Chapitre 26
Salle vidéo, 12ème District, 18h30.
Pendant que le Capitaine Gates s'entretenait avec les parents de Tad Buckley, ils étaient réunis tous les quatre autour de Tory Ellis et de l'écran sur lequel était diffusée la vidéo issue du site Internet, vidéo sur laquelle avait été identifié Victor Harper par les experts de la police scientifique.
Esposito et Ryan venaient de rentrer de leur investigation à Columbia, où ils avaient interrogé les quelques étudiants qui s'occupaient du journal de l'université, avec Victor, Aaron et Tad. Tous étaient au courant que les trois jeunes hommes envisageaient de préparer un article destiné à faire le buzz, mais en ignoraient le thème et le contenu. Sous le choc, ils avaient appris la mort de Victor par le bouche à oreille, et la rumeur qui enflait dans les couloirs de l'université. Ils s'étaient effondrés, en larmes, en apprenant que leur ami Aaron avait lui aussi été assassiné, mais aucun n'avait eu de nouvelles de Tad Buckley depuis la veille. Ils avaient tenté de le joindre par téléphone, de lui envoyer des messages via les réseaux sociaux, sans succès. Tous ignoraient où il pouvait être. L'enquête sur la disparition inquiétante de Tad avait été confiée aux services du commissariat du 6ème District, bien qu'en lien étroit avec le 12ème District, afin que les hommes du Capitaine Gates puissent se concentrer sur l'enquête concernant la mort de Victor Harper et Aaron Parker.
Beckett, Castle et les gars observaient maintenant cette vidéo, a priori filmée par un mari, pendant que sa femme prenait du bon temps avec Victor Harper. La vidéo durait un peu moins de cinq minutes, avec de la musique en guise de fond sonore. On y voyait essentiellement des gros plans de l'acte sexuel entre Victor, dont on apercevait par moment le visage masqué, et une femme, dont seul le corps était visible.
- On est certain que la vidéo a été prise lundi après-midi ? demanda Beckett, alors que tous regardaient les images qui défilaient en vitesse accélérée.
- Quasiment. La vidéo a été postée mardi matin, mais regardez-là, derrière Victor et la femme, répondit Tory en faisant un arrêt sur image.
- Ce sont les vêtements qui ont été retrouvés à l'hôtel Belleclaire, constata Ryan.
- Les vêtements que Victor portait lundi, précisa Castle.
- Ça a l'air d'être la chambre céleste …, ajouta Beckett en scrutant le décor qui apparaissait à l'écran.
- On sait qui a posté la vidéo ? demanda Esposito.
- Non. C'est un pseudonyme. Mais les experts de la scientifique devraient pouvoir remonter jusqu'à l'adresse IP, expliqua Tory, alors que les images défilaient de nouveau.
- Et on ne voit pas le visage de cette femme ? s'étonna Beckett.
- A première vue non …
Ils se concentrèrent sur les images, qui passaient en vitesse accélérée, dans l'espoir de pouvoir identifier, d'une façon ou d'une autre, cette femme dans les bras de Victor.
- Nos libertins restent dans le classique …, constata Esposito avec un petit sourire, en observant la position adoptée par le jeune homme masqué.
- La position du missionnaire est une valeur sûre, fit remarquer Castle, sur le ton d'un expert, sans même penser à ce qu'il pouvait sous-entendre de sa propre intimité.
Kate le dévisagea, stupéfaite, comme à chaque fois qu'il se laissait aller à des commentaires de ce genre. Mais il ne la remarqua même pas, concentré sur la conversation typiquement masculine qu'il tenait avec les gars. Quant à eux, ils ne semblèrent pas faire le lien entre ce que Rick venait de dire et ce qu'il dévoilait ainsi indirectement de leur vie privée, tellement absorbés par ce qu'ils regardaient.
- Ouais … mais ce sont des libertins quoi, ils pourraient faire des trucs un peu plus … acrobatiques …, répondit Esposito.
- Ça a l'air plutôt efficace en tout cas …, sourit Ryan.
- Heureusement que vous étiez censés vous montrer professionnels devant ces images, soupira Beckett.
- Là ! lança Esposito, sans même tenir compte de ce qu'elle venait de dire. Dans le miroir, au fond … Reviens en arrière, Tory, s'il te plaît.
Elle s'exécuta aussitôt, alors que chacun fixait l'écran.
- Je crois qu'il y a son reflet dans le miroir, constata Esposito. Elle a dû tourner la tête.
- Bien vu, mec, lança Ryan.
