\ PDV Marie-f /

Sous mes yeux clos, des images de ce que j'avais fait revenaient dans ma tête. Je me voyais me battre comme une furie lorsque j'avais pris Orcrist en main, toute la force de mon père s'était répandue en moi. Ma main maintenait fermement l'épée pour éliminer tout ce qui était sur mon passage, le sang m'excitait et m'effrayait à la fois. Mon père me guidait, je me sentais invincible je voulais toujours plus de morts devant moi, ce fût un véritable plaisir de torturer le Roi des gobelins après ce qu'il avait osé nous faire : obliger Thorin à me fouetter, et que je sois contrainte de lui révéler l'existence d'Azog.

Je voulais sortir de ce cauchemar, toutes ces visions finissaient par me dégoûter j'ouvris les yeux et me redressai d'un coup en sortant des bras de Thorin. Je me suis mise en boule en mettant mes mains sur mes oreilles, j'entendais toujours les cris de mes victimes. Thorin se rapprocha de moi en douceur, posant sa main sur mon dos, je l'entendis me dire: - « Mon aimée, calme-toi, c'est fini tout va bien, nous sommes tous sains et saufs. »

\ PDV général /

Il tourna la tête pour s'adresser à Kili : - « Attrape-lui quelque chose dans son sac pour l'habiller, quelqu'un a-t-il un peu d'eau pour lui nettoyer le visage, il est couvert de s... » Il ne finit pas sa phrase en voyant les yeux horrifiés de son Unique, des souvenirs de leur combat devaient lui revenir en mémoire.

Bilbo s'accroupit face à son amie, lui prit les mains et lui dit :- « Chuuuuuttt Marie-f écoute-moi, je m'en suis sorti moi aussi, tu vois, tes conseils m'ont bien servi. » Il passa sa main sur la poche de son gilet.

\ PDV Marie-f /

Je suivis son geste des yeux sans rien dire, Fili passa un tee-shirt à son oncle pour m'habiller et lui dit : - « Nous avons tout perdu mis à part nos armes, nous n'avons pas d'eau, à moins qu'il ne lui reste des lingettes, ces petits chiffons mouillés qu'elle utilise pour se laver. » Son frère lui demanda : - « Kili, regarde dans les pochettes de son sac, vite. » Il les trouva et les donna à son oncle.

Thorin et Fili me prirent chacun un bras pour me nettoyer afin d'enlever tout le sang qui me couvrait, je préférais me laisser faire, je n'aurais pas eu le courage de le faire moi-même ils nettoyèrent mon visage, mon dos, Thorin finit de laver mon cou et ma poitrine, il m'habilla de mon tee-shirt pour couvrir mon soutien-gorge qui n'en avait plus que le nom tant il était usé et couvert de sang lui aussi.

\ PDV Thorin /

Elle n'avait pas encore dit un mot, ses yeux étaient dans le vague elle se laissait faire comme une enfant, elle paraissait très affaiblie. Délicatement, je l'approchai de moi pour la prendre dans mes bras, je laissai reposer sa tête contre ma poitrine et lui dit : - « Ce que tu as fait tout à l'heure pour sauver les garçons… Tu m'as provoqué délibérément pour que je te torture, je n'en reviens pas que tu sois prête à te sacrifier pour nous quelle folie, j'aurais pu te tuer par ces coups de fouet. » Je la sentis se blottir plus fort contre moi, j'embrassai son front, elle releva sa tête pour me dire : - « Thorin, je n'avais pas d'autre choix, il fallait que tu agisses, leurs vie étaient en jeu et te dire toutes ces choses m'ont fait mal, ne culpabilise pas de ce que tu as fait, je t'aime. » Elle me caressa la joue, sa main retomba toute seule, elle était vraiment épuisée.

