Bonsoir à tous,

Après un temps où j'ai été pas mal occupée (période d'examens oblige), je reviens avec la suite de Fallen angels.

Ce chapitre est vraiment la suite directe du 25, alors j'espère que vous en aurez encore en tête l'endroit où je vous ai laissés. J'avais moi-même commencé à écrire ce chapitre tout de suite après l'autre, prise dans mon élan. Je l'ai fini, et le voilà !

Vous verrez, une fois de plus, pas de grandes avancées de l'histoire : nous continuons une lente plongée dans des ténèbres dont il paraît bien dur pour nos héros de sortir. Désolée par avance si j'en déprime certains, cette fic n'est toujours pas plus drôle … mais bon, il faut bien varier les styles d'écriture d'une fic à l'autre !

J'espère en tout cas que vous apprécierez ce nouveau chapitre !

Disclaimer : la plupart des personnages et lieux appartiennent à J.K. Rowling, le reste est à moi.

Rating : K

Bonne lecture : )


Fallen angels

Chapitre 26 : You play very dangerous games

Non, ne m'arrachez pas mes ailes ! J'en ai besoin encore pour quitter le sol ! J'en ai besoin pour aller de l'avant !

Ne m'enlevez pas ce qui me tenait encore en vie … Ne m'ôtez pas ma raison d'être !

Pas comme ça. Pas maintenant !

Laissez-moi être un ange, et laissez-moi partir avec lui … même si je dois en mourir !

Même si ça doit être la dernière fois, je veux encore m'envoler.

Je veux encore l'aimer.

En entendant ces mots, Harry crut devenir fou. Draco n'aurait pas pu faire pire, et même s'il l'avait transpercé d'une épée, le Survivant n'aurait pas eu aussi mal. C'était comme si son âme venait de se déchirer, comme si son cœur venait de lui être arraché à mains nues.

Il recula d'un pas, et regarda le blond comme si celui-ci était devenu un monstre, et hurla :

« Tu ne peux pas me dire ça ! Tu n'en as pas le droit ! Pas après tout ça … pas après tout ce temps … » Il serra les poings de rage, mais déjà tout son corps se raidissait, comme s'il était sur le point de se jeter sur l'autre. « Comment peux-tu faire comme si tout ce qui nous unissait n'avait pas existé ! Comme si je n'avais jamais compté ! »

Les larmes revinrent embuer son regard, mais le brun ne sembla pas s'en apercevoir. Il franchit le mètre qui le séparait du Serpentard, et abattit son poing sur son torse, arrachant une grimace douloureuse à l'autre.

« J'existe ! Je suis là, Draco … Je suis en vie ! J'existe, alors ne viens pas m'effacer de ta vie comme tu le fais … »

Attrapant les poings de l'autre dans ses mains pour ne pas se prendre d'autres coups, Malefoy tenta de le calmer :

« Je sais que tu existes, Harry. Je n'ai jamais prétendu le contraire … »

« Mais alors pourquoi est-ce que tu n'appartiens pas à mon passé ! »

Sentant son sang-froid le quitter face au déchaînement de violence et de rage que manifestait le Gryffondor, Draco ne put s'empêcher de répondre :

« Je n'en sais rien ! J'y étais, pourtant, Harry. J'ai toujours été là … »

« Menteur ! » hurla le brun, se dégageant d'un geste de la poigne du blond. Il le poussa violemment contre un mur, et l'empoigna par le col de sa chemise : « Menteur ! Ils étaient tous là, mais pas toi ! Qu'étais-tu réellement pour moi ? Et qu'es-tu aujourd'hui pour moi … »

« Je ne vois pas ce que tu veux dire … » Draco ne put finir sa phrase : Harry venait de lui décrocher une droite pleine de rage, qui le fit chanceler. Rattrapant l'autre par la manche, le brun poursuivit, animé d'une colère qui ne semblait plus avoir de limites. Les objets commençaient à trembler légèrement dans la petite pièce, secoués par la magie que dégageait le Survivant malgré lui ; et cette fois, c'est une peur réelle qu'on pouvait lire sur le visage habituellement si froid de Malefoy.