- Je vais grossir l'image, voir ce qu'on peut en tirer, répondit Tory.
- C'est très sombre …, fit remarquer Castle alors que le visage de la femme, masquée, apparaissait petit à petit en gros plan.
- Un masque à plumes …, on cherche un couple d'oiseaux, ajouta Beckett.
- Drôle d'oiseau …, des plumes marron …, nota Esposito.
- Qu'est-ce qu'il y a comme oiseau marron dans notre liste ? demanda Castle, en réfléchissant lui-même.
Ils scrutaient le visage de la femme, dissimulé sous ce masque décoré de petites plumes, qui rendait impossible son identification, tout en se remémorant les divers noms d'oiseaux qui apparaissaient sur les listes des couples présents lors des événements libertins de lundi et mardi.
- Je sais ce que c'est ! lança tout à coup Ryan avec enthousiasme, comme s'il avait eu une révélation. C'est Madame Kiwi !
- Madame Kiwi ? s'étonna Esposito, en le dévisageant d'un air sceptique. Tu sais que le kiwi c'est un fruit, mec ?
- Pour ta gouverne, c'est aussi un oiseau … marron, répondit Ryan, avec un petit sourire moqueur.
- C'est vrai, les Kiwis sont sur la liste des quarante-trois couples présents lundi et mardi, constata Beckett.
- Mais il me semble qu'ils n'ont pas été auditionnés …, ajouta Ryan. D'autres couples ont juste mentionné leur présence.
- Ok. Les gars, allez voir s'ils sont là. Il faut les interroger au plus vite.
- Ça m'étonnerait qu'ils soient coupables …, constata Castle.
- Oui, je ne vois pas notre tueur poster une vidéo avec la victime, répondit Beckett.
- Sauf si celui qui a posté la vidéo ne sait pas que son conjoint a empoisonné Victor, fit remarquer Esposito.
- Il faut tirer ça au clair rapidement, et dans tous les cas, savoir ce qu'ils peuvent avoir à nous dire, lança Beckett.
- Oui. On y va, répondit Ryan, avant de quitter la pièce, suivi d'Esposito.
Une demi-heure plus tard, dans la salle de travail.
Dans le calme et le silence de la salle de travail, Kate s'était replongée dans ses recherches. Elle avait laissé Rick s'installer à son bureau pour approfondir son investigation sur ce Champagne qui l'intriguait, et cette histoire de naufrage, qui, il n'en démordait pas, avait très certainement un lien avec la mort de Victor et Aaron.
Elle referma le dossier de Nathan et Katie Collins, le posa sur la pile des dossiers déjà consultés, et ouvrit le suivant, celui de Sofia et Antonio Calderon. Elle ne savait pas vraiment ce qu'elle cherchait, mais lisait minutieusement les différents éléments qui avaient pu être collectés au cours des dernières heures. Elle voulait se concentrer sur ces dix membres, avec dans l'idée que seuls des membres proches de Dauriac auraient pu menacer Victor au point de l'agresser avec un couteau, et que si mystère il y avait au sein de cette confrérie, cela se jouait aussi, certainement, entre le grand maître et ses plus fidèles associés.
Elle parcourut rapidement la seule page d'informations qu'ils avaient pu rassembler concernant le couple Calderon, et s'enfonça dans sa chaise en soupirant. Elle ne voyait pas comment relier ce qu'elle apprenait sur les uns ou les autres à la mort de Victor. Son regard se porta sur les deux tableaux blancs, les listes de noms, et s'y perdit quelques secondes, alors qu'elle réfléchissait, tentant de connecter tout ce qu'ils savaient déjà. Il s'avérait que Monsieur et Madame Kiwi, de leurs vrais noms Sylvia et Abbott Martin, étaient bien présents au poste, patientant pour être auditionnés, sans se faire remarquer, ni se mettre en avant, certainement bien conscients qu'ils allaient se retrouver dans une position délicate. Ils avaient reconnu sans détour avoir eu des relations intimes avec Victor Harper lundi après-midi, et les gars étaient maintenant en train de mener leur interrogatoire depuis quelques minutes. Avec un peu de chance, peut-être auraient-ils vu quelque chose d'intéressant. Comme Castle l'avait fait remarquer, et étant donné leur attitude, ce couple n'avait certainement rien à voir avec la mort de Victor, mais la découverte de cette vidéo permettait de combler ce créneau horaire durant lequel tout s'était joué.