\ PDV général /

Thorin reprit, intrigué : - « Tu t'es exprimée dans la langue des Nains mais ta voix n'était pas la tienne, c'est ton père qui s'est adressé à moi ? » Elle fit oui de la tête, il continua ses questions : - « La façon dont tu t'es comportée, il n'y a que les guerriers aguerris qui se battent comme tu l'as fait c'est lui qui t'a guidée ? » Elle fit encore oui le Nain ferma les yeux et ajouta : - « Il n'est plus question que tu te mettes en danger pour moi ou pour un des nôtres, ta vie m'est trop précieuse mon aimée. Je t'aime, Marie-f. »

\ PDV Thorin /

Elle se détacha de moi pour se relever, je l'aidai elle chancela sur ses jambes, et sur un ton apeuré, elle nous conseilla : - « Thorin, ce n'est pas fini, nous sommes encore en danger, je ne parle pas des gobelins mais de bien pire nous devrions nous éloigner d'ici, nous mettre à l'abri. »

\ PDV Marie-f /

Je ne pus même pas finir ma phrase, au loin nous entendîmes les hurlements des wargs. Je me suis mise à courir malgré ma fatigue, en prenant la main de Bilbo, je leur criai : - « Vite courez, ils arrivent, ce sont les wargs et l'autre albinos qui débarquent ! »

Gandalf et les nains grimpèrent dans les pins qui surplombaient la falaise, nous étions piégés comme à son habitude l'histoire se poursuivait inéluctablement. J'avais trouvé ma place à côté de Thorin les wargs sautaient pour nous bouffer, ils s'élançaient pour sauter de plus en plus haut, ils arrivaient à casser des branches. J'étais assise à califourchon sur une branche avec Thorin, nous nous tenions par les bras, il voyait que j'étais encore fatiguée, j'avais du mal à me tenir en équilibre je tournai la tête et appelai Gandalf : - « Il va falloir que vous trouviez une bonne idée pour nous sortir de là. » Il me regarda en haussant les épaules, je lui dis : - « Je sais pas moi, les pommes de pin ça prend vite feu non ? » Je levai les yeux au ciel, non mais je vous jure.

Gandalf souffla sur des pommes de pins, elles prirent feu rapidement, puis il les passa aux nains pour qu'ils les lancent sur les wargs. La corniche où nous étions était très sèche, le sol prit vite feu, les pins où nous avions trouvé refuge n'allaient pas tarder à s'enflammer aussi. L'incendie se propageait vite et les Wargs furent contraint de reculer, la fumée montait nous piquer les yeux et nous irriter la gorge.

Le hurlement d'un Warg se fit plus fort Azog était là, devant nous, avec son sourire de psychopathe sous extasie. Dans un instant tout allait basculer, mentalement j'appelai mon père pour qu'une fois de plus il m'aide à combattre, mais rien, pas un son, il ne voulait pas agir. Thorin, comme au ralenti, se redressa de notre arbre il ne pouvait détacher son regard d'Azog. Dans sa tête, des souvenirs douloureux remontaient la rage et la vengeance émanaient de lui. Je voulais lui prendre le bras pour qu'il n'y aille pas, mais l'histoire devait continuer, Bilbo devait agir et le sauver. Je devais rester observatrice de ce qui allait se dérouler, sans rien dire, une fois de plus. Je savais que Gandalf allait faire venir des secours par les airs. Thorin n'écoutait pas les cris de supplication de la compagnie pour qu'il reste avec eux dans l'arbre bien à l'abri, non, il n'entendait pas et ne voyait personne, il était comme hypnotisé par son pire ennemi : Azog.

Pour provoquer Thorin, l'Orc pâle éclata d'un rire rauque et lança : - « Oakenshield, tu vas mourir et ton Humaine va m'appartenir quel dommage, tu ne verras pas comme je vais bien m'occuper d'elle. »
Il ordonna à ses sbires de tuer les nains, mais que l'Humaine soit épargnée et sans égratignure, sous peine d'être châtiés.

