaine. Plus les pains de viande. Je dis ça je ne dis rien.
- C'était très bon Emily, complimente Jared qui est revenu.
- Merci, je réponds.
- Je me disais bien que c'était trop salé, il sort.
Paul grogne et moi je me saisis de la cocotte doucement pour la lui balancer à la tête.
- Si tu n'aimes pas, ne mange pas, trou du cul ! Je siffle alors qu'il se frotte le crane.
- Hé ! Rouspète Paul qui a l'air offensé.
- Quoi ? Ce n'est pas toi que j'insulte pour une fois.
- Justement, trou du cul c'est seulement pour moi !
Sam s'étouffe en mangeant et Embry à arrêter de s'empiffrer. Il est sérieux là ? Est-ce qu'il assimile ce mot pour un mot doux tellement je l'ai insulté ? C'est un dérivé pervers du syndrome de Stockholm ? C'est quoi la prochaine ? Que je lui réserve les poêles ?
Ok sans commentaire.
Non, non aucun. C'est juste trop bizarre.
Je sors dehors une fois que tout est ranger, Emily m'a gentiment invité à rester avec Paul cette nuit. Elle prend son rôle de maman loup très au sérieux. J'ai besoin de respirer.
- Ça va ?
- Oui, trou du cul.
Il sourit au coin et me prend doucement la main. Je ne peux pas me battre. J'ai plus de force. Je dois abandonner quelque chose pour avancer et faire face. Ma rancœur contre Sam disparaîtra avec le temps mais je ne lui fais plus confiance. Et Paul…ce n'est pas que je ne peux pas mais que je ne veux plus me battre contre lui.
- Soyons amis, je dis doucement.
- Quoi ?
- Tu as dit que vous êtes ce qu'on a besoin. J'ai juste besoin d'un ami en qui je peux avoir confiance.
- D'accord, il se met devant moi avec espoir, je serais un ami, puis il m'embrasse.
- Ce n'est pas comme ça un ami, je dis en le repoussant.
- Non ? Il demande avec tellement d'innocence que je me demande s'il n'a jamais été ami avec une fille.
- Non, Paul, il soupire de frustration et je ricane. Une pensée me frappe et ça me donne envie de vomir. Est-ce qu'elle comptait ? Avant je veux dire.
Il me regarde et une lueur de compréhension s'allume dans ses yeux. Je ne veux pas…Peut importe ce que je veux elle est encore…pas comme Angie mais elle est…
- Non, elle ne comptait pas. Aucune ne la jamais fais. Il n'y a eu que toi qui as gardé mon attention. En me faisant chier ou en me faisant bandai.
- Charmant.
- Je suis sérieux Maya, tu as toujours eu cette manière de me regarder dans les yeux sans jamais rien lâché. Parfois je me demandais si le seul moyen de te faire taire était de t'embrasser.
Il me regarde un long moment sans ciller en attendant que je dise quelque chose. Mais il n'y a rien à dire, je suis juste soulagé et fier. J'ai gagné une bataille que je ne savais même pas que je jouais.
- Je suis désolé pour ton père, j'irai m'excuser plus tard, je me sens coupable d'avoir pris ma rage sur Mark.
- C'est rien il comprend. Maya, tu m'as fait peur quand tu t'es évanoui, une Maya en colère et désespéré, je peux gérer mais pas une Maya évanoui…J'ai cru mourir sur place quand tu t'es écroulé dans mes bras.
- Comment les gars ont su pour Billy ? Je demande en mettant mes bras autour de son milieu.
- T'as mère est devenu hystérique quand…Harry lui as téléphoné et il est venu avec Sam. Alors j'ai préféré t'amener ici pour que tu ne les voies pas.
- Merci, sa prévoyance me touche, il peut être un trou du cul mais il est pas con.
- T'es sur qu'on n'embrasse pas les amis ?
Je souris contre son torse. Je ne veux pas penser à demain. Je veux juste rester là dans ses bras et pouvoir savourer le fait que j'ai toujours eu l'attention de Paul. Oublier avec lui que ma vie est un bordel monstre.