Elle regarda l'heure sur son téléphone, et le reposa en soupirant de nouveau. D'ici peu, elle pourrait quitter le poste. Elle n'avait plus envie de se creuser la tête, et ne pensait plus qu'à la soirée qui l'attendait. Elle était impatiente de se retrouver seule avec Rick, de découvrir ce qu'il avait prévu pour elle, pour eux. Elle se faisait l'impression d'être une véritable midinette, mais elle adorait ça. Ressentir cette impatience, cette excitation joyeuse, à l'idée d'être avec lui, simplement. Malgré le temps qui passait, et même s'ils étaient du matin au soir tous les deux ensemble au travail, elle savourait toujours avec le même plaisir, le même bonheur, chaque instant qu'elle partageait avec lui. Et plus encore depuis quelques mois, depuis qu'elle avait vécu l'enfer de voir tout son monde s'écrouler, de s'imaginer ne plus jamais le revoir, lui qui était l'amour de sa vie. Elle avait toujours su, de par ce qu'elle avait vécu lors de la mort de sa mère, et ce qu'elle vivait au quotidien dans son travail, combien la vie et le bonheur étaient fragiles. Mais la disparition de Rick le lui avait violemment rappelé. Depuis, pas un jour ne passait sans qu'elle ne savourât pleinement le bonheur de l'avoir près d'elle.
Elle allait refermer le dossier des Calderon, quand son regard fut attiré par le passage qui mentionnait que Sofia et Antonio Calderon possédaient de prestigieux vignobles en Argentine. Elle avait déjà lu cette information, mais se demanda si cela pouvait avoir un lien avec le Champagne Tsarine. Elle ne voyait pas vraiment le rapport. Si ce n'est le vin. Mais Castle était persuadé qu'il y avait quelque chose d'étrange avec ce Champagne. Et a priori, le Champagne avait aussi interpellé Victor puisqu'il avait pris note de certaines informations. Elle se demandait si, de nos jours, des gens pouvaient faire de la contrebande de Champagne comme Castle l'imaginait. Après tout, pourquoi pas. Dauriac avait répondu assez banalement à leurs questions, comme pour tout d'ailleurs. Peut-être cachait-il quelque chose. Elle était perdue dans ses réflexions, quand Castle passa la porte, tout sourire.
- Alors ? lui lança-t-elle. Qu'as-tu trouvé ?
- Des choses absolument passionnantes …, répondit-il en venant s'asseoir près d'elle.
Il avait cet air enthousiaste et fier de lui qu'il arborait lorsqu'il était persuadé d'avoir découvert des éléments d'une importance capitale pour la résolution de l'enquête.
- Figure-toi que le Champagne « Tsarine » est un vin très prestigieux, et extrêmement cher dont la première cuvée date de 1774, expliqua-t-il comme s'il lui faisait une révélation de la plus haute importance. A l'époque on buvait ce Champagne jusque dans les palais de Saint-Pétersbourg, et dans toutes les cours européennes. C'était un symbole de luxe, et de luxure …
- Tous les vins sont plus ou moins symboles de luxure …, fit remarquer Kate avec un sourire.
- C'est vrai …, surtout quand c'est toi qui les bois …, sourit Castle, d'un air suggestif.
- Qu'est-ce que ça veut dire ça ? fit-elle mine de s'indigner.
- Ça veut dire que j'aime quand le vin t'émoustille …, et que tu fais ces choses si sexy …, répondit-il, songeur. Tu te souviens quand tu as …
- Castle …, l'interrompit-elle gentiment, ne voulant pas le laisser divaguer au poste sur cette thématique « sexy ».
- Euh oui …, fit-il, comme s'il revenait à la réalité. Je disais donc que ce vin était un symbole de luxure, et plutôt même de libertinage. La maison Chanoine Frères a créé le Champagne « Tsarine » en hommage à Catherine II, une grande impératrice russe connue pour accumuler les amants …
- C'est passionnant, Castle … mais en quoi ça nous aide ? demanda-t-elle, s'efforçant, comme toujours, de rester concentrée sur les faits.
- Eh bien, la première cuvée de ce Champagne date de l'époque de cette confrérie, « Omnia Voluptas », qui semble fasciner Dauriac. Et cette confrérie comptait des membres parmi toute la noblesse européenne …
- Donc tu penses qu'ils buvaient ce Champagne …
- Sûrement … C'est pour ça que Dauriac, qui est un puriste, fait boire ce même Champagne à ses membres. Et peut-être même que les bouteilles de vin transportées sur le Princess Eugenia par les membres d' « Omnia Voluptas » étaient du Champagne « Tsarine ».