Thorin détacha son regard du monstre et me regarda de nouveau, il me dit d'un air déterminé : - « Je dois y aller, vu ton regard tu le savais déjà je ne veux pas que tu changes quoi que ce soit pour moi. » Il se pencha pour m'embrasser, il ajouta : - « Il n'est pas question qu'il te capture, reste ici, je dois finir de régler mes compte avec cet Orc. »

Il sortit son épée pour partir à l'assaut contre Azog, je ne pouvais rien faire, je le laissai partir le cœur battant. Thorin se retrouva vite au sol, croqué par le Warg. Azog ordonna qu'on lui coupe la tête, d'un coup une petite chose sauta au sol et se mit à courir pour protéger le corps évanoui de Thorin : c'était Bilbo qui le défendait de son épée et menaçait les orcs qui s'approchaient dangereusement d'eux son courage donna de la vigueur aux nains, qui se jetèrent dans la bataille pour défendre leur prince.

Gandalf me regardait et me fit un sourire, il me dit : - « Les secours vont arriver du ciel, mais vous le saviez si vous n'êtes pas intervenue pour sauver Thorin, c'est que Bilbo avait un rôle à jouer, n'est-ce pas ? » J'hochai la tête pour lui confirmer son jugement.

Des bruits d'ailes claquèrent dans les airs, les aigles arrivaient pour nous sauver le premier à partir fut Thorin, et les autres nains sautèrent dans le vide pour tomber sur leurs dos. Il ne restait plus que moi, Azog était au pied de mon arbre qui penchait de plus en plus, je me tenais debout, accrochée au tronc, et lui dis : - « Nous nous reverrons, je peux te l'assurer, et ce jour-là c'est moi qui vais te régler ton compte. » Je sautai dans le vide en lui faisant un doigt d'honneur, un aigle me rattrapa sur son dos et Azog vociféra des injures dans sa langue.

Les aigles allaient nous faire gagner du temps sur les Orcs qui repartaient à notre chasse, le promontoire du Carrock se profilait au loin, c'est là que les aigles nous déposeraient et que Gandalf pourrait soigner Thorin. Je piquai du nez tellement j'étais fatiguée, sans m'en rendre compte je me couchai en avant sur mon aigle, la tête confortablement installée dans ses plumes. Je ne sentis même pas l'aigle atterrir, c'est Fili qui me prit dans ses bras. Il m'installa entre lui et son frère, ma tête reposée sur sa cuisse.

Fili se pencha à mon oreille et me dit : - « Mon frère et moi te devons beaucoup, quoi qu'il puisse se passer nous te serons toujours fidèles. »

Je n'avais pas la force d'ouvrir les yeux en souriant, je leur déclarai : - « De rien les gars, je vous aime aussi même si vous n'osez pas me le dire vous savez, il n'y a pas de honte à exprimer ses sentiments, même pour des gros durs comme vous. » Je sentis qu'ils me serraient contre eux pour confirmer ce qu'ils éprouvaient pour moi.

Gandalf soigna Thorin, les nains ont la peau dure après le traitement que lui avait infligé le Warg, il se remit vite sur pied et il me chercha du regard, il fût rassuré de me trouver dans les bras de ses neveux en train de me reposer. Bilbo n'en menait pas large lorsque Thorin lui tomba dessus pour lui faire des reproches, qui au final s'avérèrent être des compliments et des excuses bien mérités.

La compagnie fit le point de ce qu'il leur restait mis à part les nombreuses armes qu'ils avaient récupérées et mon sac, voilà tout ce que nous avions, c'est-à-dire rien pour établir un campement.

Thorin me tendit la main pour me relever, toute la compagnie était debout. Nous regardions l'horizon, au loin se dressait la montagne solitaire. Nous formions une famille plus que soudée par tout ce que nous venions de vivre, Bilbo parla pour tout le monde : - « Le pire est derrière nous. » En poussant un soupir de soulagement.

Nous nous tenions par la taille, Thorin et moi, en contemplant le paysage, et j'écoutais mon ami faire cette réflexion si loin de la réalité. Je me murmurai : - « Tu te trompes Bilbo, le calvaire ne fait que commencer. »

\ PDV général /

Thorin fit comme s'il n'avait pas entendu son aimée, il prit conscience que sa quête allait être bien plus dangereuse qu'il ne l'avait pensé. Il resserra son étreinte autour de la taille de son Unique.