Le jetant presque à terre, mais toujours sans lâcher sa manche, Potter vociféra à l'autre :

« Ne me sers pas tes conneries ! Pas à moi ! Pas à moi, putain ! » Une lueur de peur dans le regard du blond sembla le faire flancher une seconde. Il lâcha Draco et recula d'un pas, ajoutant d'une voix plus basse, étranglée par la douleur : « Je n'ai pas envie de comprendre que tu t'es fichu de moi, pendant tout ce temps, mais je ne peux plus être aveugle … Moi, je croyais qu'on était ensemble, qu'on était un co … qu'on tenait l'un à l'autre. » Il rouvrit les yeux brusquement, comme poussé par la folie et s'écria, faisant une nouvelle fois trembler les objets et vaciller les flammes des bougies dans la pièce : « Mais si tu n'as jamais fait partie de ma vie avant, si tu n'étais rien pour moi, pourquoi m'avoir fait croire le contraire ? Pourquoi m'avoir laissé m'attacher à toi, si c'était pour me laisser après … »

Retenant un hoquet de chagrin, Harry tourna son regard ailleurs, comme si la simple vue du blond lui était devenue trop insupportable :

« Qu'est-ce que je t'ai fait pour subir ça ? Pourquoi … Pourquoi moi ? » Il planta de nouveau un regard perdu, presque éteint dans celui de Draco, qui se relevait douloureusement, et ajouta avec résignation : « Pourquoi toi ? »

Dans un murmure, avec prudence, mais sachant déjà que chaque mot qu'il dirait serait de trop, Malefoy répondit juste, en haussant les épaules doucement :

« Je ne sais pas. »

C'est au moment où Harry, devenu fou par ces mots, allait se jeter sur Draco, dans un geste aussi inconscient qu'aveuglé par la douleur, que la porte de la petite chambre s'ouvrit, laissant apparaître Rogue et Dumbledore.

Le Maître des potions eut la présence d'esprit de réagir avec vivacité, se ruant en avant pour ceinturer le brun, qui hurlait à Draco :

« Pourquoi tu me fais ça ! Je te hais pour ça ! Je te hais tellement … » Rogue ne lâcha pas prise, maintenant comme il le pouvait son élève qui se débattait pourtant avec une force incroyable vu son corps frêle.

Dumbledore entra, et alla aider Draco à se relever, et mettre un peu d'ordre dans sa tenue. Le blond était pâle comme la mort, et ne pouvait détacher un regard effaré et choqué de Harry. Malefoy semblait vraiment bouleversé par l'accès de fureur de l'autre, et il mit un certain temps avant d'entendre les mots que lui murmurait son directeur :

« Je crois qu'il faut que nous parlions. Vous voulez bien me suivre dans mon bureau ? »

Le Serpentard finit par hocher la tête, encore stupéfait, les yeux toujours rivés sur le brun, qui sembla alors, en le voyant repartir, se calmer. Rogue ne lâcha pas pour autant le jeune homme, mais il le sentit presque s'affaisser dans ses bras quand Harry se mit à gémir, tendant le bras vers le blond :

« Ne pars pas … » Il laissa les larmes couler encore sur ses joues rougies par l'effort, et balbutia, désespéré : « Ne me laisse pas … »

Ignorant la supplique de son protégé, Albus prit Draco par l'épaule, et le poussa fermement vers la sortie, indiquant à vois basse au blond, qui paraissait indécis :

« Ne vous en faites pas pour lui. Severus s'en occupe. »

« Dracooo … » gémit encore le brun, toujours ceinturé par un Rogue au visage fermé, grave.

Ce n'est que quand la porte se referma sur eux, bouchant à la vue de Draco les deux autres qu'il entendit le hurlement que poussa Harry :

« Draco … Excuse-moi ! Je ne te hais pas, tu sais … » Un silence, puis un dernier cri, étouffé de sanglots : « Je t'aimais tellement … »

Draco Malefoy serra les poings, et se mordit la lèvre. Il resta quelques secondes sur le seuil, puis finit par suivre Dumbledore dans les couloirs sombres de Poudlard.

Tout était redevenu calme.

oOoOoOoOoOo

Je veux mourir.

Je veux que le silence se fasse autour de moi.

Je veux que les lumières s'éteignent.

Je veux m'endormir, seul. Apaisé.

Et ne jamais me réveiller.

Les yeux de Draco avaient repris une taille normale. Ils n'étaient plus agrandis par l'effroi, ni par le choc de la scène à laquelle il venait d'assister. Mais il était encore très pâle, comme s'il ne devait jamais se remettre de ce qu'il venait de vivre.

La voix de Dumbledore lui parut si lointaine, résonnant étrangement dans le bureau, quand enfin le vieux sorcier prit la parole, après avoir laissé un temps au jeune homme pour se remettre.

« Vous jouez à des jeux bien dangereux. »

Draco releva un regard surpris vers le directeur. Il avait beau être à Poudlard depuis 7 ans maintenant, il ne se faisait toujours pas aux phrases énigmatiques par lesquelles commençait invariablement ses discours Dumbledore. Toutefois, il ne fit aucune remarque dans ce sens, et baissa de nouveau la tête, murmurant d'un ton las :

« Si seulement tout ça n'était qu'un jeu … Ca aurait été plus simple. »

Posant son menton sur ses mains croisées devant lui, Albus demanda d'un ton sérieux :

« Parce que vous pensiez réellement pouvoir entretenir une relation amoureuse avec Harry Potter à la légère ? Vous pensiez vraiment que tout ça ne resterait à jamais qu'un jeu entre vous ? »

Draco hoqueta de surprise, et leva un visage livide vers l'homme. Décidément, depuis qu'il avait reçu la Marque, jamais encore le jeune Malefoy n'avait perdu autant de fois son sang-froid.