- Si c'est ça, le trésor disparu, depuis tout ce temps, a soit été bu par les pilleurs, soit s'est évaporé sous les mers … Et puis du vin de cette époque, ce n'est plus buvable de toute façon ? Pourquoi Dauriac voudrait-il récupérer ces bouteilles ? s'étonna-t-elle.
- Parce que c'est un puriste simplement, un peu comme un collectionneur à qui il manquerait la pièce ultime pour parachever son œuvre.
- Peut-être, mais … quel lien tu fais entre tout ça et le fait que Victor ait relevé les numéros sur les bouteilles ?
- Pour l'instant … aucun …, répondit-il, en faisant une moue dépitée. Mais peut-être que Dauriac a volé ce Champagne quelque part en France et que Victor l'a découvert …
- Même s'il avait volé ces bouteilles, comment un jeune étudiant en économie de Columbia aurait pu savoir ou même supposer que ce vin était volé ?
- Peut-être que …, commença-t-il en réfléchissant. Je n'en sais rien ….
- Ça aurait été impossible …, affirma Kate, d'un air catégorique. Mais par contre, peut-être que Dauriac faisait bien de la contrebande …
Il la dévisagea, se demandant si elle était sérieuse, tant sa théorie soi-disant loufoque faisant référence à Al-Capone, l'avait agacée il y avait quelques heures.
- Tu te moques de moi ? demanda-t-il avec un sourire, peu habitué à ce que sa muse parte dans ce genre de suppositions.
- Pas du tout, répondit-elle avec un grand sourire. Imagine que Dauriac fabrique ou fasse fabriquer du faux « Tsarine » … Victor s'est peut-être aperçu de la supercherie en buvant quelques coupes de Champagne, et a noté les numéros des bouteilles et le degré alcoolémique pour vérifier.
- Tu es sérieuse ? s'étonna-t-il de nouveau, en la regardant avec un sourire surpris.
- Oui. Pourquoi ?
- Parce que tu piques ma théorie ! s'exclama-t-il, faisant mine de s'offusquer.
- Je ne pique pas ta théorie, j'essaie de la rendre crédible, sourit-elle.
- Et depuis quand, toi la flic terre-à-terre et rationnelle, tu crois sans la moindre preuve à une théorie à la Castle ?
- Peut-être que depuis que je suis Madame Castle, tu n'as plus le monopole des théories à la Castle, mon cœur …, rigola-t-elle.
- Je n'avais pas vu les choses sous cet angle, mais maintenant que tu le dis !
Ils rirent tous les deux.
- Sérieusement, cette théorie est crédible, reprit Kate, en se reconcentrant, sauf qu'il y a quand même deux choses qui ne collent pas …
- Comment Victor aurait pu se rendre compte que ce n'était pas du Champagne authentique ? fit Castle, qui avait bien conscience des faiblesses de leurs suppositions.
- Oui, et … quel intérêt de faire du « faux » plutôt que d'acheter du « vrai » ? Faire des économies ?
- Ce Champagne coûte une petite fortune, fit remarquer Rick. Et la confrérie ne roule pas sur l'or non plus.
- Oui …, constata Beckett. Les montants versés par les membres sont élevés, mais d'après les dépenses de « Plaisir masqué », tout l'argent part bien dans la logistique des soirées et la location des chambres au Belleclaire Hôtel.
- Alors il ferait distiller du faux Champagne « Tsarine » …, résuma Rick, en réfléchissant. Mais où ? Comment ?
- Les Calderon sont producteurs de vin …, alors peut-être qu'ils jouent un rôle là-dedans …
Ils se turent un instant, perdu tous deux dans leurs réflexions.
- Il y a un truc qui ne tient pas debout, constata Kate.
- Tu veux dire à part le fait qu'on n'ait aucune preuve que ce soit du faux Champagne ? répondit Rick avec un sourire.
- Monsieur Beckett s'attache aux preuves maintenant ? lui lança-t-elle avec un sourire.
- Monsieur Beckett …, sourit-il, il n'y a que moi qui trouve ça étrange ?
Elle rit, devant son air sceptique.
- Outre le fait qu'on n'ait aucune preuve, je ne crois pas que Dauriac ferait boire du faux « Tsarine » à ses membres.
- C'est vrai … Tout le monde nous a dit à quel point c'est un puriste concernant sa confrérie et ses traditions. Il tient aux règles et à l'authenticité.
- Alors ce n'est pas du faux Champagne …, constata Kate.
- A moins qu'ils fabriquent du faux Champagne, non pas pour économiser de l'argent mais pour en gagner … , suggéra Rick.
- Il servirait du vrai Champagne à ses membres, mais revendrait du faux Champagne en parallèle ? s'étonna Kate, cherchant à suivre le fil de sa pensée.
- Oui, pour se faire de l'argent.
- Mais pourquoi ? Je veux dire, il vit confortablement. Son entreprise est florissante. Pourquoi prendre un tel risque pour quelques milliers de dollars ?
- Je ne sais pas … peut-être qu'il avait besoin de cette nouvelle rentrée d'argent pour un projet spécial, expliqua Rick.
- Et à qui vendrait-il ce « faux » Champagne ? Et comment surtout ? Il n'y a pas des dizaines de revendeurs pour ce type de Champagne … ça ne s'écoule pas comme ça si facilement.
- Les transactions se font peut-être de la main à la main comme au temps d'Al Capone …
- Al Capone …, soupira Kate avec un sourire. Il est temps de redevenir le lieutenant Beckett … et d'attendre les résultats des analyses pour élaborer une théorie sérieuse.
Il la regarda avec un sourire amusé.
- Il est temps d'arrêter de réfléchir pour ce soir surtout, répondit-il. Je ne vais pas tarder à rentrer, j'ai une soirée romantique à préparer … Tu en as encore pour longtemps toi ?
- Non, je vais attendre de savoir ce qu'il en est avec les Kiwis, je fais le point avec Gates, et je rentre me préparer.
- Pense à prendre quelques affaires pour la nuit …. On ne dormira pas au loft ce soir.
- Et où passe-t-on la nuit ? demanda-t-elle avec curiosité, tout en sachant qu'il ne dévoilerait pas sa surprise dès maintenant.
- Tu le sauras bientôt …, sourit-il, mais avant ça, « Action » ou « Vérité » Madame Castle ?
- Ai-je vraiment le choix ? sourit-elle.
- Action alors ! lança-t-il avec enthousiasme. C'est très simple … On va jouer à « Castle a dit ».
- « Castle a dit » ? fit-elle, en le dévisageant d'un air sceptique.
- Oui, dans quinze minutes, je dois être parti pour préparer ma surprise. Donc, tu as quinze minutes pour suivre mes ordres …
Elle sourit, ne s'étonnant pas que Castle puisse avoir eu l'idée de ce type de défi.
- Je savais bien que me soumettre à tes ordres faisait partie de tes fantasmes, constata-t-elle en riant.
- En effet …, sourit-il.
- Tu sais que tes ordres ne doivent pas être de nature … sexuelle …, lui rappela-t-elle.
- C'est bien dommage, oui, répondit-il avec une petite grimace, j'avais des idées très intéressantes … et qui t'auraient fait très, très plaisir, j'en suis sûr …
- On n'a que quinze minutes de toute façon, fit remarquer Kate, très sérieusement, comme si c'était la seule chose qui les empêchait de se livrer à un jeu plus sexy encore.
Rick la regarda, d'un air interloqué, se demandant si elle sous-entendait bien ce que lui comprenait de ses quelques mots.
-Si on avait eu plus de temps alors …, fit-il, quêtant sa réaction.
- Qui sait …, répondit-elle malicieusement, avec un grand sourire.
- Ça t'amuse de jouer avec mes fantasmes ? lui lança-t-il en souriant.
- Oui, beaucoup. Allez, dis-moi … que dois-je faire ?
- Si tu es bien obéissante, tu marqueras trente points à chaque fois … Ok ?
Elle le regardait comme si elle avait l'air d'hésiter. Elle redoutait un peu ce que Rick allait lui demander de faire. Il était capable de tout, ravi de la pousser à dépasser ses limites, ici, au poste. Lui donner ce pouvoir risquait de la mettre mal-à-l'aise, et en même temps, c'était excitant, très excitant. Et il y avait beaucoup de points à la clé. Elle aurait sa vengeance une fois qu'elle aurait gagné leur défi sexy.
- Ok, répondit-elle. Pourquoi je n'ai pas pensé à « Beckett a dit » plus tôt …
- Parce que tu as beau être une Castle désormais, ma chérie, tu n'égales pas encore le maître que je suis ! lança-t-il fièrement.
- Allez, je suis prête à obéir à tous tes ordres …, fit-elle, d'un air suggestif.
- Waouh ! J'en rêvais ! Alors …, pour commencer, Castle a dit « embrasser passionnément ton mari dans la salle de repos ».
- Passionnément …, je vois …, sourit-elle en se levant. Viens.