Il balbutia : « Quoi ? Mais comment … » Puis il inspira profondément, et se reprit enfin. Affichant un visage lui aussi sérieux, il demanda d'une voix froide, presque hautaine comme il savait si bien le faire avant : « Si c'est par rapport à ce qu'a dit Potter tout à l'heure, je ne suis pas sûr qu'on puisse vraiment porter crédit aux paroles d'un homme en pleine crise de démence. »

« En effet, Mr Malefoy, je ne suis pas le genre d'homme à prendre chaque mot pour argent comptant. » Draco parut se détendre sous les mots du sorcier, mais déjà celui-ci ajoutait, une lueur de malice s'allumant dans son regard pourtant grave : « En revanche, quand on me rapporte avoir vu deux personnes s'embrasser et s'enlacer dans un couloir le soir, je suis déjà plus prompt à m'imaginer des choses. »

Cette fois bien décidé à ne pas se laisser décontenancer, le jeune homme blond haussa un sourcil sceptique, et glissa, méprisant :

« Avec le nombre de racontars et de rumeurs qui circulent à Poudlard, je trouve plutôt dur, pour ma part, de savoir démêler le vrai du faux … sauf votre respect, monsieur. » ajouta-t-il avec une pointe d'ironie qui aurait pu agacer n'importe qui.

Mais Albus Dumbledore n'était justement pas n'importe qui. Il sourit cette fois franchement, et abattit sa dernière carte face à l'héritier Malefoy :

« C'est que, quand c'est Severus Rogue qui me rapporte ces propos, j'ai juste tendance à y porter plus de crédit que s'il s'agissait, en effet, d'une simple rumeur de couloir. » Il ferma les yeux doucement, puis les rouvrit, et ajouta d'un ton calme : « Mais j'ai peut-être tort. L'âge peut parfois nous faire voir des choses qui ne sont pas. Il faut excuser les lubies d'un homme qui se fait vieux, Draco … »

Le blond ne tiqua pas en entendant le directeur employer son prénom, mais ne put ajouter quoique ce soit après cela. Le vieux sorcier venait de marquer un point, ils le savaient tous deux. Que pouvait-il bien ajouter après ça ?

Si ce n'est …

« C'est du passé, tout ça. »

« D'accord. » ajouta seulement Albus. Mais après un silence, il murmura, captant ainsi le regard de Draco qui le fixa dans les yeux : « Mais votre haine mutuelle était aussi du passé, à ce moment-là. »

Haussant les épaules, le blond demanda : « Oui, sans doute. Et alors ? »

Secouant la tête, Dumbledore sourit encore avec douceur, et fit :

« Rien. Je voulais simplement dire que les choses changent, Mr Malefoy. Elles ne sont pas immuables. » Il reprit un air sérieux pendant un instant. « N'oubliez jamais ça. »

Il se leva après ça, indiquant que la conversation était finie. Un peu interloqué, Draco en fit de même, mais demanda malgré tout, alors que son directeur lui ouvrait la porte :

« Mais, hum … Vous ne me demandez rien, concernant … mon nouveau rôle, auprès de … »

Levant une main en signe de dénégation, le sorcier répondit dans un sourire affable :

« Non, pas besoin. Je vous fais confiance pour ça. »

« Mais alors, pour quoi ne me faites-vous pas confiance ? » demanda le blond, sur la défensive.

Pour la première fois, le vieil homme parut sincèrement surpris, et répondit avec franchise :

« Mais, je vous confiance en tout, Mr Malefoy. En tout. »

C'est sur ces mots qu'il referma la porte, laissant repartir un jeune homme aussi déconcerté que perdu.

oOoOoOoOoOo

J'attends.

Que la mort vienne.

J'attends.

Qu'elle vienne pour moi.

J'attends …

Se penchant vers Pansy avec qui il discutait à table, Draco glissa :

« C'est fou quand même ce que certaines personnes peuvent être crédules. »

« Pourquoi est-ce que tu dis ça ? » fit-elle, surprise.

Le Prince des Serpentards jeta un rapide coup d'œil à la table des professeurs, où Dumbledore discutait avec entrain avec Rogue et McGonagall.

« On peut leur faire gober n'importe quoi, même le plus gros, et ils avalent tout. Ca m'épate. »

Sa camarade rit, et ajouta quelque chose, que le blond n'entendit pas vraiment. Il venait de jeter un œil vers la table des Rouge et Or, et ajouta pour lui-même :

« Oui, ça m'épate, vraiment. »